Google
This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project
to make the world's bocks discoverablc online.
It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover.
Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the
publisher to a library and finally to you.
Usage guidelines
Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying.
We also ask that you:
+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for
Personal, non-commercial purposes.
+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help.
+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it.
+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe.
About Google Book Search
Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web
at|http: //books. google .com/l
Google
A propos de ce livre
Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en
ligne.
Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont
trop souvent difficilement accessibles au public.
Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.
Consignes d'utilisation
Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine.
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées.
Nous vous demandons également de:
+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers.
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un
quelconque but commercial.
+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile.
+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en
aucun cas.
+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère.
A propos du service Google Recherche de Livres
En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adressefhttp: //book s .google . coïrïl
lï
?
JOURNAL ASIATIQUE
NEUVIÈME SÉRIE
TOME IH
JOURNAL ASIATigUE
RECUEIL DE MÉMOIRES
D'EXTHAITS ET DE NOTICES
RELATIFS À L'HISTOIRE, À LA PHILOSOPHIE, AUX LANGUES
ET À LA LITTÉRATURE DES PEUPLES ORIENTAUX
ET PUBLIE PAR LA SOCIETE ASIATIQUE
NEUVIÈME SÉRIE
TOME III
PARIS
IMPRIMERIE NATIONALE
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
M DCCC XCIV
JOURNAL ASIATIQUE
JANVIER-FÉVRIER 1894.
KOUE-YÛ
(DISCOURS DES ROYAUMES),
PAR
M. G. DE HARLEZ.
(suite.)
II
Quand Siang-Wang revint de Tcheng, il donna
les deux villes de Yang et de Fan ^ au prince Wen
de Tsin, Les gens de Yang ne voulurent point se
soumettre (à leur nouveau maître). Le prince de Tsin
vint mettre le siège devant leur ville. Un (envoyé
des assiégés nommé) Tsang-ko vint lui dire ; « Notre
souverain estime le prince de Tsin capable de faire
fleurir la vertu, c'est pourquoi il le récompense en
lui cédant Yang et Fan. Mais ces villes chérissent
les vertus de notre roi et ne peuvent se soumettre à
Tsin. C'est par lafFection et la paix quun prince
* Villes du domaine impérial.
6 JANVIER-FÉVRIER 1894.
propage les vertus et qu'il prévient toute pensée
d'opposition. Mais ce que fait notre souverain sera
fatal au temple de ses ancêtres ^ et perdra son
peuple. Nous ne pouvons donc nous soumettre à
son décret. La conduite de trois armées fait Torgueil
des quatre races barbares. Y échapper et ne point su-
bir de dommage , c'est ce que nos armes doivent opé-
rer^. Yang est faible et n'a point encore éprouvé le
gouvernement de Votre Altesse. Mais elle ne l'accepte
pas. Si Votre Altesse veut le traiter avec bienveil-
lance, ses officiers pourront constater qu'il n'est
point rebelle. Mais n'est-ce point assez pour désho-
norer une armée qu'elle répande la terreur contrai-
rement à la justice et ruine par des moyens odieux? »
« On le dit : « Les armes ne doivent point être
« montrées (inutilement). Les tsdents ne doivent point
« se cacher^. Les armes dont on fait parade sont sans
il lustre, n'inspirent pas le respect. Les talents cachés
« ne brillent point. »
« Yang (la terre des rois) ne peut accepter de deve-
nir un domaine princier, ni y être amené par le dé-
ploiemeftt de forces militaires. Yang est une poss^iï-
sioh héréditaire des fois; conséquemtnent tous ses
habitants sont comme des parents du Fils du Ciel.
Cominerit Votre Altesse voudrait-elle les opprimer?
^ Tsong fang «l'aire sacrificielle des Tsong», Comm. : a la porte
du temple ancestral».
* Tout i'eitïpire àA Hia doit s'emjoioyer à cotikbattre les barbarÊs
et non à opprimer des compatriotes.
^ On ne doit point prendre les armes sans nécessité, ni tenir
dans les entraves les arts de la paix.
Si 0Hë d^lôië m§ ântië^ |)bur f ébi^ftsè»', je cradril
Le prinéë dé T^li > ëiit3fl(l8flt t&§ pertAns^ »'éorki f
aG*ëst là l6 Ifttigafge (fsti 6^ilr »oHe et Mg6fy d'un
Kltin-t^ê n, et il ètbfliddiiflË \ë pêiipk de Yâng^ fl Idi
laissa qttitter te VllW.
m
Aii meeting prifitiler de Wèn \ les gieMs de Trâi
saisirent Sheng-kong de Wei et le menèreilt pi^^o^
mer à rEâst|^eînBÀl^. Le jpritiee de Tsih demaiidà au
souverain de pouvoir mettre à mortfe cà|)tîfr
« Ce serait mai agir, répondit le monarque. Le
pouvoir gouvernemental vient d'en haut vers le bas.
Le &u{>érietir e^er€^ le poavoiF ; tes iiiféfieÉNr» suivant
sa difeetiôli sfttis tester ^; C'est aifiès>^tee les uns ejt;
les autres sont sans ressentiment miitueL
« Au lieu d'agir ainsi , Votre Seignem'ie veut exercer
le pouvoir et ne point suivre ses lois. N est-ce point
que; cela ne se peutP
à Le prince et ses subordonnés im doivent point
se quereller^ Si Vous écôiitez lé^eôiiseM .de môH que'
Ion vous donne i alors eetta fe^h^ise querelle s'élè-
vera ënti^ le plfince êl ^tHÈ agents, êfïtfe le pèt*e et le
^ I^âpiès ie Tié-ichuen, hs priii06S et Ldn, Tsin, Tsi^ Song^
Tsd, Tcfaeng, Tckin, KelDu etXcboti s'y réuiirail, sur le terri-
toire de Tsin. (V. An. 28, 1 5.)
' Le prince Sheng s*étàit uni à cekni àé Tsbu qù attaifbait iè duc
de Tsin.
8 JANVIER-FÉVRIER 1894.
fils; ce serait méconnaitre la distinction des rangs,
la détruire. Si Votre Seigneurie écoute ce conseil,
die commettra un premier acte de rébellion.
cEn outre, si un sujet tue son prince, de quel
châtiment ne devra-t-on pas le frapper? Si Votre Sei-
gneurie ne suit point les lois établies, ce sera une
seconde rébellion. Or, si vous vous rebellez deux fois
en une seule réunion princière , je crains bien que
ce ne soit la dernière. S'il s'en fait encore, quelles
pourront être mes relations privées avec le prince
de Wei*?»
Là-dessus, les gens de Tsin laissèrent aller le
prince de Wei *.
IV
La conduite légère des guerriers de Tsin fait au-
gurer leur défaite, ceci est raconté au Tso-tchaen.
{Hi, An. 33, 1.)
Le prince de Tsin * envoya son premier ministre
Suî-tsang présenter ses hommages à l'empereur
Ting-Wang*. Celui-ci lui fit serrir la viande d'hon-
' La sentence ne peut logîcpement s'appliquer ici qa*à Tempe*
l'élu* et aux princes vassaux , ou peut-être aux princes de Tsin et de
Wei , dont le second s'était reconnu dépendant du premier.
' Le prince de Lou intercéda pour lui et offrit au roi ainsi qu'au
prince de Tsin de riches présents , ce qui les détermina à relâcher
le prisonnier. Ceci se passait en 6a 8. Le Tsa-tchnen n'en parle
point.
^ King-kong, fils de Tcheng-kong, 598-679.
* Le Commentaire dit : « Siang-Wang ».
KOUE-YU. 9
neur^; Tsiuen-kong, son ministre, assistait à la cé-
rémonie et logea l'envoyé dans sa maison. Sui-tsang
lui dit : « J avais entendu dire que les rites du pa-
lais impérial ne permettaient pas de séparer ces
morceaux des victimes. Comment cela s*est-il fait
maintenant ? Quel est ce rite ? »
Ting-Wang les avait vus s'entretenir; il manda
Tsiuen-kong près de lui et lui demanda ce dont ils
avaient parié. L'ayant appris de son ministre, il fit
appeler l'ambassadeur de Tsin et lui dit : « Ne savez-
vous pas qu'au sacrifice du Kiao et au sacrifice gé-
néral en l'honneur des ancêtres, on sert toutes les
parties des victimes réunies ? Quand l'Empereur ou
un prince vassal donne un banquet à boire , on pré-
sente le grand plat ^. A des (Bners entre parents , on
sert le plat de morceaux choisis.
«Vous n'êtes point autre et mon oncle, en vous
envoyant, a voulu que vous vinssiez parfaire les
anciennes vertus en honorant la maison royale.
C'étaient là les rites de fête des anciens rois que
je voulais vous appliquer. Je ne pouvais faire pour
vous le service du Kiao ou du Grand sacrifice quin-
quennal ^.
« La loyale générosité ne consiste pas à aimer les
* C'étaient certains morceaux de la victinae au sacrifice des an*
cêtres que Ton réservait pour leur offrir, puis servir au président
\le la cérémonie. ( Voir notre traduction de Vl-li. )
^ Portant une demi-victime entière. Il avait la forme d'une petite
chambre, d'où son nom de Ta-fang. (Cf. Shi-king , lY ^ 2, 0. /j,
S 4.)
^ Vous servir une victime entière ou une demie.
10 JANVIER-FÉVRIER 1894.
rites et à contrevenir aux anciennes régies ati risque
de troubler une vieille atnitié. Les Jongs et les Tî»
seuls servent les corps entiers. Ces peuples sont irrér'
fléchis, prêts h. Texcès, légers, sans règle, cupideài
sans modestie.
« Leur sang, leur activité vitale ne se laissent point
gouverner; ils sont comme lôs oiseaux et les quadru-
pèdes. Chez eux, les objets d'exportation ou d'iin-
portatioil, d'impôt, de tribut, ti ont point pour base
d'appréciation le parfum ou le bon goût. Aussi
doivent-ils se tenir en dehors des portes \ et les i»*
terprètes leur servent d'intermédiaires dans les ti*aniH
missions de leurs objets utiles.
«Vous, inaintenant, vous êtes comme un frère
dans le palais de nos rois , teiiu pour l'entrevue exi-
gée par le temps. Nous faisons en sorte de nous
conformer aux rites, aux règles saintes pour ap-
prendre au peuple à obéir aux lois. Nous prendrons,
n'est-ce pas? tout ce que nos rites ont de bon^ de
beau, d'harmonieux. Nous prendrons les parfiims^
exquis, nous purifierons nos liqueurs, nous met-
trons en ordre nos corbeilles pin ^, nous préparerons
nos corbeilles /onjf et kuei^. Nous poserons sur ies
^ Quand ils apportent leurs tributs ou leurs marchandises, ils
H^entreut pas dans les villes, mais se tiennent aux portes et ont
Recours aux interprètes qui prennent et transmettent ce qu'ils ap-
portent. *
* Grandes corbeilles de bambou servant aux châtaignes , dattes ,
viandes sèches, etc.
^ Corbeilles hautes, rondes ou carrées servant au riz, grain,
millet, etc. (Voir notre Y4i, pi. V.)
KOUE-YU. U
tables nos plats à viande, nous prendrons nos vases
à liqueur, nous poserons nos marmites et nos platsu
Pt*iant avec respect pour écarter tout malheur, nouji
préparerons tout ce qu'il faut pour boire et manger.
Nous servirons alors le plat de morceaux choisis
avec les tsous^. On boit à la santé des hôtes en leur
offrant les présents des banquets pour témoigner de
l'esprit dé concorde et d'amitié convenables. Laisser
quelqu'un d'eux isolé, négligé, c'est imiter les Jongs
^t les Tis.
« Les rois et les princes, quand ils préparent une
cérémonie, lai donnent tout son éclat; ils affermis-
sent leurs vertus et déploient grand luxe d'instru*-
ment».
<t Ils font les cérémonies soit en se tenant debout,
soit en montant, mais ^an^ s'asseoir. Par le repas
ils font briller leurs instruments, leur luxe; par la
réjouissance ils citnenteht l'amitié. Alissi les banquets
annuels ne doivent pas aller jusqu'à lasser (convives
et amphfltryon); les repas des saîsoiikS^ ne doivent
pas aller jusqu'à la débauche. Dans les réunions
mensuelles, les services de la décade^, les actes de
chaque jour, on ne doit jamais oublier (les rites).
t)ans ce déploiement du luxe, Tcheou observe tou-
jours l'ordre et le rang; ses coutumes ont toujours
* Petites tables sur lesquelles on pose les viandes cuites. Cer-
tains morceaux sont considérés comme sacrificiels et plus précieux
que le reste de l'animal. (Voir notre Y-li, pi. V, lo.)
^ Hepas donnés à la cour une fois par au ou à chaque saison.
^ Soit repas, soit autre cérémonie.
12 JANVIER-FÉVRIER 1894.
de la grandeur, et sa majesté de justes règles. Les
aliments^ entretiennent la vie, la beauté extérieure
anime le cœur, les sons (la musique) donnent du
lustre aux actes vertueux^. Les cinq devoirs^ règlent
les convenances. Le manger et le boire entretiennent
le corps; Tharmonie'^, la paix^ se manifestent ainsi;
le bon emploi des richesses répand la joie. (Quand
il en est ainsi), les bonnes règles sont suivies et la
vertu s affermit.
« Les anciens savaient pratiquer les rites; ils n'au-
raient pas servi des animaux entiers ^. »
A ces paroles, l'envoyé de Tsin n'osa point ré-
pondre et se retira. De retour en son pays, il raconta
comment il avait appris les rites des trois dynasties.
Aussi , depuis lors , lit-on de l'observation de cet ordre
des cérémonies*^ la loi du pays de Tsin.
^ Litt. : «les cinq goûts. .... les cinq couleurs».
^ Il s'agit de celle qui accompagne les odes qui les célèbrent.
^ Des pères , mères , enfants , frères aînés et cadets.
* Ce qui fait qu*on n*a quun cœur et non deux : ainsi, la sin-
cérité.
^ Le calme qui permet d*agir sans passion.
^ Comme le voulait l'envoyé de Tsin , mécontent de n'avoir reçu
que des morceaux.
' Le Commentaire applique ceci aux chasses du printemps où le
souverain habitait une cabane de jonc. D'après le Pei-iven-y un-fou,
le tchîp-tit est celui qui règle les degrés des fonctions. (K. gS , fol. 8 ,
Y. 4.)
\
KOUE-YO. 13
VI
Ting-Wang avait envoyé Tan siang-kong ^ en mis-
sion à la cour de Song^ et de là à Tsou. L ambassa-
deur devait demander le passage à Tchen^. Mais
voilà que le matin lastre du feu (Mars) se montra.
H était impossible de continuer la route; les che-
mins étaient obstrués par les buissons. Point d'offi-
cier de Tchen à la frontière (pour recevoir Tenvoyé) ;
le Sse-kong n'avait point nettoyé les routes , les ma-
rais n avaient point de jetée*; sur les rivières point
de pont. Les champs étaient pleins de tas de grains,
les préparatifs de Tentassement n étaient point ache-
vés^. Les plantations le long des routes n'étaient
point en ordre ^. Le sol était en gros morceaux. Le
Shen-tsai'' ne vint point présenter des vivres à
l'ambassadeur. Point de Sse-li* pour fournir le lo-
gement, point de pied-à-terre appartenant à l'Etat,
* Ministre de Tcheou. Ting-Wang régna de Go6 à 585.
' Pour examiner l'état de cette principauté.
^ L'empereur était forcé de faire cette démarche, tant sa puis-
sance était réduite. Il devait agir comme un prince vassal. Son en-
voyé s'arrêtiit à la frontière et demandait passage.
^ Jadis on ne perçait point de route à travers les marais, on
passait sur les digues. Le Sse-kong était chargé de l'entretien des
chemins.
^ On entassait d'ahord les grains dans les campagnes, puis on
aplatissait le sol des jardins autour des maisons et l'on y amassait
de nouveau les grains. [Shi-king , I, i5,0, i,S7.)
^ On hordait les routes d'arhres pour les faire reconnaître.
' Officier chargé de l'entretien dès hôtes. Le Shcn-fu du Tcheou-li.
* Magistrat, chef civil et judiciaire du IL
14 JANVIER-FÉVRIER 1894.
point encore d'hôtel à la ville ^ pour les étrangers. Les
gens de Tchen étaient occupés à élever une tour avec
terrasse pour la famille Hia ^. Ils arrivèrent à Tchen.
En ce temps , Ling-kong de Tchen avec Kong-ning
et I-hing-fu^ étaient allés en toilette négligée* et
étaient restés dans cette famille. L'ambassadeur ne
put être reçu. Tan-tze retourna donc auprès du souve-
rain pour lui rendre compte de sa mission et lui dit :
« Le prince de Tchen a commis Une grande faute,
son royaume périra. » « Pourquoi cela ? » repartit le
roi.
«Cest que, répondit lenvoyé, Tgistre Tchin-kio^
s'est montré et la pluie a cessé. La base du ciel ^' a
été vue et l'eau s'est desséchée.
«La racine a été aperçue et les branches, les
fleurs ont été coupées. Le quadrige "^ s'est montré et
a répandu le givre. L'astre du feu, se montrant, pu-
^ Hien, Quatre tien font un hien qui a 1 1 Us en carré. L'anib|LS-
sadeur est traité avec mépris.
^ Famille puissante de Tchen ; son chef était haut magistrat du
pays.
^ Tous deux ministres dé Tchen. Ling-kong était fils de Kong-
Wang, descendant de Shun. Il s'était amouraché d'une épouse secon-
daire de ce Ta fou et allait là pour la voir.
* Litt. : « Avec un honnet du midi , c'est-à-dire de Tsou. D'un pays
barbare et non avec la coiffure princière. »
* Le corne de Tchin, la corne du dragon vert de Tchin, nom de
l'astre Kio, la première constellation chinoise; a de l'Épi, ^ de la
Vierge.
* L'espace entre la deuxième et la troisième constellation , entre
la Balance et la Vierge. (Cf. le Yuc-ling.)
' Constellation de ce nom , la onzième du zodiaque chinois , au
Verseau.
KOUE-YC. 15
FÎfie la vent^ et avertit do larrivée du froid. Cest
pourquoi les enseignements des anciens rois ^ con-
tenaient ceci : « Quand la pluie a cessé ^, on nettoie
nies chenain»; quand les eaux se retirent, on refait
k lés ponts. Alors les branches des arbres et des plantes
a se coupent et Ton prépare remmagasinement des
«fruits de la terre, déjà cueillis. Quand le givre
«tombe, on prjépare les fourrures. Quand le vent se
«met à souffler, on met en ordre les demeures, les
« palais , les cités et leurs cours^ G est pourquoi les
nHia-Ung'^ portaient les prescriptions suivantes ; le
a neuvième moiâ , on répare les chemins ; le dixième,
« on restaure les ponts. On donnait alors cet àvertis-
« àement i Récoltez et préparez les instruments de la
i terre, les lieux d'emmagasinement ^. Quand lastre
a du féu apparaît , venez aux réunions près du Sse-li
« sou^ le Ying-luh ^. Les travaux du soi peuvent oom-
« mencer. »
«C'est ainsi que les anciens rois, sans dépense
aucune, répandaient la ver|u dans le monda.
« Maintenant fastre du feu s'est levé sur le royaume
dé Tchen ; malgré cela les chemins y sont obstrués ,
* Après le givre, le vent purifié souffle pour avertir les hommes
de l'arrivée du firoid.
* Le Yuc-ling et livres semblables,
^ Le neuvième mois, les pluies cessent; le dixième, les eaux se
dessèchent. Le premier mois d*hiver, le Fils du Ciel prend ses ha-
bits de peau. On peut donc les préparer dès le neuvième mois. (Voir
le Yne-ling, premier mois d'hivbr.)
* Règlements de Hia, de Yu.
^ Magasins , greniers en forme de tour.
** Étoile voisine do l'Aigle.
16 JANVIER-FÉVRIER 1894.
les aires des récoltes comme abattues , abandonnées.
Les marais sont sans digue , les rivières sans bateaux
ni ponts ^ Cest là rejeter les enseignements des an-
ciens rois. Les lois des Tcheous ont cette prescrip-
tion : Disposez les arbres pour marquer les chemins.
Etablissez des hôtels publics pour favoriser les
voyages, garder les voyageurs 2.
« La capitale doit avoir ses parcs de bestiaux aux
faubourgs; les frontières ont leurs observatoires de
garde ^. Les marécages * ont leurs plantes de haute
croissance^. Les jardins ont leurs arbres et leurs
fossés pour en écarter les fléaux®. Le reste du pays
est ainsi pourvu de grains et le peuple est sans
crainte pour sa culture ; les champs ont des plantes
odorantes. On ne vole pas son temps au peuple , on
ne requiert pas pour soi son labeur. La bienveil-
lance ne se fatigue point; Tindulgence n est jamais
arrêtée.
« Les afiaires de TEtat sont bien réglées ; dans les
villes, le peuple s'applique à ses affaires avec ordre
et selon les rangs.
« Maintenant, au royaume de Tchen , les chemins
ne sont point à reconnaître ; les champs sont cou-
verts d'herbes; le peuple se fatigue sans récolter, il
^ Sans pont de bateaux , selon le Commentaire,
2 De dix en dix lis , il devait y avoir une auberge où l'on pouvait
trouver à manger et à boire.
^ Petites constructions où logent les gardes-frontières.
* Comm. : « maltais sans eau ».
^ Comm, : ta 0 plantes à large feuillage».
* La disette et les soldats pillards.
KOUE-YC. 17
est épuisé pour les plaisirs des chefs. C'est là violer
les lois des anciens souverains que Ton trouve au
code des oiBciers de Tcheou ^ : « Si un hôte d un
« Etat rival se présente, il est annoncé par le Kmm^
ikyin^. »
« Le Hing-lP vient à sa rencontre le recevoir, por-
tant Imsigne de son autorité. Les officiers du prince
ie conduisent*; (quand ils arrivent), un ministre
{hing) va au-devant d'eux au faubourg pour les en-
courager'^; le Men-yin fait nettoyer l'entrée (du pa-
lais)^. Le 75011^ et le Tcho lui servent à présenter
les offi*andes et les prières ''. Le Sse- li lui fournit le
logement et le Sse-ta, les serviteurs nécessaires ^. Le
Sse-kong veille à lui aplanir les voies ^. Le ministre
des crimes surveille les voleurs et autres gens dan-
gereux. Le Wa-jin, ou forestier, fait venir et pré-
' Convn. : «Livre (Kîaen) des offices réguliers de Tcheou».
' Litt. : < Chef de barrières » , c'est lui qui annonce les hôtes à la
cour.
* Ou Li-sze. Au Tcheouli , c'est le Siao-hing-jin.
* Ils vont le chercher à la frontière et le conduisent à la cour.
(Cp. le LU, livre VIH).
^ Quand l'hôte arrive au faubourg, le prince envoie un ministre
en habits de cour lui présenter un rouleau de soie et l'encourager,
le fâiciter. (I4i, ibid.)
* Le Men-yin est le préposé aux portes extérieures, n fait net-
toyer la porte, le seuU et le vestibide.
' Au Tcbeou-li , ce sont le Ta-tsong-pe et le Ta-tche, Si le visiteur
va au temple ancestral , ces deux officiers l'aident dans les rites de
la présentation des prières et offrandes.
* Qui lui fournissent tous les objets d'entretien pendant son sé-
jour.
* Qu'il n'y ait rien de difficile là où il doit aller.
HT. 2
iNrMKxm» lArtusALi.
18 JANVIER-FÉVRIER 1894.
parer les matériaux nécessaires ^ Le Tien-jin^ pré-
pare le bois à brûler. Le Hao-she ou «préposé au
feu » inspecte les torches , les luminaires ?. Le Shai"
she ou « préposé à Teau » inspecte les vases et tout
ce qui sert à se laver*. Le Shen-lsai fournit les ?di-
ments. Le Sin-jin ou « chef des magasins impériaux »
procure le grain , le riz et autres céréales,' et le Sse-
ma^, le foin (pour les chevaux). Le Keng-jik, «chef
des artisans impériaux », répare les chars (de len-
voyé). Chaque officier impérial remplit se3 fonctions.
Il en doit êtris ainsi quand il va comme quand il
revient; l'ambassadeur peut-il ne point prendre à
cœur tous les détails^ de sa mission? Celm quî a
été rhôte d'un grand Etat, lorsqu'il rev^t, est
élevé d'un gradfe et gmndi en honneur. Tout oflfe-
cier, jusqu^à fénvoyé impérial, monte en fonction,;
le premier ministre vient le visiter. Quand le souve-
rain suprême part pour une tournée d'in$pection',
les princes doivent venir le recevoir.
« Maintenant, bien que votre serviteur Tch^o* soit ,
malgré son ihcapacité , de la famille des Tcheous et
^ Le préposé aax mqntagqes' et lacsf fait venir ies objets néces-
saires au sacrifice.
* Chargé de ce qui concerne le bois et les foyers. C'est ppopne-
ment le préposé au domaine impérial.
^ Tout ce qui éclaire les vestibules et salles.
* C'est là sa fonction principale.
^ C'est ici vraiment le Sse-ma ou a chef des haras».
® Siao-ta, Le Commentaire comprend autrement. Ce sont les lieu-
tenants de l'envoyé. Je ne puis comprendre comment.
' Ce qu'il doit faire tous les douze ans selon le Tcheoii-li.
^ Nom familier de l'orateur Tan-tze.
KOUE-YO, 19
qu il soit ailé par ordre souverain , eomine hôte au
pays de Tchen, les oASciers de ce pays ne sont pas
venu* au-devant de lui, C'est là mépriser loflicier
des anciens souverains et renverser leurs lofe. Leurs
règlements portaient : « La voie du ciel récompense
le bien et punit la corruption. Aussi, si ce qHie je
proclame n est pas écouté et suivi , TEtal ne subsis-
tera pas. Que Ton soit vigilant et sage, que chacun
garde ses règlements propres pour conserver la bien-
veillanee, le secours du ciel. »
« Loin d'agir ainsi , le ppince d0 Tcheh a oublié ee
qui peut assurer la continuité^^de'sa'puiissance; il a
rejeté là fidjéU té conjugale pdur une concubine et
s^est ËHi accompagner de ses ministres pour aller iê'
souiller dans la famille Hia, chez son chef; N'ëst-oé
pas )À una^ famille de concilbiïiagë? Il' m^a: ti4ité
comme un desoendônt d'udif côqcubihW^' Pouii^ lut,
ii est allé sans son coutume ni ^on bôtmet'pif^inéîçr;
mais avec un simple bonnet d^- Tsou (faire cette
hoptéuse visite). N'est-ce pas «lépriisér les saintes
r^es et violer les ordonnances des anciens rois?
Ceux-ci excitaient et dirigeaient les vertus, les capa-
cités; il$ çrfS^igjPSÛent qu'elles ne faiblissent et ne
vinssent à se perdre.
« Si Ton rejette leur doctrine, sî rôn abandbtme
leurs lois et que l'on ipéprise leurs oificier$ , violant ou*
vertement leurs ordonnances, comment pourra«^t-on
conserver sa puissance , son état? Placé entre de grands
* Tan-tze descendait de Ta-ki , l'illustre fille de Wu-Wang.
2 .
20 JANVIER. FEVRIER 1894.
États et dépourvu de ces quatre principes de con-
duite ^ pourra-t-on durer longtemps encore?»
La sixième année de Ting-Wang, Tan-tze se ren-
dit à Tsou. La huitième année , le prince de Tchen
fut tué par le chef de la famille Hia^. Lan ix, le
prince de Tsou envahit Tchen ^.
VII
La huitième année de son règne, Ting-Wang en-
voya Lao-keng-kong* en mission auprès de la cour
de Lou. Il distribua des présents de soierie aux Ta-
fous de cet Etat; Ki-wen-tze et Meng-hien-tze^ les
mirent en magasin, Shou-sun-hwan et Tong-men-
tze ^ les prodiguèrent.
A son retour, le souverain lui demanda quels
étaient les vrais sages parmi les Tafous de Lou. Il
répondit : « Ki et Meng ont augmenté leur situation
à Lou ; Shuk et Shun la perdent. Quand la famille
et ses biens ne se déperdent pas , on ne se fait pas
^ Les enseignements , les lois , les offices , les ordonnances.
' Le prince était encore chez ce personnage pour y voir la con-
cubine qui lui plaisait. Il fit à ce sujet une plaisanterie à table, puis
sortit. Hia-shi le tua par derrière d*un coup de flècbe.
' Le roi de Tsou prétendit venger Ling-kong; il envahit Tchen ,
prit et fit tuer Hia-shi, puis il soumit à sa suzeraineté TÉtat de
Tchen; c'est ce qu'indique le moi juh, (R. ii.)
* Ministre et fils cadet de Ting. Lao était un fief au milieu du
domaine royal.
^ Grands de Lou dont la généalogie ne nous importe guère.
• Idem, ï^eui-etre . . . étaient économes et les autres . . . prodi-
gues.
KOUE-YU. 21
écarter soi-même. » Le souverain reprit : « Que vou-
lez-vous donc dire?»
K eng-kong répondit : « Votre serviteur la entendu
dire; le sujet doit être sujet et le prince doit être
prince^. Si un prince est dune action puissante,
ami de Tordre , bienveillant toujours , faisant observer
ses ordres, ses officiers seront respectueux, zélés,
économes, diligents. S'il étend au loin son action 2, il
pourra garder son domaine. Bien réglé, il traversera
les temps dune manière heureuse. Pénétrant tout,
sa doctrine se propagera ; bienveillant , il se fera
aimer du peuple. Sa base étant bien protégée, sa
puissance sera ferme et solide. S'il se met en action
àelon les temps , alors il n'en perdra pas le fruit , le mé-
rite. Si la doctrine de sagesse se répand , elle s'uni-
versalisera. S'il gagne le peuple par sa bonté bien-
veillante , il abondera en biens. Sa base étant solide ,
ses mérites accomplis , les bons principes propagés ,
le peuple abondant en biens, il pourra de plus en
plus le garder de tout mal. Comment ses affaires ne
prospéreraient -elles pas? Par lô respect on observe
les ordres; par l'attention on exerce avec succès ses
fonctions; parla vigilance on mène à fin les affaires;
par la sage économie^ on a de quoi satisfaire aux
besoins, aux dépenses. Ce respect préviendra les ré
bellions, cette attention empêchera les négligences;
* Le premier, respectueux; le second, bienveillant.
' « L*action étendue est ce par quoi » , etc.
' Par ce qu'elle fait qu'on a du superflu. L'orateur est passé à
ce qui concerne les mandarins.
i% JANVIER-FÉVKIBR 1894.
cette vigiliinoe f^ra quon soignera même les morts;
cette économie éloignera les douleurs , le» soucis. Et<
dans ce cas, les phefs et les inférieurs vivi*ont unis,
sans division* Comment j agissant ainsi, ne sefait-^n
pas capable de rç^plir ses fonctions? Quand le chef
entreprend une a0aire et le fait avec inteliigertoe,
les magistrats savent remplir leur mission et le ré-
sultat des ordres ^uvérains se perpétue*
« Maintenant ces deux personnages , par leur éco-
nomie, ont de quoi satisfaire à tous letlrs besoins J
cela fait que leurs familles seront suffisamitient
pourvues et protégée» ^ Les deux autres sont dé-
pensiers; ils épuisent leurs ressources scuis s'en pré-
occuper ^ ] épuisés i ils n'excitent point la compassion ^
les chagrins fondent sur eux. Ainsi ils ne se préoc-
cupent que de leur pi^opre personne (ils ne font
état que d eux-mêmes et rte voient rien âu-dessltô}v
LfCurs épouses, leurs gens dépensent de naên>e;
rÉtat, leur famille ne peut soutenir (ces prodiga^
lités}i c'est la voie de là perditioni »
Le roi, entendant ces paroles ,- repartit : « Gonan
ment cela ^ fait- il? »
Taïl-tze répondit : « La position d'un Tafou^ eal
^ «Par leur soin vigilant et leur économie, ilf auront des biend
en suffisance et ne devront rien prendre au peuple. Celui-ci sera
heureux de leilf sage conduite « et leurs fàtniHes âêront à Vàhri de
tout danger. » Il s'agit de Ki-wen-tze et de Meng-hien-tze.
* Al. Ds n'ont point compassion des gens appauvris « seas' tes-
sources.
^ Le texte porte deux noms propres : Tong-mén 61 Shuk'-sutt^ (Voir
note 1, page suivante.)
KOUE-YU. 23
au-des30us. de celle dun ministre inférieur., Si ion
y eut exalter (la pretnièrfe)^ r.éievel* au-dessus de la
së(^onde par ses dépenses , on ne pourra pas Servir
deux, nàaîtres. La position d un ministre inférieur
(Shuk-sun) n'égale pas celle de Ea-weri et de IVleng-
hiéti (premiers ministres). Si Ton s élève au-dessus,
on ne peut servir trois maîtres^. Il semblera d'abord
que cela se. peut 5 mai^^ à là lorigue, on en éprouvera
le poison, le màl^ et Ion se perdrà^4 »
L-ati XII (de Ting), Siuén de Lou mourut^. Les
niessagers de cette nouvelle n étaient point encore
arrivés que Ton vint annoncer les troubles et Tong-
meiii avec sa famille , s'enfuit au royaume de Tsi *.
La onzième année de Kien- Wang ( 5 7 4 ) , Shuk-sun ,
le second ministre de Lou, nommé aussi Siuèn-pe,
dut égalëriient è'erifuir à Tsi; Tcheng était à peine
rnOTï de deux ans ^.
VIII
Lahultiènolè année de Kien- Wang < Tcheng ^ pfrince
dé Loù^ vint faire Visite à la cour souveraine. II.
* On ne restera plus en place sous deUx et trois princes succes-
sivement. On la perdra avant cela.
' Phritôd ébàmife. Litti : iSi dntnes mature, tanquam possent».
' En sa dix-huitième année de règne. C'était en Tan 607.
* Ainsi il ne servit pas deux maîtres, deux princes, mais seule-
ment. Siuen-Kong.
'^ Ainsi il fie servit pas trois maîtres, mais seulement Siuen-
kong et Tcheng-kong.
* En sa treizième année. H y vint avec le prince de Tsin , pour
attaquer Ts'in (677). Le Tso-tohvuen t VIII, i3, S 3, cite encore
d'autres princes réunis dans ce but.
S4 JANVIER-FÉVRIER 1894.
envoya (son ministre) Shuk-sun Kiao-zho annoncer
son arrivée prochaine. Celui-ci eut une entrevue
avec Wang-sun-shuo , Tafou de Tcheou. Shuo alla
près du souverain et lui dit : « Shuk-sun de Lou est
arrivé. Il doit y avoir quelque chose d'extraordi-
naire. J ai vu les présents qu'il apporte , des étoffes
de soie riche, mais en petit nombre; par contre, il
sollicite par des paroles flatteuses et suspectes ^ Ce
qu'il demande il faut le lui donner. Lou a acquis do
la puissance, on doit craindre son pouvoir; il n'est
pas bon de le satisfaire d'abord , puis de l'éloigner de
soi. Il est comme carré en haut et pointu en bas^.
C'est un homme hardi et prêt à résister si le souve-
rain ne lui accorde pas ce qu'il convoite; ses agents
pillards viendront et voleront de quoi satisfaire ses
désirs. Ce sera la récompense de la méchanceté.
Mais les dons nécessaires ne sont pas préparés^.
(C'est vrai; mais) les saints examinent soigneuse-
ment ce qu'ils doivent donner ou retenir, ce qui
doit les satisfaire ou les irriter, ce qu'ils doivent ac-
cepter ou donner. Si Ton ne dirige pas sa bienveil-
lance, sa générosité, on ne saura pas davantage di-
riger l'audace et la vaillance. Ce que l'on doit faire
dominer avant tout, c'est la vertu et la justice. »
Le roi répondit : « J'y consens , faites demander
* Le Tso-tchuerij VIII, i3, dit qu'il s*était fait envoyer en avant
dans l'espérance d'obtenir de riches présents , mais il n^en eut que
de médiocres.
' La pointe , ses mauvais dessins sont cachés.
' Ou : « Ce ne sera pas récompenser le bien et les ressources de
l'État ne seront pas bien ménagées».
KOUE-YÛ. 25r
secrètement ce que Ton veut à Lou. » Mais il ne
donna à Shuk-sun rien de plus que ce que requé-
raient les rites ordinaires*.
Quand le prince de Lou arriva, c'était Tchong-
sun-mie qui était son aide de camp principal. Wang-
sun shuo eut un entretien avec lui et fut gagné par
ses paroles. Il en parla au roi et le roi fit de larges
présents au lieutenant du prince^.
IX
(L'armée de) Tsin avait vaincu celle de Tsou à
Yen-ling^. Le prince de Tsin envoya Ki-tchi (son
ministre) avertir l'empereur de cette victoire. Il
n'avait point encore rempli sa mission que Wang-
shu Kien-kong ^ lui offrit à boire du vin ; ils se por-
tèrent des toasts mutuels; tous deux avides et pos-
sesseurs de grandes richesses, ils s'amusèrent à boire
et à causer ensemble.
Le lendemain matin , Wang-shu loua l'envoyé de-
vant la cour et Ki-tchi alla voir Shao-huan-kong^
et causa avec lui. Comme Shao-kong expliquait sa
^ Pour un personnage d^ordre secondaire. C'est le sens du Com-
mentaire,
* Ceci est raconté au Tso-chaen [loco du). L'auteur y dit que le
roi vit dans Mie le lieutenant principal du roi et lui fit des présents
considérables.
^ C'était en Tan xvi de Tcheng de Lou. Li-kong, de Tchin, avait
attaqué Tcheng. Tsou vint au secours de ce pays et battit l'armée
de Tsin. Cette ville était au Ho-nan. Aujourd'hui : Yen-hing-hien.
* Ta-fou de Tcheou.
^ Ministre de l'empereur.
26t JANVIER-FÉVRIER 1894.
mission à Tan-sialng-kong S il lui dit : « Waog-shu-
tze louant , vantant ainsi Ki-tchi , pense .^u il doit être
ministre de Tsin. Un ministre dé Tsin est grande-
ment soiitenu par les princes ) si les hauts oflBciers^
veulent les y engager, (Ri-tèhi) pourra être avancé
sûreibent et porté au ministre suprême ^.
« Maître , vous né connaissez pas la victoire de Tsin ?
C'est mon œuvre , c est moi qui en ai formé le plan *.
Kit-chi me dit : « Sans moi , Tsin n aurait point com-
« battu. Tsin avait cinq sources de défaites ; cepen-
« dant Tsin ne savait plus résister et prendre les ar-
«mes. C'est moi qui ai rétabli ses forces^, D'abord
«en formant la convention contre Siang (i" source
<< de^ défiaiite pour Tsou)^ »
a° k Faible de puissance , il n'avait gagné Tappui
d'autre fhrince que par là ptomessé de cession de
territoire ^rf
. â° « Laissant de côté les hôiâme^ bienveillants et
forts, il a employé les jeunes et les faibles ^.
4° « Il a établi un ministre et n'a point écouté ses
avis''.
* Autre mihistrè de Tcheou.
^ Litt4: tDeui ou trois Kiun-tze». (Commentaire,) Les Kongs et
ministres résidant à ia cour.
^ Ainsi dit le Cem/hentàire^
* lia guêtre où Tsou a été vaincu ,- c'est moi qui en ai fait le
plan.
^ Les |>rinces de Tcheng et Tsou, ubis contre Tsin. Le roi de
Tsou gagna le prince de Tcheng par une cession de terrain.
* Il laissa de côté Shin-shu-shi pour élever Sse-ma-tze-fan.
' Ce ministre est Tze-nang. Il avait déconseillé la guerre contre
Tsin. Le roi de Tsou ne 1 écouta pas.
K0UE-Y€. ' 21
5** «Par le concours des Y et de Tchoiig, il a
fojfraé tiiois armées, mais il n^ les a point iilis03 eti
boa ordre* Maiâ Tsin na point cermmis eette faute*
Il a réuni sQs sloldats et formé quatre armées avec
leur» généraux; il i^s à constituées fortémenl..Ules
a conduites en bon otdre et fidèlement aussi les
princes ae sjoAt déclarés pour lui* En cela il a fourni
eipq moyi^ilift de victoire : i. Ses paroles d'abord (la
QQiiTention . avec les princes); a. La réunion. de ses
troupes; 3. Ses généraux forts au combat; 4* L'ordre
4tdJ)Ui la sincérité 5 5» L'accord de» jMrincés en èa fa-
yeurî Or uft seul moyen suffît* Celui qul.i i^éùnissant
les pirtq moyens indiqués, combat et succombe,, doit
filir, V09t point, un homme; En tés conditions on
ne peut refuser de combattre. LuU-shou et Shi-i^
fast-f pë xoîdaiertt points mais je les ai jranimés . et
fÉWTiçés; Gombâtti^e. et vaincre i c'^tce que je saurai
faire. Mais j^mment, .combattra sans j^n mûrîi
Pour moi j'ai trois moyens d'action^ : la bravoure,
{a.Qoniiat^sanf^e àm règles et lamitie (des soldats)
acquises paria bonté. Les si^at^ de Tsou sont aussi
dune grande bfavdure; ils observent hi règles, tar
q^and ils aperçoivent leur prince^ ils . descéudent
promptement (de leurs chars ^); leur humanité s est
mlinifestée quand ils ont pris le prince de Tcheng
et qu'ils lui ont pardonné, qu'ils font relâché^.
^ Général de Tsin et son adjudant.
« Fat (i4) = Kiao (48*2).
' Hia (CemmentMre) ^hia keu.
* C'était Ki-tchi qui l'avait fait faire»
28 JANVIER-FÉVRIER 1894.
«Cela étant, connaissant le gouvernement de
l'Etat de Tsîn, ceux de Tsou et de Yue lui ont fait
hommage par leur visite à sa cour. Pour moi ^, je le
reconnais, vous êtes un sage. Voulant comprimer
Télévation de la puissance de Tsin , vous n'avez point
manqué en ce qui pouvait la tenir en un rang in-
férieur; mais je crains que vous n'arriviez jamais
au gouvernement^, à la direction des affaires (pour
atteindre ce but) , car je me le dis : Comment le tien*
driez-vous à ce rang?
«Jadis le Tafou Siun-pe se mit comme adjudant
d'un général à la suite d'une armée pour arriver au
gouvernement (et devint premier ministre). Siuen-
tze de Tchao n'avait point d'armée à conduire et
fut mis à la tête du gouvernement. De nos jours
Lu-pe y arriva comme général de second ordre.
De ces trois personnages auxquels je m'ajouterai
pour former le quatuor, tous sont arrivés au pou-
voir.
« Toutefois si , en s'adj oignant comme aide de camp
général à une armée nouvellement formée, on veut
s'élever et obtenir un ministère, la chose ne se pour-
rait-elle pas? Si on l'obtient, on peut donc la recher-
cher.
«Telles sont ses paroles; comment le prince les
apprécie-t41? M
Siang-kong répondit : « Il y a une expression vul-
^ C'est Shao-huan-kong qui parle et se désigne lui-même.
' Ki-tcbi était le huitième dans Tordre hiérarchique. (Voir plus
loin.)
KOUE-YU. 29
gaîre quî dit ceci : « Il a le couteau sur la gorge. »
N'est-ce pas le sort de Ki-tchi? Le Kiun-tze ne s'élève
pas lui-même; non, il se tient en arrière et cède*.
Gomment voudrait-il étouffer le mérite des autres?
L'homme, par nature, est porté à résister à ses su-
périeurs^; ceux-ci ne peuvent tenir les mérites sous
le boisseau. Celui qui cherche à le faire s'abaisse lui-
même, et ses inférieurs s'en élèvent d'autant plus^.
C'est pourquoi les saints estiment hautement l'humble
condescendance. Un proverbe le dit : « Les animaux
«haïssent leurs filets et les hommes, leurs chefs,
« ceux qui sont au-dessus d'eux. » Et le Sha : « Le
« peuple peut être attiré à toi , tenu près de toi ; il
• ne peut être dominé * complètement. » Le Shi
ajoute à ceci : « Le Kiun-tze, cherchant le bonheur,
« n'use pas des voies niauvaises , mais reste fidèle aux
« rites. Devant un compétiteur il cède jusqu'à trois
« fois. » Ainsi le Saint sait bien que le peuple ne peut
être écrasé.
«Aussi les souverains qui ont régi ce monde
cherchent d'abord à comprendre le peuple ^, puis à
le protéger; ainsi ils peuvent favoriser, développer
ses intérêts. Maintenant Ki-tchi est en dessous de
^ n cède aux autres et le monde n'ose point lui résister.
^ A ceux qui s*élèvent comme Ki-tchi veut le faire.
. ' D'après le Commentaire.
* Au Shu, le texte porte hia «ne peut être abaisse» écrasé». Mais
le Coaunentaire constate le texte Shang.
^ Commentaire, «Cherchent d*abord la pensée, les intentions du
peuple : miittcki. Il le contente d'abord , puis le protège , le maintient
heureux et tranquille. »
30 JANVIER-FEVRIER 1894.
sept personnages (plus élevés que lui ^); il v$ut Vé-
lever au-dessus d'eux. Cest là chercher à les obscurcir
tous sept, à les éclipser. H excite ainsi sept colères.
Quand la colère est dans le cœur d'un égal, on ne
peut souvent en soutenir les effets. Que sera-oê ^and
elle sera dans les cœurs de ministres prodigués P
Comment en soutiendrâ-t-il le poids?
« La victoire de Tsln prouve que le ciel avait des
griefs contre Tsou. C'est pourquoi il Ta averti par
la main dû prince de Tsin. Et Ki-tchî voudrait ré-
sister à faction du cieP et lutter par m sei]^ force!
Ne serait-ce pas une entreprise bien difficile? Ré-
sister au ciel pe porte pas bonheur. Opprim^k» Ips
hommes est chose inique. Celui que le bonheur ne
favorise pas, le ciel labat; celui qui agit iiiîque-
ment, le peuple le renverse. Où Ki-tchi eji' est-il
quant aux trois ins^ments pécessaires^Plift bonté,
les rites, Ie^ bravoure? Tous trois sont la Ébrce dfàie^
tion du peuple ^. Celui qui meurt pour le droit est
ce qu'on appelle un brave; l'action conforme à la
justice, c'est ce qu'on appelle les rites. Efttretetlîr
l'équité, les actes généreux, c'est là bonté. Feindre
la bonté , c'est une fourberie ^ ; deis rites feints et ïaux
^ Les ministres d'un plus haut yftng.
^ Ou ie mépriser, en tenir peu compte. Le Commêntfiire explique
plutôt : a Se substituer au ciel , enlever frauduleusement au cid ses
mérites ».
^ Voir plus haut, p. 27, où ces trois moyens ont été expliqués.
* Min-li-so-wei.
^ Ott une bonté mauvaise comme d'avoir pardonné au prince de
Tchcng ses agressions.
KOUE-YO. 31
sont une honte ^ ; une bravoure fausse ^ est une cause
de destruction. Xfens une bataille, épuiser les forces
de Tennemi est l'essentiel. Mais conserver la paix et
Tunion, observer strictement la justice, c'est le
bien suprême ^. La loi des armes est une intrépidité
parfaite. Celle des cours est d'observer les rangs
dune manière stricte.
«Se rebeller, faire la guerre, usurper fautorité,
c est une cause de perte comme ce le fut pour le
prince de Tcheng. Perdre sa fermeté dame, faire
des bassesses, cest une honte. Nuire à son propre
Etat pour favoriser un adversaire, c'est une fausse
honnêteté*. Quand on a ces trois vices et qu'on
cherche par là à satisfaire son chef, on est bien loin
d'obtenir le gouvernement du pays. Comme je le vois ,
il a le couteau sur la gorge, il ne subsistera plus
longtemps. Pour moi, Wang-shu ne peut plus se
maintenir longtemps encore. »
« La grande proclamation porte ceci : « Le ciel suit
« ce que le peuple désire ^ »*. Wang-shu et Ki-tchi
peuvent-ils ne point s'y conformer également? Wang-
shu veut-il que Ki-tchî ne le suive point? » Après
cet entretien, Ki-tchi retourna à Tsin; l'année^ sui-
* Comme font ceux qui descendent de char devant le prince de
Tsou.
* Comme cdle des soldats de Tsou; qui fait commettre l'injus-
tice.
* Bien supérieur aux succès à la guerre, aux conquêtes.
* Comme celle qui a fait pardonner au prince de Tcheng.
* Ces paroles ne se trouvent point au Sliu-hin(j.
" L*an XVII de Tcheng de Lou. Ili-kong le fjt mourir.
33 JANVIER-FÉVRIER 1894.
vante, il périt de mort violente. Pe-yû (Tafou de
Tcheoii) accusa Wang-shu et celui-ci se réfugia à
Tsin ^.
^ Ces deux personnages se disputaient le pouvoir. Mais le roi
soutint Pe-yû f et Wang-shu, de dépit, s'enfuit à Tsin. Cétait la
dixième année de Siang-kong de Lou. Leur histoire est racontée au
Tso-tchaen,\.l\, an. xi. Wang-shu était accusé de gouverner par
la corruption et de récompenser ou punir sdon les caprices de ses
iavoris.
KOLIK-YU. 33
TROISIEME PARTIE.
Au congfès de Ko-ling^, Tan-siang-kong - alla
visiter le prince Li de Tsin. De loin il Taperçut qui
marchait à grands pas, levant les pieds très haut et
regardant au loin , les yeux levés.
Ki-i de Tsin ^ le vit et lui parla de Fan ^. Ki-tcheou
(ministre de Tsin) en fit autant et lui fit des offres
séductrices pour le gagner^. Ki-tchi le visita égale-
ment et Tentretint du plaisir que Ton goûte à faire
paraître les mérites. Koue-tsu (autre ministre de
Tsin) discourut avec lui de 1 étude épuisant (la con-
sidération du bien et du mal, de ce qui est louable
ou répréhensible).
Le prince de Lou , Tcheng , vint également le voir ^
'- Ville située dans la partie occidentale du pays de Tcheng. Là
s'étaient réunis un grand nombre des princes fcudataires, ceux de
Tsin, de Tsi, de Song, de VVei, etc. (Voir Tchun-tsiou, Tcheng-
kony, an. xvii, S 8.) Leur but était d'attaquer Tcheng.
^ Ministre du souverain de Tcheou. Tan était un titre de cour,
de fief. Il ne faisait pas partie de la réunion.
* Ministre de cet État.
* Commentaire. Personnage de Ling-fan.
^ Ministre de Tsin, frère cadet de Ki-tcliou, fils de Wen-ki. (Voir
le récit précédent.)
® Tsin avait établi précédemment sa suzeraineté sur Tcheng, puis
Tavait perdue; c'est pour la recouvrer qu'il avait réuni les princes
dans cette entrevue. Ki-tcheou avait accepté les dons de Kiao-zho
III. 3
IMrBIMKBIK RArIO.tALC.
34 JANVIER-FÉVRIER 1894.
et lui parla des difficultés dans lesquellfes se trou-
vait l'Etat de Tsin et des moyens de convaincre Ki-
tcheou de corruption.
Siang-kong répondit : « Comment mon prince se
préoccupe-t-il de cela? L'Etat de Tsin sera bientôt
dans des troubles funestes. Son prince et ses (trois
ministres) Ki pourront-ils le sauver? »
Le prince de Lou repartit : «Mon humble per-
sonne craint de ne pouvoir échapper aux coups de
Tsin. Votre seigneurie me dit : Qu'il sera bientôt
dans le trouble. Oserais-je demander, si elle le sait,
par la consultation du sort, du ciel, ou si elle le
conjecture d'après les faits humains ordinaires? »
Le Ministre répondit : « Je ne suis point un chef
de musique \ ni un astrologue^ pour connaître di-
rectement les voies du ciel. Je vois simplement la
conduite du prince de Tsin et j'entends les discours
des trois Ki^. Ils sont funestes et amèneront des
malheurs. Le Kiun-rtze dirige ses membres par les
yeux, et les pieds les suivent. D'après ce principe,
quand on voit son attitude, ses manières, on con-
ct n'avait point pris part à la bataille livrée aux troupes de Tcheng .
Le prince de Tsin , qui avait du ressentiment contre celui de Lou ,
n'avait pas voulu le voir. C'est pourquoi ce dernier ût visite au mi-
nistre du prince irrité.
^ Le grand chef de la musique [Yo-ta-shi) qui, par sa connais-
sance des sons , des souffles , des bruits atmosphériques , conjecture
l'issue des événements.
^ Tai-sze « qui observe les temps du ciel » et se tient sur le même
char que le Tai-shi ou « général en chef». Tous deux connaissent
les voies du ciel (Tien-tao).
^ Voir ci-dessus.
KOUE-YU. 35
naît les pensées, les dispositions de son cœur^ C'est
par Tœil que Ton reste dans (la voie de) l'équité,
de la convenance; c'est par les pieds qu'on y suit
l'œil. J'ai vu que le prince de Tsin regarde au loin
et lève haut les pieds. Ses yeux ne sont point di-
rigés sur sa personne et ses pieds ne suivent pas ses
yeux. Son cœur est donc changeant, ami de l'ex-
traordinaire. Ses yeux et ses membres ne sont point
en harmonie. Comment pourrait-il conserver long-
temps sa puissance?
« Dans une réunion de princes, où se traitent les
grands intérêts des peuples, on voit les causes de
stabilité et de chute , et si un Etat est sans cause de
blâme, si son prince, en sa démarche, ses paroles,
ses regards et le reste, ne commet point de faute,
on reconnaîtra aisément sa vertu. Ses regards portés
au loin montrent qu'il s'est séparé des règles de la
convenance. Ses pieds levés haut ^ disent assez qu'il
a rejeté toute vertu.
« Un parier double ^ viole la sincérité ; des oreilles
amies du lascif font perdre la bonne renommée *.
a C'est par l'œil que l'on reste dans (la voie de)
l'équité; c'est par les pieds quon suit (celle de) la
vertu ; c'est par la bouche que l'on maintient intacte
* Quand le cœur n'est point ferme , l'attitude n'est pas régulière
et constante.
* En niai'lrhant ainsi , on fait sauter en désordre les pierreries
qui pendent à la ceinture. C'est immodestie, adieu à la vertu.
^ Selon les Commentaires.
* Peut-être : «La connaissance des noms des êtres qui en révMent
la nature ».
3.
36 JANVIER-FÉVRIER 1894.
la sincérité du cœur; c'est par loreille que Ton ap-
prend les vrais noms des choses ^ On ne peut donc
jamais négliger ces principes. Leur perte ^ est cause
de maux et de regrets. Si on les perd complètement <
l'Etat suit (cette voie et périt). Le prince de Tsin
manque gravement à deux d'entre eux ^, c'est ce qui
me fait tenir ce langage.
« La famille Ki est une tribu favorite à Tsin; ellô
compte trois ministres ^ et cinq Tafous ; n'est-ce point
un fait de nature à inspirer des craintes? Une situa-
tion trop élevée est pleine de danger, elle amènera
une chute terrible. L'objet d'un goût exquis distille
le plus violent poison. Ki-khi a un langage bles-
sant. Ki-tcheou est fourbe en son parler. Ki-tchi®
est agressif. L'injure blesse, irrite. La fourberie
trompe; le caractère agressif cause des ruines. Avec
de semblables favoris que Tsin comble d'honneurs ,
avec ces trois causes de la haine ^ que cela engendre,
qui pourra le supporter? Le prince de Tsi partagera
son sort; il fonde son pouvoir sur la corruption et
le trouble. Il se plaît à exciter les hommes par toutes
les ressources de la parole,. il va jusqu'à la racine
* Les noms expriment la nature; quand on les connaît, on con-
naît les êtres.
^ Quand les actes, le langage, la vue et l'ouïe manquent leur but.
^ A ceux qui concernent l'attitude, la marche et le regard. Le
texte est fautif. Il faut sang (3o. 9) (au lieu de s'wang [89. 7]),
comme à la phrase précédente.
* Ki-khi, Ki-chi et Ki-ko, cités plus haut.
^ L'auteur les cite par leurs noms familiers : Pe, Shn et Ki,
Nous V substituons les noms connus de nos lecteurs,
* L'injure, la tromperie, les attaques.
KO LIE -Y t. 37
du ressentiment ^. Khoinme juste seul connaît toutes
les ressources. du langage (pour le bien). Comment
Tsi les posséderait-il?
« On le dit. Quand un Etat cultive la vertu ^ et que
TElat voisin n y travaille aucunement, Theureux sort
destiné au second passera au premier.
«Maintenant le prince presse Tsin; son voisin
agit de même envers Tsi. Tsin et Tsi étant tombés
dans le malheur, il est facile de les dominer. Peut-
on se préoccuper de gens sans v^rtu et s'affliger pour
Tsin? Ces gens de Tchang-tih' ne rêvent que profit
et méconnaissent Téquité. Leur profit est dans la
corruption, ils y sont submergés; qui pourrait y
porter remède? » ^
Après cet entretien , le prince de Lou s'en retourna
à son pays natal et en chassa Shu-sun avec Kiao-
zho.
La onzième année de Kien-Wang, les princes
eurent leur réunion à Ko-ling. L année suivante, le
prince de Tsin fit mourir les trois Ri. La treizième
année , le prince fiit assassiné ^ à la porte orientale
de Yih^; son enterrement se fit avec un seul char°.
^ Il Texcite par ce qui en est le principe essentiel : l'offense.
^ Jin, Celte vertu consiste à aimer largement les hommes.
^ Ce sont Shn-shun et son lils Kiao-zlio dont il a été question
précédemment. Ils complotaient avec l'épouse du prince, Mu-kiang,
et satisfaisaient ses passions
* Par un parent des ministres mis à moit et pour venger ceux-ci.
* Une des villes principales du pays.
* Les rites en prescrivent sept. (Voir les détails au Tcho-tchnen.
Kong-tcheng , an. xviii, S 2.)
38 JANVIER-FÉVRIER 1894.
Enfin les gens de Tsi mirent à mort Kuo-wou-
tzé'.
II
Le fils de Sun-tan de Tsin , Tcheou ^, se plaisait
à employer en tout Siang-kong. D'une rectitude par-
faite , sans défaillance ^, regardant devant lui sans se
retourner, écoutant sans tendre violemment Toreille ,
pariant sans se faire entendre au loin, sa parole
mesurée et modeste imitait le ciel (immobile); par-
tant d'un cœur sincère ^, elle se conciliait tous
les esprits. La parole sincère affecte la personne
elle-même; le parier bienveillant atteint, gagne les
autres; le parier conforme à la justice produit des
effets utiles; sage, il s'applique aux affaires et les
règle; courageux, il se conforme aux lois; éclairé
par la doctrine, il distingue (les natures différentes);
pieux, il s'adresse aux esprits; bienveillant, il atteint
à la concorde; modeste, cédant, il touche les rivaux.
Quand l'Etat de Tsin était dans le malheur, il
était toujours affligé; quand cet Etat avait quelque
heureuse fortune, il était dans la joie. Siang-kong,
* Tchun-tsioa, VUI , an. xviu , S 3 : « Tsi tua son Tafou Kuo-tsou. »
C'est le même que Kuo-wou-tze.
* Nom familier de Tao-kong de Tsin, qui régna de 671 à 566.
Sun -tan était lui-même le petit-fils de Siang-kong de Tsin (626-
' Ou , dans le sens propre : « Se tenant droit sans se pencher » :
attitude prescrite par les rites.
* Qui était toujours d'accord avec sa pensée. Tout cela indique
la possession de soi-même, la modestie» la prudence, la droi-
ture, etc.
KOUE-YU. 39
étant tombé malade, fit appeler King-kong^ et lui
dit : « Il faut que le vertueux Tcheou de Tsin ob-
tienne le gouvernement de cet Etat. Sa conduite est
Tordre parfait^. Celui qui en est capable peut pos-
séder le ciel et la terre même. Ce que le ciel et la
terre favorisent , comblent de prospérité est petit en
soi, d'abord, puis devient maître dun royaume*.
Le respect est l'observation intelligente de cet ordre
parfait*. La sincère droiture en est le complément,
la perfection ^; la rectitude, la fidélité en est la pro-
tectrice^. La bonté en est le principe aimant et
féquité en est la règle. La sagesse en est le véhicide
et la vaillance en est le conducteur. L'instruction
en est la propagatrice et la piété filiale , le fondement ,
la racine. La bienveillance en est le principe d affec-
tion et la modestie qui cède à tous en est comme
la matière, le moyen d'action''. Quand on imite le
ciel, on doit être respectueux, soigneux. Quand on
est maître de sa volonté , on doit être droit et sincère.
Quand on observe et dirige son corps, on sait être
fidèle et droit. Quand on aime les hommes , on sait
être bon. Quand on prend pour rè^e ce qui est utile ,
* Fils de Tan-siang-kong.
* Wen expliqué ainsi : « tissu , chaîne et trame du ciel et de la
terre ».
^ Commentaire. « S'il est petit , il obtient un royaume ; s'il est grand ,
il obtient l'empire » ; ou bien : « Si cette prospérité est petite » , etc.
* Voir ci-dessus, Commentaire, K'ing, «C'est la purification de
la vertu, sa fleur. K'ong. C'est la distinction des actes.»
* Parce qu'elle parfait l'intérieur.
^ Litt. : «La couve».
' Commentaire. Yong.
40 JANVIER-FÉVRIER 1894.
on sait être juste. Quand on est ferme en ses entre-
prises , on sait être sage. Qui prend pour règle la jus-
tice sait être brave. Quand on élucide et délibère,
on devient éclairé. Qui honore les esprits sait être
pieux; quand on aime la concorde, on sait être bien-
veillant. Si Ton s abstient de rivalité, on saura céder
aux autres. Ces onze vertus le maître (Tcheou) les
possède. Le ciel a pour nombre fondamental le
nombre six^, et la terre, cinq. Le ciel forme la
chaîne, et la terre, la trame de Tunivers. Cette
chaîne et cette trame ne désordonnent pas le tissu,
l'ensemble.
« W en-Wang avait une nature dun ordre parfait;
c'est pourquoi le ciel lui donna le bonheur : il reçut
Tempire du monde. Maître, vous soutenez cet ordre,
vous vous y conformez , vos grand-père et père sont
des proches de la dynastie Tsin, vous pouvez ac-
quérir un royaume. .
« Se tenir droit sans s'incliner, c'est certitude.
Regarder droit sans se retourner, c'est droiture;
écouter sans forcer l'ouïe, c'est perfection; parler
sans s'occuper de ce qui est loin, c'est vigilance, at-
tention. La rectitude est le chemin d'une vertu
droite, inflexible. La rectitude est Ja voie de la vertu.
La droiture est sa sincérité; la perfection est son
terme; la vigilance est sa garde.
«Cette fin bien observée, cette fermeté sincère,
^ Le ciel a six agents : le Yin , le Yang , le vent , la pluie , laTlu-
mière et l'obscurité. La terre a cinq éléments. Cela fait onze comme
pour les vertus.
KOUE-YC. 41
cette droiture de voie, cette fidélité dans les affaires
fait briller la vertu. La vigilance, la perfection, la
droiture, la rectitude sont les aides de la vertu.
«Quant au gouvernement de Tsin, si l'on aime
ses parents et qu ainsi Ton rend heureux ceux dont
on provient, si Ton garde Tordre naturel et favorise
la vertu (on l'obtiendra certainement). Si ce n'était
point ainsi, comment y parviendrait on jamais ^?
« Tcheng-kong^ est revenu (de Tcheou). J'ai ap-
pris qxi'on avait consulté la plante sacrée au sujet
de Tsin. On a trouvé deux fois K'ien^. Cela ne dit-il
pas : association, égalité, couple égal*, et une suite
ininterrompue de princes par la triple sortie du
koua?
« Le premier pronostic a été ce retour; ce qui sui-
vra, on ne peut le savoir. Ceci est comme je le dis.
« Ainsi que je l'ai appris , à la naissance de Tcheng-
kong, sa mère vit en songe un esprit qui traça à
Tencre des caractères sur son os dorsal et lui dit :
«Je ferai que l'Etat de Tsin ait trois princes, après
« quoi régnera le petit-fils de Hwan^. C'est pourquoi
^ Sens donné par le Commentaire à cette phrase obscure et ellip-
tique. L'orateur veut prouver à son inteiiocuteur qu'il mérite d'être
mis à la tête des affaires et le sera.
* Fils secondaire de Wen-kong de Tsin que l'assassin de Li-
kong fit revenir de Tcheou où il s'était réfugié pour le placer sur le
trône. Le sort avait prédit cela.
^ En tirant un koua du Yi-king, on avait trouvé le premier, com-
posé de deux fois le trigramme k'ien (^).
* Association au Ciel que représente k'ien, ce qui est le propre
du souverain ; comme aussi aux princes précédents.
^ Nom familier du duc Chang. Le petit-fils est le Tcheou dont
42 JANVIER-FEVRIER 1894.
«on le nomme Hih-tûn^ Maintenant^ nous en
« sommes au deuxième. »
Tan-siang-kong répondit : « Oui, c est bien le petit-
fils de Hwan; il possède justement le trône de Tsin.
Son horoscope avait dit : « Il faut que trois princes
« aient le pouvoir jusqu'à Tcheou. Sa vertu le rend
« digne et capable de gouverner. Il réunit les trois
« (marques des) faveurs célestes^. » Voici ce que j'ai
appris. La grande instruction ^ porte : « Mon rêve
« concorde avec mon horoscope. La faveur céleste
« et la vertu en donnent le présage. Mon attaque
« contre Shang doit réussir. » Ici il y a trois signes
de faveur céleste (au lieu de deux). Tsin est dans la
détresse et finjustice^. Sa dynastie presque éteinte
devrait perdre le pouvoir. Mais il y a un enfant de
Tsin vertueux dès son enfance^; celui-là le recueil-
lera comme il lui convient. »
King-kong approuva ces paroles. Li-kong ayant
été tué, il rappela Tcheou -tze et le plaça sur le
trône. C'est lui qui fut Tao-kong''.
il est question. C'est rarrièrc-petit-fils; mais, à dater du petit-fîls,
tous les descendants s'appellent Sun. Il s'agit de Hi-kong.
^ Litt. : « Au croupion noirci. »
> Au moment où il parfe à Tan-siang-kong.
^ La vertu, le songe et le koua obtenu.
* Le discours de Wu-Wang avant d'attaquer Sheou. (Voir le Shu-
king, V, i, i5.)
* Il rappelle les crimes de Li-kong.
* ^ ce que le Commentaire explique comme troisième tirage d'un
trigramme qui donne kliwun « la terre » , figure du ministre qui de-
vient prince.
^ Tcheou-tze , dont il est ici question.
KOUE-YU. 43
III
La vingt-deuxième année de Ling-Wang, les eaux
du Kuh , du Lo et du Tchan ^ renversèrent le palais
du souverain. Aussi voulut-il endiguer ces rivières
(et détourner le Kuh vers le nord). Mais Tsin, le
prince héritier^, objecta que cela ne se pouvait pas,
qu'il avait entendu dire ceci : « (Dès longtemps déjà
la dynastie de Tcheou a été élevée à la dignité
royale.) Les anciens princes n'ont jamais abattu de
montagnes ni élevé les terrains marécageux; ils
nont point canalisé les rivières., ni drainé les ma-
rais^. Une montagne est un amas de terre; un ter-
rain marécageux desséché est un lieu oii les êtres
vivants se réfugient; les cours d'eau sont des con-
duits de Khi; les marais sont des rassemblements
d'eau. Quand le ciel et la terre ont été achevés , l'un
s'est constitué en réunissant les éléments en haut,
(Tautre) en portant les êtres vers le bas*; se répan-
dant, ils ont formé les rivières, faisant pénétrer leur
^ Le Kuh coide au nord et le Lo au midi de la capitale. Leurs
eaux gonflées se joignirent au Tchan , branche du Lo , envahirent
la ville et renversèrent le palais. Ling-Wang, fds de Kien-Wang.
était un prince d*un grand cœur. C était la vingt-quatrième année
de Siang-kong de Lou. Primitivement le Kuh coulait à Touest et
tournait au midi.
* Le Tai-tze qui mourut jeune et ne régna point. Il portait le
nom de Tsin.
^ Ces quatre choses proviennent de Tordonnance du Ciel; qui
n*y change rien se conforme à cette nature.
* Ainsi se sont formés les montagnes et les marais. Voir Tsc-
tchuen, Tcheng-kong , an. xviii.
4'1 JANVIER-FÉVRIER lft9A.
Khi dans les vallées. Accumulant leurs eaux dans
les lieux bas, ils y entretinrent l'humidité (et for-
mèrent les marais). Ainsi, ne répandant point, ne
précipitant point ^ ce qui a été accumulé , les êtres
vivants ont un lieu de refuge, le Khi ne se désa-
grège pas, ne se congèle pas et conséquemment il
ne se disperse pas au loin. Ainsi les hommes venant
au monde ont ce qui est nécessaire à leurs usages^;
morts, ils ont des lieux pour leur enterrement^.
Ainsi ils ne sont point affligés par les morts préma-
turées, la folie, les pertes, les maladies, non plus
que par la faim, le froid, la fatigue, le besoin,
Tépuisement. Ainsi' les chefs et le peuple peuvent
s'entr aider, se soutenir pour résister aux fléaux inat-
tendus. Les saints rois d'autrefois n'avaient point
d'autre préoccupation. » Mais Kong-kong abandonna
cette voie de la sagesse; il se plut et s'adonna au
plaisir corrupteur; perverti, il se perdit lui-même. Il
voulut endiguer tous les fleuves, abattre les mon-
tagnes et élever les lieux bas pour nuire au monde.
Le ciel lui refusa le succès; le peuple ne le se-
conda pas; les fléaux, les troubles s'élevèrent à la
fois. Ce fut Shun qui détruisit son œuvre. Puis
Khwen^, cédant à son cœur corrompu, imita les
^ Le premier terme indique une chute d'un endroit peu élevé;
le second, une chute profonde.
^ Les êtres naissent et servent aux hommes.
^ Les montagnes , les collines.
* Comp. Shn-kincf, II, i, 12 , qui n*est pas entièrement conforme
à ce texte. Khwen voulut aussi^endiguer. violenter le cours des eaux,
ce qui était offenser le Ciel.
KOUE-YU. 45
fautes de Kongkong^ Mais Yao (par le ministère
de Shun) Texiia au mont Yi^. Après eux, Yu, consi-
dérant que ce qui avait été fait avant lui était illé-
gitime, changea de règle et de manière d'agir et se
conforma en tout aux procédés du ciel et de la terre,
à toutes leurs règles et méthodes et les appliqua
parmi le peuple , observant les lois de la nature des
êtres ^.
Un descendant de Kong-kong qui occupait la
fonction de San-yo^ laida en ses entreprises. Il
conserva aux montagnes leur hauteur, aux plaines
leur situation inférieure. Il donna un écoulement
aux fleuves, afin de répandre les eaux accumulées.
Il les rassembla là où elles pouvaient donner la fer-
tilité et favoriser les êtres vivants. Il affermit et éleva
les neuf montagnes (en sorte que les chutes de terre
ou de roches ne fissent plus obstacle à l'écoulement
des eaux)^. Il donna un écoulement convenable aux
neuf rivières et endigua les neuf marais; il déve-
loppa la végétation exubérante des neuf marais des-
séchés , fit couler librement les neuf sources et éta-
* Ce n'est point encore ici 1 être mythique qui cause un déluge et
ébranle le monde, mais un prince qui descendait de Shen-iiong et
qui, sous le règne de Kao-sin, domina tout l'empire et fut ensuite
vaincu.
* Au bord de la mer de l'Est.
^ De manière à ne leur nuire en rien.
^ Litt. : «Quatre montagnes». C'était celui qui présidait aux sa-
crifices offerts sur les quatre monts sacrés.
^ Au lieu de « neuf montagnes » , il faut « les montagnes des neuf
tcheous ou provinces».
46 JANVIER-FÉVRIER 1894.
blit des demeures sûres aux neuf quartiers *. Il
établit des rapports habituels entre les quatre mers ,
les quatre extrémités de Tempire.
Ainsi le ciel (n'eut plus d'intempéries 2), n abaissa
plus le Yin^, la terre ne dispersa plus le Yang,
l'eau ne tint plus le Khi accumulé, oppressé*. Le
feu ne produisit plus de fléaux célestes ^.
Les esprits (méchants) n'intervinrent plus dans
les affaires de ce monde; le peuple neut plus le
cœur perverti^; les saisons n'intervertirent plus leur
ordre de succession. Les animaux ne nuisirent plus
aux végétaux''. Tous, imitant les vertus de Yû, se
conformèrent aux principes de sagesse, à la justice.
Tous les cœurs* étaient dans la joie, et leiu*s bonnes
œuvres surent leur concilier le cœiu* de (Shang)-
ti , le satisfaire ^.
Le ciel auguste le combla de joie et lui donna
^ Le sens est toujours «les marais, ]es sources, etc., des neuf
provinces».
^ L'ordre des saisons et des phénomènes atmosphériques se fait
par la juste combinaison du Yin et du Yang. Si le Yin est oppresse,
entrave dans ses opérations, il produit en été le froid et la grêle.
Le ciel est Yang; la terre est Yin.
^ Le Yin doit réunir les éléments du Yang; s'il les disperse et
prédomine , alors l'hiver n'a pas son cours et l'été s'en ressent.
* Le Khi doit s'élever pour agir. C'est la matière active prove-
nant de la combinaison du Yin et du Yang.
^ Apparition de feux; incendies sans cause, etc.
^ En eux aussi le Yin et le Yang se combinèrent harmonique
ment.
' Les vers, les insectes ne nuisirent plus aux moissons.
* Yû et les San-yo selon le Commentaire.
^ Comm. : hop (3o. 3).
KOUE-YU. 47
i empire en apanage. Yao lui donna un Sing^ et
lui dit : « Je vous constitue chef de la famille Hia.
Elle pourra donner au monde la félicité, lachève-
ment et combler de biens les êtres vivants. » li
donna aux San-yo des Etats à gouverner sous les
titres de Heou et de Pe avec le nom de famille dy-
nastique Kiang ^ et le (titre de fief se référant au)
nom du peuple Yeu-là. «Ils pourront ainsi, dit
l'empereur, employer leurs membres et leurs cœurs
au service de Yû, entretenir les êtres vivants et
donner la prospérité au peuple. »
Ce souverain et ces quatre princes ont été com-
blés des faveurs d'en haut et cependant tous sont
morts. C'étaient des descendants des rois, ils ont
su soutenir la prospérité et la justice. Leur postérité
a conservé leurs sacrifices , mais n'a point aboli leurs
lois. Bien que les Hia soient tombés du trône, les
Etats de Ki et Kuei (régis par leurs descendants^)
subsistent encore^. Bien que les Shen-liu^ soient
éteints, Tsi et Hù^ subsistent jusqu'à aujourd'hui.
C'est grâce à leurs actes méritoires qu'ils ont obtenu
ces fiefs et ces titres et le pouvoir de sacrifier aux
^ Nom de famille accordé aux officiers méritants auxquels étaient
donnés des fiefs. « L'empereur leur donna des terres et des Sings » ,
dit le Shu-king.
* C'était celui de l'empereur Yen-li ou Shcn-nong, dont Yao les
constituait ainsi les descendants.
' Installés par Tang après sa victoire sur Kie.
* Au temps de Ling-Wang.
^ Descendants des San-yo dont la dynastie de Tsi était parente.
" Dynasties alliées parentes des Shen-Iiu. Leur fief, constitué par
les Shang, fut maintenu par les Tcheou.
48 JANVIER-FEVRIER 1894.
génies (du sol, des monts et des fleuves) pour le
bien du monde ^
Quant à ceux qui ont perdu le pouvoir, c'est que
leur cœur était corrompu et quils Tout ainsi fait
tomber de leurs mains ^. Ainsi ils ont péri; leurs
dynasties ont été renversées ; rien n a pu les sauver.
Leur descendance a été interrompue; il ny a plus
personne pour présider à leurs sacrifices ancestraux;
leurs arrière-petits-^ils , rejetés du ciel, tombés du
pouvoir, servent maintenant les parcs et haras. Tous
cependant sont des descendants de Shen-nong ou de
Hoang-ti. Mais ils n'ont pas su imiter le ciel et la
terre en leurs lois, ni se conformer à Tordre des
quatre saisons ; ils n ont point su observer la nature
intellectuelle des Esprits et des hommes, ni les lois
des êtres vivants, animaux ou plantes; extirpés de
ce monde, privés de descendance, pour eux il ny
a plus eu de prière jusqu'à aujourd'hui.
Le cœur droit et fidèle écarte de lui leurs vices;
il se modèle sur l'action du ciel et de la terre, sur
le mouvement des saisons. Il fait régner l'harmonie
entre le peuple et les esprits et observe ce qui con-
vient aux êtres organisés. Grand, brillant, il se par-
fait et s'élève toujours en éclat. Doté d'un nom de
noblesse et d'un peuple de sujets, il s'y attache, les
conserve et illustre son nom. Il propage les doc-
trines laissées par les anciens rois, observe leurs
* Conwi. : a et parvinrent à l'empire du monde » , ce qui ne s'ap-
pliquerait qu'à Yû. Cela me paraît bien douteux.
^ Litt. : «Ils l'ont évacué; par leurs vices, comme Kfe».
KOUE-YC. 49
rites, suit et reproduit leurs avertissements, leurs
rè^es; considérant les élévalions et les chutes, il les
comprend toutes. Les grandeurs sont dues aux ver-
tus, aux actes des Hia, des Lu; les chutes, aux actes
mauvais, funestes des Kong-kong et des Khwen.
Maintenant que j*ai pris en main le gouverne-
ment de l'Etat, il ny a rien qxii le contrarie et ré-
siste, cause des troubles. Mais les esprits de ces
deux fleuves ont excité le Khi de leurs eaux pour
entraver le palais royal. Votre Majesté 1 avait décoré
de toutes les manières possibles.
Mais il est un proverbe qui dit : « Ne passez pas
la porte d un homme de colère et de trouble » , et
cet autre : « Les aides- rôtisseurs^ goûtent, éprouvent;
ies aides -combattants nuisent, blessent». Comme
aussi : « L'infortune n'en peut être une que pour
l'homme attaché aux biens terrestres^. »
Le Shi porte ceci : « Les quatre chevaux galopent
avec ardeur, les bannières flottent, le désordre naît;
il n'est plus de paix ; nnl royaume qui ne soit ruiné ^. »
Et encore : «Les richesses troublent la paix, le
bonheur du peuple. C'est une prison amère*. Quand
* Comm, : «Les serviteurs qui l'ôtissent et cuisent; ils goûtent les
mets et s'assurent qu'ils ne nuiront pas ; les aides-combattants nui-
sent au contraire et détruisent. »
^ Le msdheur des richesses, de la beauté viennent de l'affection.
* Shi-king, Ilf , 3. o. 3 , str. 2. Il s'agit de Li-Wang que le peuple
chassa du pays à cause de sa tyrannie. — Les bannières à tortues
et à serpents
* La maladie du peuple , c'est la cupidité et l'amour des plaisirs
des princes qui engendrent la tyrannie.
m. d
50 JANVIER-FÉVRIER 1894.
on voit le trouble régner et qu on ne craint pas ce
dont il menace , on augmente encore beaucoup son
luxe. Le peuple déteste les troubles quil ne peut
empêcher. Combien plus encore les Esprits? Votre
Majesté veut canaliser et (comme) combattre les
fleuves pour orner d autant son palais. Cet enabellis-
sement causera du trouble et favorisera les luttes
armées. Ne sera-ce pas une calamité sans compen-
sation; et ne vous fera-t-il pas trouver votre ruine? »
Depuis nos anciens souverains Li, Siuen, Yeou,
Ping , jusqu'à aujourd'hui , les calamités célestes n ont
point cessé. Pour moi, je crains ces embeUissements
toujours croissants chez nos arrière-neveux; le palais
de nos rois s en amoindrira de plus en plus. A da-
ter de Heou-tsi, on sut apaiser les . troubiesy Wen-
Wang, Wu-Wang, Tcheng-Wang et Khang-Wang
parvinrent aussi, non sans peine, à donner la paix
au peuple. Depuis que Heou-tsi^ commença 4V tenir
le peuple en repos et sécurité, il y eut^ quinze sour
verains. Wen-Wang commença à lui donner Tordife
et la paix.
Le dix-huitième souverain, Khang-Wang^, y
parvint également, mais non sans grande peine. Li-
Wang commença à bouleverser les lois. Le quator-
zième souverain (Ling-Wang, en comptant Li)cher-
^ Depuis que Heou-tsi, en faisant cultiver les grains, eut donné
]e repos et la paix au peuple, il y a eu quinze générations de r(»s.
De là on arrive à Wen-Wang qui imita ses vertus , donna la paix
au peuple et reçut le mandat céleste.
* En ajoutant Wu, Tcheng et Khang aux précédente.
KOUE-YU. 5J
cha à établir la vertu sur une base solide. Le qtrin-
zièmé (King-Wang^) commença la pacification ; aussi
ne sul-il pas traverser les difficultés et les calamités.
Pduir moi, matin et soir, je me sens plein de
crainte et d'inquiétude.
Je me demande comment il pourra faire cultiver
la vertu et orner même modérément le palais royal
en bravant la bienveillance céleste. Le roi, par ce
luxe, favorisera les calamités et les troubles. Com-
ment pôurra-t-ii y mettre ua terme?
Votre Majesté ne devrait-elle pas considérer ce
qui arriva lors des Li ^ et du roi des Miao jusqu'aux
derniers des Hîa et des ShangP
Quand les chefs n'imitent pas le ciel, les infé-
rieurs/ne se conforment pas aux procédés dé la
terré. Les intermédiaires ne font pas régner la con-
oofde dans le peuple et ne le contentent pas; ils ne
suivent pas les temps , les saisons. Ils ne satisfont pa^
les esprits du ciel et de la terre. Ainsi ils font périr
les. lois. Ainsi les hommes détruisent leurs temples
ancestraux et le feu du ciel consume les instrument
des sacrifices. Leurs descendants sont réduits en
* Comm. : « Il s'agit des Kieu-li et des San-Miao. » Quand Shao-
haio fut niort, les neuf Li (?) « Kieu-li, troublèrent la vertu. Tdbuéh<
hû les extermina. Après la mort de Kao-sin, les San-miao repris
rent le r61e des Li. Yao les détruisit. Les derniers des Hia et des
Sbangs sont Kie et Tcheou que Tang et Wu -Wang abattirent. Que
sorties Kieu4i? C'est incertain. Les uns en font .neuf officiels.
D'autres , plus justement , voient dans cea mot» un nom de peuple.^
Une tradition persistante attribue à Shaothao une faiblesse qui
peratttaïUL Kieu-ii de faire régner la magie. Cp. Tong Kien-yi Shi-
luk et Lo'pi, règnes de Shao-hao et de Tcbuen-hû.
/i.
52 JANVIER-FEVRIER 1894.
servitude, abaissés et ne comptent plus parmi le
peuple. On ne considère pas les principes de la sa-
gesse des anciens et de la vertu. Mais si Ton se
conforme à ces principes., on obtiendra la félicité,
les faveurs du ciel; on pourra entretenir les forces,
Tactivité du peuple ; ses descendants auront ime for-
tune heureuse, la prospérité. Voilà ce que le Fils du
Ciel doit savoir. Les descendants de ceux que le
ciel a élevés sont les uns dans les champs ^ et cher-
chent à troubler le peuple; les autres y établissent
un génie du sol et des céréales, et désirent, au con-
traire , le règne de Tordre.
Le Shi porte ceci : « Le signe avertisseur des Yin
n'est pas éloigné 2. Il se voit au temps des Hia. »
«En ornant le palais royal, on provoquera une
succession de troubles. Les esprits du ciel ne don-
neront plus la prospérité; en ce qui concerne les
êtres vivants de cette terre, on manquera à ce
qu exige leur nature. Quant aux procédés dont on
doit user envers le peuple, on manquera d'hmna-
nité; le mouvement quadruple des saisons ne sera
point suivi; les délibérations, les instructions pré-
paratoires ne seront pas réglées par la droite lo-
gique. Les paroles d'avertissement que le Sha et le
^ Kiuen-mao. Kiuen est un sillon large et profond d'un pied,
tracé pour irriguer les champs; mao est une aire de 100 pas. Ce
sont les champs entourés de ce fossé.
* Ceci se trouve dans une ode où le poète cherche à détourner
Li-Wang de ses mauvaises habitudes et lui rappelle indirectement
le sort de Kie, le dernier des Hia.
KOUE-YC. 5.*^
Shi adressent au peuple, tous les rois défunts les
ont mises en pratique.
«Pour ceux qui les méditent, chefs ou sujets, il
n y a rien de comparable comme règles de conduite.
Que le roi médite ces vérités. Si les grands ne sui-
vent pas le modèle du ciel, les petits ne suivront
pas les leçons des livres ; si les chefs n'observent pas
les lois du ciel, les sujets n'imiteront pas les actes
de la terre; les magistrats intermédiaires ne seront
point l'exemple du peuple, on ne suivra pas dans
leurs calculs les mouvements des quatre saisons.
Agir ainsi, c'est se passer de toute règle; or c'est là
la voie de tous les maux. »
Après ce discours , le roi lit aussitôt cesser les tra-
vaux. Cela dura jusqu'à King- Wang ^. Celui-ci eut
de nombreux favoris dont les excès occasionnèrent
des troubles. King-Wang étant mort^, la famille
royale fut livrée au trouble jusqu'à Ting-Wang *, et
ainsi la maison royale diminua de plus en plus.
* Ling-Wang vécut encore cinq ans après ce fait. King-Wang était
son fils , le frère cadet de ce Tsin dont il a été parié plus haut. Ces
favoris furent Tze-tchao et ses satellites , Pien-meng , etc.
* King-Wang n'avait point d'héritier. De nombreuses compéti-
tions et luttes s'élevèrent pour sa succession. Le souverain aurait
voulu laisser le trône à son fils [secondaire) Tchao, Mong, son
aîné, lui disputa la couronne et s'intronisa dans une province. H y
mourut subitement. Tchao fut chassé lui-même et un autre fils
nommé Tsie prit définitivement le pouvoir.
* n s'agit de Tcheng-ting-Wang qui régna de 468 à 44 o. C'était le
fils de King-Wang. Sous son règne, les ministres agissaient en
maîtres ; les princes ne reconnaissaieht plus de chefs. Ainsi le pou-
voir royal était considérablement affaibli.
.54 JANVIER-FÉVRIER 1894.
IV
Yat, (Tafou) de Tsin, était venu pour rendre
hommage à la cour de Tcheou. B remit des pièces de
soie aux grands officiers, puis à Tan-tsing kong^
Ce dernier le traita avec parcimonie, mais très res-
pectueusement. Lorsque Ton reçoit un hôte , ies rites
prescrivent, quant aux présents et aux repas, que
Ton s'enquière de ce que fait son chef et qu'on
rimite. Dans les festins, on ne doit rien faire à sa
guise, rien de particulier^; on ne doit pas, pour
aller à la rencontre, dépasser la banlieue, le Kiao.
Dans le plaisir, les conversations, le loisir, la mu-
sique que Ton offre à son hôte, il y a des règles dé-
terminées et précises ^.
Ce furent les oflBciers de Tan* qui allèrent au-
deyant du Tafou de Tsin. Celui-ci (les voyant) leur
dit : «Quelle merveille! J'ai toujours entendu dire
qu'une seule famille^, et non deux, était élevée au
pouvoir. Mais ici, est-ce Tcheou qui est au sommet,
ou est-ce le Fils des Tan ? »
Jadis le grand historien Yin-yi ^ avait ce proverbe
' Ministre da souverain, petit-fils de Tan «ian-kong déjà connu
et fils de King-kong. C'était ia règle de présenter ainsi ces dons.
^ N^ point augmenter le nombre des plats, des corbeilles, etc.
* Par le Hoang-lien, livre de Tcbeou-tsong.
^ Lîtt. : Lao « vieillards ». C'est le nom des officiers principaux
des ministres ^ Ta£ous.
* Une seiile dynastie. Tan tsing-kong agit ici en souverain.
* Au temps de Wen et de Wu.
KOUE-YiJ. 55
à la bouche: «Dans les actes, les affaires, rien de
tel que le respect, le soin vigilant. Quand on est
inactif chez soi, rien de tel que récononrie. En
fedt de vertu, rien ne dépasse la modestie, la com-
plaisance. Dans les entreprises, rien ne surpasse la
réflexion. Les dons de Tan-tze, sa manière d'agir à
mon égard ont toutes ces qualités. Sa demeure n a
rien de fastueux; ses vases, ses ustensiles sont
simples, sans couleur, sans dorure. Lui-même, il
redoute de manquer aux règles. En sa cour comme
dans ses appartements privés ^ tout est plein d'ordre ,
de convenance, d'arrangement réfléchi. Les plai-
sirs, les dons ne dépassent pas la mesure de ce que
l'on* doit faire en moins que ses chefs; mais les
égards , le service de son hôte sont égaux à ceux que
les chefs ont pour lui dans les actes comme dans
les intentions.
« A tout cela s'ajoute qu'il ne fait rien d'excep-
tionnel à sa fantaisie, qu'il s'attache à ne rien faire
d'autre que ce qui est de règle, à n'y rien mêler
d'étranger. Ainsi il évite tout mécontentement. Eco-
nome, modéré en sa demeure, actif, respectueux,
vertueux, modeste, réfléchi, sachant ne mécontenter
personne, assistant des ministres, pourrait-il ne pas
s'élever? C'est son dire, le ciel auguste a le mandat
parfait; y répondre est la vertu accomplie^.
« Son refrain est : « Le ciel auguste a des règles par-
* Litt. : «Extérieurement comme intérieurement».
* Phrase obscure suscepti'ble de plusieurs sens.
56 JANVIERFÉVRIER 1894.
« faites, deux princes^ les ont reçues. Tcheng-Wang
« n a pas osé non plus se livrer exclusivement au plai-
« sir. Matin et soir ils travaillent à affermir leur
« mandat céleste et étendre les bienfaits de la paix;
« par des actes brillants ils élargissent leurs cœurs et
« consolident leur action pacificatrice. »
Ces principes sont aussi ceux de Tcheng-Wang.
Ce prince sut faire éclater ses brillantes qualités ci-
viles, et rendre redoutable sa puissance militaire^
solidement établie.
Ce principe est le mandat parfait; ainsi il exalte
le ciel auguste et témoigne de son respect à ce qui
est au-dessus de lui.
Les deux souverains (Wen et Wu) avaient reçu
ce mandat; ils surent être modestes et conciliants,
obéissant à la vertu. Tcheng-Wang n'osa point se
livrer à l'oisiveté , au plaisir, mais eut un soin vigi-
lant des officiers du royaume^. Vigilant, adonné
aux affaires du matin au soir, il affermit les fonde-
ments de son royaume, imposa Thonnêteté, déve-
loppa la générosité, assura la paix, prolongea Téclat
du règne et fétendit , leur donna plus de splendeur,
assura leur solidité, comme la paix et la concorde.
Telles furent ses vertus. La première phrase in-
dique d'abord : respect du ciel , vertu et condescen-
* Wen et Wu les ont pratiquées.
' Le tout est rendu d'après le commentaire très plausible de
Wei-shi : «Il sait faire briller son Wen et le rendre éclatant; éta-
blir son Wu et le rendre redoutable. »
^ Les Pe-sing. Comm, : «les cent officiers Pe-tckin*,
KOUE-YÛ. 57
dance pleine de considération pour les officiers du
royaume.
Le milieu de ces sentences prescrit la vigilance,
l'économie, la droiture, la générosité quil pratiqua
et qui produisirent la paix , la concorde.
La fin indique la générosité , la grandeur d ame ,
la fermeté qui établit solidement et Tharmonie ré-
gnant dans le peuple.
Le commencement fut donc dans la force d ame
et la condescendante modestie; le milieu, dans la
droiture et la générosité ; la fin , dans la fermeté et
la paix. C'est pourquoi on lappela Tcheng « l'ac-
compli ^ ».
Or Tan-tze est économe, vigilant, respectueux,
condescendant et modeste, réfléchi en ses entre-
prises, comme il convient à la vertu parfaite. Tan
ne cherche pas à élever en rang sa descendance,
mais il la rendra d'autant plus illustre dans les âges
suivants 2.
Il est dit au Shi :
« Sa famille , où sera-t-elle ? Au parvis de son pa-
lais*.
« Le Kinn-tze assure le bonheur poiu* dix mille
ans, pour toujours à sa descendance. »
Quant à sa famille , il ne déshonore pas ses sages
ascendants.
^ Comm, : «Qui a accompli parfaitement son mandat céleste».
' Il illustrera les âges suivants.
' Voir Shi, III, 3o. o. Nous traduisons d'après notre Conunen"
taire. Legge traduit : tSa gloire, son éclat ». Le Commentaire
ajoute : «Le fils pieux fait tout pour sa famille d'abord».
58 JANVIER-FÉVRIER 1894.
« Au parvis » il donne au peuple une large prô- ,
spérité. — « Pour dix mille ans » on voit ainsi que
son nom n*est pas oublié.
« La postérité » , ses descendants prospèrent, sont
dans labondance, grandissent. Tan-tze n'oublie jamais
les actes de vertu de Tcheng-Wang; il ne déshonore
pas ses sages prédécesseurs ; il soutient et conserve
la brillante vertu. Aide zélé de la royauté, il procure
au peuple, on peut le dire, labondance, la pro-
spérité.
Quand on sait s appliquer aux affaires et les faire
réussir pour enrichir également ^ tout le peuple , on
mérite la gloire et la louange ; procurer les avantages
dune prospérité toujours croissante, c'est ce que
Tan-tze sait faire. S'il lui manque quelque chose, le
descendant de ce prince accompli- saura bien y
pourvoir et combler cette lacune. Cela ne se ferait
point par d'autres que lui ' ».
Kong-Wang , la vingt et unième année de son règne
( 5 2 3 A . C .) , voulait faire fondre de grosses pièces * de
^ Coiiiîïi. = Ton^, égaliser.
* Tsing-kong.
^ D'une autre famille.
^ Ta-Uien, Jusque-là il n existait qu'une seule espèce de monnaie
qui pesait 6 shu ou ^ once d'argent. King-Wang en fit de 1 2 shu
on ^ once, et votdait supprimer la petite monnaie, en sorte que fien
né pût être payé moins que les 1 3 shu. C'était un obstacle aux
transactions et une ruine pour k peuple.
KOUE-YU. 59
mimnaie; Ma-kong de Tan^^ (sy opposa) et lui dit :
«(Gela nest pas légitime. Jadis, quand une calamité
oéleste descendait et frappait le peuple, on mesurait
les joyaux et les soies, on pesait le poids des valeurs
d'échaiige pour sauver le peuple 2. Si le peuple avait
k se plaindre d'une valeur trop légère en objets pré-
cieux, 0n la parfaisait pour la rendre courante^.
: .ciÂinsi la ma* servait à équilibrer le tze et à le
rendre courant; aussi le peuple pouvait accepter et
employer ces valeurs ^.
'*' Descendant de Tsîng-kong, dont il a ëlé parlé précédemment.
' Dp peur que le ciel ne fût irrité par l'usage de fausses valeurs,
de valeurs en dessous de leur taux. A cette époque, on avait comme
valeur d'échange monétaire des perles et gemmes , des pièces de
soie dun carré déterminé, puis des pièces de monnaie. On vérifiait
la vsdeur, la mesure de ces divers objets afin d'apaiser la colère du
ciel. Comm.
^ Comm, : Si le peuple se plaignait que la soie-monnaie en était
trop légère, de trop peu de valeur, que l'objet acheté était supérieur,
alors on suppléait le poids, la valeur [tchong) pour rendre la légère
courante.
* Le Ku-shi-tchong porte : Sous Shun , les Hia , les Shang et les
Tcbeous, il y avait trois sortes de monnaies, la rouge, la blanche
et }a jaune ou de cuivre rouge, de laiton et de fer. La monnaie
jaune était la principale; la soie, le cuivre et le fer étaient en des-
Wttis. Maifi toutes avaient ia môme valeur (yih-ping). C'est King-Wang
iqai'en introduisit une seconde (erh-ping). Après les Tcheous, les
tariétés montèrent au nombre de dix. Avant King-Wang, la petite
monnaie était appelée tze • fils » et la grosse ma.
* Gomm, : Le tchong, la grosse valeur, est la mu, «la mère», le
king la petite valeur; la valeur inadéquate est le tze «le fils ». Dans
les échanges , si l'objet était de peu de valeur, le tze seul servait;
si l'objet était de grande valeur, de valeur supérieure (tchong)^ on
l'équilibrait par la mu, et ainsi on le rendait comm'ei^ble. La mu
et le tze s'équilibrant , le peuple obtenait ainsi -ce qu'il désirait.
60 JANVIER-FÉVRIER 1894.
d Si la monnaie n'atteignait pas la grosse valeur,
on en réunissait beaucoup de petite pour la rendre
échangeable et Ton ne rejetait pas la grosse valeur
pour cela. Ainsi le ize équilibrait la ma et servait au
trafic; peu ou beaucoup le peuple en tirait profita
« Maintenant le roi rejette la petite monnaie et veut
faire de gros et pesants deniers^; le peuple perdra
ses richesses; n'en sera-t-il pas épuisé? En ce cas, le
trésor royal ne sera-t-il pas lui-même dépourvu*?
Pour remédier à ce mal , ne devra-t-on pas prendre
davantage» au peuple* pour grossir ce trésor? Inca-
pable dy suppléer, le peuple s'éloignera, s'enfuira
(pour se dérober aux collecteurs). Ainsi on dis-
persera la population , on perdra beaucoup de sujets
qui iront vivre dans d'autres Etats. Un Etat bien ré^é
n'a jamais établi un semblable état de choses. En
venir là et sauver l'Etat de sa ruine, ce sont deux
choses qui ne vont pas ensemble, ne peuvent se
pénétrer.
« Prévoir un mal et ne pas le prévenir, c'est une
négligence coupable. Pouvoir guérir un mal et, le
prévoyant, le laisser venir, le produire, c'est pro-
^ Comm, : Si ia valeur monétaire de la soie était plus considérable
que l'objet mis en négoce , cela rendait l'échange impossible. Alors
on devait faire de petites valeurs pour les employer réunies , échan-
geant les objets considérables contre les grosses valeurs et les choses
de vsdeur minime contre les petites. Ainsi , s'il y a des monnaies de
valeur haute et basse , les deux espèces seront utiles au peuple.
* Par là il épuisera la racine pour grossir les branches ; ainsi le
peuple verra ses ressources s'épuiser.
' Le peuple appauvri ne pourra plus payer ses redevances.
^ Par de nouveaux impôts.
KOUE-YU. 61
voquer les fléaux célestes ^ Tcheou a affaibli ses
États; le ciel na point cessé ^ de lui envoyer des
fléaux et déjà il veut perdre de nouveau son peuple,
pour renforcer les calamités célestes!
a Nos officiers de Tcheou sont négligents en ce
qui est nécessaire pour remédier aux maux envoyés
du ciel ; ils oublient les lois qui le prescrivent ; leurs
concussions , leurs vols augmentent encore ces fléaux.
Ainsi ils dissipent les trésors^ et oppriment* leurs
gens.
« Que Votre Majesté y pense sérieusement. » Le
roi n'écouta pas ces remontrances et fit fondre les
gros deniers.
VI
La vingt-troisième année de son règne ^, King-
Wang voulut faire fondb^e les wa-yi^ pour leur
* C'est ce que fisrait le roi en produisant les maux prédits par la
fonte des gros deniers.
* Le ciel n*est pas rassasié de fléaux.
^ Un bon gouvernement a des trésors dans les richesses du peuple.
^ Comm. : Détruisant , exterminant. Al. ping « faire se cacher, fuir
en lieu inconnu».
* 5a 1, troisième année du duc Tchao deLou.
* Wurji, nom d'un tchong, dit le Comm. Le tchong est un instru-
ment de musique, disent les lexiques chinois, sans en indiquer la
nature; c'est une cloche (i 67. 1 2 ) ou une flûte. fVu-yi « Tinfatigahle »
est, d'après le Li-ki et les traités de musique, le son du tube (lut)
donnant la sixième note et appelé shu; il est long de 4 pouces et
6364 fens. Il correspond au son du khi ou élément atomique dyna-
mique des êtres à la fin de Tautomne; c'est un son pénétrant et
étendu , notre ré dièze. C'est , dit le Comm., fondre les (tubes ou cloches)
wvL-yi pour grossir leur nombre (leur longueur) et en faire des lin.
62 JANVIER-FÉVRIER 1894.
donner le son ta- lin ^ Tan mu-kong lui dit à ce pro-^
pos : « Si Ton ne peut légitimement créer de gros
deniers pour dépouiller le peuple, on ne peut pas
davantage faire fondte un ta-tchong pour diminuer
sa continuité de son 2. Si Ton n accumule qire povir
dissiper^ et que Ton diminue la durée de Tusage des
choses , comment les êtres vivants pourront-iis pro^
spérér?
«Les tchongs ne peuvent donner un son. conve-
nable* si Ton manque aux règles de Jart. Si le wu-
yi devient lin-tchong , Foreille ne pourra saisir ce son.
« N'est-ce pas une chose que Ton ne peutpoint faire?
«Disperser le peuple des lieux de séjour qu*éi|k,
lui a donnés et appeler les châtiments célestes, n'est-
ce pas se préparer des dangers, des di£Gicidtés, et
les attirer sur soi? Gomment pourrait-on ainsi or-
ganiser son gouvernement? Si le gouvernement n'est
point tel , comment émettra-ton ses décrets ? Emettre
des décrets et ne point être obéi, c est la douleur des
chefs. Aussi, pour éviter ce mal, les Saints cultivent
la vertu dans le peuple, ly implantent.
^ Ta-lin est la note ut. Son nom musical est lin-tchong; d appai^
tient au Yin et aux notes faibles (ton^); le Wu-yi estdU: Yaag^ et
des tons mâles. , .: i. . ,
^ Sien (igS, ^) = Kaa (4o. 12), dit Wei-shi. Puis dépasser. lame-
sure dans l'usage des. choses ,. c'est détruire, les riobcsdes, lesjnoir
sources du peuple. .. i . ■■ <
^ En rejetant la petite monnaie. Etres vivants Seng, Cùmm. «les
richesses».
I
* Le Wu-yi est du faible yang, le lin-tchûng est du. fort yin; leur
réunion ne p^t être saisie par l'oreiUe, ne peut élre appréciée; elte
trouble l'ouïe. Le lin-tckong est appelé souvent aussi h^n^tchong.
KOUE-YC. 63
« Le SJiu de Hia porte : « Le poids normal ser-
« vant aux taxes et le [kien] poids divisionnaire har-
« monisé sont déposés dans le trésor royale »
« De son côté, le Shi a cette sentence : « Conterii-
«piez le pied du mont Han. Les châtaigniers, les
«aubépines^ y croissent en profusion. Joyeux, aisé
« est notre prince ^ en sa haute dignité. »
«De ce que les arbres croissent touffus au pied
du Han , le prince est heureux et à Taise en sa haute
position.
« Mais quand les arbres des montagnes diminuent ,
disparaissent, que les amandiers meurent, que les
marais se dessèchent, se dépeuplent de btiissons*,
alors les forces du peuple s'ép^sent, les? champs
restent incultes, ses ressources se perdent. Si le
prince le met ainsi en danger et misère, il n'aura
plus de repps , et comment lui-même troiivera-t-il
encore Taise et la joie ^?
tt Si Ton enlève au peuple ses moyens de dépense®
pour remplir le trésor du prince, ce sera autant
c^e d/ol)struer la source d'un fleuve et vouloir lui
^ Ces express ious sont iuterprétées diversement^ Nous suivons le
commentaire Yi-Shi, qui nous paraît le. plus plausible.: Le pcemier
poids, le shi, est le hu actuel de i3o cattis;ie hien en est le quart.
* Proprement • un arbuste épineux dont on faisait leç, bois des
flèches » : Hu. Cette bdle végétation représente les vertus du sou-
verain.
' Litt. : « Kiun-tze » , mais il s'agit de Wu- Wang.
^ Ceci est une figure des vertus, des actes méritoires du prince.
* Allusion aux paroles citées du Shi,
* En supprimant les petits deniers et frappant des gros.
64 JANVIER. FÉVRIER 1894.
faire former un lac. Elle cessera de couler et sans
tarder.
« Ainsi, si le peuple est dispersé et ses biens épui-
sés , les calamités surviendront et toute restauration
sera impossible. Qu adviendra-t-il du souverain lui-
même?
«Le son musical est fait pour Toreiile; ce que
l'oreille ne saisit pas n'est pas un son musical. De
même ce que l'œil ne peut voir n'est point fait pour
l'œiP.
« La mesure de la puissance de vision de l'œil ne
dépasse pas le pa , le wa ^, le pied et le poace. Quant
aux couleiu*s, elle ne va pas au delà du mih, du
tchang, du tsin et du tch'àng^.
« L'oreille, au point de vue de l'accord des sons,
se tient entre le pur et le trouble *, et, sous ce rap-
port, elle ne dépasse pas la portée d'une voix hu-
maine. C'est pourquoi les anciens rois avaient pris
pour règle le tchong et statué que leur mesure ne
dépasserait pas le kien *, et leur poids , le ski *.
« Les tons musicaux [lu), les mesures de longueur
^ La substance de l'œil est lumineuse; ce qu'il ne peut voir n*est
point produit selon (la nature de) Toeil. Quand on force la puissance
de vision ou d'ouïe, on rend les organes malades.
' Pu =16 pieds; fVa=^ pieds.
^ Mesures comptant 5, 10, 20 et 4 o pieds.
* Ces termes indiquent les variations des accords. Le hoang-
tchong étant accordé sur le kong est impur; le ta-lu Tétant sur le
kio est pur.
^ La juste mesure. Un bâton de 7 pieds attaché à une corde ser-
vant à cette mesure.
* Poids de 120 kin.
KOUE-YÛ. 65
<'u, et de capacité, liang, les poids sont réglés d après
cela, comme les instruments mesureurs, petits et
grands, en proviennent ^ Les Saints d autrefois ob-
servaient ces règles. Maintenant Votre Majesté veut
faire un instrument dont le son ne sera point dis-
tinct^, qui ne correspond à aucune mesure, dont
l'oreille ne peut saisir laccord. On ne peut, quant
aux mesures, sortir des normes fixées, sans ajouter
au plaisir et appauvrir le peuple; à quoi aboutira-
t-on? Le plaisir ne va pas au delà de ce que Toeil peut
voir. Si laudition de sons agréables fait trembler,
et la vue de beaux objets cause Tangoîsse, peut-il y
avoir ime peine plus grande? Les yeux et les oreilles
sont les pivots ^ du cœur.
« C'est pourquoi on ne doit entendre que des
sons harmonisés et ne regarder que des choses cor-
rectes. Ainsi l'ouïe est claire et la vue perçante. Ainsi
aussi les paroles sont comprises et la vertu brille et,
dans ce cas , on sait être réfléchi et ferme , et répan-
dre la vertu parmi le peuple. Le peuple en est heu
reux, rendu vertueux; il restaure la pureté de son
cœur.
« Quand les chefs savent gagner le cœur d u peuple ,
ils font régner la justice; ils réussissent alors dans
* Les petits sont : le t:e (i/4 de tael), le tchu (1/6" de tze), le
fen et le pouce. Les grands sont : le hin, le liang, le tckantj et le
tchi,
* On ne saura s'il est pur ou mêlé.
^ Les points de départ du mouvement. Quand le cœur a un
désir, Tœil et Toreille le mettent en mouvement.
III. 5
iHr»i«(«i> aiTiu^tL*.
06 JANVIER-FÉVRIER 1894.
toutes leurs entreprises, ils peuvent alors goîiter de
vraies jouissances.
«Quand Toreille harmonise les sons intérieure-
ment, la bouche profère des paroles élégantes. Si Ton
s'en fait une règle et si on la propage parmi le peuple ,
si Ion règle tout par de justes mesures, le cœur du
peuple suit de toute sa force et ne s'en fatigue point ,
il remplit sa tâche sans résistance ni variation. C'est
la suprême jouissance. La bouche goûte, Toreifle
entend intérieurement. Le son , le goût engendrent
un khi. Ce khi, dans la bouche, produit la parole
et, dans l'œil, la vue. Par la parole, il donne les
vrais noms aux êtres ; par la vue , il dirige les mou-
vements ^ Par les mouvements, les actes, on donne
leur développement aux êtres.
« Par de justes noms, on gouverne sans faute; un
gouvernement parfait, des êtres prospérant, c'est le
plus haut point de la jouissance.
«Quand la vue et l'ouïe ne s'harmonisent pas,
tout est agité, inquiet; le goût n'est plus pur, alors
le khi n'agit plus et l'harmonie se perd'^. Alors on
entend des paroles de contention et de rébellion.
Alors la vue est confuse, altérée; les noms sont
changés, coiTompus; les mesures sont falsifiées,
mauvaises ^.
« Les ordres émis ne sont point obéis, on n'y
* Quand la vue est claire, alors les mouvements ont leur temps
convenable.
* Comme cela arrive quand le wou-yi devient ta-lin.
^ Tout cela provient du défaut du klii.
KOUE-YO. 67
croit point. Le gouvernement relâché est dans le
désordre; dans les actes extérieurs, on ne suit point
les saisons.
« Le peuple sans appui , sans défense ni force , ne
sait plus ce qu'il peut faire; tous ont le cœur hési-
tant, partagé.
«Le chef ne sait plus faire agir son peuple con-
venablement et ne parvient plus à ses fins; ce qu'il
cherche il ne l'atteint point. Comment pourrait-il
avoir paix et bonheur? En l'espace de trois ans il aura
détruit les deux instruments de la vie du peuple (la
monnaie et les Za). Quel danger pour son royaume! »
Le roi ne crut pas à ces paroles et interrogea à ce
sujet le khieu^ Tcheou-kao, qui lui répondit : « Les
traditions des employés de votre sujet ne le rensei-
gnent point à cet égard. Tout ce qu'il a entendu dire
c'est que le kin et le she ont pour base le kong^.
Le tchong , par contre , se base sur le yu ^. La pierre
a pour shang kio ^ ; le sheng ^ et la flûte de bambou
kuan ont pour réglant le IL
«Les sons foits ne dépassent pas le kong^ ni les
faibles le yu. Le kong est la dominante des tona-
lités^; le yu est au second rang.
' Le chef de musique (Sse-yo).
.. ^ Gomme tous les instruments à son mince, effilé, mais bas.
^ Comme tous ceux à son gros et fort [t'ing-ta)^ mais élevé.
^ Le son de la pierre est plus léger que celui du tchong, c*est
pourquoi il a pour dominante kio, son intermédiaire entre les purs
ci les mélangés.
^ La calebasse plantée de tuyaux.
" Tn-ku , parce qu'elle est la plus puissamment sonore.
5.
68 JANVIER-FÉVRIER 1894.
« Les Saints maintiennent intacte la musique pour
conserver les biens du peuple. Avec ces ressources
ils confectionnent les instruments et par la musique
ils font prospérer les biens du peuple ^. Des instru-
ments de musique les lourds et bas ^ suivent les fai-
bles, les légers et hauts suivent les forts ^.
« Les anciens, par la musique , apaisaient les vents
et dirigeaient les travaux de Tagriculture ; ainsi ils
développaient les richesses du pays.
«Ainsi des instruments de musique, les lourds
suivaient les minces * et les légers ^ suivent les
grands. Voici quels sont leurs rapports :
« Le métal a le yu.
« La pierre a le kio.
K La terre et la soie ont le kong.
«La calebasse, les flûtes, le bambou suivent le
ton qui leur convient ^.
« La peau et le bois "^ ont un son unique.
« Pour que la musique soit bien dirigée , il faut
^ La musique diminue le vent terrestre; elle dirige les opéra-
tions de Tagriculture , ainsi elle grandit les richesses.
* A savoir le métal et la pierre [tchong).
^ C'est pourquoi le tchong a pour base ja, et la pierre, kio.
^ Lourds sont le métal et la pierre. Le tchong a pour base le
jrû qui est léger et la pierre a le kio.
^ La terre moulée et la soie, qui ont pour base le kong, son
fort.
• /(ag. i3) = Khitiao (149.8) li.
' Le tambour et le bâton de direction ou le tigre de bois. Pour
eux , point de variation de pur et m^lé.
KOUE-YiJ. 69
quelle observe rharmonie des sons et Tharmonie
doit observer Tégalité^
a Par les sons^ on harmonise la musique, par les
la on harmonise les sons. Par la pierre et le métal
on les fait vibrer ^ ; par la soie et les tuyaux on les
fait comme courir [hing)^. Par la poésie on leur
donne un sens, on les dirige mentsdement ^. Le chant
les fait onduler ^.
« La flûte les prolonge et répand au loin ; la terre
cuite les soutient''.
« La peau et le bois les règlent ^.
« Quand toute chose a ses qualités essentielles , on
appelle cela «une musique parfaitement réussie^».
«Quand ce point suprême est atteint, on appelle
son produit le son ^^ correct.
« Quand les sons se correspondent et se main-
tiennent ainsi, c'est l'harmonie. La juste proportion
^ La juste distribution des timbres; pas trop de faibles ni de
forts.
* Les cinq notes fondamentales à tons entiers : ut, ré, fa, sol, la.
^ Les ondes sonores sortant de la pierre et du métal vibrent
comme des rayons , sur place.
* Les cordes et les tuyaux les prolongent , font comme courir les
ondes sonores.
* Tao-tchi.
* lis montent et descendent comme des vagues, se prolongent,
baissent , se relèvent , etc.
^ Le maintient même pendant un certain temps. «Flûte» spé-
cialement à base de calebasse.
* Règlent la mesure. Le tambour et l'instrument qui indique les
pauses.
* Kih = tchong,
^^ Ting, c'est-à-dire selon le style chinois , «le son parfait». Ting
koa « les sons réunis , harmonisés 0.
70 JANVIER-FÉVRIER 1894.
des sons faibles et des forts, cest Tégalité tonale ^
Cela étant, on fond pour faire les instruments de
métal ; on polit ceux de pierre , on tend la soie et on
rattache au bois ; on range en degrés les tuyaux des
flûtes; le tambour leur donne la mesure^. Avec tout
cela on produit ces sons conformément aux huit
vents ^.
a Quand on observe ces règles , le khi n'est point
entravé dans son action; le yin ne disperse pas le
yang.
« Quand le yin et le yang observent Tordre né-
cessaire, le vent et la pluie viennent à leur temps;
la joie règne partout, le peuple prospère et vit en
concorde : tous les êtres se développent convenable-
ment; la musique est parfaite; les supérieurs et les
inférieurs ne sont point en lutte. C'est pourquoi on
dit : « La musique est parfaitement correcte. i»Mais si
le faible dépasse ce qui doit le dominer^, la correc-
tion est impossible. User des choses en outrepassant
toute mesure, c'est empêcher la richesse.
« Quand la correction est violée et les richesses
dissipées, la joie et la musique sont arrêtées. Le
(son) faible qui veut s'élever jusqu'au fort provoque
^ Ping, La substitution du lin au wa-yi détruit cette propor^
tion.
^ Litt. : « Ce qu'on fond c est le métal • , etc. Le tambour indique
qu'il faut renforcer ou diminuer, allonger ou précipiter.
^ Chaque vent a son instrument auquel il donne le son. Ainsi le
nord fait résonner la peau; le nord-est, les (lûtes sheng; Test, le
bambou, etc.
* Si le wu-yi devient ta-lin.
KOUE-YU. 71
sa résistance et ne convient pas à ToreiHe; ce nest
point de rharmonie. Le son qui veut dépasser sa
portée n'est point équilibré [ping).. Des sons ainsi
mauvais, irréguiiers, n appartiennent pas au domaine
des Tsong-kuân ^
« Les sons harmonisés , équilibrés , donnent les
richesses justes et sûres. Ainsi on les dirige par la
vertu du Milieu intact, on les ondule par les tons
harmonisés. Par les vertus et les sons musicaux
exempts de faute , on concilie les esprits et les hom-
mies. Ce sont les esprits qui donnent la paix, les
hommes donnent le renom.
«Dissiper les biens du pays, épuiser les forces
du peuple pour satisfaire les passions du cœur, trou-
bler l'harmonie des sons, la justesse des mesures, ne
point grandir en instruction, mais perdre le peuple
et irriter les esprits, c'est ce que votre sujet n'a ja-
mais entendu qualifier de licite. »
Le roi n'écouta pas davantage ce second conseiller
et fit fondre son ta-tchong, La vingt-quatrième an-
née , on vint lui annoncer qu'il était achevé. 11 s'em-
pressa de dire au maître Tcheou-kao que l'instru-
ment était harmonisé.
« C'est ce que je ne puis savoir », répondit le chef
de la musique.
0 Comment cela? » répartit le roi.
Tcheou-kao répondit : «Quand le roi fait faire
un instrument et que le peuple peut le faire servir
à la musique, alors il est harmonique. Maintenant
* Le Tsong-pe et les ofFiciers du corps musical.
72 JANVIER-FÉVRIER 1894.
les ressources sont épuisées, le peuple est accablé,
partout règne Tindignation ; votre sujet ne voit pas
où est cette harmonie.
« Ce que le peuple aime peut rarement ne point
réussir; ce qu'il déteste échappe rarement à la des-
truction. C'est pourquoi il est dit :
« L'union des coeurs forme une forteresse, l'union
« des bouches fond le métal le plus dur^ En trois
«ans, voilà deux altérations du métal ^. Je crains
« bien une chute. »
Le roi , l'interrompant , s'écria : « Vieillard rado-
teur^, qu'en savez-vous?»
L'an XXV, le roi mourut, mais le tchong n'était
pas harmonique. (Les musiciens avaient trompé leur
prince. )
Nota. Il serait hors de propos de s'étendre ici sur les
principes de la musique ; on pourra consulter à ce sujet le
traité du père Amyot, le Yo-king de Tchou-hi, ma petite
étude insérée aux annales de la Société asiatique d'Italie, i SgS ,
et d'autres ouvrages encore. Mais il ne sera pas inutile d'en
résumer ici les principaux traits nécessaires à Tintelligence
4e ce texte.
Les Chinois connaissent et emploient nos douze notes de
la gamme montant de demi en demi -ton. De très bonne
heure ils en ont fixé le son en forgeant des tuyaux normaux
dont chacun donne l'une des douze notes de cette gamme.
' Les cœurs unis se défendent puissamment ; le souffle chaud de
toutes les bouches peut fondre le métal. G'esUà-dire : L'union fait,
donne la force.
* Gdle des monnaies el celle des instruments de musique.
' Les mots chinois indiquent un vieillard de quatre-vingts ans à
l'esprit affaibli et quelque peu troublé.
KOUE-YU. 73
Ces tuyaux sont les lut (60. 6) qui se comptent de didërentes
manières; parfois on en compte douze et Ton range toutes
les notes dans une seule et même catégorie. D'autres fois on en
distingue deux classes composées chacune de six notes que
Ton qualifie de fortes et faibles , attribuant les premières au
principe actif yang, les secondes au principe réactif yin; on
appelle aussi les dernières notes intermédiaires parce que ce
sont les secondes , quartes \ etc. Elles portent aussi les noms de
lu (3o. 4) et de long (3o. 3) *. Parfois encore on compte sept
lut, qualifiant ainsi les sept notes de la gamme ordinaire. Mais
ceci ne constitue encore que des tons idéaux. Les notes pro-
prement dites, appelées shing ou yin, sons harmoniques, ont
chacune un nom spécial. Mais les Chinois n en reconnaissent
que cinq comme fondamentales et dignes de ce nom; ce sont
celles qui se mesurent par un ton d'intervalle. Ainsi les lut
ont un nom comme tels et la note qu'ils produisent en a un
autre. La note fondamentsde , la première des cinq , celle que
donne le premier lut, e&ifa. Les autres sont calculées non
point de ton en ton, mais par quintes ^à, ut, sol, ré, la. On
calcule ainsi les douze notes de quinte en quinte , ou de quarte
en quarte en montant ou descendant;^!, sol, la, ut et ré y
sont diésës.
Ces notes s'appellent kong, shang, kio, tche, yu (fa, sol,
la, do, rë)'; kong s'applique au premier des lut.
Voici les noms des lut :
FOBTS IMPATRS.
FAIBLES PAIRS.
Hoang-tchong,
Tai'tson.
Kiu-si.
fa.
sol.
la.
Ta-lin, fa #.
Ing-tchong, sol jf
Nan-liu, la #.
Joni'pin,
î'tse.
si.
do#.
Lin-tchong. ut.
Siao-liu, ré.
Wou-yi,
ré#.
Kia-tchong. mi.
' Accompagnant.
' Ce sont aussi les tons pairs et impairs.
^ Si est pien-tche et mi, pien-kong.
74 JANVIER-FEVRIER 1894.
La longueur et la largeur de ces tuyaux mélodiques sont
fixées en pouces, lignes, etc. , en sorte que leur dimension et
leur ton sont invariables, La première avait alors i. 2. p.,
5 1. sur 6 i. ^1.
Les Chinois connaissent aussi la différence qui existe entre
fa^ et solh, entre ut et si # , et comme leurs lut ne peuvent
rendre ces nuances , ils ne peuvent admettre la substitution
d'une base à l'autre, comme voulait le faire King-Wang. Cela
aurait troublé toute l'harmonie musicale \
Les douze lut sont aussi mis en rapport avec les douze mois,
le premier correspondant au onzième mois où se trouve le
solstice d'hiver qui est le point générateur de l'année entière,
année astronomique et, à ce point de vue, invariable, tandis-
que l'année civile a commencé selon les temps à différentes
époques.
La longueur du premier lut avait été déterminée par celle
de 8 1 grains de millet noir mis bout à bout dans le sens de
leur longueur. Les mesures ont varié; mais nous ne pouvons
entrer dans ces détails. D'après Tsai-yu , sous Shen-tsong des
Mings (lôyS à i6ao),il y a trois genres de lut formant trois
octaves : les graves, les moyens (octave normal) et le» aigus.
La base des moyens est le pied ; celle des graves , le double
pied ; celle des aigus , le demi-pied. Ces trois dénominations
s'appliquent aussi à deux octaves; les graves vont de si à mi;
les moyens, de^ à mi; les aigus de^ à /«#.
Pourquoi les Chinois n'ont-ils que cinq notes fondamentales ?
C'est incertain ; le plus probable , c'est qu'à toutes les choses de
la nature ils cherchaient un nombre quintuple i cinq planètes,
cinq éléments, cinq couleurs , cinq tons; c'est qu'aussi
la tierce et la septième ont un caractère particulier, séparées
d'un demi-ton seulement des notes suivantes; elles semblent
* Si woa-yi était hong , dit Tchen-tong-zhu , tchong-lu seul ferait
tche et il n'y aurait plus de ton pour shang, hio et yà. C'est-à-dire
que si ré # devient hase , il faudra mi # , /a # ^ et 51 # ; ormijff.faj/^jf
et 5(^ n'existent pas dans les instruments de musique à tubes, etc.
KOUE-YL. 75
appeler celles-ci et n avoir qu'une résonance, une sonorité
de transition \
Les Chinois distinguent encore les sept bases ou principes
et les cinq compléments , c'êst-à-dire les sept quintes naturelles
fa- ut, ut -sol, sol-ré, ré-la, la-mi, mi-si, si, puis les cinq sui-
vantes : 5fyà#,ytfit «(#, ut^,sol# 5oZ#, re# être #-/flJt qui
termine la série, la # ramenant èifa.
Ajoutons que les Chinois attribuent un caractère particulier
à chacun des cinq tons: kong, shang, etc., «majesté»,
« force » , « douceur » , « promptitude » , « action » et « brillant ».
VII
Le roi, voulant faire faire un wou-yi, interrogea
Tcheou kao sur la nature des lu^. Celui-ci lui ré-
pondit : « Le lu est ce qui établit Tégalité , le niveau
(des sons^) et doù procède la mesure^.
« Jadis les Shen-ka-lao ^ avaient les sons justes et
^ Ces notes porteut aussi les noms de ko, mi, et ichong, si.
* Ce mot désigne les six lat et les si;^ lu. Les premiers sont
formés du yang et les stconds du yin. Les six lut sont : le koang-
tchong, le ta-lu, le ku-sin, le jia-pin, le i-tze et le wu-jfi. Les six
lu sont ; le lin-tchong, le tclwng-lin , le hia-tcliong , le yiu-tckong
et le nan-lin. Le hoang-tchong commence au onzième mois dans,
lequel tombe le solstice d'hiver qui commence Tannée astronomique.
Les six premiers ou lut sont : la note du ton ou première, la tierce»
la quinte, la septième, la neuvième et la onzième. Les six lu sont :
ie# notes paires ou yin , seconde , qUarte , sixte , octave , dixième et
douzième.
^ Kiun est. le bois qui établit la mesure, le niveau du tchong;
û^i lofigde 7 pif^ et suspendu à une corde. 11 sert à mesurer
les tcbongs, petits ou grapds, purs ou mélangés.
* Litt. : «Les vieillards-a veuves-esprits». Ce sont les chefs mu-
siciens, qui connaissaient les lois du ciel et qui , après leur mort , sont
honoré» d'un .culte comme «pères de la musique». C'est pourcjuoi
76 JANVIER-FÉVRIER 1894.
les fixaient par la mesure. Mesurant les hil\ nive-
lant les tchong^ tous les mandarins en possédaient
les lois. On les disposait daprès la distinction des
trois (puissances : le ciel, la terre et Thomme). On
équilibrait (les sons) par les six lut^ on les parfai-
sait par les douze notes. C'est la voie du ciel (dont
le nombre est 12 et pas plus). Ces six^ ont la cou-
leur du milieu (entre ciel et terre), c'est pourquoi
on donne (à leur fondement) le nom dehoang-tchong.
C'est ce qui entretient et perpétue , propage les six
khis et les neuf vertus, et c'est de là qu'est tirée leur
règle.
«(Le premier lut est donc le Jioang-tchong^). Le
second s'appelle ta-tsoa ^. C'est par là que le métal
(vibrant) aide le yang à s'échapper quand il est tenu
concentré par le yin.
« Le troisième lut est le ka-sin; c'est par lui que
on les qualifie de Shen « sachant combiner, harmoniser les sons • ;
ils fixaient la forme des instruments et leur son par la mesure de
la longueur et du contenu. On comptait en effet le nombre de grains
de millet que devaient contenir les tubes normaux.
^ Ils mesuraient la longueur des lut et des lu pour équilibrer
leurs tchengs ou leurs instruments musicaux, et harmoniser leurs
sons et fixer les lois des fondions. C'est pourquoi il est dit que les
lut, les mesures de longueur, de capacité et de poids y ont leur
principe.
' Ce sont les six khis qui descendent du ciel et engendrent les
cinq goûts. Ils ont la couleur de la lumière, et cda fait donner à
leur base le nom de hoang-tchong ou « tchong jaune •.
^ Lekuan a 9 pouces de long, 3 fen de diamètre et 9 de circon-
férence. Le lut a 9 pouces de longueur. 9X9 font 81. C'est le
nombre fixe du hoang-tchong.
* Tuyau de 8 pouces. Sa nofe est le shang. Le métal est la cloch3
qui dirige la mesure. (Ch. Tcheouli, XXIII, art. Tchongshe.)
KOUË-YU. 77
les êtres se forment et se purifient; il concilie les
esprits et attire les hôtes ^
«Le quatrième est le joui-pin, qui donne la paix
et la joie aux esprits et aux hommes, qui fait offrir
le vin et échanger les toasts ^.
« Le cinquième est le y-tse; c'est par lui que les
chants ont leur modulation , que les lois se forment,
que le peuple est en paix , sans dissension ^.
« Le sixième est le wou-yi; c'est par lui que se ré-
pandent les enseignements des sages, leurs vertus,
et que le peuple pratique la justice*.
«Les tons intermédiaires^ de ces six répandent,
rassemblent, compriment et prolongent, dispersent,
répandent çà et là (les ondulations sonores).
« Le premier intermédiaire est le ta-lu ^, qui aide ,
perpétue les êtres et leurs actes.
« Le deuxième est le kia-tchon^ "^ ; il met en mou-
* Ka-sin veut dire «lavé, pur». Quand on en use au temple an-
cestral , on se concilie les esprits , et la paix qu'il fait régner permet
de recevoir les hôtes que cette paix attire.
* Kuan de 6 pouces 3 fens. Lut de 6 pouces 8 1 fens. Son har-
monie inspire l'esprit de concorde au temple ancestral et à la
maison.
* Lut de 7 pouces 129 fens. Par lui les êtres se parfont, les
m^odies s'achèvent, les bonnes actions se font, etc.
* Lut de 4 pouces 6,56 1 fens.
^ Les lu ou « tons pairs • , intermédiaires des impairs ; seconde ,
tierce, etc.
' La seconde de la gamme, correspondant au douzième mois
(son tube est de 8 p. 8 1.]. A ce mois, le yin se rattache au yang
par le hoang-tchong et domine; les êtres commencent à se re-
faire.
' La quarte correspond au deuxième mois où tout renaît. Le khi
78 JANVIER-FÉVRIER 1894.
vement les effluves atomiques des khi des quatre
saisons.
«Le troisième est le tchong-la ^; il répand, pro-
page le khi entre ciel et terre.
«Le quatrième est le Un-tchong^\ il établit l'har-
monie entre les êtres quil développe, leur donne
leurs fonctions et inspire la diligence et le res-
pect.
«Le cinquième est le nan-lu, qui aide le yang à
donner à tout sa perfection, sa beauté^.
« Le sixième est le ying-tchong ^, qui équilibre
toutes les actions bienfaisantes des principes forma-
teurs ^ ; tous les ustensiles sont employés confor-
reprend son action poùr-ia perpétuer pendant le» quatre saisons.
Le kia-tchong aide le tchong du yang à :se concentrer. Tube long
de 7 pouces 4 lignes.
^ La siite; quatrième moj^; tube de 6 pouces 6 ligues. Le kbi
du yang pénètre dans l'entre-ciel-et-terre. Le yin se renferme au
centre du yang pour l'aider en son action , le' khi se répand en
faisant croître les êtres.
^ La buitième; le sixième mois;, tube de 6 pouces. Lin- tchong
veut dire : «qui rassemble tout, acbève; en son action, point d'er-
reur; tout en reçoit sa mission; il aide à l'accomplir avec diligence
et soin minutieux ». Il s'appelle aussi han-tchong.
^ « Lu du Sud » ; 5 pouces 3 lignes. Correspondant au buitième
mois; c'est la dixième. Cette beauté est celle de fépi non encore
plein, de la (leur précédant les fruits. Le yin aide le yang à les
produire, et à développer tout ce qui croiL
* «Tcbong correspondant»; dixième mois; à pouces 7 lignes;
douzième. Le yin correspond au yang, a une action égale; ainsi
ils parfont les êtres, rassemblant tous les éléments constitutifs
(tcbong). Tous les instruments sont prêts selon le temps, leurs
usages sont parfaitement réglés et équilibrés.
^ On use de tout selon les règles et la juste mesure.
KOUE-YU. 79
mément aux règles de leur usage , retournant à leur
nature essentielle ^
« Quand les lut et les la ne sont pas altérés , alors
rien n'est corrompu^. Les sons minces, harmonisés
[kio, ya) ont le tchong sans le po^; ils font ressortir
les forts.
« Les forts harmonisés ont le po sans tchong *.
Les très forts ^ nont point po et n appellent, n ad-
mettent que les sons minces.
« Le son fort faisant ressortir le faible qui répond ,
c'est le procédé de l'harmonie véritable. Quand l'har-
monie est bien équilibrée elle dure (la musique
peut se prolonger); se prolongeant, elle se main-
tient en accord et plaît par sa simplicité. Simple et
harmonieuse, brillante, elle s'achève parfaitement^.
Achevée, elle recommence, réglant ainsi Fexécution.
C'est ainsi qu'elle doit se diriger et s'achever. C'est
* Il s'agit principalement des vases et ustensiles des sacrifices.
Au premier mois d'hiver, il est ordonné de les mettre (n ordre,
afin qu'il n'y ait rien de désordonné, d'entravant l'emploi; que lés
cœurs soient purs et pieux.
^ Les Esprits ne nuisent aucunement; rien ne blesse les êtres
vivants; tout est fait en son temps.
^ Tchong est le tortchong, et po le siao (le fort et le faible);
tchong sans fo veut dire que les deux sons faibles ne s'harmonisent
pas. C'est le tchong qui est la base de l'accord. Les deux sons minces
sont ceux de la soie , du bambou , de la peau et du bois. Proprement
Tchong est la grosse cloche musicale, po est la petite. (Cf. Tcheou-
li, XXIll; Tchong-shL)
^ Kong et shang sont forts; deux forts ne s'harmonisent pas.
C'est pourquoi il faut po (tchong faible) sans ta-tchong (ou fort).
^ Kong, shang en leur timbre fort.
* Comp. Lûn-yû, HT, 2 3.
80 JANVIER-FEVRIER 1894.
pourquoi les anciens rois Font tenue en grand hon-
neur ^ »
Le roi (ayant entendu cette application) con-
tinua : « Que sont les sept lat^? y»
Le chef musicien répondit : « Jadis, quand Wu-
Wang attaqua le tyran de Yin, (Fétoile) de Tannée
était au Skun-ho^. La lune se trouvait au quadrige
céleste * et le soleil à la partie de la voie lactée cor-
respondant au Sik-mu^. La conjonction lunaire
était au bout® de lanse du Boisseau. L astre Sing''
se trouvait au Tien-yuen ^. Ainsi soleil, Sing et
conjonction, tout était au Pe-wei (le Petit chien du
nord).
«Ce par quoi Tchuen-hu fut établi en dignité,
Ti-ku le reçut après lui ^. Pour moi qui suis de la
^ Parce quils savaient qu'die pouvait détourner les vents et
changer les mœurs grossières.
^ Les Tcheous connaissaient les sept notes et sept lut dont elles
étaient la base.
^ Schun-ho, espace du 9" du Saule au 16' degré du Filet dans
l'Hydre.
* La mansion Fong au Scorpion.
^ L'espace depuis le 10* degré de la Queue jusqu'au 11* du Bois-
seau du midi: du Scorpion au Sagittaire. Le soleil était un degré de-
vant.
^ Devant les chevaux du char céleste. {Commentaire.)
^ La planète de l'Eau ou «Mercure». Al. La const^ation Sing
dans l'Hydre.
^ L'aire depuis le 8* degré de la iSin-niu jusqu'au i5* de fVêi; du
Verseau à Pégase, L'aire de Tsi.
^ Ils se succédèrent sur le trône. Les Tcheous descendent de Ti-
kou par Heou-tsi. Tchuen-hu régna par la vertu de l'eau qui venait
du nord ; Ti-kou , par celle du bois qui naît de l'eau. Les Tcheous
régnent par cette vertu qu'ils ont prise aux Shangs (Wu-shu).
KOUE-YU. 81
famille Ki, je proviens, comme elle, du Tîen-yuen.
Le Si-mu ^ contient le Kienching et le Kien-niu^.
«Pour moi, je vénère comme de mon ancêtre le
siège (point d appui) de Tesprit de Fong-kong, des-
cendant dePe-ling, le neveu de Ta-kiang, Tépouse
impériale*. Où est l*astre de Tannée, se trouve pour
moi Taire de Tcheou. Quand la lune est au Chin-ma ,
au centre de la mansion Chin, Tagriculture pros-
père , c'est là Tœuvre de notre ancêtre Heou-tsi.
«Le roi (Wu) désira tirer parti de ces cinq sta-
tions et de ces trois sièges réunis^.
« Depuis là Caille jusqu'au Quadrige ^, il y a sept
mansions^. Du sud au nord, on distingue sept ré-
gions "'.
^ L'espace Si-mu. L'aire correspondant à Tsi. Ils descendaient
d'un prince de Tsi (Tsi-niu).
- Partie du Sagittaire et le Bouvier.
' Pi désigne l'épouse défunte. C'est Ta-kiang, épouse de Tsi-
Weng, mère de Wang-ki» père de Wen-Wang. «Pe-ling», ancêtre
de Ta-kiang et prince de Fong. Fong-kong, descendant de Pe-ling,
était le neveu de Ta-kiang. Les Yin avaient d'abord été investis de
la principauté de Tsi. Ce pays appartenait au Tien-yuen, auquel
ils avaient été associés.
* Les cinq sont : l'année, la lune, le soleil, les planètes et les
constdlations. Les trois sont : ce sur quoi se repose l'esprit de
Fong-kong, le domaine des Tcheous et l'œuvre de Heou-tsi. (Com,)
' Le /S, ^, ir, p du Scorpion. Com, de Tchang-sia à Fong-siu.
• Les mansions 26, 27, 28, 1, 2, 3 et 4; de fVnh à Tze,
' long. Tantôt c'était lie. Ceux-ci représentent les lut, les sons
mâles. Les long représentent les sons femelles. Il y a sept tong
de l'endroit où la race de Tcbeou sortit jusqu'au Tien-yuen. Le
ciel est divisé entre vingt-huit mansions lunaires , dont sept au nord
et sept au midi. On voit que les exégètes ne sont pas sûrs de leurs
explications.
m. 6
i«riiitBaiB aiTioitLB.
82 JANVIER-FÉVRIER 1894.
« Les hommes comme les Esprits s accordent, en
leur musique, quant à ce nombre, et le produisent,
Tillustrent par les sons musicaux. Quand les nom-
bres s accordent et que les sons s harmonisent, alors
il y a entente entre les Esprits et les hommes.
«Cest ainsi quil y a sept lat, c'est que par ce
nombre on atteint celui des lat et harmonise le ton.
« Le roi VVu, après deux mois, au jour kwei^hai,
mettait son armée en ordre ; il n avait point encore
fini qu'il tomba une forte pluie. Mais lorsque les in-
struments de musique eurent été accordés ^ sur le
ton shang-kong et quils eurent donné cette note,
Tordre de bataille se trouva parfait ^.
« A l'heure tchen , quand la conjonction lunaire
est au-dessus de Shu^, élevant le ton harmonisé
kong, on en fait Yû'*.
« Par ces accents on (s'anime et) se rend capable
de défendre le peuple et de lui faire observer les lois.
« Par le hia-kong du hoang4chong ^, au son de ses
^ Par cet accord ils établissaient un accord également parfait
entre les soldats et leur inspirait confiance et fidélité. Le kong çlait
la note fondamentale /a.. Elle est qualifiée de skang (1.2) parce qu'à
ce moment le Khi du Yang se portait vers Je haut.
* Cp. te Tcl^eou-li, XXin, Ta-shi, oùil est dit que le Ta-shi, au
moyen des tons fondamentaux et accessoires [lut et t'ong), déter-
mine la note de la musique guerrière et augure du succès des ma-
nœuvres de l'armée. .
' Â l'anse du Boisseau.
^ Le jâ est un son qui anime , encourage. Le Com. dit : avant
d'employer kong, après que la conjonction était à la queue de
rOurse; la musique qu'on fait à ce classement du temps est Iqjû,
^ Ce ton maintient, nourrit, propage la force et la vertu. Son
KOUE-YU. 83
accents, le roi ( Wu) étendit ses armées sur la plaine
de Mu. C'est pourquoi on appelle ce ton li (qui
anime, encourage), parce qu'il sut donner du cou-
rage à toutes les troupes ^
«Par le son kia-kong^ du tai-tsoa, il promulgua
ses ordres contre l'ennemi, le prince Shang; il fit
briller ses talents^, ses vertus, atteignant (pour les
punir) tous les crimes de Sheou.
« Par le tai-tsoa (la note sol) , on aide le Yang co^
gulé à se dégager. Ainsi , dit-on , il se signala parce
qu'il avait illustré la vertu des trois rois *.
«De là il retourna jusqu'à Ying-nei^, et par le
shang *-kong du lut wu-yi il proclama ses ordres,
fit régner les lois et connaître les méfaits défendus,
à éviter parmi tout le peuple"'. C'est pourquoi il lui
donna le nom de lai-lan. C'est par lui qu'on inspire
la sagesse, qu'on donne la paix et le bonheur au
peuple. »
ton est qualifié de kia parce que le hoang-tchong est au bas de
l'ëchelle.
^ Litt. : «Aux six corps d'armée». C'était le neqabre que devait
avoir le souverain suprême.
* Même motif qu à la noie 5, p. 8a (Aia).
^ fVmi, Le Commentaire y voit le nom de Wen^Wang.
* \Ven<Wang et ses ancêtres Wang-kiet Ta- Wang.
^ Localité incertaine « nom de pays » , dit gravement Wei-shi.
* Voir noie i, p. 83.
' Le Wu-yi convient particulièrement pour reproduii^e les leçojAs
et faire comprendre les principes de l'équité.
G
84 JANVIER-FEVRIER 1894.
VIII
King-Wang avait fait tuer Hia-meng-tze ^ Pin-
meng, étant allé au faubourg, y vit un coq qui s'était
arraché la queue. Ses serviteurs qu'il interrogea lui
dirent que cet animal craignait de se voir destiné au
sacrifice^. Pin-meng s en retourna en hâte et alla an-
noncer le tout au roi. « Je vois, ajouta-t-il, que c'est
un vrai volatile domestique. Il est difficile davoir
une victime sacrificielle pour les hommes. Mais
quand on se sacrifie soi-même, il n'y a point de
tort fait. Si Ton savait réprimer l'horreur que l'on
a de servir de victime ^ pour les hommes , on serait
capable de ce sacrifice. En cela, l'homme difière de
cet oiseau. Celui qui se sacrifie peut bien gouverner
les hommes. >»
Le roi ne répondit point. Il partit pour la chasse
^ King-Wang, n ayant point d'héritier légitime, voulait instituer
comme son successeur un de ses fils secondaires, Tze-Meng, puis
il changea d'avis et voulut lui substituer son frère cadet , Tze-tchao.
Hia Meng-tze, Tafou de Tcheou, était lieutenant de Tze-Meng, c'est
pourquoi le roi voulait le faire tuer pour qu'il ne contrecarrât pas
ses projets. Pin-Meng, autre Tafou et lieutenant de Tze-tchao, plai-
dait la cause de son chef. King-Wang goûtait ses avis , mais n'avait
pas encore pris de résolution. Pour l'y décider, Pin-Meng profite de
>4'exemple du coq qui s'arrache la queue pour ne pas être sacrifié.
11 représente l'acceptation de la royauté comme un sacriBce doxit
peu sont capables. 11 faut profiter, dit-il , de ces dispositions rares
de Tze-tchao.
' C'est l'acceptation de la couronne qui est ce sacrifice; le prince
se dévoue pour ses sujets.
KOUE-YU. 85
et se rendit au mont K'ong ^. Il s'y fit suivre des
Kongs et ministres, et là il voulut faire tuer Tan-
tze^; mais il mourut avant d avoir réussi dans ce
projet.
IX
La dixième année de King-Wang ^, Liu-wen-kong
et Tchang-hwang voulaient fortifier la ville de Tcheng-
tcheou. Ils allèrent Tannoncer au pays de Tsin.Wei-
hîen-tze y tenait alors en main les rênes du gou-
vernement. Il en parla avec Tchang-hwang et lui
^ Au Ho-nan-hien.
' King-Wang craignait que Tze-tchao n'acceptât pas la position
de prince héritier. C'est pourquoi il voulait faire tuer Tan-tze , son
ami et son confident, qui le détournait de cette acceptation. Le roi
mourut d*une maladie de cœur.
^ Fils et successeur du King-Wang précédent; les deux noms
s'écrivent différemment. L'État de Tcheou avait été, à l'avènement
de ce prince, dans le plus dangereux état de division et de guerre
civile. Deux fils du précédent empereur, Meng et Tchao , se dispu-
tèrent sa succession. Meng, soutenu par ses deux ministres, Lien-
shi et Tcheng-shi , avait fait une entrée triomphante dans la capi-
tale, puis y était mort subitement quelques jours après. Ses généraux
proclamèrent à sa place un frère utérin qui prit le nom de Kong-
Wang. Mais Tchao continua la lutte et King-Wang , obligé de quitter
la ville impériale, eut recours au princâ de Tsin. Celui-ci vint à son
secours avec une puissante armée et Tchao dut s'enfuir à Tcheou,
où il fut assassiné par des émissaires impériaux. Mais, dans ces
luttes, la capitale avait été à moitié démantelée, et il s'agissait de
reconstruire ses remparts pour mettre l'empereur à l'abri des entre-
prises des rebelles. Le rôle joué par le prince de Tsin , dans cette
lutte fratricide, obligeait les ministres de Tcheou de s'assurer de
son appui. Ces deux personnages étaient deux ministres inférieurs
de Tcheou. Tcheng-tcheou était vis-à-vis de la capitale, séparée par
le fleuve.
86 JANVIER-FÉVRIER 1894.
accorda sa demande. Il convoqua les princes à une
entrevue pour délibérer à ce sujet. Piu-hi (Tafou) de
Wei, étant allé au pays de Tcheou, entendit parler
de cette alTaire, alla voir Tan-mu-kong et lui dit :
« Tchang-hwang ne s expose-t-il pas è périr * ? ■
Les chants de Tcheou portent ceci : « Ce que le
ciel étaie solidement^ ne peut s'éarouler. Ce qui s'é-
croule ne peut être soutenu. ■ Ce fut après sa victoire
sur le dernier des Yin que Wou-Wang composa jadis
ce chant. Il en fit un chant de fête et l'intitula le
Tchi, Le laissant à sa postérité, il en fit comme un
miroir (où l'on pouvait reconnaître la nature des
événements).
Le rite qui prescrit de rester debout' à ce genre
de fête fait connaiti^ les règles supérieures. Les
petites rè^es s accordent avec elles.
Ainsi y plein de crainte de manquer à ce qui con-
vient à cette circonstance , il désire instruire le peuple ^
lui donner de sages avertissements.
Ainsi , celui qui sait soutenir un État connaît com-
* Appelé aussi Tcliang-shu. Nous apprenons par le Tso-tdinen, le
motif de cette sentence. Tchang-hwang agissait en maître dans
Tcheou et , dans une assemUée des Grands , il s'était assis tourne
vers le sud , ce qui était la position réservée à l'empereur seul. L'oc-
cuper était commettre un crime de lèse-majesté et d'usurpation de
pouvoir.
* Tout cela est fort obscur et le Commentaire n'ex{dique non.
Les piliers du ciel sont ou le pouvoir impérial que Tchang a osuzpé,
ou les préceptes et rites qu il renverse par sa conduite. Tchi vent
dire «rameau, soutien».
'"* Traduit en suivant Wei-shi , comme ce qui suit : c Se tenir de-
bout est marque de respect ».
\
K0UE-Y(j. 87
plètement les opérations du ciel et de la terre. Sïl
n en est point ainsi, on n est point capable de laisser
une succession à ses descendants*
Maintenant Tchang-hwang veut soutenir ce que
le ciel fait crouler; n'est-ce pas une entreprise diffi-
cile? Depuis Yeou-Wang, le ciel a enlevé son éclat à
Tcheou, il la laissé dans un état de trouble et de
lutte; Tcheou a abandonné la vertu; il s'est adonné
à la débauche, il a oublié son peuple et le ciel Ta
renversé. Qui pourra conjurer, réparer ses ruines?
C'est impossible. On ne peut échapper aux ravages
de leau et du feu , bien moins encore aux coups du
ciel.
Un proverbe dit : « Suivre le bien, c'est s'élever;
suivre le mal, c'est assurer sa chute. » Jadis Rong-
kia^ troubla l'empire des Hia; après quatre généra-
tions, cet empire succomba. Hiuen-Wang gouverna
Shang avec zèle ; après quatorze âges , il s'éleva à
l'empire. Ti-kia ^ le troubla et après sept générations ,
Shang périt. Heou-tsi administra Tcheou avec dévoue-
ment ; après quinze générations , Tcheou eut l'empire ,
Yeou-Wang ^ ressuscita les troubles , il y a quatorze
* Le quatorzième successeur de Yù le Grand ( 1879-184^). li
eut quatre successeurs, dont le dernier fut Kie, détrôné par Tang.
On l'accuse prrincipaietnent de s'être adonné au culte des Esprits des
différentes contrées et d'avoir perverti le peuple (Ta-ki).
^ Ti-kia, appelé aussi SiaO'-hië, cinquième successeur de Tang,
troubla les lois de la dynastie. Son bistoire«st racontée de différentes
manières que nous ne pouvons exposer. Le Livre de Bambou a un
Tai-kia qui Végna de 1 686" 1 6 4 g .
* Yeou-Wang a violé toutes fcs ioift de Tcheou. Auparavant Tcheôn
88 JANVIËR-FÉVRIËK 1894.
générations. Les biens confiés du ciel qu'il a à garder
sont très nombreux, comment y réussirait- il?
Tcheou était une haute montagne , un large fleuve ,
mie plaine immense ; il pouvait produire des biens
excellents. Yeou-Wang en a fait une petite colline,
une terre d'immondices, un étroit canal. Pourrait-il
subsister encore? Tan-tze répondit à ces paroles :
« Les fautes commises par Tcheou sont-elles si nom-
breuses ? »
L'autre repartit : « Tchang-shu ^ s'oppose avec
ardeur à ceux qui voudraient les réparer en faisant
suivre les règles célestes (dans les affaires humaines).
Les règles célestes doivent être suivies et jamais aban-
données.
« Tchang-shu s'y oppose et trompe Liu-tze , ainsi
il commet trois fautes :
i" a II résiste au ciel.
2° « Il s'oppose au règne des lois de la sagesse.
y « 11 trompe les hommes.
«Si Tcheou était sans faute, Tchang-shu seul le
ferait périr. Bien que Kien-tze de Tsin se préoccupe
de cet état de choses, s'il obtient du ciel la pros-
avait produit des sages éminents , maintenant il n'y a j^us que des
gens cupides et rebelles. Ce prince , épris d'une épouse secondaire
nommée Pao-sing, s'enferma dans son palais sans se mêler du
gouvernement. Les princes se révoltèrent. Battu par celui de Tchin ,
il fut fait prisonnier et mis à mort (770 A. C). Il commença ainsi
la décadence des Tcheous.
* Nom d'honneur deShu-hwang ou Tchang-huang; Hiuen-Wang
est Ki , le fondateur de la dynastie Shang.
KOUE-YU. 89
périté, laura-t-il acquise par ses ii)érites? ^ Quant à
Liu-shi, ses descendants seront certainement mal-
heureux (en châtiment de ses fautes). Il a abandonné
les principes et les lois pour suivre ses caprices ^. Il
use d'artifice^ pour porter les calamités célestes à
leur comble. Il met en mouvement tout le peuple
pour acquérir de la renommée. Son châtiment sera
terrible. «
Cette même année, Hien-tze deWei réunit tous les
Tafous des princes à Ti-tsiuen. Puis il alla à la chasse
dans la campagne de Tatse et y mourut. Quand sur-
vinrent les troubles suscités par Fan-tchong-hing
(Tafou de Tsin), Tchang-hwang s'unit aux rebelles.
Les gens de Tsin le condamnèrent, et Tan xxviii ils
le firent mourir.
Enfin, quand Ting-Wang fut monté sur le trône,
Liu-shi* mourut à son tour.
Nota. U est fait mention de ces projets de fortification et
de leur exécution au Tso-tchuen, livre de Tchao-Kong (X*),
an. XXXII , S 4. H y est dit que Kîng-Wang envoya Fu-sin et
Shi-tcliang à Tsin pour demander l'appui des princes, tant
la puissance de Tcheou était affaiblie. — Dans sa lettre le sou-
verain vante sa bienveillance pour les princes et se plaint de
leur peu de bienveillance. Il rappelle que Tcheng-Wang avait
jadis fortifié Tcheng-tcheou afin que cette ville pût être la
^ Litt. : c Convient-dle à sa personnalité?»
* n viole les lois de Tcheou en faisant fortifier la ville de Tcheng-
tcheou.
^ Il projette au fond de faire changer de capitale et d'établir le
siège du gouvernement à Tcheng-tcheou.
* Descendant de Wen-Kong, Hit le Commentaire, qui ajoute : c il
faat lire Tao-Wang au lieu de Ting-Wang. »
90 JAISVIER'FEVRIER 1804.
capitale orientale de Tempire, et anoonce qu il va réparer les
fortifications ébréchées pour rendre la sécurité à ses États.
Sur le conseil de Fan-hien-tze , Wei-hien-tze, le ministre de
Tsin dont il est question au KoUe-Yà, envoya Pe-yin porter
Texpression de son contentement et de la promesse de son
concours. La deuxième année, Wei-shu et Han-fu-sio ras-
semblèrent les Tafous des divers États à Ti-tsiuen, où ils
renouvelèrent leur engagement et donnèrent les ordres né-
cessaires pour le relèvement des remparts.
En cette réunion , Wei-bien-tze le minisire se plaça le visage
tourné vers le sud comme s'il était le souverain, ce qui fit
dire à Piu-he de Wei qu'il lui arriverait certainement mal-
heur. Puis le Tso-tchuen raconte comment Sse-mi-meou fit
les plans de la nouvelle forteresse et Han-kien-tze les exécuta
à la satisfaction du souverain.
Ces renseignements nous sont donnés au règne de Tcbao ,
an XXX VIII. Mais , au livre suivant (Ting-Kong, an i) , nous trou-
vons des détails tout différents. Après la mention de la réunion
de Ti-tsiuen , nous lisons dans ce dernier passage que Piu-lie
de Wei prédit malheur à Wei-hien-tze parce qull avait assumé
la direction des travaux, sur quoi le ministre remit ce soin
à Han-kien-tze et à Yuen-shen-kuo , s'en alla chasser à Tsdut
et trouva la mort à Ning en revenant.
Après quoi l'auteur raconte des différends suscités par de
petits États qu'on avait pas admis à prendre part aux travaux.
La reconstruction des murs fut achevée en trente jours.
Kao-tchang de Tsi arriva trop lard pour y prendre part,
c'est pourquoi lu-shu-kuan de Tsin dit ces paroles :
« Ni Tchang-hwang de Tcheou, ni Kao-tchang de Tsi n'é-
chapperont au châtiment. Tchang-shu a agi en opposition
avec le ciel et Kao-tze contrairement aux hommes. Ce que le
ciel renverse ne peut êlre soutenu; à ce que tous veulent faire
on ne peut résister. »
Il n'est pas besoin de faire ressortir les contradictions qui
existent entre ces deux textes et que Legge avait déjà signalées.
11 l'est moins encore de montrer que notre passage contredit
K0UE-Y€. 91
taut-spéciaiement le premier et ne s'accorde avec le second
qu'en certains détails ou plutôt dans les conséquences qu on
peut en tirer, par exemple le blâme infligé à Tchang-shu. La
dernière sentence n* est que partiellement au Koue- Yà , et le
conteur donne une autre cause à son introduction dans le
discours.
I] est assez difficile de croire que tout cela provient d*un
même auteur, à moins que celui-ci n*ait compilé des textes
divers sans aucune critique , ce qui est très possible.
Remarquons enEn que ni Sse-ma-tsien , ni les A nnales de
Bambou ne mentionnent aucun de ces faits. (Voir Sse-Ki, IV,
26-27.)
Du reste , la mention du Yin et du Yang dans les passages
précédents rend déjà celte partie des Koue-Yû très suspecte
d'interpolation. Ces derniers faits confirment les soupçons et
en font presque une certitude.
92 JANVIER-FEVRIER 1804.
NOTICE
SUR
LES MANUSCRITS SYRIAQUES
CONSERVÉS DANS LA BIBLIOTHÂQUE
DU PATRIARCAT GREC ORTHODOXE DE JERUSALEM,
PAR
J.-B. CHABOT,
DOCTEUR BN THEOLOGIE.
LNTRODUCTION.
En visitant la riche bibliothèque du Patriarcat des Grecs
orthodoxes à Jérusalem, dans laquelle S. B. M** le Patri-
arche Gérasimos a sagement fait réunir les volumes qui pour-
rissaient dans les diflFérenls monastères de sa juridiction, je
remarquai une armoire renfermant cinquante manuscrits sy-
riaques.
Je me demandai aussitôt s'il n'y avait pas chance de re-
trouver là, plutôt qu'ailleurs, les parties de la version palesti-
nienne qui ont jusqu'à présent échappé aux recherches des
savants. Malheureusement il n'en était rien.
Grâce à la bienveillance de M^' le Patriarche, il me fut
permis de feuilleter ces volumes , pour la plupart en fort mau-
vais état de conservation; et, comme leur catalogue n'existe
pas, je recueillis en les parcourant les éléments de la présente
notice.
La collection se compose presque uniquement de livres 11-
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 93
turgiques et aucun manuscrit n*a grande importance. La no-
tice que je donne aura du moins Tavantage d'éviter, à ceux
qui seraient tentés d'imiter mon exemple, une perte de temps
souvent rendue considérable par le peu d'obligeance du moine
bibliothécaire. Les clausules de certains manuscrits permettent
aussi de fixer plusieurs dates dans la chronologie des patri-
arches nestoriens des derniers siècles.
J'ai conservé les numéros d'ordre assignés aux volumes
dans la case où ils ont été rangés selon leur format. Tous sont
en papier^à l'exception d'un seul (cod. 20) qui est en par-
chemin.
Ils proviennent presque tous , sinon tous , de l'ancien cou-
vent des Syriens nestoriens de Sainte-Marie-Madeleine à Jéru-
salem, qui était situé dans la partie nord-est de la ville, non
loin de la porte actuelle dite porte d'Hérode ou des Fleurs.
Les manuscrits ne nous donnent pas de renseignements sur
ce monastère. (Voir cependant codd. 5, 7, 27, 36.)
Je dois faire observer ici qu'en reproduisant les titres des
ouvrages, j'ai supprimé les formules banales, comme par
exemple : « -4a nom et par la vertu de N,-S. Jésus-Christ nous
commençons à écrire tel livre», et les épithètes multiples
comme ; « composé par le très saye, très pieux, très vénérable
Mar un tel ».
Je ferai encore remarquer que tous les livres ou extraits de
l'Ecriture sainte sont selon la version Simple.
94 JANVIHIR-FEVKIER 1894.
CoD. 1.
Volume de 58o millimètres sur 345, compose de 1 3 ca-
hiers de lo feuillets chacun. Chaque page est divisée en deux
colonnes de 2 2 lignes. L'écriture en est très soignée ; les lettres
ont 1 1 millimètres de hauteur.
Lectionnaire.
Titre :
« Livre saint de ladorable Évangile partagé en
leçons pour tous les dimanches de Tannée et les com-
mémoraisons (des saints) selon le rite de Mossoul. »
On trouve çà et là des têtes de pages dessinées et coloriée»
représentant des rosaces , des entrelacs , etc. et quelques grands
dessins d'un goût douteux , par ex. au T 3** du cahier i , Ten-
trée triomphade de Jésus à Jérusalem, au f* 5' du cahier |f,
Tapparition du Christ à Tapôtre saint Thomas.
Cinq longues notes finsdes nous apprennent :
a Que le ms. a été terminé le jeudi soir i4 de Ab de
Tan 1990 des Grecs (août 1679), ^^àS de Tascension du
Christ, le 17 du mois de Radjah de l'an 1086 des Arabes.
b Qu'il a été écrit dans le monastère de Saint-Hormizd à
Alqos, la ville du prophète Nahum.
c Au temps du patriarche Elias.
c/ Pour le monastère de Jérusalem.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 95
e Par un certain Georges , prêtre , fils du bienheureux prêtre
Israël, fils du prêtre Hormizd, fils du prêtre Israël d*Alqos.
CoD. 2.
Volume de 3i centimètres sur ao, comprenant i4. caliiers
de lo feuillets. Très bonne écriture; 27 lignes à la page.
Recueil d'hymnes (IJSCjo:^), comprenant:
1. Hymne de Gabriel , métropolitain de Mossoul ,
qu'il coniposa quand il était moine dans le couvent
de Sabarjésus à Beth Qouqa.
IL Seize hymnes de Kamis Bar Qardahé, sur la
prière et la pénitence.
III. Sept hymnes de Georges Varda , utiles pour
la prière.
IV. Hymne de Mara , l'archidiacre < surnommé Bar
Meàiha. '
V. Hymne de Georges Varda, comprenant les an-
tiennes du Psautier.
VI. Six hymnes de Kamis, pour l'Avent, les fêtes
de Ja Nativité, des Rameaux, de la Résurrection , de
l'Ascension.
VII. Hymne du même sur Jésusabran.
VIII. Hymne du même sur la Croix.
IX. Deux hymnes de ^Ébedjésus de Gozarte, sur
les martyrs Gyriaque et Julite.
X. Trois hymnes du prêtre Isaac Sabdanaia qu'il
96 JANVIER-FÉVRIER 1894.
composa en Tan i yS i ( i iAo), pour la prière, pour
la fête de saint Georges , sur la Providence et la Croix.
XI. Hymne de Georges Varda , sur le péché ori-
gine].
XII. Chant ()JS.a^xd) de Mar Narsès. (Sur Titus
le hon larron : dialogue entre un chérubin et le
voleur. )
Achevé le jeudi 4 du mois d*Iloul 1978 (sept. 1662 ) , à Al-
qoâ, dans le monastère de Rabban Hormizd le Persan, au
temps de Mar Elias , patriarche , pour Téglise des Nestoriens
de Jérusalem.
Les derniers feuillets ont été remplis par :
XIII. Deux hymnes du prêtre Bacchus , fds dlsaac
de Bagouz, qui se récitent le lundi du jeûne des Nî-
nivites.
Une note placée en tète du volume déclare que trois fidèles
sont venus à Jérusalem en Tan 1980 ( 1669): le prêtre Bac-
chus , fds d'Isaac de Bagouz , le dîacre Jésus , fils d'Ibrahim, et
un serviteur indien (éthiopien?) nommé oiyi^.
CoD. 3.
Volume de 3i centimètres sur 20, comprenant originaire-
ment il cahiers de 10 feuillets dont quel({ues-uns ont dis-
paru; 29 lignes à la page.
Bréviaire ()ffa-»).
Le titre manque, \oici Y explicit :
oi^t |t<^oJL3 ^dUk.^JSjiJof lioijoo Jim*^^ oi^â^iA.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 97
« Office pour tous les jours de Tannée », selon le
rite du monastère de Mar Gabriel et Mar Abraham,
près de Mossoul.
Achevé le samedi aSd'Adar de Tan 1871 (fév. i56o), dans
la ville d'Amid.
On lit à la fin une autre note ainsi conçue :«..... moi
^Enanjésus , métropolitain de Mardin , en Tan 1 898 ( 1 682 ) , j'ai
célébré la fête de la Résurrection le 1 5 de Nisan à Jérusalem,
où je suis venu avec le prêtre Thomas , son fds le prêtre *Ebed-
jésus et Siméon, de Mossoul, Jacques du village de àous
( *A.ajh.) , Misraêl, Isaac et Abraham du village de^Aïn-Tannour. »
On avait cédé ce volume du Bréviaire à«0o)9t;^)J^o, métro-
politain des Arméniens, pour cinq dariques d'or, il fut repris
au métropolitain David et remis en place dans Téglise des
Nestoriens.
On lit encore une notQ dans laquelle un Chaldéen déclare
avoir confié aux Francs qui sont à Jérusalem « deux volumes
de grammaire, un arabe -grec et Tautre grec -syriaque; deux
parties du livre arabe appelé (j;l&11) *a^a>o, dans lequel se
trouvent les mesures des climats de la terre ; le livre de David ,
en arabe ; deux livres de prières pour, les fêtes , selon Tusage
de nos frères maronites; un missel; un livre d'offices; un
calice et une croix d'argent » , parce qu'il n'y avait plus ni
prêtre ni diacre dans le monastère des Chaldéens de Jéru-
salem; mais si des prêtres ou des diacres y reviennent, ces
objets leur seront rendus. La note se termine par ces mots :
«Ceci en Tan 1926 des Grecs» (i6i4).
Con, 4.
Volume de 29 centimètres sur 18, composé de 34 cahiers
de 12 feuillets 23; lignes à la page.
Bréviaire.
ni. 7
98 JANYIER-FÉViRIER 1804.
Titre:
« Office pour les jours de fête et les commémorai-
sons des vendredis et autres jours, qui se fout pen-
dant toute Tannée dans les monastères exiles élises »
(et d après ïea^Ucit : ) « selon le rite du grsHKl mohns-
tère de Mar Gabriel et Mar Abraham, dans le voi-
sinage de Mossoui ».
Une première note finale nous apprend <ftie le livre a été
achevé le samedi 4 du mois de Tesn premier, de l*an -187g
des Grecs (octobre 1667). ^
Une antre qu'il fiit écrit à Ami4, et par un nomjthé âias.
Enfin une troisième donne Ist^ste exacte des offices en-
fermés dans le volume qui sont les suivants : office de la Na-
tivité de N.-S.; office de mainte Marie, de l'^ÉpipImifiie, de
saint Jean( -Baptiste], des apôtres Pierre et Paul, def(9nftë
de Personne (t^w» f*à}), et de la Croix.
CoD. 5.
Volume en papier de 26 centimètres sur ao, contenant
3d cahiers de 10 feuillets; a a lignes à la page.
Office pour les jours de la semaine.
Titre :
C'est le livre appelé aussi Kaskoul ("^o-aad) qui
est extrait du grand Houdra ou Propre du temps. 11
NOTICE fiG& DfiS JHA^iJftCjmDS ^l£m 0f
renferme en outre les hymnes (ILo) paraoiétîques
avec leurs tons intermédiaires. Le tout selon le rite
du fceftil^t déTWàr Galrîel et IVÏaî Aferaharn.
. (Oixip. te ^3at.- jrfw mss, irjr. èè fa Brbl. Wat^-scms "tef? iÇ3. )
Plasieqr3 notes fiodes noi|3 ^appreaaeat :
. • • '. » ■ ' ■
a Que le livre a été temiiné l» «sanoiedl, ¥;eÂUe.du dlvaaocbe
après TAsoension , vingt-huitièine Jour du mois de Yar, en
Tan^oai des Grecs (jnai 4710).
b Au ieoijps dju patriarche Mar Éiias.
^c A âiqos , -dans lis mmia^re de fiabltan Honaaiid.
H Par -âHidditie t{iâ a attâsi ëci^t un "Riluel \i»it^ JLma^
gltiice ft ia «qnulificeQce d*iUM ^piieiise fidèle .nmiaiée EàààA
^ Çkl jt.rempli lef demifits feailkts ipar dixen «MprcoeauL £-
.Spr ravant-dernier se lit une jiote du jprêtre KanauxiNd^
Tëil-Kef, dans laquelle il déclare être venu à Jérusalem en
1718, pour faire de nombreuses réparafions au couvent èl "à
Té^st des Tïestôriens, îl donne k descrrplSofi des travaux-exë-
ctttés MUS. sa direction , et a dressé 1 inventaire an <ixifiA)£lier OEtt
ïdes &rres de Tiè^se. La liste «des iivices ^ di^ar«'^ «oplie «lu
xiiQbtiier.(très médiocire) existe à la page précédente.
CoD. 6.
-'■•*.
Volume de papier mesurant 26 centimètres sur 20, com-
posé de 53 cahiers de 10 feuillets dont les deux premiers ont
ara et 'les 'tnivants ^8 lignes à la page.
Bréviaire.
100 JÂNVIER-FëVRIËR 1804.
Titre :
«Ofifice des fêtes de Notre -Seigneur et des com-
mémoraisons du cycle de toute Tannée » , selon le rite
du couvent de Mar Gabriel et Mar Abraham. Ce
volume renferme les offices suivants :
1. Nativité de Notre-Seigneur. — a. Fête de la
Sainte Vierge. — 3. Fête de TEpiphanie. — 4. Fête
de saint Jean-Baptiste. — 5. Fête des saints Pierre
et Paul. — 6. Fête des Evangélistes. — y. Fête de
saint Etienne. — 8. Fête des Docteurs grecs (Dîo-
dore, Théodore et Nestorius). — g. Fête des Doc-
teurs syriens (Ephrem, Narsès, Abraham, Jean,
Julien [i*:^^^], et Mar Michel). — lo. Fête de
rUnité de Personne [JLôojWô •-•]. — 1 1. Fête des
défunts. — 12. Fête des Confesseurs. — i3. Fête
de saint Georges. — i4. Fête de âamouna et ses
fils. — i5. Fête de TAscension. — i6. Fête de
la Pentecôte. — 17. Fête de saint Thomas. —
18. Fête de saint Cyriaque. — 19. Fête de la
Transfiguration. — 20. Fête de l'Invention de la
Croix.
D'après les notes finales :
a Le ms. a été achevé le jeudi 37 du mois d*Adar, Tan 1966
des Grecs (mars i645).
h AAlqos.
c Au temps du patriarche Elias , et de Jean , ëvêque de Mar-
din.
d Par un moine nommé Elisée.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 101
CoD. 7.
Volume mesurant aa5 millimètres sur 170, composé de
1 3 cahiers de 1 o feuillets. Belles marges et encadrement rouge
autour des pages. Ecriture très régulière; 3 3 lignes à la page.
Psautier.
Titre:
« Livre des Psaumes du bienheureux David , roi
et prophète, (homme selon le) cœur de Dieu, avec
les introductions de Mar Théodore Tlnterprète des
Livres divins et les canons établis par le catholicos
Mar Abba. »
Le psautier est partagé en cinq livres selon Tusage.
Des notes marginales établissent la répartition des
psaumes dans loffice.
Suivent :
1" Les trois Cantiques de Moïse (Ex. XVI;
Deut. XXXII, 1-20; Deut. XXXII, 21 -43) et celui
d'Isaïe (XLII, 10).
2" Les morceaux ci-après :
a Hymne de Narsès , pour la nuit des dimanches
lOJ JANVIKR-FÈVRIER 1894.
et des fêtes de N.-S. (commençant par les mots : »^^oL
( JlmJL^iî— t JL^
i Hymne de saint Ephrem, pour le matin des
dimanches (sur ia venue du Christ : J «» «> • v> >a^Q**
c Hymne de Narsès : J»i>av»t OM*Jt! H^-^
d Le Cantique des trois enfants (Dan. IX}.
e L'hymne de Mar Théodore Tlnterprète. (T^ara-
phracsa du GZoria m eo^ee&i^.).
f ConfesMon des trois cent dixrhuit Pères. (.Sym-
bole de Nicée.)
g Les prières de ta fin de la nrcsse (îlrff i^^dài^tf.)
•omposées par Mar Ephrem , Yazdin le Grand , Mar
Timothée patriarehe, Abraham de Nisibe , Bar Çauma
de Nisibé, Mîmel'ek l'e docteur, Jfean de Beth I^ab-
bsUî, Babai le Grand, Bàbaî de Nisibe, Georges*, mé-
tropolitain de Nisibe, Simon Bar Çaboë.
K Les prières après le repas (l^'^oco) de Mar
Abba patriarche , et de Babai de Nisibe.
î Les proclamations du Bréviaire ( f tf a«»| Jlolo^ ),
k Les hymnes des Martyrs (lîoxsof |J^rt.iQ>,)^
Achevé le mercredi 1 7 de Tesri second de l'an 1 900 ( nov.
1 58 S), du temps du Mar Elias, cathoUcos et patriarche de
rOriient, et de Mar ïjlënanjësus , métropolitain, frère du pa-
triarche. Écrit par un certain Hormizd.
Il a été relié en l'an 2o35 (1724) par le prêtre Georges-,
fils du prêtre Daniel d'Alqos , sacristain de Jérusalem.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 103
CoD. 8.
Volume de a6. centimè:tres sur 16, composé de 16 cahiers
de 10 et 12 feuillets ayant 3a lignes k la page.
Titre i
I ■!> "^ «A-^l Jl n f mol) jL^oi?o j'^^mv» ILdomd
I S f) ^ei «*oit ya-A-A. foi i>9i">t Ut^! jjaVi>v>
«Chapitres ou sentences d'Elias de Peroz-Sapor
(Anbara). »
Dans le cours du volume Pouvrage est désigné
par un titre plus concis : <*JL!^f JU.9ott JLd^o « Le
livre de la discipline d*Elias ».
De très longues notes expliquent la division de
Touvrage , dont voici le mécanisme :
Le livre est divisé en trois parties ()lfi ^N. ^);
chaque partie renferme trois livres ();&aoJlao) et im
quatrième s'ajoute à la dernière partie. Chaque livre
renferme un certain nombre de centuries (MoU©)
de chapitres (1^5). C«s chapitres sont formés d'un
certain nombre de strophes, invariable pour toutes
les centuries d'un même livre. Les chapitres du pre-
mier livre sont formés d'une seule strophe, ceux du
104 JANVIER-FÉVRIER 1894.
second de deux, ceux du troisième de trois, ceux
du quatrième de quatre, et ainsi de suite jusqu'au
dixième et dernier.
Suit un court fragment d une Histoire ecclésias-
tique , racontant Tentrevue d*un évêque , envoyé par
l*empereur Maurice , et du patriarche Sabarjésus pre-
mier.
Le livre a été achevé le jeudi 17 de Yar de Tan j865
(mai i554), 961 de T Hégire, et écrit pour le monastère de
\\, Ilormizd le Persan situé près d'Alqos, au temps du patri-
arche Siméon , par Jésujab , métropolitain de Nisîbe , de Mar
din, d'Amid et de toute l'Arménie, originaire de Mossoul,
fils du prêtre Elias, fils du prêtre Samuel.
CoD. 9.
Volume de 26 centimètres sur 17, composé de 33 cahiers
de 1 2 feuillets. Écriture soignée ; 3o lignes à la page.
Nouveau Testament.
Savoir : les quatre Evangiles; Actes; Epître de
saint Jacques ; i"* de saint Pierre ; i"* de saint Jean ;
Epîtres de saint Paul dans cet ordre : Rom. , i" et ii*
Cor., Gai., Eph., Philip., Colos. , 1" et 11* Thés., i'*
et u* Tim. , Tit. , Philem. , Heb.
A la fin , une note rédigée à la manière des notes
massoréthiques de TAncien Testament indique le
nombre des sections , chapitres et versets.
Achevé dans le couvent de saint Georges martyr, situé près
d*Alep (l -fcV ■».? lent,, <AA^^), par un nommé Abdallah,
Tan 1672 des Grecs (1261), 658 des Arabes.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 105
Plusieurs autres notes donnent des noms de pèlerins qui
se sont servis de ce livre au couvent de Jérusalem.
CoD. 10.
Volume de 35 centimètres sur i6, comprenant 87 cahiers
de 12 feuilles. Très bonne écriture; 3i lignes à la page.
Titre :
« Eclaircissement des passages difficiles, des Livres
saints composé parle vénérable Mar Jésudad , évêque
de Hadith (en Assyrie). »
L'ouvrage comprend TAncien Testament; il est
partagé en quatre parties : ()A»9o)t )iol^J=^Penta-
teuque; JL^Loào J^i-oî = Jos. Jud. Sam. Reg. Prov.
Sap. Coh. Gant. Eccli. Job; JLlaj^ ==. les seize Pro-
phètes; )îaioJboî = Psaumes).
Achevé le jeudi 16 de Ab de Tan 1691 (août i38o),au
temps de Mar Denha, successsur de Mar Timothée.
Suit une note qui commence ainsi : « Moi Georges diacre ,
fils du prêtre Marouga , et moi Marouga , son gendre , nous
avons vendu au Père Mar Joseph le livre des Prophètes , le livre
des Sessions (laloao JBud) , le livre de Mar Narsès et le présent
livre. . . » (le reste est illisible).
IrOÔ JAMVIER-FEVRIER 1894.
CoD. 11.
Volume en papier de a 5 ceatûnètres sur 17, composé de
i3 cahiers alternativement de 8 et 10 feuiUets, contenant de
3 5 à 37 lignes à la page; ce volmne est très md.éon5etVë,
des feuillets manquent dans plusieurs cahiers. -
Titre:
« Le Paradis d*Eden composé en vers par ^Ebed-
jéstis, métropolitain de Nîsibe et d'Arménie. •
Le mot )1>mv» , dans le titre , a été rayé .et 1100 main
postérieure a écrit au-dessus jL^t^ «* v^. La présence
du premier qualificatif pourrait faire supposer que
le manuscrit a été copié sur fautographe de* fau-
teur.
Achevé le lundi 3 9 du mens de Ab de fan 1 78^ ( août i474) ,
et écrit par Jean, fils du prêtre Jonàs.
Dans mie seconde note, Jean, prêtre et moine, dit qu'il a
acheté ce livre de sou cher et honoré frère le diacre Habib.
A la page suivante :
« Histoire d'Arsène , roi d^Égypte. » — On n a écrit
que les huit premières lignes.
\
NOnCK .^tfH DES MANUSCMÎS' SYRIAQUES. 107
VoAéorhièti Jiote' déclare que le livpe a été don fié à Yéj^îse
de Jérusalem par un homme nommé David, et sa femme Ha-
CoD. 12.
Volume de a 4 centimètres sur 17, incomplet de la fin et
comprenant une série de 19 cahiers de 12 feuillets, ren-
fiMhtiBnt 3r4 Ugnes: à h page.
Le titre manque.
La liste des offices se trouve sur une feuille collée
sur la garde de la couverture ; ce sont les suivants :
ÛSiffe de Ja Nativité de N.-S. , de la Sainte Vierge ,
de rÉpiphanie, de saint Jean (Baptiste), des saints
Pierre et Paul, des Évangélistes,. de sfûat Etienne.
Sur le premier feuillet , ajouté , se lit la note suivante: « Moi
^Ebeiésus, par la grâce du Christ métropolitain de Nisibe,
"j ai oônné ce'Brevïàîre à fégfeé^ du* saint et illiisfre 'martyr
. Mar Pethion Ecrit de ma main, au mois de Yar de
l'an 1765 (mai 1^58 ). »
CoD. 13.
VcJume de 23 centimètres sur i5, comprenant 1 1 cahiers
de 10 feuillets; ao lignes à la page.
]fêttiei et Pontifical comprenant : l'ordre sacerdotal ;
la consécration du ferment, du calice, de lautel;
divers exx»rcismes et bénédictions ; Tordre du bap-
tême et celui de la pénitence; la consécration des
108 JANVIER-FÉVRIER 1894.
eaux impures; les prières avant et après la messe; les
prières pour les défunts, etc.
Parmi ces prières , le plus grand nombre est attri-
bué à *Ebedjésus deNisibe, à^Ebedjésus deGozarte,
à Israël, prêtre d'Alqos, h Georges prêtre, fils d'Is-
raël.
Achevé le lundi 1 1 du mois de Haziran de Tan ao3 i (juin
1710) , du temps du patriarche Mar Elias, dans le monastère
de Rahhan Hormizd à Alqos , par le prêtre Georges , fils du
prêtre Israël.
CoD. 14.
Volume de 33 centimètres sur i5, comprenant 16 caliiers
de 10 feuillets.
Rituel des funérailles.
Titre :
^ f^^*^}o JLiLffo );;.âL^ Jbàb&i. «Iid^ Ir^^! |J^^99ad
«Livre d'office des défunts séculiers, hommes,
femmes et enfants » (selon le rite du couvent de Mar
Gabriel et Mar Abraham).
Suivent les rites pour les enfants qui n*ont pas
reçu le baptême, et pour le second et le troisième
jour des funérailles; puis les Médrasé pour tous les
ordres : pour les patriarches , les évêques , les prêtres ,
les diacres, les clercs, les diflférentes catégories de
moines, les fiancées, les étrangers, les docteurs, les
scribes, les médecins, etc. , attribués à divers auteurs
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 109
(Bar Meqadem, Jean d'Arbèle, le prêtre Israël d*Al-
qo§, etc.).
(CtCod. Vatic. LXI.)
Ecrit par le prêtre Joseph , fils du prêtre Georges , fils du
prêtre Israël d' Alqos , sur l'ordre du patriarche Elias , pour
l'église de Jérusalem.
Achevé à Alqos, le mardi a a de Tesri second de Tan aoai
(novembre 1709).
CoD. 15.
Volume mesurant ao centimètres sur i5, composé de
17 cahiers de 10 feuillets ; a a lignes à la page.
Psautier.
Même titre que le cod. 7.
Après le psautier viennent également les Cantiques
et les autres morceaux qui se trouvent dans le cod. 7 .
D'après les notes finales , le volume a été achevé le mer-
credi 8 de Ah de Tan 1 go4 ( août 1 SgS ) , dans le monastère de
Rabban Hormizd le Persan , près d' Alqos , puis acheté au copiste
pour la somme de dix schayés (1*om^) « par un moine nommé
Abda, du village d'Ardina (Uv\) près d*Amid, pour en faire
cadeau à son couvent.
Ensuite une femme (U^"» Iw» ift^buo» ha^é^ Iwd] du village
de Beth Megâli («2^»^^ Am») , dans la Zahdicène, Tacheta de
ce même moine pour 60 1^9 «to et le donna au couvent des
Nestonens de Jérusalem.
110 JA'NVIEB-fÉViRIfiJl l«M.
• .* e
CoD. 16.
Volume de 30 centimètres sur i4t comjprehaht 17 cahiers
de 10 feuillets ayant de ao à ad %Qes à la p^^ Qudqnes
feuillets manquent. : ^
■ -i ■
. Titre: ■ - • . ■■
« Office de nuit et du soîr pour lès ^ouft de la
semaine de toute Tannée, appelé KàSkbûl. » ' '
( Cf. 5ttpra cod. 5. ) ^'.' ..'" \
Sans date. Ecriture du xvi'sièdié. ■•''.'■■ .y >.\
>
€oD. 47
". '^
Vcdume de 20 centimètres sur t5, C0Bt&n«»t49r^|iiiâire-
ment 45 cahiers de 10 feuiflets. Très bonne éciitttBe; a 6 B|;nBB ~
à la pag^e. Le premier feufflet et le litre «lanyeBjt:; ipliiwiÉWffT
cahiers, à partir dp quiioième, afi^t ioAonipleta.
Histoires édifiantes (en carSounîJ.
Voici la liste des vies dont les titres e^Ustent encore :
Vie des Quarante martyrs. — ^. Histoire d'un jprince
( Josaphat) ; de Jacques le Moine ; de labbé TVlarcds ;'
d'un marchand et sa femme; duix)i«a*tyr Ina; de saiut
Mar Phineas; de Job; du prophète Jonas. — Paroles
de N. S. le Messie. — Histoire de saint Jean TEvan-
géliste.' — Vision de saint Grégoire. — Sermon fu-
\
NOTICE SUR DES M/LNtJSGBif^ SYRIAQUES. lU
nèbte. — ^ Hî^oîre de Fafnperetnr Zenon. — ^ Autre
serngton funabre. -r- Histoire de saint Maurice mar-
tyr; d'une famille qui a soufifert sous Diodétien; de
•Malchus de Ciysma; de sainte Eugénie martyre; de
Rabban Hormizd; de sainte AnAstasie martyre; àè
s^nt Mattljias; dje :§aj(nouKia et. ses fils.
Une notesym^^, répétée plusieurs fois , dit oue le volume
a été écrit par le prêtre Isaac, fils de Gabriel, origiiiaire 4e la
région d'Ourmiali, du village de Soupourgan (^^Ja>ox»j, de-
meurant actuellement à Amid; une autre dit que ce même
Isaac a donné le volume à Téglise des Nestoriens de Jérusalem
en Tan 1923 (i 6 1 a ) ; une troisième , que le prêtre *Ebedjésus
d*Af d'est verni à Jên»alem en Tan igâS (161 4).
•Goxw 18.
-j^ttme de Xi oentiiaètres ^^r 1 5 , comixraiiaat a£ ^ners
de 10 feuillets. T4r,ès bonne écriture; 1 6 lign^ à la pa|(eu
Titre :
« Prières du matin pour les fêtes , composées par
le patriarche Elias III, surnommé Abouhalim; et
autres prières pour les dimanches, les commémorai-
sons, les vendredis de carême et autres, composées
par Salita de RiSVin. »
112 JANVIER.FEVRIER 1894.
Cf. Âssémani, Cat. cod, Bib. Vaiic, t. II , codd. XG et XCI.
Notre volume comprend cependant un plus grand nombre de
prières. Qudques morceaux sont attribués à Georges d'Atour.
Achevé le jeudi a de Tamouz de Tan 1968 (juillet 1667) ,
dans la ville de Gozarte, sur le Tigre, au temps de Mar Elias
le patriarche , et de Mar Joseph, métropolitain de Gozarte et
de Beth Zabdé , par le prêtre Bacchus , fils du prêtre Isaac , fils
de Siméon.
Les derniers feuillets libres ont été remplis par des prières
en carsouni.
CoD. 19.
Volume de ai centimètres sur i5, contenant 16 cahiers
de 1 o feuillets ; 1 8 lignes à la page.
Recueil de pièces liturgiques contenant :
{sic) «lo Vi > £>^ I » >jy .^t 1"^"^^
de Pâques (extrait du Bréviaire).
2** ^ %m<\^^ jlfiftA^^ « Sur le voleur Titus. » Il
s'agit du bon larron. Ce morceau est attribué à
Narsès, dans le cod. 2.
3"* )l9)t y^^^ o*-^ ^^*^! iJ^Jâoo JULi» lAo»
u Livre des vivants et des morts dont on lit les noms
pendant les saints mystères » (à certains jours indi-
qués).
4® Extraits du Bréviaire, savoir :
a Les proclamations ()lofoç-a), pour les sept di-
manches de carême et quelques fêtes.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 113
b Les hymnes (|J^^>»o*\iil ) : a. pour les dimatiches
de carême, attribuées à Jean de Dailam; j8. pour le
vendredi de Lazare, attribuée à^Ebedjésus, métro-
politain de Gozarte.
c Les antiennes (l^aôo») pour les fêtes et com-
mémoraisons de toute Tannée.
Ces fêtes sont les mêmes que celles énumérées ci-
dessus (cod. 6.), sauf que saint Georges (i3) est ici
remplacé par saint Hormizd.
Une note placée en tête du volume est ainsi libellée : « Moi
^Ebedjésus , évéque d'Atél , j'ai fait écrire ce livre pour Jérusa-
lem à la demande des frères lecteurs. »
Une autre note placée à la fin nous dit que le volume a été
achevé le mercredi i u du mois d'Iloul de Tan 1 97 1 (sept. 1660),
à Atél , par le prêtre Marcos , fils d'Isaac , fils du diacre Éphrem.
Et dans une autre qui fait suite, le susdit *Ebedjésus raconte
qu'il a fait trois fois le voyage de Jérusalem.
CoD. 20.
Volume en parchemin de 30 centimètres sur 17, composé
de 37 cahiers de 8 feuillets. Les quatre premiers feuillets et
les quatre derniers ont été remplacés par des feuilles de papier.
Ecriture très bonne et très serrée ; 3o lignes à la page*
Prophètes.
Titre : ,
*>y^^ Jb^^
Les écrits prophétiques sont complets, et disposés
dans Tordre suivant avec ces titres :
a (I, 2 b) Prophétie d'Isaïe.
m. 8
»rai>nus aATiwxALi.
114 JANVIER-FÉVRIER 1894.
b (1,3 a). Livre cIqs douze prophètes: Qsée, Joël,
Amos, Âbdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc,
Sophonie, Aggée, Zacharie, Mdachie*
c («^J^, 3 b). Prophétie de Jérémie.
d {^, i b). Lamentations de Jérémie.
e {^, Ixb). Prophétie d'Ézéchiel.
/ [o^, 3 6). Prophétie de Daniel.
g ( )Lû , 5 6). Bel le dragon.
Sans date ; l'écriture dénote le xii* siècle, peut-être même
la fin du XI*.
COD. 21.
Volume de a a centimètres sur i6, composé de a 8 cahiers
de lo feuillets; 20 à sa lignes k la page. Quelques feuillets
manquent.
Bréviaire.
Titre :
^Lo-off U V >. v> JLo;;.^ JLf^i^f l^^^jDf Jlm*^^
et OCBce des cellules pour les novices et les moines
faibles comme moi , qui récitent Toffice en particu-
lier dans leurs cellules. »
L'office finit au fofio 56 du cahier o«j. D'après une note
qui se lit en cet endroit , il fut écrit dans le monastère de saint
Hormizd par le prêtre Abraliam , et terminé le mardi 7 de
Ab de l'an 1904 (août iBgS).
Les feuillets suivants ont été rempfis par divers extraits,
savoir :
NOTICE SUR DE3 MANUSCRITS SYRIAQUES. Mb
a Admonitions (IVoiol) de Mar Dadjésus. Com-
mencement : «^of Jbu^^f ^^*S^
b Admonitions et préceptes de Mar Abraham de
Netphar. Commencement : ^♦^''^ )ouy ^
c Contre ceux qui aiment les vanités, Comnaen-
cement : |>»*>Qa «*bS^JIio y^ «*o
d Psaumes des Compiles.
CoD. 22.
Volume de ai centimètres sur 16, composé de 10 cahiers
de iQ feuillets. Très bojiae écriture; lA lignes à la page.
Liturgies (JlA,|aiD] :
i"* Des saints Apôtres; 2° de Mar Théodore de
Mopsueste; 3^ de Mar Nestorius.
Achevé dans le monastère de Mar Pethion à Amid, le ven-
dredi 9 du mois de Yar de Tan 1966 [mai i655), au temps
de Mar Siméon catholicos , et de Mar Siméon , métropolitain
d*Amid, par le prêtre Abdalcarim (j^wx^^ai^), fils de Jésus.
On a relié au commencement du même voluçie
le premier cahier d'un autre codex portant pour titre :
JLfido^f JLgqjx^(( Ordre delaPénîtence «(incomplet);
et à la fin un autre cahier de i a feuillets cc^itei^ant
le K Rite de la consécration des eaux le jour de TËpi-
phanie » (complet).
8.
116 JANVIER-FEVRIER 1894.
CoD. 23.
Volume de a o centimètres sur i5, comprenant i6 cahiers
(quelques-uns incomplets) de lo feuillets. Bonne écriture;
ao lignes à la page. Le texte est entièrement vocalisé.
Recueil d'hymnes (IAJjo:^).
I. Hymne de Gabriel Mossoul (cod. 2 , I).
IL Cinq hymnes de Kamis (les trois premières
sont les mêmes que dans le cod. 2 , n° II).
III. Trois hymnes de Mar Jésujab , métropolitain
d'Arbèle, surnommé Bar Meqadem.
IV. Hymne de Kamis (cod. 2 , II, 16®).
V. Hymne du prêtre ^Atia Bar ^Atali.
VI. Hymne de Georges Varda (cod. 2, XI).
VIL Hymne du prêtre Isaac (cod. 2 , X, 1'®).
VIII. Hymne du prêtre Çaliba.
IX. Treize hymnes de Kamis (cod. 2, II, 7-1 5,
4-6).
X. Trois hymnes de Jésujab Bar Meqadem.
Ce volume a été achevé le vendredi 6 de Haziran de
Tan igai (juin 1610), dans le monastère de Mar Jean, frère
charnel et spirituel du bienheureux Mar Ah a , du temps de
Mar Elias , patriarche , et de Mar Joseph , évêque de Gozarte.
n a été acheté pour Téglise de Jérusalem par Rabban Joseph.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 117
COD. 24.
Volume en très mauvais état, mesurant ao centimètres
sur i4 et comprenant i3 cahiers de lO feuillets; 18 lignes
à la page.
Il contient :
« Traité composé par un moine à qui Tun de ses
parents avait demandé une règle de conduite et des
conseils pour diriger convenablement son corps et
son âme. . . »
Ce traité est partagé en nombreux chapitres , plus
ou moins longs, qui paraissent extraits de livres ascé-
tiques et portent différents titres , par exemple : De
l'observation du dimanche, du jeûne, de Thumilité,
de l'utilité des veilles , etc.
« Traités utiles faits sur des paroles de la Sagesse
de Salomon, fils du roi et prophète David. »
Ces traités sont au nombre de trois.
llg JANVIER.PÉVHIER 1804.
« Préceptes et admonitions du prêtre vertueux et
du philosophe du temps Jean de Mossoul » , du cou-
vent de TArchange saint Michel (d'après Yexplicit).
« Discours utile de Mar Jean de Phenek. »
Achevé le samedi 7 de Tamouz de Tan 1 960 ( jttfflèt i 649 ) 1
du temps de Mar Elias , patriarche.
CoD. 25.
Volmne presque entièrement défruit par Thumidité , me-
surant 18 centimètres sur i3, composé de 16 caliiers de
10 feuillets. Ecriture très négligée; ai lignes à la page.
Psautier.
Le titre et le contenu du volume sont exactement
les mêmes que dans le cod. 7.
Le volume a été terminé le mardi 2 g de Tèsri premier,
en Tan 1968 (octobre i656).
CoD. 26.
Volume de 18 centimètres sur i3, composé de i4 cahiers
de 10 feuillets; 18 lignes à la page.
Même contenu que dans le cod. 24.
Achevé le mardi 17 de Haziran de Tan 1861 (juin i55o).
CoD. 27.
Volume assez mal conservé, mesurant 18 centimètres sur
i3, composé de ai cahiers de 10 feuillets; 19 lignes à la
NOTICE SUR DESI MANUSCRITS SYRIAQUES, lig
page. Quelques feuillets manquent; les marges sont recou-
vertes de notes relatives à la distribution des psaumes dans
TofiSce , et de prières (Jli^j ).
Psautier.
Même titre que celui du cod. 7.
Suivent :
1** Les trois cantiquefs de Moïse et celui d'Isaïe.
2** L'hymne de Narsès et les autres morceaux qui
viennent à la suite dans le cod. 7.
D'après difFérentes notes , ce volume a été écrit en Tan 1 896
(i585); acheté en 1976 (i665) par un certain 'Ebedjésus
pour cinq gros (JLifc.o«^) et demi; relié à neuf en Tan 2o36
(1726) par le prêtre Georges, sacristaia de l'église de Jéru-
salem , fils du prêtre Daniel d*Alqo§.
Cod. 28.
Volumef incomplet de la fin, mesurant 176 millimètres
sur i35, composé de cahiers de 8 feuillets; 20 lignes à la
Titre :
OKT(k)r{)(os — Livre ecclésiastique dans lequel les
hyttinés sont di»f>o^s !Jelon les huit tons, que les
Syriens appellent JUûî .
Sans date. Ecriture du xvii* siècle.
120 JANVIER-FEVRIER 1894.
CoD. 29.
Volume de 176 millimètres sar i35, compose de cahiers
de 10 feuillets; 17 lignes à la page.
Bréviaire.
Le titre manque , mais ïexplicit nous apprend que
c est le livre appelé^oâbAd « KaSkoul ».
( Cf. ci-dessus codd. 5 et 1 6. )
Ce volume a été achevé le jeudi 5 de Nisan de Tan 188a
(avril 1571).
CoD. 30.
Volume incomplet de la fin, mesurant 18 centimètres sur
i3 et comprenant 3i cahiers de 10 feuillets. Très bonne écri-
ture ; 1 8 lignes à la page. Il manque plusieurs feuillets et tout
un cahier.
!<> (), 1 b) >• M ON, ^^o^f JL^fom llbaâojiol
« Grammaire de la langue syriaque composée par
le vénérable Elias , métropolitain de Nisibe de sainte
mémoire. »
JLox^o l;»^^ JLm>.>J^ »d>Vkf JL*9afl» JLui^f jiko^o
•> (sic) uoi^olf ,a«»a^ ^i I^Wi.
« Grammaire, c est-à-dire Règles du discours de la
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 1?1
langue syriaque, composée par le grand moine et
vrai religieux Rabban Jean Bar Zou bai. »
Assémani, B. O., m, i, 307 et 3o8. L'abbé Martin a publié
sa métrique.
Sans date, xvi* siècle.
CoD. 31.
Volume de 18 centimètres sur 1 3, comprenant a 6 cahiers
de 10 feuillets dont quelques-uns sont incomplets; 19 lignes
à la page.
Recueil d'hymnes.
I. Hymne de Gabriel de Mossoul (cod. 2 , 1).
II. Dix-huit hymnes de Kamis (cod. 28 , II et IX).
m. Sept hymnes de Varda (cod. 2, III)*
IV. Hymne de Mara (cod. 2 , IV).
V. Deux hymnes de Varda (cod. 2 , V et une autre
pour le mercredi).
VI. Huit hymnes de Kamis (cod* 2, VI, VII,
VIU).
VII. Trois hymnes dlsaac Sabdanaïa (cod. 2 , X).
VIII. Hymne de Varda (cod. 2 , XI),
IX. Deux hymnes de Mar Ephrem.
X. Hymne de Berikjésus, connu sous le nom de
Bar Eskapha.
XI. Hymne pour la fête de la Nativité de N.-S.
XII. Hymne de Rabban Siméon Sanqalbad.
122 JAxNVIER-PÉVRIER l8Q4.
XIII. Notes sur la chronologie.
XIV. Explication de certains passages deà hymnes
de Mar Gabriel , de Kamis et de Jësusabran.
XV. Table des hymnes et des variantes pour Tof-
fice.
XVI. Chants (fJ^M^u») pour les dimanches et les
fêtes.
XVII. Chant de Narsès (cod. ^ , XII).
XVIII. Sur ia pénitence, par la nièce de Mar
Abraham de Kidôn.
XÏX. Hymnes sur saint Etienne et saint Georges.
XX. Chants pour diverses fêtes.
D*après une note , le volume a été ëcrit dans le monastère
de Mar Eugène à Ni^ibe ; on répète plusieurs fois qu'il appar-
tient à ce couvent. Une autre note , placée en tête , se lit ainsi:
« Moi Abraham , je suis arrivé au monastère de Mâr Eughin au
mois de Ab de Tan i8a3 (août iSis). »
CoD. 32.
Volume de 18 centimètres sur i3, contenant 16 cahiers
de 10 feuillets renfermant de 19 à a 3 lignes â la page. Les
premiers feuHlets très endommagés.
OflBce des celltiles. — (Voir cod. à 1).
Achevé pendant le carême de Tan 1916 ( i6o5), au temps
du patriarche Mias, et de Joseph, métropolitain de Gozarte,
par Rabban Joseph pour Rabban Abda, diacre, son onde,
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SÎRIAQUE^. 123
qtii renvoya au couvent de Jérusalem en Tan 19a 5 (1611).
Rabban Joseph dit encore qu il était fds de la sœur de Rab-
ban Abda , originaire de la Mésopotamie , et moine du couvent
de Màr Jean l^^j^^^a^ , frère de Mar Aba.
CôD. 33.
Volume de 17 centimètres sur i3, en très mauvais état,
composé de ao cahiers de 16 feuillets, ayant ad lignes à
la page.
Nouveau Testament.
Il contient les mêmes écrits, et dans le même ordre
que le cod. 9.
La reliure du volume est très élégante et ornementée avec
goût. Une note placée à la fin du cod. nous apprend qu'elle
a été eiécutée en Tan 1916 (i6o5], par un moine nommé
Jean , du monastère de Mar Jacques le Reclus , situé près de la
ville de Se^ert (l^àu»),
Cod. 34.
Voïimie de i85 millimètres sur i35, contenant 19 cahiers
de 10 feuillets. Très bonne écriture; adjignes à lapage.
Œuvres d'EjiimanueldeMossoul(èi^arah),
L'explicit est ainsi conçu :
joj^ JLàocu LJ^ji^h "^f 'ââflf [sic) l^iuid J^^dbijL
^«.v^ftinf jLuoLo ^^.fio:^ );uoJlâAd )Laj;j>«^f jl^te
« Fin du tome quatrième sur THexàméron et la
124 JANVIER-FÉVRIER 1894.
Providence, en vîngt-huit traités, composés par le
prêtre Emmanuel. »
Le deuxième traité manque; le copiste déclare
qu'il faisait défaut dans le volume qu'il transcrivait.
Les traités, à partir du quinzième, ne sont pas
dans le même ordre que dans le ms. du Vatican.
(Cf. BibL Orient,, II, p. 499; m, 1, p. 377; Cat. BibL Vat,,
t. m, p. 38o. n* CLXXXII.)
Le volume a été achevé le mercredi 1*' jour du mois de
Tesri premier de Tan 1600 (octobre 1288).
CoD. 35.
Volume de 18 centimètres sur i3 , comprenant originaire-
ment 3o cahiers de 8 feuillets; 19 lignes à la page. Quelques
cahiers manquent.
Rituel des funérailles.
Titre :
« Livre d'office pour la sépulture des prêtres, des
diacres, des évêques, des moines, des patriarches et
des autres clercs. »
C'est, comme on le voit. Je complément du
cod. 1 4.
Suivent l'officç pour les défunts et les MédraSé
pour les morts.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES, 125
Une note autographe dit que^Ënanjësos, métropolitain de
Nisibe, a eu le livre entre les mains.
Sans date, xviii* siècle.
CoD. 36.
Volume de 1 8 centimètres sur 1 3 , comprenant 1 7 cahiers
de 10 feuillets; les derniers cahiers sont incomplets. Bonne
écriture ; 1 7 lignes à la page.
Office des cell^iles.
Même titre que le cod. 2 n .
Une note placée sur le premier feuillet nous apprend que
le prêtre Bacchus (»»aAd) , recteur de réghse de Sainte Marie
à Jérusalem, a eu ce livre entre les mains Tan 1994 ( i683).
CoD. 37.
Volume de 16 centimètres sur 12, comprenant 19 cahiers
de 1 2 feuillets ; 1 5 lignes à la page , d'une écriture soignée.
«*eio;;^JL^ ^ ^^^^of foi^jf ILoibi^f l;;^!^? l^ho
« Office des Rogations des Ninivites composé (prin-
cipalement) d'homélies choisies de Mar Éphrem,
ordonné et arrangé par le bienheureux Mar Yaqira ,
dans le monastère de S. Mar Elias , près de MossouL »
Achevé Tan i56a des Grecs, 648 des Arabes, le vendredi
126 JANVIE;{l-FËVai6R 1^94.
premier jour de KaQottn secpnd (js^nvîer i S|5i)t pi^r un moine
du nom de Jésus , originaire du village de Halmip , près de
Salqata(P).
CoD. 38.
Volume de i8 centimètres sur i3, contenant 12 cahiers
de 10 feuillets chacun ; 18 lignes à la page.
Titre :
« Hymnes du Docteur Georges , surnommé Varda. »
Ces hymnes sont distribuées pour tous les jours
de la semaine et les principales fêtes de Tannée.
Sans date. Fin du xvii* siècle.
CoD. 39.
Yolume de 16 cejt^timè très sur la , comprçnai^t 18, cahiers
de 8 ou 10 feuillets; ao lignes à la pagç.
t
Bréviaire (Extrait du).
Cet extrait comprend les « offices de la fête de la •
Nativité de N.-S. , et de la fête de l'Epiphanie ».
Il a été achevé l'an i858 (iSAy). Une longue note nous
apprend que le prêtre Yar, fik de Daniel, iil$ de Jean» fils
d'Abraham, s' est rendu avec d* autres cçmpagi^ons à.Jérus^em
au couvent de Sainte-Marie , dont il a^ relié gratuitement les
anciens volumes , ainsi cpi'une grammaire et le présent livre
en Tannée 1968 ( 1647).
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 127
CoD. 40.
Volume de i5 centimètres sur lo, comprenant 29 cahiers
de 8 ou 10 feuillets ; 1 4 lignes à la page.
Même titre et même contenu que dans le cod. 2&.
Achevé le mardi 18 de Tamouz 18^2 (juillet i53i).
CoD. 41.
Volume de 1 6 centimètres sur 1 2 , comprenant originaire-
ment a a cahiers composés de 10, 12 ou 16 feuillets. Mauvaise
écriture; 17 lignes à Ja page.
Rituel des funérailles et prières pour les défunts.
Le titre et les premiers cahiers manquent.
La dernière clausule est celle-ci : J m *^ ^ yi^>A
)JU<v>? « Fin dçs discour3 de consolation v.
(Cf. Wright, Catalogne ofsjrriac ms,, n* DXXII. )
Ce livre a été donné au couvent de Jérusalem par le fidèle
Aaron , frère du prêtre Samuel d' Atel.
Sans date, xvni* siècle.
CoD. 42.
Volume de 1 5 centimètres sur 1 o , contenant 1 6 cahiers
de 10 feuillets; 18 lignes à la page. Le dernier cahier est in-
achevé.
Office des cellules.
(Cf. supra cod. 21.)
Il n*y a aucune note. -— Ms. du xviii* siècle.
128 JANVIERFEVRIER 1804.
CoD. 43.
Volume de i6 centimètres sur lo, contenant i5 cahiers
de lo feuillets; i4 lignes à la page.
Bréviaire.
Titre i
*^x^ ik^^^o ^t-Jdf J(^»^^âo) IviViii^ ]La^9? |mn>^
« Le livre de Toffice du soir pour les jours de la
semaine , appelé daqdam wa dbaiar, sans renvois. »
Ecrit du temps de Mar Elias patriarche , et de Mar Joseph
métropolitain, par le moine Arsène. Achevé le samedi 27 de
Kanoun second de Tan 1908 (janvier 1597).
On a relié à la suite deux cahiers renfermant des prières
liturgiques, en carsouni, écrites Tan 1968 {1657).
CoD. 44.
Volume de i4 centimètres sur 10, contenant 16 cahiers
de 1 o feuillets. Très bonne écriture ; 1 4 lignes à la page.
Rituel :
« Ordre sacerdotal selon lusage du monastère
d'Ëlie au-dessus de Mossoul. »
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 119
Achevé le jeudi octave de rAscensioû 3o de Yar de:f an a g6 1
(mai i65d) , du temps des « Pères saints Mar Elias çathoIieo9>
patriarche de TOrient , et Mar Siméon * cathoUcos. Que Notre
Seigneur Jésus rétablisse la paix entre eux I »
* A la mor^e; «Ce Mar Siméon, dont noas parions, persécuta son
diocèse.»
GoD» 45.
Volume de 1 ô centimètres sur i o ,-• composé dé cahiers aie
10 feuillets ayant 17 lignes à la page.
• • ' - » ■ . • »
Bréviaire,
Même ouvrage et même titre que le cod. 43-,
Achevé au mois de Yar de l'an 1890 (mai iSyg) 1 et écrit
par Simon, fils du prêtre Abraham de la ville de Mossoul.
Cod. 46.
Volume mesurant i5 centimètres sur 10, composé de
17 cahiers de 10 feuillets; 19 lignes à la page.
■ • ■ ">.
Même ouvrage que le précédent»
Achevé le mardi 2 3 de Tamouz de l'an 1 887 (juillet 1596 ) ,
dans la ville de Gozarte (l^r^i ]Vf%^) , sur le bord du Tigre,
au temps du patriarche Mar Elias , et de Gabriel , évèque mé-
tropolitain de Gozarte^
I .^ ■
Cod. 47,
Volume de i4 centimètres sur 10, comprenant 10 cahiers
de 10 feuillets chacun; i5 lignes à la page.
Titre : '
... ' . • .'-•'.
III. 9
130 JÂNVIEA-FÉYRIER 1894.
« Le livre de Rabban *Enanjésus avec les gloses de
Rabban Honain. »
Opuscule lexicographiqud publié par 6. Hoffinan en i88o
dans son Opnscula nestoiiana.
A la suite viennent :
a Les règles sur Taccentuation de Mar Sabaijésus.
b Une note sur le Comput ecclésiastique.
c Une note sur la chronologie.
On a relié* à la tin du volume deux cahiers étrangers con-
tenant des fragments dliymnes et d*office9.
Sans date, xviii* siècle.
CoD. 48.
Volume de i4 centimètres sur lo, contenant 17 ca^ers
de 10 feuillets chacun; les cahiers i5'el 16 ont dispàki et
le ^rnier est incomplet.
. <
I I f
. ..Jitre : ...
« Ordre complet des prêtres » , c'est-à-dire Rituel.
•' (Voir ci-:4essus co(l^ 44.) . « , • •
Achevé le vendredi 20 de Sebat, l'an des Grecs 1966
( février i645), dans la ville d*Amid, au monastère d9 [Mar
Pclhion le martyr, parle prêlre Makabai, fils du prêtre Isa.
NOTICE SUR DES MANUSCtUtS SYRIAQUES. 131
CoD.49.
Volume de i5 ceiltimètres sur lo, en très mauvais ëtat,
comprenant primitivement ii cahiers de lo feuillets. Les
trois premiers manquent complètement. Mauvaise écriture ;
1 6 lignes à la page.
Recueil d*hymnes.
I. Neuf hymnes de Kamis(fcod. ^3, IX, les neuf
dernières).
II. Sept hymnes de Varda (cod. 2 , UI).
III. Hymne de Mara (cod. 2, IV).
IV. Deux hymnes de Varda (cod. 3 1 , V).
V. Hymne de Varda (cod. 2 , XI).
On a relié à la suite trois cahiers provenant d'un
Rituel des funérailles.
Sans date, xvni' siècle.
Cod. 50.
Volume de id centimètres sur 10, composé de 10 cahiers
de 8 feuillets. 1 3 lignes à la page.
Rituel.
Titre :
« Ordre complet de la bénédiction du genre hu-
main (du mariage) », selon le rite du monastère de
Mar Gabriel et Mar Abraham , près de Mossoul.
132 JANVIER-FÉVRIER 1804.
On y trouve le rite des fiançailles et du couron-
nement, de la bénédiction des vêtements et du lit
nuptial, etc.; et deux hymnes alphabétiques com-
posées par Bar Kanou§ pour être récitées Time sur
la tête de la fiancée et l'autre sur celle du fiancé.
(Cf. Cod. Vatic. 64.)
Le volume se termine par ces mots : « Ce livre des fian-
çailles , complet et sans abréviations , a été fini le samedi 6 de
Tesri second, de Tan 1966 (nov. i654), à Amid,du temps
de Siméon le patriarche, et de Siméon, ëvéque d*Amid. »
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. ISS
INDEX DES AUTEURS.
• ; r
(Les cbiffires indiquent les numéro» des manuscrits.)
Abba (Mar), 7; i5; aS; 37.
Abouhidim (Elias III), 18.
Abraham de Nephtar, 21.
Abrabam de Nisibe, 7; i5; 26;
Abimelek, 7; i5; 25; 27.
Arsène (Histoire d'), 11.
*Atia Bar 'Atdi, 2 3, v.
Babaide Nisibe, 7; i5; aS; 27.
Babai le Grand, 7; i5; 25; 27.
Baccbus , 2 , Xm.
Berikjésus, 3i, X.
Çaboë (SiméonBar), 7; i5; 25;
27.
Çdiba, a 3, VIQ.
Dadjésus, 21.
'Ëbedjésus de Gozarte, 2, IX;
i3; 19.
'Ëbedjésus de Nisibe « ii; i3.
Elias m, 18.
Elias de Anbara, 8.
Elias de Nisibe, 3o.
Emmanud de Mossoul ,34.
'Ënanjésus, ^7.
Éphrem, 7; 3i, IX; 37.
Eskapba (Berikjésus Bar), 3i, X.
Gabrid de Mossoul , 2,1; 23, I ;
3i.I;3i,XIV.
Georges d*Alqos, i3.
Georges d'Atour, 18.
Georges de Nisibe, 7; i5; 25;
27.
Georges Varda, 2, III, V, XI;
23,VI;3i,ni, V, VIIÏ; 38;
49; n, ly, V.
Histoires édifiantes, 17.
Honain, 47.
Isaac âabdanaja, 2 , X; 23 , VU;
3i, vn.
Israël d'Alqos , 1 3 ; 1 4 .
Jean Bar Zoul)ai, 3o, X.
Jean d'Arbèle, i4.
Jean de Beth Rabban, 7; i5;
25; 27.
Jean de Dailam , 1 9.
Jean de Mossoul, 24 ; 26; 4o.
Jean de Pbének, 24; 26; 4o.
Jésudad de Haditb , 1 o.
Jésujab d'Arbèle, 1 4 ; 33 , III , X.
Jésusabran , 3 1 , XIV.
Kamis Bar Qardabé, 3, II,
vi-vm; 33, n, iv, lx; 3i,
n, VI, XIV; 49, I.
Kanous (Bar), 5o.
Liturgies, s s,
Mara Bar Meàiba, 2, IV; 3i,
.IV; 49» m. "
Meqadem (Bar), v. Jésujab.
134
iANVIER-FÉVIilËR 1804.
Narsès, 2, XII; 7; 19; 27; 3i,
xvn.
Qardahé (Bar), v. Kamis.
Sabarjésus, 47.
âabdanaja, v. Isaac.
§alita, 18.
§rarah (Emmanud), 34.
Siméon Bar Çaboé, 7; i5; a5;
27-
Siméon Sanqalbad, 3i, XII.
Théodore de Mopsueste, 7; i5;
26; 27.
Timothée, 7; i5; 26; 2g.
Varda , v. Georges.
Vies des Saints, 17.
Yaqaim, 37.
Yazdin, 7; i5; 26; 27.
Zou'bai (Bar), v. Jean.
NOUVEULfia ET MJSLANQRS. 135
tJUillW Jl I» .1=^
NOUVELLES ET MÉLANGES
SÉANCE DU 12 JANVIER ià94.
La séance est ouverte à 4 heures et demie, sous la prési-
dence de M. Barbieip de Meynard, président.
Le procès- verbal de ia séance précédente est lu et la rédac-
tion en est adoptée.
. Sont reçut membm.de la Société : .
MM. A. W. Greenup (Rév.), Culford Heath, Bury S* Ed-
mnnd's, Angleterre, présenté par MM. Duval et
Drouin;
RoMESH Chunder DuTT, attaché au service civil du
Bengale , Calcutta, présenté par MM. Sylvain Lévi
et Drotiin. ' '
Lecture est donnée d'u^e lettre du MinifkèrQ de rinstruc-
tion publique annonçant rordonna^cement. du premier tri-
mestre de la subvention amiuelle allouée ai la Société asia-
tique.
M. Rubens Duval informe la Société, q^e M*' Ral^màm,
archevêque de Bagdad». prépare eu ce mpmeiit l'édition de
ia Chronique de Michel le Syn'fiil. M'^Rahmani sleat prbooré
un maiiûfKïijt coipplet d€i cette importance chronique, dont
on croyait Toriginal perdu et qui n^ noua était connue que
par une version arménienne abrégée. Une traduction fran-
çaise de vaut, accompagner le texte syriaque, la Société ren-
drait un grand service aux études orientales en faisant les
frais de cette publication , qui figi^rerait honorablement dam
la cc^ction de ^s ouvrages. M. Rubens Dàval prie M. le
î^6 aANVIEH-FÉVRIE^R ïHH.
Président de soumettre sa propotiticHi à Texamen du GonseU.
H ^ute que, dans ie cas où le Conseil serait d'un avis fa-
vorable , il se charg-erait volontiers de surveiller Timpression
du texte et de la traduction.
^ Le Conseil-, Après en avoir délibéré^, Vote à runanîinîté
Timpression de la Chronique de Michel le Syrien et charge
M. Rubens Duval de s*entêndre avec M'' Ral^mâni pour la
réalisation de ce projet.
M. Senart donne connaissance d*un envoi archéologique
du plus haut intérêt qui lui a été fait par le capitaine Deane»
commissaire du district de Péchayer. Cet envoi consiste en
douze pierres inscrites. Une de ces pierres porte une in-
scription sanscrite, probablement votive, conçue dans Tal-
phal)et dit du nord-ouest, employé par Açoka et remontant
au troisième siècle avant notre ère ; deux autres pierres por-
tent deux autres inscriptions sanscrites dans le dévanagari
du X* pu XI* siècle. Les neuf autres pierres portent des in-
scriptions conçues dans un caractère inconnu, ou plutôt non
déchiffré : car ce caractère se rencontre dans les légendes et
monnaies d'origine arsacide. Il est donc peu douteux qu*eUes
datent de Tépoque parthe. Quant à la langue qu'elles cachent,
on n'a guère le choix qu'entre une langue de l'Inde, une
langue de la Perse et une langue des Scythes, c*est-à-dire
uni dialecte sanscritique, un dialecte pehlvi et le dialecte
des Çakas de Kanishka, lequel était sans doute de famille
turque. Mais le caractère semble d'origine sémitique et rap-
pelle l'écriture pehlvie.
M. Oppert communique la traduction d'une inscription
très in^portante que l'expédition américaine a rapportée de
ses fouilles de Niffar. Ce monument date du roi Belnadinabal,
c'est-à-dire du xii* siècle avant l'ère chrétienne ; il a trait à
la spc^atibii d'une ancienne divinité tombée dans l'oubli,
que nous nommons Nina, L'importance de ce texte est dans
la- donnée chronologique qu'il fournit : 696 années se sont «
écutdées, d'ajprès ce texte, depuis le règne de Gidkisar jus-
<]u'â'Nf^chodôno8or. Cette donnée confirme l'authenticité
NOUVELLES ET MÉLANGES. 13l
delà Liste des rois diaprés laquelle , entre Gulkisar et la fin de
la seconde dynastie , il s*est écoulé 119 ans , et entre celle-ci
et la troisième dynastie, 676 ans et 9 mois, soit un totsd de
696 ans, 9 mois.
La séance est levée à 6 heures.
OUVRAGES OFFERTS X LA SOGI^Tlâ.
(10 janvier 1894.]
Par rindia Office : Indian Ardiquary, October-Novem-
ber 1893. Bombay, in-4".
— ' M. A. Stein, Kaîhanas Rajatarangini, Chronicle of the
Kings ofKashmir, Vol. L Bombay, 1898; in-4*.
«— Bhandarkar, Lists of sanscrit manuscripts ofpnvateLi-
braries in the Bombay Presîdency. Part I, 1898; in-4°-
Par la Société ? Société de géographie , Comptes rendus des
séances, n*" i5-i8. Paris, 1898; in- 8".
— Comité de conservation des monuments de Vart arabe,
exercice 189a , 9* fasc. Le Caire; in-8".
Par les éditeurs : Revue critique, xC" 5o, 1893-1894* Paris,
1894; in-8».
— Polybiblion, parties technique et littéraire, novembre
et décembre 1898; in- 8°.
— Revue des études juives , juillet- septembre 1898; in-8*.
— BoUetino, n" 192. Firenze, 1893-, in-8'.
— S. G. Das., /oumaZ and Text ofthe Buddhist Text Society
of ïndia. November 1898; in-8'.
— J. W. Pôwell , Eight annual Report of the Bureau of
Ethnoïogy to the secretary ofthe Smithsonian Institution, 1886-
1887. Washington, 1893; in-4*.
— Rendiconti délia Rerde Accademia dei Lincei, V, U, 10.
Roma, 1893; in-8*.
Par les auteurs : R. Atkinson, On the south Koptie Texts,
138 JANVIER-FÉVRIER 1894.
a criticisme on M, Bouriant's : Eloge du martyr Victor, JUs de
Romanus, Dublin , 1 89 1 ; m*8°.
— Bai Gangadhar Tilak, The Orion, orResearches into ike
antiquity ofthe Vedas. Bombay, 189 3; in-4".
— Florence GrofF, Guide to Caire and Environs. Catalogue
of the Muséums ofEgyptian Antiquities at Gizeh and Arah An-
tiguities of El-Hakim ^^ 1898; in-8".
— Oldenberg, Le Buddha, sa vie, sa doctrine, sa commu-
nauté, Paris , 1 893 ; in-8*.
— J. G. Pilling, Thê Chinoekcui Languages.Weahmgton,
1893; in-8".
— J. Haiëvy, Les deux inscriptions hétéennes de éSin^irlL
Paris, 1894; in-8^
-^ Dr. L. Venetianer, Dus Buck der Grade, von Schem-
tob B. Joseph Ibn Falaqoera. BerUn , 1 89^ ; in-8*'.
— Rév. John Levaux, Rosari Pungahi Bindri, Pompëi,
1894; in-ia; Sadhu kunwari Rosari mxikuki rani, Pompéi,
189^; in-ia.
— - Cl. Huart , Sommaire des études turques pendant la période
1 886- 1 89 r. Londres , 1 893 ; in-8*.
— A. N. Graen, Les races de l'ancien monde et leur carac-
tère historique (en russe). Kiev, 1894; în:-S°; La dynastie des
Bagratides en Arménie (en russe). Kiev, 1894; ip-S".
"^ Croizier, Le dernier Emir de Boukhara, Rouen , 1 898 ;
in-8».
SEANCE DU 9 FÉVRIER 1894.
La séance est ouverte à 4 heures et demie, sous la prési
xlence de M. Barbier de Meynard , président.
M. Barbier de Meynard donne communication d'une lettre
de M. N avilie, président du Comité d*organisation du di-
ûème Congrès internationsd des Orientalistes ,qui s'ouvrira
à Genève en septembre 1894. M. Naviile prie la Société
asiatique 49 Paris de voidoir bien nommer des dél^^és
NOUVELLES ET MÉLANGES. 139
pour la représenter au Congrès. M. Barbier de Meynard rap<
pelle au Conseil que la Société a cru devoâr s'abstenir de
nommer des délégués aux Congrès tenus à Londres et à Lis-
bonne en 1892. M. de Blonay appuie, au nom de M. Boissier,
de Genève, qui la prié de le représenter, la proposition de
M. Naville. Le Conseil, en réservant la question, décide, sur
la proposition de M. Duvsd , de souscrire aux publications du
Congrès.
M. Senart annonce la prochaine publication du 3* et der-
nier volume du Makâvastu.
M. le Président rappelle que le Conseil, dans sa séance
précédente , a décidé la publication , aux frais de la Société ,
dans sa collection orientale, de la Chronique de Michel le
Syrien, dont M^' Rahmâni de Bagdad entreprend l édition et
la traduction. Cette publication, espacée sur plusieurs an-
nées , laisserait disponible une partie des fonds de la Société
et peut-être y aurait-il lieu d'ajouter à notrç collection le Ki-
tab al-Hukema d'Al-KifU, ouvrage si important pour This-
toire de la science arabe. Auguste Mûller avait rassemblé
pour la publication de ce texte des matériaux que sa veuve
a légués à la Société germanique orientale. H faudra d'abord
s'adresser à la Société germanique orientale pour demander
conmiunication de ces documents , et si la réponse est favo-
rable, M. C. de Vaux entreprendra définitivement cette œuvre
que la Société sera sans doute disposée à accueillir.
Une autre publication du plus haut intérêt, à laqudle la
Société ne refuserait pas ses encouragements, est la traduc-
tion par M. Chavannes de la grande histoire de Sse-ma-
tsien. Ce document est la source à laquelle ont puisé tous les
historiens de la Chine pour les périodes anciennes jusqu'au
I*' siècle avant notre ère, époque à laquelle appartient Sse-
ma-tsien. Mais la nécessité d'un vaste conunentaire , sans
lequel ce texte serait à peu près sans utilité pour les histo-
riens, augmente considérablement l'étendue de l'ouyrage
qui prendra dix ou onze volumes. Il serait aussi nécessaire
de donner dans les caractères chinois les nombreux noms de
140 JANVIER-FÉVRIER 1894.
lieux et de personnes qui se rencontrent à chaque page et
que rendent mal les transcriptions romanes. M. le Président
propose que M. Ghavannes prépare le premier volume dont
rimprimerie nationale dressera le devis et la Société pourra
prendre ensuite avec des éléments d'appréciation plus certains
une décision définitive.
La séance est levée à 6 heures.
OUVRAGES OFFERTS À LA SOGIl^Té.
(9 février 1894*)
Par rindia Office: Archaeological Survey afinâia, South
Incuan Inscriptions, Tamil Inscriptions of Rajaraja, Rajendi'a
Chola and others in the Rajarajesvara Temple of Tanjavar,
edited and translated by Hultzsch. Vol. II, part II, Ma-
dras, 1892; in-folio.
— The Journal ofthe Bombay hranch of the Royal Asiatie
Society, 1892; in-8*.
— P. D. Prasàda , A Catalogue qf sanscrit manuscripts exis-
ting in Oude Province for theyear 1889; in-8'.
Par le Gouvernement néerlandais: Bijdragen, 1890.
Volgr. XIX, I Sgravenhage; in-8*.
Par le Ministère de Tinstruction publique : (Publications
de TEcole des langues orientales vivantes) Siasset-namèh ,
traité de gouvernement , composé pour le sultan Mélik-Shah
par le vizir Nizam-ul-midk , traduit par Charles Schefer.
Paris, 1898; in-4".
— Mémoires publiés par les membres de la Mission archéolo»
gique au Caire: tome XII. D. Mallet. Les premiers établisse-
ments des Grecs en Egypte, Paris, 1893; in-4*;
— Tome XIII, G. Bénédite, Le temple de Philae, 1" fas-
cicule. Paris, 1898; in-A".
— Annales du Musée Guimet, tome XXV. E. Améiîneau,
NOUVELLES ET MELANGES. 141
Histoire des monastères de la Basse-Egypte. Paris ^ iSgA;
in-4'.
Par ia Société : Balîetin de VInstitat égyptien. Avril et
mai 189a; mars 1893. Le Caire; in-8^
— Transactions of the Asiatic Society qf Japan^ vol. XXI.
November 1898; in-8'.
— Catalogue of the sanscrit and pâli books in the British
Muséum, by Dr. E. Haas. London, 1876; in-8".
— Rendiconti délia Reale Accademia dei Lincei, V, vol. lli,
fascicule ii; Rome, 1894; in-8''.
— Société de géographie, comptes rendus, n*^ 1. Paris,
1894; in-8".
— Journal asiatique, novembre-décembre 189^; in-8'*.
— Journal qf the Royal Asiatic Society, January 1894^
in-8'.
— Actes de la Société philologique. Année 189a (t. XXil);
in-8".
— Giomale délia Societa Asiatica italiana, vol. VII. Roma,
1898; in-8'.
Par les éditeurs : Revue africaine, n" a 1 1 , 4' trimestre 1 893.
Alger; in.8".
— Bolletino, n' 194. Firenze, 1894; in-8".
— Revue critique, n"* 3-6. Paris, 1894; in-8".
— Sèoni/^, XVIIL Tiflis, 1893; in-8*.
— Le Muséon. Janvier. Louvain , 1 894 ; in-8*.
— Bulletin archéologique , n* 1. Paris, 1894; in-8^
— The American Journal of Philology, Baltimore, De-
cember 1 898 ; in-8"*.
— Journal des Savants, novembre -décembre 1898; in-4''.
— Ninth Annual Report of the Bureau ofEthnology to the
Secretary of the Smithsonian Institution, 1887-1888. Was*
hington, 189a.
— Revue de l'histoire des religions. Septembre -dé-
cembre 1898; in-8*.
142 JÂNVJËR-FÉVRIER 1894.
Par les antears : Charencey, De la parenté da basque a»ec
divers idiomes des deux continents. Caen , 1 894 ; in-8**.
— D. S. Margoliouth, Arabie Papyri qfthe Bodleian Li-
brary, London, iSgS; in-8'.
— J. C. Pilling , Bibliograpky of the Saliskan Langaages,
Washington, 189 3; in-4'.
— G. Ferrand, Contes populaires malgaches^ Paris, 1 898 ;
m.8».
— Sir W. Muir, The Life of Mahomet, I. London, 1894;
in-8'.
— J. Oppert, Adad-Nirar, roi d'EUassar (Ekirait). Paris,
1898; in-8**. — Une laïcisation au X 11* siècle avant Vère chré-
tienne (Extrait). 1894; in-8'*.
— F. H. Weissenberg et W. Bang, Die altpersischen In-
schrifïen, I, Liefening. Leipzig, 1898; in-4^
— W. GroflF, La plus ancienne observation d!un phénomène
naturel ou astronomique. Le Caire, 1893; in-8*.
— Bouriant , Chansons populaires arabes en dialecte du Caire,
Paris, 1893; in-8".
— Villi. Thomsen , Déchiffrement des inscriptions de VOrkhon
et de VYénisséi. Copenliague, 1894; in-8".
— R. Basset, L'expédition du Château éCor, etc. Rome,
1893, in-8°.
BIBLIOGRAPHIE.
REMARQUES
SDR L'ÉDITION DU LEXIQUE DE BaR BaHLOUL.
Lorsque je publiai, en 1888, le premier fascicule du
lexique syriaque de Bar Bahloul , j'exprimai dans une courte
préface le regret de ne pas livrer au public cet ouvrage com-
plètement achevé, mais d'être obligé, à raison de son volume
et du temps qu'exigerait l'impression , de ie diviser en cinq
NOUVELLES ET MÉLANGES. 143
fascictdes qui se suiyraient à deii intervalles de dix-hnit mois
environ. J'ajoutai que j'avais écrit une introduction ^ trai-
tant : i" de i origine et de ia composition du lexique; a^ de
la méthode suivie pour l'édition; 3* des autorités de Bar Bah-
loul et des sources auxquelles il avait puisé; 4"* des dialectes
aramééns cités dans le lexique ; ô" des manuscrits du lexique
qui se trouvent en Europe , et 6* de la préface syriaque et de
la préface arabe que Bar Bahloul avait mises en tête de son
livre et dont il serait donné une traduction latine ; mais qu'A
y avait intérêt à ne pas publier cette introduction avant Taché-
vement de l'impression du texte. En attendant , je donnais sur
ces différents points quelques hotices indispensables au lecteur
pour s'orienter dans l'étude du texte publié.
Je divisais les treize manuscrits du lexique se trouvant en
Europe en trois groupes : i ' le groupe oriental ou nestorien com-
prenant quatre manuscrits; 2"* le groupe occidental, ou jaco-
bite et maronite, renfermant également quatre manttscrits;
5* le groupe des manuscrits mixtes, au nombre de cinq,
composés avec les lexiques de Bar Bahloul, de Bar Ali et
d'autres lexicographes , qui n'avaient qu'un intérêt minime
pour l'édition de Bar Bahloul.
Mon édition, ajoutais -je encore, reproduit entièrement
quatre manuscrits: i" un manuscrit jacobite d*Oxford, H,
qui forme la base de l'édition comme étant le plus correct;
a* un manuscrit de Florence, F, l'une des trois copies que
l'on possède actuellement en Europe d'un original conservé
dans un couvent du Liban ; 3** et deux manuscrits nestoriens
en la possession de M. le professeur Socin , qui se rapprochent
pour la rédaction des deux autres manuscrits nestoriens , l'un
au musée ide la Propagande à Rome et l'autre à la biblio-
thèque de l'Université de Berlin. Quant aux autres manu'
scrits j'en ïivais examiné et collationné de nombreux passages.
En outrie , dans les premières pages de mon édition , disais-je ,
•■'..-.. • ' . ,
* J*ai la ane partie de cette introdactioa dans la séance générale de la
Soddtë asiatique du i8 juin 1886. Voir ie procès-verbai'de cette séance*
Journal asiatique. S* série, t. VIII, p. 6. '
144 JANVIER-FÉVRIER 1894.
j*ai donné toutes les variantes des manuscrits pour qu'on pût
juger de leur valeur et de leur parenté entre eux. .
Je prie les lecteurs du Journal dsiaiiqae de m'excuser
d'entrer dans ces explications, mais j y suis obligé pour ré-
pondre à un long article de quarante pages sur le premier
fascicule de Bar Bahloul , que M. Alfred Rahlfs , un ancien
âève de Paul de Lagarde, vient de publier dans les Gôttin-
gische gelehrte Anzeigen , n*" a 5 et a 6 , i o et so décembre 1 8^3 ,
p. 960-1010, article aussi injuste que malveillant. Injuste,
car, sur Texamen d'un seul fascicule, M* RahUï porte un
jugement d'ensemble et définitif sur l'ouvrage entier. Il
m'accuse de manquer de méthode et me condamne sans con»
naître les raisons qui m'ont guidé dans la marche que j'ai
suivie. M. Rahlfs a mis plus de cinq ans à publier sa recen-
sion, puisque le premier fascicule a paru en 1888; il aurait
pu attendre encore deux ou trois ans , jusqu'à ce que l'im-
pression de l'ouvrage fût achevée.' Mais son siège était fait à
l'avance , que lui importait d'attendre ! De parti pris M. RaUff
a même écarté de son examen les deuxième et troisième
fascicules parus en 1890 et en 189a. Injuste encore, car
M. Rahlfs accumule quantité de vétilles pour créer une base
à son accusation de négligence et d'inexactitude qui doit en-
lever tout prestige à mon travail.
Mais , avant de répondre aux critiques de détail , relevons
le principal grief, le manque de plan et de méthode. Je suis de
nouveau obligé de répéter par anticipation , mais d'une ma-
nière abrégée , ce que mon introduction fera connaître avec
tous les développements nécessaires.
Le lexique de Bar Baliloul, comme son auteur nous en
avertit lui-même, n'est pas une œuvre originale, mais une
compilation faite d'après les travaux de Honein , Zacharie de
Merw, Henânischo fils de Serôschwaï , etc. La part person-
nelle de Bar Bahloul est cependant considérable ; elle consiste
surtout en gloses qu'il a extraites des ouvrages de la littéra-
ture syriaque sur la philosophie, la théologie, l'exégèse,
la médecine, la botanique, l'astronomie, etc. Cette compila-
NOUVELLES ET MELANGES. 145
tion s*est continuée après la mort de son auteur, au moyen
de gloses marginales ajoutées par les lecteurs sur lem*5 exem-
plaires et que les copistes ont successivement fait passer dans
le texte. Chacun de nous a ainsi Thabitude d'enrichir dénotes
marginales le lexique dont il se sert et de combler les lacunes
qu'il remarque quand il ne trouve pas un mot qu'il y cherche.
« Ce que nous appelons Bar Ali et Bar Baliloul , disait très
justement Paul de Lagarde \ est une collection , continuée
pendant des siècles, de gloses de valeur très différente et
d'auteurs très différents (dans Bar Bahloul il n'est nidlement
rare que Bar Hebraeus soit cité ! ] » ; et il concluait en disant
que tout le corpus gJossaram devait être publié.
C'est sur cette indication de Lagarde que j'ai formé le. plan
de mon édition , comme je le disais dans ma préface *, Re-
constituer le texte primitif de Bar Bahloul est une entreprise
impossible , si l'arbitraire en est exclu. Les plus anciens ma-
nuscrits que nous possédons sont au moins de deux siècles
postérieurs à Bar Bahloul et tous sont fortement interpolés.
Les gloses ajoutées ne sont pas , d'une manière générale , em-
pruntées à des auteurs postérieurs, mais beaucoup d'entre elles
ont été extraites des lexiques de Honein et de Henànischo. Bar
Bahloul les avait délaissées , parce que les anciens lexicographes
se proposaient surtout de faire des lexiques syriaques-arabes ,
tandis que lui avait en vue une sorte d'encyclopédie et en
même temps un dictionnaire grec-syriaque qui facilitât l'in-
telligence des traductions dans lesquelles les termes techniques
étaient conservés avec leur forme grecque. C'est ainsi qu'un
grand nombre des interpolations tirées des lexiques anciens
sont des formes verbales introduites dans les lettres aleph,
mim, noiin, tav, suivant les préfixes qui les distinguent. Ces
gloses étaient certainement étrangères au fonds primitif de
^ Geêammelie Abhandlungen , p. 3.
' P. V : «Mullas in salebras delapsurum cssc loxici Bar Bahlulis cdito-
rem jam prîdem sensenint viri doctrinis in orientalibus versali , imprimisqnc
Panliw de Lagarde, qui viam operis aggrediendi tutissimàm bstehdit,
cf. Getammctte Abhandlungen , p. i-5 , et Symtiicta , p. 2 1 et seq.»
III. 10
140 JANVIER-FEVRIER 1894.
Bar fiahioui; par là ou s'etpiique le grand kiômbre de va-
riantes qu'elles présentent dans les différents ihanuscrits.
Si là reconstitution du texte primitif de Bak^ Bahiool est
impossible, aussi bien iraporte-t-elle peu, non seulement
parce que , comme nous l'avons dit , c'est une œuvre de com-
pilation , mais surtout parce que Bar Bahloid et ses continua-
teurs indiquent dans la majorité des cas les sources où i!s
ont puisé. Dès loirs , quel intérêt y a-t-ll à savoir, dans clés cas ,
si le compilateur est Bar Bahloul ou un interpolateuf > Dans
les antres cas , ce sont les variantes oà figurent les rfff *f ou
les addidit qui permettent de supposer une addition posté-
rieure , mais sans qu'on puisse arriver à la certitude.
Dans ces conditions , le devoir de l'éditeur, suivant en cela
l'indication de Paul de Lagai*de, était dé choisir un manu-
scrit complet et correct , comme bAsc de son travail , et de
noter les variantes des manuscrits offrant une rédaction diffé-
rente. C'est la tâche que je me suis efforcé de remjdir. J'ai
dotmé ]à préférence au manuscrit Huntingdon d'Oxford (H) ,
qui m'a paru être le plus correct; j'ai noté toutes les variantes
du manuscrit de Florence (F), qui réprésente lé groupe
maronite, et des manuscrits de M. Socin (SS^), qui repré-
sentent le groupe nestorien. J'ai le ferme espoir qtie cette
méthode rencontrera l'approbation de la grande majorité dés
orientalistes.
Tel n'est pas l'avis de M. Bahlfs, qui conçoit d'une autre
manière le plan d'une édition de Bar Bahloul. Libre à lui , .
mais était-il en droit de conclure que je n'avais suivi aucune
méthode et qu'une nouvelle édition était à faii*e d'après les
principes qu'il énonce ? Voyons ce que sont ces principes.
L'éditeur de Bar Bahloul, pense-t-il, devrait dégager
Tœuvre de l'auteur des additions qui sont venues s'y greffer.
Pour cela il faudrait prendre comme hase de l'édition un
manuscrit syro-orienlal (nestorien). Ce manuscrit, à la vérité,
ne serait pas exempt de nombreuses interpolations , mais il
offrirait l'avantage de ne pas avoir été retravaillé dans un
sens jacobite ou maronite , et notamment de ne pas renfermer
NOUVELLES ET MÉLANGES. 147
des gloses entières qui décèlent une oiîgine occidentale. Ge^
pendant les gloses de ce genre ne devraient pas disparaître ,
sauf quelques-unes qui ne lui semblent d'aucun . intérêt.
Comment s'y prendre alors pour l'impression de l'Œivrage?
Ici nous laissons la parole à M. Rahlfs qm dit, p. 1009 : « Ou
l'on devrait faire trois divisions sur chaque page : 1" te\te;
a* différences de la recension syro-occidentale ^ ; 3" variantes ;
ou l'on devrait '■ — et cela serait peut-être le procédé le plus
simple et en même temps le mieux approprié à la perspec-
tive — laisser dans le texte les additions syro-occidentales ,
mais les marquer d'une manière quelconque comme des ad-
dition». » Eji note : « On pourrait sans doute imprimer le texte
syro-oriental avec l'estrangélo et les additions de la recension
syro-occidentale avec des types jacobites , et on pourrait même
ciHnprendre aussi dans le texte les gloses ajoutées après coup ,
qui se rencontrent dans quelques manuscrits syro-orientaux
ou syix>-occideataux , en se servant de l'écriture orientale ou
occidentale suivant les cas , pourvu qu'on les enfermât entre
crochets et qu'on ajoutât l'indication du manuscrit dans le-
quel elles se trouvent. » Ce serait la un joli travail de mo-
saïque et , pour ma part , je souhaite vivement que M. Rahlfs
entreprenne la deuxième édition qu'il recommande de faire
dans ces conditions. L'échec certain auquel il courrait serait
la meilleure justification de ma méthode.
Mais ce n'est pas tout : les cas ne sont pas rares où un
manuscrit occidental est d'accord avec un manuscrit oriental
contre d'autres manuscrits occidentaux , par exemple FSSs
contre H , ou HSSs contre F, comment faire alors ? Et si deux
manuscrits orientaux différent entre eux, l'un des deux con-
cordant avec une recension occidentale, quels types em-
ploiera-t-on pour ce cas spécial? On voit combien, à vou-
loir trop distinguer, on tombe dans l'arbitraire e|t le bizarre.
On pourrait m'objécter : J'entends bien vos raisons > mais
pourquoi n'avez-vous pas pris un manuscrit nestorien pour
' Plus exactement des recensions occidentales, car la recension jacobite
donnée par H n*est pas tonjoars conforme à la recension maronite de F.
10.
148 JANVIER-FÉVBIER 1894.
base de votre édition , de préférence à un manuscrit jacobite ,
puiscpie Bar Bahloul était nestorien ? J'ai déjà dit que le ma-
nuscrit Huntingdon (jui avait fixé mon choix était le plus
correct de tous les manuscrits. Quelques mots sur les manu-
scrits nestoriens justifieront cette assertion. Ces manuscrits
sont actuellement au nombre de quatre en Europe , abstrac-
tion faite bien entendu des manuscrits mixtes dont j'ai parlé
plus haut et que personne ne songera à faire entrer en ligne
de compte.
L'un de ces quatre manuscrits est celui de Berlin que j'ai
désigné par la lettre B. M. Rahlfs , qui Ta eu entre les mains ,
lui consacre plusieurs pages de son article , 980-985. H ter-
mine son examen de ce manuscrit par ces mots : « A colla-
tionner d'un bout à l'autre une si déplorable copie on ne
serait pas récompensé de sa peine et je dois en conséquence
donner complètement raison à Duval de ne pas avoir com-
pris B parmi les manuscrits qui forment la base de son édi-
tion. » M. Rahlfs ajoute avec justesse que ce jugement ne
s'applique qu'aux parties nouvelles du manuscrit qui com-
plètent d'anciens fragments.
Le second manuscrit nestorien est celui de la Propagande
de Rome que j'ai désigné par R. Ce manuscrit est formé de
quatre tomes dépareillés , d'époques , d'écritures et de formats
différents. Le premier tome contient les quatre premières
lettres , mais il est incomplet à la fin et il manque une partie
du dôlath. Le second tome va du /le jusqu'au kaph inclusive-
ment. Le troisième tome s'étend du yodk jusqu'au semkath
et renferme par conséquent les lettres yodh et kaph qui se
trouvent déjà dans le tome II. Enfin le tome IV comprend
les dernières lettres à partir de ^aîn, mais la lettre çâdê est
très abrégée et incomplète. On voit que ce n'est pas encore ce
manuscrit qui devait arrêter mon choix.
Les deux derniers manuscrits nestoriens sont ceux de
M. Socin. J'en ai donné la collation complète; M. Socin veut
bien prendre la peine de revoir cette collation sur les épreuves
(|ue je lui so;iniets , ce qui est une garantie d'exactitude inap-
NOUVELLES ET MELANGES. 149
préciable. On verra par les variantes que le texte en est en
général bien moins correct que celui du Huntingdon. L'un
d*eux, Ss, est ancien mais incomplet et finit après le téth; le
second, S, est complet mais moderne et souvent fautif.
Je crois ces explications suffisantes pour me discidper du
reproche de défaut de plan et de méthode. Venons-en main-
tenant à Taccusation de négligence et d'inexactitude. Ici
encore je pourrai être plus bref que M. Rahlfs qui s'appesantit
deux et trois fois sur le même grief pour lui donner une
importance qu'il n'a pas.
Il commence par ma préface. J'ai mal disposé les para-
graphes de l'introduction que je publierai; il aurait voulu
un autre ordre. Le manuscrit de Beriin que j'ai désigné par
666 ne porte pas le n* 89 5 de la collection Sachau, mais 3o5
(une faute d'impression). Je n'ai pas vu le manuscrit de
fieriin Bb, quoique me posant comme l'ayant examiné, puis-
que c'est un manuscrit de Bar Ali et non un manuscrit de
Bar Bahloul ; je m'en suis tenu au catalogue de la collection
Sachau , qui m'a induit en erreur. J'ai daté le manuscrit Hun-
tingdon d'Oxford de 1284 au lieu de 1 645. J'ai indiqué pour
les deux manuscrits d'Oxford les numéros du catalogue de
la Bodléienne , au lieu de donner ceux qu'ils portaient dans
les collections Huntingdon et Marsh.
Si M. Rahlfs avait attendu que mon introduction ait vu le
jour, il se serait épargné un travail inutile , puisque cette in-
troduction , qui doit remplacer la préface provisoire , contient
une description complète des manuscrits et reproduit les
clausides renfermant les noms des copistes et les dates, ainsi
que je l'avais annoncé. Pour me justifier du reproche de
négligence , je ferai seulement les observations suivantes :
J'ai examiné le manuscrit B6 ainsi que tous les autres. Ce
n'est pas seulement ce manuscrit que l'on peut classer parmi
les Bar Ali, mais aussi B66 (collection Sachau n°3o5), L
(bibliothèque de l'Université de Leipzig, provenant de la
collection Sachau) et A (British Muséum). Car tous ces ma-
nuscrits ont la préface de Bar Ali et non celle de Bar Bah-
150 JANVIEK-FÉVRIER 1894.
loul; en outre, dàn» L et A, le nom de Bar Ali a été gratté
et remplacé après coup par celui de Bar Babloul. Tous ces
manuscrits ne renferment pas , à proprement parler, le texte
de Bar Ali , mais un mélange de Bar Ali , de Bar Bahloul et
d'autres lexicographes , comme je Tai indiqué dans ma pré-
face (où je les ai groupés sous la rubrique de manuscrits
mixtes), et comme le copiste du manuscrit L en fait la re-
marque, pour sa part, à la On de la préface, U dit expressé*
ment que ce manuscrit contient des gloses de Bàr Babloul \
A ce titre, ils ont droit de figurer dans un catalogue des
manuscrits de Bar Babloul. Ce n est pas par erreur, mais
avec intention que, d'mi côté, M. Sachau a indiqué les
n*" 194 et 3o5 de sa ccdlection (B6 et Bbb de mon édition)
sous la rubrique Manuscrits de Bar Bahloul, et que, d'un
autre côté , les Bibliothécaires de Leipzig et du British Mu-
séum ont classé sous la même rubrique les manuscrits h
et A.
Quant à la désignation incriminée d'inexactitude des ma^
nuscrits d'Oxford , j'avais pensé juscp'ici que , du moment
qu'il existait un catdogue de la bibliotlièque où ils sont dé-
posés, le plus expédient était d'indiquer les numéros du
catalogue.
La seconde série des griefs de M. Rablfs porte sur les pro-
messes que j'ai faites et que je n'ai pas tenues. Outre les
variantes complètes des quatre manuscrits que j'ai coUa-
tionnés intégralement, j'ai examiné et noté, ai-je dit dans
ma préface , beaucoup de passages des autres manuscrits ; de
plus , dans les premières pages , j'ai donné toutes les variantes
des manuscrits , afin que l'on pût juger de leur valeur et de
leur parenté réciproque. Or il se trouve que , d'un côté , le
^ M. Rahlift trouve spirituel de dire, p. 97a, noie 1 : «Que peut bien
vouloir dire des manuscrits de Bar BaUoui qui aont cum, gh*sis Bar KaA/ii(ûi
compositi ? Or yoîci ma phrase qu'il dénature à plaisir : «(Tertia seit^f misios
codices  , B6 « Bbb , hbbb , L , cum Bar Âlii et Bar BahluUs aliqrumque
lexioographomm glossis compositos indudit qui tamen quum de editione
lexîci Bar Bahiuliani agitur parvi tant momenti.»
NOUVËI^LËS ET ]!^El4ANG£S. IM
bet^^çwip da passçtges se réduit à peu df» clioses, et que, d'un
autre cote , le toutes les variçmies es\ inexact puisque ces va-
riantes ne sont pas complètes ; ainsi le but que je visais n'est
pas atteint. Si M. Raldfs, au lieu de s'en tenir au premier
fascicule , avait jeté un coup d'oeil sur les deux fascicules sui-
vants; s'il avait suflout attendu l'achèvement de l'édition,
avant de porter le premier de ces deux jugements , il aurait
Iiésité à conclure d'une façon aussi péremptoirç.
Je ferai remarquer que , après le classement des manuscrits
par familles, CFM d'une part et BRSS^ d'autre pai-t, il n'y
avait d'intérêt à donner les variantes d'un autre manuscrit du
m( me groupe que lorsque le manuscrit de ce groupe pris
comme base de mon édition présentait des lacunes, ce qui
est surtout le cas pour les dernières lettres ( fascicules i v et v ).
Est-ce là manquer de métbode ?
Quant à son second jugement, il me semble que j'ai atteint
mon but au moins en partie , puisque c'est d'après les variantes
que j'ai données qu'il c| reconnu que le manuscrit du British
Muséum était d*origine sypo-orientale (p. 990).
Afin de me convaincre d'inexactitude, M. Rahifs a fait
venir de Berlin le manuscrit B et les copies et collations,
totales ou partielles, que Bernstein avait fftit faire des ma-
nuscrits HMCF. (1 commeuce par comparer mon texte avec
celui du manuscrit B, p, 974.
« 2 , la ^1» nMoi^ B; Duval (c'est à-dire 85] a devant ce
mot un o qui ne lui appaortient pas. » Pourquoi ne lui appar-
tient-il pas ?
«3,3 }» I ^} Duval ; lyi A} B ; le dernier exact d'après
P. Smith 960. « Si M. Rftldft avait quelque teinture de litté-
rature syriaque , il saurait que if^% v» ne signifie rien , mais
que }f»^} v^ désigne Abraliam bar Dàschandàd , un auteur
connu (voir Assémani , B. O. , III , 1 , 1 79 , 1 9^ , 1 96 ^ note 4 ;
Wright , Syriac Uterature dans V Encychpedia Britannica , XXII ,
p. 84d; Budge, The Book ofGovemors, II, p. 3oi, note 4).
S'il avait attendu mon intitoduotion qui traite des autorités
152 JANVIER-FÉVRIER 1894.
de Bar Bahloui, il se serait épargné cette bévue. Au surplus,
sur ma copie j'ai noté expressément que B donnait ce nom
de la même manière que Ss,
«3, 3-4, l'interponction (la ponctuation) est défectueuse
et rend l'intelligence du texte plus difficile. Le point doit
être placé après et non avant ^oL . » M. Rahlfs n'a pas com-
pris la phrase. Bar Bahloul cite ses autorités : Grégoire de
Nysse, Bar Dàschandàd, Zacharie de Merw, le médecin
Schamli, d'après Honein; puis («^ol) Jean fils de Sérapion,
etc. Il à ajouté le mot pais parce que la chaîne de l'énumé-
ràtion était rompue par l'incise d'après Honein, Tout syro-
lôgue sait que «aoI se met au commencement de la phrase et
non point à la fin. Quant à sa critique générale sur ma
ponctuation , je crois m'y entendre sur cette question aussi
bien que lui. Du reste , dans cette préface de Bar Bahloul , j'ai
donné la ponctuation de Ss et n'ai rien mis de mon chef.
« 3 , 8 , après wS^fta^iftoo B a |w»fetoo qui aurait dû être con-
servé. Sans Imb^^o la phrase est intraduisible. Avec Itxfe^oo
elle dit que le lexique de Henànîscho bar Serôschwaï, évêque
de Hirta, est particulièrement correct et complet' et qu'il a
porté le nom de médecin ^^^^^ (ou çj^ô-*^) [sic!], * ici encore
M. Rahlfs n'a pas compris la phrase , que j'ai donnée coTtec-
tement : A»^N«M ^^f w-«^ %|lwAiMf JboA^oftl maa-ova wa'oinii<<ff
U^} ^ia*t Jooi J^teAïoo o)>»i y^/\»a% ocigîfci , ce qui signifie : «... et
Henânischo bar Serôschwaï, évêque de Hirta. Son lexique
était particulièrement exact et complétait (celui de) Honehi
le médecin. »
«3,9 lt}^^m sans o, exact. »Jiif.»ti«*o est, à mon avis, préfé-
rable ; le vav a le sens de « aussi ».
«3,10 Duval I^Oi^; B exactement li<<M^. » L'observation
est juste, Ss a également lldo^; IlliOi^est une faute d'im-
pression; à corriger dans la liste des errata. M. Rahlfs préfère
(B) à «AiAtof (Ss), mais à tort, car le sens est: «et
NOUVELLES ET MELANGES. 153
quelques passages épars des extraits qu'il (Bar Bahloul) re-
cueille ».
Les cinq variantes suivantes sont sans intérêt. Au contraire ,
p. 976 , il restitue une ligne de B que j'avais sautée et cjue
je rétablirai dans les errata \
Je passe , comme étant sans importance , les critiques con-
cernant quelques variantes de B et de CM dans les premières
pages de Valeph, et qui ne peuvent nuire à l'ensemble de
mon travail, puisque ces manuscrits n*y sont utilisés que
d'une manière intermittente. J'arrive à ses observations sur
H qui sont plus dignes d'attention , puisque H constitue une
des bases de mon édition. Je dois rappeler que j'ai copié
entièrement ce manuscrit et que j'ai ensuite collationné d'un
bout à l'autre ma copie sur le manuscrit, travail qui à lui seul
m'a pris quinze longs mois. Je me crois donc en droit de
compter sur l'eiiactitude de ma reproduction de ce manuscrit.
M. Rahlfs se plait encore ici à signaler ma négligence en
s'appuyant sur la copie que Bemstein avait fait faire par un
de ses élèves et à laquelle il donne toute sa confiance , quoi-
qu'il y ait reconnu quelques fautes. Il était plus sur et plus
équitable de s'adresser à la Bodléienne pour avoir la revision
des quelques variantes qu'il cite ; c'est ce que j'ai fait , pour
ma part, en recourant à l'obligeance de mon ami M. Neu-
bauer.
D*abord , cinq variantes qui m'étaient connues et que j'ai
jugé inutile de noter comme insignifiantes.
4' 26*, y — î — i-^ et non »; — ; — â^ (Bemstein) est exact,
comp. Payne Smitli, Catalogue, p. 619 , 1. 3. M. Rahlfs aurait
dû comprendre que viU3 »*^s était incorrect.
5,2, ^.o^oii^ H, et non %.oa>iiM (Bernstein).
' A propos de JLJEk. = 8 , M. Rahlfs , qui fait montre d'ërudition en citant
les divers aatears qui onl parlé des signes numériques, aurait dû men-
tionner avant tout antre larticle de M. Goltbeil, Z. D. M. G., Xl.lII,
1 3 1 et suiv.
' C'est-à-dire: colonne 4, note a6, r signifiant les notes dans les cita-
tions de M. Rahlfs.
154 JANVIER-FÉVRIER 1894.
6,8, Ôiju* ^ w«d II se trouve dans H sous .«oJ^^ttll; ma
copie est donc encore ici exacte contre celle de Bemstein.
H a, au contraire, ILâudle, l^^o, \ow)l et .A>a^fll, comme
rindique M. Rahlfs , mais ce sont là des erreurs bien insigni-
fiantes qui trouvent leur excuse dans ie grand nombre des
variantes que j'ai accumulées dans les notes des premières
pages. M. Rahlfs reconnaît du reste que dans la suite le texte
de mon édition pour II est correct. Ces observations s'ap-
pliquent aussi à F. Quant aux manuscrits SS^, je suis d'autant
plus sûr de mon texte que mon ami M. Socin, leur posses-
seur, veut bien reviser ma collation article par article.
Je devrais clore ici cette réplique déjà trop longue, mais
je demande la permission de signaler encore une critique de
M. Rahlfs. « Il m'est impossible de comprendre , dit-il , p. i oo8,
comment Duval , 12, 1 4 » a pu laisser ^-^^3 qui rompt l'état
construit. » Voici la phrase dont il s'agit : ^3 ^\y^ Sjum y)^
v.^i*aJ ^-^'3 v-i*aJ3 ^b «le poids de six dirhems, a-t-on dit,
un dàneq et demi, plus correctement un demi (daneq)».
M. Rahlfs a compris « un dàneq et une demie d'une demie »
(soit un dàneq et un quart). Un peuple civilisé ne s'exprime
pourtant pas d'une manière aussi barbare et les Arabes ont
un mot pour exprimer le quart , ^J .
Une étrange illusion de M. Ralilfs, qui prouve le peu
d'habitude qu'il a de ces textes , est de croire que le» gloses
arabes des manuscrits syro-orientaux »ont en langue clas3ique
et celles des manuscrits syro-occidentaux en arabe vulgaire.
En fait , les uns et les autres ont des formes ta^tôt gramma-
ticales et tantôt vulgaires ; c'est seulement dans Jes locutions
dialectales qu'ils varient le plus.
En résumé , de cette longue diatribe qu'y a-t-il à retenir ?
Rien que trois ou quatre corrections pour la U^te desi errata.
M. Rahlfs a cru écrire une critique savante et il n'a fait qu'une
œuvre de polémique inutile. A prendre au sérieux ses con-
clusioqs, je n'aurais rien de mieux à faire qu'à arrêter ma
publication. Quel profit en résulterait-il pour la science ? Il
NOUVELI.ËS ET MÊLÂMOKS. 155
y a gros à parier qu^une seconde édition iie sera pas de si
longtemps élaborée, surtout dans les conditions proposées
par M* Ralilfs. Les aombrt^uses marques d'encouragement
que j'ai reçues de juges plus compétents que lui et la con-
science du devoir accompli m'engageront à poursuivre mon
travail jusqu à la fin.
. Je n avais pas besoin de Tindulgence de M. Rahlfs , mais
mes travaux;, connus en Allemagne aussi bien qu ailleurs,
m'autorisaient à cQoipter sur plus ^'ég^ràs^ de la part 4*un
jeune privatdocent au début de sa carrière scientifique.
Paul de ifagarde ifuuiiait la férule d'une main lourde ; Tarme
tombée des mains du maître a été ramassée par Téiëve , mais
celui-ci n'a pas la même autorité , ni la même dextérité. Un
maladi'oit se blesse lui-même en voulant frapper autrui.
J'avais écrit oet article quand j'ai ^u communicatipu d*un
nouveau manuscrit de Bar Babioul dont la Bibliothèque na-
tionale vient de faire l'acquisition (n** 3i8, fonds syriaque).
C'est une copié ipodeme en carscliouni et en caractères ja-
cobites, sur 343 feuillets ou 686 pages in-folio, divisées en
deux colonnes. Cette copie a été faite en 1 886 par un scribe
du nom d'^Abd el-Aziz fils du prêtre Giwargis dans le vil-
lage de BaSchiqa (m«a«^) dans le Tour ^Abdin, pour le
compte du diacre Sâka (j5Um) ihn Petros, intendant (\^%)
de l'église de Sainte-Sohamouni à Bartella {*^yi) \ moyen-
nant cinq cents piastres. Le copiste est jacobite, comme il
résulte non seulement de l'endroit qu'il habite, mais de la
mention du patriarche Ignatius et des archimandrites des
couvents de Mâr Mattaï et de Mossoul. 11 invoque Marie
mère de ££eu. Ces renseignements sont consignés dans une
dausule en carschouni à la dernière page du manuscrit; mais
il n'est fait auoune mention de l'original ^ qui a servi pour
' Ba'schiqa et Barielia sont deux bourgades jacobites, comp, Pjrjrm et
^^hà^TurMbdin, p. V.
* M. Socin a VU' un mtowcnl de Bar Babioul daos k Jow 'Abdin à
Dér ePAmer, voir Z. 0. M. G., t. XXXV, p. a54;
156 JANVIER-FÉVRIER 1894.
cette copie. La préface syriaque et la préface arabe de Bar
Bahloui manquent; le manuscrit commencé à la première
page par la lettre aleph. A en juger par un premier examen ,
il suit la même rédaction que SS5 (les manuscrits de M. So-
cin) , mais il renferme un certain nombre de gloses en plus.
J'en donnerai les variantes à partir de maintenant, c'est-a-
dire à partir de la feuille 97 (milieu de ••) , à laquelle Tim^
pression du lexique est arrivée actuellement. Mon introduc-
tion contiendra une description de ce manuscrit et rapportera
les clausules.
RUBENS DUVAL.
Hermann Jacobi : Ueber das Alter des Rig-Veda, Extrait tiré à part de
Fesfgruss an Rudolf von Uoth zum Doktor-JubUâum , 2à A ngust 1893 ,
von seinen Frennden nnd Schûlern, Stuttgart, 1898.
Le mémoire de M. Jacobi est très court, de sept pages in-
quarto à peine ; mais il n*est pas de ceux qui se laissent ré-
sumer en peu de mots. Pour exposer la question que l'auteur
soulève et la solution qu'il y apporte, j'aurai à entrer dans
quelques détails et , si je veux y joindre quelques observations ,
je serai peut-être obligé d'être plus long que lui. Mais la chose
en vaut vraiment la peine. M. Jacobi s'est, en effet, proposé
de déterminer ce que les données éparses les plus anciennes
du calendrier védique peuvent nous apprendre touchant
l'âge du Rigveda. C'est là une recherche qm date du début
même des études védiques, mais qui, dans ces derniers
temps, pour diverses raisons, était un peu discréditée chez
nous. Dans l'Inde même, elle n'avait jamais été abandonnée
et, tout récemment, un savant indigène, M. Bal Gangàdhar
Tilak de Poona, la reprenait dans un livre remarquable 'où,
' The Orion , or Researches into tke Anùifuity ofUie Vedas, Bombay, 1893.
Un résumé très saccincl de Touvragc, fourni par Tauteur, a été présenté au
Congrès des Orientalistes tenu ù Londres en 189a , et se trouve inséré dans
les Transactions du Congrès, vol. I, p. 376.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 157
devançant la publication de M. Jacobi , Û arrivait par des
voies en partie difléreitites aux mêmes conclusions générales.
Seulement le savant hindou a quelque peu compromis sa
thèse en y introduisant , à côté d un fond d'arguments très
solides , d'autres qui le sont beaucoup moins , notamment des
spéculations mythologiques toujours suspectes et , peut-être
aussi , une cosmographie trop avancée. M. Jacobi , au con-
trah'e, a su défendre des propositions très hardies avec une
sobriété parfaite : il s'est borné aux données qui relèvent in-
contestablement du calendrier, et il n'a rien supposé que
n'ait pu fournir l'empirisme le plus rudimentaire.
Mais , avant d'exposer les vues de M. Jacobi , je dois dire
quels sont les éléments du calendrier du IFiigveda. L'année était
de 36o jours et comprenait douze mois évalués à trente jours
chacun. Cette année n'était pas une année vague , la simple
somme de douze lunaisons. Elle était déterminée par le retour
des mêmes saisons : en principe , c'était l'année tropique ,
mesurée par le retour du soleil au même équinoxe ou au même
solstice. Mais l'observation avait dû faire voir bien vite que
36o jours ne suffisaient pas pour amener ce retour, qu'il
fallait un supplément , et , en effet , il y avait un mois inter-
calaire. De même le mois , comme le nom sanscrit l'indique ,
était en principe la lunaison, mesurée de pleine luné eu
pleine lune , ou de nouvelle lune en nouvelle lune , c'est-à-
dire par la révolution synodique. Et , comme cette révolution
est de 29 jours et demi seulement, il devait y avoir, de ce
chef aussi , un artifice pour accorder l'observation avec le
nombre rond de 3o jours. Cet artifice , nous l'ignorons ; de
même que nous ne savons pas au juste comment se faisait
i'intercalation du mois supplémentaire. Car, en l'absence de
preuves positives, nous ne pouvons pas supposer chez les
Hindous d'alors les systèmes compliqués dont leurs descen-
dants ont fait usage dans la suite. Mais nous pouvons hardi-
ment leur faire, dès cette époque, le crédit d'une habileté
d'observation suffisante pour opérer des raccordements sem-
blables. Si , plus tard , leur astronomie est devenue avant tout
15d JANVIER. FÉVRIER 1894.
ane a£Paire de calcul, ils devaient au contraire « à Tëpoque
du Rigveda , regarder aBsidûment le ci<d , prëcisëment parce
qu*ils n'avaient pas de théorie les dispensant de lobiervation.
C*est ainsi qu'ils avaient dès lors une connaissance assez pré-
cise des routes du soleil et de la lune, qu'ils avaient jalonnées
au moyen de certaines étoiles ou dé certains groupes d'étoiles.
Ces constellations ^ les nakshatras — que nous trouvons filées
plus tard au nombre de 37 ou de àS, qui leur ont fourni
dans la suite et leur fournissaient peut-être dès lors les noms
de leurs mois , chacun de ces mois tirant son nom de œlui
du nakshatra dans lequel la lune du mois était pleine -^— leur
donnaient , pour mesurer la révolution annUelle , un moyen
plus précis et plus commode que le retour forcément un peu
vague des mêmes saisons ou la détermination plus d^cate
des équinoxes et des solstices. Ils avaient été conduits ainsi
tout naturellement à mesurer l'année tropique par l'année
sidérale. Et ils ont pu continuer de la sorte pendant des siècles
sans s'apercevoir qu'ils confondaient des grandeurs différentes ^
tant la différence est petite , un excès , pour l'année sidérale ,
d'un peu plus de ao minutes par an. On sait, en effet, qu'en
vertu de la précession des équinoxes , le soleil , dans sa course
annuelle d'occident en oîîent, revient au même point de
i'écliptique , équinoxe ou solstice, avant de revenir k la
même étoile , et que , pour atteindre ceile-ci , il lui faut par-
courir en plus un arc de 5o"; en d'autres termes, que les
points équinoxiaux et soisticiaux se déplacent d'orient en oc-
cident de 5o" d'ai*c par an et par rapport aux étoiles. ïn^
sensible longtemps, cet écart, en s'accumuLant , finit par
s'imposer à l'observation. Après cinq siècles , par exemple , il
est de 7°, et les équinoxes et les solstices sont en avance sur
leur position sidérale primitive de sept jours. Au bout de
mille ans, la différence sera presque d'une demi-lunaison,
et, dans un pays comme l'Inde, où ie régime de l'année est
très régulier, les saisons paraîtront déplacées : elles ne
commenceront ni ne finiront plus avec ie lever liéliaque des
mêmes étoiles et ne correspondront plus au même aspect du
NOUVELLES Et MÉLANGES. 159
ciel. De ces changements, le« Hindous, même dans lëtlr
astronomie empruntée des Grecs , n ont jamais su donner une
théorie acceptable * ; mais ils en ont gardé divers souvenirs
dans leur littérature. Et ce sont ces souvenirs , en partie déjà
signalés dans leurs Brâhmanas et dans le traité de leur vieille
astronomie intitulé Jyotisha, que M. Jacobi reprend dans ce
mémoire, en les complétant, en les groupant d'une façon
ingénieuse et originale , et , ce qui est un point essentiel fai-
sant défaut jusqu'ici , en y ajoutant dés données nouvelles
prises , non plus dans les Brâhmanas , mais dans le Çigveda
même.
Ces données que M. Jacobi pense avoir trouvées dans le
Rigveda sont au nombre de deux.
Dans le VU* livre, l'hymne io3 est consacré À l'éloge des
grenouilles , qui sont comparées à des brahmanes réglant la
marche du sacrifice sur celle de l'année. Au vers 9 , il est dit
de ces animaux : « Ils observent l'ordre établi par les dieux ;
ces hommes-là n'enfreignent pas l'échéance du dvàdaça : au
cours de l'année , dès que les pluies sont venues , les brûlants
chaudrons * reçoivent congé. » S^yana et , à sa suite , tous les
traducteurs rendent dvàdaça, dans ce vers, par « année ». Et,
en efiTet , comme la plupart des a(^ctifs numériques ordinaux ,
celui-ci a un sens secondaire , celui de « composé de douze
parties ». Mais , dans ce sens , ces adjectifs sont régulièi'ement ,
ou unis à leur substantif en un seul composé, ou placés im-
médiatement à côté, de façon à former avec lui une seule
loèution , par exemple : pancavimçahrâhmanam ou paûcavim-
' Par contre, ils en ont trouvé uuc évaluation singnlièrement exacte
(ÔA" par an), plas exacte que celle des Grecs (36"), et dont Télaboratioo ,
CQ Tabscncc chez eux de toute chronologie un peu ancienne, reste une
énigme. S'ils Tont réellement obtenue par observation au bout d'un très
petit nombre de siècles, elle fuit le plus grand honneur à leur habileté.
' Ces « chaudrons » sont, d'une part, les creux oà les grenouilles se re-
tirent pendant la périorlc sèche et, d'autre part, certains vases que les brah-
manes emploient dans leurs sacrifices. Les sacrifices étaient apparemment
interrompus pendant les pluie«. D'après le rituel postérieur, on n*en entre-
prenait pas de nouveaux du solstice d'été au solstice d'hiver.
160 JAMVJER-FEVRIEK 1894.
çarii brâkmanam « le Brâlimana en viugt-cinq sections » , dvâ-
daç(utotixim ou dvâdaçam stolram «un chant liturgique com-
posé de douze parties ». [ci , au contraire, dvâdaça est employé
seul , sans objet exprimé. M. Jacobi le prend donc dans Tac-
ception ordinaire de « douzième » et , sous-entendant « mois » ,
il traduit : « Ces honunes-là n enfreignent pas l'échéance du
douzième (mois)». Pour l'auteur de l'hymne, le renouvelle-
ment de l'année aurait ainsi coïncidé avec l'arrivée de la
saison des pluies. La traduction n'est pas certaine , mais elle
est assurément la plus simple et la plus naturelle , celle qui
s'accorde le mieux avec l'usage de la langue et le cours des
choses. De toutes les divisions de l'année hindoue , la saison
pluvieuse est, en effet, la plus régulière, la plus tranchée,
celle qui agit le plus immédiatement sur la vie de la popu-
lation; si bien que, jusqu'à nos jours, les termes les plus
usités pour signifier l'année, varsha, aida, sont des syno-
nymes de « pluie ». Or, dans l'Inde , particidièrement dans le
Penjàb , qui a été le centre de la poésie védique , les pluies ,
amenées régulièrement paria mousson, commencent à la fin
de juin , vers le solstice d'été.
Cette première donnée n'acquiert une valeur chronologique
que si on la rapproche d'tfte seconde , que M. Jacobi trouve
dans le X* livre , dans l'hymne 85 ou hymne nuptial. La
première partie de cet hymne décrit les noces de Sûryâ , la
fille du Soleil et , ici , certainement une figure du soleil , avec
Soma , le dieu de la lune. Le vers 1 3 est ainsi conçu : « La
pompe nuptiale de Sùryâ s'est mise en marche, congédiée
par Savitri : aux Aghàs , on tue les bœufs * ; aux deux Arju-
nis , se fait la procession *. » Les Aghàs et les deux Arjunis
sont les trois nakshatras consécutifs appelés plus tard Maghâ,
première et deuxième Phalguni; et l'Atharvaveda, où le
vers se retrouve avec une variante pour le deuxième hémi-
stiche , ne fait que redire la même chose en un langage plus
moderne : a Aux Maghâs , on tue les ])œufs ; aux Phalgunîs ,
' Pour la réception des hôtes, dans la maison de la iiancé*.
^ La domum deductio.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 161
se fait le mariage. » La traduction ne laisse ancun doute , et
le rapport de cette partie de l'hymne et, en particulier, du
vers 1 3 avec la marche du soleil n est pas non plus contesté.
Quant à la conclusion qu'en tire M. Jacobi , je la reproduis
en ses propres paroles : « Comme il s'agit des noces de Sûryâ
et de son entrée dans une nouvelle maison , il est bien clair
que f par l'époque spécifiée , il faut entendre le commence-
ment d'une nouvelle révcdution solaire. Et, comme une année
védique , ainsi que nous venons de le voir par le passage pré-
cédent, commençait ' au sdistice d'été, il faut croire qu'on
plaçait alors ce solstice dans Phalgunî. » «— Maghâ est
Régulus ; les deux Phalgunls correspondent aux étoiles S et
f du Lion. La position du solstice d'été qui serait ainsi im-
pliquée dans l'hymne est celle qu'il occupait vers l'an 45oo
avant notre ère.
Xajoute que , même dans le cas où l'on ne voudrait admettre
aucun rapport entre les deux passages; où, s'en tenant à
l'ancienne traduction pour le vers de l'hymne des grenouilles ,
on renoncerait à invoquer ce vers en faveur d'une année
commençant avec les pluies du solstice d'été , on serait encore
conduit, par le seul examen du passage de l'hymne nuptial,
a regarder la conclusion de M. Jacobi comme très probable.
En effet, si le mariage de Sûryâ symbolise réellement la
marche du soleil et le renouvellement de l'année , la position
de l'astre en Phalgunî ne peut s'entendre que de l'un ou de
l'autre des quatre points cardinaux de sa carrière , soit équi-
noxe, soit solstice, les seuls d'où puisse convenablement
partir une année nouvelle. Dès lors , le choix du solstice d'été
s'impose; car, pour les trois autres points, il nous faudrait
remonter infiniment plus haut et ajouter à cette date déjà
si reculée de nouvelles périodes de 6ooo, de i3ooo, de
19000 ans. Et, puisque je suis à prévenir des objections,
j'en écarterai de suite une de plus. On pourrait objecter à la
rigueur que le mariage de Sûryà et de Soma doit s'entendre ,
non de la révolution annuelle , mais de la lunaison , et que la
position dans Phalguni doit être celle de la lune. Mais , alors
m. 1 1
JQ2 . JANVIER-FÉVRIER 1^894.
même , il faudrait admettre que cette lunaison ne peut être
la première venue , et que , si le choix de l'astérisme doit avoir
un sens, elle ne peut être que la première de l'année. Dès
lors , nous aurions de nouveau le solstice d*été en Phalguni et
le résidtat chronologique pesterait le même. De plus, cette
lune ainsi placée en Phalgunî. au point solsticial d'été, aurwt
.été ou nouvelle, ou pleine. Dans le premier cas, le soleil s'y
serait trouvé avec elle , et nous rentrerions absolument dans
les données précédentes. Dans le cas où on la supposerait
pleine — supposition peu probable,- car elle placerait le
mariage des deux astres à un moment où ils sont à des points
opposés du ciel — le soleil se serait trouvé au solstice d'hiver,
et le seid changement qui en résulterait dans nos condusions ,
l'argument chronologique demeurant intact , serait que le vers
en question suppose une année conmiençant avec le mois de
. Phâlguna , au solstice d'hiver, année pour laquelle , comme
nous le verrons plus loin , il y a encore d'autres témoignages
védiques. Enfin il est une dernière objection que feront peut-
être des gens de peu de foi , et que je ne dois pas passer sous
silence : c'est qu'il ne faut pas cherclier dans notre vers de si
grands secrets ; que le second hémistiche pourrait fort bien
n'être qu'un dicton popidaire constatant une coutume , celle
de célébrer les fiançailles et les mariages de préférence à
l'époque de l'année où le soleil était en Maghà et en Phal-
guni , coutume qui , comme tant d'autres , aurait été simple-
ment reportée de la terre au ciel. Des objections de cette sorte
sont difficiles à réfuter ^ : elles sont avant tout commodes.
. La force qu'on accordera à celle-ci dépendra de l'impression ,
variable selon les individus , que feront l'ensemble et la .sin-
gulière concordance des preuves produites par M. Jacobi.
La position du solstice d'été en Phalguni suppose l'équinoxe
du printemps en Mrigaçiras, dans Orion , et , naturellement ,
ce n'est plus là que nous le trouvons dans la littérature pos-
térieure. Dans les Bràhmanas, il est placé dans les Krittikâs,
' La Goutame en question ne serait eu tout cas pas sanctionnée par le ri*
tud postérieur.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 163
les Pléiades , position qu'il occupait vers Tan 25oo avant notre
ère. Dans le traité astronomique dépendant du Veda et in-
titulé Jyotisha, il est placé dans Bharani, la Mouche, ce qui
était exact vers i3oo avant cette même ère. Du temps de
l'astronome Varâha Mihira , il était dans Revati , à la longitude
de Tétoile Z des Poissons. Que les Hindous aient eu ou non
la conscience bien nette de ces déplacements , toujours est-il
qu'ils en ont noté les résultats successifs et qu'ils ont modifié
en conséquence Tordre d'énumération de leurs nakshatras.
Mais, à côté de ces indications nouvelles, plusieurs de ces
écrits nous ont conservé des souvenirs et des survivances de
l'ancien ordre des choses , de celui que M. Jacobi pense avoir
établi pour Rigveda. Et ces témoignages , bien que les écrits
soient de beaucoup postérieurs, sont à la fois plus précis et
plus nombreux que dans le Rigveda , parce que l'objet im-
médiat de ces écrits est le rituel et que celui-ci, archaïque
de sa nature , est inséparable du comput. C'est ainsi que dans
le Kauskttaki'Brâhmana et dans le Taittinya-Brâhmana , à
propos de certains usages rituels , il est dit de la première et
de la deuxième Phalguni qu'elles sont l'une la queue , c'est-
à-dire la fin , l'autre la bouche , c'est-à-dire le commencement
de l'année , ou encore que l'une correspond à la dernière nuit
et l'autre à la première nuit de l'année. Ici il me parait
difficile de décider si les deux Phalgunis doivent être mises
en rapport avec les positions du soleil ou avec celles de la
pleine lune, en d'autres termes, si ces passages supposent
une année commençant au solstice d'été, comme le veut
M. Jacobi, ou une année commençant au solstice d'hiver.
Mais ils supposent l'une ou l'autre et, dans l'un et l'autre
cas, un même état du ciel, qui était vrai environ 45 siècles
avant notre ère. Des indices semblables se retrouvent encore
dans des livres de beaucoup postérieurs auxBrâhmanas, dans
les manuels du rituel domestique , les Grihya-Sâtras, Dans un
de ces Sûtras, celui de Çânkhàyana, le commencement de
l'étude du Veda, Vupâkarana est fixé à l'apparition de la
nouvelle herbe, c'est-à-dire au commencement des pluies,
11 .
164 JANVIER-FEVRIER 1894.
qui a lieu vers le solstice d'été et qui est, en effet, pour
THindou le signal d'une sorte de retraite, ou cesse la vie
active du dehors. Dans un autre de ces traités , celui de Pâ-
raskara , Mapâkarana est placé à la pleine lune du mois de
Çràvana. Enfin un troisième, celui de Gobhila, qui appar-
tient au Sâmaveda , tout en mentionnant ce dernier terme ,
prescrit de préférence la pleine lune du mois de Prauslitha-
pada, prescription que le poème du Râmâyana mentionne
encore comme étant particulière aux Sâmavedins. Si Ton re-
garde ces prescriptions comme indépendantes les unes des
autres , il n'y a aucune conclusion chronologique à en tirer.
Si l'on veut au contraire , ce qui est parfaitement légitime et
même probable , établir entre elles un certain accord en les
ramenant à une même origine , il faudra faire remonter la
prescription du mois de Çrâvana an temps où le solstice d*étë
avait lieu en ce mois , c'est-à-dire vers 1 3oo avant notre ère ,
et celle du mois de Praushthapada encore plus haut de
trente siècles , quand ce même solstice était placé entre le»
deux Phalgunîs. Et c'est certainement une coïncidence re-
marquable en faveur de cette interprétation, que le vassa
des Bouddhistes , qui correspond à l'np^îA'ara/ia des brâlimanes ,
commence à l'entrée des pluies du solstice d'été S tandis
que les Jainas , pour leur pajjusanâ , qui est le pendant du
vassa des Bouddhistes, ont retenu l'ancienne époque de ce
solstice au mois de Praushthapada. Aussi la conclusion que
M. Jacobi tire de ces diverses prescriptions est-elle tout à
fait permise, à savoir : que la retraite consacrée à l'étude
commençait jadis au solstice d'été ; que certaines écoles sont
restées fidèles au mois où ce solstice avait lieu anciennement ;
que d'autres, à une certaine époque, ont changé le mois
pour garder la saison et ont ensuite gardé ce nouveau mois
quand , à son tour, il avait cessé d'être exact ; que d'autres
encore n'ont eu égard qu'à la saison ; enfin que l'institution
de cette retraite et de cet enseignement remonte ainsi à
' Va««a signifie tt plaie».
NOUVELLES ET MÉLANGES. 165
i*ëpoque très antique à laquelle nous sommes sans cesse ra-
menés , où le solstice d*étë était dans les Phalgunis.
Mais, de même que Tlnde et l'Europe du moyen âge,
ilnde ancienne parait avoir eu plusieurs commencements
de Tannée. Aussi bien que varsha «pluie», hima «hiver»
est, dans le Veda , synonyme d'année, et nous avons déjà vu
que quelques-uns des passages interprétés par M. Jacobi en
faveur d'une année comptée à partir du solstice d'été s'ac-
corderaient aussi bien avec une année partant du solstice
d'hiver. Une année de cette dernière sorte est établie, en
effet, parle témoignage explicite de la Taittiriya-Samhitâ et
du Pancavimça-Brâhmana, où il est dit que la pleine lune du
mois de Phâlguna est le commencement de l'année. A ce
conunencement , la lune étant pleine en Phalgunî , le soleil
devait se trouver à 180" de là, et ces positions ne peuvent
être autres que le solstice d'hiver pour le soleil et le solstice
d'été pour la lune , c'est-à-dire cette même antique disposition
des colures qui se vérifie ainsi une fois de plus.
Mais, de même que le Veda compte les années par
« pluies » et par « hivers » , il les compte aussi par « automnes » ,
çarad. On peut donc supposer qu'il y avait alors , comme il
y a eu encore plus tard , une autre année partant de l'équi-
noxe d'automne. Et, en effet, M. Jacobi produit d'assez
nombreuses indications en faveur d'une année semblable,
an début de laquelle le soleil aurait été dans l'astérisme
Mûla , « la racine , le point de départ » , appelé aussi Vicritau ,
«les deux (étoiles) qui séparent», tandis que la pleine lune
aurait été à l'équinoxe du printemps , dans l'astérisme Mri-
gaçiras , le premier mois étant ainsi Màrgaçira , qui en aurait
reçu son vieux nom d'Agrahâyana , «celui qui commence
l'année »*. Ces dénominations nous reportent encore à cet
* C'est à une année de cette sorte , mais d'une époque bien postérieure ,
que se rapporte la liste des nakshatras commençant par les Kritlikâs, qui
est celle en usage dans les Brâhmanas. Je dois faire remarquer pourtant
que la plupart de ces arguments vaudraient aussi pour une année commen-
çant à Téquinoxe du printemps , et cVst dans ce dernier sens , en effet , que les
166 JANVIER-FÉVRIER 1894.
ancien état du ciel et des saisons qui était vrai quarante-
cinq siècles avant notre ère.
A ces arguments étymologiques il en ajoute un d'une
autre sorte, qui lui fournit en même temps une nouvelle
vérification des plus séduisantes.
Parmi les rites qui ont une place fixe dans Tannée , il y a
les câtarmâsyas , qui sont à célébrer, comme le nom l'indique ,
de quatre mois en quatre mois , trois fois par an , au début
des principales saisons. Or, pour chacun de ces sacrifices , le
rituel prescrit trois mois différents et consécutifs. H est à peu
près impossible d'expliquer ces contradictions et d'y entre-
voir un ordre quelconque , en dehors de l'hypothèse de
M. Jacobi, par laquelle elles s'expliquent au contraire aisé-
ment. Cette hypothèse consiste à supposer que cette triple
prescription pour une même cérémonie se rapporte chaque
fois aux trois sortes d'années différentes par leur point de
départ, solstice d'été, solstice d'hiver, équinoxe d'automne,
ces points étant remis à leurs positions anciennes, celles
qu'ils occupaient quarante-cinq siècles avant Jésus-Christ.
Dès lors , et alors seulement , tout devient clair et régulier.
Ainsi le premier câturmâsya doit se célébrer en Phâlguna, ou
en Caitra, ou en Vaiçâkha. La prescription de Phâlguna
visera le premier câturmâsya de l'année ancienne commençant
au solstice d'hiver, dont ce mois était le premier mois; la
prescription de Caitra visera le second câturmâsya de l'année
ancienne commençant à l' équinoxe d'automne , dont ce mois
était le cinquième mois ; la prescription de Vaiçâkha visera le
troisième câturmâsya de l'année ancienne commençant au
emploie M. Bal Gangâdhar Tilak dans son Orion, En général , quand les
témoignages ne sont pas bien explicites, et ils le sont rarement dans le
style elliptique de ces vieux livres , on peut hésiter entre deux années com-
mençant à des points opposés de Técliptique, à six mois d'intervalle Tune
de l'autre. Gela tient , comme on Ta déjà vu par plusieurs exemples , à la
difficulté de décider lequel des deux , du soleÛ ou de la pleine lune , les
textes entendent placer dans les nakshatras spécifiés. Mais, quelque parti
qvHon adopte dans ces cas , le résultat chronologique est le même.
NOUVELLES ET MÉLANGÎSS. 167
solstice d*été, dont ce mois était le neuvième mois; et ainsi
de suite pour les triples prescriptions relatives aux deux
autres câtarmâsyas. Nous aurions donc ici un nouvel exemple •
de la persistance des pratiques rituelles continuant en quel-
que sorte de vivre quand , depuis longtemps , elles ne sont
plus comprises , et nous serions ramenés une fois de plus ,
pour Torigine de ces pratiques, jusqu*à Tantique époque où
les colures passaient, celui des équinoxes par Mûla et par
Mrigaçiras, celui des solstices par Praushthapadà et par
Phalgunî.
Tels sont les faits réunis par M. Jacobi : reste maintenant
k en voir femploi. H est bien évident d'abord que les nombres
ronds donnés jusqu*ici ne sauraient être immédiatement con-.
vertis en dates. Les mouvements que ces nombres représentent
sont si lents , les procédés des Hindous d'alors devaient être
si grossiers et les observations sont en partie si délicates,
enfin les faits eux-mêmes sont formulés dans les textes d'une
façon si peu précise , que les valeurs déduites par le calcul ne
sont admissibles ici qu'avec la marge la plus large ; et M. Ja-
cobi n'exagère certainement pas cette marge en l'estimant à
5oo ans de part et d'autre des cbiiTres exacts. Mais mémo
ainsi atténués , ces chiffres ne doivent pas faire illusion. I>es
changements de cette sorte ne passent pas dans la pratique
aussitôt qu'ils sont constatés, et un calendrier peut rester
longtemps en usage après qu'on a reconnu qu'il ne correspond
plus exactement à l'état du ciel. On n'y renonce que quand
on y est forcé, et, bien que cette nécessité ait pu se faire
sentir plus vite alors qu'il n'y avait point d'almanachs et
que , pour régler des rites certainement déjà compliqués , on
n'avait d'autre moyen que de consulter le ciel, il est bien
évident que, de ce chef encore, cette marge devra être con-
sidérablement élargie dans le sens de la limite inférieure.
Or cette limite inférieure , pour la période la plus ancienne ,
nous la connaissons maintenant assez bien. Je crois , en effet ,
que les recherches de M. Jacobi ont établi clairement que ,
dès l'époque des Brâhmanas, une correction avait été faîte
168 JANVIER-FÉVRIER 1S94.
Téquinoxe du printemps avait été reporté dans les Krittikâs »
les Pléiades. £t, «comme mie correction est toujom^ à peu
près juste pour Tépoque à laquelle elle a été faite », celle-ci,
qui serait exacte pour le vingt-cinquième siède avant notre
ère . doit avoir été faite au moins aooo ans avant Jésus-Christ.
Mais en même temps ces écrits nous ont conservé des mythes
et des prescriptions rituelles, survivances d'une période
beaucoup plus ancienne encore , dont la limite supérieure va
se perdre dans le cinquième millénaire. C*est dans cette pé-
riode , pendant laquelle les ancêtres des Hindous de langue
sanscrite étaient déjà établis dans Tlnde, que M. Jacobi
place «les origines de la culture védique, dont les hymnes
du Rigveda ont été le fruit mûr et peut-être déjà tardif» , et
il ajoute que Ton risquera probablement le moins de se
tromper, en assignant ces hymnes à la seconde moitié de la
période. Qu'il me permette d'ajouter à mon tour une petite
dause distinguant entre la composition et la codification,
avec tout ce que cette clause comporte , et je souscris volon-
tiers à sa conclusion ainsi formulée.
Jusqu'ici, en effet, on n a pas trouvé dans le ^gveda la
moindre trace de cette position de Téquinoxe du printemps
dans les Krittikâs: elle ne se rencontre qu'à partir des Brâh-
manas. Ce silence , même gardé par le plus vieux document
sur ce qu'on regardait jusqu'ici comme l'allusion astrono*
mique la plus ancienne contenue dans le Veda , n'avait pas
peu contribué à rendre cette allusion suspecte : on voyait
bien ce qu'elle impliquait pour la chronologie , mais on hési-
tait à la prendre au sérieux. Avec la thèse de M. Jacobi , l'ob-
jection disparait : ce silence non seulement s'y explique , mais
il la confirme , le Rigveda se trouvant reporté au ddà , dans une
période où cette allusion ou , plutôt , cette correction — car
c'est bien là ce qu'elle implique — était impossible , période
dont les données, méconnues jusqu'à présent, se retrouvent
assea; nombreuses dans la vieille littérature et, selon toute
ajpparence , en partie dans le Çigveda même.
En me rangeant ainsi à l'opinion de M. Jacobi, je ne me
NOUVELLES ET MÉLANGES. 169
dissimule pas que ses arguments, dans Tëtat présent, ne
constituent pas une démonstration , valeur que lui-même , je
suppose, ne revendique pas pour eux. Mais je crois qu'ils
en approchent. Ils y atteindraient même , si les données qu'il
pense avoir trouvées dans le Rigveda étaient absolument
sûres. L'objection première et constante que soidëvent, en
effet, des témoignages semblables, à savoir s'ils portent sur
un fait actuel ou sur un souvenir, sur une survivance, ne
serait pas de mise ici, si ces deux témoignages étaient à
répreuve de toute suspicion. Ni les pluies , ni les grenouilles
ne peuvent être soupçonnées d'avoir, par complaisance pour
un calendrier suranné , recommencé , les unes à tomber, les
autres à sortir de leurs trous quand le soleil était dans les
Phalgunis. Mais , il faut bien le reconnaître , tout en étant
fort probable, l'interprétation que M. Jacobi donne de ces
deux passages en les combinant n'équivaut pas à une preuve
complète. Celle du premier repose sur un mot douteux ; le
rapport entre les deux est incertain ; et , réduit à lui seul , le
second, celui de l'hymne nuptial, pourrait bien après tout
n'être qu'une de ces survivances lointaines, conmie il s'en
retrouve encore plusieurs dans les Brâhmanas et dans
d'autres écrits plus récents. La certitude échappe donc au
moment où on croyait la saisir, et, une fois de plus, on
est tenté de se dire qu'il y a comme un mauvais sort sur le
^gveda. Mais, même avec ces réserves, il me semble que
les recherches de M. Jacobi nous avancent d'un grsind pas.
Depuis cinquante ans et plus, par réaction contre la chro-
nologie fabideuse des Hindous, on s'est appliqué chez nous
à réduire l'antiquité du Veda à un minimum. On a cru être
généreux en lui accordant un millier ou un millier et demi
d'années avant notre ère, et, pour rendre cette évaluation
plus présentable , on l'a découpée en petites périodes arbi^
traires de deux cents ans. Gonmie tout cet édifice n'était fait
que de conjectures , d'autres plus hardis ne se sont pas gênés
pour le jeter par terre et , finalement , l'opinion a pu être
émise , mais non par des indianistes , que toute cette littéra-
170 JANVIER-FÉVRIER 1894.
ture, prise en bloc, ne remontait guère plus haut que
Tépoque d'Alexandre. C'est à ce courant d'idées que ces
recherches opposent une barrière que je crois efficace et du-
rable. Quoi qu'il faille penser de l'une ou l'autre des preuves
réunies par M. Jacobi, l'ensemble en est frappant, et il
faudra en tenir compte à l'avenir. Désormais, quand on
se trouvera en présence , dans les Brâhmanas ou ailleurs , de
passages comme ceux où il est dit que les Phalgunis sont
lé commencement de l'année, il ne sera plus permis de les
traiter comme de simples boutades. Car, enfin, en voici
maintenant une explication raisonnable, qu'on ne pourra
plus dédaigner que quand on l'aura remplacée par une
meilleure. En tout cas, on ne voit pas quel argument pé^
remptoire pourrait lui être opposé. L'objection la plus grave ,
l'absence de toute preuve positive ancienne de l'usage de
l'écriture, porte plutôt sur la codification que sur la com-
position , et , d'ailleurs , elle reste la même , ni plus ni moins
forte , qu'on ajoute ou qu'on retranche n'importe quel nombre
de siècles. Ce qui, en réalité, pour le présent du moins,
risque de faire le plus de tort à cette explication , c'est qu'elle
va à rencontre du courant de l'opinion actuelle. Mais n'est-
ce pas le cas de se demander avec M. Jacobî : « Sur quoi
repose après tout cette opinion actuelle ?» Et si l'on est
obligé de répondre : « Sur des conjectures » , il faudra bien
convenir aussi que ce n'est pas une raison pour en faire quel-
que chose d'intangible.
Il y a d'ailleurs un critérium en réserve pour cette thèse.
Si elle est juste, comme je le crois, il se trouvera, dans le
Çigveda même , de nouveaux arguments pour la confirmer.
Déjà l'auteur d'Orion, M. Bal Gangâdhar Tilak, qui n'a pas
vu ceux de M. Jacobi , en a produit plusieurs autres et , dans
le nombre, quelques-uns qui devront être pris en sérieuse
considération. Car tout n'est pas également risqué dans ses
combinaisons de mythologie stellaire, et les Hindous vé-
diques se racontaient certainement plus d'histoires sur les
étoiles qu'on ne le croyait jusqu'ici. On peut compter sur
NOUVELLES ET MÉLANGES. 171
M. Jacobi pour suivre ces diverses pistes. Je sais que, dès
maintenant, il pourrait joindre plus d'un post-scriptum à
son mémoire et, dans ce mémoire même, aux arguments
qui viennent d*être exposés , il en ajoute un autre qui , pour
le Rigveda, il est vrai, nest que négatif, mais qui est si in-
génieux que je ne puis le passer sous silence.
On sait que la précession des équinoxes , combinée avec un
autre mouvement encore plus lent, nagit pas seulement
dWe façon visible dans le voisinage de Técliptique, mais
qu'elle opère aussi un déplacement graduel du pôle par rap-
port aux étoiles. Il y a, de ce fait, de longues périodes
pendant lesquelles la place du pôle dans le ciel reste vide.
C'est ainsi que l'antiquité classique n'a connu que des con-
stellations circumpolaires; elle n'a pas connu d'étoile po-
laire , d'étoile immobile ou à peu près immobile , et la nôtre
n'a commencé à devenir telle que vers la fin du moyen âge.
De même , dans le Rigveda , il n'est pas fait mention d'une
étoile polaire et, en effet, il n'y en avait pas dans la pé-
riode ancienne à laquelle remonterait la composition des
Hymnes d'après M. Jacobi. Mais le rituel et, à sa suite, toute
la littérature sanscrite, connaissent une étoile semblable,
une étoile dhruva, immobile. Parmi les rites du mariage,
tels qu'ils sont décrits dans les Grihya-Sâtras et dans le
KâmaSâtra, il en est un empreint d'une singulière poésie.
Dans la nuit des noces , l'époux fait contempler à l'épousée
le ciel étoile et lui montre Arundhatl (une des étoiles de la
Grande Ourse , en mythologie le type de la femme pieuse et
dévouée) et l'étoile dkruva. Notre étoile toute moderne étant
hors de cause, si l'on considère en outre que, dans un
pays comme l'Inde , ou le pôle est bas sur l'horizon , il faut
qu'une étoile soit très proche de ce pôle pour paraître im-
mobile , on verra que la seide étoile , qui vraisemblablement
ait pu donner lieu à cette notion et à cet usage , est a du
Dragon, qui était presque exactement polaire vingt-sept
siècles avant Jésus-Christ. Nous aurions donc là un nouvel
indice montrant que les rites védiques , même ceux que le
172 JANVIER. FÉVRIER 1894.
Rigveda ne mentionne pas — et précisément il mentionne
en détail beaucoup de rites nuptiaux — remontent en par-
tie au troisième millénaire avant Tère chrétienne.
A. Barth.
Vebzeichniss der Sanskrit und Pràkrit Handschriften (der Kôaig-
lichen Bibliothek zu Beriin) von A. Weber. Zweiter Band, dritte
Abtbeilung. I-XXVII et 829-i363 pages, in-4°t Berlin. A. Asber
et G^*, 1891. — [VsBZSiCBNiss der Sanskrit nnd Prâhrit Hand-
schriften von A. Weber. Zweiter Band mit fônf Scbrifttafeln,
1892.— Parties I, II, III.)
« G*est un travail pénible que j'achève ici », dit M. Weber,
en finissant la préface — en date du 27 juin 1891 — mise
en tête de cette « troisième section » , mais qui est , en réa-
lité , la préface de tout ce « second volume » de 1 363 pages ,
lequel , à cause de son étendue et du temps nécessaire à son
achèvement, a paru en trois sections ('Abtheilungen) , savoir :
la première (p. i-35a) en 1886, la deuxième (p. 353-8a8)
en 1888, et enfin la troisième (p. 8a 9-1 363) en 189a. Car,
si la préface porte la date de juin 1891, les dernières « addi-
tions et corrections», peu nombreuses au reste, portent
celle du 16 mai 189a. Aussi bien la «section III» du «vo-
lume II » est datée de 189 1 ; mais le titre général et définitif
du « volume II » porte le millésime de 189a.
Et si Ton se reporte au «premier volume» de ce cata-
logue, qui ne compte, il est vrai, que 48 1 pages, mais (jui a
paru en i853 et dont la préface est datée de juillet i85a ,
on se rend facilement compte de ce qu'une entreprise si
vaste , et dont l'exécution a absorbé plus de quarante années ,
a dû coûter de peine à son auteur; on sent, en un mot, que
ces 181 4 p^ges in-4'* représentent une sonmie de travail con-
sidérable.
Le « premier volume » contenait la description de i4o4 nu-
méros ; le « second volume » , dans ses « trois sections » , con-
NOUVELLES ET MÉLANGES. 173
tient celle de 900 numéros (i4o5-a3o4)> savoir : 368 (ido5*
1772) dans la première, i56 (1773-1 928) dans la deuxième,
376 (1929-2304) dans la troisième. Ces coupures, rendues
nécessaires par Tétendue , non prévue dans le principe , de ce
travail, n'ont pas été faites arbitrairement; elles corres-*
pondent à des divisions rationnelles du catalogue.
La première section est consacrée tout entière et unique-'
ment à la littérature brahmanique. Elle comprend les parties
suivantes :
L Vbda (Rig, Sâma, Yajur, Atharva, Vedanga et leurs
dépendances).
IL Littérature sansk^ite : i"* Poésie (épopée, drame,
contes et fables, poésie lyrique et didactique). — 2^ Science
(philosophie; — science du langage, grammaire, lexicogra-
phie, métrique; — arithmétique, astronomie, astrologie»
magie, médecine). — 3" Droit (mœurs, usages, culte).
Ce plan reproduit celui du « volume premier ». C'est que ,
en effet, les ouvrages qui font l'objet de la « première partie ■
du « second volume » sont de même nature que ceux dont le
«premier volume» contient la description, et l'auteur du
catalogue signdie dans sa préface (p. ix et x) les plus im-
portants d'entre eux. H ne pouvait que suivre le plan tracé
précédemment ; et c'est ce qu'il a fait.
Les sections II et III de ce « second volume » ont un carac-
tère bien différent et tout nouveau; elles sont consacrées
presque exclusivement aux traités Jaïns , à peu près inconnus
auparavant , mais qui , depuis un quart ou un tiers de siècle ,
ont été recherchés , découverts et recueillis en grand nombre.
M. Weber, dans sa préface, donne quelques explications sur
l'entrée de la collection Jaïn dans la Bibliothèque royale de
Beriin, de 1873 à 1878, et sur les particularités qui dis-
tinguent cette catégorie de manuscrits. Il partage les ouvrages
Jaïns en deux classes : le Siddhânta, et les écrits en dehors du
Siddhânta.
Le Siddhânta comprend : i*" les douze Ahgas; 2** les douze
174 JAli¥I£R-FÉVRI£R 1894.
Vpâàgas; 3* iesdix Pomnos; 4*ie8 six Chedasâtras; 5* le Nandi
eiV Annogadâra-suttam ; 6*\e5(jaatnMâhsutras; 7" des textes
divers ; S** le Siddkânta des Digambanu. — Tonte cette classe
est représentée, dans le catalogue, par i56 mamucnU
(n** 1773-1938), dont la description occupe entièrament la
section II , parue en 1888 , et qui tous appartiennent à TéodA
Çvetâmhara, La huitième division , le Siddhànta des Digam-
baras , se trouve ainsi exclue ; une notice ne lui en est pas
moins consacrée (p. 83 3-824) * mais elle ne se rapporte natu-
rellement à aucun numéro du catalogue.
La deuxième diasse , c'est-à-dire les ouvrages qui ne font
pas partie du Siddhànta, comporte les divisions suivantes :
1" Dogmatique et discipline; 2" Stctva et Sirota; 3" Légende
et histoire ; 4° Partie didactique : récits et sentences. — D
y a, de ce chef, 99 manuscrits (n" 1939-3037) décrits dans
la section III et dernière, parue en 1891-1893. Dans cette
partie, M. Weber avait à classer les ouvrages selon les
langues dans lesquelles ils sont écrits : il met d* abord ceux qui
sont en Prdkrit, ensuite ceux qui sont en Semskrit, enfin ceux
qui sont en Bhâshâ, Mais le mélange fréquent des dialectes
dans un même ouvrage Ta empêché d'observer rigoureuse-
ment cet ordre et il a dû Tabandonner entièrement dans la
quatrième division (récits et sentences).
C'est au n** 2037 que s'arrête la collection Jaïn. Mais il
restait 376 manuscrits (n" 3038- 3 3od) à cataloguer. Ce
sont les manuscrits acquis de 1886 à 1889 et qui sont de
très diverse nature. Ils font l'objet d'un supplément ( Anhang)
qui remplit les pages 1139-1303; c'est un catalogue som-
maire-, dans lequel on a suivi le plan adopté pour le cata-
logue principal développé. La littérature Jaïn n'est repré-
sentée dans ce supplément que parles six derniers manuscrits
(»•' 3999-3304 ).
Comme cette « troisième section » complète le second vo-
lume», elle est pourvue, outre la préface (p. i-xvm), déjà
mentionnée, d'une table générale des matières (p. xix-xxvii)
reproduisant les tables spéciales, antérieurement publiées.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 175
des parties I et II , augmentées de la table spéciale de la
partie III , nouvellement parue ; — enfin de sept index qui
occupent les pages laiy-iSGi.
Les deux premiers index sont des tables de concordance
des numéros définitifs et des anciennes cotes. Dans la pre-
mière de ces tables, les numéros du catsdogue se suivent,
accompagnés chacun de la cote ancienne correspondante,
sans autre indication de titres que les rubriques du catalogue ;
dans la deuxième, ce sont les anciennes cotes qui viennent
en premier et se succèdent, accompagnées chacune du nu-
méro nouveau définitif, suivi lui-même du titre de Touvrage.
Le troisième index fait connaître la date de l'entrée de chaque
manuscrit dans la Bibliothèque de Berlin et le nom de Tin-
termédiaire, le quatrième donne la liste alphabétique des
noms des copistes , le cinquième celle des titres des ouvrages ,
le sixième celle des noms des auteurs , le septième , de beau-
coup le plus long, celle des matières traitées, noms
propres, etc. La dernière partie de ce dernier index (trois
pages environ) est en allemand, le reste ne contient que des
mots indiens.
Tout ce catalogue est en transcription. Qudques signes
particuliers, propres à certains manuscrits, sont reproduits
çà et là ; mais il n'y a pas une sevde lettre d'un alphabet in-
dien. Par contre , les cinq planches qui terminent le volume
nous donnent , en photogravure , dix spécimens de l'écriture
des manuscrits empruntés aux numéros suivants : n** 1907-
,1910 (Çishyahitâ) , sur feuilles de palmier; n" i537 (Çiçupâ-
labadha) ; n!* 1895 (Nandîsâtra) j copié en 1619, qui montre
la disposition du texte et du commentaire dans les manu-
scrits Jaïn , le commentaire s' écrivant successivement au-des-
sus, à droite, à gauche, au-dessous du texte, comme cela est
expliqué dans la préface; n** 1 729 ( Tâlàdhyàya) , qui contient
des notes de musique ; n*" 1929 (Aydrqvihi) , 1 980 (Avacâri) ,
1787 (Bhagavatî) , qui montrent tous les trois le blanc laissé
au milieu pour le trou par lequel doit passer la corde servant
à lier et à maintenir les feuilles qui composent le volume;
176 JANVIER-FEVRIER 1894.
enfin n* 1687 [Vetâlapaiicavimçati) , qui offire un modèle de
récriture Nevâii.
Les notices afférentes aux divers numéros de ce 1 second
volume» du catalogue sont d'une grande richesse, surtout
dans les deux dernières sections; Tanalyse y est minutieuse,
les citations abondantes. Dix-neuf de ces notices ont de 5 à
10 pages in-4*, trois en ont 1 o ou plus , six en ont plus de 1 5 ,
cinq plus de 20; U en est une qui atteint 3o pages. M. We-
ber remarque , au début de sa préface , que le texte du second
volume est beaucoup plus étendu que celui du premier»
quoique le nombre des manuscrits décrits soit bien inférieur,
et il en donne la raison que nous avons déjà încUquée. On
voulait que le développement du catalogue répondit à Tenri-
chissement de la Bibliothèque de Beriin dû à Tentrée de la
collection Jaïn ; et le soin particidier donné à la description
des manuscrits dont elle se compose a ainsi élargi d'une
manière presque inattendue , quoique en vertu d'un dessein
prémédité, les dimensions du catalogue. Lepsius, qui a été
le directeur de la Bibliothèque de Beriin de 1876 à i884»
était , sur ce point , en parfait accord avec M. Weber.
Et , en effet , nous ne devons pas nous étonner de ce que ,
si Ton accorde plus d'une page à une série d'ouvrages non
représentés dans la collection , quelques-uns de ceux qu'dle
renferme obtiennent ai pages comme le n*" 1918 [Avoçyaka-
sâtram), 22 pages comme le n** 1900 (Anuyogadvârxuûtram) ^
23 pages comme le n** 191^ (commentaire de VAvaçyaka),
27 pages comme le n*" 1989 (Patiâvalivâcanà) , 3o pages
comme le n* 1787 (Bhagavatt, cinquième angam),
M. Weber fait observer que la tâche de l'auteur d'un cata-
logue n'est pas celle du critique. Nous nous garderons bien
de faire voir qu'il a quelque peu contrevenu à ce principe ;
car il dédare lui-même aussitôt après que , dans plus d'une
circonstance et sur plusieurs points , il a fait œuvre de cri-
tique. Il est certain qu'il a donné plus que ce qu'un auteur
de catalogue est tenu de fournir. Mais nid ne s'en plaindra ,
bien au contraire ! et tous ceux qui profiteront , par l'usage
NOUVELLES ET MÉLANGES. 177
de ce catalogiie, de la science de cet illustre repré&entaût
des étudeà indiennes, rendront hommage à la persévérance
et à Ténergie qui lui ont permis de mener à bonne fin un si
long et si bel ouvrage. «
L. Febr.
DbR EiNFALL DSR MoNGOLEN JN MlTTEL-EUROPA IN DBN JaHRBN
i2ài VND i2i2, von Gustav Strakosch-Grassmann. Innsbruck;
Wagner, Universitàts-Buchhandiung, iSgS. VU", 227 pages in-8*
et 5 cartes.
Je ne parlerais pas de cet ouvrage relatif à un point de
Tbistoire de l*Ëurope , non de TAsie , si le sixième des sept
appencUces ajoutés par Tauteur aux six chapitres de son
livre ne traitait « des sources asiatiques sur l'invasion tartare
de 13/ii-iada »« et si Tauteur n'avait tiré parti de ces sources
pour sa narration. La t biographie chinoise de Subntaï > , telle
qu'il l'a trouvée dans les Mediœval researches de Bretschneider
(Londres. 1888), lui a, en particulier, fourni d'utiles rensei-
gnements pour la reconstitution de la bataille du Sajo et
l'explication d*un passage singulier de l'Arménien Hayton.
Dans le xtv* chapitre de son «livre (inédit) de la fleur des
hystoires d'Oiient», Hayton raconte que Batou, le généralis-
sime des Mongols , voulant traverser un fleuve d'Allemagne
non dénommé, se noya avec une partie de son armée, et
que )es Tatars terriûés battirent en retraite pour ne plus ja-
mais reparaître. Cette assertion est évidemment inadmissible.
Il est constant que Batou ne périt pas dans l'invasion de
1^41-1343 et que les Mongols n'éprouvèrent pas un échec
de nature à déterminer leur retraite.
Or l'auteur chinois appelle Ba-ha-toa le chef mongol qui
se noya et Hno-ning le cours d'eau , théâtre de l'accident. Ce
mot Ba-ha-tou, dans lequel je vois le mongol Baghaiour^, dé-
^ ^VoSUJUk^ qui signifie «héros» et figure fréquemment parmi les noms
des grands personnages musulmans de Tlndc. — Un des chefs mongols
iir. 12
oraïauis «àTXoiiAi.B.
178 JANVIER-FEVRIER 1894.
signe incontestablement un personnage distinct de Batou,
et le Huo-ning serait , de l'avis de Bretscimeider lui-même , le
Sajo\ sur les bords duquel le roi de Hongrie Bêla IV
éprouva, le 1 1 avril la^i, une sanglante défaite. L'accident
arrivé à Ba-ha-tou (non à Batou) et à quelques-uns de ses
cavaliers n'empêcha pas les Mongols de remporter une vic-
toire complète , dont Hayton , par une méprise inexplicable ,
fait un désastre pour l'envahisseur, mais qui n en fut un que
pour le peuple envahi.
M. Strakosch-Grassmann est convaincu que les littératures
de l'Orient recèlent d'autres renseignements que ceux qui
ont été publiés jusqu'à présent, et il exprime le vœu que ces
documents soient mis à la portée des savants étrangers,
comme lui, aux langues orientales. C'est par ce vœu qu'il
termine son travail sur les invasions mongoles.
La couverture de ce livre mentionne une autre étude sur
le même sujet et rappelle les travaux importants de Jùlg sur
le Mongol et le Kalmouk. De tous les centres d'études euro-
péens, l'Université d'Innsbruck parait être (en dehors de la
Russie) celui où l'on s'intéresse le plus aux Mongols, à leur
langue , à leur littérature , à leur histoire.
L. Feer.
Maurice Bloomfield. Contributions to the interprétation of tke Veda,
b*^ séries (from ihe Journal of tke American Oriental Society,
vol. XVI, 1893).
M. Bloomfield vient de faire paraître la cinquième série
des Contributions, où il applique à l'élucidation des problèmes
portait ce nom écrit Baghatur par M. Strakosch-Grassmann (p. a , 36 , g4 «
96 ). — 11 faut admettre Texistcnce de deux Baghatour au moins, si, comme
je le crois , le chinois Ba-ha-tou reproduit le mongol Baghatur.
^ Je ne me hasarde pas à restituer le nom chinois transcrit huo-ning. Je
ferai seulement remarquer que ning ^^ signifie «houe glissante» et que,
diaprés la description de M. Strakosch-Grassmann, le Sajo, qui mêle ses
eaux à celles du Hernad avant de les porter à la Theiss , « roule lentenicnt
des eaux couvertes d*algucs entre ses rives marécageuses».
NOUVELLES ET MÉLANGES. 179
védiques toutes les ressources d'un esprit sagàce servi par
une vaste érudition. Ce fascicule contient deux études , Tune
mythologique, Tautre linguistique.
La première est consacrée au mythe hien connu du soma
ravi au ciel et apporté à la terre par un Aig^e. Quel est cet
Aigle ? La donnée essentielle est le rapport intime de l'Aigle
et de la Gâyatri. Tantôt c'est la Gàyatri qui apporte ie soma ;
tantôt c'est l'Aigle, mais il a pour mètre la Gàyatri (çyend
si gâyatràchandâ) ; tantôt, enfm, c'est la Gâyatri changée en
Aigle {gâyatri çyeno hhâtvâ). Or la Gàyatri = Agni (agnir val
gâyatri). L'Aide n'est donc autre que l'éclair qui décliire le
nuage et fait tomber la pluie.
Le second article cherche à déterminer l'étymologie et,
par suite, le sens d'un groupe de mots védiques mal expli-
qués jusqu'ici : les mots en -pltva. M. Bloomfield les consi-
dère comme dérivés dépita, « suc ». Ce suc est naturellement
celui de la plante à soma. En conséquence , les mots formés
de pitva avec un préfixe doivent se traduire de la manière
suivante : sapitva, «acte de boire ensemble le soma»; pra-
pitva , « coulée du soma au pressurage du matin » et , par ex-
tension «matin»; ahhipitva, «coulée du soma au pressurage
du soir » et, par extension « soir » ; apapitva, « festin séparé ».
Ce dernier est un âiraS XeyôfASVov; il se trouve R. V., III,
53, 34) où il est dit des Bharatas : upapilvàm cikitar nàpra-
pitvàm , « ils connaissent les festins à part , non le soma du
matin», c'est-à-dire qu'ils ne participent pas aux sacrifices
brahmaniques.
Le mot prapitva a fait l'objet d'un travail de M. Geldner,
qui aboutit à des conclusions fort différentes ( Vedische Stu-
dien, II, p. 1 55-179).
L. FiNOT.
180 JANVIER-FEVRIER 1894.
Etudes BSRBàRSS : Dyehyali Vocabalary, from an unpoUished
ms. A. D. i83i, edited by Th. G. de Guiraudon (&om the Jour*
nal of ihe Royal Asiatic Society, October i SgS ]. — Etude iur la
zénada du Mzab, de Oaargla et de l'Oaed-Rir, par René Basset,
Bulletin de correspondance africaiDe, Paris, Leroiu, 1893. —
Légendes et contes merve'dleax de la Grande-KabjHe , recueillis par
Auguste Mouliéras, 1*' fascicule, texte kabyle. BuUetin de cor-
respondance africaine, Paris, Leroux, 1893.
Les vocabulaires beribères ne manquent pas aujourd'hui.
Cependant la collection est loin d*être complète et cela se
comprend si Ton réfléchit que la langue berbère se paiie
depuis les frontières occidentales de l'Egypte jusqu'au Maroc
et au Sénégal et depuis la Méditerranée jusqu'à Tbmbouctou.
Sur cette étendue , elle a donné naissance à un grand nombre
de dialectes qui diffèrent plus ou moins entre eux. C'est le
vocabulaire d'un de ces dialectes que M. de Guiraudon , un
de nos compatriotes qui habite Londres, a trouvé dans un
lot de papiers et de livres achetés par lui en 1887. Le niot
dyehyali par lequel il est désigné est la transcription d'un
mot arabe djehâyly, dérivé de djebel, montagne. H signifie
donc «montagnard» et M. de Guiraudon incline même à
penser que la dénomination kaliyle , qahayly « tribus » , em-
ployée par les Arabes à l'égard des Berbères , pourrait venir
de ce mot dont le dj'im se serait changé en qcif. Ce dialecte
est parlé dans une région montagneuse située à environ
5o milles au sud de Tripoli ; il est apparenté à celui des habi-
tants du djebel INefousa, qui fait partie de cette région.
Le vocabulaire publié par M. de Guiraudon comprend
3oo articles en\iron ; mais ce qui augmente sa valeur, c'est
que le missionnaire ou le voyageur qui l'a recueilli , et dont
le nom est inconnu , a noté , à côté des mots ou des phrases
les plus usuels, les flexions des noms, des adjectifs et des
verbes. Il est divisé en quatre colonnes, dont la première
contient un mot ou une phrase en anglais ; la deuxième re-
produit en écriture arabe et en transcription l'expression ber-
bère correspondante; la troisième est consacrée à des correc-
NOUVELLES ET MÉLANGES. 181
tîons faites par M. de Guiraudôn , en se servant de travaux
antérieurs; enfin ia quatrième donne la traduction française
du mot ou de la phrase berbère. M. de Guiraudôn y a ajouté
des notes grammaticales nécessaires pour Tintelligencè de la
déclinaison et de la conjugaison.
Le manuscrit porte la date de 1 83 1 , ce qui le fait remon-
ter à une époque où la langue berbère était encore à peu
près ignorée en Europe, si j'en juge par les bibliographies
que j'ai consultées.
Ce petit travail , qui est bien présenté , sera utile pour les
comparaisons. Les amateurs de la langue berbère pourront
s'y livrer sur l'étude de la zénatia du Mzab, de Ouarg^a et
de l'Oued-Rir' que M. René Basset a fait paraître récemment
et qui touche justement au dialecte du djebel Nefousa. Cette
étude fait partie des résultats d'une mission (jui lui avait été
confiée, en 188 5 , dans le sud de l'Algérie. Une bibliographie
raisonnée des ouvrages déjà publiés sur cette contrée, les
peuples qui l'habitent et les idiomes qui y sont pariés, des
notes grammaticales très complètes sur ces idiomes, un
lexique français-berbère assez étendu , un choix de fables , de
contes et de chansons en caractères arabes et en transcrip-
tion, accompagnés de notes bibliographiques et de rappro-
chements intéressants avec les récits similaires chez les autres
peuples , un lexique berbère-français par racines , enfin des
«appendices renfermant les vocabulaires édités antérieure-
ment, telles sont les grandes lignes de cet ouvrage, dont il
nous semble superflu de donner une analyse plus détaillée.
M. Basset est en efiet suffisamment connu par ses recherches
sur la lexicographie berbère, dont les lecteurs du Journal
asiatique ont eu la primeur et qui ont valu à leur auteur le
prix Bordin.
M. Mouliéras, professeur d'arabe au lycée d'Oran et an-
cien élève de M. Basset, s'est lancé à la suite de son maître
dans les études berbères , et non sans succès. Nous avons eu
de lui, l'année dernière, les Fourberies de Si-Djeha, texte
kabyle avec traduction française , dont il a été fait mention
182 JANVIER. FEVRIER 1894.
dans le Rapport annuel de 1892, t. XX, p. lag. Il com-
mence , cette année , la publication de contes et de légendes
de la Grande-Kabylie qu'il a recueillis auprès de quelques
indigènes de la tribu des Béni Jennad el-Bahar qui exer-
çaient la profession de masseurs au bain maure de la grande
mosquée d'Oran. Le premier fascicule , qui vient de paraître ,
est entièrement consacré au texte transcrit en caractères la-
tins ; il sera suivi de plusieurs autres et l'ouvrage se tenni-
nera par un glossaire des racines berbères qui y seront con-
tenues.
Ces contes appartiennent au dialecte zaouaoua, qui est
considéré comme l'un des plus purs de la famille berbère,
et l'ignorance de ceux qui les ont racontés en garantit l'ori-
gine populaire. Ils sont à la fois intéressants pour le folklore
et la linguistique. Je regrette de ne pouvoir en donner un
aperçu , en attendant la traduction de M. M ouliéras , mais je
ne puis m' abstenir d'en citer les titres. Ce sont : Mohammed,
fils de la négresse, et ses six frères; Le Fils du sultan et le
Chien des chrétiens; L'Histoire d'Ahmed, le fils du charbonnier;
L'Histoire de Amor Chek'k'a ou Amor guignon; L'Histoire de
^Ali et de sa mère, ci La Tête 'coupée qui chante. Chacun de
ces contes est un vrai roman.
La transcription employée est celle du général Hanoteau ,
généralement suivie par ceux qui se sont occupés de berbère
après lui, ce qui dispense de se familiariser avec un nou-
veau système. Au bas de chaque page , des notes indiquent
les mots d'origine arabe , avec leur traduction et les dévdop-
pements qu'ils peuvent comporter. Lorsque cette publicatign
sera terminée, elle sera des plus importantes pour l'étude
du berbère. On doit féliciter le jeune professeur qui con-r
tri bue ainsi à une œuvre utile à la science non .moins qu'à
la France , qui compte en Algérie et sur les confins de sa co-
lonie dès tribus kabyles, dont les travaux de ce genre nous
feront mieux connaître l'esprit par leurs productions popu-
laires , où se révèlent leur vie intime , leur caractère , leurs
usages.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 183
L'ouvrage de M. Basset et celui de M. Mouliëras ont été
édités par l'Ecole des lettres d'Alger où les travailleurs sont
toujours assurés de trouver un excellent accueil.
J. Perruchon.
Le manuscrit sanscrit du Sragdharâ stotra numéroté 37^3 h
de la collection ofTerte par B. H. Hodgson à l'India Office *
nous fournit dans son colophon plusieurs noms propres qui
ne sont pas classés encore et ne se trouvent pas dans les listes
de Bendall , ou viennent y ajouter un renseignement chrono-
logique.
Voici le texte du colophon qui commence au 1662 :
deyadharmo yam pravara mahâyânayâyinah 'çrî-kâstamaDdava-ma-
hânagare Cekansunsi grahito lake euam viharâdhivasî çàkrbhiksu çrî-
barsarâja pâiakasya bhâryâ kusumalaksmîmayîsya putra çàkrbhiksu
çrîjîvaharsapâla-nâmnâ yasa gana-parivârasya| yad alra punyam tad
bbavatu âcâryopâdhyâya màtâpitr-pûrvamgamam krtvâ sakalasatva-
râser anuttarajnânaphalâptaya iti |{ samvat 696 caitra krsna dvâ-
daçî tantra bhadra nâcchatre buddhadine râjâdhirâjâparameçvara
paramabhalâraka çrî çrî jaya jakramaliadevasya vijayarâjye { suvar-
nena likhitam idam sragdharâ pastakam iti | lekhaka sàiamasram
vihâravasthita çâkrbhiksur âcârya Çrîhrdayamen6na | yathâdrstam
tathâ hkhitam lekhako f. 17 6 4 (à partir d'ici jusqu'à la fin,
f. 18 a 4t le texte devient obscur; on constate encore une mention
de Uarsarâja).
On remarque le nom du donateur, le çâkpbhiksu (?) Çrijï-
vaharsapâla- Yasaganaparivâra (?) , fds de Kusumalaksmïmayî ,
épouse de Çriharsarâjapâla ; ce donateur est attaché au ma-
hâyâna dans un vihâra (ceka?) à Kathmandu.
Le nom du scribe est Çrîhrdayamenena (?) , dans le vihâra
de Sàiamasram.
* Voir Catal. of Sansc, mss, coll. by Hodgson fTrubner, 1881 , p. 11, H,
184 JANVIER-FÉVRIER 1894.
La date donnée est 5g6 , le douzième jour de la quinzaine
noire du mois caitra , le jour de Buddha , soit mercredi , sous
le règ^ie de Jakramallo. Or cette date correspond à i A76 AD;
Jakramalla est assurément identique à Yaksamalla dont la
liste de M. Bendall* place la mort «circa 1^60», inunédia-
tement avant la division du Népal sous les deux dynasties
régnant à Bhatgâon et Kathmandu. Il faudrait donc , semble-
t-il , reculer d'au moins seize ans Tépocpie supposée de la divi-
sion du Népal , et prolonger d'autant le règne de Yakçamalla.
GODEFROI DE BlONAY.
* A Joarney in Népal, 1886, pK I et II.
VIENT DE PARAÎTRE !
Catalogve des monnaies TvncoMANES , Béni Ortok, Béni
Zengui, etc., par I. Ghalib Edliem. Constantinople , iSgd*
gr. in-8*, chez Miliran. — C*^est 3 'édition française du Cata-
logue de la même collection publié récemment en langue
turque. Grâce à la libéralité de son directeiu*, S. Exe. Hamdy
Bey, toutes les collections du Musée impérial ottoman seront
ainsi publiées en turc et en français et mises prochainement
à la disposition du monde savant. Les séries monétaires , étu-
diées avec une compétence parfaite par Ghahb Bey dans le
présent volume, seront l'objet d'un compte rendu spécisd.
B. M.
Le Gérant,
RUBENS DUVAL.
JOURNAL ASIATIQUE.
MARS-AVRIL 1894.
LETTRE
DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN,
PAR
M. DARMESTETER.
INTRODUCTION.
Dans nos recherches sur les origines du Zoroas-
trisme^ nous avons essayé de mettre en relief le
rôle important jbué dans la restauration religieuse qui
accompagne et caractérise la révolution sassanide,
par le chapelain du premier Sassanide, Ardashîr,
fils de Bâbak.
Ce chapelain d'Ardashîr nous est connu d'abord
farlcDînkart, compilation pehlvie du ix* siècle, qui
lui donne le titre de « Herbed des Herbeds » [hêrpa-
lân liérpat) , c'est-à-dire de grand prêtre ou chef de
la religion, et le nom de )»]^ qui peut se lire Tôsar
ou Tansar, C'est ce Tôsar ou Tansar qu' Ardashîr,
' Zcnd Avesta, traduction nouvelle, vol. ÏÏI, p..xxv-xxxii.
m. i3
IMralMEMIB lATIOKAU.
J86 MARS-AVRIL 1894.
d'après le Dinkart, charge de recueillir les textes sa-
crés sur lesquels repose le Zoroastrisme et de restituer
TAvesta perdu ou mutilé. Il reçoit Tépithète de P6-
jyôtkésh, c'est-à-dire « homme de la doctrine des an-
ciens M ^
Nous avons reconnu que cette mention du Din-
kart nest point isolée, mais confirmée et éclaircie
par une source arabe indépendante. Maçoudi, dans
ses Prairies d'or, fait allusion aux rapports qu'Ardashîr
aurait eus , au commencement de son règne , avec un
pieux personnage du sang royal nommé Bishar «m^ijo,
qui appartenait à la secte platonicienne^. Dans le
Kitâb et'tanbîh^, il revient sur ce Bishar «m^ijo que la
fantaisie des copistes transforme encore en Banshar
yiJb , Yanshar wiJu , Tabshar ^-A^ et %-ûjo ^ et qui
était, dit-il, le Mobed d'Ardashîr et fut son Dâ^i ^^b,
« son apôtre » ^. C'était un des Mulûk ut-tavâif et il
régnait dans la province de Perse. Il était de la secte
platonicienne, il abdiqua et embrassa la vie reli-
gieuse^. Puis il prêcha la venue d'Ardashîr, envoya
* Zend Avesta , p. xxxi , texte et notes.
* Maçoudi, II, 161.
^ M. de Sacy en a fait une analyse reproduite dans le Maçoudi
de M. Barbier de Meynard (IX, 3oi). M. de Goeje en a préparé
une édition critique dont il a bien voulu nous communiquer les
bonnes feuilles, d'oi\ sont tintes les citations contenues dans ce
travail (BriU, Leide, 1894).
* Édition de Goeje, p. 99, note a.
^ »;H^ ^4^3 M S^'>^^ ^'>;î ô^^ r^ (Ibid., p. 99).
O-;^ O^;^ *--i-^l «-ti-^l viU« ç,jhs\ Uu\y3A}\ J^ *lJL?! ^^ lj^aU!
ji^ «Ni5^ (Ibid., p. 100).
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 187
des missionnaires dans les provinces et ainsi facilita
le triomphe du prince sur les Mulûk ut-tavâif ^ Ma-
çoudl ajoute qu'il a composé de beaux traités sur
l'administration et la religion, où il justifie les in-
novations qu'Ardashîr avait introduites àdus lune et
dans l'autre et qui étaient inconnues aux roia anté-
rieurs 2. On cite en particulier une lettre au roi de Ta-
baristan , une autre au roî de Hnde. Maçoudi nous
a conservé un fragment de la première de ces lettres^.
Pour peu qu'on soit familier avec la polyphonie
des caractères pehlvis et les étranges variations ortho-
graphiques amenées dans l'écriture arabe par le dé-
placement des points diacritiques, on reconnaît que
Bîshar «^imaj , %-ûJb et )»\^ représentent un seul et
même nom : Tansar, y^JJ (j-*-^^).
Or, cette lettre de Tansar-Bîshar au roi de Taba-
ristan, dont Maçoudi nous donnait déjà un frag-
ment, un heureux hasard nous l'a rendue tout
entière. Elle ne nous est pas conservée sous sa forme
primitive qui était le pehlvi : elle nous est arrivée
dans une traduction persane, faite elle-même, non
pas sur l'original pehlvi , mais sur une version arabe
qui est perdue et à laquelle appartient sans doute
» s
« ^-xjs" *4jU)JI3 JuS^juî iuU-J! gipî i y^-*^ J^^ y*^^
' Voir la citation au commentaire de la page 176.
i3.
188 MARS-AVRIL 1894.
la citation de Maçoudi. Cette traduction arabe per-
due était rœu\Te dlbn al-Moqaffa \ Guèbre converti
qui, sous les premiers Abbassides (il mourut vers
l'an -760 de notre ère, an 182 de l'hégire), se
donna pour tâche de traduire dans la langue des
conquérants les principaux livres nationaux de la
Perse. La traduction persane, postérieure de cinq
siècles , est l'œuvre de Mohammed bin ul-Hasan bin
Asfandyâr, qui écrivait vers l'an 1210.
Ce Bin ul-Hasan , natif du Tabaristan , avait entre-
pris l'histoire de son pays. Un jour étant à Klivârizm,
alors grand centre d'érudition et de littérature, il
trouva dans une boutique de libraire une lettre, tra-
duite du pehhd en arabe par Ibn al-Moqaffa, et
adressée par Tansar yj>u.x.'s, « sage Persan et grand
prêtre d'Ardashîr Bâbagan », en réponse à une lettre
du prince de Tabaristan, Jasnasf-shâh. La trouvant
pleine de pensées édifiantes, il la traduisit en persan
et l'inséra dans l'introduction de son lûstoire du Ta-
baristan.
Si cette lettre est authentique, c'est-à-dire si, à tra-
vers les deux traductions, arabe et persane, elle re-
présente réellement un texte émané du chapelain
d'Ardashîr, elle constitue le monument le plus an-
cien de la Perse après les inscriptions de Darius et
l'Avesta. Elle peut même être plus ancienne que
l'Avesta sous sa forme dernière et complète, si Ton
^ Sur ibn ai-MoqalTa et sou œuvre, voir S. de Sacy, Notices et
Extraits, \, 266 sq.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 189
admet qu une partie de l'Avesta a été rédigée sous
les premiers successeurs d'Ardashîr. Est-elle authen-
tique ?
Elle ne Test pas dans sa forme présente, non
point seulement quant à la langue , ce qui va de soi ,
mais aussi quant au fond. Il ne semble pas que le
traducteur persan ait rien ajouté de son fond à ce
qu'il trouvait dans son original arabe, sauf peut-être-
lanecdote finale, sur le roi fataliste Jihang, citée
pour éclairer les rapports du libre arbitre et de la
destinée. Mais il est clair que le traducteur arabe a
inséré nombre de nouveautés dans Toriginal, quel
qu'il soit, sur lequel il travaillait. Ibn al-Moqaffa,
sans doute pour rendre le vieux texte guèbre plus
respectable à ses lecteurs musulmans, y a glissé
des citations du Coran et de la Bible qui se déta-
chent d'elles-mêmes du contexte et qui, d'ailleurs,
n'ont jamais eu la prétention d'appartenir à l'ori-
ginal. Il s'est rappelé aussi qu'il était le traduc-
teur du Kalila et Dimna pehlvi et a inséré, pour
le plaisir du lecteur, une longue fable qui se re-
trouve dans le Pancatantra et qui appartenait sans
doute à sa version pehlvie de Kalila ^ Ajoutons à la
liste des interpolations la description de l'anarchie
(p. lia); l'histoire de la génération dans le coffret
* Ce morceau ue se trouve pas dans la version arabe de Kalila
publiée par M. de Sacy et devra ùive pris en considération dans
l'étude des sources du Kalila arabe : l'original manque dans la version
syriaque, mais se retrouve dans le Pancatantra , ce qui laisse voir
qu'il se trouvait dans le Kalila pelilvi.
IIH) MARS-AVIUL 1894.
(p. i3 a); le commentaire explicatif du terme jmî-
dique abdcU (p. i3 a); l'histoire du roi fataliste Ji-
hang (p. 2 0 a)^
Ces interpolations déduites, reste un texte qui
pour le fond est antérieur à Ibn al-Moqa(fa, qui ne
peut être son œuvre , et dont Tauthenticité générale
éclate aux yeux : car il fourmille de détails dont 1 au-
thenticité nous est garantie, pour les uns par leur
accord avec ce que nous savons directement par les
textes pehivis , et pour les autres par leur nouveauté
instructive et la lumière qu'ib jettent sur les obscu-
rités de ces mêmes textes pehivis.
On ne voit pas pourquoi Ibn al-Moqaffa, écrivant
pour les Musulmans , aiu*ait forgé un texte pareil qui
n'a qu un intérêt historique et archéologique. Ibn
al-Moqaffa est avant tout un antiquaire qui veut sau-
ver ce qu'il peut du passé et familiariser les Musul-
mans avec ce passé , les y intéresser si possible ; il ne
fait ici que continuer ce qu'il a fait dans sa traduc-
tion du Khudâi nânuiy du Kalila et autres vieilles
œuvres nationales de la période antéislamique*
Mais on ne peut assurer pourtant en toute certi-
tude qu'il eût sous les yeux l'original pehlvi de Tan-
sar même. H nous donne lui-même sa source, dans
une ligne dont le sens malheureusement n'est pas sans
laisser quelque équivoque. Il écrit, dit-il, ^ («W}!
^ £t les citations arabes reproduites et traduites par Biu ul-Ha-
san, comme p. ii a, ii 6.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 191
0*î)^ , c est-à-dire : « d après Bahrani , fds de Khorzâd ,
et celui-ci daprès son père Manûcihr, Mobed de
Khorasan, et [d'après] îes sages de Perse». Dans
cette indication de source, une chose seulement est
absolument claire, c'est que le traducteur arabe tra-
vaille sur un texte quil trouve dans un livre d'un
zoroaslrien nommé Bahrâm, fils de Khorzâd. D*où
Bahrâm lui-même tient-il ce texte .^ D'après l'ana-
logie des colophons que l'on trouve dans les vieux
manuscrits pehlvis et qui donnent la généalogie des
copies, il semble vraisemblable qu'Ibn al-Moqafia
nous donne ici le colophon abrégé du texte de Bah-
râm, c'est-à-dire la succession des copies du texte;
autrement dit, Bahrâm copie un manuscrit émanant
de son père Khorzâd , celui-ci un manuscrit émanant
de son père Manûcihr, Mobed de Khorasan, et celui-
ci un manuscrit émanant de copistes du Farsistan.
Si cette interprétation est la bonne , la version d'Ibn
ai-Moqaffa remontera à un manuscrit pehlvi de la
lettre de Tansar.
Mais cette ligne est susceptible d'un autre sens.
Elle peut désigner, non les originaux successifs d'un
texte antérieur, qui , de copie en copie , est venu aux
mains de Bahrâm et d'Ibn al-MoqafiFa, mais un en-
semble ^e sources sur lesquelles Bahrâm aura com-
posé le texte qu'Ibn al-Moqaffa traduit. Dans ce cas ,
notre texte n'est plus l'œuvre de Tansar, mais l'œuvre
de Bahrâm, fils de Khorzâd. Mais, même en ce cas,
la lettre de Tansar ne reste pas moins authentique ,
quoique dans un sens différent; car les détails qu'elle
192 MARS-AVRIL 1894.
contient portent tellement le cachet de la vérité qn H
faut supposer que Bahrâm travaillait sur des sources
historiques excellentes.
L'époque de Bahrâm nous est inconnue; mais elle
est dune importance relativement secondaire pour
la question de lauthenticité du texte. En effet, lin
ai-Moqaffa est mort au commencement du second
siècle de Thégire , un siècle à peine après la chute de
la dynastie nationale : or, deux siècles plus tard, à
fépoque de Maçoudi, le pehlvi était encore florissant
comme langue écrite , et soit que Bahrâm appartienne
à la période sassanide ou déjà â la période arabe, il
est d'une époque où la vieille littérature pehlvie était
encore intacte.
Je passe à lanalyse de la lettre.
Après un préambule historique sur Thistoire de
la conquête d'Alexandre , qui présente déjà la légende
traditionnelle sur l'origine des princes provinciaux
[Malâk ut-tavâif) j Ihn al-Moqaffa conte qu'au temps
où Ardashîr renversa Ardavân et rétablit l'unité de
l'empire iranien, le Tabaristan avait pour roi un
prince nommé Jasnasf-shâh, qu' Ardashîr ne voulait
pas réduire par la violence , en souvenir de ce que ses
ancêtres avaient conquis leur province sur les lieute-
nants d'Alexandre et avaient été fidèles à la dynastie
de Perse. Jasnasf-shâh, voyant pourtant son indé-
pendance menacée, écrivit à Tansar, le grand prêtre
d' Ardashîr, qui avait été jadis le conseiller intime de
son père , une lettre contenant un véritable acte d'ac-
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 193
cusation contre Ardashîr, contre sa cruauté, ses pro-
cédés dmquisition et d'espionnage, ses lois tyran-
niques, ses innovations religieuses. Notre texte est
la réponse de Tansar, laquelle fut jugée décisive,
car Jasnasf-shâh envoya sa soumission et il conserva
sa province sous la suzeraineté du Sassanide.
I. Tansar commence par expliquer pourquoi il a
quitté le monde et embrassé la vie ascétique. C'est
pour que les rois et le peuple, le voyant détaché de
tout intérêt personnel, croient à ses conseils.. Il a
renoncé à tout, afin d'avoir plus d'autorité pour ré-
former le monde d'après la vraie religion.
II. Le devoir de Jasnasf-shâh est de se rendre sans
tarder à la cour d'Ardashîr et de mettre à ses pieds
sa couronne. Ainsi a fait naguère le roi de Kirman ,
Qâbûs, qui, en retour de son obéissance, a conservé
son titre royal. Le Roi des Rois [Shâhanshâh) laisse
le titre et le droit de Roi [Shâk) à tous ceux des Rois
provinciaux qui le reconnaissent.
III. Jasnasf-shâh reproche à Ardashîr de se donner
à tort comme restaurateur de la loi ancienne. Mais
les textes sacrés ont été détruits par Alexandre, il
n'en est resté que quelques traditions et légendes,
elles-mêmes corrompues par 4e vice des hommes,
par le goût des nouveautés et de l'apocryphe, si bien
qu'il ne reste rien d'authentique. Il fallait pour faire
revivre la religion un homme à l'esprit droit et bon-
194 MARS-AVRIL 1894.
nête. Y a-t-il jamais eu homme aussi capable que le
Shâhanshàh ?
IV. On reproche h Ardashîr la répartition stricte
des hommes entre quatre classes et les lois sur les
métiers. Nécessité de la hiérarchie des classes. Maux
qui naissent du mélange des rangs. Le Roi autorise
d'ailleurs le passage d'une classe inférieure à une
classe supérieure, mais après examen et garantie de
mérite.
V. On reproche à Ardashîr sa craauté. Un roi
peut être cruel avec quelques exécutions, et ne pas
Têtre en versant le sang à flots. Le nombre des sup*
plices prouve seulement la corruption publique et
rétendue du mal à réprimer. Ardaslur, au contraire,
est plus clément que les anciens pour les crimes en-
vers Dieu, envers le Roi ou envers les particuliers.
Jadis on punissait de mort immédiate les crimes
contre la religion : depuis Ardashîr on emprisonne
pendant un an les hérétiques ; des clercs les prêchent
et les catéchisent tous les jours, et ce n est qu'au cas
où ils restent obstinément aveugles qu'on les met à
mort. Jadis on n'épargnait jamais les rebelles ou les
fuyards : à présent, le roi se contente de les dédmer,
afin de tenir les autres suspendus entre la terreur et
l'espoir. Jadis on punissait les déUts contre les par-
ticuliers de mutilations qui affaiblissaient d autant la
force publique et ne profitaient pas à l'offensé que
l'on veut venger : à présent, l'amende remplace la
mutilation.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 195
Via. Justification des lois somptuaires, comme
distinctives des classes.
VIL Justification des lois d'héritage établies par
le Roi.
Vin. Ardashîr accusé de sacrilège pour avoir
éteint les feux sacrés des Malâk ut-tavâif. C'étaient
ces feux qui étaient sacrilèges.
VI b. Justification des lois somptuaires, comme
distinctives des classes.
IX. On reproche à Ardashîr l'emploi de l'espion-
nage, n est nécessaire que le Roi soit tenu au courant
de la conduite de ses sujets : il faut seulement qu'il
choisisse des informateurs honnêtes. Les gens de
bien n'ont qu'à se féliciter de cet espionnage qui fera
connaître leur mérite au Roi et leur vaudra sa fa-
veur.
X a. Pourquoi le Roi n'a pas d'héritier désigné.
XL Vertu et grandeur de la Perse ancienne. His-
toire de la chute de la dynastie. Légende de Dârâ et
de Rastîn (conte du Roi des Singes).
X b. Pourquoi le Roi n'a pas d'héritier désigné.
Règles de félection royale. De la consultation sacer-
dotale.
XJI. Place de la Perse dans le monde. Supériorité
de la race persane qui réunit les mérites de toutes
les autres races.
XIII. Préparatifs d' Ardashîr contre les Romains,
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 197
historiques et religieuses de sa race , il me demanda
un sujet d'étude, et je lui recommandai de publier
et de traduire la lettre de Tansar, comme étant le
texte le plus important de l'histoire de la Perse sas-
sanide. Se trouvant à Londres dans les vacances de
1892 pour le Congrès des Orientalistes, il profita de
l'occasion pour copier le texte de cette lettre dans le
manuscrit des Addenda du British Muséum (n° -yôSS) ^
et il en fit une traduction française. Il quitta Paris
en 1893 pourxentrer dans le Caucase, sans avoir
eu le temps de reviser sa traduction. De plus, il avait
négligé de prendre dans le manuscrit le texte de
l'introduction historique qui annonce la lettre.
Quelques mois plus tard , un de mes anciens élèves ,
M. Paul Ottavi, à présent vice -consul à Mascate, se
trouvant de passage à Londres , voulut bien prendre
copie de cette introduction et y joignit, mais pour
l'introduction seulement, les variantes d'un autre
manuscrit qu'Ahmed -Bey avait négligé et qui se
trouve dans YEast India Office Lihrary (le n° 1 134).
Au printemps de l'an dernier, un autre de mes
auditeurs, M. Ferté, à présent au consulat de Té-
héran et déjà connu par d'intéressantes études sur
quelques poètes persans , se chargea de revoir la tra-
duction d'Ahmed et de la compléter en traduisant
l'introduction. Il introduisit beaucoup d'améliorations
dans la traduction d'Ahmed. Mais le texte d'Ahmed
reproduit un manuscrit inférieur et laisse nombre
^ Voir l'analyse de ce manuscrit dans le catalogue Riou, p. :îo2-
2o/|. Cf. le catalogue persan de la Bodk^ienne, p. lOo.
198 MAUS-AVRIL 1894.
d^énigmes insolubles. La comparaison des variantes
de YEast IncUa dans la partie où nous les possédions
déjà, cest-à-dirc dans Tintroduction , prouvait que
ce manuscrit était bien supérieur à celui du Bridsh
Muséum, où les lacunes abondent, et me convainquit
de Timpossibilité d'arriver à une traduction définitive
sans le secours de ce texte. Me trouvant à Londres en
novembre dernier, je pris les variantes de VEast India
Office, qui est devenu la base du texte que je donne
plus bas. Ces variantes me donnèrent, sans grand
mérite de ma part, la solution de nombreuses diffi-
cultés qui avaient arrêté Ahmed et Ferté et le sens de
passages mal entendus. Mais je suis loin de penser
que la traduction que je présente au lecteur et qui,
malgré des différences importantes , représente essen-
tiellement la version d'Ahmed , revisée par M. Ferté,
soit une traduction définitive; et j'imagine que les
manuscrits de Saint-Pétersbourg et de la Bodléienne
fourniront à la critique la matière de bien des cor-
rections.
Le commentaire est tout entier de moi, sauf
quelques notes dues à Ahmed-Bey et dont l'origine
est indiquée.
Le texte suivant, comme je l'ai déjà dit, repré-
sente essentiellement le texte de VEast India Office
(ou manuscrit I). J'ai mis entre parenthèses les mots
ou les phrases omis dans le manuscrit du British
Muséum (manuscrit B); j'ai mis entre crochets les
mots o\i les phrases omis dans le manuscrit de VEast
India Office et qui, d'après le sens, ont dû appartenir
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 199
au texte : car ce manuscrit, quoique plus correct,
a aussi quelques omissions qui lui sont propres, ce
qui prouve que les deux manuscrits sont indépen-
dants l'un de l'autre. Le manuscrit I, qui est le meil-
leur, est aussi le plus ancien : il date de Tan de
l'hégire io32 (162 3); le manuscrit B lui est posté-
rieur de trente-trois ans (H. 1067 = i656).
200 MARS-AVRIL 1894.
LETTRE DE TANSAR A JASNASF,
ROI DE TABARISTAN.
^jUj jX-fiJ L^l;! *>sj*>^ ^tj.iô*^^ U>^^!;-^^^ JO^^
b à^yb *>ôi>j^> jiXJj^! yài^ axtjS^ |;b^^
A— s" j»w-i_;^^i)Lu^ «xi^Lw o«U^ b^^^ ^«^^U-^^j
ôLjU-ST ô!^-^!^ [v::>!:>b^] v:;>bL^^ Ulâ^ [*»L?Lib}^
« I ^I;;>^. — ' I 'U^. — 3 M s:^7^^- — * ^^^ M et I. —
^ <i^^« — * Lire ow^obcj. M Oo4>^ (lire jm-^JLx^?) t-^w^^^JUj
1^13^ o.-«-*J5 ojuo*^. — ' 6'ic M et L Lire yjJLx^ (?). — ® M,
au lieu de (^^Lu^, etc., a : JljwS «^ 9^ ^^^^^ i£,\'yn om*Js>! o>j15)
3 oolS'^^^^ ^jULt.
8
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 201
Û3 ^J? -^Jl— ^ j' (5^^ AX-ib^ oJxAài (j^j\)^ (S^^
i^ ^^ jLiwj u'^J'-* <r^1^^ 4>^ u'*^ 1; u'^^^y *^
III. 1 !\
i«r«ii<raiB (ATI01U.I.
202 MARS-AVRIL 1894.
*^^-^J u'Oj-^ *<^. «î>U^y *5^<.;;^-»*H^ :>Lwijil fj\ \j
"Jk;
<X.-> xJL-^^-j) xS5 ^uj ^^LaJ ^v-dM^il
^1^— s-S^ r^i^ v;:>^=?"j:> vl^i^ ^t>*^ V^' «S'^^Sjl*
jQ>^V>M^ jô^^ (c^^) ^^.^^ l^^ o^U? b u^'
vi v;:j^..x1j^ c:^^—:^ c^La-^mI ô;!^^ v.-Â^I^'V^ JsJt:>^5^
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 203
OL-^l fO 1^ ^J3i^ i^jy^^ *>^-HSâaj (JÔ^^ i^l^
^JOÎ5 £-1^^-*-^* u'*^^-^ U^' t)"^ ^J^^^^W
— • Lire JlsUs. — "'"^t^j. _ s j^ ^j^^. __ 9 j ^j^j ^. _
204 MARS-AVRIL 1894.
JL^ «OjLj^ (3I) Jov o.i;X^ uW^-J J<J>y^ ^\ jJ^f^A
^.>UL5'i^ owuur [c:^.*^] yt^Xx:^ ^^l(>3^ JOAilx^-
,,. ft:iL-33 MÎP^ <^\*5^ O^Uyj S*>^}r^3 ^J^
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 205
^J oi^:yl^ ^^XûJ^ :>jXa^ |;I*>^^J 1*>^^^I »^;S"5ly
i|^ Jc-^l^^ (8 a) »^L^ ^1 ouobût_^ o^Ud^J ^J^
wwmuLj liJL^U (jW >«^AM^I ft4>oKi^ <^r^ U<^^H^ OCM^J A.«li
j! x5" aK^t (j)^^ ov^y v!y?- *>^!y^ ij^^^j^ »U
yS*^ — 4_^^ ySl]^j^^ u^^ ft^y^U «UàJu*^
4>^J.XLa^ :>y~^^ ^bCw^ p^Uw^ Jwty*. *Xaam; {^jMt:>j\^
^T«Xxj (Ul) :>^ j3y^ c;.!.^^ <X^L i^NXw »^T iS
200 MARS-AVRIL 1894.
^ y j*>^ u*^ pr*^ *^b-* *^y j^ i^^^y
^^3-*;^ (j^ eH^^t »àLj ç^ ^^^j^ f'>^'3 fO'''*»?,
(^^; — ûb) (^ ^ ^ji^-ûwtj <^|; fi^Lk^ Ij i^3*^ (j-Jb^
(j^ Jl— A. jt tj ^:>T ^^ i3^>^ «S" JwlJ^ ^J^bjT
» Jc-^j^ Urilf^'^ IdUjï^ ^*^!^J ^*Ji* ^j^3 ^^2*^' f,^^
» /v
c»ôJ, etc.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 207
iS^y-*. — ^ (jy-=^3 ^ ^^ ^^^j^ j^j^ *^' u'^!^[-J
y>J^yi^ i»U-« ^:àU3 ^U^ i^l^ ^x^t J03 (8 6) jOil Jo
(-v5" oi->! J^j5 ly Uol (j^^ jaJb (^ (c^bj') :>L«-.^j'
\j i^ — siA — lâ— >^ «XJUS'oi-jU?.! |<\Ji5"cj»^à «^bUAi»^
fjoj^ ^^^-aJ JIjss Ij JU^ J^Vj^ ub^^ {S^y*j^ \àjtoS
pt^-^ Ij J:iXw^ aS^ xT^jâj pb-^^^ vl/^^ {jj)^
208 MA1\S-AVRIL 1894.
y^^^ (»OwU ^à^) (J%i:?3 v-i^ 4^1; V^'^ ^ *-Ç'
^l^lj ^2^4>w>^ U^UmJ aKJUwj l^iM jt «S^i^tâ^^^lMj^
jj! uiAii^ cK^U^ (j|r^ aLS^ow-^jj In ^ ■# ca^gj^
— « Lire ^^.! ? M a'^ ^^Tc:,^^. _ 7 m jLS^. — » «juftl^. —
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 209
(j^ 4Jc-jî^y^ jyi» (^ CiV^UaJ ^Jj^^^ (*>^b) 5>^
(i(V-»M3 (cx-*Mi C:5Vm) (jJ^ P>^'^ 4KAty oi^liCU.1 ^^V^
^pN-)L^ Ly-AjU^Lw^ -D^>^X:S?Ty pviS"l^K:>- |rfV*«;
^ ^j^;. — 2 Ji^^ ^15'^f j^Uip. — 3 c;^wLjLrf.iû. — 4 ^1 3;^
210 MARSAVUIL 1894.
oci^^y viLU^ ^b a5"^ AS"'^5 0oOUi iS^ ti^jM» yHy
U ^tjj^ c;^-i^r^I J^3^ »U^ c:^l? j:^ 3' t*^
»! w *X_^b U cx-A-J J^-^l 3' ^ ^[) ^^JJ^^^3
^1^1^] *X3;yiS- vL:S2c>I aS^CX^U^'T)^ JsjJ^^ *>S?W^
^iû.>..x^ v±.l;-A-X S^^^k^ [pJ^y^^ Vj** *A^l*3
1 M J|plJL«. — * 1 «Js^JLi. — * M •>;^ A*. *^7^^;^ • — * «^y^ •
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 211
<^b (:)^' J^' * <^y«l^ *^ i^j^ Uû *>ô^^
=^ 4^^j>>?-? c^^'^ ^)^^ c^bj^ b py^y *^*>sl?
1; i0^^3 0O;ld c^JUs b^' iS^ ^y^MéjJ L:^{<Xo b ^^w;
j^ c;4Â.«M AxiltXo ^^^ c;A«M;â (^<^.' «^^l; c;A««Mb W^^
c;^^*Xi; (jJ^J *ii^*-- (:)'L>-^' cAÂ-i«^ (^Jjl Li^^X^ i^iA^\
iJ^J^J^ « ^^•>^*>y^'^îP U-jy«>w» (jU^ \j}ù^ cH^
VV^5U.I j^ b^' ^W^ j'>^ J*^ l^ [b] ^ *H^
jkJiâj p^;-^ <iA-»M;^^^ (;rl^^' CAJU»^ ^'*^^^ oUAiaAifti»!^
^ >^^i^. — * Os^jUji. — 3 I ^btxif^ -Usa.! . — * Mft.>^^.
212 MARS-AVRIL 1894.
y\<UA^ jbib j\ JS\^ «xiU J j^ jbî^ j5i> 4-^.-. ^^^
m
\ kX»^ ftUu^ ^^1^ (^jÂ-J ^3 *i:*-i«l (jJ^t
^ J.^ Vl^' "^.^^^ c3-^^^^'^^ b^. j' l? (c5^5) (:rî^
f^VÂJçj <^ ^U-aJjI y jJûfiNX^ »Jy^^ ô^y^ VW^I? b^'
jJû-J 5^ j-51 (lo a) XA-ÛJ^^j^ jî^^jC^ jl ouU^
^W^ C5«^^ C:r?^J^ AXiT)» jl^^A^Ï^ ii:A^] C:^^jW'j^
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 213
a3 ^j^^ A> g Xwtf L^ dLX« J1A.M3 x^lfr ^^vifr^ls «Xi^jliXJ
(«-ÂJÛJ3) iù>:>\y^ îj p>^ (^ c:*^^ ^^ ^ ^jUoI
4p-*»*bC« p^^y »Ujl^ (aS^) c^y âj^TjS^,^ *xxU3
Ljtà.^) jL^i^ 0M>â j3 r^t>^ a3 <XJ|<Xj «X-aAIoa^^ cj>j^^3
214 MARS-AVRIL 1894.
pj<2^ cxMâLMoJji» }tj\i j^,:^ yhA ^Î3 ^^ cjU^t J3I
t^-x^3 Lbl^^^A^ V^ ^J^^ c:>^)^j AAA<u»t V^
AJL^ îj cjU-^ ^^-Aà-ft yLâo! c:>ljûl© Jô^b ^jUtfSUj
A-f^-x^ j^Uj jU?^ u'^b-J ^1**6)^ {j^S3 *>^î^
— « 3^ Ij^ fjljXj iS»^\^ l^\^ ^ô.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 215
4>wÛ J-Ào^ V^'3 i=>^*^ V^ <3)^ (>»*^ J' j^^^»^ 3yi
A y fîfc l,^ (ja^**-> e^l)lj b^'j <-^^l6* c^W^I^ i^j^'j^3
[•I A V 11 (iia)xji^j{ <^Uii^l ^iJo \j Jo^3 <>yuM^
^t (jIjJLjOj^^^^î auS"' oiJib j^iUj :>3-^ ^Uaxll^
1 »jui. — ^ yis^îi <^î^li «T-^'r* v5^ 7?:>7î^ *^- — ^ >î«>^-
— ' ^y^yi *jo^î *Lacl yl^ ^1 Ij dL^yftj.
210 MARS-AVRIL 1894.
oi^^LJUi^ ^-is^j ôUft xT^iXAi p^Aji^ JUl) |<îJU(«j| Jô
vi^Uô {-•Js^j'^jy (:>?*^ U-^^ ov.*mI g-^J» ^UaJij! (J>«l^
0
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 217
4^jLà^^ A-ÂJûi^ C^^S*^^ 1-^^9'ê^^J «XÂJûâliXS^ %^ ^^^»
cz-^-À-S^yJ^I *>^^ :>jjs<Si (^jj J-»aj) 2^ ^3! U^ yUy
(e^t) y!^^ ^^;»^3» o^î^jl^j Lr^>î- c^^>l<i
O^Uj ^\^ (11b) ^lôJ^t py» c:5vj^ ^U:> duUjii j!^
U*5^-SS2 3 y^-J^-^ cMj^ JyLi. y »4X-^ ji:^^ *^p^
j>,x,^A,j ^owmLamj) ouyi^ ^ <Xjl^j^3 ^ 4X3U 0^1^
Owjy ^3-^ (Jl-«I) j.5^. J^^ Ui^J (^J b Joi^
III. 1 5
rio^ttr
218 MARS-AVRIL 1894.
fO-Uj ^^J^^ xi^ Ij J^,jJbjl S^y^'j^ b '^^pJju*3
»L&i) ^l.^A«j <>JUtj) j^ â>^ <i«A»x* c]>>>aa*3 <>>^»
OUL-^tj! ^^Uû^-i-i- j^j c:>^Lsl joÂJ AX-y^ JU-
Uft)Hi.^j:> Oi^jO^ j cx-i*.àj Js?!> *^ ^j\j\^ ùjS'
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 119
JL^X ^ iCT «XJL^wl» çjXJS^ 0,^M,0ê £P«^jU««u MiX^
jUj^Âi-*,!^ (:>HY? j' <5jW^ (»<-Û6L ^t)^ 4>oU^y^
3I *i c;^! 4i^j Juï^l yUj, (^j* ^^S^ ^yl^l yl^ô
*3l4X*.l (s^à^^ ^^y^ji (j**3' *S"n4%ilj^] ;5ltK»3
ub^b-? uUh^ i^3 ^ ^U yVAàb^ «t^U^3 j^A^fii^
J^JL« If kSj^ a5s>T|»5^ <>^U;i J^ C:)l>t «>'JV ^jl^
* «îvûs^
13.
220 MARS-AVRIL 1894.
Os À À 5"ax.i><^ tj gJOuS^JU^jk^ «XJiJ^jlf I; «Oui)
\)^\^ aX.3Ll^ A.3 «^.Mfj oucAJU
l<\AiL uu^ A-*o b r ^-^ ^ ^' ^^^^ ub' *^^3 ^ ouxûy
' ju^ l<vôU yLûvJ 313.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 221
ffyjm yjLkjk9^ (12 i) cj^jjto Ailîrf. ^jÙol (.:aawU^ ^iXJ^I^t^
J^JC-5 [a^^§UX^3 ouAS^^U ^51^ dL,:>)i ^i
r
^jb^^O* jj y^ j.5i:>3 4X3^ (^^ ^j^ ^yj^ i::9b^[xj»
*^-^^>*(3) ^ly^l^ u*0' u-^^ ^W-j^3 ^^y^3 ^>îr*
^ii MARS-AVRIL 1894.
JU ^^ ,#% X,T> AÂ^ y>^3 ^3^ *^^ li^ a^.' j^33
j^-p,à,Â<bt ^-^r^j^*Ko xr*>ws?T*KiO^ t^<<^W^
3 j.l^*t ^jLjS;^\ ^î^L^- -J4y^> £**>* 4^!^ »Uâ4^
iX^j^ I^U^ ji^Ui i^j^ ^Wv^ ^^ 3 *^^ «^' uW*
j\6u*Xi.3 ^j3 t)''^'^^ t^î;-*»'^ 0*^3 ^^^(3) ^^3*
^j) »àt^ |.>^ ^M^ xJLjT^I |<Ub 'yl (j^3 :»l^ ca^Uï
«X^tj^ àSj^^ «XjU ^3>a:^ ^:^^^«*^ b «X^l>â»* A*< «^U
5 i£»ï^ jj^. _ 0 I ^^^ ^^ j^_
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 223
<;m ir i\ X \ê ^pui^ i^J^y «XJ^ ^ U^jyf ^^1 JjÙMéu»
t>l^> tib' X* *i:*-*H^ e>b^ ^^^3 (*>^J^:i^l-»^) ^^y
CA^ j^ »JSI J^ ( Jbo) ç3^ lï ^ Jo*>w4To^ Jo t^l^t
À^KjLii cjjr^^y 45*N?>* C:>' t^l>3 A^*X^^; t^'^ V^lr*
(j^3 y ^^^-*3 ^jl-^^ ^ii*^*; u^-> "^^^ *^J^ C^3
* ja3l^ ^^à o.,yu (^jvJU (aS') :>^ Js>U xTj^^i
«*^ t^;ï U^ï •^^^- — * oô^too. — '•' OsJLJl^.
22/1 MARS-AVRIL 1894.
0^-L-.^3^ ^ *$W-^3 *^^--^j u^ ^^^^' f*^ *l^4 *^
-Wl^t «LôuL^ aS^^xjI^Xj o^lJ^j.i (tvAj'U /w:»)
^^M ^ d)^ ^U JtJ^t (aT) :>yf (Xa- i^'cx^T
j) JliXol ^^La« c^|;j^ ^3 oJOwwjâ |A>j c:
b uj u' (S'^^'^^ {j)j^^ (S^y^* *N)l^3 4^*^^^^3l^*
* Jô^^'. Le membre de phrase XSlift^, etc., est interverti dans
1 et vieut après «XJu5'w^, mais uu renvoi rétablit l'ordre exact qui
est celui de M.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 225
^*X-33^Jj cSAj^^xyJ a5^ 4«Ai>>l.^ à^ ^1^ C^«3^^J ^^^3
b i^^^j^b^ u; j^l;^ iS^o^t (jU^^ ':>^4j oc?jy
y «Xjo aS^ocmI |«^^x>« c^b c3^^ b^ (^>N«^ <^H^«|0
^^UftLû ' ^jU^ aS':)^ ow^j.^ a$ ^uT[3] *x.Ui.L,
' U'3
226 MARS-AVRIL 1804.
(j^J A^'J^ *>yH03 »^ C*»!;^ *)>^ v-ifti* 4^(^^4â3^
JoliU, i^yCôJ y»:>;^^ ( JH^Iô^^^yoîtf.) o^l ôlyil
(3) ^j^\ OHObUj^ j^UL yUilj Jy^^
J^L ^^U:^. AX--MÙJ ^jU 00^3 UJ^-*^ a*'M W*
i^LAJL.^ iS'^jj »jfTjS^:> JsîU i»tyi»-| L>3W>>
'^ J^l (iLT JOlJ^) ^ ^>6.^^ u^-î^ <^
(^2^^ *^Tlï o^^Li ôJ<àéJ * «X^Ui jl(jA^3 *>^b3
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 227
^y » ■ .liMi ft^l^ OcJUL^â^ Jw^lâ O'^^'^ ^^^Â^l iiS^ ^j^
UdJU-^l^ ^ *^>î^ ( vif (:^U^ ) à^isf'd^^J^ I^UJ^
uX*^^ <i:L>>^ »U:>U3 ^*>sj v^*^' ^>3 *>^-*^ ((:^0
^ ^^^. — «5 yyï!3 ;.L£t. --- ' W j*i^ - « j:^ c^yi t^. —
228 MâRS-AVRIL 1894.
^ (:^Wâ '^;^3 «xxâLû JU. Aa». 3 ouTjt (^ûcâ^
^ AS^t)'^ ^C:53^-> ooLiU, (^*>o) <iwA^T^}t3\j^ 3I
^ ^^^ ov.^r^jL« 3 j.^3 ov^U JÀ&I33 ^^b^^ j5^«k^ l»b
yi^J^ ^^^\^3 y^3 ou»*H^b U^ pb (j^Ov <^
OUA-J^ A^^Jcil ^^\j> U 0JJ^1^ (j^^t (0^1)^^
Ouoyuj. — * I vsouLô. — 5 M ajoute Ji^ ;j«^)3« — * y^**h
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 231
>^ sjkA^jjOo dto^s^lj! t^Tci^Jy »S'{ù^y>) igUoL
^;5" <>s!lf iMi Ç4d^ (j^l til>>- j>l îjU cu^xToô^jr
^)jJj\ JO A^i«>HS^ Oiy^JUJÛ jUm*^3 UmJÎ^^ £^^
â)3 L^ J^3 f^^'-^j^ f-^^j '^^^ ^^^^' r>^ b^
230 . MARS-AVRIL 1804.
^ dLXdâ â»^ ^sj^^ b^^ «xi<xx ^Uo ovMMij^^ ^ir
5^-i.L (i5 a) ^jjL^y vj-^ [jô.:wt*X^ jô]^ dJSf^
c:>;^.^io ifJkéât^J^ oim^UI^ oûLâ^ FosiLiâ^-^l c^Ui^Uâi^
Hj oc^ij^ J>U yïOy aJjÎ^ ^jù^3 CUi^Ja j5
yU) ^^\j^:> j^ ^i^^ b oJ*? cjàbuM t^Uo^ \jJS'
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 231
»0yM-j3*V? ^t0^s?-ljt C;^TouJy aS'(:»^) ^gUoL
:>jS' ^\f JJLî Ç4d^ (j^l ti!>>- J>l tjU cuJ.
â)> Uô J:>3 f^^^-^j^ f-^^J '^^^ ^^^^' r>^ b^
(j^ JuU 14*3 (^1;3 * i>^^ aJ^I (^^ Ut >;I*X3 Jl^3
232 MARS-AVRIL 1894.
b ^ 3yi v,^-.»^^ J^ J^^ 5*X43 ^^j3 SjS'
<X-JiL 5*X--jS^ ^ i±»:>L:w j\rjjjy J,t "^ ^^^^ ^^^ ^^^^
ov-^j-ft (^1 JLa^ ^Lao U UI Js?U;i3 A«JLm (:3^â^
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 233
^I^X-Aji-i,,! 9^jj^ ^ly Iju*^^^ (.>^) »^^i? u*>^
j^ d^U^3 ^^J^ yj-i ^ f«^î^ (16 «) (<>^Ui ^■::*^
III. 1 6
234 MARS-ÂVRlL 1894.
Ow-wJ; iXa». c>j5'^^l<ijj^ sLm i^:>^ (T^^^ ^ï***^»*»
\yS. ^UaJuyJl ft>^ >J Jouit |*Js^ ;^ ^6^ Osit AxtS"
^Lc5)l |*<X^ (si^^ ^^ JUI »:>jJt ^ A^UiiJt |»4X£ (j^3
A^ j^-ûl, J^i» x^^ [^^L*^ LeJLi ^îtjj^! »àj^ ^
^J\ oi^uM^^-JL^I (j^ (^^-j^ U^ xà^Jôl (j>^ «>JiX» A/^
(2>^-£^) c:Uuft CA^j3 p3j ^^ 4,^^ 4-Jlaj *5>Ai5'
^^ «jL jjïioT^ xû^ sÙytjS' i^iA^^ ^j^ (J^A?^3 ^1^
^ »3^^ C:;,?' r?;'^3; J-^ • — ' c:*^!?^^-. - ' 3 «^^J
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 235
^jl? *jl; CJ^U^I^ «>wL2uâXj |y&U;:>L »:>UiM;i5 4>û«>s^
» ^^^ ^^3. — » *5'. --3 jCsîj^ 00LXJL5'. — * ^ J4-*,.
16.
236 MARS-AVRIL 1894.
AJL^j,^ l, ^^ »U pliXil^ ôLfH*:. yJ^ JUAS^ t-^sxW
c>^,M.„y ^1; oJS^ Jo^3b^ f«^^j^ ^^'jyi ^=^
/uA^ AMI c;,!^ 4-Jlk al (^1 ^.iji^^\j^\ *^T
3I jl >^-^ J^ ^ > A.^ »l; j^ JUU. te. jl<)ji; bUa
y (cjv-*w* cM-ft^) (:jv-X-^ j^t^j^^^jk. l* ^Uwl <^l^3
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 237
^3!^ ^yS" Jji3 JyuMj j-^^ ^^5^^ ^ »:>^ Uoî 4-^^*
^^ b ôLA-il -Lc^ (joU. »Jyt^ ^Uwl jà iU-jl fjs^
^^^-^H»!-^' u'*^ 0^)-? oiw»**^3 ^.^^ (*^J ^^) u'
>^Mé HiSJîé \JkyÀju9 ^2>w«^ «X^ AXâw3 Sw^U A3
LacL^J^ »UJyi3 b^^^:> (ijv^j t^àîî' ^jy^ ^®0^^>r
238 MARS-AVRIL 1894.
*Ka^ ovâaW ^i:*'»^^ <r*^^> *^^^ <€>A^ »UJ^ j*
j^^X^ji îjb ^^^ j:> I; y »0^J 3ljj^ [^] J^l 3lf3
^^UiA^ «5^U»£^^ r^t^ c>jU« jl j^l;^ |*IaxjI^ ObiL àUj
*X^L»«^-x^ b'*^ j5>* c^W^ Jô^^ (iJvJC-nj^ t)^3^^
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 239
(j>Jb;i «S^L^ ^y^ Jô:>b oi^4>o j^* ^U^ ^ ftJôlâJ
(I;) c>-«U.3 ^jTc>^lj^3 ^ (j^ (17 ^) OôJ^ uUa^
A-Jl3Ty ôb jgl<T^oi.^.*^T^I 2»^^i f«^î''^3 JsJuJi
i<>JûwMUÔ v.jUi)^ " (««i^ f'^^^ yi ^ «XJuC^ /tf\»
u ^r, i;;>3Ujc-* c^j»6:>j ^-^^yi *^'y J^W ®cv^
: * fÂ^*. ^ La y^, • U3 c^^i ci>^ *T**^ >«î^5' ' ^
J^Uj. — • OwôLJ C>^3 yiîLc JcJdf . — • •>!•> j5Crf.> <i;3^ ^iUï} L».
240 MARS-AVRIL 1894.
^>? ^'*>^^ (j»H^ LT.^^ c:>;^à^ *>^^"5^ *>^3 *-*-«<>
ï c»^4 5^. — « 003^ ^ j^^ j*^3'> t7^^3' — ' M ajoute z
ajoute : ooLf^. — « J^^JîjI^. — ' ^r^'v» v^' ciUjol ^•>3.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 241
i(Jl^^Awt x5^ôjJ:>jj ôJJo xiiôlf Jy^ (18 a) jsjJ:>jS'
c^-^^j) <:r?^^ A^'j^ ^c^'*>^ j' [^^^J>î^ *>^i5^J
5
243 MARS-AVRIL 1894.
ylAjî ^»$y} f^^J ^yi l> t. ylAUàb * QjO^^ (j^
C3U Ul 4^*x-j^Lx-»»*^ yjc-^^ ^1)^3 o*^y^ t)!;*^'^^
xJ (18 2»)^ 4^L^ ^\^Mt M «>o^) ^^^jl^ ^ c^l^^^^
[*x«£?-] A3 U^^3 i^y^^ (S^.y^ *^b ^^.;^3 *î:;>'*-^
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 243
i^|^3 I^Uts aC^Ll^ U^Ia^^ (^>«><^t^ ^j^^ij ^^^^3
If 4^^^ iy^L A,.AMJ^t x5^(^l; ffJyO^ S^;^^ J^J>
lO^JUit^ JUUL^âJl^ I^^Lx-^ ^l^tf^XJU^ l;^! aS"
?44 MARS-AVRIL 1894.
x-ÛH^ aJjU^ (^^.;^) *N?Lo ^{^ |.ljjJ! ^IAjÏ j^3
U>-^ ^*x-j *x.ô-*^ *>^^^ »:>^aaU y^b-!^ (5^j
pjjj dLXuÇ b-^HS^l^ u^^ *(:^ ^^y^ U^ t*^^
1 M ajoute : j.^ y) (^ ^Ij?,. — « vW- ;J3- — ' ;**^ «*^- --
' CX^^Xw ^jCxwM» (jtjO.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 245
^^^ ^^u^Sy, lyU^I;:^ aT^^UoU i^ô^ (jyiUa.
^,.— I ..^.J^ j\ y^JUCt ^yS'^\j:> .jU^ xSî^^j ^^:>^
OiXAjg^ (5;jl«>ôlf> »S^ ^j\^ ^y OiijC*^ ov^lâ 4X^l^3
*^^^>-? <^^ pH»'3 «^^-5 wiLÂ^3 4^^!^ ^ô j c:»;^^
j^^ c«>*^ [u^' j' b] u"^^ ^^3 alr^J^ *^
(^^r^j^^) c;.M»«^ ci^ljLj »J^ ^jLU, Lft;^ 0^ ^J^^
'j5>.
246 MARS-AVRIL 1894.
jâ aJLîU^ ft^^ j^«yo I^jIa^ ft^l^ àUjl^ U;^
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 247
jmyj^yjjj ç^j.^ ^Lc* ^S^J.lej^ 0»^«X.^ CljàU^^ jJLÎ.
CX-Â.J *lLd ^à >^^-^ 4-^-Ud3 jJo X&. :>^i ^U 4^3
248 MARS-AVRIL 1894.
owix^3 d^i^^^ 4^^ua*3^ ^^JLà
M ^
c^s-Mj^ jL^-*^ »:>Lyj v.A^^ (j,.ftJ^ J^^îo)! *1U
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 249
5U1L. ,j— Jt jJl? ^^Ut jj^l^
J
^ sj'^'. I a en réalité ft^^yU, correction incomplète de iJ>c ou
III. 1 7
250 MARS-AVRIL 1894.
^>wj A J» <wn <» |*tt^ ocdCj^ AJ (34>wo 4KJIJ3 ^,,^*^«^ AxJL^
;^ )«>J-ft-» t^;--»N^*Xy^ t ^jLl*-^ ^LU^ OlJib ^jl)j1
(La suite au prochain cahier,)
DESCRIPTION DE DAMAS. 251
DESCRIPTION DE DAMAS.
TRADUCTIONS DE I/ARABE,
PAR
H. SAUVAIRE,
CORRESPONDANT DE L'INSTITUT
PREFACE.
L'ouvrage dont nous offrons aujourd'hui la traduction aux
amateurs d'épigraphie et d'archéologie musulmanes est entière-
ment consacré à la ville de Damas. 11 n'a pas sans doute l'im-
portance (jue présente pour l'Egypte et surtout pour le Caire
la Description que Maqrizy nous a laissée, œuvre colossale,
source intarissable de renseignements historiques, archéo-
logiques et géographiques , à laquelle ont puisé nos plus gran/js
orientalistes, depuis l'illustre S. de Sacy. Ebn Dôqmâq, le
maître de Maqrizy, nous a légué aussi une description de
Mesr et du Caire , partie qui subsiste seule d'une œuvre im-
portante que le célèbre historien parait avoir ignorée.
Il n'a été entrepris que des traductions partielles du Khétat,
Ce travail de longue haleine aurait dû tenter un groupe d'ara-
bisants et serait venu occuper une des plus belles places à
côté du Dictionnaire des hommes illustres d'ebn Khailikân , des
Prairies (Tor de Mas^oûdy, des Prolégomènes et de Y Histoire des
252 MARS-AVRIL 1894.
Berbers d'ebn Khaldoùn, des Voyayes d'ebn Batoùtali, et
autres. Mais ce qui n'a pas été fait pour les deux gros tomes
de Maqrîzy pourra l'être plus facilement pour le volume d'ebn
Doqmâq, qui comprend en tout 263 pages seulement ^
La traduction qui va suivre a clé faite sur le manuscrit de la
Bibliothèque nationale, supplément arabe n° 2788, dont une
copie intégrale , sans nulle variante , se trouve en la possession
de M. Ravaisse. Deux manuscrits du même ouvrage existent
au Britlsh Muséum : l'un (or. 3o35) semble conforme à celui
de Paris , car il contient les mêmes fautes de copiste ; l'autre
(add. i8533) parait beaucoup plus correct. 11 est daté de
l'année 979 de l'hégire et est d'une très fine écriture à la
turque , se rapprocliant un peu du tcâliq des Persans. Enfin la
Bibliothèque de Vienne en possède aussi un exemplaire , du
fonds Kremer*.
L'auteur, ^abd El Bàset el ^elmawy, naquit en l'année 907
de l'hégire (Comm. 17 juillet i5oi), puisque, comme il nous
l'apprend lui-même (f* ^o r"), il était âgé de quatorze ans
en 921. C'est à cette époque qu'il prononça sa première hhot-
beh (prône du vendredi), en présence de son père et de plu-
sieurs émirs. Quelques-uns des assistants lui firent des cadeaux ,
en l'engageant vivement à se consacrer à la prédication. Mais,
bientôt après , la guerre qui éclatait entre les Mamloûks Cir-
cassiens et les Ottomans obligeait sa mère à se réfugier à
el Qar^oûn avec sa ilUe et son gendre, qui était originaire de
cette localité, ^abd el Bàset revint avec eux à Damas en 928
et, deux ans après, par suite de la mort de son père qui s'était
démis de ses fonctions en sa faveur, il devint le prédicateur
attitré de la grande-mos([uée. « Ma barbe avait poussé » , dit-il.
Son père était le chaykh Charaf ed-din Moûsa el ^elmawy.
l'un des principaux icmoins de Damas charges d'éclairer la
' Nous devons rimpression du volume rrcbn Doqinâc{, publié en 1893,
au zèle (klairé de S. E. Yacoub Arlin Pacha, Minislrc de rinstruction pu-
blique en Egypte.
* Je liens les renseignements qui pr^^'è Icnl de robligeancc de
MM. H. C. Ka\ et Max van Berchem.
DESCRIPTION DE DAMAS. 253
religion du juge sur la véracité de ceux qui rendaient témoi-
gnage ; ces témoins juridiques portaient le nom de mo^addel.
^abd El Bàset dut atteindre un âge assez avancé , si Ton tient
compte des dates qu'on rencontre dans son Mokhtasar, Son
continuateur, le chaykh Mahmoud ebn el ^adawy, ne nous
donne pas la date de sa morf^
Le manuscrit 2788 est assez fautif; l'écriture, bonne dans
la première partie, devient très mauvaise ensuite. La fm est
pire encore. Les trois copistes nous ont laissé leurs noms. La
copie a été achevée le 1 1 djoumâda 2* de l'année 1286 (sep-
tembre 1868). Elle est donc toute moderne. Elle se compose
de 43 feuillets. Les fautes dont est émaillé ce manuscrit, le
seul que j'aie eu à ma disposition , eussent rendu mon travail
bien difficile, si M. Schefer, de l'Institut, le savant orienta-
liste qui administre l'Ecole spéciale des langues orientales vi-
vantes, n'était venu à mon aide, avec son obligeance accou-
tumée, en mettant à ma disposition — qu'il me permette
de lui en exprimer ici toute ma gratitude — le précieux
manuscrit lui appartenant, unique en Europe, qui contient
l'ouvrage dont ^abd El Bàset a tiré son Abrégé, le Tarihik et-
lâleh ou irchâd eddârès par Abou'l mafàkher Mohiy ed-dîn en-
No^aymy (ou en-Na^imy). Le manuscrit de M. Scheler, d'une
jolie écriture courante moderne, très nette et facile à lire,
n'est pas exempt de fautes de copiste. Mais les erreurs des
deux manuscrits se corrigent les unes les autres, si je peux
m'exprimer ainsi. J'ai d'ailleurs adopté de préférence la plu-
part des leçons qui m'étaient fournies par en-No^aymy. Outre
les biographies des professeurs et autres personnages, cet au-
teur nous donne parfois des détails topograpliiques suppri-
més par ^abd El Bâset, qui se borne, en général, à emprunter
les citations d'ebn Chaddéd, sans presque jamais le nommer,
et à reproduire à l'occasion des extraits du Dictionnaire biogra-
phique d'ebn Khallikân. En-No^aymy, au contraire, puise à de
nombreuses sources ; sous sa plume reviennent à chaque
instant les noms d'ebn Katir, du fds du qâdy de Chohbeh ,
d'ebn Chaddâd, d'ed-Dahaby et d'une foule d'autres chroni-
254 MARS-AVRIL 1894.
queurs ou auteurs de biograpliies. Hàdji KJialifah , en mentîoo-
nant son ouvrage, avec ï Abrégé (U, p. 427), n'indique pas
Tëpoque de sa mort, non plus que celle de ^abd El Bâset,
qu il ne faut pas confondre avec son homonyme ^abd £1 Bàset
ebn Khalii , le banalité, mort Tannée 920 de Thëgire.
En-No*aymy fut un peu le cofitemporain de Tabréviateur du
Tanhih et-tâleb, mais il le précéda de plusieurs années dans la
tombe, puisqu'il arrive à l'auteur du Mokhtasar d* ajouter à
la liste des professeurs des noms dont le premier ne ùài pas*
mention. En parlant de Taqy ed-din Abou Bakr, connu sous
le nom de fds du qàdy de ^adjioûn , qui résigna sa chaire en
895 , le premier fait suivre cette mention des mots : « Que
Dieu le conserve en vie ! »
Un autre auteur, Mohammad ebn Gliâker, mort en 764
(Comm, 21 octobre i362), nous a conservé dans son grand
ouvrage intitulé ^oyoun et-laivârikh (les Sources des Chro-
niques) d'intéressantes notices sur la topographie de Damas.
On en trouvera la traduction à la suite de celle du livre d*el
^elmawy, bien que, eu égard à l'ordre chronologique, elle
eût dû la précéder.
Viendront enfin quelcpics extraits du manuscrit arabe 828
de la Bibliothèque nationale , contenant : 1 ** Tohfat el anàm
jïfaMîl ech'Châm, par Chams ed-din Aboul ^abbâs Ahmad
ebn Mohammad el Bosrâwy, et 2" Nozhat el anâmjï mahàsen
ech-Châm, qui a pour auteur Abou'l baqà *abd Allah ebn
Mohammad el Badry, ed-Démachqy \
Quand on étudie les traductions faites par les orientalistes
les plus éminents tels que S. de Sacy, Quatrcmère, de Siane,
Defrémery, pour ne citer que ceux qui ne sont plus , on est
frappé de l'impossibilité où l'on se trouve de reconstituer
sûrement en ses lettres arabes un nom propre , par exemple.
' Hâdji Khalifah mentionne le premier (II, p. 328) et dit quil fut com-
}H)sé en ioo3 [Comm. 6 septembre i5g^);lc second le fut vers Tan 900
(f6. , VI, p. 32 3). Cf. S. de Sacy, traduction de 'abd El Latif, p. 57^, et
Quatrcmère, Mamloâks , II, 277.
DESCRIPTION DE DAMAS. 255
Cet inconvénient m'a amené à adopter un système de tran-
scription , grâce auquel , ce me semble , toute confusion de-
viendra impossible, en permettant néanmoins aux non-ara-
bisants de ne pas s'y arrêter.
Tout le monde sait que certaines lettres de l'alphabet arabe
ont leurs équivalentes en français; mais il en est d'autres qui
ne peuvent être représentées exactement qu'à l'aide de signes
de convention auxquels le lecteur doit être préalablement
initié ; car chaque traducteur a les siens. Voici ces lettres ; en
regard de chacune d'elles figure la lettre de notre alphabet
servant à la représenter au moyen de l'un des signes auxquels
j'ai fait allusion^ Quant à la lettre ^, l'usage le plus répandu
parmi les orientalistes (et le plus logique) est de la traduira
par une espèce d'esprit rude des Grecs (*), rappelant un peu
la manière dont les Arabes la prononcent.
^ = Dj,dj. Ifi> = T, t.
^ = H, h. là = £, z.
^ = Kh,kh. C = ^'*~
i = P, d. ^«Gh,gb.
J;=:Ch,ch. v5 = Q»q-
^ = S , s. ^ = W, w, ou.
Les voyelles sont représentées comme suit :
^ par a, quelquefois e.
^ par 0 , on et rarement en ou u.
""7" par e, quelquefois i.
! " par d.
^— 1— par où,
iS-^r- par t ou y.
5—^-. par aw ou aou,
i&-^— par ay.
' A Texception du^ , du ^ , du ^ , du ^ et du^ , qui n*en ont pas besoin.
--Je supprimerai le plus souvent les signes distinctifs du (2^ dansqàdy;
du h. , dans hanafite , hanbalite , H , ou Hàdjy, et du Kh , dans Kh , ou
Khalifah , Khallikân ci chaykh , qui reviennent si fréquemment.
256 MARS-AVRIL 1894.
L'ABRÉGÉ DU DÂRÈS"
PAR
LE CHAYKH *ABD EL BÂSET EL ^ELMAWY,
(Foi. 1 v"). Au nom de Dieu dément et miséri-
cordieux !
Louange * à Dieu , le maître de Tunivers. Que la
prière et le salut soient sur notre seigneur Moham-
mad, le sceau des prophètes et des envoyés, sur sa
famille et ses compagnons, bons et purs, prière et
salut jusqu'au jour du jugement dernier.
Or donc, ceci est un petit livre ^ dans lequel j'ai
abrégé louvragc intitulé: Tanbîh et-tâleb ou irchâd
ed-dârès^, dû au très docte Mohiy ed-dîn Aboul ma-
fâkher en-No*aymy, le châfé^îte , que Dieu lui fasse
miséricorde !
Je Tai disposé en onze chapitres [bâb) et une con-
clusion [khâtémah) ^.
Chapitre I. Sur les maisons ( d'enseignement ) du Qor'ân.
Chapitre II. Sur les maisons (d'enseignement) de la tra-
dition.
** C'est le nom qu'on donne aussi à Damas à cet ouvrage.
^ Je transcrirai en caractères plus gros ce qui, dans le texte
arabe , est écrit à l'encre rouge. — Les chiffres renvoient aux notes
qui figurent à la fin de chaque chapitre.
Chapitre III.
Chapitre IV.
Chapitre V.
Chapitre VI.
DESCRIPTION DE DAMAS. 257
Sur les madraseh (collèges) des imàms châ-
fé^ites.
Sur les madraseh des imams hanafites.
Sur les madraseh des imâms mâlékîtes.
Sur les madraseh des imâms hanbalîtes.
Chapitre VIL Sur les madraseh des médecins.
Chapitre VIII. Sur les khânqâh (couvents).
Chapitre IX. Sur les re64| (hospices).
Sur les zâwyeh (chapelles).
Sur les turbeh (mausolées).
Sur les djâmé^ (mosquées -cathédrales,
grandes - mosquées ) .
Chapitre X.
Chapitre XL
Conclusion.
J y ai ajouté des choses importantes **. C'est de Dieu
que j'implore i assistance et la direction vers le droit
chemin. Il me sufiGt. Quel excellent procureur !
'^ Le ms. de Londres Add. i8335 ajoute : Mais, à cause de leur
abondance, j'ai renoncé, si ce n'est rarement, à les indiquer.
258 MARS-AVRIL 1894.
CHAPITRE PREMIER.
SUR LES MAISONS (d'ENSEIGNEMENT) DD QOR»An.
La maison la khaydariyeh *. — Au nord de la
maison (d'enseignement) de ia tradition la Safcorryefe,
aux Qassain ^ (les fabricants d'écuelles). Elle fut con-
struite par le qâdy en chef Qotb ed-dîn el Khay-
dary Abou 1 khayr Mohammad ebn Mohammad ebn
'abd Aliali ebn Khaydar, ed-Démachqy, le châfé^te ,
le Mfez^, l'année 878 [Comm. 29 mai 1/173). Il
lui constitua des waqfs très productifs '', ainsi qu'à
[sa]** tiirbehy [contiguë à ia Mandjakiyeh], (située)
au quartier* de ia mosquée des Mouchés, et à d autres
établissements^. Né à Damas en Tannée 82 1 , îl gran-
dit orphelin sous la tutelle de sa mère, apprit par
cœur le Qor an et le Tanbîh ^, travailla à acquérir la
connaissance de la tradition et étudia la jurispru-
dence sous [Taqy ed-dîn] le fds [du qâdy] de Choh-
beh ^^ et autres. 11 est l'auteur de divers ouvrages
parmi lesquels sont les suivants : Les Classes des Châfé-
^îtes^^, un commentaire de YAlfiyeh d'el^irâqy^^ et un
commentaire du Tanbîh. En fait de fonctions, il
exerça celles (de professeur) à la maison (d'enseî-
' Je placerai entre crochets les passages fournis par le ms. de
M. Schefer ^! w^UJI
' Mal'dleh. '
DESCRIPTION DE DAMAS. 259
gnement) de la tradition ÏAchraJiyeh, de ivakil (pro-
cureur) du trésor public, de secrétaire de la Chan-
cellerie ^^ et de qàdy des Châfé^îtes. Il mounit Tannée
894 [Comm, 5 décembre 1 488) et fut enterré [dans
sa turbeh] au Caire.
La maison (d'enseignement) du qor'ân la Djaza-
RiYEH. — Quelqu'un a dit qu'elle était dans la rue
de la pierre ^'^. Elle fut constituée en waqf[en l'année
834]^^ par le très docte Mohammad ebn Mohammad
[ebn Mohammad ebn Yoûsef Cham§ ed-dîn] ebn el
Djazary, châfé'îte, professeur de lecture qor'ânique
et traditionniste. Il naquit [la nuit du (vendredi au)
samedi 2 5 ramadan de] l'année ySi {Comm, 11
mars 1 35o) à Damas, où il étudia la jurisprudence
et s'adonna à l'étude de la tradition et des [différentes]
manières de lire ^^ (le qor'ân) , sciences dans lesquelles
il se montra supérieur. Il fut désigné une fois pour
la charge de qâdy de Damas et son diplôme fut écrit
par 'émâd ed-dîn ebn Katîr; puis un accident étant
survenu, il ne fut pas achevé. Ebn el Djazary se
rendit au Caire à plusieurs reprises. Il avait de la
fortune et de l'éloquence. Il mourut [dans les pre-
miers jours de] Tannée 833 **.
La maison (d'enseignement) du qor'ân la Dola-
MiYEH. — Près de la Mârédânlyeh^'^y [au pont blanc ^
** Le ms. d'en-No'aymy donnant les dates en toutes lettres, ce
sont celles-là que j'adopterai de préférence. Elles sont indiquées en
chiffres dans le ms. de 'abd £1 Bâset. Ici Tannée est 823.
260 MARS-AVRIL 1894.
au côté oriental de la grande rue qui y mène], h la
Sàiéhiyeh de Damas. [Elle renferme la turbeh du
fondateur.] Elle est connue. Elle fut construite par
le Khawâdjais le rajs ech-Chéhâb Aboul 'abbâs]
Ahmad ebn [el madjlès ^^ el Khawâdjéky] Zayn ed-dîn
Dolàmah ebn *ezz ed-dîn Nasr Allah , el Baghdâdy , el
Basry, [un des notables Khawâdjéky s de Syrie], et
constituée par lui en waqf Tannée 84 7.
Je ûirai ° : « U y institua un imâm (directeur) avec
un traitement (ma^/oum) de cent derhams; un gar-
dien [qayyem] avec un traitement pareil (fol. 2 ) et
six faqîrs étrangers émigrés , occupés à lire le qor an ,
et à chacun desquels il était alloué trente derhams
par mois. L'imam organisateur établit, entre autres
clauses, qu un chaykh serait chargé de faire lire le
qor an aux susdits et qu'il recevrait pour cela une
somme supérieure de AÔngt derhams au traitement
fixé pour les fonctions d'imâm; quil y aurait [dans
Técole située au dessus de la porte] six orphelins, à
chacun desquels il serait également distribué chaque
mois dix derhams, et placés sous la surveillance
dun chaykh jouissant d'un traitement mensuel de
soixante derhams. (11 y avait encore) un lecteur d'el
Bokhâry, pendant les trois mois, avec cent vingt
' Comme on le verra au fol. 4 1 « les remai*ques faites par 'abd
El Bâset sont précédées du mot u>ii «j'ai dit», que je traduirai
par «je dis», et celles que précède fe mot Jyîî, «je dis», que je
rendrai 'par «je dirai», ont été ajoutées à \ Abrégé, par le chaykh
Mahmoud ebn Mahmoud el 'adawy. — Cependant ici, tout ce qui
est relatif à Timâm , au gardien , etc. , se lit aussi dans en-No*aymy.
Le mot J^it est donc une addition maladroite du copiste.
DESCRIPTION DE DAMAS. 261
(leihams de traitement; un nâzer (inspecteur) dont
le traitement était fixé à soixante derhams par mois
et un agent Çâmel) rétribué à raison de six cents der-
hams annuellement. [L'organisateur] fixa une somme
annuelle pareille pour Thuile ; cent derhams de chan-
delles pour la lecture d'el Bokhâry et la récitation
des prières des nuits de ramadan [tarâwih); pour
ceux qui étaient investis de fonctions, quinze ratls^®
de hahva , et deux brebis destinées à la fête des sacri-
fices; pour chacun des orphelins, une robe [djeub-
bch) de coton, une chemise de même étoffe et un
mouchoir. Il institua aussi un lecteur de leçon reli-
gieuse (mfddj^Ue mercredi de chaque semaine, avec
trente derhams par mois. Une clause imposait aux
fonctionnaires (de rétablissement) fobligation d'ap-
prendre par cœur, matin et soir, un hezb^'^ d'ebn
Dâoûd, qu'ils devaient réciter après la prière du
matin et celle de faprès-midi (Wr). C'était fimâm
qui devait faire la lecture d'el Bokhâry et était chargé
de lire (le qor'ân) sur la tombe du fondateur. Le
gardien était à la fois portier et mouadden (celui qui
l'ait l'appel pour la prière). »
C'est là ce qu'a mentionné ebn Toûloûndans son
livre (intitulé) el Qalâïd el djawhariyeh fi tarîkh es^
Sdléhiyeh^,
Ensuite (le Khawâdja Ahmad) mourut le 18"
moharram de Tannée 853 (i3 mars 1^99), âgé
d'environ quatre-vingts ans.
" Notre texte dit le i5.
2Ù2 MARS-AVKIL 1894.
Le premier qui exerça dans cette maison les fonc-
tions d'imam [imâmeh) et de supérieur [machikhah)
fut Chams ed-dîn el Bânyâsy '^*. La lecture du tniâd
fut confiée à Chams ed-dîn ebn Hâmed.
Un auteur raconte ainsi la cause de la construc-
tion de la DolÂmiyeh : le Khawâdja Ibrahim factfarîte
ayant édifié au pont bUmc une madraseh qui n avait
pas sa pareille et où il avait fait faire des cellules
(khalàwy) , un homme de la société du Khawâdja
ebn Dolâmah lui en demanda une par Tintercession
de ce dernier. Or il ne lui donna pas la cellule qu'il
avait sollicitée, mais une autre qu'il n'accepta pas.
« Dis au Khawâdja , lui répondit le Khawâdja Ibra-
him , d'édifier une madraseh pareille et de t'y con-
struire une cellule comme tu la désires. » Cette ré-
ponse fut portée à ebn Dolâmah et la nuit ne se
passa pas qu'il n'eût tracé l'emplacement et pris les
mesures de son école. «Je n'ai voulu par là, dît le
Khawâdja Ibrahim, que l'exciter à faire une bonne
œuvre. »
La maison (d'enseignement) du qor'An la Rièchâ-
'lYEH. [Dans la rue des Khozaîtes, au nord de la
khânqâh la Soinaysâtiyeh , à la porte des nâtéfânym^^.
— Elle fut construite, vers les 4oo, parRéchâ ebn
Natif 26 ebn Mâchâallah, AboulHasan ed-Démachqy,
professeur de lecture qor'ânique. Il naquit [à Dârayâ]
yers l'année ijo"" et mourut Tannée 44 A [Comm,
" Xoln; texte porte 38o.
DESCRIPTION DE DAMAS. ^63
3 mai loSs). H était, que Dieu lui fasse miséri-
corde ! savant dans les dififérentes manières de lire
le qor an et particulièrementdans celle d'ebn ^âmer^'',
pour laquelle il était considéré comme méritant la
plus grande confiance. (La maison) elle-même a dis-
paru et a été englobée dans une autre. Il y a appa-
rence qu elle est Ylkhnâïyeh , que construisit le qâdy
en chef de Damas, Chams ed-dîn [Mohammad],
fils du qâdy Tâdj ed-dîn [Mohammad, fds de Fakhr
ed-dîn ^otmân], el Ikhnây, le cliâfé^îte; il y fut en-
terré [en radjah de] Tannée 816 [Comm, 3 avril
i4i3). [La porte de la khânqâh la Sornaysâtiyeh
était autrefois ici ; puis , sous le règne de Tâdj ed-
dauleh Totoch et avec la permission de ce prince ,
elle fut transférée au vestibule de la grande -mos-
quée omayyade , où elle se trouve actuellement].
Je DIS : « n y a apparence que la porte de la chaîne,
connue sous le nom d'en-nâtéfânyîri, tire sa déno-
mination du susdit Natîf et il est probable que Mâ-
châailah ^^ est Tastrologue, auteur des Jugements. ^
La maison (d enseignement) du qor an la Sendja-
RiYEH. — Vis-à-vis de la porte septentrionale , appe-
lée en-nâiéfânyin y de la grande -mosquée omayyade.
Elle fut construite par [un des marchands les plus
probes et les plus honnêtes] le Khawâdja [*alâ ed-
dîn] ^aly ebn Isma^l ebn Mahmoud, es-Sendjâry^^*.
Il mourut subitement àMesr * [la nuit du (mercredi
* Le copiste a intercalé ici «l'année 735 ».
* Au Caire, suivant en-No*ayiny.
264 MARS-AVRIL 1894.
au) jeudi i3 djoumâda a'* de] Tannée ySS, que
Dieu lui fasse miséricorde !
Je dis : « Elle communique avec ma maison au
moyen dune porte que j ai ouverte dans un mur
qui les sépare; toutefois elle a conservé son entrée
particulière. »
La maison (d^enseignement) du qor an la Sâbgô-
NiYEH. — (Fol. 2 v°)En dehors de [Damas, au sud
de] la porte d'elDjâbyeh^^; elle est connue; (elle est
située) à Touest du grand chemin et du tombeau
(mazâr, lieu de pèlerinage) d'Aws ebn Aws^^, que
Dieu soit satisfait de lui! [Elle renferme une belle
mosquée -cathédrale avec minaret, dans laquelle se
célèbre la prière du vendredi, et la turbeh du fon-
dateur, de son frère et de leurs descendants.] EUe
fut construite par le Khawâdja Chéhâb ed-dîn Ahmad
ebn ^2dam ed-dîn Solaymân ebn Mohammad, el
Bakry, ed-Démachqy, connu sous le nom d'ebn es-
Sâboûny. 11 en commença Tédification [dans le mois
de rabî^ i*' de] Tannée 863 et Tacheva [en chabân
de] Tannée 868. Il y fut enterré.
[Il bâtit aussi vis- à- vis dudit édifice, versTorient,
une école pour dix orphelins , auxquels un chaykh
était chargé de faire lire le qor an , et qui touchaient
(concurremment avec Timâm, le gardien, les mou-
addens, etc.) des traitements déterminés à prendre
sur des revenus divers ; c'étaient entre autres les sui-
vants : un certain nombre de villages sis à Touest de
la ville do Bayroût, administrés par Témir du Gharb
DESCRIPTION DE DAMAS. 265
et connus sous le nom des Sâboûniyeh; — le vil-
lage entier de Madyara, dans la Ghoûtah, faisant
partie du Mardj septentrional; — le village de Tar-
hîm, dans le Béqâ\ un feddân et demi; — au vil-
lage d'es-Souwayrah , quatre feddâns ; — à el Qar^oûn.
faisant partie duBéqâ\ son quart; — au village de
Kohayl, dans le Hawrân, la quantité de six feddâns;
— au village d'el Khyârah , au sud de Damas , un
feddân et demi; — au village de la Sabinah occi-
dentale, un feddân et demi; — au village de Bayt
el abyâr [.ou Bayt el abâr, dans la Ghoûtah ) , un champ
[mazraah) connu sous le nom d'es-Sayyâf; — au vil-
lage de Djarmânâ (dans la Ghoûtah), le quart d*un
jardin; — au Wâdy inférieur, un jardin connu sous
le nom d'el Wattâb ; — au village de ^ayn Tarma
[ou ^ayn Toûmâ, dans la Ghoûtah), un jardin; —
au village de Saqba (dans la Ghoûtah) , sept parcelles
de terre; — au village de Hammoûriyah (dans la
Ghoûtah), un jardin; — au village de Barzah (dans
la Ghoûtah), plusieurs jardins; — au village de
Djoûbar (dans la Ghoûtah), quatre jardins; — au
Nayrab supérieur, plusieurs jardins; — sur le terri-
toire del Mezzeh, quatre jardins; — au village de
Kafar Soûsya, quatre jardins; — sur le territoire de
Qaynyah, trois jardins. Quant aux constructions
couvertes , tant à Tintérieur qu'en dehors de Damas ,
c'étaient entre autres : le khân de Baqsamât; à ayn
Louloueh, une salle [qâ^ah); à la Débâghah (la tan-
nerie), une boutique; à la grande ^oqaybeh, quatre
chambres [tébâq); àla^oqaybeh également , le khân de
m. 18
LMtalVktlB iatioxalb.
206 MARS-AVRIL 1894.
Toûloûn; au marché de ^omârah el Yakhnây, trois
boutiques, en commun avec les deux nobles harams;
au quartier de la mosquée des roseaux, six boutiques ;
dans le voisinage de la grande-mosquée omayyade,
deux salles ; dans le voisinage de Thôpital de Noûr ed-
din, quatre chambres; dans le voisinage de Damas
[sic), une chambre; à la Qadmâiiiyeh, quatre bou-
tiques; à la porte d'el Djâbyeh, six boutiques; au
quartier du marché de Vair, un khan; au quartier de
Qasr el Hadjdjâdj, un khan et, par- dessus, une
chambre à louest de la nakhlet eMawUeh (le haut pal-
mier); au sud de la grande-mosquée de Hassan, une
boutique. Yoûsef er-roûmy, mandoûk du fondateur,
constitua en outre en waqf : à Touest du Mosalla des
deux fêtes, dans le voisinage du jardin du Sâheb; un
jardin ; au village deKafar Soûsya , un pressoir à olives ;
une salle contiguë à la mosquée -cathédrale et aux
deux turbeh précitées et surmontée d'une chambre ,
et une autre salle, au sud de la précédente et sup-
portant deux chambres.]
La maison (d enseignement) du qor'ân la WadjÎ;
HiYEH. — Au sud de la madraseh la ^sroûmyèh et
de la Masroûriyeh et à Touest de la Samsândyeh [la-
quelle est au nord de la Khâtoûniyeh. Sa porte s'ouvre
sur la ruelle de cette dernière]. Elle fut constrjuite
par Wadjîh ed-dîn ebn el Monadjdja Mohammad
ebn *otmân^^,rimâm, le ra'ys, lechaykh desHanba-
lîtes, [Aboul ma'âly] ed-Démachqy, et-Tanoûkhy.
Il naquit Tannée 63 o [Comm. i8 octobre lad^), et
DESCRIPTION DE DAMAS. 267
mourut [en cha^bân de] Tannée yoi [Comm. 6
septembre i3oi). C'était un personnage important
{sadr), très vénéré, religieux; ii possédait de la for-
tune et faisait un grand commerce. Il professa à la
Mesmariyeh , et fut investi de Tinspection (nazor) de
la grande-mosquée omayyade, à ce que je crois *^.
[Il construisit aussi un réhâi à Jérusalem]^*.
NOTES DU CHAPITRE PREMIER.
^ ^^JLxj*. — Cf. sur l'eïpression AïJLa:^ la ftole de M. de Slane
dans son Dictionnaire biographique d'ébn Khaliikâii, I, p. 55 et 374.
^ Voici la mention que fait de cet ouvrage Hâdji Khalîfah, II,
|). 427 : < Tanbik et-iâleb oïl irehôded-dàrès fl ma be Démachfi men el
djawdm^oa el madàrès , pal* Mohiy ed-dîn AboU'i mftfâkher en-No*aymy
(en-Na*îmy, Flùgel), le châfé*îte, et son Abrégé par le chaykh *abd
el Bâset , le hhattb , ed-Démachqy. L'ouvrage est divisé en onze cha-
pitres et une conclusion. »
^ L'expression t Chapitre final » ou « de clôture * serait préférable
à « conclusion » > l'auteur ne concluant Hen , maiè traitant un sujet
différent.
* M. Waddington, de Tlttstitut, à relevé sur le marteau de la
porte de ce collège l'inscripticm suivante (n" 434 de ma collection):
« De ce qui a été fait sur la porte de la madraseh , pour la maison
I que j'habite , et qui fut construite par la noUe Excellence le mawla ,
«le qâdy el Qotb (Qotb ed-dîn) ebn el Khaydary, le qâdy en chef,
«que Dieu étende sur lui ses ombres (sa protection)!»
^ C'est dans ce quartier qu'habitait Qotôz, alors qu'il était l'es-
clave d'ebn ez-Za*îm. Cf. la Biographie de Qotoz dans le Fawàt el
wafayât, II, i65.
' On sait que ce titre dé « qui sait par coeur ■ est donné à ceux
qui savent pér cœur le qor'ân.
' ï^\^ . Mais le ms. d>fi-No*amy porte ïjb , leçôfl qui est à
préférer.
18.
268 MARS-AVRIL 1894.
" En-No'aymy mentionne en outre une cuisine à bàb el fca^âdis ,
et la cuisine des Banou 'odsiveli à Médine.
• H s'agit ici de l'ouvrage intitulé Et-Tanbili Jî forou ech-Chafé-
'ijeh (sur les principes dérivés du droit, selon le rite châfé'ite),
par le cliaykh Abou Ishâq Ibraliîm ebn *aly, mort en l'année 476 ,
puisque el Khaydary, ainsi qu'on l'a vu, fit un commentaire de
cet ouvrage. Sur le Tanbili d'ebn Ishâq, cf. H. KfaaL, II, p. 43o.
Le bibliographe cite le commentaire d'el Khaydary (qu'il nomme
en plusieurs endroits el-IIaydary), p. 436-437 du même volume,
et dit (ju'il l'intitula Madjma' el \'achchâq *ala tawdih Tanhili ech-
chaylik Ahi Ishàq.
^° Le qady Taqy ed-dîn Abou Bakr Ahmad ed-Démacbqy, châfélte ,
connu sous le nom de Fils du qâdy de Cbohbeb, mourut en Tan-
née 85 1 (Comm. 19 mars 1447). ^^ ^^^ l'auteur d'ingénieuses an-
notations au Tanhih. Cf. II. Kbai., II, p. 436. — tChohheh, ville da
Hawrân». Maràsed.
** Tabaqât eck-châfeiyeh. Cf. H. Kiial., IV, p. i44.
" A Ifiyet el 'iràqy, sur les principes des traditions , par le chaykh ,
l'imâm , le (làfez Zayn ed-dm 'abd Er-Rahîm ebn el Hosayn , el
'iràqy, mort en l'année 806 [Comm. 21 juillet i4o3j. H. Khsd.,
I, p. 4 16. — Pour le Commentaire d'el Khaydary, même Vo-
lume, p. 418.
" On peut voir sur la ^^| iôU5^» Quatremère, Mcanloâks, I,
p. 1 1 9 , et 11 , 2' p. , p. 222 et 3 1 7.
'* Darb el hadj(u\ Cette rue est mentionnée par ebn Cbâker.
^^ D'après le hâfez ebn Hadjr (en-No'aymy, fol. 2 v"), et œpen-
dant ebn el Djazary mourut en 833 !
^" B (c'est ainsi que je désignerai le ms. de *abd el Bâset, Suppl.
arabe n" 2788) porte «I^JlJI; N (qui représentera le ms. d'en-
No'aymy appartenant à M. Schefer) écrit c:»JlJUl.
^^ Dans B, le copiste a écrit ici la M drediniyeh ; mA\s elle est ap-
pelée plus loin la Mdrcdàniyeh.
^* D'après Khaiil Dâhéry (ms. suppl. ar. n® 921), ce titre tenait
le septième ou avant-dernier rang parmi ceux que donnaient les
bureaux de la Chancellerie dans la correspondance adressée aux
sujets de l'empire (fol. 43 v"). — Il semble correspondre à cdui
iVéfendi chez les Ottomans. Aujourd'hui Khawâdja signifie simple-
ment « monsieur » et ce nom ne se donne guère qu'aux Européens
en Syrie el en Egypte. Au Caire , on prononce Kkawâga. — N écrit
Kliawâdjéky.
DESCRIPTION DE DAMAS. 269
*^ Khaiil Dâhéry nous apprend (fol. A3 v°) que les titres jJL^
Ji^i)! ^ill, jLa^ill^ULJ!, jLa^ilJ Ul^ et ^UJI g^l occupaient
le même rang dans la correspondance de la Chancellerie. — Cet
auteur se trouvait à Damas en l'année 83 1 de l'hégire.
^ Le ratl de Damas se composant de 600 derhams = i^853,88,
il en résulte que chacun des employés supérieurs recevait plus de
27 kilogr. de halwa (pâte faite avec du sucre et du miel et que
tous les voyageurs en Orient connaissent bien).
^^ Cf. Quatremère, Mamloûks, II, 2* p., p. 42. — Ce mot fait au
pluriel mawÔLid.
^ Section (dans le qor'ân, chacune des soixante en lesquelles il
est divisé).
^ Chams ed-dîn Ahou *ahd Allah Mohammad ebn *aly ebn Touloûn ,
ed-Dcniachqy, et aussi surnommé ech-Châmy, es-Sâléhy, mourut l'an-
née 953 [Comm. à mars i546). H. Khal. cite de lui de nombreux ou-
vrages, mais il ne fait aucune mention des Qalâïd el djawhariyeh.
^* C'est-à-dire natif de Bânyâs (Panéas). — nBânyâs , village ou
petite ville près de Damas , au pied de la montagne située à l'ouest
de cette ville, et dont on voit le sommet couronné de neige. Bânyâs
produit des limons et des citrons. » Marâsed.
-^ Le copiste a écrit bâb en-nâtjjin, — Cette porte est mentionnée
sous le nom de bâb en-natfânjin par ebn Batoûtah, traduction
Defrémery, I, p. 210. Le célèbre voyageur ajoute que c'était la
porte septentrionale de la mosquée omayyade. Il existait aussi un
quartier de ce nom.
^* N écrit partout Nazif, — D'après el Asady, il s'appelait Réchâ
ebn Nazîf Abou'l Hasan ebn Dâoûd ed-Dârâny. — aDârayâ, grand
village, un des villages de Damas, dans la Ghoûtah. On y voit le
tombeau d'Abou Solaymân ed-Dârâny, qui est connu et visité par
les pèlerins. » Marâsed.
^^ Il est fait fréquemment mention des sept lecteurs du qor'ân.
Leur liste dans l'ordre chronologique serait comme suit [Dict. biogr.,
IV, 289) : ebn 'amer, ebn Katir, 'âsem, Abou *amr, Hamzah, el
Késây et Nâfé*.
Ebn Katir (Abou Ma'bad 'abd Allah) mourut à la Mekké en l'an-
née 120 [737-73%] (Biographical dictionary. H, 20, et en Nawawy,
363 ). — 'âsem (Abou Bakr) ebn Abî' n-Nadjoûd Bahdalah mourut
à el Koûfah l'année 127 [744-7^5] [Biographical dictionary,]!^ 1).
— Hamzah ebn Habib ezZayyât naquit à el Koûfah et mourut en
l'année i56 (772-773), àHolwân (Biographical dictionary, I, 478).
270 MARS-AVRIL 1894.
— Abou'l Hasan *aly ebn Hamzah ebn *abd ^ah ebn Bahman ebn
Fîroûz« surnommé el Késây, naquit à el Koûfah; il mourut à er-
Rayy l'année 189 [8od-So5] (Biographical dictionary, EL, 239). —
Nâfé' ebn 'abd Er-Uahman cl JVIadany, originaire dlsbahân , mourut
à Médinc Tannée 169 [786-786] [Biographical dictionarj^Ui, S22,
et en-Nawa\vy, p. 588).
" M. Sédillot fixe vers l'année 169 (776) i'époque où vivait Tas-
trolo^e Màcbâaliab.
^ c Sendjàr, ville célèbre faisant partie des districts du Djazîreh ,
au pied d'une montagne , à trois journées d'el Mawnel. 1 Marésed.
^^ flbn Batoûtab dit (I, 221, 2 23) que Damas a huit portes,
mais il n'en mentionne que quatre : la porte d*elfarâdis (des jardin3 ) ,
celle d'el Djâbyeh (du bassin' ) » cdle appelée bâb es-taghir (la petite
porte) et la porte orientale [bâb charqy) près de (à la suite de) la
porte d'el Djâbyeh.
^^ Avfs ebn Avirs et-Taqafy, le sahâby (compagnon de Mahomet],
vint se fixer à Damas , où se trouvent sa mosquée et sa maison dans
la rue des hommes tués [darb el qatla)^ ainsi que son tombeau (en-
Nawav^y, 168]. Il mourut l'an 59 de l'hégire.
Ce tombeau, situé près de bâb es-sayhir, porte l'inscription sui-
vante (n° 6o5 de ma collection): «Au nom de Dieu, etc. — Ceci est
c la tombe do l'illustre sayyed , le sahâby Aws ^n Aws et-Taqafy, le
« compagnon de l'envoyé de Dieu , que Dieu le bénisse et le salue !
«Cette tombe (je lis ^^ au lieu de ^j^b] a été reconstruite («>ûOh.)
«dans le mois de cha*bàn de l'année 1060» (i65o).
^ Moudjîr cd-dîn,eu faisant mention de la madraseh la fVodjt-
hiyeh à Jérusalem (traduction Sauvaire, 157), l'appelle Wadjîh ed-
din Mohammed, fils de 'otmàn, fds de Sa'd, fils d'd Mendjâ (ou
cl Monadjdjâ).
' a
^ iuAMOh., que je considère comme synonyoae de 1^, se retrouve
UQ6 autre fois plus loin (fol. la v"}.
^ Q s'agit sans doute de la madraseh; Moudjîr ed-din ne pwrle
pas de rébât.
* £2 E^iek n'a pas ici le sens de bassin, mais déngne le village dt ce
nom » dépendant de Damas.
DESCRIPTION DE DAMAS. 27*
CHAPITRE IL
SUR LES MAISONS (d'ENSEIGNEMENt)
DE LA TRADITION [hADÎt).
La maison (d enseignement) de la tradition l'Agh-
RAFiYEH^ — Voisine de la porte orientale de la ci-
tadelle, au couchant de la ^osroûniyeh et au nord de
la Qaymâziyeh hanafîte. C'était une maison (appar-
tenant) à lemir [Sârem ed-dîn] Qaymâz ebn ^abd
Allah, en-Nadjmy^, qui y avait un bain. Elle fut
achetée par el malek el Achraf [Mozaffer ed-dîn]
Moûsa ^, fds d'el ^âdel. Ce prince la bâtit comme
maison (d'enseignement) de la tradition; il démolit
le bain et en fit une habitation pour le ohaykh chargé
dy professer. Cela eut lieu Tannée 628 {Comm. 9
novembre 1 2 3o). Elle fut achevée en deux ans.
Je dis: « Ebn Karir mentionne dans ses Tabaqâf^
qu el Achraf y confia aux Châfé^îtes les fonctions de
professeur. »
El Achraf établit ebn es-Salâh ^ en qualité de su-
périeur [chaykh) de cette école, qui fut ouverte Tan-
née 63o, la nuit du milieu de cha^bân. Le chaykh
Taqy ed-dîn ebn es-Salâh y dicta ^ du hadîL
Il s y trouve une sandale {ndl) du prophète, que
Dieu le bénisse et le salue ! Elle était auparavant
chez Timâm Nézâm ed-dîn Abou 1 ^abbâs Ahmad ebn
272 MARS-AVRIL 1894.
*otmân ebn Abî'l hadid, es-Salîmy [oa es-Solaymy) ,
né à Damas Tannée 5 60 {Comm. 1 8 novembre 1 1 64)-
H avait reçu celte sandale en héritage de ses aïeux.
El Achraf l'honorait et l'avait en vénération à^ cause
d'elle. Il espérait la lui acheter et la déposer en
quelque lieu [makân) pour être l'objet de pèleri-
nages. Mais Nézani ed-dîn ne consentit pas à la"!lui
vendre. Il lui accordait généreusement d'en couper
un fragment; ce qu'el Achraf refusa dans la crainte
que ce ne fût un acheminement à la destruction (de
cette relique). Plus tard le prince lui donna un fief
et lui assigna un traitement. Les choses restèrent
ainsi jusqu'à la mort de Nézâm ed-dîn en Tannée
625 [Comm. 1 2 décembre 1 227). Il légua la sandsde
à el Achraf, qui la déposa dans la maison (d'ensei-
gnement) de la tradition y Achrafiyeh. On dit que
c'était la sandale (du pied) gauche et que celle du
pied droit était conservée à la madraseh la Dammâ-
ghiyeh, où elle resta jusqu'à Tépoque de Tîmoûr
(Tamerlan). Quand il entra dans Damas, il les prit
toutes les deux.
El Achraf mourut'' Tannée 635 (1227).
Le premier qui ( f* 3 ) professa dans cette école fut
ebn es-Salâh; puis [^émâd ed-dîn] ebn el Harastâny ®;
puis [Chébâb ed-dîn] Abou Châmah ^; puis Timâm'
[Mohiy ed-dîn] en-Nawawy ^® ; puis Zayn ed-din el
Fâréqy^^;puis, successivement, Kamâl ed-dîn [ebn]
ech-Charîchy ^-; Sadr ed-dîn ebn el WakîP^; Kamâl
ed-dîn ebn ez-Zamlakâny ^*; Kamâl ed-dîn [ebn] ech-
Charîchy, de nouveau; le hâfez [Djamâl ed-din] el
DESCRIPTION DE DAMAS. 273
Mezzy ^^, et Taqy ed-dîn es-Sobky ^^ ; enfin quelques
autres, dans un ordre sans authenticité, tels que :
*émâd ed-dîn ebn Katîr ^'', le qàdy Tàdj ed-dîn es-
Sobky ^^, son fils le qâdy en chef [ Waly ed-dîn] Abou
Dorr'^, Zayn ed-dîn el Qorachy^®, le hâfez [Chams
ed-dîn Mohammad] ebn Nâser ed-dîn ^^ et *alâ ed-
dîn ebn es-Sayrafy ^^.
Je dis : « Es-Sendjâry ^^ s'exprime ainsi dans la
Biographie d'ebn Hadjr^* : Le grand savant ebn Hadjr
fut investi de (la charge de professeur à) la maison
(d'enseignement) delà tradition YAchrafyeh de Damas
après le hâfez ebn Nàser ed-dîn et, lorsqu'il y fut
installé , il délégua Qotb ed-dîn el Khaydary ed-Dé-
machqy, attendu qu'il était alors le plus parfait des
maîtres dans cette science. On dit qu'au très docte
ebn Nâser ed-dîn succéda *alâ ed-dîn ^aly ebn ^otmân
ebn ^omar es Sayrafy et qu'ebn Hadjr prit sa place. »
Fin de la citation avec peu de changement. — En-
suite, après lui, la chaire fut cJfecupée par Qotb ed-
dîn el Khaydary.
La maison (d'enseignement) de la tradition
l'Achrafiyeh [extra muros, la Moqaddasiyeh] ^^. —
Au penchant du mont Qâsyoûn 2*, [sur le bord du
nahr Yazîd,] vis-à-vis de la turbeh du vizir Taqy ed-
dîn et-Takrîty^^, à l'est de [la madraseh] la Morché-
diyeh hanafite et à l'ouest de YAtâkébiyeh châfé*îte.
Elle fut bâtie par el malek [el Achraf] el MozaïFer
Moûsa, fils d'ei *âdel, le même qui a construit la
maison (d'enseignement )*de la tradition qui précède.
S74 MARS-AVRIL 1894.
Il la bâtit, que Dieu lui fasse miséricorde! pour le
très docte, le hafez Djaniâi ed-din ^abd Allah ebn
Soroûr el Moqaddasy ^^ ; mais celui-ci mourut avant
qu elle eût été achevée. Le premier qui y fut installé
fut Ghams ed-din ebn ^abd Er-Rahman ebn Afaî
*omàr Mohammad ebn Ahmad [ebn] Qodàmah^, le
hanbalite; puis Timâm Chams ed-din ebn el Ka-
mâl^^; puis [Charaf ed-dîn] Hasan el Moqaddasy'^
auquel succéda son fils ^ezz ad-din [Mohammad] '^,
et ensuite le fils de ce dernier, Badr ed-dîn ^-^; après
quoi la chaire fut occupée par tout Hs^nbaiite investi
du poste de qâdy en chef.
La maison ( d'enseignement) de la tradition la Ba-
uÂÏYEu. — En dedans de bâb toûniâ. C'était la maison
de Bahâ ed-dîn Abou Mohammad elQasem •***, fils du
chaykh Badr ed-dîn Abou Ghâleb el MozafTar, qui la
constitua en waqf comme maison (d'enseignement)
de la tradition. Le célèbre ech-Chéhâb el Adra^y^*
fut investi des fonctions de professeur de cette école ,
puis Chams ed-din iVbou 1 mahâsen el ITosayny ed-
Démachqy ^^.
La maison (d'enseignemexNt) de la tradition la
Kemsiyeh. — Connue sous le nom de cercle [haitjak) '"^
[du seigneur] de llems. Le hafez [Aboui Uadjdjâdj]
cl Mezzy y professa, puis le célèbre Salâh ed-dîn el
'alây Khalil ebn Kaykaldy, le hafez ^^.
La maison (d'enseignement) de la tradition la
DESCRIPTION DE DAMAS. 275
Dawadariyeh, avec la madraseh [et le rébât]. —
En dedans de bâb elfaradj. C'était un portique [ré-
wâq) appartenant à Témir Vlam ed-dîn Sandjar le
dawâdâr ^^, le traditionniste , le hâfez , qui la constitua
en waqf [l'année 698] comme maison (d enseigne-
ment) de ia tradition et madraseh. Né en Tannée 620
et quelque chose, il mourut Tannée 6^9 [Comm. ,
28 septembre 1299). C'était un homme de bien,
religieux; savant, scrupuleux.
Le chaykh^alâ ed-dîn ebn el ^attâr ^® fut le premier
professeur de cette école ; il eut pour successeur le
grand chaykh Noûr ed-dîn Abou 'abd Allah Mo-
hammad ebn Nadjm ed-dîn AbîBakr ebn Qawâm^^
La maison (renseignement) de la tradition la
Sâmarrieh*^. —Elle renferme une khânqâh (cou-
vent).
Je dis : 0 Elle est .près du quartier du minaret de
la graisse [ma'danet ech-chahm) , dans la ruelle (zo-
qâq)'^^ du chaykh, cUrecteur dans la vie spirituelle,
ed-Dasoûqy. »
C'était la maison du grand personnage (§adr) Sayf
ed-din Aboul ^abbâs Ahmad el Baghdâdy, es-Sâ-
marry ^*» — par nn fathah sur le mim et un râ redoublé.
— 111a constitua en waqf comme maison (d'enseigne*
ment) de la tradition et khânqâh. C'est celle qui est
à côté de la Karoûsiyeh. 11 y fut enterré Tannée 696
(Comm., 3o octobre 1996).
Ech-Chéhâb ebn Qawâm *^ fut investi des fonctions
de supérieur.
270 MAUS-AVUIL 1894.
L\ MAISON (d^ENSEIGNEMENt) DE LA TUADITION LA
Salaiuyeh. — (F"" 3 v°.) Aux Çassairif en dedans de
bâb el Djâbyeh.
Les fonctions de supérieur en furent confiées à
Chéhâb ed-dîn ebn Taymiyeh*^, père du célèbre
chaykli ïaqy ed-dîn*^, puis à son fils, puis diahâfez
[Abou] ^abd AHah cd-Dababy *^, le savant célèbre ,
puis à Sadr ed-dîn Solaymân [el Bârédy], le mâlé-
kîte'*^
La maison (d enseignement) de la tradition la
Ciioqaychéqiyeh^®. — Dans la rue de Thabitant de
Banyâs [darb^^ el bânyâsy). C'était" la maison de Na-
djîb ed-dîn Abou'l fatlj Nasr AUab ech-Chaybâny, ed-
Démachqy, es-Saffar (le fabricant de vases en cuivre) ,
le témoin [châhcd), connu sous le nom d'ébn ech-
Choqaychéqah ^^. Il la constitua en waqf comme
maison (d'enseignement) de la tradition. Il était
aveugle [(JaifY^, Bien des personnes ont tenu des
propos sur son compte. (Un jour) Ahmad ebn Yahya
[ebn 11 ébat Allah, surnommé es-Sadr ebn Sany ed-
dauleh], alors qu'il remplissait les fonctions de qâdy
en chef de Damas, le fit asseoir pour donner son
témoignage. Un poète récita à ce sujet les deux vers
suivants :
« Il a fait asseoir le misérable ech-Choqaychéqah
pour témoigner! Par votre père (de vous deux,
ô plaideurs), que vous semble-t-il du privilège qui
lui est accordé ^^.^
« Y a-t-il eu un tremblement de terre? L antéchrist
DESCRIPTION DE DAMAS. 277
est-il sorti? ou bien n'existe-t-H plus d'hommes pos-
sédant la bonne direction?»
La maison (d'enseignement) de la tradition la
'oRWiYEH^^. — Au machJiad (chapelle sépulcrale) de
^orwah, du côté oriental [de la cour] de la grande-
mosquée omayyade, en face de la Halabiyeh. Elle
était connue anciennement sous le nom de niachhad
de ^aly ^^. On lui donna le nom de ^orwiyeh parce que
le premier qui l'ouvrit après qu'elle était remplie de
débarras [hawâsel) ^^ [appartenant à la mosquée-ca-
thédrale] , fut Charaf ed-dîn ebn ^orwah el Mawsély ^^.
Il y bâtit le bassin , installa le mehrâb et les deux ar-
moires dans lesquelles il constitua des livres en waqf ,
et fit de ce bâtiment une maison (d'enseignement)
de la tradition. Il mourut l'année 620 [Comm,^ k fé-
vrier 1 228) et fut enterré au sud du mosalla^^, au-
près des coupoles®^ [qobâb) de Toghtékîn®^
Le premier qui y fut investi de la charge de supé-
rieur fut el Fakhr ebn 'asâker^^, puis le hâfez Zaky
ed-dîn el Berzâly^^, puis el Fakhr, le hanbalîte^*.
La maison (d'enseignement) de la tradition la
Fâdéliyeh. — A la Kallâseh^^. C'est celle connue
sous le nom du qâdy el Fâdel el Baysâny, le savant
célèbre.
Je dis : Son nom entier est Abou ^aly *abd Er-
Rahîm , fils du qâdy el Achraf Bahâ ed-dîn Abou'l
madjd *aly, appelé el Vsqalâny, à cause de sa nais-
sance (à Ascalon), et el Mesry parce que Mesr était
278 MARS-AVRIL 1894.
sa résidence; il était connu sous le nom dVÎ qâdy d
Fâdel^^ et portait le titre honorifique de Moudjîr ed-
dîn. Il exerça le vizirat pour le sultan el malek en-
Nâser Salâh ed-dîn (Saladin) , sur lequel il avait une
influence considérable. Il occupa le premier rang
dans lart de la rédaction [safiâ^at el inchâ) et sur^
passa tous ses prédécesseurs. Il y accomplit des pro-
diges. Sa naissance eut lieu le jour de lundi 1 5 djou-
mâda 2** de l'année Ssg (i** avril 1 135.) i Ascalon.
Son père remplit les fonctions de qâdy dans la ville
de Baysân. C'est pourquoi on lui donna ie nom eth-
nique tiré de cette localité. El malek erazîz^*', fils de
Salâh ed-dîn (Saladin), avait, du vivant de son père,
de l'inclination pour le qâdy cl Fâdel.
Or il arriva qu'el azîz avait une esclave dont il
était épris au point de négliger sesalFaires. Son père,
l'ayant appris , lui ordonna de la laisser et empêcha
la jeune fille d'aller trouver le prince. Cette exigence
lui fut très pénible et il en éprouva un grand chagrin.
11 y avait déjà longtemps que durait cette situation ,
lorsqu'elle lui envoya par un eunuque une boide
d'ambre. L'ayant rompue, il trouva au milieu un
bouton d'or. Il réfléchit, mais sans pouvoir décou-
vrir ce que cela signifiait. Par hasard , survint en ce
moment le qâdy el Fâdel. Il le mit au courant de ce
qu'il venait de recevoir, et el Fâdel fit à ce sujet les
deux vers que voici :
« Elle t'a fait présent d'un morceau d'ambre au
milieu duquel est un bouton d'or à la fine Sou-
dure.
DESCRIPTION DE DAMAS. 279
« Or le bouton dans Tambre signifie: rends-moi vi-
site ainsi , caché dans V ombre des ténèbres, o
El malek el 'azîz apprit de la sorte qu elle désirait
recevoir sa visite pendant la nuit.
El Fâdel mourut subitement dans la nuit du
(mardi au) mercredi 7 ^^ raW^ 2*^ de Tannée 696 (5 jan-
vier 1200), au Caire, et fut enterré le lendemain
matin dans sa turbeh (située) sur le penchant du
Moqattam , dans la petite Qarâfah^^, ainsi que le rap-
porte ebn Khallikân.
El*Fâdel constitua en waqf à son école le champ
(mazraah) d'Oûtâyâ^®, dépendance de Hammoû-
riyeh''\ dont il est séparé par la rivière. Cette terre
fut ensuite en la possession d ei-Zayn ^abd el Ghany
ebn es-Sérâdj ebn el Khawâdja Chams ed-dîn ebn el
Mozalleq; puis aux mains de Mohebb ed-dîn, in-
specteur [nâzer) de Tarmée [à Damas, en] Tannée
[9»5].
Le premier professeur de la Fddéliyeh fut et-Taqy
el Yaldâny ^^, qui y eut pour successeurs en-Nadjm ,
frère d el Badr^^, le hâfez ed-Dahaby, (fol. 4) et-Taqy
es-Sallâmy ''^ (par un Idm redoublé) et ech-Chams ebn
Rédwân ^^.
La maison (d'enseignement) de la tradition la
Qalânésiyeh. — n s'y trouve un hospice [rébât) et
un minaret. Elle est connue actuellement sous le
nom de la khânqâh (le couvent).
Je dis : « C'est celle au milieu de laquelle coule le
nahr Yazîd, qui y descend par des degrés. »
280 MARS-AVRIL 1894.
A 1 ouest de la madraseh d*Abou *omar, h la Sâ-
léhiyeh'^^de Damas, [et du djânié^ des noms : il sera
béni]. Elle fut construite par le Sâheb (vizir) 'ezz ed-
dîn Abou Ya'Ia TTamzah ebn As*ad ebn^aly et-Tamîmy,
cd-Démachqy, connu sous le nom d ebn elQalânésy"'"',
un des rays'^^. il naquit Tannée 649 {Comm, 26 mars
i25i). Son administration [ryâseh) fut élevée et sa
fermeté très grande. Ses propriétés étaient considé-
rables. Il fut contraint d accepter la charge de wakil
(procureur) du trésor public''^, puis celle de vizir
[en Tannée 716]. Puis il fut [destitué et] soumis à
des extorsions. Il mourut [dans son jardin, la nuit
du (vendredi au) samedi 6 doul hedjdjeh de] Tan-
née 729 (3o septembre 1329).
La maison (d'enseignement) de la tradition la
QoûsiYEU. — Près de la place [er-rahbeh)^.
La maison (d enseignement) de la tradition la Ka-
ROÛsiYEii. — A Touest du minaret de la graisse. C'é-
tait la maison de Mohammad ebn Vqîl ebn Karoûs
Djamâl ed-dîn^^ mohtaseb^^ de Damas, Aboul ma-
kârem es-Solamy. 11 suivit les leçons de tradition
debn'asâker. U mourut [à Damas, en chawwâl de]
Tannée 64 1 [Coinm. 21 juin i2 43).
La maison (denseignement) de la tradition la
NoLRTYEii^^. — Elle fut construite par Noûr ed-
dîn Maljmoûd^S fils d'Abou Sa*îd [sic) Zenky®^ fils
d'Aq Sonqor^^. Son aïeul Aq Sonkor avait été investi
DESCRIPTION DE DAMAS. 281
par le sultan Aboul fath Malekchâh »\ fils d'Alb
Arslàn , du gouvernement de Halab et d'autres places.
(Zenky) conquit aussi d'autres villes , telles qu er-Rohâ
(Edesse), el Ma^arrah*^ et Kafar Tâb*^, et mourut la
nuit du (samedi au) dimanche 6 du mois de rabî^ i**
[sic) de Tannée 54 1 (août 1 1 46), assassiné par un de
ses eunuques, devant la citadelle de Dja^bar^, qu'il
assiégeait. Son fils Noûr ed-dîn lui succéda dans le
gouvernement [wélâyeh) de la Syrie. On dit qu'il est
enterré dans une qoabbeh^^, au milieu de jardins, au-
près du bostân ed-doâr, à proximité du cimetière de
Sardj ed'Dahdâhy, sur le chemin conduisant audit
cimetière.
On lit dans ebn el Atîr ^^ : « fl édifia à Damas une
maison pour (l'enseignement de) la tradition®*** et lui
constitua des waqfs nombreux. Il est le premier, à
notre connaissance, qui ait bâti une école ayant cette
destination. »
Il mourut [le mercredi 1 1 chawwâl de] l'année
569®^ (i5 mai 1 i'jli),h. l'âge de cinquante-huit ans.
Les fonctions de supérieur en furent successive-
ment confiées au hâfez ebn *asâker®^, à [son fils] el
Qâsem ebn *asâker^, au fils de celui-ci [el Fakhr ebn
*asâker ®'', à son frère Zayn el omanâ ebn *asâker ®®,
au fils de ce dernier] et-Tâdj ebn Zayn el omanâ
ebn 'asâker^®, àZayn ed-dîn Khâled en-Nâbolosy^^,
chaykh (professeur) d'en-Nawawy. (Khâled) avait
une plaisanterie douce et beaucoup de mérite. En-
Nâser avait pour lui de l'affection et l'honorait.
[Mohiy ed-dîn] en-Nawawy, [Tâdj ed-dîn] elFazâry ^^i,
m. 19
laraïaaa» iatiosals.
282 MARS-AVRIL 1894.
[Taqy ed-dîn] ebn Daqiq el ^îd^^ et el Borhân ed-Da-
haby ont rapporté d après lui des traditions. En-
Nâser, fiis de! *azîz , venait quelquefois le trouver.
Un jour qu un poète lui récitait une pièce de vers
dans laquelle il célébrait ses louanges, le chaykh
Zayn ed-din Khâled ôta son pantalon [stirâwil) et le
lui donna, en guise de vêtement dlionneur. En-
Nâser se mit à rire. « Qu'est-ce qui ta porté à agir
ainsi ?» — « Je n avais rien autre , répondit le chaykh ,
dont je pusse me passer. »
Ensuite, à Tâdj ed-dîn el Fazâry succédèrent Dja-
mâl ed-dîn en-Nâbolosy, le hâfez ^^^, el Djamâl ebn es-
Saboûny ^^\ el Madjd ebn elMehtâr i^^, Fakhr ed-dîn
le hanbalîte, Charaf ed-dîn en-Nâbolosy Âhmad ebn
Né^mah ^^^, *alâ ed-dîn ebn erattâr, le hâfez [^sdam ed-
dîn ] el Berzâly ^^''.
Ebn Habib ^^® écrivit sur le Moijam d el Berzâiy :
« 0 toi qui recherches la description ^^ des chaykhs
et le sujet des traditions quils ont relatées, en gros
et en détail ,
«Descends à la maison de la tradition, tu trou-
veras ce que tu désires, se manifestant au grand jour
dans le Modjam del Borzâly [sic). »
Après ce dernier, le supérieur de cette école fut
le hâfez [Aboul Hadjdjâdj] el Mezzy; puis Taqy ed-
dîn ebn Râfé\
La maison (d'enseignement) de la tradition la
Nafîsiyeh. — Au Rasîf ^^^ (la chaussée), au sud de
rhôpital de Doqâq^^^ [et de la porte de l'addition, à
DESCRIPTION DE DAMAS. 283
droite en sortant de cette porte], à l'ouest de la ma-
draseh VAmîniyeh, dans la ruelle, c est-à-dire celle
connue actuellement sous le nom de Zoqâq ez-zaty (?).
Elle fut construite par en-Nafïs Isma*îl ebn Moham-
mad ebn *abd el Wâhed[ebnSadaqah]elHarrâny^^^,
puis ed-Démachqy, inspecteur [nâzer) des orphelins.
Il mourut [le jour de samedi 4 dou 1 qa^eh de]
Tannée 696, comme la dit son élève ^^^ ebn Katîr;
il était âgé d environ soixante-dix ans.
L'auteur de la Tadkérat el Kendiyeh ^^*, *alâ ed-dîn
ebnel Mozafferebn Hodbah el Kendy^^^, fut investi
le premier de la charge de supérieur de cette école
et ensuite le hâfez el Borzâly (sic) *alam ed-dîn.
La maison (denseignement) de la tradition la
Nâsériyeh. — Il s y trouve [aussi] un rSât. Elle est
connue. Elle est située au quartier des marjolaines
[mahallet elfawâkhir)], (fol. 4 v**) sur le penchant
[du Qâysoûn], au sud [du djam^] del Afram. Cest
la Nâsériyeh extra maros. Elle fut construite par el
malek en-Nâser Salâh ed-dîn Yoûsef, fils d'el malek
el Wz[Mohammad,fils d'el malek ez-ZâherGhâzy],
fils de Salàh ed-dîn [Yoûsef, fils d'Ayyoûb, fils de
Châdy], le conquérant de Jérusalem et le fondateur
des deux Nâsériyeh^^^. Ebn Chohbeh ^" a dit : « Le sul-
tan el malek en-Nâser Salàh ed-dîn, seigneur de
Damas et de Halab , naquit dans la citadelle de Ha-
lab en ramadan de Tannée 627^^*. On le nomma
sultan à la mort de son père, en Tannée 634* Il fit
beaucoup de bonnes œuvres et fut très bienfaisant
ly.
284 MARS-AVRIL 1894.
et charitable, plein d'amour pour ses sujets et doué
d'équité. En un mot, son naturel était excellent. H
aimait les gens de science et de mérite , et les litté-
rateurs. Sous son règne, le marché de la poésie était
bien achalandé. Chaque jour on tuait dans sa cuisine
quatre cents têtes (de bétail) , sans compter les poules ,
les oiseaux et les chevreaux. Il composa de belles
poésies. Il bâtit à Damas une madraseh et, au mont
(Qâsyoûn), un rébât, une madraseh et une turbeh.
Le 7 djoumâda i" de Tannée GSg, quand arriva la
nouvelle qu'il avait été mis à mort (par Houlagou),
on célébra à Damas, dans la mosquée-cathédrale, la
cérémonie des obsèques. Que Dieu lui fasse miséri-
corde !
Les fonctions de supérieur du rébât furent exer-
cées par le chaykh Kamâl ed-dîn ech-Charîchy. Puis
son fils Abou Bakr ^^^ y professa et eut pour succes-
seurs Heusâm ed-dîn el Qaramy^^^, Charaf ed-dîn el
Fazâry^^^ Nadjm ed-dîn ebn Qawâm^^^ et ensuite
le fils de ce dernier, Noûr ed-dîn ^^.
[maisons (d'enseignement) du QOR'ÂN
et de la tradition réunis ].
La maison (d'enseignement) de la tradition et do
qor'ân la TENKiéziYEH ^^*. — Elle est située à l'orient
du bain de Noûr ed-dîn le martyr^ vis-à-vis de la
maison d*or [dâred-dahab)^^^, derrière le marché des
grainetiers [soûq el bozoâryin ou el bozoûriyeh), qu'on
appelait anciennement le marché au blé [soûq el
DESCRIPTION DE DAMAS. 285
qamh), (Cette maison) était un bain connu sous le
nom de bain de Souwayd, Le vice-roi [nâîb es-saltaneh)
Tentez [ei maléky en-Nâséry] ^^^ le démolit et en fit
une maison (d'enseignement) du qorân et de la tra-
dition.
Cet émir occupait une haute position. Il avait de
la religion , possédait des qualités viriles et était né
sous d'heureux auspices. De son temps l'injustice
devint très légère. Il construisit des khans, des mos-
quées, des chemins, des canaux. Dans la suite, le
sultan ^^"^ s'étant mis en colère contre lui, il fut enlevé
de Damas et envoyé au prince, Tannée 740 [Comm,
9 juillet iSSg). Puis, le séquestre fut mis sur ses
biens ^^^. On l'expédia à Alexandrie , où il demeura
emprisonné pendant moins d'un mois, et mourut
ensuite dans cette ville ^^^. Son tombeau devint un lieu
de pèlerinage , auprès duquel on faisait des prières.
Quelques années plus tard, dans les premiers jours
de radjah ^^^ de l'année 76/1, son cercueil ayant été
apporté d'Alexandrie à Damas, (Tenkez)fut enterré
dans sa turbeh, h côté de la grande-mosquée qu'il
avait construite à l'enclos du sumac [hakar^^^ es-
sommâq).
Parmi les chaykhs qui donnèrent des leçons dans
la Tenkéziyeh, furent ed-Dahaby ^^'^, puis Sadr ed-dîn
Solaymân *abd El Hakam [el Bâdéry ] , le mâlékîte ^^^.
La maison (d'enseignement) de la tradition et du
qor'an la Sabbâbiyeh. — Au sud de la grande ^âdé-
liyeh et au nord de la Tabariyeh. Elle fut construite
286 MARS-AVRIL 1894.
par Chams ed-dîn ebn Taqy ed-dîn [connu sous le
nom d*] ebn es-Sabbâb ^^*, le marchand. Elle était au-
paravant en ruines. 11 y installa un chaykh pour
(renseignement de) la lecture (qorânique), un autre
pour (celui de) la tradition, et des auditeurs.
Je dis : « Elle est actuellement la demeure du
chaykh Abou Yosr ebn er-Ramly. Quant à la Taba-
rr^^fe , peut-être a-t-elle été incendiée lors de la guerre
du Boiteux (Tamerlan). Elle consiste maintenant en
maisons : celle de ^alam ed-dîn et de ses fils Khedr.
Ces constructions ont rejoint la partie sud de la Sab-
bâbiyeh, »
La maison (d'enseignement) du qor'ân et de la tra-
dition LA Mo^iDiYEH ^^^. — A Imtérieur de Damas.
D après un récit ^^^, c est une maison (d'enseignement)
du qor an [seulement]. Elle fut construite par Fémir
*alâ ed-dîn *aly ebn Mo*îd el Ba^albakky ^^'^. Selon moi ,
cette maison nest pas du tout connue^'®.
Je dis : « Cette façon de s'exprimer : elle n'est pas
du tout connue y permet de supposer qu'il s'agirait de
la Mo^iniyehf dont le nom aiu*ait été défiguré. Elle
est actuellement l'habitation du mollâ Yoûsef le Kurde,
qui en est le professeur. Qu'on le sache. Elle se trouve
à l'ouest de la Sabbâbiyeh et au sud de la Lâqiyeh ^'*. »
DESCRIPTION DE DAMAS. 287.
NOTES DU CHAPITRE IL
^ C'est à la bienveiUance de M. Waddington , de l'Institut * que
je dois ia plupart de mes inscriptions de Damas. Pendant l'impres-
sion de ce travail , la mort , hâas ! vient d'enlever ce savant.
Les deux suivantes ont trait à YAchrafiyeh,
(N° 746 de ma collection) : «Au nom de Dieu, etc. Cette maison,
« après avoir été incendiée et détruite, a été reconstruite (oy«»fi) sous
«l'inspection [-jiÀJ^) du chaykh . Timàm, le savant, le chaykh de
« l'islamisme , la bénédiction de la Syrie , Zayn ed-dîn *abd Allah ebn
«Marwân, el Fâréqy, le châfé'îte. Et cda dans le mois de l'année (la-
ccune] 6o3 ". »
(N*^ 746 his). Sur le mur nord, à Tintérieup de la ma4ras^:
« Au nom de Dieu , etc. De ce qu'a constitué en waqf le sultan d
ifmalek el Achraf Abou'l fath Moûsa, fils d'el malek el 'âdel, que
« Dieu lui fasse miséricorde ! en faveur de cette maison bénie , à sa-
«voir : le tiers du village de Hazramà; la qaysàriyeh d'el 'âdel en
« entier; dix boutiques, deux fours et une écurie les a voisinant; deux
«boutiques et une chambre (^^4^)* à côté de l'élise de Marie;
«quatre portions, dans quatre boutiques, à hâh el bartd; deux por-
« tions dans deux boutiques et une portion dans une boutique au
« (marché des) forgerons.»
* Le copiste a medadroitement écrit « el Lakhmy > !
' L'Ayyoubîte el malek el Achraf Moûsa régna à Damas de 626
(1228) à 635 (1237). H était né en 678. On trouve sci biographie
dans ebn KhaUikân (III, 486 et suiv,) où on lit : «H bâtit à Damas
une école de tradition et en confia les fonctions de j^rofesseur à
Taqy ed-dîn 'otmân ebn es-Scdâh. »
* Tabaqât ech'Châf^iyeh , c'est-à-dire «Les Classes des Chàfé'îtes»,
par ebn Katîr ed-Démachqy, Abou'l féda 'émâd ed-dîn Isma'îl ebn
'omar, mort en l'année 774 (Comm. 3 juillet 1372) (H., Khal. , lY»
144).
^ Taqy ed-dîn ebn e.^Salâh , l'imàm Abou 'amr 'otmân , fils du
chaykh Salàh ed-dîn Abou'l Qasem *abd Er-Rahman, fils de *otmân,
' Cette date est évidemment erronée, car el Faréqy naquit en 633. Il
faut peut-être lire 708 (date de sa mort). La destmctioa de cette école avait
dû avoir lieu en 699. Voir ci-après, note 1 1.
288 MARS-AVRIL 1894.
fils d*Yoûnès, fils d'Abou Nasr, en-Nasry, le Kurde, ech-Chahra-
zoûry, naquit l'année 677 iComm, 17 mai 1181). Il donna des le-
çons à Jérussdem dans la Salâhiyek (aujourd'hui Sainte-Anne). Quand
d msdek el Mo'azzam détruisit les remparts de la ville sainte, il
vint à Damas et y professa à la Chêaniyeh intra muros et à la mai-
son (d'enseignement) de la tradition VAchrafiyeh, dans laquelle il
exerça pendant treize ans les fonctions de supérieur. Il occupa en-
suite la chaire de la Rawâhiyeh, Au rapport d'ebn KhallikAn , c'était
un des hommes éminents de son époque. Il mourut à Damas, pen-
dant le siège des Khavyârezmiens , le 26 rabî* a^ de Tannée 643
(septembre i245) , et fut enterré dans le cimetière des Soûfys, à
l'extrémité septentrionale, au sud du chemin (N, fol. 5 r"). Ebn
Khallikân donne la biographie d'ebn es-Salâh, II, 188-1 go.
£1 Achraf Moûsa lui confia, en 629, l'inspection de la grande-
mosquée ^et'tawheh (Inscr. de Damas, n** 289). On trouvera la tra-
duction de cette inscription à l'article concernant la mosquée de ce
nom.
^ Ju«l. Sur les amàly (dictées), cf. de Sacy, Anthologie gramma-
ticale, p. 137, et H. Khal., I, 427.
^ Le jeudi 4 moharram (27 août).
^ Le qâdy, le khâttb de la Syrie, 'émâd ed-din Abou'l fadâll 'abd
El Karîm ebn qâdy '1 qodât Djamâl ed-dîn 'abd Es-Samad ebn Mo-
hammad ebn Abî'l fadl , el Ansâry, d Khazradjy, ed-Démachqy, ebn
d Harastâny naquit à Damas en radjah de l'année 677. Il professa
quelque temps à la Ghazzâlijeh et succéda à ebn es-Sdâh dans les
fonctions de supérieur de VAchrafiyeh, qu'U remplit jusqu'à sa mort.
Il mourut dans la maison de la prédication le 29 djoumâda i*' de
l'année 662 et fut enterré auprès de son père, au penchant du Qâ-
syoûn (N, f* 5 v"). — Quatremère, Mamloàks, I, 248, l'appelle
ebn el Kharestâny.
c Harasta , grand et populeux village , au milieu des jardins de
Damas , sur le chemin de Hems. Il est situé à plus d'une parasange
de Damas. » Marâsed,
* En djoumâda 2*^ de l'année 662 , après la mort du qâdy 'émâd
ed-dîn ( ebn ) d Harastâny, le chayjçh Chéhâb ed-dîn Abou Ghàmah
professa à la maison (d'enseignement) delà tradition VAchrcfy^,
Son nom entier est Chéhâb ed-dîn Abou'l Qasem 'abd Er-Rahman
ebn d 'émâd Isma'il ebn Ibrahim ebn 'otmân d Moqaddasy, puis
ed-Démachqy, le châfé'ite, le jurisconsulte, le professeur de lecture.
qor*ânique, le grammairien, l'historien, l'auteur de nombreux ou
DESCRIPTION DE DAMAS. 289
vrages , connu sous le nom d*Abon châmak à cause de la large tache
qu'il avait au-dessus du sourcil gauche. U naquit Tun des deux rabi*
de Tannée 5g g. U fut investi des fonctions de chaykh de lecture
qor'ànique à la turbeh VAchrafiyek et de celles de chaykh de la tradi-
tion à la maison de ce nom. D mourut le (mardi) ig ramadan de
Tannée 665 et fut enterré à bâb elfarâdis (ou au cimetière de bâb
Kisàn), à gauche quand on passe dans la direction de ia mabrahat
êd-Dahdâh (N, f* 6 r^). — Au rapport du prétendu Hasan ebn Ibra-
him (f* ig4 r^-v"), il naquit le vendredi 2 3 rabî* i". Voir notice sur
Abou Ghâmah dans Quatremère, Mamîonks, I, 2* p., 46-47*
La biographie d'Abou Ghâmah, extraite du Fawât el wafajrât
d'ebn Châker, se trouve à la fin du Kétâb er-rawdatayn, édition
d*Abou So'oûd, et une autre, tirée des Tabaqât ech-châf^iytn , est
donnée par de Slane> Biograpkiccd dictionarv, II, igo. — Cf. aussi
Hist, or. des Crois. , I , Introduction , XLin et lu.
^ L'imâm Mohiy ed-din Abou Zakarya Yahya , fils de Gharaf , fils
de Moûsa , fils de Hasan , fils de Hosayn , fils de Mohammad , fils de
Djam'ah , fils de Harâm , el Harâmy, en-Nawâwy (avec ou sans Yalef,
d*après ed-Çababy), ed-Démachqy, naquit en d moharram de Tan-
née 63 1 et vint avec son père à Damas, à Yêige de dix-neuf ans, en
Tannée 649. H habita la madraseh la Rawâhiyeh. Vers Tannée 660,
il se mit à composer des ouvrages et continua jusqu'à sa mort. Il
fîit investi des fonctions de supérieur à la maison (d'enseignement)
de la tradition, après le chaykh (3héhâb ed-dîn Abou Ghâmah. H
mourut le 24 radjab de Tannée 677*, et fiit enterré au village de
Nawa, auprès de sa famiUe (N, f* 6 r'-v*).
' uNawa, qui se prononce comme le pluriel de naioat (noyau de
datte), est une petite ville des dépendances du Havirrân et, dit-on,
sa cajHtide. Elle fut la résidence de Job et on y trouve le tombeau
de Sem , fils de Noé. » Marâsed,
" Le chayU^ Zayn ed-din Abou Mohammad 'abd Allah ebn Mar-
wân ebn 'abd ^lah ebn Qyr (?), Abou'l Hasan el Fâréqy, khattb
de Damas et professeur de la Châmiyeh et de la Nâsériyek intra mn-
ros, naquit en el moharram de Tannée 633 (i5 septembre- 1 5 oc-
tobre 1285). G'est lui qui restaura cette maison (d'enseignement)
de la tradition après sa destruction par Qâzân ^. Il y exerça ses
* H. Khat. , II , place sa mort en 676 , ainsi que Qaatremère , Mamloùks ,
II, 9* partie, i63. M. Ferd. Wûstenfeld a édité son Takdtb el osmA, Gôt-
tingne, i84a-i847<
* Coflip. finflcription n* 746, à-devant note 1. — Le sultan mongol
290 MARS-AVRIL 1894.
fonctions pendant ving^sept ans, après en-Nawawy, jusqu'à l'époque
de sa mOrt. Il remplissait en même temps l'office de khatib de la
mosquée-cathédrale omayyade. Il mourut dans la maison de la pré-
dication (située) dans ledit djâm^, le vendredi ajn^ midi, (21) de
safar de Tannée 708. On fit sur lui la prière à la porte de la (mai-
son de la ] prédication , au marché des chevaux et auprès de la grande-
mosquée de la Sâléhiyeh. Il fut enterré à la SUéhiyeh , dans la tur-
beh de sa fiaunille, au nord de la turbeh du chaykh Abou 'omar
(N,f6v«).
Fâréqy est le nom rdatif formé de Mayyâfôréquîn. Cf. Géogr,
d'Ahou'lféda^n» a* p., 56.
£s-Saqqâ'y, dans son Tâly Kétâb wafayât el iCyàn (ou suite au Dic-
tionnaire biographique d'ebn Khn^kân) consacre aussi (ms. anc. f.
ar. n" 732 , f* 5 v*) qudques lignes à Zayn ed-dîn el Fâréqy. — ^Dans
Mamloûks, II, 2* p. , 235 , on lit ehn Fir,
^* Ehn Katîr dit sous Tannée 7 16 : « Le jour de dimanche 8 rama-
dan , le chaykh Kamâi ed-dîn ehn ech-Gharîchy exerça les fonctions
de supérieur delà maison (d'enseignement) delà tradition, en rem-
placement d'ebn ez-Zamlakâny. Le nom entier de Kamâl ed-dîn ebn
ech-Charîchy est Abou l 'abbâs Ahmad , fils de Timâm KamM ed-dîn
Abou Bakr Mohammad ebn Ahmad ebn Mohammad ebn 'abd Allah
ebn Sahbân el Bakry, Abou *edy. Il naquit en ramadan de Tannée 653.
11 était châféite. Il fut le premier qui occupa la charge de supérieur
à la turbeh d'(Omm) es-Sâleh, après son père, en Tannée 685 , jua-
quà sa mort. Il fut nommé wakil (procureur) du trésor public,, qàdy
des troupes et inspecteur de la mosquée-cathédrale , à jdusieurs re-
prises. Il professa à la Châmiyeh extra maros, puis à la Nâiériyeh, où
il donna de sleçons pendant vingt ans. Il remplit aussi les fonctions de
supérieur du réhât le Nâséry au Qâsyoûn , durant plus de quinze ans ,
et celles de supérieur de cette maison (d'enseignement) de la tradi-
tion YAckrafijeh, huit ans. En Tannée 718, ayant résolu de fiiire le
pderinage, il se mit en route avec sa famille. Mais la mort le sur-
prit à d Hasa , à la fin de chav^v^âl de ladite année et il fut enterré
là. (N,f 8v»).
tCharich (Xérès), grande ville de l'arrondissement de Ghâ4oûr
Qâzân ou Ghâzân (Mahmoud) régna de 6g4 à 708. D*aprèsebn Ch^nah
(édition du Caire, en marge du Kâmel, t. IX, p. i54), U 8*empara de la
ville de Damas en Tannée 699 et se retira après avoir reçu des habitants
des sommes oonsidérables. La citadelle avait résisté. — On trouvera de
longs détails dans Quatremère, Mamioûks, 11, i5i et suiv.
DESCRIPTION DE DAMAS. 29i
nah (Sidonia), dont elle est le chef-lieu. On lappeUe aujourd'hui
Cbarecb. » Maràsed.
" Après d Fâréqy, cette maison (d'enseignement) de la tradition
passa à Sadr ed-dîn ebn el Walcîl, le chaykh Abou 'abd Allah Mo-
hammad ebn Zayn ed-dîn Abî Hafs 'omar ebn Mekky ebn 'abd £s-
Samad, erotmânv, connu sous le nom d'ebn d Morabbel** et d'ebn d
Wakîl, chaykh des Ghâfé'ites. Il naquit à Damiette en chawwâl de
Tannée 665 , professa aux deux Châmiyeh et à la *adrâwiyeh et mourut
le mercredi matin 2 4 dou'l hedjdjeh de l'année 716, dans sa mai-
son, au Caire (N, f 7 r'-v").
On trouve la biographie d'ebn d Wakil dans le Fawât el wa-
fayât, édition de Boûlâq, II , 3i5.
** Ebn Katir dit sous Tannée 716 : «Le jour de jeudi 16 chal)ân,
le chaykh Kamâl ed-dîn ebn ez-Zamlakàny exerça les fonctions de
supérieur de la maison (d'enseignement) de la tradition VAchraJiyeh,
en remplacement d'ebn el Wakîi. Mais il n'y resta pas longtemps et
ce dernier la lui enleva. — Le qâdy en chef Kamâl ed-dîn ebn ez-
Zamlakâny, Mohammad Abou'l ma*My, fils du chaykh 'alâ ed-dîn
'dy, fils de 'abd El Wâhed, fils du jàattb de Zamalkâ *abd El Ka-
rîm, fils de Khdaf, fils de Nabhân, d Ansâry, châfé*îte, chaykh des
Cbâfé'îtes en Syrie (ou à Damas) et aUleurs, naquit la nuit du (di-
manche au) lundi 8 chawwâl de Tannée 666. il occupa nombre de
chaires et remplit plusieurs grands ofiGces tds que Tinspection du
trésor, l'inspection de Thôpitd Noûrien , le diwân d'd mdek es-Sald
et la wékàleh du hayt el mal. Il professa à la Châmiyeh eœtra miwvs,
à hi^adrâwijreh, à la Zâhériyeh intra mnros, à la Rawâhiyeh et à la
Masroûiiyeh, R mourut au point du jour du mercredi 16 ramadan
de Tannée 739 , dans la ville de Belbays, et fut transporté au Caire»
(N, 8 r'-v').
La biographie d*ebn ez-Zamlakâny se trouve dans le FawAt el
wt^ayâi,]!, 3i3. La 'date 737, indiquée comme cdle de sa mort,
est sans doute une faute d'impression.
• ZamiakAn, village dans la Ghoûtah de Damas. Souvent on en
retranche le noûn find : on dit alors Zamdkâ. » Maràsed.
nBelbts — c'est ainsi que Nasr d Iskandary orthographie ce
nom. Le peuple , ajoute-t-il , prononce Belbays — est une ville si-
tuée à quinze parasanges de Fostât Mesr, sur la route de la Syrie.
'yuL ebn Ba'îd Thabite. » Maràsed.
' Quatremère, Mamioâks, II, a* partie, 235, l'appelle ebn d Mardjily.
292 MARS-AVRIL 1894.
iB Aboul Hadjdâjdj d Mezzy est l'imâm Djamâl ed-din Yoûsef ,
fils d'Ez-Zalcy Abou Mohammad 'abd Er-Rahman, fils d*Yoûsef,
fils de *aly, fils d'Abou Zohr, el Qodry, d Kalby, d Halaby, ed-Dé-
machqy. Sa naissance eut lieu en rabi* 2*^* de l'année 654* H fut in-
vesti (de la charge de supérieur) de cette maison (d^enseignement)
de la tradition pendant vingt-trois ans. Il mourut en safar de Tan-
née 743 et fut enterré au cimetière [nuu/âber) des Soûfys, à fouest
de son compagnon ebn Taymiyeb. H est l'auteur du Tahdib el Kamâl,
de YAchrdfei d'autres ouvrages (N, f* 9 r'*).
Hâdji Khalîfah fait mention du Tahdib el Kamâl fi asmâ er-^redjAl
(V, 34o] et de plusieurs autres ouvrages d'el Mezzy, mais non de
VAchrâf.
« El Mezzeh , grand et riche village dans la partie la plus devée
de la Ghoûtah , sur le penchant de la montagne et plus haut que Da-
mas. > Marâsed,
''* Le qâdy en chef Taqy ed-<lîn Abou'i Hasan *dy, fils du qâdy
Zayn ed*dm Abou Mohammad « es-Sobky, el Ansâry, d Khazradjy, na-
quit au commencement de safar de 'l'année 683 et mourut en djou-
mâda 2* de l'année 766 (N. f 8 v°).
*^ Le hâfez, le grand savant, 'émâd ed-dîn Abou'i féda Isma'H ebn
'omar ebn fCatîr ebn 'anoûny ebn Daw ebn War', el Qorachy, d Bos-
rawy, ed-Démacbqy, naquit l'année 701. Il fut investi, après la mort
d'ed-Dahaby, des fonctions de supérieur d'Omm es-SMeh et, pen-
dant peu de temps, de celles de supérieur de la maison (d'enseigne-
ment) de la tradition. D mourut en cha*bân de l'année 794 (sic) et
fut enterré dans le cimetière [maqbarah) des Soûfys, auprès de son
chaykh ebn Taymiyeb (N, f 9 r*-v'). — Au lieu de 794 ^ il faut lire
774, voir ci-devant note 4.
« Bo^ra , un des villages de Baghdâd , près de 'okbara. > Marâted,
" Le grand savant, le qâdy en chef Tâdj ed-dîn Abou Nasr *abd
El Wahhâb , fils du chaykh Jaqy ed-dîn Abou'i Hasan , d Ans&ry, ^
el Khazradjy. es-Sohky, naquit au Caire Tannée 727 ou, dit-on, 728.
Il vint à Damas avec son père en djoumâda 2*^ de Tannée 739. H
professa à \A*azlztyeh, à la Grande *âdéliyeh,k la Ghazzâliyeh, à la
'adrâwiyeh, aux deux Châmiyek , k la Nâsériyeh , à VArrdniyeh , et exerça
ies fonctions de supérieur de cette maison (d'enseignement) de la
tradition VAchrajiyeh. Il mourut martyr de la peste en donl hedjdjdi
de Tannée 771 et fut enterré dans la turbeh des Sobky, au pendiant
du Qâsyoûn, à l'âge de quarante-quatre ans (N , f 9 v').
^* Le qâdy en chef Wdy ed-dîn Abou Dorr, fils de Bahâ ed-dîn
DESCRIPTION DE DAMAS. 293
Abou'l baqâ Mohammad , es-Sobky, naquit au Caire en djoumâda 2^
de Tannée 735. li professa à la Châmiyeh intra maros, à ia Rawâhiyek,
à YAtâhékiyeh et à ia Qaymariyeh, Il fut ensuite investi des fonctions
de qâdy, de prédicateur, de supérieur de la maison (d'enseignement)
de ia tradition , et de diverses chaires revenant aux qâdys , en Tan*
née 777, pendant huit ans et demi, jusqu'à sa mort qui eut lieu en
chawwâi de l'année 785. Il fut enterré auprès de son père, dans la
turheh des Sohky, au penchant (du Qâsyoûn) (N, f 10 r*-v"*).
On voit que c'est à tort que 'abd El Bâset désigne Abou Porr
comme fils de Tâdj ed-din es-Sobky; celui-ci naquit d'ailleurs en
737 ou 728. Le copiste aura sans doute omis un nom après Tâdj
ed-dîn , celui de Bahâ ed-dîn , qui était aussi un Sobky et qui , né en
rabi" 1*' de l'année 707, vint d'Egypte à Damas où il mourut en djou-
mâda 1" de l'année 777. Cf. N, f 10 r"-v*.
^ L'imâm Zayn ed-din Abou Hafs *omar ebn Moslem ebn Sald
ebn 'omar ebn Badr ebn Moslem , el Qorachy, d Malahy, naquit en
cha*bân de l'année 724* Il avait dépassé la quarantaine quand il vint
à Damas. Il professa à la Mcuroûrlyeh, puis à Ia Nâsériyeh, qu'il
échangea ensuite pour ÏAtâhékiyek, qui lui fut plus tard enlevée.
Lorsque, en l'année 791 (771 ?)i son fils Chéhâb ed-dîn Ahmad
fut investi de la charge de qâdy, il. lui laissa les fonctions de prédi-
cateur et celles de professeur de ia Nâsérvyeh et de VAtâbékiYeh, On
lui confia ensuite (la direction de) cette maison (d'enseignement)
de la tradition VAchraJiyeh. Mais quand vint le règne d'ez-Zâher
Barqoûq, il fut saisi et emprisonné avec son fils dans ia citadeUe et
on leur extorqua de fortes sommes. Son fils , dont nous venons de
parler, donna des leçons à la halqah la Kendiyeh , dans ia grande-
mosquée omayyade, en rabî* i"de l'année 776.
(Zayn ed-dîn) mourut en prison dans ia citaddle de Damas en
doul hedjdjeh de l'année 79a et fut enterré à el Qobaybàt (les petites
coup<des). Son tombeau est câèbre; (il est situé) à l'extrémité de
la Mazra'ah orientale, (à côté du ?) mazâr (tombeau) connu sous
le nom de Sohayb er-Roûmy, au sud de ia Zouwayzâniyeh et au nord
delà lâwyeh d'er-Réâ*y, au sud de l'hippodrome des cailloux (N,
P 10 v"-ii r*).
c El Qobaybàt, un des lieux habités par les Arabes sédentaires de
Damas , du côté du sud. » Marâsed.
Ez-Zâher Barqoûq commença à régner en 784 (i382).
On trouvera plus loin , à propos du tombeau de Sohayb er-Roû-
my, le compagnon de Mahomet, l'inscription qu'on y lit.
204 MARS-AVRIL 1894.
*^ Le hâfez Ghams ed-dîn Abou 'àbd Allah et Abou Bakr Moham-
mad ebn Bahâ ed-dîn Abî Bakr *abd Allah ebn Nâser ed-dîn Moham-r
mad ebn Ahmad ebn Modjâhed ebn Yoùsef ebn Mohammad di>ii
Ahmad ebn 'sdy, é. Qaysy, ed-Démachqy, le châfé'îte, le tradition-
niste, connu sous le surnom honorifique de son aïeul, naquit à
Damas Tannée 777. Le chaykh Taqy ed-dîn el Asady dit : fil mourut
en radjah de l'année 8^2, la nuit du (jeudi au) vendredi 26 da
mois. La prière fut faite sur lui le lendemain avant la prière, dans
le djâm^ et-tawbeh, et il fut enterré au cimetière (maqéber) de hàh et
farâdis, à son extrémité nord-ouest» (N, P 11 r**-v*).
H. Khal., qui cite de lui de nombreux ouvrages, donne 84o
pour la date de sa mort.
^ Le chaykh *M ed-dîn (ebn) es-Sayrafy, le jurisconsulte Abou'l
Hasan 'aly ebn 'otmân ebn 'omar ebn Sâleh, ed-Démachqy, le tra-
ditionniste, naquit Tannée 778. Il occupa par délégation la chaire
de la Châmiyeh extra muros et de la Ghazzâliyeh et donna des leçons
dans cette maison (d'enseignement) de la tradition. Il mourut à Da-
mas Tannée 844 et fut enterré au cimetière (maqharah) de hàh €$"
saghir, à son extrémité* méridionale , en face de la porte du mosalla
(N, 11 v°).
^ H. Khal. ne paraît pas faire mention de cet auteur.
^ Cet ebn Hadjr ayant succédé à ebn Nâser ed-dîn, qui mourut
en 842, peut-être s'agit-il ici de Ghéhâb ed-dîn Ahmad ebn *aly
ebn Hadjr el 'asqalâny dont H. Khal. mentionne un grand nombre
d'ouvrages et qui mourut en 852 (Comm. 7 mars i448).
^ On y voit l'inscription suivante (n° 293 de ma collection) :
cAu nom de Dieu, etc. A constitué en waqf cette madraseh bénie,
« dans le but de plaire à Dieu, qu'il soit excdtél le maître, le sultan,
«le malek, le savant, le juste, le victorieux, l'aidé de Dieu, el Achraf
« M ozafiPer ed-dîn Abou 1 fath Moûsa , fils du maître le sultan di mdek
«d *âdel Sayf ed-dîn Abou Bakr, fils d'Ayyoûb, que Dieu Tagrée et
«lui donne le paradis pour récompense! en faveur des HanbdLîtes
«qui viennent (à Damas) et il lui a constitué en waqf la moitié du
« village de Bozâ'a dans le Béqâ* el *azîzy et tous ses points culmi-
<nants(?] (L^^i^), dans Tannée 634.»
^ Le Qâsyoûn est une montagne au nord de Damas (le mont.Ca-
sius) et sur le penchant de laquelle se trouve la Sâléhiyeh (Ebn
Batoûtah,!, 23 1).
*'' Dans la biographie du sâheb ( vizir) Taqy ed-din Tawbah ebn Mo-
hâdjer et-Takrîty, connu sous le nom à'el Bayyi» e»-Saqqâ*y (P a8 v')
DESCRIPTION DE DAMAS. 295
parie de sa turbeh qu'il avait construite au Qàsyoûn et qui fut in-
cendiée iors de l'invasion des Tatârs. Et-Takrîty mourut l'année 699.
• Takrit — le vulgaire prononce Tekrît — ville câèbre, entre
fiaghdâd et Mosoul , à trente parasanges de Baghd&d , à l'ouest du
Tigre; die possède une citadelle très forte dont un des côtés est
(tourné) vers le Tigre.» Marâsed,
^ Ebn Mofleh a dit dans ses Classes : < *abd Allah ebn 'abd El
Ghany ebn 'aly ebn Soroàr, d Moqaddasy, puis ed-Démachqy, Dja-
mâi ed-dîn, mourut le jour de vendredi 5 ramadan de l'année 729
(fie, pour 629) et fut enterré au penchant (du Qâsyoûn)» (N,
P 13 V").
Le chaykh Taqy ed-dîn ebn Mofleh composa une Suite aux Classes
(TaUmqât) des HanbaUtes par le qâdy hanbalite Abou'l Hosayn Abou
Ya'la d Farrâ. Cf. H. Khd., IV, i35.
^ Le chaykh de la montagne, l'imâm Chams ed-dîn Abou Mo-
hammad *abd Ër-Rahman, fils du chaykh Abou *omar Mohammad,
fils d'Ahmad , fils de Qodâmah, le hanbalite, fut le premier à être
investi de la charge de qâdy des Hanbalites à Damas , charge qu*il
abandonna ensuite, ainsi que des fonctions de professeur à VAchra-
fiyeh de la montagne. Il mourut la nuit du (lundi au) mardi fin de
rabî* i*'de l'année 682 , à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, et fiit en-
terré dans le dmetière (maqharah) de son père (N, T 12 v°-i3 r*).
Cf. Quatremère, Mamloàks, II, 68.
^ Chams ed-din ebn d Kamâl Abou *abd Allah Mohammad ebn
*abd Er-Rahîm ebn 'abd El Wâhed ebn Ahmad, d Moqaddasy, le
hanbalite , naquit Tannée 607. 11 fut investi de la charge de supé-
rieur de la Djrâîyeh et de ceUe de VAchraJiyeh de la montagne. Q
mourut le 9 djoumâda 2' de l'année 688 (N , P i3 r**).
^ Le qâdy en chef Charaf ed-dîn Abou'l fadl Hasan (ou dHasan),
fils du chaykh Timâm le }âiat(h Charaf ed-dîn Abou Bakr 'abd Allah ,
ffls du chaykh Abou 'omar, el Moqaddasy, naquit l'année 638 et
mourut la nuit du (mercredi au) jeudi 22 chawwâl de l'année 696.
n fut enterré dans le cimetière [maqharah] de son aïeul, au pen-
chant (du Qâiyoûn) (N, f i3 r^-v').
" Le copiste a omis , avant *eiz eddîn , le nom de son père Taqy
ed-dîn Solaymân ebn Hamzah ebn Ahmad ebn *omar ebn Abi *omar,
d Moqaddasy, le hanbalite, né au milieu de radjah de l'année 628 ,
mort la nuit du (dimanche au) lundi 2 1 dou'l qa'deh de l'année 716,
à rage de quatre-vingt-huit ans. *ezz ed-dîn mourut en safar de Tan-
née 731, âgé de trente-six ans (N, P id r**).
296 MARS-AVRIL 1894.
^ Badr ed-dîn, fils de 'ezz ed-din, fiis deTaqy ed-dinSolaymân,
el Moqaddasy, puis ed-Démackqy, était qâdy en chef. H professa à
la maison (d'enseignement) de la tradition YAchrafiyeh da penchant
(du Qâsyoûn) et aussi à la Djawzijreh, dont la moitié de la chaire
lui appartenait. D mourut la nuit du (mercredi au) jeudi 5 rabt* i"
de Tannée 670 (lire 770) (N, f U r»)..
^ Ebn Katîr a dit dans sa Chronique, sous Tannée 733: cLe
chaykh considéré , le moammaar, le voyageur, Bahà ed-dîn Abon Mo-
hammad, fils du chaykh Badr ed-dîn Abou Ghâkb, constitua en
waqf, sur la fin de ses jours, sa maison connue sous le nom de mai-
son (d'enseignement) de la tradition et investit des fonctions de pro-
fesseur à cette école ech-Ghéhâb d Adra*y» (N, i4 v").
Sur la Chronique (ta*rikh) d'Ebn Ka^r, voir H. KhaL. U, a 4, et
Hist. or, des Crois,, I, Introduction, Ln.
On donnait le titre de mo'ammar à ceux qui parvenaient à un âge
très avancé (Die Chroniken der Stadt Mekkà, éditées par F. Wûsten-
fdd, U, i4i du texte arabe).
^ •Adré'ât, vdle sur les confins de la Syrie et avoisinant le ter-
ritoire d'el Bidqà. » Marâsed»
Ahmad ebn Hamdâu ebn Ahmad ebn 'abd Allah ebn *abd £1'
Wâhed ebn *abd El Ghany ebn Mohammad ebn Sâlem ebn Dâoûd
ebn Yoûsef ebn Djâber, el Adra*y, puis ed-Démachqy, puis d Ha-
laby, le châfé'ite, l'imâm Aboû'l 'abbâs, fils du chaykh Ghéhâb ed-
dîn, naquit dans l'un des deux djoumâda de Tannée 708, à Adré'ât
en Syrie et grandit à Damas. D se transporta dans la suite à Halab ,
où il se fixa. Il professa à la madraseh la Baldaqijeh (?) , située à
Touest de la KaJlâseh, à la madraseh la Zâkériyeh, à la madraseh
VAsadijeh et à la maison (d'enseignement) de la tradition la Bakâ-
îyeh. Sa mort eut lieu le jour de dimanche 2 5 djoumâda 2** de Tan-
née 783. La prière fut faite sur lui dans la mosquée-cathédrale
omayyade à Halab et il fut enterré en dehors de hâb el maqâm, en
face de la turbeh d'ebn es-Sâheb et à proximité de cdle de Soûdoûn
(N, i4 V-i5 r'*).
^ Le ChartfCha.ms ed-dîn Abou'l mahâsen et aussi, dit-on, Abou
'abd Allah, el Hosayny, ed-Démachqy, naquit Tannée 716 et mourut
encha'bân 766. Il fut enterré au Qâsyoûn (N, f i5 r^-v"").
'^ Sur le terme halqah signifiant une sorte de collège, d'académie,
une réunion qui se formait autour d'un professeur, et qui avait pour
objet l'étude de la théologie, des sciences, de la littérature, cf. Quatre-
mère, Mamloûks, I, 2* p., p. 199.
DESCRIPTION DE DAMAS. 297
» Khfdâ ebn Kaykaldy ebn^abd Allah, i'imâm Sdâh ed-dîn Abou
Sa'îd ebn di *alây, ed-Démacbqy, châfé'îte, naquit dans l'un des deux
rabî* de Tan 691. H fut chargé d'enseigner la tradition à la Nâsé-
riyehea 718, professa à VAsadiyeh Tannée 733 et à la kalqah du
seigneur de Hems l'année 738. Il alla ensuite, en 731, donner des
leçons à la madraseh la Salâhiyek à Jérussdem , où il fut nommé
supérieur de la maison (d'enseignement) de la tradition la Say-
fyek, H mourut à Jérusalem , âgé de soixante-neuf ans , le 3 mo-
harram de l'année 761 (N, f i5 v"-i7 r^).
^ Le grand-émir *alam ed-dîn Sandjar le turc , es-Sâléhy, Abou
Moûsa ed'davoàdâry, arriva du pays des Turcs vers l'année 64 o.
Ez-Zâher (Baybars) lui donna un émirat à Halab. Il vint ensuite à
Damas et fut investi une fois des fonctions de châdd (intendance^ in-
spection). 11 devint après cela un des compagnons de Sonqor el ach-
qar (le roux); puis fut saisi et rétabli ensuite dans la position qu'il
occupait et même plus. Quelque temps après , il reçut un fief [Wiphz )
et un commandement de mille. Sa situation grandit et son rang
s'éleva sous le règne d'd malek d Mansoûr Heusâm ed-dîn Lâdjîn,
qui lui donna le commandement de l'armée dans l'expédition de
Sis. On lui doit nombre de bonnes œuvres et des fondations pieuses
à Damas et à Jérusalem. Il assista, déjà msdade, à la bataille (de
Hems) et se réfugia avec ses compagnons à Hesn el akrâd (le châ-
teau des Kurdes ) , où il mourut la nuit du (jeudi au) vendredi 3 ra-
djah 699 (N, P 17 v'). — Cf. Quatremère, Mandoûks, U, 2* p.,
173.
Dawàdàry signifie c qui a appartenu à un dawâdâr ». Sur la fonc-
tion de dawâdâr (litt, porte-écntoire ) , cf. Quatremère, MomZod/ff,
I, 118.
Sur les termes châdd et mochedd, cf. ibid,, I, 58, et 2* p., i4o.
••Hetn el akrâd» château très fort sur la montagne faisant face à
Hems. C'est la montagne d'el Djalîl qui se relie au mont Liban,
entre Ba'albakk et Hems. » Marâsed,
^ 'dy ebn Ibrahim ebn Dâoûd, le chaykh 'alâ ed-dîn Abou'l Ha-
san, fils d'el Mowaffaq di 'attâr (le droguiste), fils d'et-tabîb (le
médecin), le châfé'îte, chaykh de la maison (d'enseignement) de la
tradition la Noûriyeh et professeur à la Qoûsiyeh et à la *alamiyeh,
c'est-À-dire celle-ci, non la *alamiyek hanafîte, naquit le jour de la
fête de la rupture du jeûne de Tannée 654 et mourut l'année 724*
le premier jour de dou'l hedjdjeh. Il fut enterré au Qâsyoûn. En
f année 701, U avait été frappé de paralysie et se faisait porter dans
ni^ 20
UUrRlMEKII «ATIOIALB.
298 MARS-ÂVRIL 1804.
une litière aux madraseh et à la grande-mosquée (N,P 18 r^'V).
*^ Noûr ed-dîn Abou *abd ^ah Mohammad ebn Nadjm ed-dîn
Abi Bakr Mohammad ebn 'omar ebn Abî Bakr ebn Qawâm , 'aly
ebn Qawâm, dl BMésy d'origine, ed-Démachqy, connu sous le nom
d'ebn Qawâm, naquit en ramadan de Tannée 717. Il professa à la
Nâsériyek extra muros , après son père , pendant plusieurs années ,
et au rébât ed-Dawâdâry, en dedans de hâb elfaradj. Il mourut en
rabî* 3^ de l'année 765 et fiit enterré sur le penchant du Qâsyoûn
dans leur zâwyeh (la zâwyeb des Banou Qawâm) (N, f 19 r^).
€ Bédés, ville de Syrie, entre Kelàh et er-Raqqah. Elle est située
sur le côté occidental de TEupbrate, à peu de distance de la riye,
et au-dessous de Seffin. » Maràsed,
On trouve Tinscription suivante (n* 387 de ma collection) qui
concerne son aïeul *omar, fils d'Abou Bakr, dans la tékyeh d'ebn
Qawâm, près de Dayr Morrân:
«Au nom de Dieu, etc. — Qor'ân, IX, 21. — Ceci est la tarbeb
f du serviteur qui a besoin de la miséricorde de son Seigneur, Timâm , le
« chaykb , l'homme pieux , l'ascète ,1e dévot , *omar, fils duchaykh pieux
c Abou Bakr ebn Qawâm , d Bâlésy, que Dieu sanctifie son cœur l Q
« mourut à la miséricorde de Dieu , qu'il soit exalté ! la nuit du (jeudi
«au) vendretli 2* safar de l'année ...»
L'inscription de son bisaïeul (n** 391) est sur le tombeau à cMé:
«Au nom de Dieu, etc. — Qor\, IX, ai. — Ceci est la turibeh
« du serviteur qui a besoin de la miséricorde de son Seigneur, Timâm ,
«le chaykh, Tascète, le dévot, le contemplatif, le savant, le prati-
« quant, le chaykh Abou Bakr ebn Qawâm , el Bâlésy, que Dieu sanc-
« tifie son cœur ! Il mourut à la miséricorde de Dieu , qu'il soit exidté !
«le jour de dimanche fin radjah de Tannée 658 , au village de *alam ,
« et y fut enterré dans un cercueil de bois. Ensuite son fils , le chaykh
« 'omar, le transporta au penchant du Qâsyoûn et il fut enterré dans
« sa turbeh , à Touest de Dayr Morrân , dans la matinée du jour de
« vendredi 9 moharram de Tannée 670. »
n faut san^ doute lire le 7, correspondant au vendredi
i4 août 1371.
nDayr Morrân, près de Damas, sur une colline dominant deè
champs de safiran (mazâr^ ez-zàfarân). » Maràsed,
^ On lit dans B Sâmoûriyeh, — On trouve sur le linteau de la
porte de la khânqâh l'inscription qui suit (n** ^73 de ma cdlection) :
«Au nom de Dieu, etc. — Qor., IX, 31. — A constitué en waqf
c cette khânqâh bénie/ en faveur des pauvres qui y demeurent ^ celui
DESCRIPTION DE DAMAS. 299
• qui a besoin de Dieu, quUl soit exalté ! Ahmad ebn Mohammad es-
«Sarmarry, que Dieu lui fasse miséricorde 1 Et il lui a constitué en
«waqf toute la portion du village d*d Hadjdjâdjiyeh; un (prât, un
c tiers de qîr&t et deux dixièmes et demi de qîrât de la mazra^ak (sise)
«à ech-Ghâghoûr, la maison du moulin, un jardin voisin du village
« d ex-Zanbaqiyeh , une salle, trois magasins aux grains voisins de
• cette khânqâh , un salon («xjuL* ) , des chambres et l'écurie. Quiconque ,
• après avoir entendu, etc. (Qor. , II, 177 ). (Et cela) en Tannée 696. 1
Une antre inscription (n** 456) se trouve au-dessus de la fenêtre,
^ie diffère très peu de la précédente. Ainsi, «en faveur des pauvres
qui y demeurent» est supprimé; on y lit «une mazra'akw au lieu de
cla mazra^ahw; «les deux tiers x, au lieu de «trois». Par contre,
cet cda » n*existe pas dans le n** 472.
^ Les rues de la nature des darb, mais qui sont si étroites qu*il
ne peut y passer deux hommes de front ou un homme chargé, se
nomment ^\^, pi. iSjt (De Sacy, "ahd El Latjf, p. 385).
^ Sayf ed-dîn Abou-1 'abbâs Ahmad ebn Mohammad ebn 'aly ebn
DjaTar, el Baghdâdy, és-Sâmarry, ainsi appdé de son lieu de nais-
sance Sorr man ra*a sur le Tigre — dont on forme aussi Tadjectif
rdatif Sarmary — possédait de grandes richesses. H mourut le jour
de lundi 18 cha'bân de Tannée 696. «En 686, dit ebn Katîr, il fut
mandé de Damas en Egypte pour procéder à la vente du village ( raé*)
deHazramâ qu'il avait acheté de la fille d'el malek d Achraf Moûsa.
H répondit qu'il en avait £ût un waqf. *alam ed-din (Sandjar) ech-
Ghodjâ'y était chargé de cette aifaire. Nâser ed-dîn Mohammad , fils
d*Abou 'abd ASah , el Moqqadasy, se jdaignit de ce que es-Sâmarry
avait acheté ce (viUage) de la fille d'el Achraf, alors qu'dle n'était
pas saine d'esprit, prouva son état de démence par devant Zayn ed-
din ebn Makhloûf et fit annuler la vente d^mis son origine. Es-
Sâmarry fut oUigé de rembourser pour le revenu (uU^) qu'il avait
touché depuis vingt ans a 00,000 derbams. On lui prit sa portion
de la Zanbaqiyeb, dont la valeur était de 70,000 et 10,000 de com-
plément. On le laissa dans la plus grande misère. Ayant ensuite fait
constater que la princesse avait recouvré la raison, on lui acheta
ces portimu pour ce qu'on voulut» (N, f 19 r**-v**).
G>mp. ce récit dans Quatremère, Mamloûkt, II, 89; mais ce sa-
vant traduit Sâmarry, qu'il écrit Sâméry, par Samaritain. Il le
nomme Sermerày, ibid,, 2* p., 54.
E^-Sacfqâ'y donne (P i3) la biographie d'es-Sâmarry et dit qu'il
iïit eolerré- dans sa maison connue sous le nom de maison d'ebn
20
300 MARS'ÂVRtL 1894.
Qawàm, sise dans lame des châ^ârin et dont il fîit fait une zâwyeh.
— On la trouve aussi dans le FawàJt el wafayât, I, 83.
tSorr mon ra'a et Sarr mon ra*a, Qudqu'un a dit que son nom
était anciennement Sâmarra. Quand d Mô'ta^em la bâtit, il Tappda
Sorr man rà'a. »
tSâméra, locution emjdoyée pour Sorr man ra*a. C'est la ville
que construisit d Mo'tasem entre Baghdâd et Takrît. On dit de
différentes manières : Sâmarra, Sâmarrâ, Sorr man râ*a et Sorr
man ra , Sa* man râ et Sâmarrah. Elle est établie sur la rive orien-
tale du Tigre, au-dessous de Takrît. Quand d Mo*taded la quitta
pour habiter Baghdâd, die tomba en ruines et il n'en reste aujour-
d'hui qu'une minime partie. Cette ville a une longue histoire. Ce
qui en reste actuellement est un endroit qu'on appdait d "askar,
d*oii était originaire *aly ebn Mohammad ebn *aly ebn Moûsa ebn
DjaTar, ainsi que son fils el Hasan ebn 'aly; on les appdle les deux
^askary, parce qu'ils y habitaient et qu'ils y forent enterrés. Par-des-
sus leurs tombes s'dève un machkadtoh on vient les visiter. Dans
c«tte chapdie sépulcrale est une cave où se trouve un conduit sou-
terrain. Les Râfédîtes prétendent qu el Hasan ebn *aly dont nous
venons de faire mention avait un fils en bas âge, nommé Moham-
mad , qui disparut dans ce conduit et jusqu'à présent ils l'attendent. ■
Maràied,
^ Chéhâb ed-dîn Ahmad ebn 'alâ ed-din *aly ebn Qawâm , châTé-
'ite, mourut le jour de dimanche 26 radjah de Tannée 8a 5 et fut
enterré à ia Rav^dah (N, P 19 v<*).
«« Chéhâb ed-dîn ebn [tic) 'abd El Halîm ebn Madjd ed-dîn 'abd
ËS'Sfdlâm ebn *abd ^^ah ebn el Qasem ebn Mohammad ebn d Khedr
ebn Taymiyeh, d Harrâny, mourut à Damas la nuit du (samedi au)
dimanche fin de dou'i hedjdjeh de l'année 68a et fut enterré dans
le cimetière (matiâher) des Soùfys (N, f* 19 v'-ao r").
*^ Taqy ed-dîn Âbou'l *abbâs Ahmad ebn 'abd £1 Hdîm ebn'abd
Es-Sallâm ebn Taymiyeh , d Harrâny, professa le jour de lundi
a moharram de l'année 683, à la maison (d'ensdgnement) de la
tradition la Sakariyeh, qui est aux QassâHn. Il avait alors vingt-
deux ans. Il était né le jour de lundi 10 rabî* 1*' de l'année 661, à
Harrân. Il vint à Damas avec ses parents Tannée 667. Il composa
des ouvrages et mourut à Damas , dans une salle où il était empri-
sonné, à la fin de la nuit du (dimanche au) lundi 22 4<>u'l qa'deh
de Tannée 738. La prière fut faite sur lui par son frère Zayn ed-
din 'abd Er-Rahman au marché aux chevaux, après la sortie du
DESCRIPTION DE DAMAS. 301
convoi funèbre par hâh el faradj, B fat enterré à côté de son frère
'abd Allah (N,f» 20 r'-v*).
c Harrân est aussi un viUage dans la Ghoûtah de Damas. » Marâ-
sed, .
^ Le hâfez Abou 'abd Allah ed-Dahaby, Mohammad ebn Ahmad
ebn 'otmân ebn Qâyâzib 'abd Allah, le turkomân, el Fâréqy d ori-
gine, ed-Démacbqy, le châfé'ite, rimâm, Thistorien de la Syrie,
Ghams ed-dîn , naquit Tannée 678 à Damas. Il composa des ouvrages
utiles, entre autres les Annales de l'islamisme, en 20 volumes. D fut
invetfti de la charge de supérieur à la Zâhériyeh, anciennement, à
la Najlsiyeh , à la Fâdéliyek , à celte Sakariyek , à Onun es-Sâlek et
dans d^autres collèges. Il ne cessa d'écrire et de composer jusqu'à
Tannée 74 1, époque à laquelle il devint aveugle. Il mourut à Damas
la nuit du (lundi au) mardi 3 dou'l qa'deh de Tannée 748 et fut
enterré au cimetière de bâb es-saghtr (N, f 10 v*-2i r°).
H. Khid. Élit mention du Ta*rihh el islam sous le nom de Ta*rtkh
ed'Dakahy, II, i3i. — Cf. aussi la notice dans Hist or, det Crois.,
I, Introduction, XLTn.
^ L'imâm Sadr ed-dîn Solaymân ebn *abd El Hakim , el Bârédy,
le mâlélûte, Tach*arîte, professeur de la madraseh la Charâhtchiyeh
de Damas, naquit Tann^ 678. Sa mort eut lieu le jour de dimanche
5 djoumâda 3' de Tannée 749* H fut enterré dans la Charàbiehiyeh
(N,f'2i r*-V»).
"* Ou Ckaqtchaqiyeh, Je suis la leçon de N; B porte Chaqchaqiyeh.
'^ Si la rue hâreh est ouverte par les deux extrémités , eBe prend
le nom de v^^^ > P^* Vi;*^ • ^^^r^ ^^ général , un chemin qui conduit
à un antre chemin s'appdle, en Egypte, darb (De Sacy,'a6(l El La-
Hf, 385).
** Ici le texte porte jg^l.ft.l.a-Jt .
" U^^uft ^J\S^ . C'est ainsi qu'on lit dans les deux manuscrits du
British Muséum,
^ B : t«Xfi LfJ \Osi \S U; N : fos; L^ )«X£ \S U, comme le ms.
de Londres, add. i8533. Dans le second cas, on pourrait peut-être
traduire : i Quel mérite transcendant a-t-ii donc montré?»
» N (P22 v») écrit i^,^l.
** Ebn Batoûtah, I, 202 : fDu côté oriental de la cour (de la
noosquée omayyade) se trouve une porte qui conduit à une mosquée
admiraUe par son .emplacement et qu'on appeBe le mackhad de *alY,
fils d'Abon TMeb.»
302 MARS-AVRIL 1894.
" Qaatremère , Mamloûks ^ I , a* p. , 1 98 , traduit ce mot par « effets i.
^ Mohammad ebii 'orwah ei Mawsây demeurait à Jérusalem,
mais il était un des compagnons particuliers d'd midek d Mo*azzam.
n se transporta à Damas lorsque ce prince détruisit les remparls
de la ville sainte (N, P 2 1 v"-22 r").
^ On appelle motcdla ou lieu de prière une grande place en plein
air, où le peuple se réunit pour faire la prière en certaines occa-
sions, et particulièrement «aux deux beîrams (De Sacy, Ckrettoma-
thie, I, 191).
^ Ou f pavillons •, et Quatremère, Mandoûks,!, 241; mais je
crois qu'ici il s'agit plutôt du mausolée de Toghtékîn.
^^ B porte (^t^CujLL? et pardessus ce mot : ^ôSa sici,et N ^^JJ^\ô•,
il faut certainement lire çj»CjJg>. L'auteur a probaUement en vue
Zahîr ed<lm Abon Mansoûr Toghtékîn l'atâbek, qui en 49*7 (iio4)
succéda à Doqâq, seigneur de Damas. Cf. Hist, or, des Croii,» ni,
494.
'^ Fakhr ed-dîn ebn 'asâker 'abd £r-Rabman ebn Mo)iammad ebn
el Hasan ebn Hébat Âilah ebn *asâker, Abou Mansoûr, ed*Démachqy,
chaykh des Châféites à Damas, n ^>ousa la ^ie de son chaykh
Qotb ed-din Mas'oûd en-Naysâboûry et professa à sa place à la Djà-
roûWàyeh, où il habitait dans une des deux salles qu'il avait oon>-
struites et dans laqudie il mourut., à l'ouest de l'itiMin. Q fut investi
de la chaire de la Salâhiyek-Nâsériyek à Jérusalem; puis el *âdel
le nomma professeur à la Taqawijreh, Lorsqu'el *âdd moarut et que
Fakhr ed-dîn dla faire visite à son fils ei Mo'azzam , qui s'adonnait à
la boisson , il lui reprocha son penchant à l'ivrognarie. Le prince
lui en voidut : il lui enleva la chaire de la Salâhiyeh de Jérusalem
et celle de la Taqawiyeh, et il ne lui resta plus que la Djàreûlàdyek ,
la maison (d'enseignement) de la tradition la Noûriyek et le maehkad
d'ebn *onvah. Sa mort eut lieu le jour de mercredi après Vasr,
10 radjah de l'année 620. Il était âgé de soixante-cinq ana'.n fut
enterré dans le cimetière des Soûfys , au commencement, près de son
chavkh Qotb ed-dîn Mas*oûd. D était né en radjah de l'année 55o
(N,> 22 i^-v*).
Son tombeau porte l'inscription suivante (n° 64 1 de ma collec-
tion):
t Ceci est le tombeau de edui qui a besoin de la miféricôide de
* Ebn KhallikAn, qui donne sa biographie ( II , gt), dit anm qu'il était
né en 55o. 11 avait donc, quand il monrat, soixante-dix ans.
DESCRIPTION DE DAMAS. 303
c son Seigneur, Fakhr ed-dîn 'abd Er-Rahman ebn d Hasan ebn Hé-
«bat Allah ebn *asâker, le châféite. H mourut le lo radjab, jour de
«mercredi, de l'année 620.»
Qotb ed-dîn en-Naysâboûry, dont on trouve la biographie dans
ebn Khallikân. lU, 35 1, naquit le i3 radjah 5o5 (janvier 1112)
et mourut a Damas le 3o ramadan 678 (27 janvier 11 83). Il fut
enterré dans le cimetière établi par lui à l'extrémité ouest de Damas ,
près de celui des Soûfys. Ebn Khallikân dit avoir visité plus d'une
fois son tombeau.
^ Mx^ammad ebn Yoûsef ebn Mohammad ebn Yaddâs, iehâfez,
le grand voyageur, Zaky ed-dîn Abou 'abd AUah el Berzâly d echbîly
(de Séville) , naquit vers l'année 677 environ. H vint à Damas Tannée
6o5 , puis retourna à Mesr. U retourna à Damas , voyagea dans le
Kfaorftsân. le pays du Djabal, etc., et rentra au bout de cinq ans à
Damas où il se fixa. Il devint l'imâm de la mosquée de Qaloûs (sic) ,
à l'extrémité de l'hippodrome de$ cailloux, et fut investi des fonc-
tions de supérieur au machkad d^ 'arfâ [sic, pour 'orwah). U mourut
à Hamâh le 1 4 ramadan de l'année 636. Il est l'aïeul de notre chaykh
'alam ed;dîn el Qâsem ebn Mohammad d Berzâly, l'historien de
Damas, qui écrivit une Suite à l'ouvrage du chaykh Chéhâb ed-dîn
Abou Gbâmah et aux Annales duquel j'ai fait moi-même une Saite
(c'est ebn Katîr qui parie) (N, foi. 23).
Je n'ai trouvé nulle part la localité nommée Berzâlah. Le nom
de Berzâly vient peut-être de la tribu berbère les Banou Berzâl ,
mentionnée par ebn Hawqai , éd. de Goeje , p. 60.
^ Le chaykh Fakhr ed-dîn Abou Mohammad *abd Er-Rahman ebn
Yoûsef, el Ba'albakky, le hanballte, supérieur de la maison (d'ensei-
gnement) de la tradition la Noûriyeh. et du machkad d'ebn 'orwah
et tapérieur de )a Sadriyeh, naquit l'année 62 1, et mourut en radjah
de l'année 688 (N,fol. 2*3).
* Ainsi nommée parce que, anciennement, on fiibriquait la chaux
(keb) en cet endroit.
^ Abou Ghâmah , pariant de la mort de Salâh ed-dîn ( Saladin ) , dit
que sa turbeh est voisine du lieu dont el Fâdel a fait une addition
dans la mosquée. — El Fâdd, 'abd £r-Rahîm ebn *âly ebn d Hasan
ebn Ahmad ebn el Faradj ebn Ahmad, le qâdy Mohiy ed-dîn, ou, a
dit qudqu'un , Moudjîr ed-dîn , Abou'aly, fils du qâdy dAchraf Abou'l
Hasan, el Lakhmy, el Baysâny, d 'asqdâny par la naissance, ei
Mesry du lieu où il grandit, naquit en djoumâda 2' de l^année 529.
omârah d Yamany a dit (dans son Histoire des vizirs, intitulée m-
304 MARS-AVRIL 1894.
Nokatel ^oiriyeh) : «Une des pins belles actions d'û *adel ebn 05-
SMch ebn Rozzyk fut Tordra adressé par loi an gouvemenr
d'Alexandrie de faire partir pour la Porte (la cour] le qâdy el Fâdel,
qu'il employa dans les bureaux militaires (diwân el djayck ou 0I
djoyoûch). Quand Asad ed-dîn Chîrkoûh s'empara du poavoii*, il
eut besoin d'un secrétaire; ayant fait venir d Fâdel, ses façons et
sa physionomie lui plurent. Lorsque Salâh ed-din monta sur le
trône , il l'attacha complètement à sa personne. El Fâdel rédigea les
coiTespondances comme personne ne l'avait fait. — Ses revenus, y
compris son traitement , s'âevaient annuellement à environ cinquante
miUe dinars, sans compter son commerce avec l'Inde, le Maghreb
et autres (contrées). D mourut subitement le 7 rabf s' 596, jour
de l'entrée d'el 'âdel an château de Mesr (N, fol. ad r*).
On trouve la biographie du qâdy el Fâdel dans ebn Khatlîkân
(Biogr. dicU, U, 11 1-1 15, et IV, 563et suiv.),dansMaqrîzy (KhéUU,
II, 79 et 336) et dans Abou'l mahâsen, ms. ar. n" 661. Cf. aussi
Hist. or. des Crois, , I , Introduction , lvi.
" £1 malek d 'azîz *émâd ed-dîn Abou'l fath *otmân , fils de Sala-
din, lui succéda sur le trône d'Egypte en 689 (1 193) et mourut en
696 (1198). Il était né au Caire le 8 djoumâda i*' 567 (janvier
117a).
Sa biographie est donnée par ebn Khallikân, Biogr, dict.. Il, igS-
197-
^ *abd d Bâset dit le i o; en-No*aymy et ebn Khallikân indiquedt
le 7, ce qui est plus exact, le 7 rabi* 3' 696 tombant on mardi
d'après ebn Fatoûh (nne Mère d'Astrolabe),
^ Ebn Khallikân (II, 1 14) dit avoir visité |dusieurs fois le tom-
beau d'el Fâdel et lu la date de sa mort sur le marbre qui l'entoure.
^^ N dit que cette mazra^ah était contiguë au territoire de Hammoâ-
riyeh. B écrit Bartâya et Add. i8533, Boûtâyâ.
^^ € Hammoâriyeh , village dans la Ghoûtah de Damas. 1 Marâsed.
^^ Le chaykh Taqy ed-dîn 'abd Er-Rahman ebn Abf 1 fehm , el
Yaldâny, mourut le 8 rabî* 1" de l'année 655 à Yaldâ, où H fat en-
terré. Il était âgé de cent ans environ. Je dis : c La |dnpart de ses
livres et de ses recueils écrits de sa main sont constitués en waqf
(et déposés) dans la biMiothèque de la Fàdéliyeh, (qui fait partie)
de la Kallàseh » ( N , fol. 2 5 r^).
« Yaldân, un des villages de Damas; ce nom perdqudqu^is son
nom final. » Marâsed,
» En l'année 657 (N , fol. 26 ).
DESCRIPTION DE DAMAS. 305
'* Le hàfez, le mo'ammar, le voyageur, Taqy ed-dîn Abou'l ma-âty
Mohammad ebn Djamâl ed-dîn Abou Mohammad Râfé^ebn Hadjoûch
ebn Mohammad ebn Châfé\ es-Ssdiâmy, e»-Samîdy, el Mesry, ainsi
appelé parce qu'il était né et avait grandi à Mesr, puis ed-^Démacbqy,
naquit en dou'l qa'deh de Tannée 704* H professa dans la maison
( d'enseignement ) de la tradition la Noûriyeh, dont il fut investi après
la mort d'el Mezzy, en l'année 7^3, et à la Fâdélijeh, (qui est) à la
Kallâseh , après la mort d'ed-Dababy. Il réunit des articles nécrolo-
giques [wafayât) dont il fit une Suite à el Berzâly et composa une
Suite de YHistoire de Baghdâd par ebn en-Nadjdjâr. Il fut promu à
diverses charges de supérieur comme celles de la Qoûsiyeh et de la
'osroûniyeh. Il mourut en djoumâda 1*' de l'année 79^ et fut enterré
à bâb es^saghtr (N, fol. 2 5 r'-v").
H. Khal., U, 118, lio, et VI, 456. Les Wafayât vont de Tan-
née 737 [Comm, 10 août i336) à Tannée 774 [Comm, 3 juillet
1372).
^^ Chams ed-dîn Abou *abd Allah Mohammad ebn Mohammad
ebn *abd El Karîm ebn 'abd El Wz ebn Redwân el BaHy, connu sous
le nom d'ebn d Maw^ly, naquit Tannée 699. H fut appelé à Damas
pour y être investi de la fonction de làxatib à la grande-mosquée
d'Ylboghâ , lorsque Ton commença à la construire, et il y fit le prône
avant quelle eut été achevée. Puis le fondateur étant mort, il sur-
vint de grandes discussions, et la mosquée passa aux Hanafîtes.
Chams ed-dîn demeura à Damas ; il se tenait auprès de la porte du
minaret de la fiancée. Il mourut en djoum&da 2^ de Tamiée 774
(N, fol. 25 V*).
'^ Cette montagne, qui est aussi appelée Djabal es-SàléMyeh , est
située à deux milles au nord de Damas. Elle est élevée à environ un
millier de pieds anglais au-dessus du niveau de la ville (Biographi-
cal dictionary. II, 282, n.). — C'est un des ^ubourgs (arbàd) de
Damas, et une grande ville. Elle a une mosquée-cathédrale et un
hôpital; elle a aussi une madraseh, nommée la madraseh d'ebn (sic)
'omar (Ebn Batoûtah, I, 23o).
^ Le sâheb (vizir) 'ezz ed-dîn Abou Ya4a Hamzah ebn Moayyed
ed-dîn Abî'l ma'âly As'ad ebn 'ezz ed-din Ghâleb ebn d Mozaffer ebn
el wazîr Moayyed ed-dîn Abi'l ma*âly As*ad ebn el 'amid ebn Yala
Hamzah ebn Asad ebn 'aly ebn Mohammad et-Tamîmy, ed-Dé-
machqy, ebn el Qalânésy. Ebn d Qalânésy est cité par ebn Khal-
likân (IV, 484) comme Tauteur d'un ouvrage historique faisant
suite à la Chroniqae d' Abou'l Hasan Hdâl ebn es-Sàby. H. Khal. ,
306 MARS-AVRIL 1804.
qui mentionne (II, i33) la chronique d'Héiâl et les appendices qui
lui furent donnés , ne parie pas d'ebn el Qalânésy. — £bn el Qaïà-
nésy rédigea aussi un complément à ï Histoire de Damas par ebn
*asâker. Cf. HisU or. des Crois,, lU, 478. Abou Ghâmah et Aboul
mahâsen font de nombreux emprunts à Abou Ya'ia {ibid,),
^ Le titre de rajs en chef était donné aux vizirs et aux officiers
en chef de l'administration (BiograpkUxd dietionary. II, 67).
^* N dit (fol. 26 r") : • du trésor du sultan ••
^^ N (foi. 26); la moitié de la page est restée en blanc. B ne ùdi
aucune mention de cette école.
^' li ftit enterré dans sa maison dont il avait &it une madraseh.
Voir plus loin.
^* Sur le mohtaseh, magistrat chargé de la police civile de la viUe,
de rinspection des marchés , des poids et mesures , de la répression
des délits, etc., cf. Biographiad dictionary, I, Z*jbi Quatremèce,
Mamloûks, 1 , 1 1 4 ; S. de Sacy, Chrestomathie arabe , 1 , 468 et suiv. ;
ebn Khaldoûn, Prolégomènes, traduction, I, 458 et suiv.
^ £bn Khaliikân (III, 339) et ebn ei Atîr, Atâheks de Mosonl
(Hist, or, des Crois,, U, 2*p.,3i3), font mention de cette école.
^^ Voir la biographie d'elmalek el 'adel Noâred-dîn Aboul Qâsem
Mahmoud, fils de 'émâd ed-dîn Zenky, dans Biographical dictio-
nary, RI, 338. — Son corps fut plus tard transféré au mausolée
élevé dans la madraseh (la Grande Noûriyeh) quil avait fondée près
de l'entrée du marché des vanniers (el Khawtoâsin),
Ebn Katir dit dans ses Annales , sous Tannée 6 1 1 : • En cette année
le fossé fut âargi dans la partie faisant suite à la Qàjrmâziyeh: on
détruisit beaucoup de maisons en cet endroit, le bain de Qàymâz,
un four, qui était un waqf en faveur de la maison (d'enseignement]
de la tradition la Noûriyek, et d'autres constructions.! Es-Sdâh es-
Safady s'exprime ainsi à la lettre 'ayn : « *Abdân el Falaky *ezz ed-
dîn, le propriétaire de la maison et du bain (sis) vis-à-vis de la
maison (d'enseignement) de la tradition la Noûriyeh, à Damas,
mourut l'année 609.» Elle a vis-à-vis, aujourd'hui, la Petite 'àdé'
liyeh et le bain d'ebn Moûsek. Peutrétre la 'àdéliyek était-elle la mai-
son dudit 'abdân (N, fol. 26 v**).
^ La biographie d'el malek el Mansoûr *émâd ed-dîn Zenky, fils
d'Aq Sonqor, est donnée dans Biographical dictionary, I, 539. «fl
était sur le point de s'emparer de Qai'ah Dja*bar, lorsqu'il fut trouvé
mort dans son lit, assassiné par un de ses eunuques, le mercredi
matin i5 rabf 2^54i (22 s^tembre ii46).B fut enterré àSe£fin»»
DESCRIPTION DE DAMAS. 307
— Ebn ei Atîr, Atâheks de Mosoul, dans HÙL or, des Crois,, dit le
5 rabî' 2*. — Dans le Kétâb er-rawdatayn, on lit(p. Sa ) : « Cinq nuits
étant écoulées du mois de rabf (3^).»
^^ Voir la biographie d'Abou Sald Aq Sonqor ebn 'abd Allah,
Qâsem ed-dauleh, le hâdjeb, dans Biographiccd dictionary, I, 2 a 5.
^^ La biographie de Malekchâh se trouve dans Biographical
dictionary, III, 44o. Ce sultan Seldjoûqîde naquit le 9 djoumâda
1" 447 (6 août io55) et mourut à Baghdâd le i5 chawwâl 4B5
(18 novembre 1092). Voir Hist or. des Crois,, U, 2* p. 22.
^^ C'estrà-dire Ma'arrah Blasrîn, «petite ville et arrondissement
(koûruh) dans les environs de Halab, k cinq parasanges de cette
ville. » Marâsed,
^^ tiKafar Tâb, ville entre el Ma'arrah et Hdab.i Marâsed,
^^ tiÇaVah Dja'bar, sur l'Euphrate, entre BMès et er-Raqqah,
près de Seffin. On l'appelait autrefois Roûs, Un homme des Banou
Qochayr, aveugle, nommé Dja^bar, s'en étant emparé, die prit son
nom. » Marâsed, — La biographie de ce Dja*bar se lit dans Biogra-
phical dictionary, I, 829.
C'est-à-dire une construction surmontée d'une coupole.
Atâbeks de Mosoul, dans Hist, or, des Crois,, U, 2* p., 3i3. —
Dans ce passage, ebn Atîr se sert du mot ^, alors que B em-
ploie y^\ ce qui prouve que ces deux expressions sont souvent
synonymes.
^ Au lieu de esiOsil ^b, il faut lire «ûsi>xJJ )^|,>,
^ Voir Atâbeks de Mosoul, loco cit., p. 292. N porte par erreur
599 (le mercredi 1 1 chav^wâl, au lever du s<deil).
^^ Le grand hâfez Jéqat ed-din Abou'i Qasem *aly ebn d Hasan
ebn Hébat Allah ebn 'abd Allah ebn d Hosayn ebn 'asâker, ed-Dé*
machqy, naquit dans la dernière décade d'd moharram de l'année
499. Il est l'auteur d'ouvrages importants, entre autres d'une His-
toire de Damas en So volumes. Il mourut la nuit du (dimanche au)
lundi 1 1 radjah de l'année 67 1 et ûit enterré au cimetière de 6d&
es'saghir, dans la chambre où repose Mo^âwyah (N, fol. 27 r^).
Cf. H. Khal. , n, i3o, où il est appdlé Abou'i Hasan *aly ebn Ha-
san.
Son tombeau, à bâb es-saghtr, près de celui d'Aws, porte l'in-
scription suivante (n** 619 de ma cdlection) :
(Vers) «Lorsque ma couche s'est trouvée le soir faite de terre,
«et que j'ai passé la nuit auprès du Seigneur miséricordieux;
«Félicitez-moi donc, mes amis, et dites: «Vmd pour toi la
91
93
308 MARS>AVRIL 1894.
• bonne nouvdie; ta es mort (pour te rendre) chez un (Dieu) gë-
cnéreaxt
< Ceci est le lieu de repos [marqad) de *aly ebn *asftker. Il mourut
fia nuit du (dimanche au) lundi ii radjah de Tannée 571.1
D'après ebn Khallikân (Bio^^hical dictionary. H, 254)* il na-
quit le 1*' moharram et mourut la nuit du (dimanche au) lundi
2i radjab (février 1176). Le 21 radjah est une erreur.
^ Le hâfez Bahà ed-dîn Abou Mohammad el Qasem ebn 'asftker
naquit en djoumâda 1*' de Tannée 527. D composa des ouvrages.
B mourut le jour de jeudi 2 safar de Tannée 600 , et fut enterré
au-dessus de son père, au cimetière (mcu/àber) de hâb et-uufhtr, à
Torient des tombeaux des compagnons (du prophète), en dehors
de la Hadîrah (N, fol. 27 r»-v').
£bn Khallikân (II, 2 54) dit qu'il naquit la nuit du (i4 au)
i5 djoumâda 2^ et qu'il mourut le 9 safar. D'après ce biographe,
il aurait été enterré en dehors de bàb en-nasr. — H. Khal. fait men*
tion de ses ouvrages.
•' Voir ci-devant, n. 62.
^ Zayn d omanâ , le chaykh Abou'l barakât el Hasan ebn Moham-
mad ebn d Hasan ebn Hébat Allah ebn 'asâker, ed-Démachqy, le
châfé*îte, fut investi de Tinspection (nazar) du trésor et des i^nqfs.
Puis il se consacra à Tascétisme. B vécut quatre-vingt-trois ans et
mourut en safar de Tannée 627. B fut enterré auprès de son frère,
le chaykh Fakhr ed-dîn ebn 'asâker, au cimetière (maqàber) des
Soûfys. Ës-Ssdah ebn Aybek es-Saiady, dans son fVâfy, dit qu'il était
né en 544 (N, fol. 28 r^).
» Et-Tftdj *abd £1 Wahhâb, fils de Zayn d omanâ Abou'l bara-
kât el Hasan ebn Mohammad, ed-Démachqy, ebn *asâker, mourut
le 1 1 djoumâda 1*' de Tannée 660, à la Mekke. B était né en 61 4
(N, fol. 28r'-v»).
^^ Le chaykh Zayn ed-dîn Abou'l baqâ KhMed ebn Yoûsef ebn
Sa*d ebn el Hasan ebn Mofarradj ebn Bakkâr, en-Nâbolosy, naquit
à Naplouse Tannée 585 et mourut en Tannée 663 (N, fd. 28 v*).
^^^ Tâdj ed-dîn Abou Mohammad *abd £r-Rahman ebn Borfaân
ed-dîn Abî Ishaq Ibrahim ebn Ghabbâ' ebn Dyâ el Fazâry, d Badry
d'origine, el Mesry, ed-Démachqy, (surnommé) d Ferkâh, naquit
en rabî* 1*' de Tannée 624. B remplit la fonction de répétiteur à la
Nâsérijeh, dès qu'eUe fut ouverte, et cdle de professeur à la Mo-
djâhédiyek, qu'il abandonna ensuite. B écrivit des ouvrages utiles.
B était de sept ans plus âgé qu'eii-Nawawy. B mourut à la Bàdé-
DESCRIPTION DE DAMAS. 309
râïyehen djoumâda i*' de Tannée 690 et fut enterré au cimetière
de bâb es-saghir, dans ia qonbbeh la Bakâïyek, au nord-est du com-
mencement du mo$alla des deux fêtes (N, fol. 29 r^-v**).
^^ Taqy ed-dîn Mohammad ebn *aly,- surnommé ebn Daqîq el 'îd
(le fils de la farine de la fête) , châfé'îte, est fréquemment mentionné
par H. Khal. Il mourut l'année 702 (Comm, 36 août i3o2). — En
l'année 680, il fut nommé professeur au collège situé dans le quar-
tier de Qarâfah, près du mausolée d'éch-Ghâfé'y (Quatremère, Mani-
loûks, II, d3). U mourut le vendredi 11 safar, à l'âge, de soixante-
dix-sept ans. Il exerçait alors les fonctions de t/àdy'l qodât. U était
né le 20 cha*bân 625 [ibid., II, 2* p., 227).
^^ Djamâl ed-dîn, ech-Charaf ebn en-Nâbolosy, le hàfez, ehn d
MozafFer Yoûsef ebn el Hasan ebn Badr, ed-Démacbqy, naquit après
l'année 600 et mourut le 10 d'd moharram de Tannée 671 (N, fol.
29 V»).
^^ Djamâl ed-dîn ebn es-Sâboûny Mohammad ebn 'aly ebn Mah-
moud ebn Ahmad, le hâfez Abou Hâmed, fib du chaykh 'alam ed-
dîn el Mahmoûdy, naquit Tannée 6od et mourut au milieu de
dou'l hedjdjeh de Tannée 680. Il fut enterré au penchant du Qâ-
syoûn (N, fol. 29 v*).
^^ Le chaykh Madjd ed-din YoûsefebnMohammad ebn Moham-
mad ebn 'abd Allah el Mesry, puis ed-Démachqy, le châfé'îte, le
kâteb, connu sous le nom d'ebn el Mehtâr, mourut le 10 4ou'l
hedjdjeh 685 , et fut enterré à bâb el farâdis (N , fol. 3o r").
^^ Gharaf ed-dîn en-Nâbolosy Ahmad ebn Né' mah,eiMoqaddasy,
le jdialib de la Syrie, naquit en Tannée 622. Il fut investi de (la
direction de) ia maison (d'enseignement) de la tradition la iVoa-
riyeh, de ia Châmiyek extra muros et de la Ghazzâliyek. Il mourut
dans le mois dé ramadan de Tannée 694 (N, fol. 3o).
^^^ L'imâm, le hâfez, Thistorien, *alam ed-dîn Abou Mohammad
el Qasem ebn Mohammad ebn Yoûsef ebn Mohammad d Berzâly
el echbily d'origine, ed-Démachqy, naquit Tannée 663, ou plus
exactement Tannée 665. U foi nommé supérieur de cette école de
tradition la Noûriyek et de la Naftsiyeh, H composa les Annales fai-
sant suite à celles d'Abou Ghâmah, en commençant de Tannée de
sa naissance, qui est celle de la mort d'Abou Ghâmah, 665, et le
grand Mo'djam, U mourut en état à*ikrâm, à Kholay.s . (le dimanche
matin) h dou'l hedjdjeh de Tannée 739 (N, fol. 3o r*^-v**).
Le Fauât el wafayât, dans sa biographie (II, 162), donne pour
la date de sa naissance djoumâda 1*' de Tannée 665.
310 MARS-AVRIL 1894.
H. Khal. mentionne ces deux ouvrages d'esL Berzâly, le dernier
sous le titre de Mo'djam ech'choyoûhk (V, 6a 8). L'année 788 y est
indiquée comme celle de sa mort.
• Kholays . château fort et village entre la Mekkeet Médine, près
de la Mekke. Il s'y trouve des palmiers et un grand bassin auprès
duquel descendent les pèlerins. » Maraud,
^^ Peut-être s'agit-il ici du chaykh Badr ed-dtn ou Noûr ed-din
Abou Mohammad Hasan ebn Zayn ed-dîn *omar ebn el Hasan ebn
Habib, le phildogue, d Halaby, mort en 779 [Comm, 10 mai 1377).
— H. Khal. cite de lui un grand nombre d'ouvrages.
^^ Au lieu de oul3, B a écrit «,015.
>^« B écrit Ul^jSÔS au lieu de cA^^I .
^^^ Au lieu de JLsjJI , B porte JU^ t .
1» Ebn Katîr l'appelle Nafîs ed-<Mn Abou'l fédalsmâ'â ebn Moham-
mad ebn 'abd el Wâhed ebn Ismâ'â ebn Salâmah ebn *aly ebn Sa-
daqah el Harrâny, et dit qu'il était un des témoins de la valeur
[chohond el qtmeh, experts) à Damas, et qu'il naquit l'année 628.
n fut enterré au penchant du Qâsyoûn (N, fol. Sir").
^^^ B a copié purement et simplement. < Son âèvev ne se rapporte
pas à Nafîs ed-dîn Ismâ'îl, mais à ed-Dahaby que N mentionne
qudques lignes plus haut.
u« Et'Tadkérei el Kendiyek, appdée aussi el 'cMyeh (H. |^al. , Il ,
a64 et 1267) , a pour auteur 'alâ ed-<lm ebn d McMtaffer d>n Hodbak
(B écrit i^^xuà et N ^\ S^) el Kendy. Sous k n* 3812, H. Khal.
fait mention de la Tadkéret er-réty, par *aly ebn el Mozaffar [ebn
Ibrahim el Kendy], d'Alexandrie, le grammairien, onma sous le
nom d'er-Râ*y, et mort l'année 716 [Camm, a 6 mars i3i6).
^^^ *Alâ ed-dîn 'aiy ebn el Mozaffer ebn Ibrahim ebn *omar ebn
Zayd ebn Hébat Mlah d Kendy, el Iskandaràny, puis ed-Démachqy.
Il constitua en waqf à la Somaysàtiyeh son ouvrage et-Tadkéret el
Kendiyek, en cinquante volumes environ. U mourut dans son jardin
( situé) auprès de la qoubbeh d'dMasdjaf (?)i la nuit du (mardi an)
mercredi 19 radjah de l'année 716, et fut enterré à d Meneh. U
avait soixante-seize ans (N, fol. 3i r^).
^^* Le conquérant de Jérusalem , d maiek en-Nâser Salàh ed-dm
Yoûsef, fils d'el malek d Wz Mohammad, fils d'd maldi ez-ZAher
Ghâzy, fils de Salâh ed-dîn Yoûsef, fils d'Ayyoûb, fils de Ghftdy,
construisit les deux Nàsériyeh, Ebn Katîr dit: cËn Tannée 610 na-
quit el malek el 'azîz, fils d'ez-Zâher Ghâzy, et père d'd mdek en-
Nâser, seigneur de Damas. — Gomme en-Nâ^er n'avait que sept
DESCRIPTION DE DAMAS. 311
ans quand ii succéda à son père , le royaume de Halab - fut admi-
nistré par un groupe de mamioûks d'el *azîz, ayant à leur tôte
Ghams ed-din Loulou; mais rien ne se faisait que d'après les avis
de Taîeule du jeune prince, Safyah (Dayfah) Khâtoûn. fiUe d'el
malek ei 'âdei Abou Bakr, fils d'Ayyoûb. Aussi, comme elle était,
sa sœur, el malek el Kâmel resta-t-il tranquille. Quand die mourut.
Tannée 64 o, en-Nâser était devenu fort. En l'année 646, ses troupes
lui conquirent Hems; il régna pendant dix ans sur cette ville. En
l'année 662, il épousa la fille du sultan 'alâ ed-dîn (Kayqobâd),
seigneur du Roûm, petite-fille d'el Wz par sa mère. (£n-Nâser)
était doué de bonnes qualités; mais il s'adonnait à la boisson et
aux actes immoraux. Il faisait de grandes dépenses , surtout lorsqu'il
ajouta la possession de Damas à celle de Hdab. D finit par tomber
entre les mains des Tatârs , qui l'amenèrent à Hoûlftgoû. Ce sultan
le traita honorablement; mais lorsqu'il apprit que son armée avait
été défaite à 'ayn Djâloût, il entra dans une violente colère et donna
l'ordre de le mettre à mort. Le prince très humblement: «Quelle
< est ma faute ? » dit-il. Hoûlâgoû suspendit l'arrêt fatal. Mais quand
il reçut la nouvelle que Baydarâ avait été mis en déroute près de
Hems, sa colère ne connut plus de bornes, et il entra en fureur.
Il ordonna de le tuer, ainsi que son firère utérin el mdek es-Zâher
'dy..
Ed-Pahaby rapporte dans ses 'éhar sous l'année 659 : cQudqu'un
a dit qu'il fut tué le 26 chawwâl de l'année 658, et qu'il fut en-
terré dans le Ckarif (l'Orient). Il s'était pr^aré une turbeh dans
son rébât qu'il avait bâti au penchant du Qâsyoûn ; mais il ne put
y être enterré. En l'année 654, en-Nâser avait donné l'ordre de
construire le rébât le Nâséiy au penchant du Qâsyoûn, immédia-
tement après l'achèvement de la Nâ^ériyek intra mnros de Damas.
La Nâsériyeh extra muroi est un des édifices les {^us extraordinaires
comme solidité de construction et la Nàtériyeh inlra maros une des
plus belles madraseh. C'est lui qui construisit le grand khân qui
est vis-à-vis de Zendjâry, et on y transféra la maison (de distri-
bution) des aliments; elle était auparavant à l'ouest de la citadelle,
dans l'écurie actuelle du sultan. Ce prince r^na à Damas dix ans •
(N, fol. 3i r^-v*).
Cf. ebn KhaUikân, n, 445-446. La fille d'el mdek el 'âdd y est
appelée Safiyah Khâtoûn , comme dans N; mais Abou'l féda (HisU
or. des Crois., I) lui donne le nom de Dayfah.
^'Ayn el djâloût, jolie petite ville entre Naplouse et Baysân, une
312 MARS-AVRIL 1894.
des dépendances de la Palestine. C'est là qu'étaient parvenus les Mo-
ghols lorsqu'ils furent rencontrés par le Bondoqdâr, qui les mit en
déroute. Cet événement marqua la fin de leurs victoires. » Murâted.
^^^ Badr ed-dîn Aboul fadl Mohammad ebn Abî Bakr el Asady,
vvdgo ebn Gbohbeb , écrivit sous le titre de Ed-dorr et-taaUn une Vie
de Noûr ed-dîn Mahmoud , fils de Zenky, en sept chapitres (H. KhaL ,
m, 188). n mourut en l'année 874 (Comm. 11 juillet 1469).
^^^ Le 19 ramadan (août i23o).
^' L'imâm Kamâl ed-dîn Mohammad , qui portait la konyak d'Abou
Bakr, naquit l'année 694 ou 696. Il professa dans diverses madraseh ,
du vivant de son père, et, après' sa morti au rébât le Nâiéry, Plus
tard, en l'année 74 1^ il fut investi des fonctions de professeur à la
Bâdérâxyeh, qu'il abandonna ensuite à son fils Charafed-Klîn , l'année
760, lorsqu'il fut promu à la chaire de Vlqhàliyeh, Puis il laissa
celle-ci à son autre fils, Badr ed-dîn. Lorsque, en l'année 769, le
qâdy Tâdj ed-dîn fut destitué, il partit pour Mesr et, en route, el
Bdqîny le nomma son substitut. Il se dirigea néanmoins vers le
Caire, où il reçut sa nomination comme professeur delà Ckâmiyeh
extra mnros, l'année 769, et retourna à Damas. Mais il n'occupa
cette chaire et la charge de substitut de la justice qu'un seul jour.
Étant tombé malade, il mourut en chawwâl de la même année, à
la madraseh Vlqbcdiyek, et fut enterré dans la turbeh de la famille,
au penchant du Qâsyoun, vis-à-vis delà mosquée-cathédrsde d'el
Afram (N, 3i v''-32 r*»).
*** Le copiste a écrit d Ghoûny. — Heusàm ed-dîn d Qaramy?,
le qâdy de Tripoli Abou *aly el Hasan ebn Ramadan ebn d Hasau
ebn Heusâm ed-dîn, d Qaramy, mourut à Tripoli l'année 746. IJ
avait donné sa première leçon au rébât le Nâséry du Qâsybûn, le
17 chawwâl de l'année 726. 11 écrivit des ouvrages (N, fol. 32 r*-v**).
*** En l'année 690 , ( mourut ) le grand émir Bémekteb (?) ebn *abd
Allah en-Nâséry; le nâzer du rébât (le Nâséry) à la Sâléhiyeh, con-
formément aux dernières volontés dé son maître, investit le chaykfi
Charaf ed-dîn d Fazâry de la charge de supérieur du rébât, après
ebn ech-Charîchy. Ëch-Charaf ei Fazâry est le hâfez Charaf ed-dîn
Abou'l 'abbâs Ahmad ebn Ibrâhîm ebn Chabbâ' '^ ebn Dyâ , d Fazâry,
khatib de Damas, et frère de Tâdj ed-dîn (voir note 101). H naquit
à Damas en ramadan de l'année 63o. Il ^tait supérieur et profes-
* Sic , d'après Hàdji Khalifah. Le texte porte «LmmJI , comme Quatre*
mère, Mamloûh, II i a* p., sSq.
DESCRIPTION DE DAMAS. 313
seur du rébât le Nâséiy et autres. Il fut investi des fonctions de
hkatib de la mosquée-cathédrale de Djarrâh , puis de celle de Damas.
Il mourut à l'âge de soixante-quinze ans , Tannée 706 , dans le mois
de chawwâl (N, fol. 32 v**).
^" Nadjm ed-din ebn Qawâm , le chaykh Abou Bakr ebn Moham-
mad ebn *omar ebn ech-chaykh el kabîr Abî Bakr ebn Qawâm ebn
'aly ebn Qawâm , el Bâlésy d'origine , ed-Démacbqy, naquit en (Joui
qa'deh de l'année 690. Il était supérieur de la zâwyeh de son père.
Il mourut en radjab de l'année 746 et fut enterré dans la zâv^eh
de la famille, au penchant du Qâsyoûn, à coté de son père (N, fol.
32 v'»).
^^ Le chaykh Nour ed-dîn Abou 'abd Allah Mohammad. Sa bio-
graphie sera donnée dans le paragraphe concernant leur zâwyeh.
^** Elle porte l'inscription suivante (n® 696 de ma collection) :
«Au nom de Dieu; etc. A ordonné de construire cette madraseh
«bénie et l'a constituée en waqf pour les faqîrs occupés (de l'étude)
« du sublime qor'ân et les jurisconsidtes qui suivent les leçons de tra-
«dition concernant le prophète, Son Excellence très noble Tenkez
«en-Nâséry, kâfel (gouverneur) des nobles principautés en Syrie la
«bien gardée. Et cela en Tannée 739, sous la direction (S^âL.^) du
«serviteur qui a besoin (de la miséricorde de Dieu) Aydémir el
« Mo*îny. »
Le nom de Tenkez figure sur une inscription du sultan Moham-
mad, fils de Qalâoûn (n° 693], qui sera donnée plus loin.
^^ Tenkez ayant acheté la maison des pièces de cuivre (dar el
foloûs)y qui est située à proximité des grainetiers (el bozoûryîn) et
de la Djawziyeh, à l'orient des deux, en fit une maison admirable,
teUe qu'il n'en existait pas de plus belle à Damas. Il lui donna le
nom de «la maison d'or» [dâr ed-dahab). — Le 26 dou'l qa*deh de
cette même année 728, dit encore ebn Katîr, Tenkez transféra ses
effets (hawâsel) et ses richesses de la maison £or, sise en dedans de
hàh elfarâdb , à la maison qu'il venait de construire; elle était con-
nue sous le nom de dâr eljoloûs; elle fut appelée dâr ed-dahab (N,
fol. 33 v").
"• Tenkez (el Achrafy), le grand émir Sayf ed-dîn Abou Sa*îd
(Khalîl), vice-roi de Syrie, fut amené encore jeune à Mesr, où il
grandit, par le (marchand d'esclaves ) Khawâdja 'alâ ed-dîn de Siwâs
et acheté par Témir Heusâm ed-dîn Lâdjin. Quand Lâdjîn fut tué,
pendant qu'il régnait, Tenkez devint un des Khâsiky (officiers par-
ticuliers) du sidtan (en-Nâ^er Mohammad) et assista avec lui à la
III. 2 1
|«rM«BftlB ■ATtORU.B.
314 MARS-AVRIL 1894.
bataille du (Wâdyl) KhazandAr, puis à c^e de Chaqfaab. H disait
un jour que Témir Sayf ed-dîn Toghyâi (Danyâl) et lui avaient été
du nombre des mamloûks d*d Acbraf (Khalîl). Il suivit des leçons
sur le Sahih d'd Bokhâry. Avant de partir pour d Karak , le sultan
en-Nâser le nomma émir de dix; il avait remis son fief à Témir
Sârem ed-dîn Sâroûdjâ (Sâroùkhâ) el Moza£Pary, qui était, suivant
la coutume des Turcs, son agbâ. Quand le prince partit pour
d Karak, Tenkez demeura à son service. Il l'expédia une fois à
Damas , en qualité d'envoyé auprès d'el Airam. Ce dernier l'ayant
accusé d'être porteur de lettres pour les émirs de Damas , il prouva
une frayeur extrême. Après avoir été fouillé et appliqué à la torture,
il retourna auprès du sultan, à qui il fit part de ce qui lui était ar-
rivé. «Si je remonte sur le trône, lui dit en-Nâser, tu seras néSb de
Damas.» En effet, lorsqu'il revint d'el Karak, il nomma l'émir
Sayf ed-dîn Argboûn , le dawâdâr, lieutenant du sultan , à Mesr,
après avoir fait saisir le grand djoûkandâr (l'officier porteur de la
raquette), et dit à Tenkez et à Soûdy (Sonoudy) de se présenter
chaque jour chez Argboûn pour apprendre de lui les fonctions de
nàîb et la manière de rendre la justice. Quand, au bout d'un an,
ils furent devenus capables, Sayf ed-dîn Soûdy (Sodoûny) fîit en-
voyé à Halab comme nâîb, et Sayf ed-dîn Tenkez, à Damas, en la
même qualité. Il y arriva sur les chevaux de la poste en compagnie
du hâdjdj Sayf ed-dîn Soûdy (Sodoûny), d'ArtAy (AraqtAy) et de
l'émir Heusâm ed-dîn Toûmtây (Taraqtây) le bnehmaqdâr (officier
qui portait les sandales du sultan). Leur arrivée à Damas eut lieu
le (20 du) mois de rabf 2*^ de l'année 712. Il se consolida dans son
poste et partit avec les troupes pour Malatyah, qu'il emporta (en
moharram de l'année 716). Ce succès grandit sa situation. R inspira
le respect aux émirs de Damas et donna la sécurité à la population;
elle se trouva ainsi à l'abri de la tyrannie des émirs et des grands
personnages , au point qu'aucun d'eux n'osa plus , redoutant la co-
lère de Tenkez, commettre d'injustice, non seulement contre un
musulman, mais même contre un denrniy, Tenkez continua à s'é-
lever en grade; il voyait doubler ses fiefs, ses troupeaux [caCàm) et
ses revenus. C'est au point que les lettres qu'il recevait (delà Ghan-
ceUerie) portaient: «Que Dieu exalte les victoires de Son ExceUeoce
[el maqarr) noble, élevée, émirienne»; comme titres honorifiques :
« el atâbéky, el fôîdy ' » ; et comme épithètes : « Gdui qui exidte l'is*
* Le Fawdi dit : «el atâbéky, ez-sâhédy, el 'Abédy».
DESCRIPTION DE DAMAS. 315
iâm et les musulmans, le sayyed des émirs dans l'univers». Jamais
on n'avait vu écrire de la sorte , au nom du sultan , à un fonction-
naire, nâîb ou non, qudle que fût sa charge. Le sultan ne faisait
rien la plupart du temps (à Mesr) sans lui demander conseil (à
Damas ).
Tenkez édifia la mosquée-cathédrale qui porte son nom , à l'enclos
du sumac, à Damas. H qonstruisit à côté une turbeh et un bain,
et éleva auprès du marché des vanniers (el Khawwâ$in) une turbeh
pour son épouse. A côté de sa maison (appelée) la maison d'or, il
bâtit une école du qor'ân et de la tradition , et construisit un rébât
k Jérusidem. Il restaura la ville sainte, y amena l'eau, qu'il intro-
duisit dans le haram à la porte du masdjed el Aqsa , et y bâtit deux
bains et une qâysâriyeh extrêmement belle. Il âeva à Safad l'hô-
pitid auquel il donna son nom , un khân et d'autres bâtiments. C'est
à lui qu'est dû, à Djaldjoûliyeh '*, le khân public d^el menneh, d'une
extrême beauté et, au Caire, dans (la rue d') el Kâfoûry, une très
grande maison, un bain, des boutiques, etc. Il répara, à Damas,
les canaux, dont les eaux s'étaient altérées, restaura les construc-
tions de mosquées et de madraseh , élargit les chemins et prit soin
de leur entretien. Il eut dans toute la Syrie des monuments , des
pn^riétés et des- bâtisses (Es-Safady, abrégé). — J'ai vu sur une
ancienne liste qu'au waqf de ladite maison (d'enseignement) du
qor'ân et de la tradition appartenaient : comme bien kéîâlj ( dont
la taxe est payable chaque nouvelle lune), au marché des Qcuihckd-
ekin, en dehws du marché, dix-huit boutiques et, en dedans du
marché, dix-neuf boutiques; au quartier du château (hârat el qasr)^
deux chambres et une écurie; et comme bien ]Oiarâdjy (soumis à
l'impôt foncier) un jardin à Raydîn, connu sous le nom d'e/ bandar
(N, fol. 33 v^-34V).
Les variantes sont tirées du Khétat et du Fawât,
On trouve une longue biographie de Tenkez dans le Fawât
iiwafayàt (I, 117) et dans Maqrîzy, [Khétat, II, 5d). — Cf. aussi
ebn Batoûtah , I, 1 27, 2 1 7, 2 1 9 , et Moudjîr ed-dîn , traduction Sau-
vaire, 16, 125, id2, 246 et 266.
^ En-Nâser Mohammad , fils de Qalâoûn , régna pour la troisième
fois de 709 (i3io) à 741 (i34i).
'^ L'inventaire nous en a été conservé dans le Fawât el wafayât
* Cf. V. Gnérin, Samarie, II, 368» et Quatremère, Mamloàks, I, a' p.,
s56.
21 .
316 MARS-AVRIL 1894.
(1 , 1 30-1 3 2 ). Je mentionnerai , avec leur prix a estimation , quelques-
uns seulement des principaux immeubles sis à Damas ou ailleurs
(la liste en est très longue) :
La maison d*or, avec tout ce qu'dle comprend et ses écuries,
600,000 derhams; — la maison d'émerande, 200,000 derhams; —
la maison de .... . (ez-'zerdkâch) et ses dépendances, 220,000 der-
hams; — la maison qui est à côté de sa mosquée - cathédrale à
Damas, 100,000 derhams; — le bain qui est à côté de la mosquée-
cathédrale, 100,000 derhams; — le khân de l'arène [el arsah),
i5o,ooo derhams; — l'écurie de l'enclos du sumac, 20,000 der-
hams; — la chambre qui est à côté du bain d'ebn Yomn , 4f5oo der-
hams ; — la qaysâriyeh des marchands de vêtements en étoffe rayée
de l'Yaman (el mardjelyin), 260,000 derhams; — les greniers de
l'écurie de Behâdérâs, 10,000 derhams; — le khân des (esclaves)
blancs et ses boutiques, 11 0,000 derhams; — les boutiques de bdb
elfaradj, 45,ooo derhams; — le bain d'el Qâboûn, 20,000 der-
hams; — le bain d'el Qosayr el *omary, 6,000 derhams; — la Da-
hicheh et le bain, 260,000 derhams; — le jardin d'el 'âdel, 180,000
derhams; — le jardin d'et-Todjîby, le bain et le four, i3o,ooo der-
hams; — le jardin d'el Djîly à Harastâ, 1,000 derhams; — les
vergers (hadâîq) à Harastâ, 1 4 6,000 derhams; — le jardin d'el
Qoûsy à Harastâ , 60,000 derhams; — le jardin d'ed-Dardoùr à
Zaydyn, 60,000 derhams; — le petit jardin connu sous le nom
du bain, à Zaydyn, 7,000 derhams: — le jardin d'er-Razzâl, 36,ooo
derhams; — la mazra'ak d'el Boûqy et d'el 'anbary, 100,000 der-
hams; — la portion des versants (?) (dofoûf) méridionaux à Kafar
Batnâ, soit les deux tiers, 3o,ooo derhams; — le jardin d'es-Saf-
latoûny à el Manîhah, 76,000 derhams; — le champ [haql) de la
Baytâriyeh au même village, 16,000 derhams; — el Fâtékiyât, er-
Rachîdy et les vignes , à Zamalkâ , 180,000 derhams; — la mazra'cJi
d'el Marqa* à ei Qâboûn, 110,000 derhams; — la portion des plan-
tations de la Ghaylat el cCdjôm, 20,000 derhams; — la moitié du
jttrdin (ghaytah) connu sous le nom de Zoraybeh, 6,000 derhams;
— l'aire à blé de Zabardîn, 43,ooo derhams; — le château (•/
qo-ir) et ses dépendances, 660,000 derhams; — le quart du bourg
d'el Qasrayn, 120,000 derhams; — la moitié de la Baytâriyeh,
180,000 derhams; — une portion d'el Bouwaydâ, 186,000 der-
hams ; — la moitié de Bawwâbah , 1 80,000 derhams ; — la portion
du couvent d'ebn *osroûn, 76,000 derhams; — la portion du petit
couvent du lait [donwayr el laban]^ 1,600 derhams; — le couvent
DESCRIPTION DE DAMAS. 317
blanc, 5o,ooo derhams; — la Tannoûriyeh, 23,000 derhams; —
el 'ozayl, i3o,ooo derhams.
Biens -menlk sis dans la ville de Hems : le bain, 26,000 derhams;
— le moulin sur l'Oronte , 3o,ooo derhams ; — la maison de Qab-
djaq, 26,000 derhams; — le khân, 100,000 derhams; — le bain
contigu au khân, 60,000 derhams; — l'enclos {hawck) contigu au
même, 60,000 derhams.
Biens -m^^ sis dans la ville de Bayrout: le khân, 1 3 6,000
derhams; — les boutiques et le four, 120,000 derhams; — la sa-
vonnerie avec son matériel, 10,000 derhams; — le bain, 20,000
derhams; — l'abattoir, 10,000 derhams; — le moulin, 6,000 der-
hams; — le village de Zalâyâ, 46,000 derhams.
'V^ges dans le Béqâ": Mardj es-Safâ, 700,000 derhams; — et-
tell el ahhdar (le tertre vert), 180,000 derhams; — el Moubâ-
rakeh, 76,000 derhams; — el Mas*oûdiyeh , 120,000 derhams.
Les trois bourgs connus sous le nom d'el Djawhary, 470,000
derhams; — es-Sa*âdeh, 4oo,ooo derhams; — Abroûtiyâ, 60,000
derhams; — la moitié de Tabroûd es-Sâléhah et lés boutiques,
4oo,ooo derhams; — en-Nâsériyeh , 100,000 derhams.
Ra's el masâbîr : er-Rou's, 67,000 derhams; — une portion de
la Hezbah de Rouf, 22,000 derhams ; — Ra's el ma et les seaux (?)
qui se trouvent dans ses mazrcCah, 6,600 derhams; — le bain de
Sarkhad, 60,000 derhams; — le moulin d'el Fawwâr, 3o,ooo der-
hams; — es-Sâlémiyeh ; 7,600 derhams; — le moulin d'elMaghâr,
10,000 derhams; — la qaysâriyeh d'Adré*ât, 12,000 derhams; —
la qaysâriyeh de 'adjloûn, 120,000 derhams.
Biens -m^ft à Qâr el hammam, 26,000 derhams; — e:i-Salé-
hiyeh, le moulin et les terres, 126,000 derhams; — Râsdîtâ et
ses mazreCah, 126,000 derhams; — el Qosaybiyeh, 4o,ooo der-
hams; — les deux villages connus , l'un sous le nom de la Mazra*ah ,
et l'autre sous celui d'en-Naysabiyeh , 90,000 derhams.
"• Le 21 moharram 741, d'après Moudjîr ed-dîn, traduction
Sauvaire, p. i43.
Moudjîr ed-dîn et Maqrîzy disent le 6 radjah.
Le mot Sa^ signifie quelquefois «loyer», cf. Quatremère,
Mandoûks, I, 2* p.^, 80; mais ici il a évidemment le sens d'« enclos».
Voir de Sacy, Chrestomatkie arabe, I, 239, et Biographical dictio-
wuy, I, 276.
'" Voir ci-devant, note 48.
^ L'imâm Sadr ed-dîn Solaymân ebn 'abd el Halîm d Bâdéry, le
130
la
318 MARS-AVRIL 1894.
mâlékite, l'ach'arîte, professeur de la Charâbickijeh et supérieur
de la Tenkéziyeh, naquit Tannée 643 (sic!) et mourut le jour de
dimanche 5 djoumâda 2' de Tannée 7^9 (N, fol. 34 v°).
^^ Ghams ed-dîn el Hosayny dit dans sa Suite (aux *éb(w) : cLe
sadr habile, Ghams ed-Klîn Mohammad ebn Ahmad ebn Abîl *ezi
el Hîwâny (el Hîzâny ?) , puis ed-Démachqy, connu sous le nom d'ebn
es-Sabbâb ( sic ^ par un stn)^ naquit Tannée 674.» On lit dans les
Annales d* ebn Katîr, sous Tannée 738 : «En ramadan de cette année
fut ouverte la Sabbâbijek que construisit Ghams ed-dîn ebn Taqy
ed-dîn ebn e^-Sabbâb, le marchand, comme maison (d'enseigne-
ment) du qor*ân et de la tradition (N, fol. 34 v^-Sô r**].
^^ On lit dans N < la McCbadiyeh » et , plus bas , « ebn Ma'bad ■.
^^ JyLUt^, telle est l'expression dont se sert N; B éciii ^y^JbXSy
«ce qui est très connu, c'est que».
137 Le sayyed Ghams ed-dîn ei Hosayny dit dans sa Suite aux V&or,
sous Tannée 746: «En dou'l qa*deh mourut à Damas Témir *alà
ed-dîn ebn M al)ad el Ba'albakky et il fut enterré à côté de sa mai-
son. J'ai vu écrit de la main d'd Asady : Il alla rejoindre son père
dans une turbeh qu'il s'était construite à l'intérieur de Damas , et
dont il avait fait une maison (d'enseignement) du qor'ân» (N,
fol. 35 r°).
*^ Gette dernière phrase ne se trouvant pas dans le ms. de
M. Schefer, on peut en conclure que celui dont fit usage 'abd el Bàset
offrait des variantes. Il serait intéressant d'édaircir ce fidt sur le
ms. d'en-No*aymy que M. Max van Berchem a vu à Damas chez an
libraire.
^^' I/auteur n'a consacré aucun paragraphe à cette madraseh. Il la
mentionne de nouveau au chapitre VÔ et cite dans le chapitre TEL
la ru£lle de la Lâqiyeh,
(La suite aa prochain cahier.)
HISTOIRE D'ESKENDER. 319
HISTOIRE D'ESKENDER,
D'^AMDA-SEYON II ET DE nA'OD,
ROIS D'ETHIOPIE,
TEXTE ETHIOPIEN INIÎDIT
COMPRENANT EN OUTRE
UN FRAGMENT DE LA CHRONIQUE DE BA'eDA-MÂRYÂM ,
LEUR PREDECESSEUR,
ET TRADUCTION ,
PAR
M. JULES PERRUCHON.
Le texte éthiopien que je reproduis plus loin nous
fournit un exemple du désordre qui règne dans cer-
taines chroniques d'Abyssinie. Il comprend Thistoire
des rois ^Eskender, *Amda-Seyon II et Nâ*od, avec
un fragment de Thistoire de Ba^eda-Màryâm, leur
prédécesseur, inséré avant le règne de Nâ'odet parais-
sant être la continuation et la fin de celui d'^Eskender.
La vie de ce. dernier roi est elle-même scindée en
deux parties qui ont été interverties.
Ces interversions sont déjà anciennes puisqu'elles
se rencontrent dans le ms. n"" 29 de la Bibliothèque
bodléienne d'Oxford , qui a été écrit sous le règne de
Lebna-Dengel. C'est, on le sait, un manuscrit rap-
320 MâRS-âVRIL 1894.
porté d'Abyssinie par Bruce et le meilleur que nous
ayons.
Lorsque j ai copié ce morceau dans le manuscrit
n° iii3 de la Bibliothèque nationale de Paris ^ dont
l'écriture laisse, d'autre part, beaucoup à désirer,
j'ai été fort embarrassé par cette disposition, ainsi
que par la rédaction qui n'est pas toujours très claire.
Craignant de commettre quelque erreur grave, j'ai
communiqué ma copie et ma traduction à M. Ësteves
Pereira, capitaine du génie à Lisbonne, qui est très
versé dans la connaissance de l'histoire de l'Ethiopie
et à qui l'on doit une bonne édition des chroniques
de Minas et de Susnyos ^. M. Pereira possède tme
photographie du manuscrit d'Oxford dont il vient
d'être question. Avec une obligeance que je ne saurais
trop reconnaître , mon aimable correspondant a bien
voulu rectifier ma copie d'après ce manuscrit, et c'est
ainsi que je puis aujourd'hui faire cette publication,
bien que quelques passages soient encore obscurs
pour moi.
Un autre collaborateur sérieux pour la partie histo-
rique , M. René Basset , est venu spontanément s'offrir
à moi. M. Basset, qui prépare en ce moment ime
édition complète d'un manuscrit arabe intitulé : ^3^^
^ Cf. Zotenberg, Catalogue des manuscrits éthiopiens de la BibUo'
tkèqne nationale, Paris, Imprimerie nationale, 1877, p. ^^7*
' Historia de Minas, Ademas Sagad, rei de Ethiopia, Lisboa, Im-
prensa nacional, 1888. — Chroniea de Snsenyos, rei de Ethiopia,
tomo I, texto ethiopico, Lisboa, Imprensa nacional, 1892. —
Cf. Compte rendu de ce dernier ouvrage par M. Drouin , dans le
Jonmal asiatique de mars-avril 1898, p. 353.
HISTOIRE D'ESKENDER. 321
, La conquête de i Abyssinien par Ghehab ed-Din ,
s'est empressé de m'envoyer quelques extraits de ce
manuscrit relatif au roi Nâ^od, ainsi que des notes,
en m'autorisant à les utiliser pour ce travail.
J adresse à MM. Pereira et Basset mes plus sin-
cères remerciements pour leur précieux concours et
pour rintérêt qu'ils témoignent à mes études.
Pour le texte éthiopien , je me suis servi des deux
manuscrits n*" 29 et 1 43 , en les combinant ensemble.
Ainsi il m'est arrivé parfois de laisser de côté la le-
çon du manuscrit d'Oxford pour adopter celle du ma-
nuscrit de Paris , qui m'a semblé plus correcte. J'ai
indiqué en note ces changements, et pour permettre
au lecteur de rétablir dans leur ordre normal les di-
vers fragments historiques qui ont été intervertis,
je les ai désignés par un chiffre romain.
Je vais maintenant donner une notice sur chacun
des quatre rois dont il y est question , en commen-
çant par Ba'eda Mâryâm qui est le premier en date.
Ba^eda-Mâryam.
Ba^eda-Mâryâm régna dix ans, de i468 à lAyS
(f 1 2 hedar 6791 =8 novembre 1 478 ^). Il succéda
à son père ZarVYa^eqob, qui, quelque temps avant
sa mort, l'avait accusé, ainsi que la reine Seyon-Mo-
gasâ , sa mère , de vouloir le détrôner. Seyon-Mogasâ
succomba sous les coups que lui fit infliger son royal
' D'après la chronologie éthiopienne qui compte les années à
partir de la création dn monde. La date correspondante est celle du
calendrier julien.
322 MARS-AVRIL 1894.
époux, dans sa colère; Ba'eda-Maryâm fut mis en
prison et n'obtint sa liberté que grâce à Tinterven-
tion des supérieurs des monastères d'Ethiopie qui
intercédèrent en sa faveur.
Les deux principaux événements de son règne sont
les guerres qu'il fit contre les Dobas et contre le pays
d'Adal. Les Dobas étaient des nègres païens qui habi-
taient le Wojjérat, au sud du Tigré. Ba^eda-Mâryâm
entreprit de les convertir au christianisme et, pour
mieux atteindre ce but, il commença par leur (aire
la guerre , afin de les soumettre. Ses troupes ne furent
pas tout d'abord victorieuses; mais à la fin la victoire
pencha de son côté.
Sous le nom général d'Adal, les Abyssins dé-
signent le pays qui s'étend à l'est de l'Ethiopie. Dans
un sens plus restreint, ce mot désigne les Musulmans
qui habitaient sur la côte orientale d'Afrique du côté
du Harar. Ces populations furent pendant longtemps
en guerre avec les Abyssins. Amda-Seyon leur livra
de nombreux combats et les défit plusieurs fois^ Sous
le règne de Zar'a-Ya*eqob, un certain Badlay, roi
d'Adal ou du Harar, fut vaincu ^ ; mais ii est permis
de supposer que cette défaite avait été suivie de quel-
ques engagements entre Abyssins et Musulmans, en-
gagements qui n'avaient pas été à l'avantage de ces
derniers puisque nous voyons le fils de Badlay,
' Cf. Histoire des guerres d'^Âmda'Sjron , dans le Journal asiatiqne,
en 1889.
* Les Chroniques de Zar'a'Ya'eqoh et de Ba*eda'Màtyâm, Paris,
Emile Bouillon, 1893, p. 67 et suiv.
HISTOIRE D'ESKENDER. 323
nommé Mehmad, envoyer une députation à Ba'eda-
Mâryâm pour lui porter des présents et lui demander
la paix'. Après la mort de Mehmad, son successeur,
LadaV^Asman, recommença les hostilités. Telle est
l'origine de cette guerre d'Adal qui, après un pre-
mier succès, aboutit à une défaite des armées de
Ba^eda-Mâry âm .
En publiant Tannée dernière la chronique de ce
roi qui se compose de deux parties relatant les mêmes
faits, j ai fait remarquer que la première partie pa-
raissant inachevée nous laissait sous Timpression d'une
victoire remportée sur les troupes d'Adal parles Abys-
sins conduits par Gabra-Iyasus, tandis que la seconde
partie , se terminant aussi par le récit de cette même
campagne , mentionnait une défaite sanglante infligée
à ce général et à Mahâri-Krestos, qui commandaient
Tarmée éthiopienne ^. Le fragment qui se trouve in-
séré entre les chroniques d'^Eskender et de Nâ'od et
que je désigne par le chifiire I est la fin de la pre-
mière partie dont je viens de parler et concorde
avec la deuxième partie. Il émane d'un témoin ano-
nyme des événements qu'il rapporte, puisqu'il s'ar-
rête un an après avoir mentionné cette défaite, en
déclarant qu'il ignore ce qui s'est passé ensuite parce
que le roi l'envoya avec ses enfants dans la province
de Ganz. Cette remarque semble indiquer que l'au-
teur de ce morceau et peut-être même de toute la pre-
mière partie de la chronique de Ba'eda-Mâryâm
^ Les Chroniques de Zar'a-Ya'eqob et de Baeda'Màiyâm, p. i3i.
* Ibid., p. XXXII.
324 MARS-AVRIL 1894.
n'est autre que le précepteur des enfants de ce roi.
Je vais profiter dune indication fourniepar ce frag-
ment pour faire une rectification à mon précédent
travail. Confiant dans 1 autorité de Bruce, mieux
placé que moi pour être bien renseigné, j'ai dit que
la guerre d'Adal avait eu lieu peu de temps avant la
mort de Ba^eda-Mâryâm ^ Toutefois j'ai établi par
quelques données de la chronique de ce roi qu'elle
avait dû se faire vers i^yS ou 1/176. Le nouveau
fragment confirme mon hypothèse en ce qui con-
cerne la date de cet événement, car il en ressort que
l'expédition dont il s'agit fut terminée la sixième an-
née de son règne ^. Ce règne ayant duré dix ans, de
1 468 à 1 ^78, c'est donc à la fin de 1 k'^k que doit
se placer la fin de cette expédition , mais quatre ans
avant la mort de Ba^eda-Mâryâm.
Ce prince mourut le 1 2 de hedar^; il avait eu
quatre fils : ^Eskender, né de la reine Romna pendant
la guerre contre les Dobas^, Têwoderos^, *Enquâ-
Esra^êl^ et Nâ^od dont il sera question plus loin.
^ Les Chronûiues de Zara-Ydeqoh et de Baeda-Màtyâm, p. xxxin
et XXXV.
^ En effet , le narrateur explique qu'il a été envoyé à Ganz avec les
enfants du roi dans la septième année du règne de Ba*eda-MâryAm et
il mentionne auparavant deux fêtes du baptême câébrées depais la
fin de la guerre d'Adal jusqu'à son départ. La première de ces fêtes
ayant eu lieu aussitôt après la défaite de M ahâri-Krestos , il n'y a
donc qu'un an d'intervalle.
' Cf. René Basset, Études sur t histoire d'Ethiopie, Jowmal asia-
tique 1881, tirage à part 1882, p. io2-io3.
* Les Chroniques de Zara-Yâ*eqob et de Ba*eda-Mâryâm, p. i55.
^ Ibid,, p. i56.
* Ibid, , p. 161.
HISTOIRE D'ESKENDER. 325
TvSKENDER (Alexandre).
''Eskender succéda à son père et régna quinze ans ,
de 1/178 à 1/19/1 ("l" *^ genbot 6986 = 7 mai 1/19/1).
La chronique éthiopienne publiée par M. René Bas-
set mentionne seulement que, d'après Topinion, il
aurait été tué dun coup de flèche par Maya (?), gar-
dien de rétendard (?) ^ Les nouveaux textes nous
donnent quelques renseignements sur son règne. A la
^ René Basset, Etudes sur l'histoire de l'Ethiopie, p. io3. Ludolf le
fait régner de 1^75 environ à lâgi et mentionne que c'est sous
son règne que Joao Pires da Govilhâ aborda en Abyssinie [Hist,
JEthiop.y t. II, ch. VI, 7) (sur les voyages de ce Portugais, voir Mc-
moria chronologica acerca do descobrimento dos terras do Preste Joào
dos Indias, e embaixadas que a elle enviaram os Portuguezes, nos An-
naes maritimos e coloniaes, V" série, n° 2 , Lisboa, i8A5,p. 57à62).
Gutschmidt donne les dates de 1A78 à 1^94 (Wrigt, Catalogue
des manuscrits éthiopiens du British Muséum). Sur ce roi, consulter
Bruce, Voyage aux sources du Nil, traduction Castéra, Paris, 1790^
t. IV, p. 173-180, d'après lequel il aurait régné de 1478 à 1496,
en négligeant le règne d'Amda-Seyon IL
Le manuscrit i4i de la Bibliothèque nationale, encore inédit,
contient à peu près le même texte que la chronique publiée par
M. Basset :
Ms. a 1 fol. 1 3 v°, note marginale , IthWXKlX 1 ♦+/!? 1
Oao^Héth 1 Mii 1 IDC* 1 K»"Jl 1 if f-l 1 IDA* 1 AW 1
UViao^ i h^hP 1 % Kahi.fi 1 0V* 1 VPXr 1 TtJhih 1
Mkhmf^C 1 Oh'h'b 1 K.ià 1 aoAM 1 ^CfV »
fl*£skender fut tué par Mâyâ qui gardait ?; sa mort
arriva le 12 de genbot, son tombeau est à Dabra-Warq. *Amda-
Seyon , son fils , âgé de sept ans , régna six mois et mourut. Na*od
frère d"Eskender il composa le portrait (en vers) de Marie. »
326 MARS-AVRIL 1894.
mort de son père, qui Tavait désigné comme son suc-
cesseur, il fut élu roi, mais comme il était encore
tout jeune , la régence fut confiée à sa mère. Ellie était
secondée dans ses fonctions par Taqahi-saai, Tasfà-
Giyorgis, et les deux beht-wadad ou ministres, *Ain-
da-Mika*êl et Badla-Re*ed. Au début, ces personnages
vécurent en bonne intelligence et tout alla bien, mais
bientôt deux hommes puissants , Abba-Hasabo et Ab-
ba-Amdu, s'aperçurent que le beht-wadad Amda-Mi-
ka^el gouvernait seul TEthiopie et firent de iopposi-
tion. Us furent arrêtés ainsi que leurs partisans et
exilés.
Cependant le jeune roi ne tarda pas à faire acte
de souverain. Il déclara la guerre au roi d*Adal, pour
venger la défaite infligée à son père. Dans la deu-
xième année de son règne, il rassemble ses troupes
et vient attaquer les Musulmans, malgré Favis des
moines qui lui prédisaient un désastre. Il ravage la
ville de Dakar et se dispose à retourner dans son
pays, mais les Musulmans le poursuivent, quoique
peu nombreux. Un combat s'engage, ses soldats re-
culent et les ennemis restent victorieux; il peut néan-
moins regagner son palais où, dit Thistorien, il de-
meure triste et affligé , méditant une revanche contre
le pays d'Adal.
Il y a ensuite une longue lacune dans le texte. La
chronique est muette sur les événements qui eurent,
lieu pendant les treize années qui suivirent et passe
aussitôt à la dernière année de son règne.
Un jour, on lui annonce que les gens d'Arljio,
HISTOIRE D'ESKENDER. 327
village mahométan , ont massacré Taklâye , son ser-
viteur préféré. Il part aussitôt pour venger son ami;
les gens d*Arho, ignorant que c'était le roi, se jettent
sur lui et le percent de flèches. Il meurt le i 2 de
genbot, après avoir régné quinze ans et six mois.
Après sa mort, les Ethiopiens firent un grand
carnage des habitants d*Arho; le corps du roi fut
placé dans un monument, en attendant quon le mît
dans son sépulcre. Za-Selus, son général, laissant le
corps d'Eskender, se rendit dans TAmhara pour faire
nommer un roi de son choix, mais, d'un autre côté,
on élut *Amda-Seyon , fils d'^Eskender, qui était encore
un enfant. Les partisans de ce dernier firent la guerre
à Za-Selus , qui fut défait et mis à mort, ainsi que ses
alliés. Le corps J'^Eskender fut placé dans le caveau
de son père à Atronsa-Mâryâm et fut plus tard trans-
porté à Dabra-Warq.
Ainsi que je l'ai dit plus haut, la chronique de ce
roi se compose de deux parties qui ont été interver-
ties; je les ai indiquées dans le texte par les chifires
romains II et III.
*Amda-Setoii il
J'ajoute , comme tous les historiens , le chiSre II au
nom de ce prince , parce que la liste des rois d'Abys-
sinie nous en donne déjà un du même nom, le cé-
lèbre *Amda-Seyon, qui régna de i344 à iSya, dont
nous avons déjà parié.
*Amda-Seyon II n'avait que sept ans lorsqu'il fut
328 MARS-AVRIL 1894.
proclamé roi ; il ne régna que six mois et momxit le
29 teqemt 6987 = 26 octobre lAgA. Le fragment
qui le concerne est précédé du chiflfre IV ^
Nâ^od.
Le trône passa alors à Nâ'od, frère d'^Eskender,
qui régna treize ans, de iligS à i5o8 (+ 8 na-
hasé 7000 = 80 juillet 1 5o8)^. Sa chronique débute
par une prédiction faite en sa favem* par un moine.
Nâ'od fut remarquable par sa longanimité envers
un grand du royaume qui lui faisait une opposition
sourde. Ce grand, nommé Taka-Krestos , chercha à
soidever le peuple contre lui, mais il ne réussit pas;
il fut saisi et déporté dans un endroit où on lui creva
les yeux.
Nâ^od calma l'agitation qui régnait dans son
royaume , en accordant une amnistie générale pour
tous les faits antérieurs à son avènement et en défen-
dant d'y faire la moindre allusion.
La chronique éthiopienne mentionne ensuite la
^ La chronique publiée par M.René Basset (Etudes, Tp, io3) donne
sept mois pour la durée de ce règne. Bruce indique aussi sept mois
[Voyage aux sources du Nil, t. IV, p. 180). «Andréas, appelé an
(rônc et nommé sdors 'Amda Sion n'était encore qu'un enfant et n'eut
qu'un règne de sept mois. » Ludolf ( Hist, JEthiop,, U II, ch. VI, 8] ,
d'accord avec le ms. i^i (voir la note 1 de la page 325] et la pré-
sente chronique : six mois.
^ Son nom de roi était Anbasa Batsar (lion pour l'ennemi) (René
Basset, Etudes, p. io3]. Gutschmidt indique là^i. C'est en effet à
la lin de 149A , puisque 'Amda-Seyon mourut le 26 octobre de cette
mémo année, ou au commencement de 1496 qui me semble pré-
férable comme point de départ.
HISTOIRE D'ESKENDER. 329
translation dans l'île de Dagâ du corps de Zar'a-Ya-
'eqob et loue ce roi de son zèle à défendre la foi en
poursuivant les Juifs qui, sous son règne, parais-
saient se convertir extérieurement et profanaient les
sacrements ^
Ainsi se trouve expliquée Tépithète d'exterminateur
des Juifs donnée à Zar^a-Weqob dans sa chronique,
n y est dit aussi qu'il fut enterré à Dabra-Naguad-
guad, tandis que la grande chronique éthiopienne
publiée par M. René Basset lui assigne comme lieu
de sépulture l'île de Daga; la translation de son corps
sous le règne de Nâ'od rend compte de cette diffé-
rence dans les deux chroniques ^.
Les écrivains éthiopiens sont toujours très laco-
niques. Dans la chronique de Nâ'od, il est impossible
de savoir pour quel motif Takâ-Krestos se montrait
hostile au nouveau roi. Bruce en donne la raison,
Na od était fds de Calliope : la seconde femme de Ba-
^eda-Mâryâm ; il était né dans la ville de Gabargué^
le même jour que l'armée royale fut défaite. L'im-
pératrice Héléna et ses partisans , parmi lesquels Ta-
kâ-Krestos, voulaient faire régner *Enquâ-Esra^êl, au
lieu de Nâ'od , afin de pouvoir gouverner eux-mêmes*.
Mais d'où Bruce tenait-il ces renseignements? Il ne
disposait d'autres sources d'informations écrites que
^ Cette translation est aussi rapportée dans une note marginale
du ms. i4i (voir p. 35o,note).
- Les Chroniques de Zar*a-Ya*eqob et de Ba*eda-Màryâm , p. 87 et
io3, 117 et suiv.; R. Basset,\Étii(ffs, p. 102.
' Voir plus loin, p. 346 et 36i.
* Bruce, Voyage aux sources du Nilj t. IV, p. 182 et suivantes;
m. 22
330 MARS-AVRIL 1894.
celles que nous possédons aujourd'hui. Or, d'après la
chronique de Ba^eda-Mâryâm , *Enqua-Esra*êl était né
avant Nâ'od , par conséquent son aîné , et devait avoir
plus de droits au trône. En outre, Nâ'od, comme le
fait remarquer Bruce, n'était que son demi-frère.
Voici , dans Tordre donné par la chronique de Ba'eda-
Mâryâm , les quatre fils de ce roi :
r 'Eskender, fils de la reine Romnâ {Chr.,
p. i55);
2° Têwoderos, fils de la reine Erêsh-Gazôt [ibid.,
p. i56);
3** *Enqua-'Esra*êl , fils de larei ne Romnft [ibid.,
p. i6i);
4° Na od ou Qadayopâ et non fils de CaUiope
(fi^agment publié ci-après).
La reine Romnâ, dont il est question dans ce do-
cument , est-elle lamême quela reine 'Elêni (Heléna ?) ,
qui y est citée p. i y/i et i 76 ? je Tignore.
Bruce mentionne également une victoire rem-
portée par Nâ'od sur les Musulmans d'Adai; notre
chronique n en parle pas.
Je ne puis mieux faire , pour terminer Thistoire de
ce roi, que de reproduire ime longue note qu'a bien
voulu m envoyer M. René Basset : c'est ia traduction
d'un passage du xâ^ Z^^' ^^^^ P^^^ haut. U se ré-
fère justement à une expédition dans le Bàli , pro-
consulter aussi l'ouvrage de M. René Basset déjà cité. Etudes mot
l'histoire d'Ethiopie, qui contient des notes intéressantes "sur cet
règnes.
HISTOIRE D'ESKENDER. 331
vince située à Test de TAbyssinie, et montre les pro-
cédés employés par les Musulmans à Tégard des
Ethiopiens :
« Wanâdj-Djân (IDÇ^ iTTI = yU- ^b^), frère
de Wasan-Sadjad (<Xjf^ (,^^=- ID AI >A7J!r), était
descendu près du sultan (d'Adal) Mohammed, avait
embrassé Tisiamisme par une conversion sincère. Le
sultan lui avait témoigné des égards , lui avait donné
le gouvernement d'Ankarsah (gVîi') et le comman-
dement d'une expédition musulmane contre le Bâli.
Il était arrivé dans ce pays , lavait pillé et ruiné : les
troupes chrétiennes s'étaient réunies contre lui et lui
avaient livré bataille. Les Chrétiens eurent l'avantage ;
les Musulmans s'enfuirent et beaucoup d'entre eux
furent tués. Wanâdj-Djân fut pris et amené au roi
d'Abyssinie Nâ^od (^^b), père du roi Wanàdj-Sadjad
(OcjKr ^^=|D7^ fl7Àr»)^ On le lui présenta gar-
rotté. Son frère Wasan-Sadjad intercéda pour lui :
le prince le relâcha , le tint en grand honneur, telle-
ment qu'il fit de lui comme son vizir. Il embrassa le
christianisme avec répugnance, mais son coeur pen-
chait toujours vers la (vraie) foi. Le roi lui donna le
gouvernement de Bâli où il demeura , fortifiant son
autorité, achetant des chevaux et en multipliant le
nombre. Les soldats lui obéissaient. Un jour, il dit
aux patrices : « Réunissez-vous aujourd'hui, je vous
« ferai connaître une nouvelle qui m'est arrivée de la
' Wanag-Sagad ou Lebna-Dengel, qui succéda à Nâ'od, régna
de i5o8 à i54o«
aa.
332 MARS- AVRIL 1894.
« part du roi d'Abyssinie. » Ils se rassemblèrent de
toutes les parties du Bâli au nombre de soixante,
chacun d'eux commandant à beaucoup de cavaliers.
Ils se réunirent en sa présence avec leurs chevaux.
Alors il leur dit : « Entrez dans la maison , nous boirons
«du vin. » Ils entrèrent chez lui, s assirent et il leur
apporta du vin vieux très capiteux. Ils burent, et
quand ils furent ivres , il demanda à son compagnon
nomméDel-ba-Iyasous(f^^M^^MUo J^=J!rA>flJlwf A*A *)•
celui-ci était chrétien à ce moment, plus tard il em-
brassa Tislamisme et périt martyr dans le Bâli avec
Ouraï Sabr ed-Dîn ((jjj«>Jt uuo (^)^^), fils de Voncle
du sultan Mohammed. Wanâdj-Djân dit à son com-
pagnon en question : « A présent, que ferons nous?
« Grâce à Dieu , ils sont tombés entre nos mains. »
Del-ba-Iyasous répondit : « Attachons-les et égorgeons-
« les comme des moutons. » Quand les patrices furent
ivres, Wanâdj-Djân donna cet ordre à ses pages:
«Entrez dans la maison, liez-les, garrottez-les et
« égorgez-les tous à la porte comme des moutons. »
Us obéirent et prirent leurs chevaux et leurs armes.
Puis il envoya un messager au sultan Mohammed qui
était alors à Dakkar (^^), dans le pays de Sa*d ed-
Dîn \ pour lui dire : « Je suis ton serviteur, j'ai traité
« de la sorte les infidèles, je les ai pris par trahison
« et j'en ai tiré vengeance. » Le messager partit dire au
sultan : « Rejoins-moi. » Alors Wanâdj-Djân dit aux
gens de Bâli : « Embrassez Tislamisme et mangez des
^ [jJt^^ ^^^^ 7?f désignation habitudle de TAdal (M. Basset).
HISTOIRE D^ESKENDER. 333
« animaux égorgés par les Musulmans, sinon je vous
« traiterai comme j'ai traité vos chefs. » Ds se con-
vertirent tous à Tislam, petits et grands. Mohammed
traînant en longueur, il lui envoya un second mes-
sager. Le Sidtan se décida , mais ses émirs et ses fonc-
tionnaires lui dirent : « On ne peut se mettre en route
« en ce moment; nous sommes en automne. » Comme
il tardait, Wanâdj-Djân, en troisième lieu, lui en-
voya son fils Simou (^-^y^) pour insister près de lui
et lui dire : « Si tu ne viens pas, les infidèles arrive-
« ront : Dieu très haut et Mohammed ben ^Abdallah
« (le Prophète) — sur qui soit le salut — t'imposent
« de me rejoindre. » Quand Simou arriva près du
Sidtan , celui-ci se leva en pleurant et en disant : « Je
« ne puis tarder un seul instant. » B abandonna lavis
de ses émirs et partit sur-le-champ pour le Bâli.
Quanta Wanâdj-Djân, après qu'il eut fait partir son
fils, il arriva une armée de Chrétiens nombreux
comme les fourmis, envoyée par le roi d'Abyssinie
et commandée par le patrice Djabra-Tadriyâs (îy^
jj>y4>j)^. Hs livrèrent bataille à Wanâdj-Djân pen-
dant deux et trois jours, mais comme leur nombre
augmentait, il reconnut qu'il ne pouvait leur résister.
n prit son harem et ses soldats et partit pour le pays
des Musulmans. H arriva jusqu'au fleuve Wabi (jj)
* THi » ^XKlSiL 1 Gabra Tewodros? (M. Basset). Peut-être y
a-t-il une faute et doit-on lire Gal)ra*-Endreyas ? Ce pourrait être le
Gabriendreas dont parie Alvares ( Verdadeira informaçào dos terras
do Preste Joao dos Indias , Lisboa , Imprensa nacional , 1 883 , p. 1 47-
i48] et qui tua Masudi, un chef musulman (cf. Bruce, Voyage ^
U IV, p. i83 etsuiv.).
334 MARS-AVRIL 1894.
elil 8 y était arrêté <[uand ]a mort le surprit. Il mourut
là: son tombeau est encore célèbre et fréquenté, atti-
rant les bénédictions. Ses compagnons Tenterrèrent
et séjournèrent deux jours.
« Le sultan Mohammed arriva et le pleura, puis
il rassembla ses cavaliers et ses soldats et marcha
contre le Bâli. A la nouvelle de lapproche du sultan
Mohammed et de son armée, le patrice Djabra-Ta-
driyâs s'enfuit vers le roi. Le sultan resta deux mois
dans le Bâli , puis il revint dans son pays après avoir
étabh sous son autorité des gouverneurs dans cette
contrée, parmi lesquels le père duDjarâdMudjâhid^,
nommé Djarâd *Ali (Jl^ ^'t^)» Ouraï Sabr ed-Dîn
(^;^' C:)»?*^' j^)^ Djouitâ-Adarah {ê^:>\ ûi^) \ Ouâ-
c&ou-Othmân ((jU^^I^) et d'autres. Del-ba-Iyasous
resta avec eux. Ils demeurèrent deux mois après le
retour du sultan. Ensuite le roi d'Abyssinie résolut
de marcher en personne contre les fidèles, mais
Wasan-Sadjad lui dit: « Ny va pas; le roi des Mu-
«sulmans est descendu dans son pays; j'irai contre
eux. » Wasan-Sadjad s avança à la tête d'une armée
considérable; un combat acharné fut livré : les nôtres
ne s'enfuirent pas, mais ils furent tous tués sur le dos
de leurs chevaux et Dieu les marqua du sceau du
martyre. Le chérif Nour ben Ahmed {*>i^I (^ }^)
fut pris , le ventre fendu parles infidèles , mais Wasan
^ Cest le viûr Mudjâbid que nous retrouvons sous le règne de
Lebna-Dengel et qui ravagea rÂmba de Geché (René Basset, Ètadu,
p. i8 et 109).
' Cf. le mot %;f* 1 t patron, seigneur •.
HISTOIRE D'ESKENDER. 335
Sadjad le fit recoudre et il guérit. Simou, fils de
Wanâdj-Djân, s'en retourna avec le sultan dans son
pays. Mohammed Thonora, le combla de bienfaits
et le nomma djarâd comme son père, jusqu'à une
expédition qu'il fit en Abyssinie. Simou fut pris par
les infidèles à la journée de Del-Maïda (»*Xa* J^);
ils le firent chrétien et patrice à la place de son père *. »
Cet extrait d'un écrivain arabe nous dédommage
heureusement de la sécheresse des chroniqueurs
éthiopiens. Le même historien musidman mentionne
une église construite par Nâ^od et pillée par le Djarad
Djouba Gran après la bataille de Chambéra-Rourê ^;
elle devait se trouver près du cours supérieur de
THawash , dans le Dawaro , où était campé Gran *.
^ Ce Simou commandait une partie des forces du Bâli lors de
rinvaûon de Gran entre la bataille de Chembrâ-Kouré et cdle de
A}£urs (René Basset, cf. Études, p. io4).
' Sous le règne de Lebna-Dengel, voir René Basset, Etudes,
p. ip4.
' Voici l'extrait de cet historien :
(fol. 45 r") ^ ^U^i ^^ jJLî i^^\^ 4^1 liUkJ <u-mJl5' JUi6 ^15^
tJ,.K«at JU:»3 U^ ù\j}\^ yuJl jLaJ) il! !3;U ili JU l^ (,y6^-4J ç^
JL«...HS-^LXJ) i i^^.M>J\ ^IjLo) i^JJi ^ ïyJjt U^J^^ iLy.^i Jf
^aùM^\^ \y^\3 'iytS^fSU£ \yéJJ^ jij ^Lii iUuJ!^ *-u6JJî yUiP,
c n y avait là une église bâtie par le précédent roi , nommé Nâ'od ,
fib d'Admâs ( ! ) Les Musulmans ne la connaissaient pas , ils n'allaient
(dans le pays) que pour chercher des bœu& et des provisions. Lors-
qu'ils arrivèrent à cette é^ise, ils la trouvèrent remplie d'or; à l'in-
térieur étaient des lames d'or, des vases d*or et d'argent et des étoffes
336 MARS-AVRIL 1894.
Na*od mourut le 7 nahasé de Tan 7000 (3i juil-
let 1 5 08), d'après la chronique publiée par M. René
Basset, et fut enterré à Geché-Amba-Nagast^.
de soie. Ils firent an butin abondant et revinrent du côté de Tiinam
qui était en haut du fleuve *Awash. » L'endroit se nommait ^^^yi^
Berârah.
^ René Basset, Études, p. io3. Notre historien' arabe donne
encore quelques détails sur la sépulture de ce roi qu'il place à Ma-
kana-Seiâsé.
(Fol. 59 V-.) UU^ RA^ i \^ j:^ J JL^Ïy^t «»^ i e,l^
l^-x^;3 L^JLi-^ y»3 l^5tjLj J OsH- ^ ^^3 *^» yi^ ^ «^î
u»U3 l^Stjb ^ ^ylji ^y RL,té ï^ ^^ ^^^? J-* J^3 V^ftjJl^
<y.~^^y 9JOO UU^ Oois ^\jy tJ^\ l^ Jlixât^ £jLi» ïyjSkC iùf^ ù^
jl. i:^iâ»>v<(o^ sLju. ^^ â^uji (2;U^ ^yiS J{^ dUUt UU^
iU^I i v^î;«; ^^ j-L.^) ^^ ^;L3 dLU ^ jo.î JytS'jJ ^^ ^
t II existait dans la région d'Amhara une église qui n'avait pas
sa pareille en Abyssinie. Elle avait été construite par le roi NA'od ,
père du roi Wanadj-Sadjdjad [Wanag-Sagad], qui s'était occupé du
plan , de la construction , des travaux et de l'ornementation en or.
Il y avait passé treize ans et ne l'avait pas achevée , étant mort après
ces treize ans. Son fils Wanadj-Sadjdjad en reprit la constraction
après lui et s'appliqua à en faire une œuvre plus belle que cdle
qu'avait projetée son père. Il y consacra vingt-cinq ans jusqu'à son
complet achèvement. Cette église était tout entière couverte de
HISTOIRE D*ESKENDER. 337
Le fragment du texte éthiopien concernant Ba^eda-
Mâryâm paraît avoir été rédigé sous le règne de ce
prince, bien que dans ïexplicit placé à la fin se
trouve le nom de Lebna-Dengel; les autres chro-
niques datent de ce dernier roi.
plaques d'or, semblables à un feu ardent , et à l'intérieur étaient des
vases d'or et d'argent. Sa largeur était de i oo coudées , sa longueur
de loo, et sa plus grande hauteur de i5o. Elle était tout en or et
en incrustations d'argent , de perles précieuses et de corail. Le roi
l'avait appdée, du nom du village où elle se trouvait, makan Eu-
tsalâtsjr (MakanorSelasé) , nom qui signifie : lieu des trois dieux (En-
droit de la Trinité), Que Dieu soit glorifié, qu'il soit exalté dans
son unité, d'une grande âévation! Louange à lui, car il est unique,
car il n'a pas engendré , il n'a pas été engendré et personne n'a
jamais été son égal (Coran, GXII, 3 et 4). C'est dans cette église
que fut enterré le roi Nâ'od , fib d'Admas ( ! ] , fils de Zârâqub (Zara-
Ya'eqob). Il y avait aussi dans l'Amhara des églises bâties par les
rois précédents , mais aucune d'eUes n'était une œuvre comparable, i
338 MARS-AVRIL 1894.
TEXTE.
Chronique d'Eskender'.
II. Ms. i43(fol.!77V)>. <DXf XrléftH- 1 f ^0> I
"hr^^iiB • fàC9 « MU « j&«flA « ytm*^ •
tf^i* I ^A- * t7«- * [M I Wlh «] 0ht * fh
a»Aa I h-ofràiV I «iii-ï I ta * it*/" ■ af:/**
AlfCJk I fù^-O I fh/** * OiiPCa* I Adt I ^7 1
ipfd.ft" * A% I QiCliffx * flhiv > A-ti*» * oifc
^ Les passages entre crochets sont ajoatés d'après le ms. d'Ox-
ford; la lettre A indique les variantes de ce même manuscrit, la
lettre B celles du ms. i43. — ' Bibl, bodl, d'Oxford, ms. XXIX,
fol. 29 r\ 1. 4. ~ « B Kim 1 — * B -fc^ 1 iD?Vi i 0^A^
* 1 mt^dk 1 — » B 'iO'h t — • A -afcJl t ; le mot ^Cff t
mancpe toujours dans B. — ^ B tki^^fàéL « — * B Mi
HISTOIRE D'ESKENOER. 339
nrik * 9^(L I M^ « [H Anv i] «hA4> * xr«c
XA i «1^ I -aSh^ * mx,f^ « 99"JC i ^kKA «
0M*dA.O> * Af 'hi^t * AAIiIJM: * Vîhl * ttV
/»•* • IDQJbift^ • (fol. 77 V) ID-A+ 1 itlt »
f»*c ■ <Dhv • Aidi*» • *<!• » •»!•/» » crv* »
OJCft- « ^f*4- « %Ar * 0*AA'|i' I A.JK^AA<n- *
070.^ » rue » <i»/"CW«* » ^hHH " flifh/"
A • Kthra 1 /»C W » *.1^fr^ • mVlMiV
a»'»}i'it* AAHh^ * K^f'kf * hha» * dif» *
«-hii i Tt * aa^h* * Ha**» i a>%f"JM^ i
«I4T * ii»4*dA * 7'0f> * iCAlk * 2kQ « <h4P «
0M * 97*4- * 07*%*» • flKTft** I f*AA *
HSh^ * mX,Kr • 9f»4- • Afl I CHK • htlf * JKl^
r» » tf-iif « rtifC » *.*f"fry » nAiirii " 0fl
M+H • M1IF«^ • Atf-Affli»- « *A • +«Aïfc.« »
f AlWO> » 0*i»»ÇFmN • fllh«l I ^/^AJ^ "
0ïkf*TI » IkACFov* » 0fc*î9'llF<^ ■ 011 »
[Xf'fcll'iiv] * %A * r»1^ I flf:?^ t «Dfl « 3bA I
[f*A^Ç] " 0hrg:*kcn « *A.C 1 l-Kwi 1
fJ^^ « ?AQ4' « iwilf * IkO*»* • l-ÙC * [«h7 «
' BOJtAAdfti— • ACTTi— »BC« .-♦ A. /«C^
f* « — • B Atf-Ac t Mlk « — • B i'f •flh> « — ' B fAad *
340 MARS-AVRIL 1894.
r^ a] ' aQpmVùilLV'lt, *] ' naXrJk- < ftA4i-
o-hihAA I hHf* * tiCh±fV^ * aumAh
tiùa « fh/*» 1 fciwTîA t îf ^» I aéA * • r»c
XI 1 A7»+ » XM:xft » IDJ^'O^ I il-JÎ*»*
4DAh4-f;iA » fcTHfcl*» 1 "ÏC^r* » flil-W
[•1*11114 1]' ha-0- 1 U? I Tin» I T idK • A-I4C
a*}A t <%ilA>A t A.t 1 0»A%li4- * ai'hùC •] <h
ftl'ir'Jâ » nc^r * [hw] a oAXo» I afjiiii
OM, * «yc^r * a <D%9<*if I +imjsm * 'Oik^
VI* * ana^ > iIHA'i^;^ * U/^Ith * fAlkif- * fl
il Ah * ûojiK. I %Aiii> * •MttJi'ath.C * Ai-A •
IV. iDAhAhi&f I AAniAi: I hr»^^ ■ m
fld^ s afh't I f***î I [«PAA+ «] • dA+ I flh
ûoi httU* tf/^A-A > f*UAA * Vt* I hA%F I
aùXrP a <D%7»ii I tflCF » aHA+ 1 no^'fl^ •
' B 7<fl^ » -{"ilil^ » Ka%0- » «*7a»«^ I — • A màù
H.V- » («c), B maai-pùh » hO^o-i I — » B toitth^ »
— ' A idQX'iIh I — ' a hM » — • B T^IiJ • ailOT i MiJ »
ha*0- » — ' B him I — • B idolt I — • b c i
HISTOIRE D'ESKENDER. 341
floftrfi 1 0? « rhh * hH.hO' * hao * Mvp^ »
•h/»» » <dK0>C7iihF a aAhAJ'M * ♦*A1 »
hm * h0» * JKAA-Fnv' * axAi- 1 tf-ft- < «OikC *
hn» * JKChft^ « tf-Ar I A'OJk a tohi"» * ^aofS.
m a "MiA * I tiCA'f A * 7*AA a tf-A-o»- « ih^0> *
■M • •M«?*i»»- » iH-fs/^AI- « fl»fl:ii»1' a <D
fkmX * A%A I flvhf- * h-ffh I h0» « J&<h4. 1 1
4<^ * f"AA I Ifi^ArA * htD*è}^ * KbSS.l^Va»' >
%Ali7XrC t (fol. 78 r») %fth I %^ i hofi,^ a a>
3bf*1f I KA<;/. I flAAf* ihaoiS*a>n* A[<dC
^ •] T^7»4- » AhlM.h'OïkC'' a %A%Ah I OM
^àXrP I A<ioA.aih * %AhlJM: * T'AA * OA
flfflh a A0AF » mnÇ^Pao* a Atf'AfHv a %A •
l^àP a hni " <Dhni » IDA<DA4> a A*!!} a
l^rîA a i^VVKh a fcA-fl^ a œMC a 7«7/w
h ' • fl^JKAh a -UC^ " œhimÇ,X a AT*?» a
f»*C a IPCF « A«ÏA«ii» a ^Kr a fcnt •
mhnt^ a
> A lia» « JLJ&4IIP 1 — » Ms. XXIX, fol. 29 v°, a. — ' B
J&ChjS « A Atf-/^ « manque. — *A-I'>I«— 'BJ*— 'A
h3kin.A » 3k«nUk'fl<hC » — ' B Hl'î'/»»! i — • Ces der-
nières phrases sont rimées en P.
342 MARS-AVRIL 1894.
m. oMO'Tt'tt ■ tT-fi * %aiiijm: ■ rtth >
[/"C^t * a-Ok * +èàV * A^A I mi^ji ■ t
ftl" «] /•'CM* » i»A^ » «Dtf-Ç* ■ m^ t «V
4^ * oxMk I a>«»M'<YUA > Clf-^ ■ Ail >
«iipf:ti& I iPÇfi 1 0Mfc * QtA " 0fUi'|i a
Si * <DA.70*iU0- ■ tfflurhi I +r^ I ik^c
KilikC I aiflliAk • 9<i»i- a XkM'^flXk a f
T-/** I tf-il-[ii»- *] ih^if- 1 «do^j: I ffffi ■ A
JCA ' « 3b71f * JB^IAF * •flU-^l * ^4-41 a X.4-
«hC^' a J-IS-^ I KAA' a [Aft*/»» a a>>]X.4-^
fin a at«<L-l* a <DiD*k'M a hQt'0»' a «D«h4 a
ma» A a J^llC a «Dluvliaf.* a [tf>i|f] i ft'f ■
iDi«»»c9* • mhjn a j&^-tf»?^ a SLnr *
hao^Jli 1 4*704^ a iDl%A#0iHI * a «"Mf ■
atùa a <D<nf a [hn? a] 70.^ a «hf «OlkO i H^ a
tf-A-00« a oa^^lk I n%f"fcll'<ii>- a Mi a r* ai
<DP I 3hA a >fl'iiDP I %A a 4*f<DIBL " aHitT*
f^h a hAilf a •hrVÊjMiéliXL a OlkllÇA a «»AM|
•tlh a [<D|k%4*i-F a] » flâ^f* a«i4H* a ;l-%I|0' ■
a'hrg:*kCn[X[ a f fl^ a %11f a JK-frim a 0M
Ifl a iDJSikA. I hi» a JKfhC a 41«» i A+O
> A 4J(A I — > B f-A^: I — > B |kh«II.M * Ukm «
— * B «DhOTHair « — • Us. XXDL, M. ag vM>. — * B M|
d » — ' A hrdah • — • («c) Bh'flli 1 — » B
HISTOIRE D'ESKENDER. 343
^êp * [tdt *] MC^^O> * <DA.ht I iP^ * aOkin» *
<ii&0. 1 3^111 1 JBA1 1 A^Y i jc-fli; I rf"*eà *
mchf ■ li'OC'l* * mhhti'Matx * rftA • 0»li'fl
[ff"d^« »] «D^ni I fihênt * AA4- * Vin *
UêP * «D^*!* • iCCih- 1 tîCF I Ultf * JK'flAr i
^•{•AF > A+llAjB * mCh * tt^^tC I A-OK *
hcç' « oimi'hif ■ +'»i»fc • XII I rà»^ *
t9Q»A l 'tfkU'a^ " 0Afl * C%K > %Ar i <h
Afl * lu» * kêiht * àati * noltrlk- 1 A'hf 'OA'f iiv* *
cvMlh^* *. ^m.h'f <">■ " <vA.y%av<> > ho* 1 1
"hi» * Mik I aiïJ^i:^ I hAr * A'Ofi < hC? •
lfjKA«»K « fJS' * aX'A<lo•^ I A>Ac^' * mhùC
A I lui» I I<D| I A[<DC^] I *1f 0^^ I %f*IUlD I
OVflM'i* 1 1l7'|k I ^+APao' I A%A> i A'Ofi i h
otAOI» » •«•/"» 1 lihiilXrC » *»"♦«•««» »
ArA * ff"AA * [t^A»ll»- *] ' 'Y1a^StI^ » tD^d « f*
JM I hrâi^ * h0» « ^fl/** t ttA.*X, * ihA.
> A m^KJbè (ne). — * A CV « — > Ces deax mots dans B
seidemeiit. An lieu de hC'9 • A donne hCh'V t — * A OKA
m^ « ÙAUh * — ' B 0'l^<a4 « aft'fl4 • «Hit * —
* AAtHtftm** — ^ (ne) ; il faudrait 0KjBPl — > B tf*/^ t
344 MARS- AVRIL 1894.
Vo* I aBAù-Hh * r^lX * Mnifl^ > [lui" •] A^
70* * Ohtf» * diAr * œmtx • hn/^p > a^t
A^ * rfi:c * KrdbA - tf+f'Oh' • rikA * n/**
Ar A I iDf»AA * IfhTiy " 0-k-h * IIL > ?0A* >
ih^ • %All1fti: « At-hAfo^ • Atf-Af 0^ a **
]|> * hn7 * dhov * fl£r*<iv ' * athwao' • [a»]A
7^JE^l * %A * hT'KTAfli» i im i A.?A-A i ^-f
<»»C» • aim?^} ■ fflhny 1 <D#fc » IT"/»»» »
%f»AtAP- 1 iDïfl^ t -Ifl I Mac I [9fl.JB *] iHk
Ifli* » CI*** I *r*h+"?»- • <D*1'0<:'lkA • fl»
IhC 1 T* » fl»fcd"»^»'i' » THLfî » <i»»^1 •
/.i^4^ I »?MlA' * aomi * »/■*&* * 3U>>4- "
«Dfl A AA.l»' "> I hAahP I hhfll" * AO-k^k I A t A >
* Ms, XXIX, fol. 29 v", c. — * A Kflfl manque, — * A ^Jl
pu». 1 — 4 A ^jiA 1 — » B tfh'V'fl^ii»* • iDih^i; • —
• A a\* 1 Ttumi • — 7 A hd^^^L»^ • - « B 7«.*1 • 4L*
4«Jt « OByRikt I IDfhll/^ I -- » B K — '^ fl manque dans A.
— '' B hhft 1
HISTOIRE D'ESKENDER. 345
tthrUh * Mac a anHC * 0-jMr+ * AO-A *
ao^ac ' * anac * \fLih * OfTkii • tT'Z-i ■ fl
hX, * ICfT i fUf» I ^^C'OFiiv « A0»4^ *
tlCft-f A « •flih^- * iDJift' > If0;'f» » «DAl'fl^ i
A.f A-A > lir<71 * oAtf-A-oi» I il" * 7*AA *
knvfik I 7^J(? t }kA I i-tiDini I œhrKh
Pa»' I Atf'A-nv- • ♦*"»»• • AIT-/»»» ■ mùdf «
moOco' * Vh/^ « <iof /.t I t1* * Atioéhé •
hCA-f A I mûoj^^ I okl* I A?^!^ « Kfà4l a
<D}k7'f « hltt * «hlflAi- * h*T0* « hAAfna- 1
r/s*^ * hx.A' i hua I jKch^*' * mmjhffttO' * a*
OJBAA- * h<^7 < Afh/vf « M * nMMi * no
rvC * ttK.* *K^*UX,m I «•A't • CKh' * fl
itAr? * htV * JK0-<t<n0iN I t^tmV < ICA*»^" ■
tDAl-aC * A.f A4k[tl * toAmJté « liCA'f A « o
A.1-'ïfr»fli»- » JB**. * » h A • him « hm • jBn
TFfl»»- » h«Tll.kr » a»flM+ « (fol. 79 r*) 111* •
Ï7C * hnVttP * AOhhii « 0»thA « tf-A'i' i 1
Vfi B ID%A t <h{. A > 0-A«h • hX.A * I ['i*1*]k-] «
m^A* » aTkX. * J^AAf» * flaC-l • ^l"!/** »
' A doac • — » A akV » — » B aHit^Po" »
♦«w» » ?■»•/» » — ♦ A ^ItA » — • B JMi«fi « — • M».
XXIX , fol. 3o p°, a.
m. 33
346 MARS-AVKIL 1804.
AA I %A.MI'0i» • iD-«f» I fh/** i aX'MtKir
«•»• ■ «D?*!!^ » flUf » fl*>A * Tf**1" >04*A.I| ■
iDflur I i'aAÂ * f Af-A * «Dflur • 4*Aff"f • f
hr»h^ * CkA- * A7^>it * hlL*^ * Vt * MV I
7! » œM * -hZ-Kop I iM»r AA * ti^ff- • Mm ■
A'Y'IrFA I rf If 1 7^A- * ho» I JftAlSr^a»- • Ali
f Ci- « f»*^ « 7111 » [<D]j&i-«h0> I auf I 0
hn» * Mm»' I <D/»C<}'f «v I Vi-li4- * <D*%«|iA I
KfhaoCh' I <DA.AaaHlh i hi * tf-Af • Vhf «
ilC * a^f «Dit * "ta > îhf f 4- * 7»AA>ir«» * h
aoàJtth * hHh * A^-^C > hhA*!* i •OikC ■ />*
> B ÇPKr I — > B lOaUf *—> B tOâ^i I — * B hté *
— » A «OH-iV I
HISTOIRE D'ESKENDER. 347
O^' » tf-ilf » XPf- » htll I K^VLhC * ÛM* 1
•fC/T » Jkf»h • IfMf AI" I hnaK • fcf»*» «
4< t A'Oï • XrT'IA I [aoAk * H AA «] «vfAA *
ra-fl > oriiC » ¥hHn±h * tf-ii- < hiv t jk«i
C » MO A I i-im I 4D70C * <D0*<« * [MA
Chronique db Nâ'od.
ïhA I Uba^ I f-ihiA * %*}» * fiHA « A'YAlh *
^A • *f*A"ï/5 » UJ&a » JS.i1/» i VKXr" » [•»
M& i] 'OO'A- * œù'Xà? * lU'M' * ne *] %71f *
MtiC a f flCli- » [atiaiJL i ùXr^O' * ihUif *
[mûhm *]^Êt'* KofMi • aoihh I hï * *»?■
i»» » IW'K. » M'AIMA» » Q%^^ » «OW-Î/»»
4k « m^vaih * [tf-Ar i] A'flh * KHrf'kf * Kt
Oj&t » yjB"?Ç* » ID (fol. 79 V») *f IC^ » 1 amj
1/*"|i * Aa*/7 * C%A0i» * K^-ih*!! * afMfft *
• B &04: » — > Ms. XXIX, M. 3o v°. b. — > B tfC » —
♦ BÇ/Ji- » — » A •fIlUtt — • AW»-t.»(5ic). — ' Bû^tt*
— • B lo-ji « -no* I — • A «IC"? »
a3.
348 MARS-AVRIL 1894.
7A I VI* I atomi * 4*I| « hCA-f A > 7fU < 4-d
a.1- 1 AdA>P- « a0-A4* * 97i- * aiAPa^ i
Mtêrm»' • [t1*] • flA^4- * aa[07f?<ii»] 1 • a
Ht* * A«V » Vh/^i * Vh»^ I hC0V0» » »+
070* * hilh * XiLth " «dAO I aXTih • 7*A-4: I
ff 4* * <hAr I [oijlida I [afh-P *] -Ml I liCA'f A >
a»4*<7h^ I T'A A 1 94ï^]to* * huo « fidtC^ * a?
*W"# « hT"*!'/^ ■ oiff'Mt » *fl » ilCP • ♦
i-f - ofdiïlt * X:^i * t*AP a %A<i» * %^
iDfcf'TI'' » ah<iD » ^Ar » AIT»/" « AlU» • **
iD<f 1 0-h'll » 4*1| t tiCA'^A" * JkC * aikA.1- 1
rhh * %A<lk0' * v»éP * K9^[d.u>] "''• oiaJt^ ■
f**4 1 A.4.1" • \uio I |l*f»i?iiiN" I 0-A4* • 7
0.^ I «ïivYih I At^A-0»• I tr * kA « JKf "Of- >
' B aa<fl<h(raK « — < b ?dXr « — » b i:ft<% t AnuKf- ■
at^ÙfUt* —'A . . .ft. . .ft — » B jMl«C« — • Manque
dans A. — ' B mOhlK* i IIL » IM/» i }ir<h4» • ♦^•l •
— • Ms. XXIX, fol. 3o i^, c. — • B IDrfu! « — >• B M^Ul t
— " B fftA i 'Ks^lO- 1
HISTOIRE DESKENDER. 349
^ I mhùCP * tDh-0»3hP* -)fl I *»!•/*' » C%
H t [hao i] 7*0^' I A-fi * [h'Wji'Oih.C *] ^JSA i
fl»+h*"4 » Air/"» « ÇAJfr' » Afl » +070» » <D
•^lDhA * fl9"ai^-li * ahafg,* i [^nM *] A04 *
«ion/»'* • mA'flih- « [tf-Affl»»- »] ATlfl 1 tiC
hHft « AlflJKf » Tll* • JB*fl4h » k'ÎII.K'O
anih'K'li » atn'P'X * KJ,*K. * [^X-iv *] Afi
[f*d^* »] <D*f»A"ïé:TI^ » M « +l>aHjh «
4*0% ' * ht» * fi¥^ao0. t flflJSf «Klf iwN I II
Ah I AllAh- " Ufi- < l-Od * [hl»0 * mat* *
lili I }k7A (] aaoVàh * l'h/^i < kftIlfAi: *
•flïA « 717* 1 *ïflof « M « (fol. 8o r°) flu^ 1 hif
If t ahv}^ * Titu t JS.-OA' * K^ait * hênm" «
* « ff f-l » H 1+ « HjlftAr « 0.ff" » A0.«.»1*+ »
AI&0D.+ » «DAfl I flf»i». 1 ut* 1 1->i¥lf » +/./»»
«h- 1 tf-Af <nH 10 a ihlia * a»Mh4- > TflO * mh
» A tihimCP 1 B Xn? » 3hlL1V' , |DK<ivf0- » — * B Ch
R » li?^!!: • — 3 B Ç/»Jt » — * B SIbA • — » A Tf1*l •
— « A Ailh 1 — ' A JB-flA- • -.« B K^att 1 lli»»Tf » K
^ait » iD • — » A a.jk • (sic). — •• Bint •
350 MARS-AVRIL 1894.
lire* * hjtt * finit I ahit * hnn^ * [il
a * flaH^fi t Uao-t I [Ut* *] Uhm I 17'/^ I
a I wi(L * %f*ii * tf-ft- 1 i-n^ I iifii * %«iii.
•M/"* » fl^AA- » f^Pth » AIT-/"» » IfCh •
fà*-(i * %9°»1^ * Vi^ * a0<}ii»^ t a»K<a3b
F I £ A-f* t J(;9 1 <Dia s hd^A * /*';»p- 1 f>AA *
A « If* 1 »"A^<îf « Mhr " a^fi"» » +^«D-
^ a Aflft I <DAAAf 0- * oVAffl I %ftta * JKMl >
Aftim I (kaoteà^Jh I l|0>i* t A^lM( t kA * JK
•OA* I hCft*^? > 1^1» * flaiA.f irai» * kW I
1 B Tf 1 — « Ms. n" XXIX, fol. 3o v% a. — La copie que
possède M. Pereira s'arrête ici ; mais le manuscrit doit contenir ia
suite , qui , d'autre part , se trouve reproduite en partie dans une
note marginale du ras. idi* foi. i3f ainsi conçue : IDflf4<i*4' t
"la I Kd44- « A^iPi^ « f &A t KAYiÀl I ^Ai* i fcf" i
A4Af" I loahl-Ml I i*4aHt • dar I Kg:* ■ iDAdA
¥0- I ID0AID 1 Ib&h « fMXk 1 XIB 1 J&7'flC 1 ^M4* «
HISTOIRE D'ESKENDER. 351
a*) Orlk * oMU * JS4*90' * téOao* i ^cm *
t* * Ch-iki * kA * ?hM * "hn * htiAH^ *
**» • c^cyn « kj^iiuçi* » œhrn-it * hxr i
JC'^'KlI'ov- * %Ah * a AU* * ttlt * he.Hi'f' 1 7'V
0- * «If-y} I %A l 'i'hih t ^^tm X Afl 1 4?»0- 1
352 MARS- AVRIL 1804.
TRADUCTION.
Histoire d 'Eskender et d'*Amoa-Seyon H.
II. ( Fol. 7 7 r*. ) Après lui ( Ba'eda-Mâry âm ) régna
son fils 'Ëskender, ainsi qu il le lui avait ordonné ^ ;
avant de mourir, il s*était exprimé en ces termes :
« Que Ton fasse régner après moi 'Eskender, mon
fils, car il est agréé de Dieu, mon seigneur. » Et ces
paroles furent répétées par ceux qui les avaient en-
tendues.
Notre roi ^Eskender fut bon, pur et doux, car
c'était un tout jeune enfant. Le jour même, le roi
ordonna de faire venir sa mère de TAmbara où elle
avait été reléguée sous le règne de notre roi Ba'eda-
Mâryâm et on lamena sans retard auprès de lui,
avec une grande joie et un grand contentement,
[comme] autrefois la reine 'Egzi'e-Kebrâ, mère du
roi Zar^a-Ya*eqob 2. On promulgua une loi concer-
nant sa régence'; les liqawent^, le serag-masarê*^
^ « Ainsi qu'il l'avait ordonné » , ( ms. 1 43 ]. Les rois d'Ethiopie dé-
signaient leur successeur (cf. Les Chronûgues de Zw'*arYa*eqob et de
Ba'eda-Mâryâm, ^. 109, 168).
' La mère de Zar'a-Ya*eqob se nommait en effet EgziViCebrà
( cf. Diilmann, Ueber die Regierang, insbesondere die Kirchenordnungdes
Kônigs Zar a-Jacob, p. 8, où il est question de ce passage de la
chronique d'Eskender, et Les Chroniques de Zar'a Ya*eqob etdeBa"
*eda-Mâjyâin, p. 86).
^ Mot à mot : • Une loi du temps qu'elle régnerait.!
^ Liqawent est le pluriel de liq qui désigne un grand juge
(A d'Ahbadie, Dict de la langue amarinna, col. 2 5).
^ i^ag-masaré ou seradj-masaré est le titre du grand officier qui
couronne le roi (A. d'Abbadie, op. laad,, col. 972).
HISTOIRE D'ESKENDER. 353
et le liqa-dabtarâ ^ la firent asseoir sur le trône et le
qasis-haçê ^ les bénit suivant leur coutume. A cette
époque , l'^aqabê-sa^âât ^ se nommait Tasfa-Giyorgis * ;
'Âmda-Mikâ'él ^ était beht-wadad de droite et Badlâ-
Re*ed beht-wadad de gauche ^.
Au temps de notre roi 'Eskender, le calme, la joie
et Tallégresse régnèrent (fol. 77 V*) dans tout le pays.
Sa mère Romnà '^, Taqabê-sa^âât Tasfa-Giyorgis et le
beht-wadad *Amdu * s'entendaient bien : il n y avait
aucun désaccord entre eux , ni dans leurs délibéra-
tions, ni dans les ordres qu'ils donnaient. Quant au
roi, il ne connaissait pas le gouvernement ni les af-
faires de rÉthiopie, car c'était alors un jeune enfant.
Mais bientôt , abba Hasabo , abba ^Amdu et Mé'eman-
' Liqa-dabtarâ signifie maître clerc ou chef des clercs.
' Leqasis-haçé ou qés-haçé(ms. i43) était le chapelain ou grand
aumônier du roi.
s Ces deux mots , qui signifient gardien de l'heure , désignent Tun
des grands officiers de la maison du roi (A. d'Abbadie, op, land,,
coL 5o3).
* Espoir de Georges.
' G>lonne de Michd.
* Dans son acception la plus génénde, ce mot signifie ministre.
On dit aujourd'hui bitwadad (Tgn. Guidi, Granimatica elementare
deUa lingua amarina, Roma, 1893, p. 67, ligne 3). Il y en avait
deux à la cour d'Ethiopie, Tun de droite et l'autre de gauche (cf. Les
Ckrtmùfues de Zar^arYa*etfob ei de BdedorMâryâm, p. 9)-
^ c Grenade», mère d'Ëskender et de 'Enqua-'Esra'él , troisième
fils de Ba*eda*Mftryâm. (cf. Les Chroniques de Zar^a-Ya'eqôb et de
BtCedorMàryâm , -p. i55, iCi).
* 'Amdu pour 'Amda-Mikâ'â. Dans les noms propres composés
de deux substantifs dont le second est au .génitif, on en omet sou-
vent un qui est généralement le dernier; le premier prend alors la
terminaison u ou é. Ex. : Gahra-Màryêan devient Gabru; Kefla-Gi-
jrorgis, KeflU (Ig. Guidi, Grammatica délia lingua amarina, p. 4i).
354 MARS-AVRIL 1894.
Basedequ ^ (?) commeecèrent des hostilités contre le
beht-wadad *Amdu lorsqu*ils -s aperçurent que celui-
ci gouvernait seul FEthiopie. Pour ce motif, on s'em-
para de tous ceux qui avaient pris part à ces hosti-
lités'^ et on leur infligea divers châtiments; puis on
les enchaîna et on les déporta ; les ims moururent
en chemin, d'autres survécurent.
Notre roi se rendit ensuite à Yalaba§â^, la rési-
dence de son père ; il y fit la cérémonie du couron-
nement et se conforma à la règle de ses ancêtres^.
Sous son règne ^, des évêques vinrent aussi de la
ville sainte de Jérusalem; les prêtres furent plus
nombreux^, les ég^ses furent restaurées et le pays
fut rempli de joie. Notre roi, ayant quitté de nou-
^ Ces deux mots signiQent « coniiant dans sa jusliice t et je me de-
mande avec M. Pereira si nous avons bien ici un nom propre. Ce
pourrait être un titre comme t confident » , mais je ne saurais pré-
ciser. Quanta abba 'Amdu, je crois quil s'agit du supérienr-de Oa-
bra-Paracj^tos , nommé par Ba'eda-Mâryâm et comblé d'honneurs par
lui (Les Chroniques de ZaT*a-Ya*eqoh et de Ba*eda'Mâryâm,Tp, las).
* tQui avaient combattu contre lui» (ms. id3). Voici ce que dit
Bruce à ce propos : «L'acab saat, Tesfo Georgis et le Betwudet
Amdu gouvernèrent le royaume pendant plusieurs années avec le
plus absolu despotisme. Il se forma dors contre eux une conspiration
à la tête de laqudle étaient deux hommes très puissants, Tabbé
Amdu et l'abbé Hasabo, mais leur trame fut découverte; quelques
conspirateurs furent punis de mort, d'antres emprisonnés, d'antres
bannis dans des lieux inhabitables » ( Voyage aax sonnet du Nil ,
traduction Castéra, Londres, 1790, t. IV, p. 174 ).
' Voir Les ChTomques de Zar'a-Ya^eqob et de Ba^eda-Màryâm,
p. 67, 91 et i55.
*• «Et y fit la commémoration de ses ancêtres» (ms. i43).
^ « Au temps de ses pères» (ms. i43). — Ainsi que beauconp de
prêtres (ms. i43).
HISTOIRE D'ESKENDER. 355
veau le Shoa , se rendit dans l'Amhara , traversa toutes
les localités ; ii visita Ganata-Giyorgis , Dabra-Naguad-
guâd , Atronsa-^Egze^etna-Mâryâm ^ et fît à ce dernier
endroit la commémoration de son père , le i a du
mois de hedar, fête de 1 archange Michel^. Il y fit
terminer la construction de l'église nommée Atron-
sa-Mâryâm-Azazo(?) Notre roi ^Eskender acheva ainsi
ce que son père avait commencé^.
n retourna ensuite dans le Shoa ; Za-Selus ^ resta
avec lui(?) à Kalée-Mayda (?) parce que Dieu avait
prononcé son jugement sur eux ^.
rV. Puis , après avoir placé le cercueil d'^Eskender
à Metjeg* pendant trois jours, ils le transportèrent
^ Ces trois localités, dont les noms signifient respectivement
t paradis de Georges», c monastère de la foudre» et «trône de
N. D. Marie » , sont dans l'Amhara ; la deuxième date du règne de
Zar*a-Ya*eqob et la troisième de celui de Ba*eda-Mâryâm (cf. Les
chroniques de ces deux rois, index).
' Le roi Ba*eda-Màryâm mourut le 1 2 de hedar d'après le ms. 142
de la Bibliothèque nationale et le synaxare (cf. Basset, Études sur
rkistoire d Ethiopie, p. io3, et Zotenberg, Catalogne des manuscrits
éthiopieiu de la Bibliothèque nationale, p. 163, 2i5). Le mois de
hedar commence le 38 octobre, suivant le calendrier jidien.
' Cf. Chroniques de Zar*a-Ya*eqob et de Ba'eda-Mâryâm , p. 1 33 , etc
* Za-Sdus était son premier ministre et gouverneur d'Amhara
(Bmce, Voyage aux sources du Nil, traduction Castéra, Londres,
1790, t IV, p. 176).
' C'est-à-dire que le traître 2a-Sdus resta là avec sa future vic-
time (?)
• Ainsi que me Ta fait remarquer M. Pereira, le mot f"¥^ 1
signiGe, en amarinna, centrée, exordes, absolutions t (cf. A. d'Ab-
badie. Dictionnaire, col. 89). Peut-être désign&-t-il un vestibule qui-
conque; mais je n'en vois pas bien la signification dans ce passage.
356 MARS-AVRIL 1894.
par le chemin où on lavait arrêté, ainsi que Tavait
ordonné Za-Selus , et le mirent dans le tombeau de
son père, à 'Atronsa-Mâryâm. Takla-Krestos se ren-
dit là avec ses soldats pour le pleurer^, et ils appor-
tèrent du palais du roi des vêtements ornés ^ dont ils
vêtirent son corps. Takla-Krestos ordonna ensuite de
promener dans tout le pays les cadavres de ceux qui
avaient été mis à mort , afin que tout le monde les
vît; puis il revint avec sa troupe près du roi*, joyeux
et content. On arracha les yeux à ceux qui avaient
comploté de marcher avec Za-Selus.
(Fol. 78 r°.) Et parla force, la royauté passa à
Amda-Seyon, fils d'^Eskender; il régna pendant six
mois et mourut en paix le 29 de teqemt*.
O Seigneur Dieu, je fcn supplie, fais entrer dans
ta demeure ton oint ^Eskender avec son fils *Amda-
Seyon; place-le à ta droite et opprime tous ceux qui
lont opprimé ! Amen et amen ! Fais comprendre tes
commandements à son fils Lebna-Dengel ; disperse
et je préfère le considérer comme un nom propre. Bruce dit que iéis
partisans de Za-Selus qui avaient assassiné le roi cachèrent pendant
quelques jours son corps dans un moulin ( Voyage aax sources du
Nil, t. IV, p. 179).
^ A donne iLlTAUf • «pour qu'on ne le pleurât pas».
* Le mot 7fA^9* > (VA^9* •) est amharique. Il signifie
« décoration , beaux habits » ( A. d'Abbadie , Dict. amarinna, col. 212).
' Qu'ils avaient nommé (?). Au lieu de Takla-Krestos, A porte
ici Takâ-Krestos , qui est peut-^tre exact. Serait-ce le même per-
sonnage que nous retrouvons sous le règne de Nâ'od ?
^ Voir la note 1 de la page 338. Teqemt est le second mois des
Éthiopiens; il commence le 28 septembre et finit le 38 octobre selon
le cdendrier julien.
HISTOIRE D'ESKENDER. 357
par ta puissance les ennemis de ta royauté, et fais
disparaître jusqu'à leur souvenir de la face de la
terre; à tout jamais, amen.
III. A. — Notre roi ^Eskender était plein de va-
leur, expert dans les combats ; il connaissait à fond
lart de la guerre, savait monter à cheval, tirer de
l'arc , manier le bouclier et la lance ; il était en outre
miséricordieux, clément, d'un cœur compatissant,
aimant le bien et détestant la vengeance. Mais ses sol-
dats ruinaient tout le peuple; ils faisaient gémir les
pauvres et il ne les réprimandait pas. C'est pour cela
que Dieu s'irrita contre lui.
Dans la deuxième année de son règne , le roi ras-
sembla toutes ses troupes et descendit dans le pays
d'Adal, alors que plusieurs saints (religieux) lui
disaient : « Ne va pas dans le pays d'Adal , ô notre
Seigneur, car tu n'en tireras aucun profit. » Il ne les
écouta pas ; il se mit en route , arriva à Dakar ^ et
en détruisit toutes les maisons et les temples (P)^.
Comme il s'en retournait, les Musulmans le pour-
suivirent; ils étaient peu nombreux; mais lorsqu'il
engagea le combat, tous ses soldats reculèrent; les
uns furent tués sur place , d'autres purent s'enfuir,
d'autres furent faits prisonniers*. Quant au roi,
^ Dakar ou Dakkar fut la résidence des souverains musulmans
de l'est de TÉthiopie jusqu'à l'an 937 de l'hégire, époque à laquelle
elle fut abandonnée pour Harar (cf. Maqrizi, HisU reg, islamit, in
Abyssinia,p, 36; Paulitschke, Harar, p. 5o6 et 218).
^ Mot à mot : «toute sa maison et sa dispositions (?).
^ Bruce donne à entendre qu'Eskender aurait été trahi par Za-
358 MARS-AVRIL 1894.
Dieu le protégea avec les ailes de ses anges qui le ra-
menèrent sain et sauf dans son palais. Il y demeura
triste et aflligé, méditant de retourner dans le pays
d'Adal pour se venger de ses ennemis; mais cette
pensée ne se réalisa pas. Il bâtit un temple qu'il
nomma Dabra-Me§wa^e (monastère du sacrifice ou
de loiFrande) et pour lequel il eut ime grande véné-
ration; il combla aussi d'honneurs les prêtres de ce
temple ainsi que le makbeb ^.
B*. — Puis, un jour qu'il était dans son appar-
tement, on lui dit : « Les gens d'Arho* ont tué Ta-
klâye, ton serviteur que tu aimes. » A cette nouvelle,
il se mit en route le soir même et se rendit dans le
pays de ces gens. Lorsque ceux-ci le virent, ils pen-
sèrent que c'étaient d'autres guerriers qui étaient
venus pour leur faire la guerre et ils se souvinrent de
Selus. Dans la seconde année du règne de ce roi , le roi d'Adal était
Schems ed-Dîn ben Mohammed {Hist, des souv, de Harar, dans
Paulitschke, Harar, p. 5o5; Bruce, t. IV, p. 176, note 1).
^ Ce titre paraît désigner une sorte d'archiprétre; on le trouve
employé aussi dans La Chronique de Bc^eda-Màryàm , p. laa.
^ li y a entre les fragments A et B une longue lacune; le premier
se réfère à la deuxième année du règne d'*£skender, le second à
la quinzième année.
^ Bruce les appelle les habitants d*Arno, viUage mahomëtan
[Voyage, t. IV, p. 177). Le mot Arho (KCif « KCM [hCV) dé-
signe en amharique une caravane voyageant entre les 'Afor et les
Tigray (A. d'Ahbadie, Dict, amarinna , col, 458 et 476-477) et paraît
n'être pas un nom propre, puisque le ms. i43 ajoute : t/ui se
nomment Maya. Ce pourraient être les hommes des caravanes dont
parle d'Almeida, et qui transportaient du sel des confins du Tigré
et d*Angot dans toutes les foires du royaume (liv. I, cap. u). Ce-
pendant il se peut que ce mot soit aussi un nom de localité ou de
population (M. Pereira).
HISTOIRE D'ESKENDER. 359
leur crime ; mais ils ne savaient pas que c était le roi.
Ces gens d'Arho , que Ton appelle Maye ^, le percèrent
de flèches pendant les ténèbres de la nuit; il mourut
le 12 de genbot^ et fut enterré à Dabra-Warq^,
après avoir régné quinze ans et six mois*.
(Fol. 78 v°.) Pour ce motif, on massacra les gens
d'Arho , sans épargner les femmes ni les enfants.
Quant au corps de notre roi ^Eskender, on le plaça
dans un monument, en attendant qu'on le transportât
dans son sépulcre. Za-Selus le labsa ainsi que tous
ses compagnons et alla dans la province d'Amhara,
pour faire nommer roi celui qui lui plaisait, après
avoir ordonné aux gens de Metjeg de ne pas laisser
enlever le cercueil d'^Eskender. Il fit nommer roi
celui qu il avait choisi, mais là on éiut*Amda-Seyon ,
fils d'^Eskender, qui était un enfant. Puis ceux qui
avaient proclamé ce dernier, après avoir pris leurs
dispositions , passèrent dans la province d'Anihara et
firent la guerre à Za-Selus et à celui qu'il avait fait
^ Le ms. B ajoute: que Ton appeUe Maye (ou f^utôt Maya).
Au commencement du xyi* siècle, les Maya habitaient le district
d'Âyfars, dont les chemins étaient étroits et bordés de forêts; ils ne
possédaient d'autre bien que des bœufs ; ils se servaient de flèches
empoisonnées (Nerazzini, La Conquista mnsulmana deW Ethiopia nel
secolo xvifip, 5/i). Sous le règne de Sarsa-I>engdi , ils habitaient à
Wadj; enfm, sous celui de Seltan-Sagad ou Susnyos, ils étaient en-
rôlés dans l'armée de ce roi (Notes de M. Pereira).
* Genbot est le neuvième mois des Éthiopiens ; il commence le
26 avril et fmit le 26 mai selon le cdendrier julien.
^ Dabra-Warq est un couvent situé dans le Guadjam (Basset,
Etudes, note i54)*
* Voir la note 1, p. 3a5.
360 MARS-AVRIL 1894.
élire. Les soldats d'^Eskender qui se trouvaient là à
cette occasion tuèrent tous les partisans [du nouveau
roi (?)] , ainsi que ses officiers de tous grades (?) ^.
Fragment de la chronique de Ba'eda-Mârtâm.
I. Ensuite îl commanda de faire venir tous les
sêwas^ dans le mois de hedâr* et ceux-ci se réunirent
dans les délais fixés. Il désemprisonna aussi les ga<-
rads que Gabra-lyasus avait amenés quelque temps
auparavant, parce que ces garads lui dirent : « Nous
vous guiderons dans le pays d'Adal que nous con-
naissons très bien. » Notre roi sortit alors de son
palais et vint prendre place sur une grande estrade *
qu'il avait ordonné de faire et qui était loin de sa de-
meure. La facture en était très belle; les colonnes,
très grosses et très hautes , avaient environ a o coudées ,
et on lavait tendue d'étoffes étoilées^. A l'intérieur
on avait disposé un trône élevé sur lequel il s*assit.
1 0^^ 1 (iDf 9* i) , sorte de petits officiers de la maison royale
(A. d'Abbadie, Dict. amariîina, col. 694 ]•
* Les séwas , tshawas ou çéwâs étaient des soldats qni recevaient
du roi des fiefs pour leur subsistance et dont le principal métier était
de faire des expéditions (M. Pereira). Ce mot est souvent emjdoyé
dans les chroniques de Zar'a-Ya'eqob et de Ba*eda-Mâryâm; il y
paraît désigner des garnisons placées dans les provinces pour main-
tenir l'ordre.
' Hedar est le troisième mois des Éthiopiens; U commence le
28 octobre et finit le 27 novembre (calendrier julien).
^ En amharique K^flC, châlit à quatre colonnes (A. d'Abba-
die, Dict. de la langue anmrinna, col. ^']h)»
' IlhO. • ou VMk, de VnH étoile (?).
HISTOIRE D'ESKENDER. 361
Notre roi Ba^eda-Mâryâm donna Tordre de faire ap-
procher Mahâri-Krestos , le beht-wadad de gauche , et
Gabra-^Iyasus , celui de droite , ainsi que tous les sewâs
avec les garads qui avaient été faits prisonniers. On
les amena tous devant lui; alors il donna la moitié
des sewâs à Mahâri-Krestos et l'autre moitié à Gabra-
^lyasus ; il partagea de même , entre ces deux géné-
raux, les Musulmans, afin que ceux-ci leur mon-
trassent le chemin , puis il les envoya dans le pays
d'Adal, chacun de son côté, et regagna sa demeure.
Alors abba Mikâ^êl, supérieur des moines de Dabra-
Malago ^ lui dit : « J ai vu dans un songe un nuage
noir dévorer non seulement Gabra-^Iyasus, mais aussi
Mahâri-Krestos; ne les laisse pas aller plus loin, mais
fais-les revenir, ô mon seigneur. » Pour avoir parlé
ainsi (fol. 79 r°), ce moine fut déporté àZewâye. Ga-
bra-lyasus et Mahâri-Krestos se rendirent à Adal;ils
furent vaincus et périrent de la main des Musulmans ,
dans le mois de tahsas^. On annonça au roi quils
avaient été massacrés tous les deux ainsi que leurs
troupes et il en fut très afiligé. Il fit à cet endroit la
fête du baptême ^ et la pâque et rappela de Tendroit
où il avait été déporté le moine abba Mikâ^êl , aprèf
avoir reconnu que sa vision était vraie.
Le roi se mit ensuite en route et vint à Gabarguê.
C'est là que naquit Qalayôpa et qu'il fut nommé
^ Des fils de 'Ita de Dabra-Maiago (?).
^ Le mois de tahsas commence le 27 novembre et finit le 27 dé-
cembre selon le calendrier jidien.
^ Le 6 janvier, jour de TËpipbanie.
m. 3 h
362 MARS-AVRIL 1804.
Nâ^od^ De cet endroit, ie roi se rendit dans ie pays
de Tantar et y établit son quartier dTiîver. Pendant
son séjour dans ce pays, les Jân-Sagana^ du Dawaro
lui apportèrent ia tête du garad Aliqota; c'était celui
qui avait tué le Bahr-Nagash. Lorsque la saison des
pluies fut passée, il ordonna à Mâtéwos, le garad de
Ganz, d'emmener ses enfants dans cette province
pour les y élever conformément aux usages et aux
institutions d autrefois; quant au roi, fl partit pour
Arara, où il resta quelque temps* et où il célébra
la commémoration du baptême. C'était la septième
année de son règne. J'ignore ce qui se passa ensuite
parce qu il m'envoya rejoindre ses enfants pour vivre
avec eux.
ÔDieu! fais entrerBa^eda-Mâryâm, ton oint, dans
la terre mystérieuse (?), sans te souvenir de tous ses
péchés , pour lamour de Marie , ta mère pure de toute
souillure, amen ! — Par son corps et son sang, ainsi
soit-il ! — Donne à son fils Lebna-Dengel l'esprit de
sagesse et de jugement, afin qu'il accomplisse tous
tes commandements; prolonge ses jours, sans afflic-
tion ni angoisse, jusqu'à la fin du cycle, et extermine
ses ennemis de la face de la terre , amen et amen I
^ Voir p. 329 et 33o.
^ Jân-Sagana est le nom d'une certaine catégorie de séwai
(c{. Chroniques de Zar'a-Ya*eqob et de Ba'eda-Mâiyâm, p. 45, 63
et 137).
' A donne longtemps; B, peu de temps.
HISTOIRE D'ESKENDER. 363
Histoire de NA od.
(Fol. 79 r^.) Ensuite régna notre seigneur Nâ'od,
fils de Ba^eda-Mâryâm et frère d'^Eskender. [Son
avènement eut lieu] dans le mois de hedar. Tout le
pays était dors tranquille. Avant son avènenlent, un
moine, nommé Yohannès , raconta ce qui suit : « Tai
entendu une voix du ciel qui disait: « Na'od régnera,
«loué et différent (?)^. » Et en entendant ces mots,
j'en fus très étonné, mais plus tard je les compris.
Conformément à la parole de ce moine, notre roi
fut loué et différent (?) par sa bonté et sa longanimité.
Tout le peuple d'Ethiopie fut affermi par sa foi et la
grandeur de sa royauté. Les superbes baissèrent la
tête, les méchants furent éloignés et les bons furent
glorifiés par lui.
Après s'être rendu à Atronsa-Mâryâm , Nâ'od se
dirigea vers le Shoa. Takâ-Krestôs commença à se
montrer en chemin dédaigneux vis-à-vis de lui et
renvoya, comme il lui plut, les çêwas^ dans leurs
résidences. Notre roi Nâ'od l'ayant appris ne dit rien
et patienta jusqu'à ce que son heure fût venue. Lors-
qu'il arriva dans le Shoa , Takâ-Krestos mit le comble
à son orgueil et à sa félonie; il harnacha son cheval
^ La racine 7X11 > signifie « louer • ; KUhK^ ^ «autre, différent,
étranger!. Le moine semble vouloir dire que Nâ*od sera loué et
bien différent par sa bonté et sa patience, en. faisant unjeu de mots
sur le nom de ce roi.
* C'est le même mot que séwa, voir p. 36o, note a ; ce mot est
encore écrit plus loin çéwa.
364 MARS-AVRIL 1894.
et complota, avec ses amis, départir et de faire une
révolte contre le roi. Quand on en informa Nâ'od,
celui-ci se contenta de dire : « Qu il accomplisse son
dessein , nous le suivrons , car le seigneur notre Dieu
est avec nous et nous aidera; il nous a fait jurer au-
trefois, lorsque nous avons été élu roi, de ne pas
commencer par mîd agir envers lui. » Puis, conmie
lavait dit le roi, Takâ-Krestos exécuta son projet;
après avoir équipé ses chevaux, il partit pendant la
nuit avec ses amis et, gagnant la province dlfat, il
chercha à rallier à son œuvre d'iniquité tous les çêwas^
qui étaient dans cette province. Mais ceux-ci recon-
nurent la malice de sa penséeT, ils s'emparèrent de
lui à cause de sa félonie , Tenchainèrent et lamenèrent
au roi. Voyez quel exploit et quel prodige Dieu fit
en faveur de notre roi Nâod, lorsque celui-ci se
montra patient et confiant dans sa miséricorde et
comme il renversa sans retard Tennemi de sa royauté.
Tout le peuple chrétien le glorifia pour ce fait et
s écria : » Béni soit le Seigneur, Dieu d'Israël, qui seul
fait des prodiges ! » Le roi ne voulut pas faire mourir
Takâ-Krestos, mais il ordonna de le déporter (ou de
l'emprisonner) et ses gardiens lui crevèrent les yeux.
Puis comme une grande agitation régnait dans le
peuple parce que les gens s'injuriaient les uns les
autres [en disant] : « Un tel a fait ceci au temps de
notre roi 'Ëskender, un tel a fait cela au temps de
notre roi ^Eskender » , et que ces querelles se multi-
pliaient, il fit publier par un héraut l'ordre sui-
vant : « Ne parlez pas ainsi et ne vous reprochez pas
HISTOIRE D*ESKENDER. 365
d'avoir commis des délits sous le règne de notre roi
*Amda-Seyon ; celui qui adressera ce reproche à un
autre sera puni de mort. » Cet ordre combla de joie
le peuple tout entier, qui admira la sagesse et le ju-
gement du roi. Tous s'écrièrent : « En vérité , ceux
qui n'étaient pas coupables et qui n'avaient commis
aucune faute ont causé la plus grande agitation qui
ait eu lieu de nos jours ; le roi a bien fait de publier
cet édit. » Nâ'od rendit ensuite une sentence pour
que le droit d'héritage ne fut pas enlevé à celui qui
avait été opprimé.
Mais ce qui est encore plus beau que tout cela,
ce sont les miracles et les prodiges que Dieu fit
pour Nâ'od. Dans la troisième année de son règne,
ce prince fit exhumer le corps de notre roi Zar'a-
Ya^eqôb , mort depuis trente ans , et on le transporta
dans l'île de Daga ^ Et à l'endroit où il repose dans
son cercueil, sous un gros arbre, endroit qui se
nomme la demeure des justes, on entendît une voix
sortant de ses ossements , qui disait : « Ceci est le lieu
de mon repos éternel. » Ainsi se manifestèrent sa
grandeur et sa supériorité qui ont persisté jusqu'à
nos jours, parce que, sous son règne, il démasqua
les Juifs qui se disaient chrétiens et qui, dans leur
cœur, niaient que le Christ fût né de Marie, qui
mangeaient le vendredi et le mercredi ainsi que pen-
dant le grand jeûne, en secret, et qui crachaient
^ Zar'a -Ya'eqob mourut le a 6 août i468; la translation de son
corps aurait eu lieu en 1498, dans la troisième année du règne de
Na'od, monté sur le trône en iH^S (voir p. 328.)
360 MARS-AVRIL 1894.
après avoir reçu la communion, alors qu'il convient
de se prosterner devant la gloire du corps et du sang
de Jésus-Christ. Ces impurs qui étaient pires que les
chiens et les hyènes , notre dame Marie les a extermi-
nés par la main du roi du milieu des prêtres, de tous
les hommes et de toutes les femmes; il a broyé leurs
os et il a versé leur sang, à un tel point que tous les
fauves du: désert ont dévoré leur chair; les hommes
pieux en ont dansé de joie, après avoir été affligés
auparavant lorsqu'ils avaient appris leur négligence
et leurs actes. L'esprit des justes en a été réconforté,
ainsi que l'esprit de notre dame Marie , sainte et pure ,
leur patronne.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 367
NOUVELLES ET MELANGES.
SÉANCE DU,VENDREDI 9 MARS 1894.
■ • - 1 ■
La séance est ouverte à k heures et demie sous la prési-
dence de M. Barbier de Meynard , président. ,
Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adoptée
Sont reçus membres de la Société :
M"" Andréa de Btenschôn, 28, avenue dléna, pré-
sentée par MM. Sylvain Lévi et James Darmesteter ;
M. AssiER DE PoMPiGNAN , lieutenant de vaisseau ,110,
boulevard Malesherbes , présenté par MM. Sylvain
Lévi et Senart.
Lecture est donnée d'une lettre du Ministère de Tinstruc-
tion publique annonçant Tordonnartcement du premier tri-
mestre de r allocation annuelle faite à la Société asiatique.
M. Barbier de Meynard annonce que, conformément au
désir exprimé par le Conseil dans la dernière séance , il a écrit,
au nom du bureau , à M. Pischel , bibliothécaire de la Société
germanique orientale , pour demander s'il est possible d'avoir
communication des matériaux manuscrits réunis par M. A.
Mûlier pour l'édition du Kxiah al-Hakemâ,
M. Senart communique de nouveaux détails sur les in-
scriptions de Gandara dont il a entretenu le Conseil dans la
dernière séance et qui , d'après une lettre récente du capi-
taine Dean qui les lui a envoyées, ont été trouvées sur le
massif de Mahâban , rive droite de l'Indus , au nord d'Attock.
Il donne un commentaire de celles de ces inscriptions qui
sont conçues en sanscrit.
308 MARS-AVRIL 1894.
M. Sylvain Lévi présente un spécimen des trouvailles Cdtes
par M. Fournereau qui a entrepris une exploration métho-
dique des vieilles capitales de Siam. Il en a rapporté des in-
scriptions en vieux thed, et quelques inscriptions sanscrites
rares , dont Tune montre que le royaume du roi khmer Sû-
ryavarma , déjà connu par Tépigraphie du Cambodge , s*éten-
dait jusqu'au Ménam. Les estampages de M. Fournereau
sont déposés au Musée Guimet.
M. Tabbé Chabot annonce la publication de la version
syriaque du Commentaire de Théodore de Mopsueste suri* Evan-
gile de saint Jean, Ce texte a un double intérêt, parce que
c'est le seul ouvrage de Théodore qui nous arrive ainsi au
complet , car il ne restait de son œuvre que des fragments ;
et d'autre part, la version reproduit le texte de TEvangile,
verset par verset, ce qui fournit un instrument précieux
pour la critique et l'histoire du texte et de ses versions. Le
manuscrit employé par M. Chabot est récent , mais écrit avec
soin , et représente une traduction faite au v* siècle , dans la
céltbre école des Perses, à Edesse.
M. Rubens Duval appelle l'attention de M. Chabot sur
l'état et la valeur du manuscrit employé. M. Baethgen a exa-
miné un manuscrit récent du même commentaire qui se
trouve à Berlin : il est criblé de fautes et ne peut point ser
vir. Il y a lieu d'examiner dans les manuscrits récents si les
variantes du texte biblique sont la reproduction de lectures
anciennes ou simplement des fautes de copiste.
M. Duval signale l'intérêt qu'il y aurait à rechercher quelle
influence la culture grecque a exercée, par l'intermédiaire
des Syriens , sur la lexicographie arabe. Les traités grecs d*al-
chimie, traduits en arabe et en syriaque, renfermaient de
nombreuses recettes tinctoriales. C*est par ces recettes que
certains radicaux arabes ont reçu des acceptions nouvelles
qui n'ont rien à voir avec le sens primitif. Ainsi le radical
(ji, qui signiGe «haïr, tuer» (cf. hébreu K|p), désigne aussi
diverses couleurs, sous l'influence du syriaque HLim ou '
NOUVELLES ET MÉLANGES. 369
qui vient du grec xvavôs. Les radicaux ^ et mXi , qui signi-
fient « fendre , crever » , ont formé de nombreux dérivés , in-
diquant des couleurs artificielles ou mélangées, sous l'action
du grec ^rixos , qui a donné le mischnaïque D]?B .
M. Barbier de Meynard présente à la Société, de la part
de Ghalib Bey, numismate distingué, frère de Hamdi Bey,
le directeur des Musées ottomans, le Catalogue des monnaies
turcomanes des dynasties Ortokides , Zenguis , Afabeks , etc.
La séance est levée à 6 heures.
OUVRAGES OFFERTS À LA SOCIETE.
(Séance du 9 mars 1894.)
Par rindia Office : The Indian Antiquary. December iSgS;
Par la Société : Société de Géographie, Comptes rendus,
n'* 3 et 4. Paris , 1 89^ ; in-8°.
— Rendiconti, série 5, vol. II, fascicule 12. Roma, 1894;
in-8".
— Zeiischrijï der deutschen morgenlàndischen Geselhchajï ,
t. XL VII, 4. Leipzig, 189^; in-8*.
Par les éditeurs : The American Journal of Archaeohgy,
Jidy-December 1893; in-8°.
— Revue critique, n" 7-10. Paris, 189^; in-8*.
— Bolletino, n" 195. Firenze, 189^; in-8*.
— Polyhyhlion, parties technique et littéraire. Février
1894; in-8».
— L'Oriente. Gennaio, 1894, Roma, 189^; in-8*.
— Musée impérial ottoman, catalogue des sculptures
grecques, romaines, byzantines et franques (en turc et en
français). Constantinople , 189^; in-8*. — Monnaies musul-
manes (en turc et en français). Constantinople, 189^; in-8*.
— Monuments funéraires , catalogue sommaire (en turc et en
français). Constantinople, 189^; in-8*.
370 MARS-AVRIL 1894.
Par les éditeurs : Revue indo-cldnoise illastr^^ n*' i-4*
Hanoi, i893;in-4°.
Par les auteurs : F. Turettini , Le commentaire du San ze
King. Genève, 1892-1894; in-8'.
— Taw-Sein-Ko , A preliminary study of the Kafyanî in-
scriptions of Dhammacheti , 1^76 a. d. (Extrait). Bombay,
1898; in4".
— J. Ghalib Edliem, Catalogue des monnaies turcomanes.
Béni Oriok, Béni Zengui, Frou Atahéqiéh et Meliks ejoabites
de Meyafariqin. Constantinople , 1 894 ; in-8'.
— G. Ferrand, Les Musulmans à Madagascar^ 2' partie.
Paris, 1898; in-8°. — Contes populaires malgaches, Paris,
1893; in-8».
— Rev. A. W. Greenup , A short Commentary on the hook
of Lamentations, Hertford, 1898; in-8'.
— Supplément au Dictionnaire arabe de Saîd el KJiouri el
Ckartouni. Beyrouth , 1898; in-4*.
— 0. Retovsky, Numismatique des Ghirei (deux brochures
en russe). Simphéropol , 189^; in-8°. — Monnaies de Ghazi
Ghérâi Khân II, 1 588-1 607 (en russe), 189^; in-8*.
— E. Teza, Paolino do San Bartolomeo, Venise, 1888;
in-8".
— J. Halëvy, Mahberet , Recueil de compositions hébraiqnes
en prose et en vers. Jérusalem , 1 894 ; in-8'.
— F. M. Esteves, Vida do Abba Samuel, versâo éthiopien,
Lisboa , 1894; in-8'.
SÉANCE DU 13 AVRIL 1894.
La séance est ouverte à 4 heures et demie soos la prési-
dence de M. Barbier de Meynard, président.
M. Barbier de Meynard rend compte de la lettre qu*il a
reçue de M. Pischel, ])ibliothécaire de la Société orientide
allemande , en réponse à la demande de communication des
matériaux réunis par feu A. MûUer pour une édition da
NOUVELLES ET MÉLANGES. 371
Kitab el-hukemâ. Ces matériaux ont été remis par la Société
orientale à M. Lippert de la Bibliothèque de Vienne, qui a
repris l'œuvre de M. Mùller. M. , Lippert serait très honoré
d'entreprendre cette publication sous les auspices de la Société
asiatique avec la collaboration de Tun de ses membres.
M. Barbier de Meynard , en remerciant M. Lippert de sa pro-
position , lui a exppmé le regret de ne pouvoir Taccepter :
elle ne répondrait pas au plan adopté par la Société pour sa
collection d'auteurs orientaux. Le Conseil aura donc à faire
choix d'un autre ouvrage pour remplacer le Kitab el-hukemâ
dans la série des ouvrages à publier sous les auspices de la
Société.
Le Président présente à la Société , de la part de M. de Goeje ,
l'édition du fameux traité de Maçoudi, jadis analysé par
S. de Sacy, le Kitab al-tanbihj texte précieux que Sacy n avait
pu connaître que par le manuscrit insuffisant de Paris et dont
le savant orientaliste hollandais a pu établir le texte avec le
secours d'un manuscrit de Leide. M. Barbier de Meynard croit
pouvoir bientôt présenter, à propos de ce texte i une propo-
sition de nature à intéresser la collection orientale. Il annonce
aussi la mise en train du troisième volume du Mahàvàsta par
M. Senart.
M. Sylvain Lévi présente de la part de M. Chavannes sa
traduction du Voyage d'I-tsing,
M. Sylvain Lévi fait une lecture sur la Chronologie du Ne-
pal, constituée dans ces dernières années seulement par le
Pandit Bhagranlal et par M. Fleet et dont M. Lévi propose
une coordination nouvelle. Cette communication paraîtra dans
le prochain numéro du Journal asiatique.
M. Schwab présente quelques observations sur les tran-
scriptions el les traductions erronées du latin , du grec et de
l'arabe qui se rencontrent dans la littérature ttdmudique et
rabbi nique , parfois instructives et souvent intéressantes pour
l'histoire des mœurs.
La séance est levée à 6 heures.
372 MARS-AVRIL 1894.
ODVRAGES OFFERTS À LA SOCI^i.
(Séance du i3 avril 189^.)
Par rindia Office : Indian Antiqaary. Janiiaiy and Febmary
— Report on publications issued and registered in tke êevend
Provinces ofBritish India during theyear 1892. Calcutta, 1898 :
in-4-.
Par le Gouvernement néerlandais : Tijdschrift, Ded xxxvi ,
Afl. 6. Batavia, iSgA; m-8^
— Notnlen, D. xxxi, 1-3, 4-6. Batavia, iSgS; in-8'.
— Dagh Regisier, anno 1664. Batavia, 1893; iii-4*.
— Plakaatsboek , 1603-1811, xV Deel 1788-1794. Bata-
via, 1893 ; in-4".
Par le Ministère de Tinstruction publique : BihJiotkiquê
des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome; Stéphane Gsdl,
Essai sur le règne de l'empereur Domitien, Paris, 1894; in-4*-
Par la Société : Société de Géographie. Bulletin, 3* tri- ,
mestre i893;in-8°.
— Comptes rendus, n" 4, 1894; in-8*.
— Journal asiatique. Paris, janvier-février 1894; in-8*.
— Extraits des procès-verbaux des séances du Comité histKh
rique des monuments écrits. Paris, i85o; in-4°.
— Rendiconti, V, vol. 111, fasc. 1-3. Roma, 1894; in-8'.
— Acadernia Real das sciencias , Documentas remettidot ia
India, tonio IV. Lisboa, 1893; in- 4°.
— Recueil de voyages et de mémoires publié par la Société de
Géographie. Paris, 1867; i^^"^*-
Par les auteurs : De Goeje , Bibliotheca geographaram, ara-
bicorum, pars octava, Kitab al-Tanbth wal-Ischraf, auctore
Al-Masudi. Leiden, 1894; in-S".
— R. Basset, L'expédition du Château d'or et b combat
d'^Ali contre le dragon. Rome, 1894; in-8".
NOUVELLES ET MÉLANGES. 373
Par les auteurs : R. Basset, Les Apocryphes éthiopiens III,
V Ascension d'isaîe, Paris, iSg^; in-8".
— Ph. Berger, Ernest Renan et la chaire d'hébrea au. Col-
lège de France, Paris, iSgA; in-8".
— A.-F. Hérold, L'apanischad da grand Aranyaka, Paris,
l894;in:8^
— J. Halévy, Revue sémitique. II. Avril iSg^; in-8°.
— R.-C. Dutt, Civilisation of ancient India, a volumes.
London, iSgS; in-8°.
— W. RadlofF, Die alttàrkischen Inschriften der Mongolei.
Saint-Pétersbourg, iSg^; in-4*.
— A. Boissier, Documents assyriens relatifs aux présages.
T. I", 1 " livraison.
— Ed. Chavannes , Les religieux éminerUs qui allèrent cher-
cher la Loi dans les pays d'Occident, mémoire composé à
l'époque de la grande dynastie T'ang, par I-T»ing. Paris,
1894; in-8".
— P.-A. Jaubert, Géographie d^Edrisi, Tomes II et IV.
Paris, 1889 et i84o; in-8°.
BIBLIOGRAPHIE.
The boor of governors : The Historia monastica of Thomas biskop
of Margâ a. D. 8âO , edited from syriac manuscripts in the Bri-
tish Muséum, and other libraries by E. A. Wallis Budgb, litt.
D., F. S. A., formeiiy scboiar of Cbrist's collège, Cambridge,
and Tyrwbitt scboiar, acting assistant-Keeper in tbe department
of Egyptian and Assyrian antiquities , British Muséum, Londres ,
Kegan Paul, Trencb, Trùbner and C, 1893, in-8'; tome P*',
texte syriaque et introduction, ccv et 409 pages; tome II, tra-
duction anglaise, 732 pages.
L'importance de l'Histoire de Tbomas de Marga , pour la
connaissance de la vie monastique en Orient , qui joua un si
374 MARS-AVRIL 1894.
grand rôle dans les premiers sîèdes de notre ère , nous avait
été révélée par les nombreux extraits qu'Assëmani a pdbliés
dans In première partie du troisième volmne de la Bibliotheea
orientalis. M. Budge , qui s*était déjà fait connidtre dans le
domaine de la littérature syriaque par la puUicatioa du Livre
de r abeille de Salomon de Basra et du Roman JT Alexandre
le Grand, vient d* acquérir un nouveau titre à la Tecoimai»-
sance des orientalistes par Tédition complète de cette hiatoire,
faite avec un soin consciencieux et digne de tons doges.
Cette édition est basée sur quatre manuscrits assez récents :
un manuscrit du British Masenm, du xvii* siède; deux
copies modernes en la possession de M. Budge et un ma-
nuscrit du Vatican , du xvii' siècle , collationnë par M. GuidL
Thomas , évèque de Marga , a écrit vers 8>lo de notre ère
riiistoire du couvent de Beith-^Abkè , situé dans la province
de Marga et dans l'ancienne Adiabène , Tun des plus ancien»
et des plus renommés parmi les couvents orientaux. Il n*ac-
cueille dans son ouvrage , dit-il , rien qu*il n ait pnisë dans
des biographies anciennes ou qui ne lui ait été transmis par
des traditions orales dignes de foi. Aussi les récits miracideax
tiennent-ils dans son livre une place bien moins considëraUe
que dans les Vies des saints. On y trouve un tableau fidde de
la vie monastique chez les Syriens orientaux. Le couvent
était une sorte de séminaire ou les religieux faisaient leur
éducation et recevaient T instruction nécessaire. Après plusieurs
années de préparation , ils étaient autorisés à se choisir une
cellide dans le voisinage , en dehors du couvent. Là ib' se
livraient tout entiers aux pratiques d'un ascëtisiùe plus on
moins rigoureux suivant le degré de perfection auquelils pou-
vaient atteindre. Us ne se réunissaient dans le couvent <pie
pour les offices ou les repas , ou lorsqu'ils étaient convoqués
par ordre du supérieur. La plupart des moines jouissaient ,
aussi bien dans le clergé que dans le monde laïque , d*tm6
grande réputation de vertu et d'érudition. Le patriarche, les
métropolitains , les évéques étaient souvent choisis pannt les
supérieurs des couvents. Presque tous les auteurs en renoiA
NOUVELLES ET MÉLANGES. 375
dans les lettres syriaques étaient des moines ou d* anciens
moines. C'est dans les monastères que se conservaient les
anciennes traditions concernatit la Ikurgie , l'ordre des offices
et le plain-chant. Une réforme ne sé faisait guère daiïs.les
services religieux sans que des n^qiiies en renom ne fussent
consultés.
Thomas , conune il le reconnaît lui-même , a écrit les bio-
graphies des supérieurs du couvent de Beitli-^Ahhè plutôt
qu'une histoire méthodique de ce couvent. 11 prend pour
modèle le Paradis de Palladius qu'il connaissait par la rédac-
tion syriaque faite par ^EnaniAçho. Il s'éAend sur le rôle joué
par des personnages qui ne se rattachent qu'indirectement
à son histoire. Il termine celle-ci par les biographies de Rab-
bân Cyprien et de Rabbàn Gabriel , du monastère de Birta
dans la province de Marga. Néanmoins son ouvrage contient
des notices historiques de valeur et d'utiles renseignements
sur les mœurs et les usages des chrétiens orientaux sous les
Sassanides et les Arabes. Il offre de plus, comme on le savait
déjà par Assémani , d'importantes notices "pour la géographie
des provinces situées à l'est du Tigre. Enfin il renferme de
nombreuses expressions étrangères aux Syriens occidentaux
et peu connues jusqu'ici.
M. Budge était des mieux préparés pour l'édition de cet
ouvrage. Il a fait un voyage en Orient et a visité les lieux où
se sont passés les événements que Thomas nous fait connaître.
Il a en outre rapporté de ce voyage de précieux documents
qui lui ont permis de mettre en pleine lumière des faits déjà
signalés par Assémani. Il s'est procuré en Orient une copie
d'un manuscrit de la rédaction syriaque du Paradis de Palla-
dius et des célèbres lettres du patriarche Ischoyabh» Aussi
son introduction , qui comprend plus de cent cinquante pages ,
en dehors des listes qui y sont jointes , fournit-elle une cri-
tique savamment documentée de l'histoire de Thomas. Au
bas des pages de la traduction , de nombreuses notes traitent
de différents points d'histoire , de géographie , d'archéologie
et de lexicographie , pour lesquelles M. le professeur G. Hoff-
376 MARS-AVRIL 1804.
manu a prêté aide à l^auteur. M. Badge fait preuve, dans ces
notes , de connaissances bibliographiques peu communes. H
est rare qu'une publication orientale soit faite avec un soin
aussi grand dans les détails.
On sera encore reconnaissant à Téditeur d*avoir publié
quelques-unes des lettres du patriarche Ischoyabh et de longs
extraits de la rédaction syriaque du Paradis de Ptdladius. 11
est à souhaiter que cette rédaction , si importante pour Tétnde
du livre de Palladius , soit bientôt livrée au public. La copie
de M. Budge ne paraît pas valoir le manuscrit du Vatican , qui
devra servir de base à Tédition à venir. Dans le deuxième
volume, p. 33, M. Budge donne la vie de Paul le Simple,
qui se trouve également dans les extraits du Paradis publiés
par Lagcrstrôm, un élève de Tullberg, à Upsale, en i85i,
pour sa thèse de philosophie (p. 21). Comme cette thèse est
très rare et n était pas connue de M. Budge, il est utile
d'indiquer quelques variantes qui donnent la bonne leçon :
et^ au lieu de oiv^^ , 32 pénult — **<ift^ au lieu de'
33,18. — ^oA« ^1 au lieu de '•aa* >| , 34 antépén, —
au lieu de «oa^bMA? ,35,3.
La traduction , qui présentait des difficultés en raison de la
langue même et aussi de l'incorrection des manuscrits , m*a
paru très fidèle , à en juger par les passages que j'ai comparés
avec le texte. Quelques légères erreurs : I, CLiil, i3-i4, au
lieu de « wlienever hc became hot » , lire « quand il faisait chaud ».
— 1 , 1 6 , 4 ) )LoAii^oA. ne signifie pas clay, mais « pétrification » ,
comme a traduit Assémani. L'idée exprimée par cette image
est qu'une persuasion constante finit par triompher d'une
résistance tenace , comme l'eau fmit par amollir le roc. —
II, 74, i4-i5, au lieu de « Why should I keep silence [con-
cerning tliis] ? » lire « Comment cela se fit, je le passerai sous
silence » , comp. p. 77, note 4. — II , 371,5, au lieu de « ha-
ving consented », lire « étant présent ». Ajoutons quelques re-
marques sur les notes : II, 4o2 , note 1, la raison que fit va-
loir l'émir de Mossoul pour extorquer une somme assez ronde
NOUVELLES ET MÉLANGES. 377
au supérieur du couvent de Beith ^Abhè , à propos de la recon-
struction de l'église , était plutôt appuyée sur l'interdicjion
des anciens édits des Califes de construire de nouvelles
églises. — 11, 337, note 2 , et 46i, note 2, on serait tenté
de comparer pour le Fort hébreu , Ji^w^ lu^ , le Kasr Jbreej
de Badger, The Nestorians, I, 66; mais ce Kasr, quoiqu'à
l'ouest du Tigre , ne se trouve pas sur le bord de ce fleuve.
— 11 , 4 1 o , 1 , sur la particule du serment là , comparer aussi
pour le nabatéen Journal asiatique, 8* série, t. XV, avril-
juin 1890, p. 48o-48i. — II, p. 6o3, la note 1 était inutile
puisqu'elle ne fait que répéter en abrégé la note a de la
page 236 à laquelle il suffisait de renvoyer.
Des listes et des index complètent utilement cette édition.
Au premier volume est jointe ime carte destinée à faciliter
au lecteur l'étude géographique de l'histoire de Thomas.
L'exécution de cette carte ne parait pas avoir été suffisanmient
surveillée par l'éditeur. Il est certainement sans importance
que le Tigre à Moesoul soit désigné sur la petite carte d'angle
par les mots River Eaphrates; ce qui est plus grave , c'est que
dans la grande carte comme dans la petite, le Beith Zabdai
soit placé entre les deux Zab. Mais cette carte étant en dehors
de l'œuvre , elle n'en diminue en rien les -mérites ; mérites
qui , nous le répétons , sont peu ordinaires. Aussi sonunes*
nous heureux d'adresser à M. Budge nos sincères félicitations.
Nous venons de recevoir de M. Budge un magnifique vo-
lume renfermant le texte syriaque des Discours de Philoxène
de Mabboug, Un des prochains cahiers du Journal asiatique
rendra compte de cette publication de l'infatigable tra-
vailleur.
RUBEJiIS DUVAL.
HI. 20
378 MAUS-AVKII. 189/|.
Xlr (inscHiciiTE DEii Çaiiis VOS Kàbil vofi D' M. A. Stf'in.
Shillgart, in-^^ 189^, 10 pages.
Dans ce cour! niiûs siibstaiiliolnuiinoirc, M. Sleln, Tauteur
(le la iioiivoHo édition dn Ilujataraiifjini , a cherché à apporter
un ])eii de hnnière dans Thistoire confuse des rois de Kàboid.
La Chronicine du Kaclunir, Albirouui , les historiens musulmans
de l'hide ne sont pas toujours d'accord sur les noms de ces
souverains pas phis que sur JMiisloire de leur lutte contre
les ràjas de Kachniir et les sultans Sanianides et Gliaznévidcs;
mais c'est encore Albirouui (|ui est le plus exact parce qu il
est plus ancien ^ el ([u'il a été contemporain de la prise de
VVeïhand, la caj)itale des Shàhi, -el de la chute de leur dy-
nastie.
On sait ([ue vers le milieu du v" siècle de notre ère (43o ou
/i5o), les Petits Yue-lchi, qui faisaient partie de la famille
des Grands \ue-tchi , dits aussi Kouclians et Indih-Scythes , se
sonl installés dans la vallée du fleuve Kaboul ou Kophen, et
ont régné à Kaboul, Pechâver et Gandhâra. Leur chef était
Kitolo ou Katoiir el ses descendants directs régnèrent pendant
deux siècles *. En 6/| 1 ou 6-43 , le Uàï Sàhasi II est ren-
versé par le brahmane Tchatch , qui fonda la première dy-
nastie brahmane de Kaboul, que les historiens considèrent
comme étant aussi de famille turque (Yue-Tchi). En 85o, le
dernier prince de la maison des Turcs de Kaboul (de race
tibétaine suivant l'expression d'Albirounî) est Lagatârmân; il
est détrôné par son vizir, le brahmane Kallar, qui fonde à son
tour la deuxième dynastie des Brahmanes, laquelle règne
dans les mêmes contrées pendant environ cent soixante-
dix ans. Tous les souverains de Kaboul avaient le titre de
Shâlii, appellation qui était, dans l'origine, spéciale aux
' En cdet, il écrivall ses Indica vers l'un io3o, et Kalhana n*a compoié
le Hdjataranfjinî qii'uu siècle plus tard (i 148).
^ D où le nom de Knlonr et Rnlonr.nnn donué par les historiens arabes et
persans à cet le dynastie.
NOUVELLES ET MELAiNGES. 379
Tourouclikas et aux Indo-Scythes. Le Râjalarangimies appelle
Çâhi (îTîf^) et Albîrounî leur donne le nom de Shâhiya, Le
mémoire de M. Stein s'occupe tout particulièrement des
Shâhi de la deuxième dynastie brahmane qui a régné de 85o
à 1026. D'après Albîrouni, ces souverains étaient : Kallar,
Sâmand, Kamalû, Bhîm, Jaïpâl, Andpàl» Tarajanapàla et
Bhimapâla.
Le Râjataranginî , qui raconte la lutte entre les rois du
Kachmir et les Câlii de Gandliàra , renferme aussi des ren-
seignements historiques importants sur cette deuxième dy-
nastie brahmane de Kaboul ; mais ces indications sont éparses ^
sans suite , sans aucun ordre chronologique , au point que , à
défaut des auteurs musidmans, il serait impossible de les
utiliser. M. Stein a su cependant en tirer parti et mettre en
lumière les événements historiques et les personnages de la
Chronique de Kalhana. C'est ainsi qu'il a retrouvé : Kallar
dans le Lallya Çâhi ^ de la Chronique kachmirienne , Kamalù
dans Kamaluka, Bhîm dans Bhimadeva. Sàmand, Jaïpàl et
Andpàl ne sont pas mentionnés dans Kalliana , mais on a pu
les identifier avec Sàmantadeva, Jayapâla et Anandapàla
d'autres chroniques et des monnaies. Quant à Tarajanapàla ,
il est cité dans la Chronique sous le nom de Cri Çàhi Trilo-
tchanapâla , soutenu par le général Tounga , chef des ti'oupes
kachmiriennes , mais abandonné peu après par celui-ci et
définitivement vaincu par Hammira ^ ; son royaume devient la
proie des Tourouchkas (Musulmans) en 1021, M. Stein a
confirmé également d'une manière certaine l'identité de la
ville de Udabhàndapura , qui était, suivant Kalhana, la ca-
pitale des Shàhi de Gandhâra , avec la Weihand d' Albîrounî et
la ville moderne de Ohiud , Hund , Und suivant les cartes ,
sur le Haut-Indus ^.
' Troyer avait traduit : «Tillustre Sabi du pays de Lalli» au Heu de «Çri
-Lallya Çahi» qui signifie littéralement «Tillustre Lallya, Shâhi».
' L'identification de Trilotchanapàla est due à M. Reiuaud [Mém. sur
rinde, 18^9) et celle de Hammira avec IVmt'r Mahmoud le Giiaznévide,
Kd. Thomas, Kinqs ofKabul, i84G.
* (ictle irlentificution de Udabhûndapura avec L'iakhànda d'autres chro-
380 MARS-AVRIL 1894.
Ainsi, grâce à ces restitutions, Thistoirede la fia des ShAhî
de Kaboul se trouve ëclaircie à la fois par le RàjaUtrangwtét
par les sources étrangères. Pour les deux premières dynasties
qui ont occupé le trône pendant quatre siècles , Ralhana et
Albîrouni sont beaucoup moins explicites. L'auteur arabe ne
nous a laissé que le nom du fondateur Barhatag^ (le Kitolo
des Chinois), celui d'un roi incertain Kank ou Ranik (AjS)
qui a construit un monastère bouddhiste (comme le Ranichka
des Grands Yuc-tchi) ^ et le nom de Lagatûrm&n, mot dont
la seconde partie rappelle le Turamâna des Hûnas. Quant aux
rois intermédiaires , ils nous manquent chez Albîrouni. Dans
le Râjataranginî, la plus ancienne mention des Çâhi se trouve
à propos (hi roi du Kachmîr, Lalitâditya, le grand conque^
rant « semblable au soleil qui ne se lasse jamais de faire le tonr
du monde » (R. IV, 1 3 1) , et qui fut vainqueur des Touroach-
kas (R. IV, 1 79 , c'est-à-dire des Shâhi). Or Latitaditya a rëgnë
de 693 à 739 ; par suite , nous n'avons encore rien de certain
dans la Chronique pour la période antérieure à 693. Mais ici
la confusion nait de la multiplicité des événements dont le
Haut-Indus et Kaboul ont été le théâtre pendant les T*, vi*
et vu' siècles.
11 ne faut pas perdre de vue en effet que, pendant an
moins un siècle , de 45o à 55o environ , les mêmes contrées
ont été occupées à la fois par les Petits Yue-tchi et par les
Huns blancs , qui vivaient pour ainsi dire côte à côte , sans
que Ton puisse délimiter exactement leurs positions res-
pectives. Nous savons aujourd'hui que, tout en étant tons les
deux d'origine touranienne , ces peuples appartiennent à des
familles très distinctes ; la séparation entre les Kouchans et
les Ephthalites ne fait plus question dans nos connaissances
niques et Utokiahantcha d'Hionen Thsang , que M. Stdn semble attribner
à S. Bcal , est due en réalité à M. Reinand (Mém. sur Tlnd«, 18^9 « p. 1 56)-
M. Boehtlingk avait proposé , en 1 SSg , la ville d'Attock qui eit vn peo plna
au sad que Weihand.
* Quelques biston'ens musulmans en font à tort le dernier det roâa Katovr.
Thomas pense que ce roi Kank est le même que VmnkaiÊna dea moaoaàn.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 381
historiques. Mais , pour les Hindous , tous ces peuples étran-
gers venus du Nord-Ouest ne formaient qu'une seule race,
celle des Çaka, mot générique comme celui de mleccha qui
englobait tous les peuples barbares : Grands Yue-tchi , Indo-
Scythes , Tourouchka , Petits Yue-tchi , Huns blancs , Ëphtha-
lites, Hùnas. Eln outre, comme les Hùnas ainsi que les
Petits Yue-tchi prenaient sur leurs monnaies et dans leurs
inscriptions le titre de Shàhi, il s'ensuit que le mot de çahi,
dans l'esprit de Kalhana, s'applique aussi bien aux Hùnas
qui ont occupé Gandhâra et le Haut-Indus pendant plus
d'un siècle qu'aux Petits Yue-tchi qui (eux ou leurs descen-
dants ) y ont régné , comme on l'a vu , pendant quatre cents
ans. Cette période de l'histoire du nord-ouest de l'Inde reste
donc encore à éclaircir. La numismatique y sera sans doute
d'un grand secours. Le nombre des monnaies que l'on pos-
sède avec des légendes en caractères nagaris, mais avec le
type touranien, est relativement assez élevé, seulement il
n'en a été publié qu'un très petit nombre. J'ai donné la
liste de quelques-unes dans un des derniers cahiers <iu Jour-
nal asiatique. Sir A. Cunningham en possède , parait-il , plu-
sieurs autres dans sa collection particidière. Ce qui caractérise
ces pièces , c'est que , outre leur aspect qui dénote une facture
et une race étrangères , elles ont précisément dans la légende
le mot shâlii. Il y a donc toute probabilité pour que les mon-
naies appartiennent soit aux Hùnas, soit aux Shâhis de Ka-
boul ; mais comme il existe aussi d'autres monnaies bilingues
en caractères pehlvis et touraniens non encore déchiffrés , on
ne peut, quant à présent, faire aucune attribution certaine
pour ces diverses séries monétaires, antérieures au viii" siècle.
E. Drouin.
,'582 MAUS-AVRIL 1894.
XOTK SI n DKS SIGNES DE NUMERATION INCO^IXUS.
hc inauuscril de la Bibliotlièque nationale 1 1 33 , ancien
fonds arabe , porte une pagination d*un caractère assez ori-
ginal et ({ui inôriLe dVire signalée. Du manuscrit lui-même
nous ne dirons presque rien. C'est un traité d'arithmétique
dont ({uel([ues passages sont intéressants; mais ce nest pas
le lieu d'en parler ici. H est en fort bon état; Técriture en
est ample et belle. Quant à sa date , elle n est sans doute pas
plus ancienne que le xv' siècle, et le lieu de provenance de
ce manuscrit parait être la Syrie.
Quand on regarde avec quelque attention les pages de ce
volume , on ne tarde pas à remarquer qu'elles portent , outre
la pagination ordinaire on encre bien noire, une autre pagi-
nation on oncro fort pâle, dont les cliifFres se trouvent tout à
fait dans l'angle des rectos, et ont été pour la plupart rognés
j[)ar le relieur. On observe (|uc les unités se répètent dans le
niôine ordre, tout le long du manuscrit, qui compte quatre-
vingts pages; cet ordre est donc certainement leur ordre
naturel.
Los chinVos des unités se lisent sans incertitude. Ce sont
les suivants :
1 :i i) 'i 5 6 7 8 9
W n'y a |>as do zéro. Après le 9 vient un caractère unique
(|ui a la viiloui' 10. Ce caractère , placé «à gauche de chacun des
cliilVros dos unités, donno ensuite la série des nombres de
11 à j(). Puis \n\ nouveau caractère exprime le chiffre ao.
L(^ nionio procédé se répète jusqu'à la lin du livre : chaque
di/.aino a son signe proj)ro, et dans les nombres composés de
di/.ainos ol d unitf's, le chlfFro i\v. la dizaine se place à gauche
do relui dos unit os.
NOUVELLES ET MELANGES. 383
Les chiffres exprimant les dizaines sont tous rognés; voici
ce qui en reste :
lo 20 3o /lo 5o 60 70 80
J K""^T""""F P k k k
Que sont ces caractères ? A n'en pas douter, ils sont un
alphabet; le procédé qui affecte à chaque dizaine un signe
nouveau, le prouve. Pour nous, nous n'hésitons pas à voir
dans les neuf premiers chiffres les neuf premières lettres de
l'alphabet grec en y comprenant le digamma :
La déformation est considérable, mais elle ne rend pas
impossible le rapprochement entre les deux suites de signes.
La comparaison avec l'alphabet grec devient plus obscure
pour les chiffres des dizaines; tronqués comme ils le sont,
il est difficile d'en rien dire de précis.
Nous laissons au lecteur le soin de développer lui-même
cette note , à laquelle nous ne voudrions pas donner une trop
grande importance.
Baron Carba de Vaux.
Chakaka SamhitJ,
translated into english by Avinash Chandra Kaviratna.
Calcutta, 200, Cornwallis street.
Le pandit Avinash Chandra Kaviratna continue courageu-
sement sa tâche laborieuse. Nous avons reçu le 8" fascicule
de sa traduction du Charaka. Il faut , dans tout manuel hin-
dou , avoir la patience de chercher l'idée essentielle et origi-
nale sous le fatras de l'exposition scolastique et des ordon-
nances arbitraires. On est ici récompensé par nombre de
384 MARS-AVRIL 1894.
renseignements curieux. L^entreprise est donc aussi méritoire
qu dlo est ilésintéressée. H est vraiment du devoir de tous
ceux qui s'intéressent aux choses de ilnde et à Thistoire des
sciences de lui donner leur concours.
Nous envoyons au savant traducteur nos meilleurs vœux
m
pour le prompt achèvement de sa tâche.
E. S.
Le Gérant,
RUBENS DuVAL.
JOURNAL ASIATIQUE.
MAI-JUIN 1894.
DESCRIPTION DE DAMAS,
PAR
H. SAUVAIRE,
CORRESPONDANT DE I/INSTITUT.
(suite.)
CHAPITRE III.
Sur les madraseh (collèges)
DES GhAFÉ'ÎTES.
La madraseh lAtabékiyeh. — A la Sâléhiyeh de
Damas , à l'ouest de la Morchédiyeh et de la maison
(d'enseignement) de la tradition [ïAchrc^yeh-Moqad-
dasiyeh]. Elle fut construite par la fille de Noûr ed-
dîn Arslân, fils de TAtâbek, seigneur (fol. 5) de
Mosoul^ Le vrai est quelle était sa sœur, car ed-
Dahaby dit dans les ^éhar^, sous Tannée 64o : « La
princesse (^Z djéhah) atâbékienne, femme d'el malek
el Achraf [MozafiFer ed-dîn Moûsa]^, la fondatrice
de la madraseh et de la turbeh , Turkân — c est-à-
dire par un ta au commencement — Khâtoûn était
fille du sultan el malek *ezz ed-dîn Mas*oûd*, fils de
m. 26
340 MAÎ-JUIN 1894.
Qoll) ccl-dîii Mawdoûd, fils de TAtâbek Zenky, [fils
d'] Aq Sonqor. » D après es-Safady *, die mourut dans
le mois de labf i*' de Tannée 7^0 [lisez 64o)et fut
enterrée dans sa turbeh, dans la madraseh quelle
avait construite à Qâsyoûn. La nuit de sa mort, la
turbeh et la niadraseh furent constituées en waqf.
Le premier qui y professa fut Tâdj ed-dîn Abou
Bakr [ ebn ] Tâleb , conim sous le nom d'el Iskandary ^;
la chaire en fut également occupée par Nadjm ed-
dîn Isma'il [connu sous le nom d'] el Màrédany, le
chafé^îte'^; par le grand savant Safy ed-din ei Hendy
el Orniawy, le châfé'îte^; par [Nadjm ed-dîn] ebn
Sasra^; par Djaniâl ed-dîn ez-Zor*y*®; par Mohiy
ed-dîn ebn DjahbaP'; par le qâdy en chef ebn
Djoumleh ^'-^; par Chéhâb ed-dîn ebn el Madjd^* ; par
Sadr ed-dîn ebn Djalâl ed-dîn el Qazwîny ^* , comme
délégué de son père; par Taqy ed-dîn es-Sobky^*;
par le qâdy en chef Bahâ ed-dîn [Aboui baqâ ebn]
es-Sobky^^**; par son fils [Waly ed-dîn] Abou Dorr
et par Zayn ed-dîn el Medahy, auxquels succédèrent
Badr ed-dîn ebn Baba ed-dîn es-Sobky^^, son fils
Djalâl ed-din , [ Fath ed-dîn] Mohammad ebn Moham-
mad ebn el Djacary^'^, ech-Ghéhâb ebn Hedjdjy^',
Chams ed-dîn el Ikhnây'^; Nâser ed-dîn d Bûsrawy,
secrétaii'e de la Chancellerie secrète [de Noûroûs]^
et son fils Kamâl ed-dîn [ebn Nâser ed-din] ebn el
Bâré«y2^..
■ . >
» I
La madaaseh lIs'erdiyeh '^^ ^ — [Elle renferme une
turbeh. connue sous le nom de madraseh du kllawâ^
DESCRIPTION DE DAMAS. 387
<lja Ibrahim.] (Elle est située) au pont blanc, qui fait
partie de la Saléhiyeh de Damas. Elle fut construite
[et acherée en 817] par le khawâdja Ibrahim ebn
MobàrakGhâh.
Mohammad^, fils du khawâdja Ibrahim ebn Mor
barak Chah ebn *abd Allah, elIsWdy, ed-Démachqyi
naquit dans les premiers jours dé ce siècle ou dam
les derniers du précédent , et mourut dans les pjc^t
miers jours de Tannée 85 iv à Damas. '.;
(Le khawâdja Ibrâliim) avait de la fortune^ déè
marchandises, des chevaiix, des fils et des^bienls' apt
parents , en même temps qu'il était généreux et cliar
ritable pour les pauvres. Il mourut en radjab de fan-
née 826^, et fiit enterré dans son mausolée élevé
auprès de sa madraseh. 11 était le mari de la fille du
l^awâdja [Chams ed-din] ebn el Mozalleq.
La madraseh lAsadiyeh. — [Au Charaf mérir
dional] , à Textérieur de Damas ; elle donne sur Yhipr
podrome vert^. Destinée aux deux sectes, châfé^îte et
hanafîte, elle fut construite par Asad ed-din Ghiry
koûh [fancien]. Ce prince mourut subitement à
M^^ie 2 a djoumâda 2** de Tannée 564^, après
aiYoir exercé le vizirat en Egypte pendant deux mois
et deux jours ^. Après lui, ei *âded investit (de ces
fonctions) Salâh ed-dîn Yoûsef, fils du frère deChîr*
koûh. Le corps de Ghirkoûh fut, dans la suite, trans^
porté à Médine. Ebn Ghaddad ^ dit dans la Vie de
Salâh edréUn (Saladin) ^ : « Asad ed-din était un grand-
mangeur, très porté à se nourrir de viandes gros-
36.
:iH}< MAI-JDIN 1894.
«iioi't^'i. qui lui occiisionnaienl sans cesse des indiges-
tions et des inflammations de la gorge {khatûânuf),
dont \\ nVtait d(^livré qu'après de fortes et très vives
5oiifl*rances. H fut pris d une grave maladie et éprouva
uno violente esquinancie {khânoâq) qui Temporta,
le jour de samedi ou le jour de dimanche 2 3 djou-
mâda i^ de Tannée 56/i, au Caire. Il fut enterré
dans cette ville, et, quelque temps après, transporté
à Médine, conformément à ses dernières volontés.
Brave et courageux, il était du nombre des émirs
de Nour ed-din le martyr (et exerça) le vizirat d'E-
gypte. «
Jk ois : « Il se peut que ce soit la madraseh élevée
sur le Bânyâs'^, et connue sous le nom de la Qara-
mâmY(*h. (ie qui est étonnant, cest que Chirkoûh
soit le fondateur de deux Asadiyeh à Damas : celle
qui est 'Wtru inuros et Tautre intra maros, habitation
dn inollà Isnia'ii ehn 'abd el Wahhâb el Wjamy, et
de<leu\ [sadiyvh i\ llalah, Tune à Tintérieur, etTautre
en dehors de la ville. Beaucoup de gens se réclament
de lui ^\ et cette madraseh n'est pas connue. Le waqf
constitué en faveur de ces fondations se compose de
Harzah*'**^ (M de Oomayr^^. On ne connaît que trois
qîrâts <l«» Bar/ah^* en {\\\e.ur de Y Asadiyeh intra muros
de Dîunas, et huit (fîrâts de l)omayr^^ en faveur de
Wisadiyrh intra muros de jjalab. Qu'on sache donc
cela. Quant aux descendants, ils ont souffert de
l'exiguïté (des revenus) pour ne pas être retournés
(fol. 5 v°) au droit dans leurs premières clauses^.»
Les professeurs de ce collège furent : el ^eiz el
DESCRIPTION DE DAMAS. 389
Qorachy Aboul Khattâb'^^, er-Rokn el Badjaiy*^,
Salâh ed-dîn el 'alây, Chéhâb ed-dîn el Adra^y.et
Charaf ed-dîn el Wamnâwy ^^.
La madraseh lIsfahAniyeh. • — - Au quartier deà
étrangers [hârat el ghorabâ) [et] à proximité de la rue
{darb) des cha\îrin^^. [Elle était auparavant connue
sous le nom de demeure de Charaf ed-dîn Ismà^ii
ebn et-Tabby? ei Amédy.] Elle fut bâtie par un mar-
chand dlsfahân.
La chaire de ce collège fut occupée par Djamâi
ed-dîn Vbd El Kâfy ^^ puis par Djamâi ed-dîn , connu
sous le nom dV/ Mohaqqeq *^.
Je DIS : «Le quartier [hârah'^^] des étrangers est
situé derrière la Qddjmâsiyeh. Cette madraseh est
actuellement inconnue, à moins que l'emplacement
n en soit occupé par la tékyeh (couvent de demches)
d'Ahmed Pacha; ce qui est très admissible. Dieu,
qu'il soit exalté ! connaît mieux la vérité. »
La madraseh l'Iqbàliyeh. — En dedans des deux
portes d'elfaradj et âielfarâdis, au nord de la mos-
quée-cathédrale, et de la Zâhériyeh intra muroSy à
l'orient de la Djâroâkhiyeh [et de ïlqhâtiyek hanafite]
et au {nord-] ouest de la Taqawiyeh. h'Iqbâliyeh est
connue comme ayant été construite par Djamâi ed-
dîn Iqbâl [affranchi de Sett ech-Châm**. Au dire
d'ebn Chaddâd, elle fut construite par Khawâdja
Iqbâl], esclave noir d'el malek [Noûr ed-dîn le ww^
tyr]. Suivant ed-Dahaby, * (il s'agit de) Djamâi ed-
800 HAÏ-JUIN 1894.
(lauleh , IVnur el djayoâch Gliaraf ed-d!n Abou'l fedÉil,
l'abyssin, elMostanséry.ech-CAonUr^ (le sommelier"),
qui Tut nominé en l'année 6ï6 [Comm. 3o novembre
laaS) commandant des armées pour le 'irâq. En
l'année 6aS ''', il construisit pour les Châfé'ites une
madraseh de toute beauté, dont le professeur fiit et^
Tâdj el Ormawy. Pub il en construisit une autre.on
l'année 633 ; la cbairc en fut occupée par Zayn ed-:
dtn Ahmad ebn Nadjâ , el Wâséty. I) construisit ausn
un hospice [réhât) à la Mekke*^. 11 répandit beau-
coup de bienfaits; il avait de la religion et de l'hu-
mdité, et était doué de belles qualités. Ayant eu
une rencontre avec les Tatârs, l'année 643 (CoiFun.
29 mai 1345}, il les mit en déroute. Ce succès le
grandit et rehaussa son importance : il devint -un
des plus grands princes {nwUtùk), jusqu'à ce qu'U
partit, au service d'el Mosta'sem*^, pour el Hdleh,
dans le but de visiter le tombeau du martfr^^. Iqbti
tomba malade à el Helleb; on lui donna,' ditrOu, dtt
poison dans une pomme et , quand il l'eut mangée,
il ressentit les atteintes du mal. U retourna à Ba^i-
dâd en descendant le âeuve, en chawwâl de l'année
653 , et mourut dans cette ville. >
Il constitua en waqf, en faveur de cette madraHeh,
diEférents lieux ^, les deux tiers pour les Ghflfé^tet
et le tiers pour les Hanafites.
Les professeurs en furent successivement : Sadr
ed-dîn [Alimad]^'; son HIs Nadjm ed-iliD[ebn Swy
ed-daufeh] ; Badr ed-dîn ebn Khallikân; Chanu vît-
tlin ebn JChaliikàn , qui y eut pom> nqrpUaofc (hA)
DESCRIPTION DE DAMAS. 391
[Mobiy ed-dîn en-Nàwâwy, 'alâ ed-dîn] él Qoû-
nawy^^; ech-Chéhâb ebn el Madjd^^; 'èmâd ed-dtn
Umâ^l en-Nâbolosy el Hosbâny^*; el Kamâl [Abou
Baicr ebn] ech-Charîchy [en Tannée ySo]; son fils
Badr ed-dîn^^; le fils de la sœur de celui-ci, Djalàl
ed-dîn ez-Zor*y^^; [Chéhâbed-dîn, fils de] *émâded-
din el Hosbâny^''; [le fils de Ghéhâb ed-dîn,] Tâdj
ed'^lin *abd El Wahhâb; Taqy ed-dîn, fils du qâdy
deChohbeh; Chanfised-dîn el Kafiry, et Abou 1 FadP^,
fiis du chaykh Taqy ed-dîn , fils du qâdy de Ghoh-
beh.
La madraskh l Akaziyeu. •^— En face de la ChebU-
yeh hanafite. Elle fut construite par Akaz, le cham-
bellan (hâdjeb)^ de Noûr ed-din Mahmoud. Elle est
Hiuée à louest de la Tayyébeh et de la Tenkéziyeh ,
et k l'ouest d'Omm es-Sâleh. [Sur le linteau de la
porte a été gravée Tinscription suivante : Après le
basmaieh « a constitué cette madraseh en waqf pour
les disciples de Timâm Abou ^abd Allah Moh^pnmad
ebn Edris, ech-Châfé^y, Témir Asad ed-din Akaz, en
rftiinée 536^^»; sa construction a été achevée sous
io règae delmalek [en-Nâser] Salàh [ed-dounyaou]
ed-din [qui a aiTaché Jérusalem des mains despplyr
théistes, MozaflFer ed-dîn Yoûsef, fils d'Ayyoàb, le
vîvificateur du gouvernement du Commandeur des
Croyants. La boutique qui en est à lest est un waqf
pour cette madraseh, ainsi qufi le tiers du moulin
d^^Lawwân. L année 587].
Gttw qui y professèrent furent : Gharaf ed-dki el
392 M AI- JUIN 1804.
Hâky^^ puis Tàdj ed-din Djahbal; puis el Madjd
'abd El Madjid^^; puis Borhàn ed-din ei Marâghy;
puis Madjd ed-diii ech-Chahrazoûry; puis ei Kamâi
ebn ei [Jarastàny^, et, ensuite, ei Badr en-Nàbo-
losy ^*.
La madraseh l Amdjadiyeh. — Au Charaf supé-
rieur. Elie fut construite par ei maiek ei Mozaf&r
Noûr ed-dîn ^ornar, fiis d'ei niaiek ei Amdjad^, à
l'époque où fut assassiné, dans la maison delà félicité
[dâr es-saâdeh) , son père [el maiek ei Amdjad Madjd
ed-dîn Bahr»im Chah, fils de *ezz ed-din Farrokh-
châh, fils de Châhanchâh, fils d'Ayyoûb].
Le premier qui y donna des leçons fut Rafi* ed-
dîn el Djabaly. Les autres professeurs furent succes-
sivement : Nadjm ed-dîn ebn Sany ed-daideh; Amin
ed-dîn ebn *asâker ; Borhân ed-dîn ebn ei Khaikliâiy ;
[Tâdj ed-dîn ebn ei Khaikhâly]; Madjd ed-din ei
Mârédâny; Djamâl ed-dîn, connu sous le nom del
Mohaqqeq ^® ; Chéhâb ed-dîn , connu sous ie nom d'ez-
Zâhéry®''; Chéhâb ed-dîn ebn Qomâ[qe]m ei Foq-
qâ*y68. Iq sayyed Nâser ed-dîn, fiis du naqîb el ach-
râf^; Chéhâb ed-dîn ei Bâoûny'^o, et son frère {sic)
Nâser ed-dîn ; Badr ed-dîn , fiis du qâdy de Cholibeh;
le qâdy *ezz ed-dîn (foi. 6) Hamzah ei Hosayny''*;
Mohebb ed-dîn Aboui Fadl, [fiis du qâdy Borliân
ed-dîn Ibrâhîm], fils du qâdy de ^adjioûn^^; ie say*
yed Kamâi ed-dîn, fils du sayyed *ezz ed-din. Celui-
ci est ie savant d'illustre origine *ezz ed-din Hamzah
el Ba^lbakky, chef (rays) des moaadden de la (grande-
\.
DESCRIPTION DE DAMAS. 393
mosquée) omayyade, né Tannée 81 5 [Comni, i3
avril i4i2). Son père, ebn Abî Hâchem, fils du
hâfez Chams ed-dîn el Hosayny, était le chef des
mouadden de la (grande-mosquée) omayyade; il na-
quit Tannée 7 8 2 [Comm. y avril i38o) et mourut
[le dernier jour de safar de] Tannée 848 (Comm. qo
avril 1 444), à Damas. Le sayyed Kamâl ed-dîn [Mo-
hammad] , le savant célèbre , le plus docte des habi-
tants de la terre (er-roh^ el mdmoûr) était né [le 5
djoumâda i'"" de] Tannée 85 o (Comm. 29 mars 1 446);
il mouinit vers Tannée 98 5^^ [Comm. i5 septembre
1628). Il fut chargé (du professorat) de nombre de
madraseh , tant au nom de son père que de son oncle
paternel, le qâdy Mohebb ed-dîn, [fils du qàdy Bor-
hân ed-dîn Ibrahim , ] fils du qâdy de ^adjloûn , et de
son oncle maternel Taqy ed-dîn, [fils de Waly ed-
dîn,] fils du qâdy de'adjloûn. 11 reçut d'el Badr, fils
du qâdy de Chohbeh, l'autorisation de rendre des
fetwas. En Tannée 896 [Comm, 26 novembre 1 48g),
il fut soumis à des extorsions et emprisonné quel-
que temps dans la grande-mosquée de la citadelle;
puis il sortit sain et sauf (de prison).
Au rapport debn ech-Chehnah, « el Amdjad est"'*
Bahrâm Chah, fils de Farrokh Chah, fils de Châ-
hanchâh, fils d'Ayyoûb ». 11 fiit assassiné après être
sorti de BaHbakk"'^ qui était assiégé, et que lui en-
leva el malek el Achraf [Moûsa, fils del 'âdel]. Il fut
enterré dans la madraseh de son père ^*, qui se trouve
sur le Charaf, à Damas. 11 avait régné à Ba%akk
pendant quarante-neuf ans.
304 MAI.JUIM 1804.
El Auidjad cultivait la poésie. Il était Moqueot;
savant , gracieux , généreux , i objet des éloges. B a
composé un recueil de poésies. Q fut assaaainé par
un de ses mamloûks qu'il soupçonnait de lui avoir
volé une ceinture ''^ et une écritoire. H Temprisonna
dans sa maison , mais le mamlouk , étant parvenu à
ouvrir la porte , se précipita à Timproviste sur el Axo-
djad et, ayant saisi son sabre, il lui en asséna un
coup si violent qu il lui coupa la main. Après lavoir
frappé à la hanche , il s'enfuit sur la terrasse. On dit
qu'il se jeta (de là) dans la (cour de) la maison et s6
tua. Selon d'autres, au contraire, les esclaves blancs
[ghelniân) le coupèrent en morceaux,
Ebn ech-Chehnah dit dans ses Annales''^ qpi'd
Amdjad fut tuo l'année 627. D'autres historiens as-
signent h sa mort la date de 6a8^^. Voici de ses
vers :
«Combien cette vie s'écoule dans l'égareinent!
Qu'il m'a rendu insouciant et oublieux d'elle I
a J'ai perdu tout mon temps à jouer. 0 existence 1
y a-t-il après toi une seconde vie ? »
Son assassinat eut lieu en safar.
Ëbn Katir , dans ses Classes ^, dit qu'un des boomies
pieux qu'il avait admis dans sa société layant vu en
songe : « Qu'est-ce que Dieu a fait de toi.^ •, lui de-
manda-t-il. 11 répondit :
« J'étais craintif à cause de ma religion ; oefct9
crainte m'a passé.
« Mon âme est en sûreté conti*e les calamités. En
mourant, ô homme, je suis venu à la vie**. »
DESCRIPTION DE DAMAS. 395
La madbaseh l'Amîniyeh *2. — Au sud de bâh ez-
zyâdeh (la porte de 1 addition), une des portes de ia
grande-mosquée, nommée anciennement Mb es-sétât
(la porte des heures ^^). Elle est située à lorient de
la Modjâhédiyeh , dans le voisinage de ia (jâsâriyeh **
(sic) el qawwâsin (des fabricants d'arcs), [au dos du
marché des armes, dans lequel se trouvait sa porte.
Ce quaitier s appelait anciennement hârat el (fobâh
(le quartier des pavillons oa des coupoles). C est là
qu'était la maison de Salamah , fils de 'abd El Malek].
Ce fut, dit-on, ia première madraseh qui fut I)atie
à Damas pour les Ghâfé^ites. Elle fut bâtie par Ycttâ-
bek des troupes ^^ à Damas, appelé*^ Amin ed-dauleh
Rabî* el islam (le printemps de rislamisme) Amîn ed-
-dîn Kastékîn»^ fils de 'abd Allah, es-Saftîky»», qui
était nâïb de la citadelle de Bosra et de celle de Sar-
khad. [il fut investi (du commandement) des deux
citadelles par iatâbek Bataftékin.] Il mourat Tan*
née 54 1 (Comm, 1 3 juin 1 1 46). fi avait constitué la
madraseh en waqf l'année 5 14 {Comm. a avril 1120)
[et lui avait assigné comme waqf la plus grande partie
de ce qui 1 entourait du soâq es-sélâk (le marché des
armes) et la qaysâriyet el qawwâsînY^.
Les professeurs en furent successivement : Djam&l
ed-dîn ebn el Moslem^; son fib, Abou Bakr^^; le fds
de celui-ci, Charaf ed-dîn ^; ebn *abd^^, prédicateur
de la grande-mosquée omayyade ; Nadjm ed-din ebn
Abî *osroûn ; Badr ed-din , fils du qâdy de Sendjâr,
de nouveau; Mohiy ed-dîn ebn Zaky ed-din; Rafî*
ed-din ebn Hàmed, le châfé'ite; Qotb éd-din ebn
t"-
-iS..
396 MAI-JUIN 1804.
Abî 'osroûn^^; Nadjiii ed-dîn ebn Sany ed-dauieh^;
Qotb ed-dîn et-Tartîty**; Abou'l Hasan ebn *aqH**;
Sâîn ed-dîn ed - Démyâty ^^ ; et-Taqy el *irâqy, la-
98
veugle
Et-Taqy habitait le minaret occidental et avait
avec lui un jeune homme qui lui servait de domes-
tique et de guide. Le chaykh , s'étant aperçu qu'il lui
manquait des pièces de monnaie (f* 6 v"), laccusa
de les lui avoir volées et fut soupçonné à son tour,
parce qu'on ne croyait pas qu'il eût de l'argent. Son
avoir fut ainsi perdu et son honneur mis en suspi-
cion. Aussi le vendredi matin 6 dou'l qaMeh de l'an-
née 6 0 2 {i5 juillet i2o6), le trouva-t-on étrange
dans sa chambre, (située) dans le minaret occidental.
Personne ne voulant faire sur lui la prière, parce
qu'il s'était suicidé, le chaykh Fakhr ed-din [*abd
Kr-Rahman] ebn 'asâker^^ s'avança et la récita , action
qu'on lui imputa à péché. Suivant Abou Chàmah,
ce qui porta l'aqy ed-dîn à se suicider fut [le pro-
fond chagrin que lui causèrent] la perte de son pé-
cule et l'atteinte portée à son honneur. Abou Châ-
mah, que Dieu lui fasse miséricorde! ajoute : «11
m'arriva une histoire pareille, mais Dieu, par sa
grâce, me préserva. »
Les professeurs qui occupèrent ensuite la chaire
de YAmîniyeh furent : el Djamal el Mesry^^^; c'était
un qâdy vivant dans la continence à Damas; il fut
enterré [dans sa salle, en sa maison, près] à l'ouest
de la Qilidjiyeh [hanafîte, au commencement de la
rue du basilic [darb er-rayhân), dû côté de là mos-
DESCRIPTION DE DAMAS. 397
quée-cathédrale; au sud de la Khadrâ. Sa turheh est
percée d'une fenêtre (qui se trouve) à Test de la ma-
draseh la Sadriyeh hanbalîte (située) à son côté
ouest]. C'est actuellement un petit jardin vis-à-vis la
maison (d'enseignement) du Qor'ân et de la tradition
la Tenkéziyeh; — puis Raff ed-dîn él Halaby^^^
Après ceux qui viennent d'être mentionnés, il y eût
encore trente professeurs dont le dernier fut *ezz
ed-dîn Hamzah el Hosayny ; puis son fils , le sayyed
Kamâl ed-dîn el Hosayny.
Je dis : « J'ai abrégé la liste de ceux qui occupèrent
la chaire de ce collège, car c'eût été allonger sans
grande utilité , ni variété , une énumération de noms
et pas autre chose. »
La madraseh la Bâdéraïyeh. — En dedans de
bâb el farâdis et de [bâb) es-salâmehy [au nord de
Djayroûn, à l'est de la Nâsériyeh intra maros]. Elle
est connue. C'était auparavant une maison connue
sous le nom de maison d'Osâmah el Halaby ^®^, un des
plus grands émirs ; il avait en sa possession la citadelle
de *adjloûn ^^^ et Kawkab ^®*. Dans sa vieillesse, il fut
atteint de la goutte [neqrès), El 'âdel l'emprisonna ^^^
à el Karak et mit la main sur [ses effets [hawâsel),]
ses propriétés immobilières [et sur ses richesses].
De ce nombre étaient sa maison [et son bain, (situés)
en dedans de bâb es-salâmeh. Sa maison est celle]
dont fit une madraseh le chaykh Nadjm ed-dîn el
Bâdérây ^^ — par une lettre surmontée d'un point
[dâl) — el Baghdâdy, el farady (versé dans la science
398 MAI.JIJIN 1804.
des préceptes divins). 11 naquit Tannée Sgà (Comm.
1 3 novembre 1 1 97)- C'était un jurisconsulte occu*
pant le premier rang, entouré de respect, jouissant
d'une haute situalion et doué d'un caractère plein de
douceur. [Il bâtit à Damas la grande madrasdb la
Mohandésiyeh.] Il fut investi malgré lui des fonctions
de qâdy à Baghdàd et mourut [dix-sept jours après,
1" doui hedjdjeh de] Tannée 655 ^^''.
Je dis : « Ebn Chohbeh s'exprime ainsi : En chawf
wâl de 1 année 653, el Bâdérây acheta au prix de
cent mille derhems, dans le but d'en fiiire une ma-
draseh pour les Chàfé^ites, la grande maison d'Osâr
mah qu avait détruite ^^ Nadjm ed-din Ayyoûb.**,
en dedans de bâb es-salâmehy et il commença le mois
suivant à la restaurer. Le sidtan^^^ lui abandonna
sur les marécages (ghaydah) de Djesrin ^^^ cinq cents
charges de bois ».
« Le fondateur de ce collège stipula dans Tacte de
waqf qu il n'y entrerait aucune fenmie. — ■ Ni un'
(jeune homme) imberbe ?» lui dit le sultan (en-Nfr^
ser). — « Dieu, répondit-il, ne frappe pas avec deux
bâtons. B « C'est pourquoi , ajoute ebn Ghohbdi, éetle
madraseh ne prospéra pas , c'est-à-dire U n en sortît
aucun savant qui ait eu du succès. •
« (El Bâdérày) y professa lui-même, puis la chaire
passa k son fils [Djamâi ed-din] ^^^ et ensuite à Kah
mal ed-dîn Salâr^^^. Après lui, la Bâ4érâiféh) eut
encore environ douze professeurs dont le deniier.fiii
Ghams ed-din el Hosayny ^^^, fds du frère de Taqjr
ed-dîn el Hesny. »
DESCRIPTION DE DAMAS. 399
La madraseh la Baunasiy£h. — A la montagne
de la Sâléhiyeh. Elle fut construite par Madjd ed-
dîn, connu sous le nom d'Aboui achbàl [ei Hâret
ebn Mohallab el Bahnasy]^^^. Il était le vizir d'el
malek el Achraf MozafFer ed-dîn Moùsa , fils d'el ma-
lek el ^âdel [Sayf ed-dîn Abou Bakr, fils d*] Ayyoûb.
Plus tard , ce prince le destitua et le soumit à des
extorsions. (Majd ed-dîn) était un bon poète.
Les professeurs qui y enseignèrent furent :
Nadjm ed-dîn ebn Sany ed-dauleh, puis ieqâdy
Chams ed-dîn ebn Khallikân ^^^. Ensuite la chaire
fut de nouveau occupée par Nadjm ed-dîn.
La madraseh la Taqawiyeh. — En dedans de
bâb elfarâdiSf [au nord de la mosquée-cathédrale et
à l'est de la Zâhérieh et des deux Iqbâliyeh^] elle est
une des madraseh les plus importantes de Damas.
Elle fut bâtie en Tannée b'jk [Comm. 1 9 juin 1178)
par el malek el Mozafiar Taqy ed-dîn *omar, fils de
Chahanchâh, fils de Nadjm ed-dîn Ayyoûb, fils de
Châdy, [à qui appartient aussi à Mesr la madraseh
connue sous le nom de manâzel el ^ezz]. Il était brave,
courageux et doué de belles qualités. Il naquit Tan-
née 53d {Conun. a8 août iiSg)^^^
(F° 7.) Ce collège eut pour professeurs : le qâdy
en chef Mohiy ed-dîn ^** el Barzy; puis Mohiy. ed-dîn
[Mohammed] ebn Zaky ed-dîn ^^^, et ensuite environ
quinze professeurs dont le dernier fut le sayyedKat
mal ed-din ^^^; puis, après le sayyed Kamâl ed-dia^
un groupe de Grecs ^^^ el de Persans; puis, entce
400 MAI-JUIN 189/i.
temps, le qâdy Zayn ed-din, connu pour avoir em-
brassé ie rite hanafite; puis les Grecs se mêlèrent
parmi eux. Knsuile la chaire fut occupée par le
chaykh 'alâ ed-dîn ebn 'émâd ed-dîn, et, après lui,
par le chaykh Badr ed-dîn ebn Rady ed-din , Tannée
9*71 ^'^"^ [Comnu 21 août i563).
La madraseh la Djâroukhiyeh. — En dedans de
bâb el faradj et de bâb el farâdîs , contiguè à YlqbdU'
yeh hanafite et au nord [delà mosquée-cathédrale et]
deia Zâhériyeh [intra maros]. Elle est connue sous le
nom de construction de Djâroùkh le Turkomân [qui
portait le titre honorifique de Sayf ed-dîn J. Il la bâtit
pour le grand savant Abou'l Qasem Mahmoud ebn el
Mobârak, connu sous le nom d'el jnehbar, el Wâséty,
el Baghdàdy '-^. Apres lui, la chaire de la Djâroâ-
khiyeh fut occupée par environ dix -sept personnes.
Je Drs : « Mais Ton comprend de 1 enuniération
des professeurs (faite par en-No*aymy) quelle est
plus ancienne que la Dâdéraîyeh, car Nadjm ed-din
el Bâdérây y professa aUvSsi. )•
La madraseh la Hemsiyeh. — Vis-à-vis de la ma-
draseh la Châmiyeh extra muros, Mohiy ed-din et-Ta-
râbolosy ''-^^ y professa.
Je dis : « El Djamâl el Mesry, le professeur de
lecture (qoranique), qui était Timàm de Sibây*",
nâïb de Syrie, y habitait. Puis elle fut abandonnée,
délaissée, et elle tomba en ruines. Elle se trouve ac-
tuellement parmi les maisons des Grecs. »
DESCRIPTION DE DAMAS. 401
La madraseh la Halabiyeh. — Au quartier des
sept [nâhyat es-sab^ah) ^^^. La prière du vendredi y fut
célébrée Tannée 8 1 3 [Comm. 6 mai 1 4 1 o).
La madraseh la Khabîsiyeh ^^'^. — Au sud du Zen-
djâry. EUe est dotée d une charge de supérieur [nuv-
chikhah), dont fut pourvu Badr ed-dîn, fds du qâdy
d'Adré^ât ^2*, et qui passa ensuite à ses enfants.
Je dis : « Elle est actuellement en ruines. Peut-
être fait-elle partie des jardins. »
La madraseh la Khalîliyeh '^®. — A Damas. Le
Charîf el Hosayny^^® dit dans la Suite des ^ébar :
« L année y 4 6 mourut à Hems le nâïb de cette ville,
Sayf ed-dîn Bamaghtîmor [sic) elKhalîly, le proprié-
taire de la Khalîliyeh à Damas. Il y fut transporté
dans un cercueil et enterré à el Qobaybât » (N. f* 68
r°).
La madraseh la Dammaghiyeh. — En dedans de
bâb elfaradj, à Touest de la seconde porte [qui est]
au sud [de la porte] du moulin. Elle est située au
sud-est du chemin qui conduit à la porte orientale de
la citadelle. Ce chemin se trouve entre elle et le fossé.
Elle est aussi au nord de la ^émâdiyeh et commune
aux Châfé^tes et aux Hanafîtes. Elle fut construite
Tannée 638 [Comm, 2 3 juillet 12^0) par *âïchah,
aïeule de Fârès ed-dîn ebn ed-Dammâgh et épouse de
Chodjâ* ed-dîn ed-Dammâgh [el *âdély]*^^
Parmi les Châfé^'tes qui y professèrent (nous cite-
in. 27
iair«iK«aiK tAntuiÂi.*.
402 MAI-JUIN 1894.
rons) Chams ed-din el Hoûby *^*. Quijize profes-
seurs lui succédèrent, dont le dernier fut Zayn ed-
din , fils du qâdy de ^adjloûn ^^. Parmi lesHanafites,
el Eftékhâr el Kâchghary occupa la chaire, puis
quatre professeurs; le dernier d'entre eux fut ebn
Sahnoûn ^^*.
'âïchah constitua en waqf à ce collège : à Qofr el-
Labbâd^^^, (village situé) à lorient de Moqra^^, huit
parties (sahm) [de vingt-quatre , ce qui fait] le tiers ^''',
de la mazraat ed-dammâghiyeh; [une portion (iessah)
de Racljam el hayyât;] une portion du bain d7sraël,
[en dehors de Damas;] une portion kDayr Sehnân,
[qui fait partie du Mardj ;] la mazraak de Sathoàh ^^,
auprès de Qdsr 0mm Hakîm ^*^, à forient [du village]
de 'arrâd et au sud de Chaqhab^*®; des loyers (mo-
hàkarât), etc.
Ëbn Chohbeh dit dans sa Chronûiue^^^ : «La
sandale du pied droit du prophète, que Dieu le bé-
nisse et le salue ! était conservée dans la madraseh
la Dammâghiyeh , et celle du pied gauche dans la mai-
son (d enseignement) de la tradition YAchrajiyeh.
Timoûrlenk (Tamerlan) s*enipara des deux. Sache
cela. »
Jb dis : « La preuve la plus complète de ces attri-
butions est Tinspiration qu'ont eue les savetiers , tant
ouvriers que marchands, de rester là, comme pour
montrer qu ils étaient les serviteurs de la sandale du
prophète , et de celles de sa nation , que Dieu le bé-
nisse et ie salue ! Ils ne quittent pas ce lieu parce
qu'il est enveloppé de sa bénédiction. »
DESCRIPTION DE DAMAS. 403
La madraseh la Dawla^iyeh. --- A Djayroûn^^^
au sud-ouest de ia madraseh la Bâdéniîyeh. EUe fut
construite par Djamâled-dîn Abou'abdAHah Mohàm-
mad ^*^, fds de Zayd, ed-Dawla*y, ed*Démachqy, pré-
dicateur de Damas, li naquit à ed-Dawia^iyeh^^, uii
des villages de Mosoul, [en djoumâda si'^de] Tannée
555. Il étudia la jurisprudence sous' [son oncle pà*
temel] 'omar ed-Daivla^ Dyâ ed-dîn ^*^ et occupa les
fonctions de prédicateur pendant trente-sept (fol. 7
v°) ans.
11 professa le premier à ce collège; puis son frère
Charaf ed-dln lui succéda et ensuite le fils de $an
frère, Chams ed-dîn. Après ce dernier, dix profes-
seurs environ y donnèrent des leçons.
Je ms : « Le fils du qâdy de *adjloûn a mis la
main sur la madraseh et sur son waqf , au point de
lui donner son nom ^**. Puis les fonctions de pro-
fesseur ont pu être exercées actuellement, en Tan-
née 974**^ {Comm. 19 juillet i566), par le jètine
homme de mérite , le savant accompli el *alây *alâ e^
dîn, fils du frère de Nâser ed-dîn, et-Tarâbolosy,
imam des hanafîtes à la grande-mosquée omayyaide; »
La madraseh la Rokniyeh istra mgros ***. — *• Au
nord des deux Iffbdliyeh, à Test de la ^ezziyeh intra
Mares et de la FakJdyeh, et à Touest de la Moffsùàr
damiyeh.
Je DIS : « Elle est située dans ta nielle (zoqâq) des
B»iou Mofleh les Hanbafites. Elle fut constituée en
waqf par Rokn ed-dîn Mankoûrès ^^^, affranchi de
27.
40) MAI-JUIN 1894.
Faiak cd-cJîn *^ [Solaymân el *âdély, le même qui
bâtit la Rokniyeh hanafîte extra mnros]. »
Ceux qui en furent chargés sont : Ghams ed-din
ebn Sany ed-dauleh ; puis son fils Sadr ed-^n ; puis
le fils de celui-ci , Nadjm ed-dîn ; puis Ghams ed-din
ebn Khaliikân ^^^ qui y avait comme suppléant
[Mohiy ed-dîn] en-Nawâwy ; et ensuite environ vingt-
cinq professeurs ^^^, dont le dernier fut Ramâl ed-
dîn el Hosayny ebn Çezz ed-din] Hamzah
153
La madraseh la Rawâhiyeii. — [fin dedans de bâb
clfarâdîs], à lorient de [la madraseh d*ebn ^orwah,
(située) dans] la mosquée-cathédrale. G'est une mos-
quée et une madraseh. Elle est contiguë à la mos-
quée-cathédrale, au nord de Djayroûn, à Touest de
la Dawlaiyeh et [au sud] de la Sayjiyeh hanbalite.
Cette madraseh, c'est-à-dire la Sayjiyeh, est Thabita-
tion du chaykh Mohammad el Ostouâny.
(La Rawâhiyeii) est connue ^^*. Elle fut construite
pai" Zaky ed-dîn [Aboul Qasem] le marchand, [le
mo^addel] , connu sous le nom d'ebn Rawâhah ^^. H
mourut Tannée 6 2 2 [Comm. 1 3 janvier 1 2^5}. On
l'appela ebn Rawâljah parce qu'il était le fils de la
sœur d'Abou 'abd Allah el Mosayn ebn *abd Allah
ebn Rawâhah. Il mourut le 7 radjah, et ses dernières
volontés furent d être enterré dans sa madraseh de
Damas , dans la chambre voûtée {y^^ *^>^^ ) ^^» Mais
ses exécuteurs testamentaires en furent empêchés
par le professeur qui était le chaykh Taqy ed-dîn
ebn es-Salâh.
DESCRIPTION DE DAMAS. 405
(Kbn Rawâbàh) avait imposé aux jurisconsultes et
au professeur des conditions très dures, dont quel-
ques-unes étaient impossibles à remplir. Il stipula
aussi quil n'entrerait dans sa madraseh, ni juif, ni
çbrétien, ni hanbalîte anthropomorphite ^^^. Le fait
est mentionné par ed-Dahaby dans les Annales de
l'islamisme ^^^.
Le premier professeur de ce collège fut Charaf
ed-dîn [ebn] Abî Bakr, el Qoracby^^^.
Après sa mort (c'est-à-dire après la mort du fon-
dateur) , Mobiy ed-dîn ebn ^araby, et-Tây, et Taqy ed-
dîn ebn 'aly, le grammairien, el Mesry, imam du
machhad de 'aly, rendirent témoignage qu'ebn Ra-
wâljah avait destitué ebn es-Salâh de cette madraseh.
H s ensuivit de longs incidents; mais les choses ne
s'arrangèrent pas comme ils lavaient désiré. C est ce
qu'a relaté Abou Châmah.
Après le professeurelQorachy, la chaire fut occupée
par environ dix-sept professeurs , jusqu'à ebn Noûh
cl Maqdésy ^^, qui exerçait des fonctions du gouver-
nement ^^^ ; il fut nommé procureur du trésor public
et inspecteur des waqfs. Ayant commis des malver-
sations et dépassé toute limite , il fut emprisonné à
la "^adrâwiyehj où on le trouva étranglé, après qu'il
eut été battu de verges et soumis à une amende. Es-
Sâmarry avait eu beaucoup à souffrir de lui. Il alla
le trouver en prison et ils plaisantèrent ensemble;
mais il entreprit de se calmer beaucoup ^^^. Après
être sorti, il composa des vers dont voici quelques-
uns :
406 MAI-JUIN 1894.
« Le messager est arrivé ^^, porteur de la bonne
nouvelle consolatrice : elle a guéri les cœurs; les gens
étaient déjà sur le point de mourir.
« Si le vil ^^^ brigand nie les actes qull a commis
contre les musulmans, que je sois le premier mis à
mort.
« Réjouissez- vous ! Que votre joie augmente 1 Nous
avons tous notre part dans cette allégresse!
« Il est venu le noble commandement ordonnant
de saisir ce que le traître a pillé dans le pays, et ce
qu il a acquis.
(I O seigneur des émirs ! O soleil de la bonne di^
rection ! O toi qui sais exécuter ce que tu as entre*
pris ! O toi qui accueilles la foule avec tant de bien-
veillance !
« Hâte-toi d'égorger el Maqdésy; égorge-le, et eaa-
pêche que cet enfant de laduitère verse le sang de
fislàm.
M 3oi$ inexorable à son égard et n'aie aucune com-
passion , toutes les fois que tu trouveras les richesses
que ses mains ont amassées et ce qu'il a extorqué.
« Combien d'orphelins en pleurs et d'orphelines
on t , à cause de sa tyrannie y. passé la nuit sur la couche
de la misère !
« Que de gens riches en ont été réduits , sous son
administration, à mendier un secours, après avoir
vécu au sein de l'opulence !
«Si le brigand nie, etc. »
IjA Zawyet EL Khadra*^^ (la chapelle verte). —
DESCRIPTION DE DAMAS. 40?
Dans la maqsoûrah ^^^ du Khedr ^^^, à l'ouest du djâm/
omayyade. ^émâd ed-dîn et ensuite Djamâl ed-dîn
ebn el Hamawy y donnèrent des leçons.
La madraseh la Ghamiyeb extra muros ^^*. — Au
quartier de la ^ayniyeh^^^. Elle fut construite par
Sett ech-Châm [la dame de la Syrie). Ebn Khailikân
la nomme (fol. 8) dans son Ta^rikh (Dictionnaire
biographique) Zomorrod Kkâtoùn ^'^^. Elle était sœur
utérine de Chams ed-dauieh Toûrân Chah ^^\ fiHe
de Nadjm ed-dîn Ayyoûb ^"^^^ fils de Châdy, et mère
del malek es-Sâleh Ismâ^I; la plus charitable des
femmes et la plus bienfaisante envers les pauvres.
Elle mourut le jour de vendredi 1 6 dou 1 qa^deh de
Tannée 6i6^^^ (i6 janvier 1220), dans sa maison
connue sous le nom de la Chândyeh intra muros, — -
Cette madraseh est appelée la Hensâmiyeh, parce que
son fils , Heusâm ed-dîn ^'^^, y fut enterré auprès de
sa mère , dans le troisième tombeau qui suit la place
[makân) occupée par le professeur. Dans celui qui
vient après, est son mari et cousin germain Nâser
ed-dîn Mohammad ^''^, fils d'Asad ed-dîn Chîrkoûh.
Elle lavait épousé après la mort du père de son fils
Heusâm ed-dîn. Dans le tombeau contigu , du côté
de la qebleh^'^^, repose el Mo^azzam Toûrân Chah,
fils d' Ayyoûb et seigneur de f Yaman. — Sett ech-
Châm comptait trente-cinq rois avec lesquels le ma-
riage était pour elle illicite ^'^'^.
Ebn Khailikân a dit ^"^^r «Toûrân Chah, qui se
vocalise par im dammah sur le ta à deux points par-
408 MAI-JUIN 1804.
dessus , un waw quiescent suivi d'un râ et , après ïalef,
un noûii — est un mot persan , et Chah — avec le
cAÎR surmonté de trois points — signifie m en
langue persane. Ce nom veut dire roi de l'Orient
L'Orient a été appelé Tottriïn, parce que c'est le pays
des Turcs et que les Persans nomment les Turcs
Toarkân; puis ils ont altéré ce mot et ont prononcé
Toûrân. »
Le premier professeur de ce collège fut ebn ^
Saiâli , ou , suivant un auteur, Charaf ed-din , fils de
l'oncle paternel d'ez-Zaky. Il y eut ensuite quarante-
deux professeurs jusqu'à ce que la chaire échut au
chaykh Taqy ed-dîn '^°, fils du qâdy de adjloùu.qui
eut pour successeurs : Sérâdj ed-dîn [ebn] es-Say-
rafy**", avant la mort de Taqyed-dln; Kamàl ed-din
el Bâdély, le sayyed Kamâl ed-dîn, le qâdy Ma'roûf,
el Badr ebn Rady ed-din; ie chaykh Mohammad el
Ydjy; le chaykh Ahmad el Falo6djy, le poste ayant
été laissé vacant par el Ydjy "^ ; le chaykh Ismall
eo-Nâbolosy; notre chaykh Molkt Asad ed-dln ; puis ,
après lui, le qâdy Mohebb ed-din le hanaflte; son
fils, lo qâdy abd El-Latif; le chaykh Hasan dBoù-
rîny, et 'abd El Hayy ebn Molla Yoûsef le Kurde.
La madraseh passa ensuite de lui au chaykh el iâïâm
Chéhâb ed-dîn Ahmad el 'aytâwy. Puis die devint
vacante à sa mort, et fat occupée par le chaykh
Nadjm cd-din cl Ghazzy, De ce dernier, ^e passa
au chaylih el islam , le chaykh Chams ed-din d May-
(lâny; puis , ([uand il mourut . Nadjm ed-din. dGhaEsy
la reprit.
DESCRIPTION DE DAMAS. 409
Je dis : « La Châmiyeh extra muros a un acte de
fondation qui se trouve en copie chez la plupart des
hommes éminents de Damas. »
La madraseh la Châmiyeh intra muros ^^\ — Au
sud de l'hôpital de Noûr ed-dîn. Elle fut construite
par Sett ech-Châm dont il vient d'être parlé. C'était
une maison lui appartenant, [qui fut convertie en
madraseh après sa mort] et dans laquelle elle mou-
rut. [Elle fut transportée à sa turbeh (élevée) dans
la Châmiyeh extra muros , qu on appela aussi la Heu-
sâmiyeh].
[Abou Bakr Mohammad ebn *abd El Wahhâb
ebn *abd Allah ebn *aly ebn Ahmad, el Ansâry, a con^
stitué en waqf ce qui va être irientionné , savoir : la
maison de Damas en totalité ; en dehors de Damas ,
le bourg connu sous le nom de (To)raynah (Toray-
bah?); sa portion s'élève à onze parties [sahm) et de-
mie, sur vingt-quatre parties d'un champ {mazra^ah)
connu sous le nom de Djarmânâ, dépendance de
Bayt Lehyâ; quatorze parties et un septième de par-
tie sur vingt-quatre , d'un bourg connu sous le nom
de Tanyeh (Tebniyeh ?) , dépendant de Djobbeh *asâl ;
la totalité du bourg connu sous le nom de Madjîd el
qaryeh (Modjandel el Ghozâh ?) et la moitié du bourg
connu sous le nom de Madjîd (Modjandel?) es-So-
waydâ ; lequel waqf a été fait en faveur de la kliâtoun
Sett ech-Châm, fille de Nadjm ed-dîn Ayyoûb, fils
de Châdy, pour passer après elle à la fdle de son
fils, Zomorrod Khâtoûn, fille de Heusâm ed-dîn
~V',
410 MAI-JUIN 1894.
Mohammad , fiis de [sic) ^omar, fils de Làdjin; puis
aux enfants de cetie-ci, ia part d'un garçon devant
être égaie à celle de deux filles; puis à ses petits-en-
fants, et ainsi de suite, jusqu'à extinction de la des-
cendance, et, dans le cas de transformation de la
maison en madraseh, aux jurisconsultes et étudiamts
en droit du rite châfé^ite*^ y travaillant, à son pro-
fesseur châfé'îtei»* (etc.)].
[Taqy ed-dîn] ebn es-Salâh'^ y professa et, après
lui, vingt-deux autres professeurs , dont le dernier fut
Djamâl [Kamâl] ed-dîn el Bâréiy^s^.
Je dis : « Ensuite, d après ce que je sais, le sayyed
Kamâl ed-din; puis, après lui, le sayyed ^aly; puis le
cfaaykh Âhmad ei Faloûdjy; après celui-ci, les fonc-
tions étant vacantes , le sayyed Hasan , fils du sayyed
Kamâl ed-dîn , et ensuite le chaykh Ghéhâb ed-dîn
ebn Rady ed-dîn. »
La madraseh la Chàh[în]iyeh. — Dans la mos-
quée-cathédrale d'et'Tawbeh [(située) à la ^oqayheh].
C'est une halqah ^^"^ destinée à des leçons et fondée
par Témir Châhîn ed-dîn ech-Chodjâ*y, dawâddr^^
de Chaykh ^^^. Cet émir avait restauré le djâm^ et-
Tawbeh de ses propres deniers , en ramadan de Fan-
née 816, après que cet édifice avait été consumé
par un incendie.
Ceux qui y professèrent furent : Chams ed-dîn el
Kafîry ^^, puis Badr ed-dîn [fils de Taqy ed-dîn Abou
Bakr], fils du qâdy de Chobbeh^^^
La madraseh la Choumàniyeh. — Elle fut con-
DESCRIPTION DE DAMAS. 411
struite par Khâtoûn , fille de Zahîr ed-dîn Choûmâii.
C'est celle qu on appelle [actuellement] et-Tayyébeh
(la bonne) [nom qu on lui donna en signe de bon
augure]. D en sera question ci-après.
La madraseh la Charîfiyeh. — [Est celle qui est]
auprès du quartier des étrangers [hârat el gJiorabâ);
[d'après le chaykh Taqy ed-dîn el Asady, la Charî-
fiyeh se trouve] dans la rue des cha^ârin. Le fonda-
teur (fol. 8 v°) n en est pas connu.
Elle eut pour professeur Nadjm ed-dîn ed-Dé-
machqy [en Tannée 690]. On n'en connaît pas
d autre.
La madràseh la Sàl^hiyeh (ou) Turbeh Omit es-
Sâleh. — A louest de la Tayyébeh et de la Djawha-
riyeh hanafite, et au sud-est de la Châmiyeh intra
muros. Elle fut constituée en waqf par es-Sâleh [Aboul
Hasan] Isma^îP^^, fds dei malek el *âdel [Sayf ed-
dîn Abou Bakr], C'était un roi intelligent. El malek
el Achraf Moûsa ^^^ lui avait légué Damas par son
testament. Il régna pei;, de temps sur cette ville, que
son frère el Kâmel*^^ lui enleva. Es-Sâleh la lui
reprit ensuite par la ruse et y resta plus de quatre
ans.
En Tannée 683 [Comm. 20 mars 1284) mourut
el malek es-Sa'id Fath ed-dîn 'abd El Malek, fils
d'es-Sâleh [Abou'l Hasan] Isma^l, fils d'[el malek]
el 'âdel. Il était fils de la fille d el Kâmel. Il [mourut
la nuit du (dimanche au) lundi 3 ramadan et] fut
enterré dans la turbeh de la mère d'es-Sâleh.
412 MAI-JUIN 1894. {
En rannce 688 [Comm. a 5 janvier 1289) [et le
jour de mardi 18 cha^bân] mourut elmalek ei Man-
soûr Chéhâb cd-din Mahmoud, fils d*es-Sâleh Isma-
ni, fils dei 'âdel. Uy fut enterré i^*.
En Tannée 727 {Comm. 27 novembre i3a6) eut
lieu la mort d*cl maiek el Kâmel Nâser ed-^in [Abou 1
ma^âly] Mohammad, fils d'[el malek] es-Sa^d Fath
ed-din [^abd El Malek] , fils du [sidtan el maiek] es-
Sâleh [Isma^îl Aboul Hasan], fils d'[el midek] d
'âdel Abou Bakr, fils d*Ayyoûb. Il [mourut dans la
soirée du (mardi au) mercredi ao djoumâda i* et]
y fut également enterré ^^.
En Tannée 728 [Comm. 10 janvier 1 3 a3) mourut
[la vertueuse khâtoûn] Khâtoûn , fille del malek es-
Sâleh Isma'il , fils d'el ^âdel [Abou Bakr, fils d'Ayyoûb,
fds de Châdy]. Elle était pieuse et doyenne {rayseh)
et ne se maria jamais. Elle [mourut dans sa maison,.
connue sous le nom de muison de Kâfoâr, le jour de
jeudi 2 I cha*bân et] fut enterrée dans la turbeh
d'Omm es-Sâleh.
L année des Khawâr [ezmiens , en 643], Damas
fut enlevée à es-Sàieh [par es-Sâleh Ayyoûb]; puis
BaHbakk [et Bosra, qui lui étaient restées]. U se ré-
fugia alors à Halab et ensuite à Mesr, où il fut mis
à mort^^^. C'est lui qui fut le fondateur.de la turbeh,
de la niadraseh et de la maison (d'enseignement) de
la tradition et de lecture qor^ânique.
La madraseh la Sâléliiyeh eut pour professeurs
Nadjm ed-dîn ebn el Moqaddasy ^^*, Chéhâb ed-din
ebn el Mîidjd '^'*^ et , après celui-ci , sept autres , chacun
DESCRIPTION DE DAMAS. 413
d'eux pendant un certain temps. Le dernier de ces
professeurs fut Tâdj ed-dîn ez-Zohry^^. Quant à la
fonction de supérieur [machîkhah) pour renseigne-
ment de la lecture qor'ânique , ce fut *alâ (^alarn) ed-
dîn es-Sakhâwy^^^ qui Texerça. Après lui, onze per-
sonnes en furent investies, c'est-à-dire de la charge
de supérieur; la dernière d'entre elles fut Fakhr ed-
dîn ebn es-Salef^^2. Pour ce qui est des fonctions de
supérieur de la maison (d'enseignement) de la tradi-
tion, elles furent remplies par Kamâl ed-dîn ebn
ech-Charîchy, puis par Ghams ed-dîn ed-Dahaby^^,
qui eut pour successeur *émâd ed-dîn ebn Katîr.
La madraseh la Sarémiyeh. — En dedans des
deux portas d'en-nasr et d'el Djâbyeh , au sud-est de
la ^adrâwiyeh. Elle fut construite par Sârem ed-dîn ,
mamloûk de Qâymâz en-Nadjmy^*^*.
[J'ai vu , gravée sur le linteau de la porte , l'inscrip-
tion suivante : « Au nom de Dieu clément et misé-
ricordieux! Ce lieu [makân) béni a été construit par
l'eunuque très illustre Sârem ed-dîn Djawhar ebn
'abd Allah, l'homme libre, affranchi de la grande et
illustre dame*esmat ed-dîn *adrâ , fille de Châhanchàh,
que Dieu sanctifie son âme ! C'est un waqf sacré et
une immobilisation éternelle au nom de ieunuque
ci-dessus mentionné, pendant la durée de sa vie;
puis, après sa mort, pour les jurisconsultes et ceux
qui étudient la jurisprudence parmi les disciples de
l'imâm ech-Châfé^y, que Dieu soit satisfait de lui !
C'est à lui que revient l'inspection (nazar) de ce lieu
414 MAI'JUIN 1804.
et le waqf qui lui est constitué est à Teunuque Djaw<-
har ci-dessus nommé, durant sa vie, suivant ce
qu'il a rédigé dans iacte de waqf. En œnsé^uence,
quiconque r altérera après l*avoir entendu, [le yerset)^^.
A été écrit Tannée 62 a. »]
Ceux qui y donnèrent des leçons furent :
Nadjm ed-din ie hanbalîte, puis son fiis, [puis]
Tâdj ed-dîn ebn^^ el Ferkâh. Quinze professeurs
leur succédèrent jusqu'à Badr ed-dîn , fils [du qâdy]
de Ghohbeh , qui eut pour successeur Zayn ed-dîn
'abd El Qâder20\
La madrâseh la Salahiyeh^^. — [A proximité de
rhôpital de Noûr ed-dîn.] Elle fut construite par
Noûr ed-dîn Mahmoud , fils de Zenky, le martyr, et
tira son nom du sultan [el mai^ en-Nâser] Salâh ed-
din [le conquérant de Jérusalem. Le sidtan] Noûr
ed-dîn [el malek ePâdel Aboul Qasem Mahmoud,
fils de Tatâbek Zenky, fils d'Aq Sonqor, ie turc,] prit
de son père^^^ la ville de Halab. B s'empara ensuite
de la ville de Damas ^^^, dont il resta maître pendant
environ vingt ans. Il était né ian 5 1 1 *^^. C'était le
plus illustre des rois de son époque, le plus juste,
le plus assidu à la guerre sainte. Il était brun, grand,
sans poils aux joues; il inspirait le respect, se fanait
remarquer par sa modestie, la chasteté de son lan-
gage et un jugement parfait; était exempt d'orgueil
et animé d'une grande crainte de Dieu, qu'il soit
exalté! [Il mourut d'une esquinancie (khawànî^) le
DESCRIPTION DE DAMAS. 415
1 1 chawwâl 569 et son royaume passa à son fils es-
Sâleh Isma^l , âgé de onze ans.]
Quant au sultan [el malek- en-Nâser Âboul Mozaf-
far Yoûsef, fils d'Ayyoûb, fils de Châdy, fils de
Marwân, fils dTa'qoûb, ed-Dawîny d*origine, et-
Tekrîty de naissance] Salàh ed-dîn'^^, il naquit Tan-
née 532. Il était fait pour exercer la souveraineté;
inspirant le respect, d*une haute portée d^esprit,
d une dignité parfaite , il réunissait toutes les qua-
lités. Il resta vingt ans sur le trône et mourut [le
27 safar 889 ^*^] dans la citadelle de Damas, où il
fiit enterré. Plus tard^^^, il fut transféré [de la cita-
delle] à sa tiu*beh [contiguê à la maison d'Osâmah
et] que son fils el malek el *azîz avait bâtie comme
madraseh [connue actuellement sous le nom de la
""azîziyeh^^^], au nord de la maison (d'enseignement)
de la tradition la Fâdéliyeh, à la Kallâseh [tout contre
la grande-mosquée omayyade^ du côté du nord, à
proximité de la zâwyeh la GhazzâUyeh],
Je dis : « Le vieux chaykh ed Darouty m'a infor-
mé que Salâh ed-dîn avait été enterré dans la ma-
draseh de son fils el ^azîz, à Damas, et quel Wiz
Tavait été dans celle de son père» la Sâléfuyeh de
Mesr. M
La chaire en fiit occupée par Gbams ed-dîn ie
Kurde 2l^ puis par Madjd ed-dîn ^^ le Kurde.
[La madraseh la Toqtaïyeh ^^^. — Jai vu sur une
liste d'enquête relative à des waqfs et portant la date
de Tannée 820 : La Toqtâïyeh est une des madraseh
410 MAI-JUIN 1894.
châfé^tes; une partie en a été restaurée. EUe est
située en dedans de bâb es-saghir, à environ cent
coudées nord-est, à louest de la maison du Khawâ-
dja en-Nâséry, au sud du minaret de la graisse; elle
a un petit minaret. Ebn Katir dit dans sa Chronique ^
sous Tannée 716 : «En radjab, le nâib de Hems,
Témir Chéhâb ed-dîn Qartây fut transféré à la lieu-
tenance [nyâbeh) de TripoH, en remplacement de
l'émir Sayf ed-dîn et-Turkestâny, qui était mort, et
Témir Sayf ed-dîn Araqtây^^® fut investi de la nyâbeh,
de Hems. La lieutenance del Karak fat donnée à
Sayf ed-din Toglây'^'-^^ en-Nâséry, pour remplacer
Sayf ed-dîn Yibogha. » Mais il ne mentionne de lui
aucune madraseh.
J'ai vu aussi dans le Wâjy de Salàh ed-dîn es-Sa-
fady, sous la lettre 7a, quil fait mention de deux
personnages. Lun est a Toqtây le sultan, souverain
du Qibdjâq (Kipchak), fils de Mangou Timour, fds
de Sâber [sic] Khan, le très grand empereur Saloû
[sic) Khan el 'aiy; il mourut en Tannée 7 1 3^' ». Le
second est « Toqlây, Témir *ezz ed-dîn , dawâdâr de
i'émir Sayf ed-dîn Ylboghâ el Yahyâwy ». Il était du
nombre des djamdâr (maîtres de ia garde-robe) du
sultan el malek en-Nâser Mohammad, fils de Qa-
iâoûn , qui le donna à Yibogha. Celui-ci le fit dawâ-
dâr. Il disait de lui : « Cet homme est mon parent et
mon compagnon d'esclavage [khachdâchy). Il lui avait
remis la direction de ses affaires et c'était lui qui
était le nâïb ... El malek el Kâmel le gratifia d un
émirat de dix à Damas . , . Plus tard , lorsque el Kâ-
DESCRIPTION DE DAMAS. 417
mel eut été détrôné ^'^^ et qu'el malek el MozafTar^^'
fut investi de la souveraineté , il se rendit de Damas
auprès de ce prince ... et reçut un émirat de tab[lkhâ-
nâh). 11 continua à jouir de ia faveur de son maître
jusqu'à ce qu'il partit avec lui quand son maître se
révolta contre el Kâmel. Il le suivit à Hamâh et fut
pris avec les autres émirs et dirigé sur Mesr en com-
pagnie de son frère Ylboghâ. On Tenvoya à Alexan-
drie. Dans la suite, Témir Sayf ed-dîn Chaykhoû^^*
et Témir Sayf ed-dîn Sarghatmich.^^^ intercédèrent
en sa faveur auprès du prince , qui le mit en liberté
ainsi que son frère Ylboghâ. Il demeura, lui, auprès
de Chaykhoû , tandis qu*Ylboghâ était envoyé à Ha-
lab. Gela se passait dans le mois de radjab de Tan-
née 7^8. Puis il reçut un émirat de dix et demeura
au Caire, où il épousa la femme de Témir Sayf ed-
dîn Toghây Timour en-Nadjmy^^^, le dawâdâr, qui
était la sœur de Témir Sayf ed-dîn Tâz^^'' el Mâléky ;
le nom de celui-ci était Mohammad, fils de Noûh. »
(Es-Safady) ne leur attribue la fondation d aucune
madraseh, ni khânqâh, ni autre (monument).]
La madraseh la Tabariye». — A bâb elbarîd. Son
waqf est situé à Ras el ^ayn^^^ et (comprend aussi]
des boutiques à la Noûriyeh [à Tintérieur de Damas].
Charaf ed-dîn ebn Hébat Allah el Isfahâny^a» y
donna des leçons.
La madraseh la Tayy^beh^^®. — Au sud de la
Nowriyèh [hanafite] et à lorient de la turbeh de
in. 28
IMrKIliWUm lATtOIALK.
418 MAI-JUIN 1804.
Tépouse de Tenkez, à proximité dW Khjawwâsîn [à
l'intérieur de Damas]. G est la Choâmâtâyeh dont il
a été précédemment question. On lui changea son
nom en signe de bon augure.
Je dis : ft II y a apparence qu'elle est au nord du
bain attenant à la maison du qâdy de Syrie. »
La chaire en fut occupée par Âboul ^abbàs el Fa-
zâry^^^; puis, après lui, par six autres professeurs.
La madraseh la ZabyIkiyeh. — Au sud de la
[madraseh la] Châmiyeh intra mwros et à 1 ouest de
la Sâléhiyehy qui est située elle-même à roccideht de
la Tayyébeh. [Son waqf comprend la mazraah {sise)
au village dTa^qoùbâ et des enclos (mohâkarât) au-
tour du fossé, au sud du rempart de Damas et au
nord du cimetière de bab es-saghir.]
Je dis : « Le mur de ce collège est contigu à celui
de la Châmiyeh intra mwros. »
Le hâfez Ghéhâb ed-dîn [ ebn ] Hedjdjy y professa
[en doul qa*deh de Tannée 774].
La madraseh la Zâhiériyeh extra muros. — En
dehors de bâb en-nasr, [au quartier d'en-Nayba,] à
Test de la KMtoâniyeh hanafite intra mwros et à 1 ouest
de la khânqâh la Heusâmiyeh, entre les deux rivières
de Bânyâs et de Qanawât, [au-dessus de Thippo-
drome ,] au Charaf méridional. Elle fut bâtie par el
malek ez-Zâher [Ghâzy]232^ fils d'ei malek en-Nâser
Salâh ed-dîn. Il [naquit à Mesr Tannée 568 et] rap-
porta (des traditions) d*après ['abd Allah] ebn Bary^*
DESCRIPTION DE DAMAS. 419
et plusieurs autres. Il était d'une beauté et d une cul-
ture d'esprit incomparables, doué de finesse et de
sagacité; il honorait les savants et les poètes. [Il
épousa les deux filles de son oncle paternel. Il mou-
rut de la dysenterie le 20 djoumàda a**. E^-Dahaby
dit encore, dans sa Chronique intitulée el ^ébar, sous
Tannée 669, en donnant le nécrologe de ceux qui
moururent cette année : « Et le seigneur de Sahyoun ,
le fils de Mankoûrès. Il conserva la souveraineté de
Sahyoun, après son père, pendant trente-trois ans.
Il mourut âgé de quatre-vingt-dix ans et fiit enterné
dans la citadelle de Sahyoun. A sa mort, le trône
passa à son fils Sayf ed-dîn Mohammad. Et (en. la
même année 669 mourut) el nmlek ez^Zâher Ghàzy,
fi'ère utérin de! malek en^Nâser Ycûsef; leur m^e
était turque. Il fiit mis à mort avec son firère en pré-
sence d'Hoûlâgoû. »]
Une fois, le poète el Halaby, étant son commen-
sal , lui dit : « Je ferai des vers », le menaçant de com-
poser une satire. -^ « Ecris en prose » , répliqua le
sultan , et il lui montra son sabre.
Ez-Zâher vécut quarante-quatre ans^* et en passa
trente sur le trône. [Il mourut en djoiunâda a* et
fut enterré dans la citadelle. Il fut tran^orté ensuijle
et enterré dans sa madraseh qu'il avait construite
à Halab. U est aussi le fondateur d une autre madra*^
seh à Damas , au Nayba\]
Je dis : « D*après ce qui précède , il fut investi du
souverain pouvoir à Tâge de quatorze ans. »
Au moment de mourir, il établit comme son 842Cr
28.
420 MAI-JUIN 1894.
cesscur au trône "Son fils [el malek] el ^azlz [Ghyât
ed-dîn Mohammad]^^, alors âgé de trois ans. Bien
qu'il eût des enfants grands , il lui donna la préfé-
rence parce qu'il avait reçu le jour de la fille de [son
oncle paternel] el *âdel et qu'il avait pour oncles
maternels el Achraf, el Mo^azzam et el Kâmel [et
pour aïeul el ^âdel]. El Mo^azzam chercha à détruire
la décision d'ez-Zâher; mais il ne put y parvenir.
[El Asady dit dans ses Annales , sous Tannée 610 :
« Et en dou 1 qa*deh, Dayfah Khàtoûn, fille d'el maiek
el 'âdei, mit au monde el maiek el Mansoûr Mo-
hammad^^^, fils dez-Zâher, seigneur de Haiab. »]
Après Ghams ed-din ebn Ma*n ^', huit autres pro-
fesseurs donnèrent des leçons dans ce collège; le
dernier d'entre eux fut Nadjm ed-din [Mohammad,
fils de Waly ed-dîn, connu sous le nom de] fils du
qâdy de ^adjloûn^^*.
La madraseh la Zâhériyeh intra muros. — Pour
les Hanafites et les Ghâfé^ites. En dedans des deux
portes bâb elfaradj et bâb elfarâdîs [et entre les deux,
voisine de la mosquée-cathédrale omayyade, au nord
de bâb el barid,] au sud des deux IqbâliyeJi et de la
Djâroâkhiyeh , et à l'est de la [grande] ^âdéliyeh. [Leurs
deux portes se font vis-à-vis et sont séparées par le
chemin.] C'était la maison d'el ^âqîqy^*^; Ayyoûb, le
père de Salâh ed-dîn, l'acheta de sa succession et
elle devint sa propre maison. [Ebn Kath* dit sous
l'année 676 : « Le jour de samedi 9 djoumàda 1*, on
commença à bâtir la maison qui était connue sous
DESCRIPTION DE DAMAS. 421
le nom de maison d'el ^aqîqy» en face de la ^àdéliyeh,
pour faire la madraseh et la turbeh d'el malek ez-
Zâher; ce n'était avant cette époque quune maison
d'el ^aqîqy, celle voisine du bain d'el ^aqîqy, et on
jeta les fondements de la turbeh le 5 djoumâda i^
et aussi ceux de la madraseh. » Le fils du qâdy de
Ghohbeh dit sous Tannée 368 : « El *aqîqy, le pro-
priétaire du bain sis à bâb el barîd, Ahmad ebn el
jjosayn ebn Ahmad ebn *aly, el *aqîqy, mourut en
djoumâda i^"" de cette année; Makhoûl, le naib de la
ville, assista à ses funérailles. Il fut enterré en dehors
de bâb es-saghir, »] El malek ez-Zâher [Baybars acheta
sa maison et] la bâtit comme madraseh, maison
(d'enseignement) de la tradition et turbeh, et cela
vers Tannée 670^^^. Cet el malek ez-Zâher est le sul-
tan [Rokn ed-dîn] Aboul fotoûh Baybars [le turc,
el Bondoqdâry, puis es-Sâléhy en-Nadjmy^*^ sei-
gneur de TEgypte et de la Syrie. Il naquit vers Tan-
née 620]. Il était très courageux. Il fut investi de la
souveraineté [le 1 7 dou 1 qa*deh de] Tannée 658.
Ses conquêtes furent célèbres et ses batailles fameuses.
11 mourut [le jour de jeudi après midi, 28 el mo-
harram de] Tannée 676, en son château blanc et
noir [el qasr el ablaq) [de Damas] et fut enterré dans
son mausolée que construisit son fils es-Said^*^.
Je dis : « Ces paroles de fauteur (en-No*aymy), à
savoir que c'est ez-Zâher qui construisit la Zdfe^nye/i,
sont en contradiction avec ce qu a mentionné le fils
[du qâdy] de Chohbeh dans ses Annales de Vislamisme.
D'après cet historien , cette madraseh fut construite
us HAÏ-JUIN 1894.
par son fiis es-Sa'id , qui procéda k cette o
à cause de h mort de son père Baybars, après qu'H
eut appris la nouvdle de cet événement. La mort
avait eu lieu antérieurement et le corps resta quelque
temps dans la citadelle de Damas jusqu'à ce que es-
Sa'id arriva dans cette ville. Ce prince acheta alors
la maison d el 'aqîqy, puis construisit la turbeh. C'est
un long récit qui diffère de ce que l'auteur raconte
ici; bien plus, la fm de son discours est la négation
du commencement. •
[El malek es-Sa'id moiunit comme subitement au
milieu de dou'l qa'deh de l'année 678, après être
resté un mois dans la citadelle d'el Karak. Ptù, un
mois après, il fut transporté auprès de son père,
dans la madraseh susmentionnée. Son frère Khedr
lui succéda comme souverain d'el Karak.]
A Rachîd cd-dîn [el Fâréqy]^ qui donna des
leçons dans cette madraseh, succédèrent environ
seize autres professeurs dont le dernier fut Mc^tîy
ed-din ei Mesry ^^^. Les fonctions de supérieor de U
maison (d'enseignement) de la tradition, laquelle est
située entre l'iic^n méridional des Hanafites et l'orien-
tal des Châfé'îtes, furent exercées {C 9 v") par Abou
Ishâq el Andaiosy ^"^i puis par sept autres après in;
le dernier fut Chams ed-dîn ed-Dahaby^".
[Dans le waqf constitué en faveur de cette oxadra-
seh, se trouvaient : les portions [héstu) [situées)i A
Qonaylérah; Katar aqeh (sur le lac de Tibériad*,
du côté du Jourdain); Sarmàn en entier; d jWkm-
fireh, au sud de Damas; la moitié de l'écurie (siw)
DESCRIPTION DE DAMAS. 423
dans le Béqâ^ la moitié d et-Torrah , et un jardin à
la Sâléhiyeh.]
Je dis : « Cette madraseh est devenue actuellement
une maison habitée par le chaykh Zayn ed-dîn ebn
Sultan. »
La madraseh la Grande 'âdéliyeh ^^''. — [A Im-
térieur de Damas , au nord-ouest de la mosquée-ca-
thédrale,] à lest de la khânqâh la Chéhâbiyeh, [au
sud-ouest de la Djâroâkhiyeh et en face de la porte
de la Zâhériyeh, dont elle est séparée par le chemiq].
Je dis : « Il y a apparence que la Chéhdbiyeh est
celle dont la porte fait face à la ruelle [zoqâq) de la
Lâqiyeh , dans la ruelle montante qui débouche à la
^osroâniyehf vis-à-vis de la Zâhériyeh; le chemin les
sépare lune de lautre. »
Le premier qui la construisit fut Noûr ed-din
[Mahmoud, fils de Zenky,] le martyr; [puis il mou-
rut] sans qu elle fût achevée. [Elle resta dans cet état
et plus tard] el 'âdel Sayf ed-dîn Abou Bakr Mo-
hammad, fils d'Ayyoûb et un des frères de Salâh ed-
dîn [en bâtit une partie]. Ce prince naquit à BaU-
bakk l'année 534 [Comm. a 8 août iiSg); il était
de deux ans plus jeune que Saiâh ed-din (Saladin).
Suivant un auteur, sa naissance eut Ueu Tannée 538
et, d'après un autre, l'année 54o^^®. Il eut dix-sept
enfants mâles qu'il pourvut de royaumes et maria
ses filles à divers souverains 2*^. Il mourut le [jour
de vendredi] 7 djoumâda 2^ de Tannée 6 r5 (3 1 août
1218) à ^âléqin [village] près de Damas, et fut en-
424 MAI-JUIN 1894.
terré dans la susdite ^âdéUyeh^^, non encore achevée.
Son fils el malek ei Mo^azzam ia termina ^^^ et lui
constitua des waqfs. Il y enterra son père Sayf ed-
dîn [Tannée 619] et lui donna le nom de ce prince.
Les professeurs de ce collège, après Djamâi ed-
dîn el Mesry'^^2^ furent au nombre de dix-neuf jus-
qu'au chaykii Sérâdj (ed-dîn) el Hemsy'^^^.
Il existe dans cette 'âdéliyeh une charge de chaykh
pour renseignement de la lecture qorânique et
d'autres sciences semblables; elle fut remplie par
*alam ed-dîn ei-Lawraqy, puis après lui par six chaykhs
dont le dernier fut Fakhr ed-dîn ebn es-Salef 2^*.
La madraseh la Petite ^adéliyeh. — En dedans
de bâb elfaradj, à Test de la porte orientale de la ci-
tadelle , et au sud de la Dammâghiyeh et de la Vmd-
diyeh. Elle fut construite par Zahrah Khâtoûn , fille
d'[el malek] el 'âdel [Sayf ed-dîn] Abou Bakr, fils
d'Ayyoûb. C'était une maison appartenant à ebn
Soûsek^^^, et sise en face de la maison (d'enseigne-
ment) de la tradition ia Noûriyeh. Elle devint la pro-
priété de la tante paternelle de Zahrah Khâtoûn.
Dans la suite, Zahrah Khâtoûn fut propriétaire, du
chef de la fille de l'oncle paternel de son père, Bâ-
^ 1^ Khâtoûn, [fille d'Asad ed-dîn Chîrkoûh], [de la
susdite maison], du village de Kâmed^^^, d'une por-
' tion [hessaJi) du village de Barqoûm, dépendance
de Halab , d'une portion du village de Bayt ed-dâr,
[dépendant d'el Asghâr], et du bain. Celui-ci est
connu actuellement sous le nom de petit bain de la
DESCRIPTION DE DAMAS. 425
^osroâniyeh et I^était anciennement sous celui d'ebn
Soûseq. Bâbâ Khâtoûn constitua le tout en waqf au
nom de Zahrah Khâtoûn , la propriétaire après elle,
pour être transformé en lieu de sépulture, madraseh
[et emplacements pour habitation]. Elle stipula que
la madraseh aurait un professeur, un répétiteur, im
imâm, un mouadden, un portier, un gardien et
vingt jurisconsultes. [C'est ce qui eut lieu au com-
mencement du mois de ramadan de Tannée 655.]
Charaf ed-dîn ebn Na^meh el Moqaddasy ^^'^ y
donna des leçons, et après lui douze professeurs
dont le dernier fut Ahmad ebn ez-Zohry^^^.
La madraseh la 'adrâwiyeh. — [Au quartier des
étrangers], en dedans debâb ^n-na5r[ appelée main-
tenant porte de la Maison de félicité [dâr es-saâdeh)]
et dans le voisinage de la Maison de la justice [dâr
el ^adl) ^^^, à laquelle une porte qui s'y trouve donne
accès. Ce collège est commun aux Châfé^tes et aux
Hanafites. Il fut construit par [la dame] *adrâ, fille
du sultan Salâh ed-dîn Yoûsef, [le conquérant de
Jérusalem, dans le courant de Tannée 58o, en de-
dans de bâb en-nasr, au quartier des étrangers. Ebn
Katîr dit, sous Tannée bgi : « C'est là que mourut
la dame *adrâ , fille de Témir Salâh ed-dîn Châhan-
châh , fils d'Ayyoûb , et fut enterrée dans sa madraseh].
Cette princesse fut la mère de Témir Sa*d ed-dîn
Mas^oûd, fils du hâdjeb Mobârak et seigneur de Sa-
fad , [ qui mourut à Safad en chawwâl de Tannée 602.
Son frère Badr ed-dîn Mamdoûd [Us. Mawdoûd),
42Ô MAl-JUIN 1804.
chehnah de Damas, était mort avant iuî, en rama-
çlân]. »
Je dis : « Mais non, (^adrâ n était pas fille de Sa-
lâh ed-din); elle était fiiie de Noûr ed-dauleh Ghâ-
hanchâh^^^, fds de Nadjm ed-din Âyyoûb, fils de
Châdy, fils de Marwân. Frère de Sadâh ed-din et
Taîné de tous ses frères, il fut le père de 'ezz ed-din
Farrokh Chah, del maiek ei Âmdjad, seigneur de
BaHbakk, et del malek el Moza&r Taqy ed-din
^omar^^^, seigneur de Hamâh. Ghâhanchâh fiit tué
dans la i^ncontre qui eut lieu avec les Francs. Ils
avaient réuni , dit-on , sept cent mille hommes entre
cavaliers et fantassins, et s'étaient avancés vers la
porte de Damas, ayant formé le projet d*envahir tous
ensemble le pays des musulmans. Dieu lui donna
sur eux la victoire. Il fut tué dans le mois de rabf
i" 543 (juillet-août 1 148). Tel est le réeit d'ebn
(fol. io)Khallikân262.«
[Au rapport d elÂsady,sous Tannée 60 a, Mas'oûd,
fils du hâdjeb Mobârak , 1 émir Sa à ed*dîn , seigneur
de Safad, avait à Damas une maison qui est deve-
nue la propriété de fémir Djamâl ed-din Moûsa ehn
Yaghmoûr; elle se trouve à proximité du bain de
Djâroûkh et voisine du rébât de Zahrà Khâtoùn. —
La maison de son frère Mamdoûd (Mawdoûd) , à Da-
mas, est située au quartier de/ balâtqh et a passé à
Nadjm ed-din el Djawhary, qui Ta constituée en waqf
comme madraseh.]
Le premier qui occupa la chaire de la ^a4fâvj^ek
fut Fakhr ed-dîn ebn ^asâker [Tannée SgS]. Vingt-
DESCRIPTION DE DAMAS. 427
huit professeurs lui succédèrent ; le dernier d'entre
eux lut Borhân ed-dîn ebn el Mo^tamed ^^.
La madraseh la 'azîziyeh^^. — [A l'est de la tur-
beh la Scdâhiyeh], à l'ouest delà turbeh ïAchraJiyeh,
et au nord de la maison (d'enseignement) de la tra*
dition à laquelle le qâdy el Fâdel a donné son nom,
[IdL Fâdéliyeh ,] dans la Kallâseh, [touchant la mos-
quée-cathédrale omayyade]. Le premier qui en jeta
les fondements fut el malek el Afdal^^*. EUe fîit en»
suite achevée par el malek el *azîz ^^ [qui lui coKisti-
tua en waqf, un très grand village connu sous le
nom de Mohdjatem^^^]. Ce prince mourut à l'âge
de vingt-huit ans. C'était un jeune homme beau, gra-
cieux, avenant et de mœurs pures. Il fit transporter
son père , le sultan Salâh ed-dîn , et l'enterra dans
un tombeau à la qoaibeh qui se trouve dans ïiwân
de la ^azîziyeli, du côté de l'ouest, et qui est percé
de deux fenêtres, l'une à l'occident, sur le chemin
qui conduit h la maison du m^oufty actuel, et l'autre
donnant sur la FâdéUyeh , vers le côté du sud. U fit
graver sur la caisse de son tombeau cette prière
composée par le qâdy el Fâd^i : « O mon Dieu, sois
satisfait de cette âme, et ouvre-lui les portes du pa-
radis; c'est la dernière des conquêtes ^^ qu'elle
espère. » Les vœux formés auprès de son tombeau
sont exaucés. Les plus grands et les plus distingués
d'entre les docteurs ont relaté le fait, et il ne eona-
porte ni doute ni incertitude.
Salâh ed-din avait d'abord été enterré dans la cita-
428 MAI-JUIN 1894.
délie; son transfert de la citadelle eut lieu le jour
^achoûr(V^^^ de Tannée Sga (i5 décembre i igS).
Les professeurs de ce collège furent : le qàdy
Mohiy cd-din ebn ez-Zaky; puis son fils Zaky ed-<lin;
puis le frère de celui-ci, Mohiy ed-din, et ensuite
douze professeurs , dont le dernier fut [Taqy ed-dîn] ,
le fils [du qâdy) de Chohbeh ^^o.
Là mâdraseh la ^osrouniyeh. — En dedans des
deux portes d'elfaradj et d'en-nasr, à Test de la cita-
delle, et à Touest de la mosquée-cathédrde, au quar-
tier {mahalleh) de la pierre d'or.
[Ebn Katir dit : «Auprès du petit marché (50a-
ivayqah) de bâb el barid, en face de la maison du
fondateur; la largeur du chemin les sépare. « Je dis :
« Sa maison est devenue actuellement une qaysâriyeh
servant à l'habitation d'étrangers à la famille, et le
sol appartient à sa descendance, non à la mâdraseh;
il reste, jusqu'à présent, des vestiges en ruines de
sa construction. » Le waqf de la mâdraseh comprend
entre autres : dix qîràts et demi dans Horayrah ; à
Ba%akk, deux mazraah connues maintenant sous
le nom de Dayr en-naft, et montant à environ dix
qirâts, en commun avec la khânqâh la Somaysâtiyeh;
une mazraah connue sous le nom d'el Djaladiyeh,
environ quatorze qîrâts, et qu'ensemencent les ha-
bitants d'el Dja^îdiyeh; dans le village de Hamârâ
au Mardj septentrional , un qîrât et trois quarts ; à et-
Tâbétiyeh, en dehors de la porte d'el DjâbyehàeDsk-
mas^ un jardin connu sous le nom d'es-Sanboûséky.]
DESCRIPTION DE DAMAS. 429
Elle fut construite par le qâdy en chef Charaf
ed-dîn Abou Sa^îd *abd Allah ebn Mohammad ebn
Hébat Allah ebn el Motahhar ebn Abî ^osroûn ebn
Abî's-Sary, et-Tamîmy, el jjadîty, puis el Mawsély,
ed-Démachqy. Il naquit à Mosoul [en rabî^ i" de]
Tannée ^92 ou ^gS ^^^ Il professa longtemps dans ce
collège , et investit son fds de la charge de qâdy. Il
mourut à fâge de quatre-vingt-treize ans, et fut en-
terré dans sa madraseh, en face de sa maison. Il rap-
porta des traditions d après les grands imâms; cest
à lui qu'on recourait pour les jugements. Il composa
de nombreux et très importants ouvrages , et on lui
doit des poésies charmantes. 11 stipula que le profes-
seur appartiendrait à sa descendance et que , dans le
cas où il ne serait pas capable , il déléguerait quel-
qu'un. Ses deux fds, Nadjm ed-dîn et Mohiy ed-dîn,
donnèrent des leçons à la madraseh , ainsi que plu-
sieurs personnes de sa postérité.
Je dis : « Il semblerait , Dieu connaît mieux la
vérité, que, quand il ne se trouva plus de savants
parmi ses descendants , il se soit introduit parmi eux ,
en qualité de professeurs , des étrangers à la famille ,
tels que Ahmad ebn Nasr Allah [el Hamawy^"'^],
Chams ed-dîn ebn Ghânem 2^^, Djamâl ed-dîn el
Qalânésy,puis son fds Amîn ed-dîn 2^*. De tels savants
n'acceptent pas des gains illicites ; si leur acceptation
de ces fonctions n eût pas été légalement permise
par suite d'impossibilité de la part des descendants ,
(ils ne l'auraient pas donnée).
430 MAI'iUIN 1894.
Au nombre des vers composés parCfaaraf ecl*^in
ebn [Abi] ^osroûn sont les suivants :
« J'espère vivre, et à chaque heure passent à mes
côtés les morts dont on secoue les bières ;
« Je ne suis que Tun deux^'^, si ce uest que j'ai
encore quelques restants de nuits i vivre. »
On a trouvé écrit de sa main , au bas d'une licence
d'enseigner :
« 0 toi qui r^aurdes ce diplôme après ma mort,
cueillant les fruits de mon travail assidu,
N (N'oublie pas que) j'ai besoin, dans les ténèbres
de ma tombe, que tu me donnes une prière.
« Me voilà pauvre, après avoir été riche, et isdé,
après avoir réuni autour de moi une foule nom*
breuse. »
La madraseh là 'emadiyeh. — En dedans de bâb
elfarâdis et contiguè à la Danunâghiyek {du côté d^
sud]. Elle fut bâtie par ^émâd ed-dîn [Ismâ^l], fils
de Nour ed-dîn. Ce fut le sultan Salâh ed-dîn «qui
lui constitua des waqfs. ^émàd ed-idîn y donna des
leçons , puis son fils ^ezz ed-dîn*
Ainsi s'exprime ebn Chaddâd. Mais c'est une erreur.
Le vrai est qu'elle fut bâtie par Noûr ed-dîa Mah-
moud, (fils de Zenky,] le martyr, pour le prédica-
teur de Damas , Abou'l barakât ebn'abd , el Hâré|y^^*.
Lorsqu'arriva el *émâd el kâteb^'^'^ (le secrétaire),
Kamal ed-dîn ech-Chahrazoûry lui donna rhosjM-
talûbé [à la madraseh la Noûriyeh, (située) en dedans
de bâb elfaradj] , et elle prit son nom à cause du se-
\
DESCRIPTION DE DAMAS. 431
jour qu'il y fit. [C'est pourquoi on l'appelle la ^émi-
diyeh].
Après les deux fils du prédicateur, Badr ed-dîn
ebn es-Sâyegh '^''^ y professa.
[J ai eu sous les yeux (rapporte en-No^aymy) une
liste écrite de la main de Taqy ed-dîn ebn Ghahlâ et
ainsi conçue : «Louange à Dieu! Décompte béni,
s'il plaît à Dieu , de ce qu a produit le waqf de la
madraseh la ^émâdiyeh (située) en dedans de bâb el
faradj, que Dieu fasse miséricorde à son fondateur !
et de ce qui a été dépensé dans les constructions de
la madraseh, le tout réuni sous imi^ction {nazar)
du soussigné, et cela pour Tannée 865. En der-
hams, 1,000 pour lui; 70 de la boutique voisine
de la madraseh , et habitée par el adamy (le cor-
royeur .^) en Tannée 8(6)4?; une chambre {tabcujoh)
par-dessus cette boutique, restée vacante; le loyer
[mohâkarah) de iamazraah cormue sous le nom de la
'émâdiy eh , à Qasr el-Labbâd , près du quartier ( hârah )
d'es-Solaymâny, 800; le loyer de la fnoitié de la
mazraah située au Wâdy inférieur, et eonuifue sous
le nom de la Dammâghiyeh , aux mains debn 'osfoûr,
35; le loyer du petit jardin et de la maison del
Adjroûd el Qarâdy, 3oo; le loyer du p^it jardin et
de la maison de Qizil M alak , 2 o ; le loyer de la maison
de Qarâ Boghâ le sourd, el Ba^dbakky ... ? (Lm f^^^)',
le loyer du sol des boutiques, portant la construc-
tion de Zayn ed-*dln ebn atâ , 1 5>; le loyer des lïou-
tiques au-dessus desquelles s'élève la construction
d'ebn 'osfoûr, 35; le loyer du ^ol des boatiques et
432 MAI-JUIN 1894.
de la hauteur? (g}^) portant la construction de
Ghâhin. . .? (Jb^w). Le détail des dépenses est le sui-
vant : salaire des ouvriers et nettoyage (J^yis) autour
de l'étang et autres dépenses, y compris la subsis-
tance de quatorze, et ce qui était préparé, avec ce
qui avait été déboursé au compte du waqf dans la
restauration de la madraseh, dans le courant de Tan-
née (8)64, en argent lui appartenant, 70; impôt
foncier et imposition [farîdah) pour Tannée (8)65,
70; le naqih (préposé) du waqf, 10. li restait après
cela 700. Il a été remis povu* Tinspection [nazar)
160; pour les leçons, 3 00; pour les frais? (i^^lj-eJI),
prix d'huile , a 4 ; la gérance ? ( jJLjJI ) , 1 00 ; ïimâmah
aux jurisconsultes restants , au nombre de dix : le
chaykh Chéhâb ed-dîn Ahmad el *anbary, ao; le
chaykh Ghams ed-din Mohammad ebn Hedjdjy el
Khayry, 20; le chaykh Ghams ed-din Mohammad
el Horayry, 20 ; le chaykh Ghams ed-dîn el Hemsy,
2 o ; le chayhk Ghams ed-dîn el Hawâry, 20 ; le chaykh
Ghams ed-dîn el Arîhy, 2 o ; le chaykh ^omar et-Tayby ,
laveugle, 20; le chaykh Djamâl ed-dîn *abd Allah
ebn ^abd Es-Sallâm, el *adawy, 20; le chayUi *aly el
^asbâny, 20; et le chaykh Ghams ed-dîn Mohanmiad
ebn el Farrâch, le portier, 20^"^^]. »
(Fol. 1 o v"*) La zâwyeh la Ghazzâlf^eh. — [Dans
la zâwyeh nord-ouest,] au nord de la chapelle sé-
pulcrale de ^otmân [connue actuellement sous le
nom de machhad da nâîb], dans la mosquée-cathé-
drale omayyade. Elle est connue. La zâwyeh porta
V
DESCRIPTION DE DAMAS. 433
(rabord le nom du chaykh Nasr el Moqaddasy -^^,
puis celui de rimâni Abou Hâmed el Ghazzâly^^^
Le sultan en-Nâser lui constitua en waqf [en safar
de Tannée 672 ] un village [le village de Hazm à el
Léwa dans le Hawrân^^^].
Je dis : « Le village est à Saydâ ; on lappelle el
[Târah. Il existe encore aujourd'hui, mais réduit à
la moitié. Dieu est plus savant. »
Le waqf constitué par en-Nâser concerne aussi
ceux qui s'occupent, dans ce collège, des sciences
relatives à la loi divine et les Ghâfé^îtes qui y donnent
des leçons.
Ceux qui y professèrent furent successivement :
le chaykb Nasred-dîn Nasr el Moqaddasy ; [ebn^abd]
le khatib du djâme omayyade; Djamâl ed-dîn ed-
Dawla^y; son frère Charaf ed-dîn ; [le frère de celui-
ci] Asîl ed-dîn el IsWdy; *émâd ed-dîn, le [fils du]
Chaylîh des chaylihs ; ^ezz ed-dîn ebn *abd Es-Sallâm ^®^.
Après eux , il y eut encore vingt professeurs environ
jusqu'à Chams ed-dîn el Wafây ^^*.
Je dis : « Il est évident qu'il (en-No^aymy) n'a pas
fait mention d'el Ghazzâly à cause de la notoriété
que son nom avait acquise à la zâwyeh. li y fut in-
vesti des fonctions de professeur, et le sultan en-
Nâser constitua des waqfs à ce collège, tant pour lui
que pour ses élèves. Le chaykh Nasr ed-dîn y était
avant el Ghazzâly; mais il y professa, à ce que je
crois '^*^, sans aucune dotation. Dieu connaît mieux
la vérité. »
iii. -îO
ivrmwKftiB t*ri<t<i«LK
U4 MAI-JUIN 1894.
La maohaseh la Fàrbsiyeh [et )a turbeh qu'elle
renierine]. — A louest deia Djawziyeh[hanh9Ïiie],
vis-<V\ is de celui qui sort de la porte de ïcdditioH [bâb
ez-zyédeh). Elle fut constituée en waqf par Sayf ed-
dîn Fârès, le dawâdâi\ et-Tanamy ^**, Tannée 808
(Co/wm. 29 juin i/io5).
Je dis : « Il est clair que c'est le dawâdâr fonda-
teur de la Tanamiyeh au maydân el hasa (ilùppodronie
des cailloux). »
[Il constitua en waqf le village de Sahnâyâ, qu'il
acheta en 808, avec l'autorisation du sultan, et
autres] en faveur des professeurs, de dix juriscon-
sultes, de [dix] maîtres enseignant la lecture (qor-
ânique) et de dix^^'' orphelins. Lorsque l'un d'eux
avait appris le qor an par cœur, il sortait, et un autre
était installé à sa place. (Le waqf était) aussi (affecté)
à la distribution d'un [quart de] quintal^** de pain
par semaine, et à (la solde de) deux professeurs de
lecture qorânique, autres ([ue les dix [susmention-
nés] ; ils devaient être présents immédiaterpçnt après
l'heure de midi et après Y^asr.
Cette école eut pour professeurs Ghéhâb ed-din
ebn Hedjdjy '-^^^ et Djamài ed-din [et-Taymâny] cl
Mesry [en chawwâl de Tannée 811]; puis son fils
[comme suppléant de] Taqy ed-din, fils du qâdy de
Chohbeh ; puis le fils de celui-ci , Badr ed-din et en-
suite Taqy ed-dîn , fils du qâdy de ^adjioûn.
[D'après des informations fournies par Djamâl
ed-din el ^adawy, portier de cette inadraseh , le waqf
de celle-ci comprenait, entre autres, le quart du vii-
DESCRlPTIOiH DE DAMAS. 4W
iage de Fazâr»h , àe là dépendatiOd du DfftWlàâ f ttti
dixième du village de BMin , dé lâf ééfmàemm àu
Béqâ^ ; un quart du marché des armes , en coiHfUtftt
avec la madras^h VAminvyek; et là tti«îiôft d^èbrt Mo-
/.alleq. ]
La MAbflAàEtt LA FATHrtfâs — Eik ftil €Oiis*rurtô
par el malek [él Ghâleb] Fàtb ed-dîw» ééi^tt*' àë
Bârîn [, pkrettt du seigfwêur de Hâiï^àh}. Elle ren-
ferme k tô^ibeau dui^M^alé^tf', qui kiif dofistiifiili dé9
waqfe datts les? Dyâr el Mft'art^iyéh^®. ^émèÀ id^dtrt
ei Harartâny^w y dotwïà dfe» k^ns? ét^'^ipi'èë iili^
qtiôtre (professeurs). ' - : «^ >
Jb di^ : « On eft igWôrferémpUcefMWlJ Dietl^ qtf*
soit exalté ! est plus savant. » . :
La !ifAMAi«H LA pAtAftir^il. ^^ Emtê 1m deux
reoipifrts. Elle fut ôottstfûite pa«? YOstâ FkW^iféé'
àhï. Laf Irâtisèe efi fot aehevée^ érr ràndodliv d'HIV
[Fakhr ed-^ti mo^irut le 6 chawwâi de fa mêitie aim
née et y fat enteïi^é*^^].
La charge de ppofesdettr fut eonfeée k Ghsrmt ed^
dîn el Bàfmâwy2«^
Je ms : « C*e5^ le cottimentâteur d'el Bôbhàfy^*.. *
La maôha^ëh la pALAitnpiÊtf. — A louest de la
madraseh la Ihkniyeh irtffà rmrùs , «rtf qmr (ier ( J4r*a/i )
de rAftarîô [en dedans de la poirte êtélfanâiU et (de
la porte) d'etjùriidj].
Je dis : « Elle est située dans la ruelle où habite
29.
430 MAI-JUfN 1894.
de nos jours le qâdy Akiiiai ebn Mofleh, et le nom
(lu quartier a maintenant disparu ^^^ Dieii est plus
savant. »
Elle fut construite par [le grand-émir] Falak ed-
dîn [Abou Mansoûr Soiaj/mân ebn Gharwah ebn
Djeldek^^], et renferme son tombeau; il mourut [le
ay el moharram de] Tannée 599. [Il lui constitua
en waqf le village entier d el Djomân].
Les professeurs de ce collège furent : Chams ed-
dîn ebn Sany ed-dauleh, puis le fds du qâdy de
Chohbeh^^'', el ensuite son fils Sadr ed-din [le qâdy
en chef Abou 1 ^abbâs Ahmad]. Il y eut aprèa lui
dix professeurs, dont le dernier fut [en d^ul qa*-
deh 78a] Borhân ed-din [Ibrahim] ebn el Mo*ta-
med2«».
La madraseh la Qelîdjiyeh^^. — En dedans des
deux portes orientale (Mb charqy) et de Thomas
(bâb toâmâ); à Test de la Mesmâriyeh. [A l'ouest du
mekrâb est une turbeh , et de même à f orient de la
madraseh. Elle est en pierres de taiUe mezzy.] Elle
fut construite par Modjâhed ed-dîn, fils de Qilîdj
Mohammad, fils de Chams ed-din Mahmoud. Elle
est située dans un endroit connu sous le nom de Qasr
[ebn Abî] el HadùP^.
Je dis : « Cette madraseh m'est inconnne. »
Zaky ed-dîn ebn el Kabaty ^^^ y donna des leçons
et, après lui, huit professeurs dont le dernier fut
Tâdj ed-dîn ez-Zohry [au commencement de Tan-
née 801 302].
DESCRIPTION DE DAMAS. 437
La madraseh la Qawwâsiyeh. — A la petite 'oqay-
beh, au quartier (liârah) d'es-Solaymâny, près de la
mosquée de Y oli\ier [tnasdjed ez-zaytoâneh). La con-
struction en est due à Témir^ezz ed-dîn Ibrahim ebn
*^abd Er-Rahman [ebn Mohammad ebn Ahmad ebn
el Qawwâs], qui était préposé [moubâcher) à la sur-
veillance des abus qui se commettaient dans la per-
ception [d*une partie] des impôts revenant au sul-
tan ^^^. Au moment de sa mort [qui eut lieu le jour
de mercredi 20 doul liedjdjeh de Tannée ySS^^^], il
recommanda de faire de sa maison une madraseh
[à Textérieur de Damas, en dehors de bâb elfarâdîs]
et lui constitua des waqfs.
Les fonctions de professeur y furent remplies par
(fol. 1 1 ) el *émâd le Kurde ^*^^, puis par Bahâ ed-dîn ,
fils de Timàm de la chapelle sépulcrale, et ensuite,
après lui, par six professeurs dont le dernier fut
Mohiy ed-dîn en-Nâséry [le hanafîte],
La madraseh la Qousiyeh. — [C est la haUjah qui
est] dans la grande-mosquée omayyade. On ne lui
connaît pas de fondateur. Suivant quelques-uns, elle
fui constituée en waqf par son professeur qui était ,
dit-on, Djamâl el islam.
Ceux qui y donnèrent des leçons furent : Ghéhâb
ed-dîn el Qoûsy ^^, puis ^ezz ed-dîn el Erbély, puis neuf
autres dont le dernier fut Kamâl ed-dîn ebn Hanizah.
Je dis : « J ai vu le sayyed Kamâl ed-dîn faire sa
leçon à l'est de la nuiqsoarah, près de la tombe [da-
rih) de sîdy Yahya, fils de Zakaryà, que sur eux soit
438 MAI-JUIN 1894.
le salut! J ai assisté auprès de lui à à»^ kçons sur
(les sciences diverses, entre autres, sur la Djam H
djawàm^ ^^ ^t sur une partie du Moghny^^ : le pre-
mier ouvrage traitant des principes du drcHt» et le
second, de la syntaxe grammaticale. »
La MAD^ASPH hA QaYiMIARIYJEH JNTftA NU»06. -^ [Au
( marché des) harùnyin^\ à Tintérieur de DiWHu».]
Elle fut construite par [le conomwdai^t d?& armée» j
Témir Nâser ed-dtn [Abqul ma'âly el Ho«ayo] ebn
*Mw [ebn Abîl fawârès], el Qaymiuy [te Kurite}**^
C^était un guerrier brave et oQur^geux. G*eat lui qui
livra la Syrie ^^^ à el malek en-Nâsor [sei^poeui! de
Hamâh, lorsque fut tué Tourân Chah* fila desp§^eh
Ayyoûb, à Mesr], H mourut en guenx)yant sur le
Léittoral [en rab^ i" de] Tannée 665. On. dit qu'il
dépensa pour les heures (rhorloge) qui sont Wrdetirafl
de la porte de la madraseh plus de quarante mille
derhams.
Le fondateur confia la charge de profesieur au
qâdy Chams ed-din ech-Cbahrazoury^^^, auqud 3uo«
cédèrent onze professeurs dont le dernier {ai Charaf
ed-dîn Aboul baqâ^^^.
[Sayf ed-dîn el Qaymary, le fondateur de Thôpital
situé à la montagne (de Qâ^yoûu), était du aombre
des émirs et de leurç guerriers les pim reuo^uoés
pour leur bravoure. Il mourut à Nfiqplouse et £iijt
transporté et enterré dans sa qoabbeh, qui est en face
de f hôpital. ËdoDababy le meutionne parmi les per-
sonnages qui moururent Tannée 653^**.]
DESCRIPTION DE DAMAS. 439
La Petite Qaymariyéh. — A Tancienne Qabâqé-
biyeh (marché des fabricants de qahqâh, socques en
bois), à Touest de la Moqaddamiyeh [hanafîte] et au
nord de la hanbalîte. [Elle est située entre la Grande
Qaymariyeh dont il ^ient d'être c[uestion et qui se
trouve au soûq el harimyin , et le marché des caisses
[soûq es-sanâdiq); elle est autre que la Qaymariyeh
située sur le chemin de la Chebliyeh, laquelle est au
sud de la Hâféziyeh.]
Djamâl ed-dîn ebn el Bâ'ouny en résigna la
chaire 3^^*" 1 année 892 ^^^
La madraseh la Karousiyeh. ^- A côté de la Sa-
marriyeh châfé^îte. Elle fut constituée en waqf par
Mohammad [ebn ^aqîl] ebn Karoûs [Djamâl ed-
dîn]^^^, mohtaseb de Damas, [qui mourut dans cette
ville en chawwâl de] Tannée 64 1 . H fut enterré dans
sa maison , dont il avait fait une madraseh.
Les leçons y furent données par Mohammad ebn
Nadjm ed-dîn ebn Abî' t-Tayyeb [ou Abr t-tîb ?)»'''.
Je dis : a Elle m'est inconnue; mais je présume
fort qu elle soit l'habitation du chaykh Abou 1 baqâ
ei Béqâ^y, le prédicateur châfé^te, devenu en dernier
lieu hanafîte. »
La madraseh la Kallâseh^^*. -^^ Centime à la
mosquée -cathédrale omayyade [du côté du nord.
Elle a une porte donnant accès à la mosquée]. Elle
fut édifiée par Noûr ed-dîn le martyr, Tannée 555 , et
devint la proie des flammes avec le hiinslret de la
MO MAI-JUIN 1894.
iiaiicée [madanet el ^aroûs), i année 670 {Comm.
3 août 1 17A). Elle fut appelée la KaUâseh^ parce
([u elle occupa remplacement où se préparaît la chaux
{kels) lorsque Ton construisit la grande-mosquée.
Quelque temps après Tincendie, le sultan Salâh ed-
din [fds d'Ayyoub, étant devenu maître de Damas le
29 rabf i'"" de Tannée 5 7 5,] donna Tordre de recon-
struire la Kallâseh par les soins '^* [du hâdjeb Abou'l
fath connu sous le nom] debn el *amîd**^.
[En Tannée 6/17, le bassin de la Kallâseh fut re-
construit et on en dalla le vestibule ainsi que ie soi
du bassin.]
El kamàl el jjarastâny y donna des leçons, puis
huit autres dont le dernier fut Ghéhftb ed-ctin el
Ghazzy et ensuite son fils Rady ed-din'-^ [le 3 doul
qcV deh de Tannée 835].
La madraseh la Modjahédiyeii intra muros^^'^. —
Près de la porte (du marché) des vanniers (bâb el
kliawxoâsîn). Elle fut constituée en waqf par [le
grand-émir] Modjâhed ed-dîn Aboul fawârès, fils
d'Yasen^^^, fils de 'aly, [fils de Mohammad d Dja-
lâly,] le Kurde, un des commandants en chef [de
Tarmée de Syrie , avant et pendant le règne de Noûr
ed-dîn. H fut lieutenant [nâh) à Sarkbad]^^*. Il mou-
rut [la nuit du (jeudi au) vendredi «isafar de] Tan-
née 555 et fut enterré dans son autre madraseh la
Modjahédiyeii, à bâb elfarâdis^^^^.
[C'est de cet émir que tire son nom le sob* el
Modjâhédy, dans k mosquée-cathédrale, dans la
DESCRIPTION DE DAMAS. 441
maqsoûrah (Xel Khedr, en dedans de la porte de ïad-
dition,]
[La madraseh comprend dans son waqf le moulin
d'el-Lawwân, à l'extrémité d'el Mezzeh, et ed-Day-
roûsah.]
Je dis : « Cette madraseh est peut-être celle située
derrière le marché de Djaqmaq, et voisine de la
maison d'ebn Amîn ed-dîn le kbawâdja; elle est
actuellement la demeure du chaykh Nàser ed-dîn le
hanafîte, imam de la grande-mosquée omayyade, et
peut-être est-elle celle qui est vis-à-vis de la porte de
la qaysâriyeh des marchands d'arcs [qaysâriyet el qaw-
wâsin); car je sais quelle portait anciennement le
nom de Modjâhédiyeh. Quant à maintenant, on l'ap-
pelle idi Hedjâziyeh , parce que les habitants du Hedjâz
descendaient là. Mais alors elle servait de pied-à-
terrc [manzoûl) aux délégués [nouwwâb) du qâdy de
Syrie et autres Grecs (arwâm). »
Elle eut comme professeurs Montakheb ed-dîn el
Qorachy^-^, puis une série de quatorze, qui se ter-
mina par el Borhân [ebn] el Mo*tamed, Zayn ed-dîn
et-Tarâbolosy, Ghams ed-dîn el Kafarsoûsy^^^ et le
Gharîf le mowaqqé'^ el Halaby [né en l'année 852 ].
Je dis : « 11 est le frère du sayyed Djalâl rakkâb
el khayl (le monteur de chevaux). Dieu, qu'il soit
exalté ! est plus savant. »
»
La madraseh la Modjâhédiyeh [extra muros]. —
Entre les deux portes d'el farâdis. Nous venons de
donner ci-dessus la biographie de son fondateur
\M MAI-JUJiN 1804.
[Mocijàlied ed-diii. G est dans cette inadraseh quil
fui enterré].
Elle compta plusieurs professeurs.
(Fol. 1 1 v°) La madraseh la Masrouriyeh^ -—A
bâb el barid. Elle fut construite par reilnuque [Ghams
el Khawàss] Masroûr, un des esclaves noirs des khalifes
égyptiens, le propriétaire -du kliân de Masroûr ^^ au
Caire, ou, dit-on, par lemir Fakhr ed-dln] Masroûr
el inaléky en-Nâséry el ^âdély, pour qui elle fut con-
stituée en waqf par Ghebl ed-dauleh [ Kâfoûr] el Heu-
sàniy, le fondateur de la Chebliyeh.
\âseh ed-din [Abou 1 IJasan ^aly ebn Mortafé^ ebn
Aftékin (ou Taftékin ) , el Djomayzy, el Mesry] y donna
des leçons ^-^^, puis, après lui, quinze autres dont le
dernier fut 'ysa ebn ^otmân cl Ghazzy'^.
Je dis : c< Elle ni est inconnue à la porte de la
poste. »
La madraseh la MankalAniyeh. — ^ Ce que dit es-
Safady donne à entendre que cétait une madra-
seh ^^^; mais il n'en fait connaître ni professeur, ni
fondateur. Elle est connue; (elle est située) près de
la madraseh la Qaymariyeh intra muros.
Je dis : « Elle est voisine de la maison d*eu-Noârj
Mahmoud ebn el Bâbâ et d'ech-Ghams Mohalnfiuid
ebn koraychât. »
La madraseh la NAséAiYEii it^tha muros. — [Ert
dedans de bâb el farâdh,] au nord-est de id grflfkde^
DESCRIPTION DE DAMAS. 443
mosquée et de la Rawâhiyeh, au nord-ouest de la
Bâdérâïyeh et à Test de la Petite Qaymariyeh et de la
Moqaddamiyeh intra muros. Elle fut construite par el
malek en-Nâser Yoûsef^*^ fiis de Salàh ed*din [ Yoû-
sef], fils d^Ayyoûb. [Cette madraseh était connue
sous ie nom de maison d'ez-Zaky el Mo^a^am et la
construction en fut achevée à la fin de Tannée 653.]
Les leçons y furent données par Sadr ed^dîn ebn
Sany ed-daideh [qui commença le 7 el moharram de
Tannée 654], pufa pai^ Mohiy ed-dixi Yabya [ebn]
ez-Zaky^^^ [en Tannée 65&]. Il eut pour successeur
Nadjm ed-dîn [fils de Sadr ed-dîn ebn Sany ed-dau-
leh, de dou'l qa'deh 658 à doul qa^deh 669].. Il
y eut ensuite environ trente professeurs dont les dèr'
niers furent el Bad)% fils [du qâdy] deChohbeh; en-
Nadjm [Mohammad, fils de Waly ed-dîn], fils du
qâdy de 'adjloûn; son frère Taqy ed-dîn [Abou
Bakr]; echrChams ebn Ghâzy^^* et le qâdy en chef
ech-Chéhâb ebn el Forfoûr^^^ [le jour de mercredi
4 djoumâda 2*^ soit le 27 octobre, de Tannée 905]-
La madraseh la Madjnoûniyïh. — A Test de la
Châmiyeh extra maros, à la ^oqaybah^^^*. Elle fut con«
sLruite, après Tannée 63o, par Charaf ed-dîn ebn
Charwah^^'^ ea-Zeraiâry, connu sous, le nom de& sept
Je DIS : « Actuellement il est connu parmi le peuple
sous le nom des sept champions de la guerre sainte [es-
.saè' (sic) modjâkédin). »
'ezz ed-din [Ahniad ebn Mobajosbinad ebn ^aly] el
444 MAI-JUIN 1804.
Mawsély y donna des leçons et, après lui, trois pro*
fesse iirs.
La madraseh i.a Nadjîbiyeh. — Contiguè à la ima-
draseh la Noûriyeh et à la tombe de Noûr ed-din [le
martyr], du côté du nord. Elle fut construite par en-
Nadjiby [Djaniîd ed-dln] Aqoûch es-Sâléhy [en-Nadj-
,jjy339"j Qq^ émir aimait les savants et répandait de
nombreuses aumônes; il était plein de mérite et
adonné aux bonnes œuvres. 11 mourut Tannée 667 "•
[âgé de soixante et quelques années].
Je dis : a Elle est peut-être auprès de la maison de
Sîdy Djéléby et habitée par Mohammad ed-Doway-
ry, le serviteur du noble mahniel^^^. »
Es-Salâh es-Safady s'exprime ainsi : « L'émir Dja-
rnàl ed-diri Âqoùch en-Nadjiby, mamloûk d'el malek
es-Sâleh Ayyoûb, qui se reposait sur lui pour toutes
ses alFaires et fit de lui son ostâdâr (majordome) pen-
dant sa vie. El malek cz-Zâher l'investit de la lieute*
nance [nyâbeh) de Damas, où il arriva à la fin de
dou 1 hedjdjeh de l'année 660. 11 suivait le rite châ-
fé^îte, faisait beaucoup d'aumônes et avait de belles
croyances. Corpulent, doué d'une voix mâle***, il
était grand mangeur. 11 constitua des waqfs en faveur
des deux harains (la Mekke et Médine) et bâtit à
Damas une madraseh à côté de celle de Noûr ed-din
le martyr. 11 s'y bâtit une turbeh dans laquelle il
ouvrit deux fenêtres sur le chemin ; mais il ne put y
être enterré. 11 constitua aussi en waqf une khânqâh
en dehors de Damas, au Charaf ie plus élevé [ech-
DESCRIPTION DE DAMAS. 445
charaf el a la) méridional et en remit 1 mspectioh
(nazar) au qâdy en chef ebn Kkallikân. Très patient,
il ne se possédait plus dès qu'il s agissait de la loi di-
vine. H demeura à Damas en qualité de nâîb pen-
dant dix ans. Il fut ensuite remplacé par Témir 'ezz
ed-dîn Aydémir le 2 safar de Faiviée 670. En-Nadjîby
retourna alors au Caire et resta sans emploi, dans sa
maison , entouré du plus grand respect. Lorsqu'il
tomba malade, el malêk ez-Zâher lui fit visite.
Quatre ans avant sa mort, il fut frappé de paralysie.
Il mourut [la nuit du (jeudi au) vendredi 5 rabî* i*'
de] Tannée 677 [au Caire, dans sa maison sise dans
la rue de la meloûkhiyah. Il était né vers le com-
mencement de Tannée 620 (Comm. 4 février 1 2 23). »
Ce collège ^*3 eut pour professeur Chams ed-dîn
ebn Khallikân^** et, après lui, dix personnes dont
la dernière fut *émâd ed-dîn Isma^l ebn Katîr^*^,
puis Taqy ed-dîn [ebn] el Harîry [le jour de di-
manche 1 1 rabî* 1*' de Tannée 835]^*^.
NOTES DU CHAPITRE III.
' Ed-Dahaby dit dans son Abrégé des Annales de l'islamisme, sous
l'année 607 : «En cette année mourut le seigneur de Mosoul, Noûr
ed-dîn Ârslân Chah, fils de 'ezz ed-dîn Mas'oûd, fils de Mawdoûd,
fils de l'Atâbek. Il régna après son père pendant dix-huit ans. R
bâtit pour les Châfé'îtes une madraseh de toute beauté. La souve-
raineté passa après lui à son fds MasV>ûd. » — Cet historien dit
dans le même ouvrage, sous l'année 600 : «El malek Charaf (el
Achraf ? ) , seigneur de Harrân , épousa la sœur du seigneur de Mo-
soul Noûr ed-dîn , la princesse Atâbékiyeh , la fondatrice de la tur-
heh et de la madraseh (situées) à la montagne (N, fol. 35 r**).
446 MAI-JUIN 1894.
On trouve la biographie de Noùr ed-dîn Anlân Chah dans &»-
ijraphical dictionary, I, i-jà.
' El 'éhâr fi hh(ibar tnan 'ahar, ouvrage liistorique , par le k^ez
Chams od-ilm AImiq 'abd Allah Mohammad ebn Ahtnad ed-f>ahabj.
Cet ouvrage, qui va jusqu'à la fin d« Tannée 740, fiit eontimié
jusqu'à la lin de l'année 761 par Chams ed-din Abou'l ma^sen
Mohammad ebn *aly el Hosayny. Une Suite jusqu'à l'année 786 fut
composée par Chams ed-dm Mohammad elm Mohammad ebn 'aiy ei
Hosayny, lils du précédent, et mort en 79t. Une autre Smite a pw»
auteur Zayn cd-dîn *abd £r-Rahîm ^n Hosayn el 'irâqy, mort en
806 , et une autre , son (ils Wal}^ ed~dîh Ahmad el *irftqy, mort
en 8^6 (H. Khal., IV, 182). — Ed^Çahaby est ansaî Fauteur Ah
Tarikk el islam t les Annales de Tislamisme» , cL d-devant, chap. ii«
n. 48.
^ El Achraf Mozaffcr ed-dîn Moûsa reçut de son père el 'âdel,
en 598, Harrân et les dépendances de cette viUe. Voir Abou'l féds^
//lit. or. des Crois,, I, 80.
^ La biographie de 'ezz cd-dîn Masoûd est donnée dans Biog^-
phic(d dictionary, TU, 356. — Ce prince mourut le 27 cfaa*bftn
589 (28 août 1193).
^ Snlâlj cd-dîn Kholîl ebn Ayliek e^-Safady, mort Ai VêBJoàe 7Ç4
[Connii, 21 octobre 1 363) «composa, entre autres ouvrages, le ^'4&
bel wafayàt ou Biographies des hommes illustres de féjpoque. Cf.
H. Kkal, VI, 417.
^ El fskandary était aussi surnommé eeh<hûhrowr tle marier. Il
resta dans cette inadraseh jusqu'à sa mort.
' Nadjm ed-dîii Isma'îl y enseigna jusqu'à la fin de Tannée 674.
^ Safy ed-dîn Abou 'abd Allah Mohammad ebn *abd Er-Rahîm
ebn Mohammad el Hendy el Ormawy, cliâfé*îtev naquit dans l'Inde
en rabî* i*' de l'année 644. H partit de Dehly en radjab de Tannée
667, fit le pèlerinage de la Mekke, puis entra dans TYaman, dont
le souverain , d Mozaf&r, lui donna 4oo dinars. 11 arriva enanile à
Mesr, en Tannée 671, et y passa quatre ans. Etant parti pour le
Roùm (TAsie Mineure) par la route d'Antioche, il y séjooma onse
ans : cinq à Qoùnyeh (Iconium), cinq à Siwâs (Sébaste), et vme
année à Qaysariyeh (Césarée). Puis il vint à Damas en Tannée 68&<
et s'y fixa. Il fut investi de la charge de chayjdt des chajUis et donna
des leçons à la ZAhériy^k intra marox, à la Rawàhiyek, à la Ikaola-
'iyek et à cette AMékiyeh, Il composa des ouvrages. Suivant ebn
Kalîr, el Hendy mourut la nuit du (lundi au) mardi 29 sa&r de
DESCRIPTION DE DAMAS. 447
l'année 71 5. Au moment de sa mort, il n'avait plus que la Zàhé-
rlyeh, o^ il mourut. H fut enterré au cimetière des Soûfys (N» fol.
35 v^-Sô r"). H Khal. fait mention de ses ou\rage8.
Le Rasoûlîde el Mozaifar Yoûsef régna de l'an 6^7 ? (1 aég ?) à
Tannée 69/1 (1295). Cf. St. Lane Poole; Tlt€ mçJtammadan dynasties,
1894, p. 99.
^ Le mercredi 9 djoumâda a*^ de l'année 716, la leçon fut don-
née à ÏAtâbékiyek par le qâdy en chef ^adjiB ednlin elm Sa^ra,
Abou'l abMs Ahmad ebn 'émêtà ed-din Mohammad ebn Amîn ed-
dîn Sâlem ebn Bahâ ed-dîn Abî'l mawâhdb el Hasan ebn Hébai
Allah ehn Mahfoûz ebn el Hasan ebn Mdiaminad ebn el Hasan ebn
Ahmad ebn Mohammad ebn Sasra* e|-Talftby, er-Rab*y, châfé'îte. Il
naquit en dou'l qa'deh de l'année 655. U professa à la Petke 'édér
liyeh, l'année 682, à VAminiyeh, l'année 6gOi et à la Gkazz^yeh,
l'année 694. Il fut promu qêtày des tr<M^>ea sous le rhgae d'é. 'àdd
Ketboghâ, puis nommé qâdy de la Syrie, en Tawiée 709. fi sum*
rut subitement dans son jardin a e«-Sakm, la nak du (mercredi
au) jeudi 16 rabî* 1*' de l'année 7»3. La prière sur sont corp« fut
faite dans la moftquée<atbédjpale d'el Moaafl^r et il fut &BAarré dans
la turbeh de famille, dans la R^kntyeK H éfeaii âgé de soitaote-
Imit ans {N, fd. 36 r'V).
Sasra est ainsi vocalisé par M. Hartwig DerenbcMirg, dans sa
traduction d'Ousâmah, II, 379 et 695, où il est fait mention
d' Abou'l mawâheb cl Hasan ebn Hébat Allah ebn Mahfona . . . , né
en 537, et mort en 586. — Néanmoins Qoatreinère, MwHloàk^,
11, 21, dit ebn Sasary.
i'^ En dou'l qa'deh de l'année 726, ez-Zor'y se démit, pour aller
à Mesr, de ses fonctions de professeur à VAtâb^kiyeh ea faveur de
Mohiy ed-dîn ebn Djahbal.
" B écrit Djahl; N, ici, Khahbtd. mais au fol. 6a y°, Djfthbal
ou Djohbol. «^ Mohiy ed-din Abou'l fédâ Ismâll ebn MohAmmad
ebn Ismâ'U ebn Tâher ebn Nasr AUah ebn Djahbat, &ère da chayUi
Chéhâb ed-din , naquit à Damas l'année 666. Il lut investi pendant
quelque temps de la charge de qâdy de Tripoli, puis destitué; H
retourna à Dama», où il «noujnit en cha'bân de l'année 7^0, et f«t
enterré auprès de son fvère, au cimetière des Soûfy» (£iit iToéû*^
N,fol. 36v°).
'- Lo qâdy en chef ebn Djoumleh occupa l* chaixe de VAtàhé-
kiyeh le jour de dimanche i3 chawwâl de Vannée 733 (N,fi»L
448 MAfJUrN 1894.
>^ Lc! qÂdy cm cli(*i' Chéhâb ed-din ebn el Madjd professa à la
(ihazzâliYch t>t à la ^ddélirek, tout en conservant VlqbàliYek (N, fol.
i>G v"). Voir aussi plus loin, n. 53 et n. 199.
'^ Sadr (>cl-(lin donna la leçon le second jonr de dou*l qa'deh de
l'annët» 7.38, comme délégué de son père (N, fol. 36 v").
^^ Le c[hi\y en chef Taqy ed-din Aboul Hasan *aly ebn 'abd El
KAfv ebn 'al\ el)n Tammâm ebn Yoûsef ebn Moàsa ebn Tammâm ,
el Ansâry, el Khazradjy; es-Sobky, naquit à Sobk, un des a'mâl (de
la ])rovince) del Menoûfîyeh, le premier jour de ^afar de l'année
683. Il professa à la Mansowriyeh, à la Hakkâriyeli et à la Sarfijeh
et, on djoumàda 2^ de l'année 739 , fut investi de la charge de qâdy
de Damas , en remplacement de Djidàl ed-dîn el Qaiwîny. Il professa,
à Damas , à la Ghazzâliyeh , à la Grande ^édèliy^ , à cette Aiàhéïnyéii
à la MasroûrÎYfli et à la Châniiyeh extra mtcroi. Il fît longtemps la
hhplbeh à la mosquée-cathédrale de Damas, et donna, a la Kalîâsek,
des leçons de tradition. Sur la fm de sa vie, il se démit de ses fonc^
tions de qâdy de Syrie, et revint à Me5r, où il mourut en djou-
mâda 2^ de l'année 766 (N, fol. 37 r').
On trouve dans H. Khal. la mention 'de ses nombreux ouvrages.
Dans le cadastre de T Egypte dressé en 777 de l'hégire et traduit
par S. de Sacy à la suite de 'abd el-Latîf, il est ùài mention
(p. 653] de deux lieux du nom de Sobk : Sobk ed-daljhâk et Sobk
el *abîd.
i<^ ^" Le qâdy en chef Bahâ ed-dîn Abou'l baqâ Mohammad, fils du
qâdy Sadîd ed-dîn 'abd El Barr, fils de TimÂm Sadr ed-dîn Yahya
ebn *aly, el An;^âry, el Khazradjy. es-Sobky, el Mesry, ed-Démachqy,
juge (hàkem) en Egypte et en Syrie, naquit en rabî* i** de l'année
707. Il vint à Damas avec le qâdy en chef es-Sobky, dont il fut le
substiliiL II professa à ÏAtâbékiyeh, à la Zàkériyek extra muros, k
la RaivàhiYek et à la QaymariYek. Puis il fut nommé qâdy de Damas
et professeur de la GkazzâliYek et de- la 'âdéliyek, pendant peu de
temps. Mandé à Mesr en Tannée 765, après s'être démis de ses
places en faveur de ses deux fds, il fut investi de la fonction de
qâdy de la troupe , de la procuration souveraine , et de la charge de
grand substitut de la justice. Puis il fut promu qâdy en chef d'bgypte
avec toutes les fonctions attachées à la charge de qâdy. Il resta ainsi
environ sept ans et fut destitué. Il fut nommé ensuite qâdy de Syrie,
où il arriva dans les commencements de Tannée 757 («c), comme
qâdy et professeur de la GkazzâliYek , de la ^Adéliyek et de la A'di/-
riyeh , et supérieur de la maison (d'enseignement) de la tradition
DESCRIPTION DK DAMAS. 449
V Achraflyeh. On y ajouta, un mois avant sa mort, la fonction de
Ua'Jb (le la grande-mosquée omayyade. Il mourut en djoumâda
i'" de l'année 777, et fut enterré dans la turbeh des Sobky, au pen-
chant (duQâsyoûn) (N, fol. 10 r*).
^^ Le qâdy en chef Badr ed-dîn Abou *abd Allah M ohammad , fils
du qâdy en chef Bahâ ed-dîn Abou'l baqâ dont il vient d'être
question, naquit en cha'bân de l'année jhi. li mourut dans ie mois
de rabî* 1*' de l'année 8o3, et fut enterré en dehors de bâben-nasr
(N,fol. 37 r'^-v»).
^^ Fath ed-dîn Mohammad ebn Mohammad ebn Mohammad ebn
Mohammad ebn el Djazary, ed-Démachqy, mourut dans sa demeure
à V Atâbékiyeh , le jour de lundi 2 3 safar de l'année 81 4, à l'âge de
trente-cinq ans, à ce que je présume (N, fol. 37 v**).
^* Taqy ed-dîn cl Asady dit dans sa Suite, sous Tannée 816 :
«En cette année mourut notre chaykh, le chayth des Ghâfé'ites
Chéhâb ëd-dîn Abou'l 'abbâs Ahmad ebn *alâ ed-dîn Abî Mohammad
Hedjdjy ebn Moûsa ebn Ahmad ebn Sa'd ebn 'achm ebn Ghazwân
ebn *aly ebn Saraq ebn Turky ebn Sa'dy, el Hosbâny d'origine , ed-
Démachqy. Il était né entre le maghreb (le coucher du soleil) et l'en-
trée de la nuit (VcAà), la nuit du (samedi au) dimanche 4 el mo-
harram de l'année 761, à la khânqâh des paons , au CAaro/* supérieur,
en dehors de Damas. J'ai vu écrit de sa main : «Les commence-
« ments coïncidant avec ma naissance sont au nombre de dix : le
« commencement de la (seconde] moitié du huitième siècle; le com-
« mencement de l'année arabe ; le commencement de Tannée solaire ;
« le premier jour de la saison du printemps; le premier jour du signe
«du Bélier; le commencement de la nuit du premier jour de la se-
a maine; le commencement du moment oh le croissant devient lune;
« le commencement du moment où les démons se reposent après leur
« expansion , lorsque disparaît l'étoile de l'entrée de la nuit. » li com-
posa des ouvrages , entre autres un livre qu'il a intitulé ed-Dârès sur
l'histoire des madraseh , et dans lequel il mentionne la biographie
du fondateur, les clauses stipulées par lui, et les biographies dés pro-
fesseurs jusqu'au dernier moment. G*est un livre précieux. La majeure
partie a été la proie des flammes lors de la rencontre des Tatârs;
j'en ai eu sous les yeux qudques cahiers brûlés. Chéhâb ed-dîn pro-
fessa à la Zobyàniyeh , du vivant de son père et de ses maîtres , en
dou'l qa'deh de Tannée 774, et fut répétiteur à la *oironniyeh et à
la DammAgbiyeh , Puis, après cela, il remplit les mêmes fonctions
à la Cliâmiyek extra mnros et à la Tcufawiyeh, également du vivant
m. 3o
IMrkIlllWIB lATIUllALB.
t^!jO MAI-JUIN 189^1.
(le son père; eii.su ito ù VAwiniYflt « à la HawâlnYeh et à la *ailrAwiyek ■
(N, fol. 37 r^-Sy v").
H. Khal. , (|iii mentionne plusieurs de ses ouvrages, place sa mort
en Tannée 8i5 [Comm» i3 ayril i^ia). .
D'après le calendrier astronomique, le i*' moharram 751 a cor-
respondu au mercredi 10 mars i35o, et le h au samedi (naît au
dimanche pour les musulmans) ^3 mars,
^* Le qâdy en chef Gbams ed-dîn Abon *abd Allah Mohammad
ebn Tâdj ed-dîn Mohammad ebn Fakhr ed-dîn 'o^mftn, el Ikjinây.
châféite, naquit Tannt^c 767. En Tannée 78.7, il fut nommé qâdy
de la caravane de la Mekke [er-rahb) par Tiuterccssion de Témîr
Djibraîl. Qâdy de Zor\ où il se transporta d'er-Rahabah , il fut en-
suite nommé qâdy de Ghazzali. Puis en doul qa'defi de Tannée' 798 ,
il exerça les fonctions de substitut du c(âdy à Damas au liom do
qâdy Ghébab ed-dîn el Bâ'oûny. Il professa à la Zàhiriyek ùcni
mui'ox dont s'était désisté en sa faveur le qâdy 'idâ ed-dîn el Kai^y,
le kàieh es-serr, fut investi encore de la charge de waktt du trésor
public et plus tard, en 796, de l'inspection [nazar] de Tannée â
Damas , pour laquelle il paya une forte somme. U en fîit destitué
huit mois apnNs. Il reprit ses fonctions de substitut du qâdy et de
wakil du trésor public, puis fut promu qâdy de Halab en djoo-
mâda 2** do Tannée 797 et destitué en radjab Je Tannée '799. En
djoumâda 1*' de Tannée 800, il fut investi de ,1a charge de qftdy de
Damas , du poste de khatib et df^s fonctions de 'snpérieur avec tontes
les chaires et inspections y annexées. Destitué, puis rc^idacé, il
mourut la nuit du (jeudi au] vendredi 17 radjab de Tannée 8 10
(N,r39 v«..4or°).
Zor et Zor^ali, Tune des principales villes du HawrAn. Cf. 6éogr.
d'Abpu'l fédâ, II,ii. 36.
^ Depuis ff^â^er ed-dîn» jusqu'à la fin de ce passage, les'antears
cités par en-No'aymy ne sont pas d'accord entre eux. — NAser ed-
dîn conserva la chaire de VAtâbéhiyeh depuis la mort d'c^tl^nâ}
(810) jusqu'en 817. Le jour de dimanche q djommàda 3' de cette
année, Nour ed-dîn ebn Qawâm professa à ce collège par diâégàtion
du Gis du kâteb es-serr, Kamâl ed-dih ebn el Bâr&y. Le seaî^aire
de la Chancellerie Kamâl ed-dui y donna la leçon le jour de dimanche
3 doul.qa'deh de Tannée 83i (N, ^ 4o r^-.^i y'),
*^ JLe cliaykh Taqy ed-dîi;i, fils du qâdy dfe 0iohbehy dît dans sa
Suite, sous le mois de djoumâda a** de Tannée 816 : «£a cette année
furent élevés trois bâtiments , les plus belles habitations dea jardins
. •'■ ■ .*-.-
DKSCHIPTION DE DAMAS. ^51
■'''.'"•
(h' DaDias : la Daliicheh , le jardin d'ebii en-Nachweh sur le bord de
la Tawra, près (Ver-RobwehV^et îé jkhlih d*ebn-D}amâ*ak à el'Mez-
zeh. Mais les matérîatix âh celle iroîsîèWifi constfhctîôtt ont ïSté trans-
portés à la madrasch du Khawâdjà' Ibrâhîth ebries'-iSé'fertyi ^^^J,
P hi v°). ^ ■ '• '' -^ -.î»
-'2 Les lignes que je place entre deux astérisques sont surmon-
tées d'un trait. Le copiste a-t-il voulu indiquer (jti*elles doiv^nt'lêtre
supprimôèè? ' *• ' ' '' * '■-- '^ *' ^" • •»'' '
^ Le grand Khawâdja Borbân ed-dîn Ibrâbim ebn Mobârak Cbâb
ri Is'erdy était , avec iè KhaV^âdjé Cfiàni*ièd-dîrf èbriy'MèiaHèq, le
plus ^ràiiâ màV(ihand dé Dafnàs.^Soh cbhimèrtiè s'étêtfdàit à tous
les pays. lîinourut à ia fiil du jour de Vettdfèdî, ïi fâge^de ^ioitihte
' et quelques abni^^ (f* '42 V). ■*" ' ' ■- •^'' -- ''MM ♦
h'erd, vîUfe située entre le Tigre et Mayyâfôréqîn {//wf. or, des
Croisades, I, 832 [Index]). — Suivant el IstèlKrÇ (éd.''d«rOo«je,
76 K), TiVài qu'on appelle aussi ''5^^^, est^linfe j$ëtité>*Hîle , sans
remparts.' — ' Voir aussi* AHbulféda\ loèd eî^/J »/t!, 63*' ■ '
-♦ Et niayJân et akhddr '^ieiH '5itué**sur la rite droite' du Barrada
[Iwe Baradà}, ïni^ëdiàtèhtèiit au sbd-otië^f de'lii'Ville d^ Damas.
CVsfl apparerfièfierii Tet/i^plàcenient dti l6ng''fat»bMirg <Jtii» I^Ap^llo
aujourd'hui le Maydân [Uist. or. des Croisades, I, 760). - •"'' "
^ En-No*aymy et les historien^ nl€fn1!iofnnés bi-diéssdus disent • au
Caire». — H est probable qdti d^Jà à\î'x* Siècle déf-llrégil* le nom
(fe Mesr st^ dontiait coiVïme aùjouiyhui à él Qâbérfeh. '=
^ Le manuscrit phrte pàr*eiTèuV*'524.'^-^ fitt bibgraphie de Chîr-
kouh ebri Cbâdy est doifnée par ebn' Kballikâh ^Bib^rtgphièùl iHûtio-
uary, I, t5i26). « II mbiirut sbblleiAent au Caire, te' samedi ^^'•(sic
pour 22), 6u\' suivant er-Hàuffify, \t dibiatièhe 23 Vié'djtouinâda 2**
564. » Ebn Cbaddâd dit lé i?; Al>dtf'CbâMah Honmëlà nlétrie date
et le jour dé sataedi; Abou'l féd» [»îà: or. dés Cnfis^dekil,'%S),
le samedi 22 de djoùniâda d* de Tannée 564 (^3 mktÉ' iiSgy^'ebn
Châddâd (ibld., m. U): et Biàgràpkiè' de MaéHh^\ihkl., niVkoS)
le dimanche 22 djbuihâcïa 2*'(23 mai^ 1 16^): ^' '^* • 'î'
^ D'après Abbu' Chân^ab et ^bn'KhalKkân. deux mois et cinq
jours. •" '"1 t "» ' > . ''MI :'fi( >f ;i(io
' ' " Ebn Khallikân (W, 417 et suiv.) : «Abou'l mabâsen Yoûsef
ebn Hâfé' ebn Tamîm , surnommé Bahâ ed-dîn et coMiA^^oul le nom
d'ebn C^addftd,>naqtiit Â^Mbsotâ'ên ^3|9V ^if ^Mj âé HMh et y
mourut en Tannée 632 '[i'234).'» Cl ausiiHidtJte Aii«-*Kll. u»v (/«
Croisadex, f, întroducfioii'; ^ilv. '— ^Cdmff.'eî-apr^; note '42.*'
3o.
4&:2 MAl-JLIN 1894.
** ^JJt>J\ ^^ 'iy^^ • Vie de Saladin ». Elle a étét publiée en anbr
et en latin par Scliultens. Le passage emprunté ici à ebn Chaddiil
se trouve page 3) de l'édition de 1755. Cet ouvrage, qui' a pour
titre : IfJ^yJS ij^^^^^y JL^UaJLJl ^ù\yjJ\ et dont H. Khai. ne fait
pas mention, se trouve avec sa traduction dans Hist or. des Croi-
sades, III, 3-370.
^* «Rivière de Damas. La vraie orthographe est Bânâs, sans yii**
Maràsed.
^' On lit dans le manuscrit : a^*1 ^j^imT;^ 7^^ cT^b-
" G Bartah , avec le ta , indice du fèminin , YîUage dans la Ghoû-
lah de Damas. Les Damasquins prononcent ce nom avec un A4, ea
l'inflérhissant. 11 s'y trouve une chapdle sépolcnde [maekkad]
d'Abraham, l'ami de Dieu; les Juifs samaritains Tont en grande
vénération.* Maràsed.
" Quoique ce nom se présente dans le manuscrit sous la forme
Davmar, je ne doute point qu'il ne faiUe lire Domayr. c Domayr est
un des villages de la Ghoûtah de Damas, devant le col de l'Aigle.
Dans sa mosquée se trouve un long palmier. • Iforâseel. — Cf. aussi
M. Hariwig Derenbourg, trad. d*Ousâma ihn Mounkidh, p. 170,
note k.
^ Le copiste a écrit Mabrazah.
-^ Ici encore le teite nous donne Daymar au lien de Domayr.
^ FJbn Katîr dit sous l'année G 64 : « En cette année., le fils du
Khalife el Mosta'sem ebn cl Montaser, en-Nâser 'aly Tabbâside, arriva
ù Damas et on le fit descendre à la maison [ne) VAsadiyeh, en (ace
(le la madraseh la 'azlziyeh. Il était prisonnier aux mains des Ta-
târs. » Suivant el Asady, en safar de Tannée 8 14, mourut de la peste
à la madraseh XAsadiyeh (située) à l'extérieur de Damas, la femme
du qâdy Nadjm ed-dîn ebn Hedjdjy, ( l'esclave) mère de son fils. La
prière sur son corps fut faite à la mosquée-cathédrale de Tenkex et
elle fut enterrée à l'extrémité du cimetière des Soâfya, aux pieds
du chaykh Taqy cd-dîn ebn es-Salâh (N, f 4» v").
^^ 'omar ebn 'ahd El 'azîz ebn Hasan ebn *alv ebn Mohammad
ebn Mohammad ebn 'aly, el Qorachy, ed-Démachqy, iefaqik Abou'l
Kbattâh, châfé'îte, mourut en djoumâda 3^ de l'année 61 5 (N,
P 42 v*.43 r").
'**' Rokn ed-dîn Abou Yahya Zakaryâ ohn Yoûsef ebn Solaymân
ebn Hammâd, el Badjaiy, mourut le jour de jeudi a 3 djoumâda i*'
de l'année 722,8 l'Âge de soixante-sept ans, et fut enterré pr^ du
chaykh Taqy ed-dîn el Fazâry (N, f» A3 r").
DESCRIPTION DE DAMAS. 453
^ Le qàdy suprême Charaf ed-din Moûsa ebn Chébàb ed-din
Ahmad ebn Moûsa , el Wamnâwy, épousa la fille du chaykh Charaf
ed-dîn, qui lui laissa en mourant une grande fortune. Il professa
à VAsadiyeh en safar de l'année 796 ; puis , en cbawwâi de l'année 796 ,
le qâdy en chef Badr ed-dîn Abou'l baqâ se démit en sa faveur de la
chaire et de l'inspection de la Bawâhiyeh. En 81 4, il fit le pèleri-
nage de la Mekke comme qâdy de la caravane et mourut le Jour de
jeudi 8 el moharram après V'asr, en sa demeure (sise) J)rès de la
madraseh la Zendjâriyeh , au sud de hâh toûmà. On dit que sa mort
tut occasionnée par les menaces de Noûroûz au sujet d'un dépôt de
Kamâl ed-dîn Vostadâr. 11 fut enterré au cimetière de hâh es-saghir,
auprès de la qoabbet es-Syâhak, et la prière sur son corps fut faite
à la mosquée des roseaux. Suivant une information fourme par le
qâdy Chams ed-dîn el Kafîry, il serait né vers Tannée 760. — Cette
qoubbct es-Syâhah se trouve au nord du banc des témoins, à vingt
pas environ , et à l'orient de la qoahbet er-Ryânah et de la turbeh d«
Tâdj ed-dîn el Fazâry (N, P 43 r^-v").
'^^ Les cka^drin (au nom. cha^'àroûn) sont ceux qui garnissent de
poil , doublent de peau à poil l'intérieur des bottines , ou emploient
la peau de manière que le poil soit en dedans. Cette expression
peut aussi s'appliquer aux «fabricants de ^ijLâ » vétetnent de des-
sous; couverture, housse de cheval. — B écrit partout chc^âdin;
ce qui est une erreur manifeste.
*' Le Uaiih de Damas Djamâl ed-dîn Abou *abd El Kâfy ebn
abd El Malek ebn 'abd El ICâfy, er-Rab'y, ed-Démachqy, le moufly,
naquit l'année 612. Il mourut le dernier jour de djoumâda i" de
l'année 689 (N, P Ixk r**).
*^ «Le jurisconsulte Djamâl ed-dîn Ahmad, connu sous le nom
(ïcl mohaqqeq , professe à V IsfahÀnijek jusqu'à maintenant. » Ainsi
s'exprime le qâdy 'ezz ed-din ebn Chaddâd dans son livre (intitulé)
ïyJ:Jl ^SVis^t (N, f* 44 r"). H. Khal. attribue cet ouvrage, qui
traite (des émirs) de la Syrie et de la Mésopotamie, à ebn Chaddâd
Yoûsef ebn Ràfé' el Halaby, mort en 632 {Comm, 26 septembre
I 2 34). Mais M. Ilartwig Derenbourg fait observer (Vie d'Oasàmah,
11, .^95, n. 3) qu'il ne faut pas confondre cet auteur, Mohammad
ebn aly ebn Ibrâhîm ebn Khalîfah ebn Ibrahim ebn Chaddâd, el
An^àry, cl IJalaby, mort au Caire en 684 (12 avril i285), avec eba
Chaddâd, le chancelier et le biographe de Saladin.
Es-Saq<|â'y donne (P 12 v") la biographie de Djamâl cd-din Ah*
niad chn 'ahd Allah ebn el Hosayn, comrti sous le nom dV/ mohaq-
/i54 MAI-JUIN 1894.
'■ ■ . ■" , - ■<.»#., . .1. -
7^17 > j^uriscqu^ulte- et médecin. Jl demeura: à Damas comme, ra^^j
ei'Veubb , /pend&ni quelque temp&, en qualité dé substitut de^aiam
cd-diQ ebn Abî Hpiayqah et _ professeur, de la madraseh la Sdré-
miyeh. Il mourut à Damas en ramadâu de Tannée Gqd. — Sous
V^tnfljadiyeli, N (f" 48 v°) lui donne la même généalogie; voir ci-
après, n 66.
/^ fJilral^ sijrnifie d'après Maqrîzy [Kliéial) plusieurs maisons
réunies ou contiguês. L'espace ou rue sur Jaqudie donnent les
portes de. ces maisons
rue a son entrée dans
a point de boutique dai
de la. porte d'eotréç, o^ l'on trouve, une boutique d'épicier ou im'
café,(S.de.Sacy, *a^<i fi/jLaa/, 38^)..
A Pâmas, Iç quartier des chrétiens s'appdlc. hâral en-nasâirç^ . ,
. Qn Ht dans le Marâfed (I« 281) : c^4raA est le nom dfi auairtier
(el mahallek) chez les habitants de Damas; ils appellent en effet les
quartiers {A maball)^ les rues [el hâràt), n . - . > . .
:.Ci-{iprès, aux Ç* iz v^'çt.aS r^ le quartier de la monnaie est
appelé hârat es-sekkeli et mahfdlei cs-sekkeli,
Gomp. ^i^si chapitre II, n. 5i..
:layes noirs d'd malck Salâh ed-dîn et le fondateur des deux tqhd-
liyeh^ qui étaient deux maisons qu'il transforma en madraseh, U
gi;andc pou): les Ghâfé'îtes , et ]a petite pour les Hanafites avec le
tiers du waqf qu'il constitua , mourut à Jérusalem en dou*l qaMeh
de Tannée 6o3 » (.N . P 44 r'*).
•,'\^ Sur la sommellerie (sljli. v'*^ ou «Uliçyâ),* cf. Quatremère,
Mamloûhs, I, 162.
'^ £bn Katîr dit sous Tannée 628 : «En cette année fut achevée
la construction de . la madraseh YJqbâliyek qui est au marcbé des
Persans. (501Î9 el \uJjam), à Baghdâd, et qui tire son nom dlqbâl
ec/i-cWd6y » . ( N , f 4/i r").
*' « Il y a aussi le rébât d'Iqbâl ech-ckarâby el Mostan^éry d *àb-
bâsy, à la porte des Banou Chaybah , à droite en entraiit à la mos-
quép el A ard//>. .La date de sa construction est Taiméé 6i&i» [ÏKe
Clironikeii der Stadt Mekka, éditée par Wûstenfeld, II, 108]. —
« A,u non^bre. des eunuques d*el Mostan^er biliah était Témir Charaf
e4-^in Iqbâl ech-charâby cl ]Vi|[o;stanséry,el.*abb4sy. ]3 ^constnûsit à la
Mckkp une madraseh à droite en entrant à la mosquée el karàm, par
DESCRIPTION DE DAMAS. 455
la porte du salut [bâb es-salàni) et il y constitua en waqf un grand
iiomhre délivres, en l'année 63 1. La rhadraseli existe jusqu'à présent
cl a été transformée en rébât» [Ibid.,Jli\ 177). -t •
** El Mosta'sem , le dernier khalife 'abbâsîde de Baghdâd, fut tué
pur les Tatârs en Taiinée 656.
*' Cest-à-dire d'el Hosayn, fils de *aly, tué à Kerbélâ. — C'est
aussi de Hellah qu*ebn Batbûtah se rendit à Kerbélâ. Voir t. H,
99- ,. . . * . ' . ''
^ L'inscription de Damas n" 287 de ma collection en contient
l'énumération suivante : «Le tiers du village d'es-Samoûqah; ie
tiers de la niazraah d'el Allarîs; le tiers d'une mazrcCah au itérd de
Baydar Zabdîn; cinq qîrâts et un tiers d'une vigne conhue sou^ le-
nom de Moayyed ed-dîn, à el Haditah; deux qîrâts de Malîhah (et)
(le Zar' Mâhât , sur la routé de Zoi' à Bosi^a. » D^J)rès une nofte de
M. Waddington, le village d'és-Satlioûqah est près de Safad et ceui
d'el Efterîs, de Zebdîu, d'eî Hadîtab, de Mâlîbàb et 'de -Zar^ Mâ-
\\kl^ àdnsXc Miirdj^ el Ghonlah. - '
^^ En ï'annéc 658, dit ëd-Bababy dans les ^ébar, mourut ebn
Sauy ed-dauleh, le'qâdy en cbef Abou'l 'abbâs* Ahmàd, qui portait
le titre honorifique de Sadr èd-dîn, ebn Yalryaf ébn 'Hébat Aliab
(hn el Ilasan, et-Talaby, ed-Démacbqy, connu sons ië'suïnom d'ebn
Sanv ed-dauîeh, (jui était celui de son aïèful el 'Hstsan. li naquit
l'année 590. Il professa Tannée 61 5. Il fut ensuite investi de la wè-
kdleli du trésor public, donna des leçons à Ylqbédiyék et k W Djà-
roûlJiijcli, et exerça quelque tebâps les fonctions de qâdy. 11 revint
malade d'auprès d'Houlâgou et fiît atteint par la mort- à Bàlbak^
en djouniâda 2^, à l'âge de soixante -dix -huit ahs. Suiv&ht d'auft'es,
il fut le prennier professeur de la Nâsériyeh (N, f** ^^ v*).
" Le chaykh, le grand savant, le qâdy en chef, ie chaykb des
ehaykhs alâ ed-dih Abbu'l Hasan *aly ebn Noûried-dîn- Abî'l fédâ
isma*îl ebn Yoûsef, el Qoûnawy, et-'Tebrîzy, naquit dfttf* la ville-.de
Qoûnouah vers l'aimée 668. Il vint à Dàtnas au cibmmencement de
OqS. Il mourut à Damas en 729 et fui enterré an pen<ïlrant da
(yâsyoûii (N, P45 r"). • •■''.'; .; ..
'^^ Comp. cî-devant n. i3 et ci-après n. 199. — Chéhâb ed-dîn
Ahmad ebn el Madjd 'abd Allah ebn' él Hôsayh ebn *aiy, éz-^Zawzâry;
el Erbély cl'originê, puià ed-Démaéliqy.'qâdy en chef dcM Châfé'îtes
à Damas, naquit en'66è. îl professa à cette* lifhâliyek en Tan-
née 700, à la Baivâhiyèfi et à la ttlfrheh d'OrniH e^-Sâlèh; puis ii fut
nommé procurelik' du trésor piiblic. Il dÏRvint ensuite qâdy en chef
450 MAI-JUIN 1894.
de la Syrie , fonctions qu'il conserva jusqu'à sa mort. Elle eut lieu
au commencement de djoumâda i" de l'aDnée [aie) (N, f* 45 r^].
^ L imâm 'émâd ed-din Aboul fédâ Ismâ'il ebn. Khdîfkh ebn 'abd
Kl 'âly, en-Nâbolosy d'origine , el Hosbâny, naquit Tannée 718 apr
proximativement et vint à Damas l'année 738. Il mourut en doul
qa'deh de l'année 778 et fut enterré à bâb es-iaghtr, au sud de la
mosquée-cathédrale de Djarrâh, à gauche en idlant vers le sud
(N,r45r"-v'').
• Hosbân (Hcsbon), petite \ille, chef- lieu du Bsdqft, dans une
vallée qui confine au Ghaur de /oghar. » Abou J fédft , Géographie ,
traduction, II, 11, 5.
^ Badr cd-din Abou 'abd Allah' Mohammad mourut dans le mois
de rabr i"" de l'année 770, à l'âge de quarante-six ans, et fut en-
terré auprès de son père (N, f° 45 v*).
^ Mohammad ebn Mohammad ebn *otmân ebn Ahmad ebn *amr
ebn Mohammad , le qâdy en chef Djalàl ed-din abou4 ma'My, fils
du qâdy en chef Nadjm ed-din , fils du qâdy en chef Fakhr ed-dîn ,
ez-Zor'y d'origine, ed-Démachqy, c^èbre sous le nom de Chamar
Noûh, le petit-fils par la fille (sebt) du cbaykh Ejamâl ed-dîn ebn
ech-Charîchy. Il fut élevé par son aïeul et par ses deux oncles ma-
ternels Badr ed-dîn et Charaf ed-dîn. £n l'année 778, il fut nommé
qâdy de Halab. Destitué au bout de six mois, il vint à Damas en
ramadan, investi de la charge de qâdy des troupes, de la wékàlek
du trésor public et de la chaire de Vlqbdlijeh, U composa pour
cette chaire, moyennant une somme, avec el HosbÂny qui la lui avait
enlevée et exerça les fonctions de qâdy à Hftiab jusqu'à sa mort,
survenue en rabî* 1" de Tannée 7 8 2. Ebn Hedjdjy dit qu'il ne pense
pas qu'il ait atteint Tâge de quarante ans [N, f* 45 v''-46 r^).
" Le cbaykh Chébâb ed-dîn Abou'l 'abbâs Ahmad, fils de Timâm
'émâd ed-dîn Ismâ'îl èl Hosbâny, naquit Tannée 749-11 professa en
outre à YAmîniyeh et dans d'autres madraseh cl fut ^alib de U
grande-mosquée à'et-Tawbeh. Il mourut en rabî a' de Tannée 81 5
et fut enterré au Qâsyoûn (N, f' 46 r").
^ Taqy ed-dîn , fils du qâdy de Ghohbeh , dit dans ses Annales :
«En rabî* 2' de Tannée 838 et le jour de dimanche 38 du mois»
mon fils Abou'l Fadl Mohammad , que Dieu le conserve ! donna la
leçon à la madraseh ïlqbcdijeh, que je lui avais cédée. J'en avais
été investi moi-même avec le cbaykh Cbams ed-din d Kafiry, à la
place de TâdJ e^-dîn d Hosbâny, qui m'avait résigné ainsi qu'à loi
sa chaire et Tin^pection. Mais ebn el Afltékîn nous disputa Tinspec-
DESCRIPTION DE DAMAS. 457
tion , l'obtint et répara la madraseh. Quand moarut le chaykh Chams
cd-(lîn el Katîry, je fus investi des places annexes qu*il avait en sa
possession» (N, f® 46 r").
Sur l'expression ^^ Jt3 «céder, concéder, abdiquer, résigner»,
voir Quatremère, Mamloûks, I, 175.
^^ B écrit Sâheb, — Il existait au Caire une place d'et Akaz , vis-
à-\is de la maison de l'émir Sayf ed-dîn el Akaz en-Nâséry* le vizir
(Maqrîzy, Khéta\ II, 48); mais ce ne peut-être le nôtre, plus an-
cien et sans l'article.
^^ U faut sans doute lire 586. — La phrase commençant par
« sa construction » et finissant par « 687 » , que B a incorporée dans
le texte , semble faire partie de l'inscription.
^' El Berzâly dit dans ses Annales, sous l'année 786, et j'ai copié
sur son autographe, ce qui suit : § Et la nuit du (vendredi) au
samedi 18 djoumâda 2'', mourut le chaykh, le jurisconsulte, le
vieillard [el mo'am.mar) Cbaraf ed-dîn Abou Mohammad Hasan ebn
Ya'qoùb ebn Elyâs ebn 'aly, el Hâky, châféite, dans sa demeure à
la madraseh VAkazijreh de Damas. La prière sur son corps fut faite
dans le djœne el md'ammar et il fut enterré au cimetière de bâb es-
saghîr. Sa naissance avait eu lieu peu après l'année 64o et il était
parvenu à sa quatre-vingt-quinzième année. Il était établi comme
châhed (témoin) à l'emplacement des marchands d'oiseaux, en
dedans de bâb el Djâbyekt (N, f» 46 v°).
«2 Fils d'el Madjd er-Roûdrawâry (N, f 46 v*).
« Uoudrauâr, arrondissement près de Nahâwand , une des dépen-
dances du Djabal; elle a une étendue de trois parasanges. Ses vil-
lages sont reliés à des jardins remplis d'arbres et à de rapides cours
d'eau. Il s'y trouve el Karadj. Le Karadj de Roûdrawâr est une petite
ville, construite en argile, fortifiée, où il y a beaucoup de safraii
qu'on exporte en divers pays. Elle est située au centre et à sept pa-
rasanges tant de Nahâwand que d'Hamadân. » Marâsed. — '■ Roâdra-
wâr, dit le Lobâb, est une ville des environs d'Hamadân. Plusieurs
savants en sont originaires. Cf. Abou'l fédâ, loco cit,, II, 11, 160.
«^ abd El Djabbâr ebn *abd El Ghany ebn 'dy ebn Abîl Fadl ebn
abd El Wâhed ebn *abd El-Latif, d Ansâry, Kamâl ed-dm Aboii
Mohammad ebn el Harastâny, le jurisconsulte, le moufty, châf^îtfr,
naquit en 549. Suivant ebn d Hâdjeb, il donna des leçons à la Kal'
lâsek et à VAkaziyeh, H était de la fiimille d'ebn Talîs. fl mourut en
cha'ban de l'année 624 (N, f» 46 v**).
^ Le chaykh Badr ed-dîn Mohammad ebn cl Borhân Ibrahim
A58 MAI-JUIN 1894.
ebu VVoliayb, on dit uu^vi Hébat Allah, ebn 'abd Jilr-Raliiuaii ebu
Abî'l Qaaeni elm MoUauimad, el Djazary d'origiiie es-Sidty, eu-Nâ-
bolosy, fut in\esti à Damas des fonctions de professeur à cette Aka-
ziYeh , de celles do su()ëriciir à VAsadirek, et de la charge d*imâin
à la mos({uéc des roscaav. Il passa les quatre-\ingts. Sa imisscusce
«•ut lieu l'année 70G (N, f" ^7 r").
Sur la ville de Sait ( Pliiladelphie) , située sur la montagne orien-
tale, du Ghaur, au midi de udjloûn, cf. Quatremère, 3fam2oâ^« II,
?.\ij et suiv.
^ Ou lit dans el Asady, sous l'année 628 : § Bahrâm Chah, fils
de FarroùkU Chah, . . ., el malek el Amdjad Madjd ed-din Abou'l
M o/atFar, seigneur de Ba'lbal,k , reçut après la mort de son père ,
en 678, cette ville en don de Salâh ed-dîn et la conserva jusqu'en
()27. A cette date, elle lui fut enlevée i)ar el Achraf, qui la remit à
sou frère ei-Sâle!i » (N , f 48 ).
Le h'awàl el wafayât, qui donne la biographie de Bahrâm Chah
(1, tort), dit qu'il fut. enterré dans la turbeh de son père, sur le
(éliantf septentrional.
El malek el Amdjad Madj ed-Din Abou'l Mozaffar Bahrâm Chah ,
I Us de Farroùkh , fut autorisé par Salâh ed-dîn à conserver le gou-
vernement de Ra*lbakk. Lorsque cette ville, lui fut enlevée par cl
.Vchraf, iils d'el Videl (6a6= 1228), il se rendit à Damas, où il fut
assassiné par un de ses mamloûks, dans la soirée du (naardi au)
mercredi in rhawwâl C28 (août i23i) [Biographlcal divtionarY, I1
61O). — D'après Abou'l féda [llist. oi\ des Crois,, I, 106), el ma-
lek el Amdjad ne rendit la ville de Ba'lbakk, dont il était le seigneur,
à eX malek cl Achraf, qu'en 627. Il reçut de lui en dédomma^
i^ent (la ville d') (UL-/abadàny, le QonaNr de Damas (Immeau sitiié)
î\u. nord de cette ville , et autres lieux. Il se rendit alors à Damas et
s'installa dans son hôtel situé près (J^âi.I«> en dedans) de la porto
hàb en-misr ... et fut assassiné. 11 avait occupé la principauté de
Iki'lbakk jjcjidant quarante-neuf ans.
'^ Ebu Katîr dit sous l'année 694 : «El Djamâl el mohatiqeq Ah-
mad ebn abd Allah ebn el Ilosayn , ed-Détpachqy, fut investi de la
charge de supérieur de la Dahkwàriyeh, attendu qu'il était le pre-
mier de tous dans l'art de la médticiue , el visita les malades à VïA-
pital , suivant la règle des médecins. Il était (;n même temps pro-
fesseur des Cliâfe ites à la b\vrrohhchâhiych et répétiteur dans nombre
de madraseh » (N, f° 48 v"). — ('omp. ci-devant, n" 4 2.
' ' Le qâdy Ch:''hâb f.d-din Ahmad ebn 'abd Allab ebn abd F^r-
DESCRIPTION DE DAMAS. » /|59
Hall mail ebn'ahd Allah, eJ-Démachqy, conna sous le nom d'ei-Zà-
liéry, naquit en chawwâl de r&nnée'678 ' — quelqu'un a dit en 0571
— 11 professa à ladite AmdjaJiyek et à la Madjnoùniyeh, 11 mourut
iMi cha'bân de Tannée 765 , et fut enterré auQâsyoûn (N , fol. àS y*).
'« Chéliàb ed-din Ahmad ebn Mobammad ebn Qomâqem, cd-
D/unacbqy, el Foqqâ'y, mourut à Damas en djoumâda 2* de Tannée
•S09. Qomâqem était le surnom de son père ; celui-ci était marchand
(le bière (/077a*) (N, fol. A8 v").
'^ Le sayyed Nâsr.r ed-dîn MoUammad, fds dû sayyed *alâ ed-
(lin 'aly, fils du mf(//6 e/ac/trd/'t syndic des chérîfs), mdurul'eii ^afar'
(le l'année 8i/|. H fut chargé de plusieurs fonctions, entre autres
reîles de professeur el d'inspecteur de là Nâsérireh, de sUJ)érieur
de VAsadiveli intra murosci de professtmr de VAmdjàdiy eh, du tas-
ilir à la niosqu(^(;-calhédrale , de la moitié du pOstie de Ijhatîb de la
mos(|uée des roseaux, ci autres placèà et inspections. A la moirt^ de
leur père, lui tit son frenî Chéhâb ed-dfn furent confirmés dàiift
les emplois qu'il' détenait. Ses funérailles eurent lieu le jour de
mardi 2 du mois. 11 était àg}. de trente-cinq ans environ. On l'ap-
pelait zorajij , parce qu'il avait lesyeui^ bleus(N, fol. 48 v"-49- i^).
'" A la mort de Nâser od-dîn , son frère , Chéhâb (ï(t-dîn , fut in-
vesti de la chaire et de l'inspbction de là I^Asétiyek. Puiîiv le jour
de samedi, 1 1 djoumâda a** de l'année 818, Chams ed-dîn Mohan*-
mad, fils du qàdy en chef (ihéhâb ed-dîfr Ahmad, el Bè'oùny, étant
rcxemi de Me;r, enleva" à Chéhérb ed-dîii ebn n<x<flb et (ichrâf ïiiX'
•ipertion des deux harains, la moitié de la chaire et l'rtrsfïection de
VAnidjadivcli vl autres emplois, prodmsanl mcnsneHemenl mille
itcrbams. Aitoùiibogh<\ (»rofmàny Tavrfit secondé darts cet acte. Mai»
au retour du qàd) en chef, c^esl-à-dire d'ebn He<ljdjy, les choses ren-
trèrent dans l'ordre (N, (bl. fn) v").
■' Le say>ed et qâdy 'ezz ed-din Hamzah mourut hoi's de cheï
lui , à Jérusalem , le i rabî' 2^ de l'année 894 , et fut enteiré au ti-
meli(»re de Màmilà (N, fol. àij, v*).
"^ Le ([âdv Mobebb ed-din mourut la nuit du (jeudi au) vendredi
•>3 rabr 1" de l'année 89 1 et fut enterré auprès de son père, à Touest
de la Qalandariyeh , dans la lurbeh (cimetière) de bah en-saghir, H
(•tait né en 82G(N,foL 49 V»).
'^ Cette dat(>. infirme la note en latin qu'on lit en tête du manu-
scrit de Paris et d'après iJaqnelle *abd EiBA^ret serait mort vers Tan-
née 920. L'auteur de cette liote Ta confondu avec son homonyme
abd Kl Bâsel ebn KhnW el^n OMitn , el Malaly, cl C^Whéry, hana-
460 MAI-JUIN 1894.
iite, dont H. Khal. mentionne plusieurs ouvrages et qui mourut,
en effet, en 920. On verra d'ailleurs au fol. Ho r^ que rabrëviateur
liu Tatibih e_-lâleb u'avait que quatorze ans en 921.
'^ Le texte porte yft après el Amdjad; l'édition égyptienne d'ekn
(>ch-(ihehiiah ac le porte pas.
'^ Quand ei Achraf Moîisa etdeva Ba'albakk à el Amdjad, il le
(It demeurer auprès de lui à Damas, dans la maison de son père.
Le même auteur (cbn Katîr) dit, sous l'année 635, à propos de la
mort d'el Achraf, que ce prince avait constitué en waqf la maison
de Farroûkh Châli , qu'on appelle dâr es-sdâdeh , et son jardin au
Mayrab, en faveur de son fils (N, fol. 4 7 v*).
'^ D'après ebn Katîr, ce fut dans sa madraseh , sise à coté de celle
de son père , au Charaf septentrional. En donnant la biographie de
Farrokh Chah, cet auteur s'exprime ainsi : «C'est de lui que tire
son nom la madraseh la Fairolihckâhiyeh (située) au Charaf sep-
tentrional, et à côté de laquelle est la turbeh \* Amdjadijek, ^es
sont toutes deux affectées aux Hanafites et aux Châfé*îtes» (N, fol.
48 v«).
^^ iitoliA. . Cf. sur ce mot Quatremère , Mamloûks « 1 , 3 1 , et Doiy,
Dictionnaire des vêtements, i45. — Le Fawât el wajayâi (I, 349)
(ait mention d'une ceinture qui valait cinq mille dinars (plus de
soixante mille francs !).
^^ iiJL^Ji ^1 ^;b. Cet ouvrage ne figure pas sous ce' titre dans
U. Khal., mais sous celui de JôLUt jo^^ (III, 491)11! a été im-
primé au Caire, dans la marge des tomes IX. et X du Kàmel d'ebu
el Atîr, avec le titre de ^UXi Jûâ»;. Kbn Chehnah (Aboul Walîd
Zayu ed-dîn Mohammad ebn Moljammad), el Halaby, hanafîte,
mourut l'année 8iô {Comm. i3 avril i4ia).
'* Les deux dates sont restées en hlanc dans le manuscrit. —
l'jbn ech Chehnah (t. IX, d'el)n el Atir, p. 84) rapporte aussi
l'assassinat de fiahrâm Chah à l'année 637; ed-Dahaby, dans les
*ébar, dit 628; el)n Katir et es-Safady, dans le iVâJy, le placent en
chawwâl 628. Elm Chaddâd donne le mois de safar 639.
«0 IJ. Khal., IV, 149, les appelle ^^\ ^l* c»LM:». — Comp.
rhap. Il, n. 4.
^* Ces deux vers se trouvent aussi dans le Fawài el wajayàt, I,
io3; mais au lieu de ^^j^ (j^i on y lit ^^3 ^^ (de mon péché).
^^ (^e collège est mentionné dans le n° 398 de ma collection des
inscriptions de Dumas (il sera donné plus loin sous la Jkhânqâh la
'ezziyeh) el dans le Kêlàh cr-vawdatavn , p. 5o.
DESCRIPTION DE DAMAS. 461
^ «Car il y avait ià une horioge (c^LcLmJI (•^XJb) au moyen de
laquelle on connaissait chaque heure qui s'écoulait de la journée.
Elle était surmontée d'oiseaux en cuivre, d'un serpent de même
métal et d'un corbeau. L'heure s'achevait-elle , que le serpent sor-
tait, les oiseaux sifflaient, le corbeau criait, et un caillou tombait.
Voilà ce que dit le qâdy ebn Zohayr» (N, fol. 5o r").
Comp. le passage du manuscrit 823, fol. 53 \°, repi*oduit et
traduit par de Sacy, *abd El-Latif, p. 578, et dans lequel un au-
teur appelé ebn Djobayr décrit l'horioge que Ton voyait en sortant
do la porte de Djayroûn. — Le texte porte JuLi^ {j\ Jl*S que le
savant orientaliste a lu JJLj3 jij) Jlj» et, plus bas, y^^5o4l (^lt«l->M
qu'il a cru devoir remplacer par ^^^^ù^^ ç^^UoJl .
®* Plus loin on lit qaysâriyek. — S. de Sacy (*abd El-Lalif,
p. 3o3], dans une note sur la qaysâriyeh, donne à ce terme le
sons de «halle». — Cette construction devait fort ressemblera ce
qu'on appelle, à Alexandrie, une okette : au rez-de-chaussée sont
des magasins servant d'entrepôt pour les marchandises, et des bou-
tiques , tout autour d'une grande cour, à peu près carrée. Pardes-
sus, au premier étage, des logements dont la porte s'ouvre sur une
galerie couverte, passage et promenoir, donnant sur la cour. Il
en est de même du IJvàn. Celui qui existe à Saydâ et qui appar-
tient à la France est construit dans les mêmes conditions. Un grand
portail auquel est préposé un portier ( baiowàb) ferme ces établis-
sements ; il s'y trouve aussi qudques petites portes donnant accès
soit dans la cour, soit à un escalier conduisant au premier étage.
Le mot okelle n'est pas usité en Syrie. — M. de Goeje, dans le
glossaire de sa Bibliothèque des géographes ara6e« , IV* partie , définit
la qaysAriyeh par : taberna mercaioria, hospitinm mercatoriam
»' D'après Khalîl Dâhéry (ms. ar. 696, foL 23o v**), l'atAbek
des armées est le même que le greuid-émir, et porte encore le titre
de behler beki (Quatremère, Mamlonks, 1,3).
^'^ Le copiste a écrit ^^JLi^ , qui n'a pas de sens ici ; je suppose
qu'il faut lire, comme dans N (fol. 5o r^), *J JUC^.
"^ Les deux manuscrits B et N donnent ^^^XmS; mais il faut
lire ^j.Xy.6.C (Gumuchtékîn) comme dans le texte imprimé du
Kélâb er-rawdaiayn , p. 5o. Cf. Ovuàma» traduction de M. Hartwig
Derenbourg, p. 178, n. 5.
Ed-Dahaby dit sous l'année 493 : «Kastékîn (Gumuchtékîn] ebn
ed-Dîiiiirhmpnd, seigneur de Malatyah et de Siwâs, rencontra les
iiCr2 MAI-JUIN 189.4.
Francs près de MulaUali , les iQil.,pn déroute,. et fit prisonnier lenr
roi Botunond ICS. Alioii'l £^dâ, liisU or^ îles crois. » [, 5). Et il ar-
. riva par uier sept i^avires? (qarânh.); (les assajillaiits] s'en^parèrent
de la citudoilc d*el Kawra^h et ,en. massacrèrjent la garnison. Ebn
ed-Dânichmend marcha à leur rencontre , diti|)>n el Ajir, et les tailla
en pièces. Trois mille Francs seulement, sur .neuf cent mille, échap-
pèrent la nuit venue (N, fol. .00, r^-v**). — [ja. bataille, à laguèUe
prit part l'armëe &anquc au nooibre de 3op,opo hommes , . est
mentionnée dans 1(^ fCâmei d'ebn el Atîr [Hitt* or, jit Croit., I,
- ao3), mais il n est. pas question de la cita4elle.
« Et-îaftbéky, d'après N, fol. 5a t\ où il est. dit qu'il fut in-
vesti des fonctions d'atâbek des troupes à Damas en Tannée 53o.
^'^ On l'appelait le prix de l'or ( hfiiqq ed-dakab ) et elle possédait
une portion du jardin d'd Khachchâb , à Kafar Soûsyâ, et autres
pi'opriélés (N, fol. 5o r").
^. l>jamâi cd-dîn ehn Djamâl el islam Aboul Hasan 'aly ebn el
M oslera ebn : Mohanunad ebn 'aly, Es-Nolamy, ed-Démachqy, pro-
fessa pendant quelque tejnps à I9 Aa(^aA d'el phazzâly, dans la
mosquée-cathédrale. C'est lui qui conseilla a cl G.hazzftl^ de prendn*.
• place dans la Aa/^ri/i du chaykh Nasr. qui est le, iieu connu, dans
la mosquée-cathédrale, .sous le non^ de la Ghazzâlireh. Professeur
à la Ghaz^âUyeL et à la Mo'îniyeh , il fut le premier qui donna des
h^ons à la niadraç eh d'Ainîu ed-daq|eh , en l'année 5 1 4* H composa
des ouvrages, Il mourut eu (]ou'l qa'deh de l'année 533, du vivant
. du fondatiiur, et fui enterré à hâh es-saghir^sur la même rangée que
plusieurs des compagnons du prophète (N^ fol. 5o v^'-Si r*).
Cf. H. khal., I, 170.
'^ Mohammed ehn 'aly ehn cl Moslem Mo]ii^mmad ebn/(dy ehn
el Fatlj, le prédicateur [irâ'ez) Abou Bakr ebn 1>jamAl el isUm
Abn Hasan ^ es-Solamy, ed-Démachqy, fnt investi de la charge de
prédicattiur {khalih) à la mosquée-cathédrale de,Damas« et de celle
de professeur à la zâwyeh qui fait face à 1^ porte .d'e/ har^^^h. Il
..mourut en.chawwâl de l'année 564, à Tâg^Q de soixantedei^i ans, et
fut enterré au-dessus de son père (N, ôi.r').
Le wiiez prononce .des. sermon^ , sans position officielle. Le Afta/cft
oxerc($,une charge; c'est.lui qui fait che^uç^yençlredi, çjans le djàm£,
• où les. fidèles ^.réunissent .pour la.prièi'e en commun, la .j^othek
oi| prône avec une invocation finale pour le sultan régnant.
. Voin ^HP If^ Mïoibek la. note ;çédigée. par M. de Slane danp Hist.
or. des Crois,, t. J, p. -757,
DKSCRÎPTION D/: DAMAS. 463
^ (iliafaf ed-dîn Aboii'l Hasan 'aly ébn Abî Bakr ebn'Djamâl el
islam, es-SoIamy, naquil à Damas l'anf 544. Il professa àla ziwyeh
située en face de bâh el larâdeh. Expulse plus tard de Datnas, il de-
meura à Hems jusqu'à' sa mort , qui eut lieu en djoumâda- 2* de
Tannée 602 (N, fol. 5i r").
'^s El Khedr cbn CBebl ebrt 'abd, Abou'î fcïtrakât el Hâl^ty, ed-
DémachqV, professa à la Gkazzâliyeh et à ià^ M&djâhédiyeli, i}n eLUirt
(qu'ebn Chaddâd) dit que Noùr ed-dîn le màrtjrr -constniisit ' pour
lui la madraseh qui est eil dedans de bâb elfat^ûdj eVqd^n appelle
Ik^émâdïyeh, ff'en devint le premier professeur. Pttis elle fut con-
nue sous le lïom d'el 'émâd el kâteb. If 'Tiaquit i'aiïriée 486 etnïou-
rut en dou'l qa*deh de Tannée 562. Il fut -enterré k'^bâh élftitàdia
(N, fol. 5i v").
•* Le qâdy le ra'j^j Qotb ed-dîn âbouM tna'âly Ahmadebh Abî
Mobammad (ebn) 'abd Ei-Sallâm ebn el Motalihar ebn Abi Séa'd
'abd AUab ebn Abî 'osrtfûn îiàquit eh radjsfb àé Tannée 593* & pro-
féra à rAtniniyeh et à la 'ùsnoûntyeh , à Damas ^ ettaounit e» djou-
mâda 2** de Tannée 675 (N, P 53 v'*-54 r**). — Quatremère; Mam-
loûks, I, 2* jpart., V46, dîe*qu'il mdurut à'Haiab àTâge de qhatre-
vingt-troii ans.
^ ^" Le qâdy en cliefNàdjiti ed^lînAbou Bakr Mohamimad,<^ils
du qâdy en chef Sadr ed-dîn Aboul'abbâs Ahmad, fils'du qâdy en
chef Chams ed-dîn = Abou'i barakât Yahya ebn Hébat AUab ebn el
Hasan, surnommé (ebn) Sany ed-dauleli, naquit Taii 616. Il fut
investi de !à' charge de qâdy en chef (tprèé la défaite des- Tatârs à
'ayn Djâlbôt eft rai'nadâti de Tannée^659, et destitué un an après.
Puis bii' lui fit habiter Mesr et il fut soumis à une' amende. Ensuite
U^ fut nommé qâdy de Daiha's pendant 'quelques jours, après le
règne de Sbnqoi^ ëi actiqar; etf safar. de i'artnée 679. I:»e>qâdy en
chef Cfa'ams' ed-dîn Ahmad èbh Khailikâta Idi 'àVait «nlevé aiors la
chaire de XAndniyehl en'moharram de ladite aihihée,^liiais il levait
reprise en siifar. B mourut le 8 el tijoharram de i'ânnée 680 et
fut enterré au Qâsyoûil, dans la tui^beh de'soi^ tiieuii(N, f" 54 r**).
— Cf. Qùatrei»rèpé;ïoc(y CI*. , H, 49.
•* <}otb ed'-<lîn''Abou*l ma'âly Mas^èûd Mebti Mc^âmmad «bn
Mas*oûd, en-Nay«àboûry, e^Tàrtîty? Tattfetir dû Kétâh'^ Hâéyisur
la juriâljpiSidence ; nkqùit en* radjah de Tannée So^.^â vidi» à Damas
Tannée Sic cK dohiia des leèohé^à la'.lllf(>c(/âA^iy^;<puis à iat'zâwyeh
la Ghazzâliyeh, après la mort de Nasr Allah el Massîsy.- Enf' Tan-
née 568, ir revint 'fr Dàinas* qu'il tfvait quittée e( ^yroièssa à cette
404 MAI-JUIN 1894.
Aminiyeh et à la (iliazzâliyeh ; Noûr ed-dîn le mm^iyr commença à
construire pour lui une niadraseh, qui est la Grande *âdéliyeh. U
avait aussi occupé la chaire de la Djâroûkhiyeh, 11 mourut à la
fin de l'année 678 et fut enterré, d'après ed-Dahaby, dans une
turbeh qu'il avait construite à l'ouest du cimetière (maqéJter) des
Soûfys. Il avait également bâti une mosquée sur Its rochers qui
sont en face du moidin de l'hippodrome (N, f° 5i v**).
Cf. H. Khal. ElHâdyJilforoû\ VI, ^70.
c£7 MassUah et el Masisah (Mopsueste) est une ville (sise) sur
le bord du Djayhoûn et un des postes-frontières de la Syrie, entre
Antioche et le Bélâd cr-Roûm; anciennement les musulmans y
stationnaient pour inquiéter le pays ennemi. — El MastUak est .
aussi un des villages de Damas , près de Beyt Lahya. » Mardsed.
^ *aiy ebn 'aqîl ebn Hébat AÛah ebn el Hasan ebn d Mo'alla.
le jurisconsulte châfé'îte Dyâ ed-dîn Abou 1 Hasan ebn el Hoûby, el
Mohallaby, ed-Démachqy, le notaire, naquit Tannée 537. Il fut
imânî au machhad de 'aly et mourut en radjah de l'année 601 (N,
f°5i v°-53 r").
*^ Sâîn ed-dîn Abou Mohammad *abd El Wâlied ebn Ismâ*îi ebn
Zâfer, ed-Démyâty, le châfé'îte, naquit, à ce qu'on suppose, en l'an-
née 556 et mourut en rabî* 1" de l'année 6i3 (N, f^ Sa r*).
•* Et-Taqy *ysa ebn Yoûsef Ahmad.
^ Voir chapitre U, n. G2. Le Kétàb el wefayât donne sa bîo-
«>;raphic, 1, i33.
^"o Le qâdy en chef Djamâl ed-dîn Abou 1 Walîd Yoûnès ebn Bad-
rân ebn Fîroûz ebn Sâ'ed ebn 'asâker ebn Mohammad ebn 'aiy, d
Qorachy, ech-Chayby, el Hcdjâzy d'origine, d Me^ry, naquit à Me^r
en l'année 555 approximativement. B fut procureur du trésor puMic
à Damas et investi de la charge de professeur à cette Amtaijek,
après et-Taqy l'aveugle , par le vizir Safy ed-dîn Abou Bakr qui le
nomma aussi professeur de la Grande *âdéliyeh, quand ia construc-
tion en fut achevée en Tannée 619. C'était sous le règne d'd Mo'az-
zam. On lui contesta sa génédogie comme descendant de Qoraych.
Chaque jour de vendredi , après V'asr, il siégeait , pour rendre la
justice, à la fenêtre el Kamâly, dans le machhad de *oUnAn. D mou-
rut en rabî* 1" de l'année 623 (N, f° 52 v^-53 r").
Echrcheubbâk el Kamàly, On lit au P 5ii v° et en {dusieurs autres
endroits : «à la fenêtre el Kamédy de la mosquée-cathédrale de
Damas ».
Rn parlant de la mort de Tâdj ed-dîn Mohammad, fils de Ché-
DESCRIPTIOiN DE DAMAS. 465
Lâb ed-dîn (voir ci-devant, n. 57), N dit {f° 67 v°) qu'il mourut
en sa demeure située dans la ruelle de la turbeh du sultan Salâh
ed-dîn Yoûsef.
*®^ N écrit el Djabaly. — Rafî* ed-dîn est mentionné plus haut.
— Le qâdy er-Rafï* Abou Hâmed 'abd El azîz ebn *abd El Wâhed
ebn Ismâ'îl ebn 'abd El Hâdy ebn Mohammad ebn Hâmed , el Dja-
baly, châfé'îte, fut investi par es-Sâleh Isma'îl du poste de qâdy à
Damas, l'année 638. Saisi el condamné à une amende, il fut mis
à mort en dou'l hedjdjeh de l'année 6li2. U a écrit des ouvrages
de médecine (N.P 53 r°-v°).
Cf. H. Khal., I, 3o3. Dans l'index, Flùgel l'appelle el Djabaly
[al. el Halaby). M. Leclerc, Histoire de la médecine arabes II, 210,
lui donne le nom ethnique d*el Djîly et le fait mourir en Tan-
née 64 1 (sans doute d'après ebn Osaybé*ah).
*®* N écrit par erreur el Djabaly. — Voir Hist or. des Crois., I,
index , aui mots Osâmah 'ezz ed-dîn et 'adjloûn. 'ezz ed-dîn Osâmah
el Halaby était l'un des principaux généraux de Saladin. Cf. aussi
la note de M. H. Derenbourg [Oasânia, traduction, 191).
^^ 'adjloûn est un château fort et Bâ'oûtah en est le bourg. Le
château s'élève à un temps de galop du bourg. Tous deux sont situés
sur la montagne orientale du Ghaur, en face de Baysân, et de Bay-
sân on découvre 'adjloûn , cette place inexpugnable bien connue. Ce
château fort est récent : il a été construit par *ezz ed-dîn Osâmah ,
l'un des principaux généraux de Saladin» (Abou'l fédâ, loco cit,,
II, n, 23).
*®* tKawkah est le nom d'une citadelle sise sur la montagne qui
donne sur Tibériade; elle est très forte et domine le Jourdain. Elle
fut conquise par Saladin et ruinée depuis. 9 Marâsed.
^•^ D le soupçonnait d'être en correspondance avec ez-Zâher, sei-
gneur de Halab. Il lui extorqua un million de dînârs. La citadelle
de Kawkab fut rasée jusqu'au sol, parce qu'il était hors d'état de
la conserver (N, f" 69 r°).
*•• Le chaykh Nadjm ed-dîn *abd Allah ebn Mohammad, d Bâ-
dérây, el Baghdâdy, fut professeur de la Nézâmiyeh (à Baghdâd) el
ambassadeur du khalifat auprès des divers souverains (N, f° 69 r^).
Cf. dans Quatremère, Mamloûks, I, 77 n. , la notice sur el Bâ-
dérây tirée de Hasan ebn 'omar (f 11 r") et d'Abou'l mahâsen
(f 172 v*»).
'^^ Dans sa madraseh, près de bâb essaldm, on lit sur sa tombe
l'inscription suivante (n" 3^5 de ma collection), écrite sur piapier :
III. 3 1
iMraimr.KiB i*tiu<i*li.
400 MAI-JUIN 1804.
■ Ceci (>st la lonibe ilu cliayUi parfiiil, savaat, pFAliqnant, tièf
■ docte, verse dans la science des préceptes divins ( M fartuty) , Nadjn
ted-din'abd Allah ebn Abri wafd Mohammad ebn el H«Mn,elBà-
« dérày, le chàfe itc , que Dieu , qu'il soit exalté ! lui fasse miséri-
« corde ! H mounit à la miséricorde et an pardon de Diea , Tan-
«née 655. •
^ l^^-^ï. Cette destruction eut lieu, d'après Abou Ciiâiiiah,ai
647. comme on le verra plus loin sous la madraaeh VYa^kmMuériytL
>» (El maleL ei-SàleLi) Nadjm ed-dîn Ayyoûb, fils d*el Kâmd,
régna à Damas en 636 et fut dépossédé de cette ville en 637. H
régna en l^g>7)te de 637 à 647 et rentra en possession de Damas
de 6.43 à 647-
"^ Le sultan d'Egypte (et de Syrie) était alors d Mb'eiz 'en ed-
dm Aybek, qui régna de 648 (1360) à 655 (1S57).
'" « Djesrîn est un des villages de la Ghoûtah de Damas. > Ma-
ràsed.
"^ *abd Er-Rahman ebn 'abd Allah ebn d Hasan ebn *abd AUafa
ebn el Hasan ebn 'otmân, Djamâl ed-din, fils do chaykh Nadjm
ed-din , el Bàdérày, el Baghdâdy, puis ed-Dëmadiqy, professa i la
madraseh de son père, après lui, jusqu'à sa mort, qui eut lieu le
jour de mercredi 6 radjah de l'année 677. H fut enterré au pen-
chant du Qàsyoùo. H avait passé la cinquantaine (N, f* 59 i^-V).
On trouve sa biographie dans le Tâljr wafayàt el tCyàn d'e«-SH|-
qâ'y, P 5 1 r*>-v^ Cet auteur dit que Djamâl ed-dui vint à Damas,
après la prise de Baghdâd , et demeura dans la maison voisine de
la madraseh.
"' Le chavkh Kamàl ed-din Aboul fadâil SalAr ebn d Hana
ebn omar ebn Sa*id, el Erbély, avait été désigné par le fendatenr
de la Bàdèrâïyeh comme répétiteur à ce collège. B umserva eas fonc-
tions jus({u'à ce qu il mourut en djoomAda 3' de Tannée 670. H fut
enterré à hàh es-sagkù^ (N, f Sg v").
Quatremère, Mamloùks, 1, 2" part., 107, lui donne la àoa^
d'Aboul Fadl.
"^ Le chaykh Chams ed-dîn Abou 'abd AlUh Mohunmad dn
Hasan ebn Mohammad, el Hosayny, diAfêfte, neven dn cba]^
Taqy ed-din d Hesny, fut nommé à la chaire de la Bâdéràfyth^ sans
y toucher de traitement , et s'occupa de restaurer œooUège. Il non-
rut à Damas le jour de lundi 3 rabî* i" de l'année 894 (N, f* 6i ^).
^^^ Fils do Mohaddeb e/l-din Aboo'l mahâsen d Mohdlab ebn
Hasan ebn BaraLàt 'aly ebn Ghyât , el Mohdiaby, d Me^ry. D était
DESCRIPTION DE DAMAS. 467
connu sous le nom d el Madj el Bahnasy. Il mourut a Damas en sa-
far de l'année 628, âgé de plus de soixante-dix ans, et fut enterré
dans sa turbeh qu'il avait construite au penchant du QâsyoiHn (N,
r 62 r^).
Bahnasa, dans le Sa'id d'Egypte, sur le canal de Joseph ou du
Fayyoûm.
'^^ Ghams cd-dîn Ahmad ebn Khallikân, dont le nom entier est
Aboul 'abbâs Ahmad ebn Mohammad ebn Ibrâfaîm ebn Abî Bakr
ebn Khfidiikân , ainsi appelé du nom de son aïeul , el Barmaky, ta
Erbély, naquit à Arbèles en 608. Il vint en Syrie pendant sa jeunesse.
En dou'l qa*deh de Tannée 669 , il fut nommé qâdy de Syrie avec
juridiction séparée , charge à laquelle furent jointes l'inspection des
waqfs , de la mosquée-cathédrale , de l'hôpital , et les fonctions de
professeur dans sept madraseh : la ^âdéliyeh, la Nâsériyek, la Wrà-
wiyek, la Falakiyeh, la Rokniyeh, Vlqbâfyeh et la Bahnâsiyeh, Son
diplôme fut lu le jour de ^arafah , le vendredi , après la prière pu-
blique , à la fenêtre el Kamàly de la mosquée-cathédrale de Damas.
H fut plus tard destitué et remplacé par *ezz ed-dîn ebn evSAyegh »
l'année 669. Sept ans après, au commencement de 677,* il fut ré-
tabli à son poste et ebn e^-Sâyegh destitué. Privé de nouveau de ses
fonctions en el moharram 680, ebn Khallikân ne conserva en sa
possession que VAmtniyeh et la Nadjibiyeh. 11 composa un recueil
précieux sur les morts des personnages illustres. Il mourut dans
ïiwân de la madraseh la Nadjibiyeh, dans la soirée (du vendredi
au) samedi 26 radjah de l'année 681 (3o octobre 1281) et fut
enterré au penchant du Qâsyoûn. H était âgé de soixante-treize ans
(N,r54v").
On trouve la biographie d'ebn Khallikân dans de Slane, Bio-
grupkical dictionary, introduction des vol. I et II; dans Quatremère,
Mamloâks, I, 2" pari., p. 180 et suiv. , 271; ibid.. Il, 22; et dans
e5-Saqqâ*y, ms. 732 , f* 3 v*.
*" La biographie de Taqy ed-dîn 'omar, prince de Hamâh , est
donnée par le Biogt^apkical dictionary. II, 391. Ce prince mourut le
19 ramadan 687 (10 octobre 1191). — H devint seigneur de Hamâh
en 674. — n fut enterré dans une turbeh que recouvre une ma-
draseh très connue, sur le territoire de Hamâh (Kétâb er-rawda-
tayn, 2" part. , p. igS). Le Kkéial (II, 2 64), à propos de la ma-
draseh nommée Manâzel el *eiz, donne aussi une biographie de Taqy
ed-dîn 'omar et dit qu'il mounit la nuit du (jeudi an) vendredi
9 du mois de ramadan.
3i.
408 MAI-JUIN 1894.
"" Llin (^liaddâd l'appello l<* qâdy en chef Mohiy ed-din Mobam-
mad H)n 'alv (N, r63 V").
"^ Qàdy dr Damas; il fit à Jérusalem, le 4 cha'bân 583 (g oc-
lohn» ï 1 H7 ) , l(» premier sermon après la prise de la ville sainte par
Saladiii [Hist. or. des Croisades, I, 706). — Il récita le service fu-
nèbre à renterrcment de ce prince (/6irf., 69, et III, 366, 869 ,
387 et \ 1 2 ).
Ebn Khallikàn donne sa biographie (II , 633). Il était né à Damas
en 55o (1 155); il mourut dans cette ville le 7 chal>ân 598 (3 mai
I 202 ) et fut enterré au penchant du Qâsyoûn.
^^ H s'agit probablement de Kamâl ed-din, fils du qâdy *ezz ed-
dSn Hamzah, el Hosayny, qui figure parmi les professeurs de la ma-
draseh V Amdjadiyeh.
"' Aronâm, c'est-à-dire originaires du pays du Roûm (Asie Mi-
neure).
^^ *abd El Bâset avait alors soixante-quatre ans.
'" Envoyé comme ambassadeur auprès de Khawârezm Chah à
Isbahân, il mourut en route à Hamadân en dou'l qa'deh 692 (N.
P 65 r'').
'" Le jour de dimanche i4 dou'l qa'dch de l'année 726, fut ou-
verte la madraseh la Hemsiyeh (qui est) vis-à-vis de la CAdmîve^ ex-
tra miiros, et la leçon y fut donnée par Mohiy ed-dîn de 'Tripoli.
II était qâdv de Hesn 'akkâr et surnommé Abou Rébâh (N, £^67
r»).
Le cliâtean de 'akkâr est placé dans la montagne de ce nom , si-
tuée au delà de Ba'lbakk et à l'orient de Tripoli. Cf. Abou'I fédâ,
loco cit., II, 89.
*^^ Si el Djamâl el Mesry est le même dont la biographie est
donnée ci-devant, n. 100,, et qui vécut de 555 à 623, on peut être
à peu près fixé sur l'époque à laquelle ce Sibây était nâîh de Syrie.
•2« Ou «de la lionne». N (f° 67) porte iU..-Jl laâç. La moitié
inférieure de ce f" 67 r" est restée en blanc, ainsi qu'une partie du
verso.
'^' Ce titre manque dans N.
•" Le qâdy suprême Badr ed-dîn Hasan, connu sous le nom de
fils du qâdy d'Adré'ât, mourut la nuit du (samedi au) dimanche,
au coucher du soleil, fin du mois de moljarram de l'année 81 4,
dans son habitation au haut de la madraseh la Khahisiyeh , et fut
enterré dans la turbeh du chaykh Raslân (N, f" 67 v").
•" Cette madraseh el sa notice sont omises dans B.
DESCRIPTION DE DAMAS. 469
*^** Cf. ci-devant, note 2.
'^^ Ebn Katîr dit, sous l'année 61 4 : «Ech-Chodjà' Mahmoud,
connu sous le nom d'ebn ed-Dammâgh , était du nombre des amis
d'el 'âdei, qu'il faisait rire. Il acquit des biens considérables. Sa
maison était située en dedans de bâb el faradj. Sa femme 'âîchah
en fit une madraseh pour les Châfé'îtes et les Hanafites et lui
constitua des waqfs. Il mourut à Damas en dou'l qa'deh» (N, P 68
*^ 11 mourut l'année 637. Cf. Fawât el wafayât, 11, 227, oii son
nom est écrit une fois el Kboûly, comme dans B.
^^ Zayn ed-dîn ebn Waly ed-dîn, connu sous le nom de fils du
qâdy de 'adjloûn (N, f* 70 r*»).
*^ *abd El Wahbâb ebn Ahmad ebn Sahnoûn, le prédicateur
d'en-Nayrab , hanaf îte , professa à la Dammâghijeh» H vécut soixante-
quinze ans et mourut l'année 69 4- U était le médecin de l'hôpital
de la montagne (Fawât el wcLfayâl, II, 26). Es-Saqqâ'y donne égale-
ment la biographie d'ebn Sahnoûn (Madj ed-dîn), f** 55 r^ et dit
qu'il mourut en dou'l qa'deh. — N ne fait mention ici d'aucun des
professeurs hanafites.
Ebn Châker dit que Qasr el-Labbâd était un couvent.
« Maqra — par xinfathah , puis un sokoûn et un alef bref à
la fin — village de Syrie, faisant partie des districts de Damas.
C'est ainsi qu'a dit quelqu'un; mais les traditionnistes et les habi-
tants de Damas donnent un damniah au mim. » Marâsed,
^"^ On sait que les Arabes divisent toute chose en vingt-quatre
parties qu'ils appellent qiràt ou bien saÀm (litt. (lèche).
*** Au lieu de Sarhoûb , N écrit Charkhoûb.
"• « Qasr Omin Hakim, à Mardj es-Soffar, du territoire ( ^Je»^l ^J*)
de Damas. 0mm Hakîm était l'épouse d'Héchâm , fils de 'abd El
Malek. » Marâsed.
*** Chaqhab. Village situé dans le Mardj es-Soffar. Cité par Maq-
rîzy, Khélat, II, 58 et 92. — C'est près de cet endroit qu'eut lieu,
dans l'année 702 (1 3o3) , entre les Mongols de la Perse et les Egyp-
tiens , une bataille dans- laquelle ceux-ci furent victorieux. — C'est
là que les Francs prirent position en l'année 520 (1126-1137)
(Hist. or. des Croisades, I, 16, 173, 790 et 372).
^*' Voir H. Khal., II, io3 : « Ta'rikh ebn Chohbeh. C'est ime suite
à l'Histoire d'ed-Dahaby intitulée el V6ar. Selon moi, c'est une Chro'
niqne à part, que l'auteur a appelée Ta'rikh el islam, en six gros
volumes environ, dont je possède le deuxième et le troisième, coni'
13S
136
k
470 MAI-JUIN 1804.
incnçaiit u\i'c l'année 5Go (Comm. 18 novembre 11 64). J'ai vu un
L'iempiaire coiupiet. »
*^ tDjayroûn. Portique (tcufifeh) allongé, supporté par des co-
lonnes et entouré de portiques; une ville l'euvdoppe; il se trouve
à Damas, au centre, comme un quartier (d mahaUek), La porte
orientale de la mosquée -cathédrale qui y conduit se nomme bàk
Djayroûn (la porte de Djayroûn). • MaràsedL — Voir sur Djiroén,
'abcl Kl-Lalif, n. 44* p. àà2 et suiv., S. de Sacy, qui cite successive-
ment Mas'oudy, Maqrîxy, Khalil Dàhéry, Âbou 1 fédA , Djawhary, Abou
Châmah et Thévenot. D'après Gabricd TaouU, «Dproûn est ud vaste
et ancien édifice, couvert de toits, et renfermant dans son intérieur.
tant à droite qu'à gauche, des lieux d'aisances, au-dessous desqueb
passe sans cesse une partie de la rivière de Damas». Cet édifice,
<|ui sert aujourd'hui de latrines publiques, était sans doute autre-
ibis un bazar ou marché couvert. — Il fut consumé par un incendie
en l'an SSg {Kétàb er-iawdatayn , i33). De Sacy donne encore,
p. 576, addition à la note 44* un extrait du ms. n" 833, dans
lequel il est question des trois porter primitives de Damas et des
quatre portes de la mosquée, des quatre réservoirs (ial^UL») de la
mosquée, et de l'horioge (£^11^) qu'on voit à droite en sortant de
bàb Djayroûn. — D'après Mas'oûdy, traduction de M. Barbicar de Mey-
nard , lll , 2 72 , c l'emplacement du palais de Djayroûn, qu'à nomma
Irem aux piliers, est occupé, en l'an 333, par un des marchés de
Damas, situé près do la porte de la mosquée-cathédnde, appelée
Djayroûn ou porte de Djayroûn, C'était un vaste édifice servant de
château à ce roi. Il était muni de portes d'airain d'un travaU mer-
vcdleux, dont les unes sont restées dans lenr état primitif, et les
autres ont été adaptées à la mosquée-cathédrale. »
^ n fut enterré dans sa madraseh (N, P 70 v").
*^* tEd'Dawlaiyeh. Grand village à une journée d'el filawsel, sur
la route de Nésîbîn. » Maràsed,
^^ n lava le corps de Ssdadin (Hist. or, des Crois,, I, 68, etIU,
369). S. de Sacy, ^abd El-Latif, 488, indique, d'après Aboul ma-
hâsen (ms. ar. de la Bihliothècpie nationale, n** 661), l'année 698,
comme la date de la mort d'ed-Dawla'y et dit que ses noms et sur-
noms étaient Dyâ ed-din 'abd El Malek ehn Yâsîn. — Ebn Khdii-
Lân (IV, ^àà) dit également que celui qui lava le corps de Saladin
s'appdait Dyâ ed-dîn Abou'l Qâsem 'abd EU Malek ebn Zayd ebn
Yâsîn. . ., châfé'ite, prédicateur de Damas, qui mourut le 13 ra-
bî' 1*' 598 (10 décembre 1201). Il était né l'an 607 (iii3-iii4).
DESCRIPTION DE DAMAS. 471
Il fut enterré au cimetière des martyrs [maqâber ech-chohadâ) , en
dehors de bâb es-sagkir, — On trouve près de bâb es-saghtr ie tom-
beau d'ed-Dawla'y. H porte l'inscription suivante (n° 61 5 de ma
collection) :
«Au nom de Dieu, etc. Qor. XXXVII, 69. Ceci est le tombeau
«du chaykb, le jurisconsulte, l'imâm, le savant, le moufty, la lu-
«mière de la religion (Dyâ ed-dîn), le UiaUb ^ i'imâm et le moufty
« de Damas , Abou'l Qâsem *abd El Malek , fils de Zayd , ct-Taghlaby,
« ed-Dawla y, que Dieu lui fasse miséricorde ! Il mourut le jour de
«mardi, avant le coucher du soleil, après avoir fait la prière de
tiVa$r et sans cesser de réciter son chapelet jusqu'à ta mort, le
« 1 2 rabî' 1" de l'année 698. »
**** Le membre de phrase est incomplet dans le ms, et par suite
le sens reste douteux. On y lit i c;».>.o*>i ^^,^, .
^^^ 'abd El Bâset avait alors soixante-quatre ans (lunaires).
'" N l'appelle « châfé'îte » , au lieu de intra mwros.
'*' D faudrait écrire j^^^JL*, Manko-vireck, qui signifie en turc
oriental «don de Dieu» (cf. HisL or. des Crois., I, 844).
•^" Falak ed-dîn était frère utérin d'el malek el *âdel. 11 est men-
tionné dans HisL or. des Crois., II, 1" part., 61, et 111, 307, 3o8.
''^ D'après ebn Katîr, il se désista de cette chaire en faveur de
Chéhâb ed-dîn Abou Châmah, l'année 660 (N, P 73 v").
*" De ce nombre était Djamâl ed-dîn et-Taymâny en faveur du-
quel Chéhâb ed-dîn ebn Hedjdjy et le sayyed Chéhâb ed-dîn, fils
du naqib el achrâj, résignèrent la chaire de la Rokniyeh, en dou'l
qa'deh 81 5, moyennant cent cinquante florins [ajloûry) payables
partie comptant et partie à terme (N, f" 74 v"). (Cependant) le fils
du qâdy de Chohbeh dit dans ses Annales, sous l'année 8i5 : «Et-
Taymâny naquit à Mesr l'an 771 et fut tué en safar de l'an-
née 8i5, dans sa demeure (située) au tadil, pendant la guerre qui
édatt entre en-Nâser ( Faradj ) et ses compétiteurs au trône , en safar
de l'année 81 5. Il fut enterré au cimetière (maqâber) d'el Homo-
riyeh , à proximité de la Choûwaykeh , près du quartier du tombeau
de 'âtékah, à côté du chaykh 'aly ebn Ayyoïib» (N, f° 74 r*-v').
*" D professa à ce collège l'année 886 (N, f° 77 v"). Comp. sous
la madraseh VAmdjadiyeh.
^^ Cf. ebn Khallikân (11, 189-190) : «Un collège du même nom
existait à Halab, fondé également par ez-Zaky Abou'l Qâsem Hébat
Allah ebn *abd El Wâhed ebn Rawâhah, cl Hamawy. Il mourut à
Pâmas le mardi 7 radjab 622 (3 juillet 1228) et fut enterre dans
472 MAI-JUIN 1894.
le cimetière des Soûi'ys. Cliéhâb ed-dîn 'abd Er-Rakman Aboa Châ-
niah dit dans ses Annales qu'ebn Rawâhah moanit en 6 s 3. »
»" D'après ebn Katir (N, f 77 v')7 il sappdait Hébat Allah,
(ils de Moljammad.
'^ Il habitait la chambre qui se trouvait dans Yiwàn de la ma-
draseb, du côté de l'ouest (N, f 77 v").
^" ^^Aa . Cf. de Goeje, Bibl. geotp\ arab,, glossaire, au mot
'^ Les Annales d'ed-Dahaby existent à la Bibliothèque uationide*
n" 646.
'^ Le qâdy Cbaraf ed-dîn Abou Tftleb *abd Allah ebn 'abd £r-
Hahmaa ebn Sultan ebn Yahya ebn *aly ebn 'abd £l 'azîz ebn Zayn
el qodât (l'ornement des qâdys) Abî Bakr, ei Qorachy, ed-Dé-
machqy, professa à la Rawâhiyeh en l'année 6o4t et à la Châmijr^
extra mwvs. H mourut en chaliân de l'année 61 5 et fiit enterré
dans leur cimetière, à la mosquée du pied (N, f* 78 r'*).
^^ L'imâm Chams ed-dîn 'abd Ër-Rahman ebn Noûh ebn Mo-
ljammad ebn et-Turkomâny el Maqdésy mourut en rabf 2' de l'an-
née 654, à l'âge d'environ soixante-dix ans (N, f* 78 r'*-v*).
n s'agit ici de son fils Nâser ed-din Mohammad ebn Chams ed-
din *abd Er-Rahman ebn Noûh, ed-Démachqy. Celui-ci professa à
la ^adràwiych et à la turl>eh d'Omm es-Sâleh, On le trouva étranglé
le vendredi matin 3 cha'bân de l'année 689. Il fut enterré au cime-
tière (maqâber) des Soûfys (N, f" 78 v*'-79 v").
1^^ I^^J^j.^â^b JojsJ ^J^. Je ne suis pas certain d'avoir bien
traduit ce membre de phrase. N porte i^tri^Y* *) 0^. Il écrit
quelques lignes plus haut : f^\ ^^o^^l (^15^ U I4; j<ft,T^ ^^^^^^aS JjS
ï\S\^ ilaJ) ^. «Il composa une pièce de vers comme soidagement
aux injustices et aux mauvais procédés qu'il lui avait fait subir. »
^^ Le courrier de la poste porteur de l'ordre de procéder à une
enquête arriva en djoumâda 2** de l'année 688.
^** Au lieu de k>^I , N porte loIxxJt « le très grand •.
*•* N ne fait pas mention de cette zâwyeh.
^^ Le mot maqsoûrah désigne : une chambre grillée, placée dans
une moscf ttée, auprh du timenbari» [la chaire) et dans /oçBtf/le le
prince se place pour faire la prière et entendre la hhplheh. On peut
consulter pour ce (|ui concerne la matjsoûrah l'Architecture arahe on
monuments du Caire, de Coste, p. 82 (Quatremère, Mamloàhs, I,
164, et II, 283).
DESCRIPTION DE DAMAS. 473
^^"^ Sur le Khedr, cf. Qor'ân, sourate xviii, et Reinaud, Monu-
ments arabes, persans et tares, I, 169.
^** En-No*aymy a omis ce titre. Du reste, il doit y avoir ici
(f° 81 r") une forte omission du copiste, car il n'est pas question
de Sett ech-Châm , quoique l'auteur, en paiiant de la Chdnivyeh intra
ninros [î" 86 r") qui suit, renvoie à la biographie de cette princesse,
qu'il dit avoir donnée. De plus , les deux premiers professeurs seids
sont mentionnés et son article ne cite aucun de ceux énumérés
dans la longue liste de R.
^^* Abou Châmah (voir ci-après n. 174) appelle ce quartier la
'awniyeh.
*^® Ce collège est mentionné par ebn Khallikân (II, 189); mais
la princesse est appelée Zaman Khâtoûn , ce qui est sans doute une
faute de copiste.
>^^ La biographie de Chams ed-dauleh Toûrân Chah (el maiek
el Mo'azzam ) surnommé Fakhr ed-dîn , fils d'Ayyoûb , fils de Châdy,
fils de Marwân, se trouve dans le Bioyraphical dictionary, I, 284-
287. Saladin l'envoya faire la conquête de l'Yaman (année 669);
puis, en 671, il le nomma son lieutenant à Damas. Toûrân Chah
mourut à Alexandrie, d'après ebn Chaddâd (voir Schultens, p. 45),
le jeudi 1" safar 676 (26 juin 1 180); mais cet auteur dit dans une
autre partie de son ouvrage que sa mort eut lieu le 5 safar. Son
corps fiit transporté à Damas par Sett ech-Châm , qui était sa sœur
du côté du père, et fut enterré par elle dans le collège qu'elle avait
fondé en dehors de la ville. Cet édifice contient également son tom-
beau, celui de son fils Heusâm ed-dîn 'omar ebn Lâdjîn et celui de
son second mari, Nâser ed-dîn Abou 'abd Allah Mohammad ebn
Asad ed-dîn Chîrkoûh, qu'elle avait épousé à la mort de Lâdjîn.
^'^ Cf. Biographical dictionary, I, 2 43-2 47- Nadjm ed-dîn Ayyoûb
(Abou' ch-Chokr Ayyoûb ebn Châdy ebn Marwân, surnommé el
malek el Afdal Nadjm ed-dîn). Pendant son séjour à Balbakk en
qufidité de lieutenant de l'atâbek 'émâd ed-dîn Zenky, il fonda la
khânqâh appelée la Nadjmiyeh. 11 resta ensuite à Damas , au service
de Noûr ed-dîn Mahmoud, fils de Zenky. Il arriva au Caire, appelé
par son fils Saladin, en 565, et y mourut le mercredi 27 dou'l
hedjdjeh 568 (8 août 1173).
"^ C'est aussi la date que donne ebn Khallikân (I, 285).
"* Heusâm ed-dîn 'omar, fils de Lâdjîn, mourut dans la nuit
du (jeudi au) vendredi 19 ramadan 587 (10 octobre 1191). Voir
Biographicat dictioncuy, I, 285. — Le Kelâb er-rawdatajn (2* part..
474 MAI-JUIM 18g4.
|>. 190) porle : «Il fut enlerré dans la turbdi la Heasànûjek, qui
lire (le iiii son nom et fut construite par sa mère Sett ecb-Châm,
(iiie (l'A>\oilb. C'est la madraseh la Châmiyeh (sitaée) en dehors
(le Damas , à la *awniych. • *
>^^ Dans ia biographie de Chîrkoûh ebn Ghâdy (d malek el Man-
soùr Asad cd-din), mort au Caire le a a djoamàda a' 564 (sS mars
1169), ebn Khaliikàn (1, 637) parle du fils de ce prince, Nâser
wl-din Mohammad, surnommé ei malek el Qâfaer. Quand Saladin
prit possession de In S>rie, il lui rendit Hem« que Noûr ed-din
avait enlevée ù sa famille. Nâner ed-din en conserva la possession
jusqu'à sa mort qui eut lieu le 9 dou'l hedjdjeh 58i (3 mars 1186).
Son corps fut transporté à Damas par son épouse et cousine Sett
ex:h-Giàm , ({ui l'enterra à côté de son frère Ghams ed-dauleh Toû-
ràn Cbàh , dans le mausolée qu'elle avait construit dans sa madra-
seh en dehors de la ville. A sa mort, son fils appdé (comme son
grand -père) Asad ed-din Chîrkoûh lui succéda sur le trône de
Ijems. 11 était né en 069 (ii73-ii74)* U mourut à Hems le mardi
19 radjah G37 (1/1 février ia4o).
1^ Le copiste a écrit aLjlJI *^\ l'article de X^Jj^ est de trop.
Peut-être faut-il lire X.J.JLH â^jJI «le côté méridional i. La prépo-
sition ^ est omise.
'" £ pL^I JyiX\ ^ y,.
^'^ l, 287, de la traduction anglaise.
''^ Taqy ed-<lîn Abou Bakr ebn Waly ed-din 'abd Allah ebn 'abd
Er-Rahman ebn Mohammad ebn Mohammad ebnCharaf ebn Man-
soûr ehn Mahmoud ebn Yoûnès ebn Mohammad ebn 'abd Allah,
célèbre sous le nom de fils du qâdy de 'adjloûn, est né, que Dieu
le conserve en vie! en chabân de l'année 84 1. fin Tannée 89S,
Taqy ed-dîn a résigné le tiers de ladite chaire en faveur de SérAdj
ed-din Abou Hafs omur, fils de 'alâ ed-din 'aly ebn e^Sayrafy, ed-
Démachqy, né en 82$. 11 y a donné la leçon, pour ledit tiers, le
jour de dimanclie 5 safar de l'année 896 , lequel était le sîiième
(degré) du signe du Capricorne (N, f° 84 v").
H. Khal. fait mention de Taqy ed-dîn (IV, 296), mais sans
donner la date de sa mort.
180 \Tq[j. J^ j^qIq précédente.
*" Citée par ebn Khaliikàn, H, 189. — L'inscription de cette
madraseh située à bâb el biwld, près de l'hôpital, est ainsi conçue
(n° a 5 3 de ma collection) :
*.
DESCRIPTION DE DAMAS. 475
«Au nom de Dieu, etc. Cette madraseh est celle de la grande
«khàtoûn, la très illustre, la chasteté (l'épouse) des rois et des sul-
«tans, Sett ech-Châm, mère de Heusâm ed-dîn, fille d'Ayyoûb, fils
«de Châdy, que Dieu la reçoive en sa miséricorde, ainsi que ses
« père et mère ! C'est un waqf en faveur des savants qui étudient la
«jurisprudence, disciples de l'imâm ech-Châfé*y, que Dieu soit satis-
« fait de lui ! Ce qui est constitué en waqf en faveur de la madraseb
«et de ces savants consiste en ce qui suit : La totalité du village
«connu sous le nom de Toraybeh, la totalité de la portion indivise,
a soit onze parties et demie sur vingt-quatre parties, la totalité de
« lu inazraaÀ connue sous le nom de Djarmânâ , la totalité de la por-
« tlon comprenant quatorze parties et un septième de partie des
«vingt-quatre parties primitives du village nommé Tobnayeh, la
« moitié du village appelé Djobbeh *asâl et la totalité du village
u connu sous le nom de Modjandel el ghozâh, dans le mois de ra-
«madân auguste de l'année 628.»
On voit que (sauf erreur du copiste) la transformation de la
maison de Sett ech-Châm en madraseh n'eut lieu que douze ans
après la mort de cette princesse.
« Djarmânâ , un des cantons de la Ghoûtah de Damas. » — « J^jor-
mânas , un des villages de la Ghoûtah. Peut-être est-ce le même que
le précédent. » Marâsed.
Le Marâsed donne Djobbeh ^osajrl, «canton (nâhjeh) entre Damas
et Ba'lbakk , comprenant nombre de villages».
"^ iCrfyuLûJL Cf. Hist or. des Crois., I, 764.
"* Ce professeur était le qâdy en chef Zaky ed-dîn Abou'l *abbâs
et Tâher ebn Mohammad ebn *aly, el Qorachy. Le texte ajoute : «S'il
est en vie et, s'il ne l'est pas, à ses descendants directs capables de
professer» (N, f° 86 r°). — Un dixième des revenus du waqf était
attribué au nâzer (inspecteur) pour ses peines et soins, la surveil-
lance des propriétés constituées en waqf et ses allées et venues. De
plus, huit cents derhams d'argent nàsérys devaient être consacrés
annuellement à l'achat d'abricots, de pastèques et de halioa, la nuit
du milieu de cha'bân , suivant que le nâzer le jugerait à propos.
»8'' En djoumâda 1" de l'année 628 (N, f 86 v"). — Ebn es-
Salâlj est dit ici «originaire de Sohraward».
* Sohraward , ville à proximité de Zandjân dans le Djébâl. » Ma-
râsed.
^^^ Le i" cha'bân de l'année 838, correspondant an a février,
il fiait secrétaire de la Chancellerie à Mesr (N, f" 89 r").
/i76 MAI-JUIN 1804.
1*^ JuLJU. ^ 3 , que N remplace par y^t^^*a3 ^i^Jôy ^3 « c'est un
(unploi (le tasdir » , ce qui nous donne la signiGcation approximative
i\v. vv. ti'rme que je n'ai encore rencontré dans aucun autre ouvrage.
Eba Chaddàd compte dans la grande-mosquée omayyade onze hal-
<fak, neuf cent vin{;;-quatre sob' et soixante-treize tatdir, pour l'ensei-
gnement de la lecture du qor'ân; il mentionne aussi des haUfak pour
(l'enseignement de) la tradition, etc (N, f* 96 i^).
^** Suivant le chaykli Chéhâb ed-dîn ebn Hedjdjy (mort en 81 5*
H. Khal.), c'était un des plus grands aides de son maître dans les
guerres civiles. Il mourut en ramadan de l'année 816, sur la route
de Mesr, regretté par beaucoup de gens , qui disaient qu'il était la
«bonne <?toilei» de son maître (N, f* 90 r").
'^* Le sidtan bordjîte cl Mo'ayyad Chaykh régna de 8i5 (i4i3
ù 824 (1/121].
'^ Le cha>kh Ghams ed-din Abou *abd Allah Bfohammad ebn
Ahtnad ebn Moûsa, el adjloûny, el Kafîry (el Kofayry ?) d'origine,
ed-Démach(|y, naquit dans les premiers jours de chawwâl de l'an-
née 797. Il fut investi de ia chaire de la Sârémiyek et d'autres, en
safar de l'année %i\. Le qàdy Chams cd-dîn, pendant sa dernière
maladie , lui résigna sa portion de la chaire de la 'azizijek, et il occupa
bientôt apnNs le poste du tasdir [^ù<tA3) dans la mosquée-cathédrale.
H fut investi de la charge de qàdy de ia caravane de la Mekke en
l'année 829. Il composa des ouvrages. Il mourut le i3 el mohar-
ram de l'année 83 1. La prière fut faite sur lui dans ia mosquée
des roseaux et il lut enterré au cimetière des Soûfys. Il s'était démis
de la plupart de ses places eu faveur du sayyed Ghéhâb ed-din,
(ils du naqib el achrâf (N, f* 90 r°V).
*** Notre chaykh , le très docte Badr ed-dîn Abou'l Fadi Moham-
mad, fils du chaykh des Châfé'îtes Taqy ed-dîn Abou Bakr, fils du
({âdy de Chohbeli , fit la leçon le jour de mardi 4 du mois de ra-
bî* 1" de Tannée 83 1. C'est ce qu'a dit son père, le chaykh Taqy
ed-dîn, dans sa Suite, ajoutant que le jour de samedi 25 safar de
l'année 8^8, il avait terminé, à la mosquée d'et-Tawbeh, le MolAtar
sar d'ebn IJàdjeb (N. f* 90 v°).
>" Es-Sâleh (el malck) 'émâd ed-dîn Isma'îl, fds d'd malek el
'âdel, hls d'AyyoûI), avait été désigné pour son successeur par son
frère el Achraf en 635. Mais son autre frère, el Kâmd, prit les
devants et occupa Damas en djoumâda i" de la même année, lui
permettant de garder la ville et le district de Ba'ibakk, Bosra, etc.
DESCRIPTION DE DAMAS. 477
Es-Sâieh reprit possession de Damas en 687 et la conserva jus-
qu'en 643 (i245).
^*^ Cf. chapitre II, n. 3. — El Achraf Moûsa mourut à. Damas
le jeudi k moharram 635 (27 août 1237) et fut enterré dans la
citadelle. Son corps fut dans la suite transporté au mausolée qu'il
s'était construit à la Kallâsek, tout contre le côté septentrional de
la grande-mosquée de Damas.
*^ El malek el Kâmel Nâser ed-din Abou'l ma'âly Mohammadt
fils d'el malek el *âdel Sayf ed-dîn Abou Bakr, frère de Saladin,
mourut à Damas dans l'après-midi du mercredi 21 radjah 635
(8 mars 12 38) el fut enterré dans la citaddle. On lui éleva un
mausolée qui communique par une fenêtre grillée avec la grande-
mosquée. Voir sa biographie dans Biographiccd dictionaiy, III, 2^0
248.
'•* N dit «dans la turbeh de son aïeul, dont il était le nâzer
(inspecteur)».
'•* On lit dans N : « On voulut l'enterrer auprès de son aïeul
maternel el malek el Kâmel; mais comme ce ne fut pas possible,
on l'enterra dans la turbeh d'Omm es-Sédeh, Son fils, l'émir Salâh
ed-dîn, le remplaça dans l'ofiice d'émir de tab(l!i!iânah) , et son frère
fut fait émir de dixn (f** 91 v°).
'•' 0<i* . — n fut mis à mort , dans le château de la Montagne ,
le dimanche 27 dou'l qa'deb 648. Cf. Quatremère, Mandoâks, I, 3o.
^"* Le qâdy Nadjm ed-dîn Abou'l 'abbâs Ahmad ebn Mohammad
ebn Khalaf ebn Râdjeh ebn Hélâl ebn Bélâl ebn *ysa, el Moqad-
dasy, hanbalîte, puis châfé'îte, naquit en cha'bân de l'année 578.
Il donna des leçons à la Châmiyeh extra muros, à 0mm, es-Sâleh, à
la 'adrâwiyeh et à la Sârémiyeh. Abou Châmah dit qu'il était connu
sous le nom du Hanbalîte. Il mourut le 6 chawwâl de l'année 638
et fut enterré au Qâsyoûn (N, f 91 v").
^** Chéhâh ed-dîn (ebn) el Madjd professa à la Sâléhiyeh, connue
sous le nom de turbeh d'Omm es-Sâleh , lorsqu'il fut nommé qâdy,
l'année 732 (N, P 92 r"). Cf. ci-devant n. i3 et n. 53.
*•* Le jour de mercredi 19 (moharram) de l'année 819, Tâdj
ed-dîn ez-Zohry donna la leçon à la 'adrâwiyeh en remplacement du
chaykh Chéhâh ed-dîn ebn Nachwân qui s'était désisté en sa faveur
et en faveur de ses deux fils de ses places et entre autres de la
madraseh d'Omm es-Sâleh, du tiers de la ^aziziyeh, des fonctions de
répétiteur à la Châmiyeh extra mvwos et à la Petite 'âdéliyeh , du tcu-
d(r de la mosquée-cathédrale; cela ajouté à ce qu'il possédait, c'est-
478 MAI-JUIN 1894.
ànlirc ia cliaiiv de ia Châmiyek extra maros, cdle de la Petite 'àdé-
Uyeh , la rliar^e (1(> muiifl) de la maison de justice et de qAdy de la
lroii]>c, le lasdir de la mosquée-calhédrale et autres places et inspec-
tions. On a vil sous la Ckàmijreh extra maros qu'une des dauses
stipulées par le fondateur était que cdui qui y profeaferait n'occu-
]>erait pas d'autre chaire; mai» i7 n'y a de force qu'en Dieu (N,
r 92 V").
**' 'alam ed-dîn Âbou'l fath 'aly ebn Mojiammad ebn *abd E^Sa-
mad, el llamdàny, es-Sakhâwy. el M<Mry, naquit l'année 558 on
559. Ed-Daliaby dit dans les 'éhar sous Tannée 643 : t*dbuii ed-dîn
es-Sak)iâwv Ahou'l Ilasan ebn Mohammad ebn *abd Es^Samad ebn
'alxl El Aljad , el Hamdâny, naquit aYant les 56o. Il mouroi dans
sa demeure à la turlieh d'Omm es-Sâleh, le 13 djonnaâda 3', et fut
ontiirré dans son mausolée au mont Qâsyoûn» (N, f* 93 v**).
*alnm ed-dîn es-Sakbâwy est mentionné par H. Khfd.
« Sa'Jia , chef-lieu d'un arrondissement en Egypte. » Maràsed.
D'après l'état sommaire des provinces de l'Egypte publié par
S. de Sacy à la suite de sa traduction de 'abd El-Latîf, Sakha te
trouve dans la province de Gharbiyeh.
^ Fakhr ed-dîn ebn en-Salef, 'otmân ebn Mohammad ebn Kha-
lîl ehn Ahmad ebn Yoûsef, ed-Démachqy, chftfé*îte, professeur de
lecture qor'ânique, ra'ys (chef) des mouaddens à la grande-mosquée
omayyade, naquit en Tannée 772 et mourut à Damas sur la fin de
la peste de Tannée 84 1, la nuit du (samedi au) dimanche i5 chaw-
wâl (N, P gi r").
*" Le jour de lundi 20 dou'l hcdjdjeh de Tannée 718 (N,
f 94 r"). — Cf. chapitre II, n. A8.
^ Quatremère, Mamloûks, I, 37, nous fournit la note suivante:
«La famille de Qavmâz, établie à Damas, est souvent nommée
dans V Histoire de l'Egypte et de la Syrie, L'écrivain *émAd ed-dîn el
Isfahâny fait mention de l'émir Sârem ed-dîn Qaymâs en-Nadjmy
(ms. ar. 714, fol. 120 r% 1^3 r°, 189 v", 193 v*, 309 r^, 3^5 r'',
265 r"). On lit dans l'histoire de Nowayry (36* part., f" 168 r*)
(|ue le sultan el malek cl Achraf avait acheté la maison de QaymAx
en-Nadjmy. Abou'l mahâsen (Manhel safy, t IV, ms« ar. 750,
r" 1 14 r^) parie d'un collège situé à Damas, et appdé la Qajrmdr
zijreh. Dans l'Histoire d'Egypte du même écrivain (ms. ar. 661,
r* 34 r*), sous le règne du khalife el Fâîz, il est fait mention de
Tâdj el molouk Qaymâz, qui était un des principaui émirs du
rovaome. »
DESCRIPTION DE DAMAS. 479
Ce nom est souvent écrit Qâymâz.
^ Qor'ân, II, v. 177.
^ Au iieu de ebn, N (f 94 r^) porte ^^Lx.» «c'est-à-dire». Cf. en
effet chap. II, n. 101.
^' Le chaykh Zayn ed-dîn fut investi de cette chaire le 1 2 chaw-
wâl de l'année 887. Il succéda, a dit quelqu'un, à Badr ed-dîn, fils
du qâdy de Chohbeh. Il mourut la nuit du (vendredi au) samedi
16 dou'l hcdjdjeh de l'année goS et fut enterré an cimetière dé
bâb es-saghir (N, f° 96 r^-v").
^'^ Il en est fisiit mention dans Hist. or. des Crois., 111, 429.
^^® Damas était alors au pouvoir de Modjîr ed-din Abou Sa'îd Abeq ,
fils de Djamâl ed-dîn Mohammad^ fils de Tâdj el moloûk Boûry,
fils de Zahîr ed-dîn Togfatékîn, l'atâbek du prince Doqâq, (ils de
Totoch. Noûr ed-dîn occupa la ville le dimanche 9 safar 5^9
(26 avril 11 54) et donna Hem 5 en échange à Modjîr eddîn. Cf.
Biographical dictionary, III, 339.
"^ Le dimanche 17 chawwâl (11 février 1118). Cf. Ibid., III,
34i.
*** Voir la biographie de Saladin Ibid., IV, ^79-558, et dans
Hist. or. des Crois., t. III.
**^ Le mercredi.
^ Le jeudi 10 moharram 692 ( i5 décembre 11 96), d'après un
auteur.
*** La 'azizijreh est mentionnée dans Biographical dietionary, IV,
547.
*• N (f 96 r") ajoute : «le boiteux».
«' U s'appelait ^abd Allah (N, P 96 r").
**• Elle est omise dans B. Le copiste de N écrit et-Taftàïyeh et,
plus bas , Tontây en-Nâséry. Il e»t d'aiHeurs impossible de se fier à
l'orthographe qu il nous donne pour la plupart de ces noms propres.
**• L'émir Sayf ed-dîn Araqtây, que le vidgaire prononce Raq-
tay, était un des mamloûks d'el malek el Achraf Khalîl , fils de
Qalâoûn. U fut nommé djamdâr (maître de la garde-robe) par le
frère de ce prince , el malek en-Nâser Mohammad , qui l'envoya avec
l'émir Tenkez à Damas. Puis, nâXb de Hems en radjah de l'an^
née 710, il exerça cette charge pendant qudque temps et, en 718,
fut transféré à la iieutenance de Sa&d. En l'année 73o, mandé à
Mesr, il y fut nommé émir de cent et plus tard envoyé comme nàib
à Tripoli, .en remplacement de Tînâl. U y resta jusqu'à l'épocpie
480 MAI. JUIN 1804.
où, ayant um])rass^ le parti d'AiUmnbogfaA , il fut pris et empri-
sonné à Alexandrie. Mi» en liberté au commencement du règne d'el
malek PH-Sàleh Isma'îl, il reçut du successeur de ce prince, el ma>
lek el kâmel , la licutenance de Halab , en remj^cemeni de l'ëmir
Ylboghà el Yahyâwy, et arriva dans cette ville en djoamAda i^ de
l'année 746. Cinq mois après environ, ii fut mandé à Me^r et au
bout de peu de temps el Kâmel fut détrôné et remplacé sur le
trône par el Mozaffar Hâdjdjy, qui l'investit de la vice-royauté à
Menr, fondions dont il s'acquitta jusqu'à la déposition d'el Mcxaf*
far, auquel succéda ei malek en-Nâser. S'étant démis de la vice-
royauté, il demanda et obtint ia lieutcnance de Halab, qu'il eierça
jusqu'à son transfert à Damas, à la grande joie des habitants de
cettfî ville, qui se portèrent à sa rencontre; mais atteint de msdadie,
il succomba à 'avn Mobârakeb, en dehors de Halab, le mercredi
5 djoumâd<i i"de l'année 760, ayant dépassé les soixante-dix ans
(Maqrîzy, Khéiaf. , II, /jo-4i).
^ Quatremère, Mamloâhs, II, a* part., 83, cite d'après Nowayry
(f° 16G r**) un émir nommé Sayf ed-dîn Taqtây.
^* D'après M. St. Lane Poole (The mohantmedan dynasties) ^ le
khân mongol de la Horde d'or (Horde bleue du Kipchak occiden-
tal) Toqloù, de la famille de Râtoû, régna de 689 (1390) à 719
(l3l3).
'^ Le mamloùk ])ahrîte el Kâmel Sayf ed-dîn Ghal>âD régna de
746 (1345) à 747 (i34G).
«3 El Mozaffar Sayf ed-dîn Hâdjdjy succéda au précédent en 747
et rogna jusqu'en 748 (1 347). •
^^ On trouve la biographie de Chaykhoù en-Nâséry dans Maq-
rîzy, Khé'gt , II, 3] 3 : (Jn des mamloûks d'en-Nâser Mohammad,
fils de Qalâoùn , il fut très on faveur auprès d'el Mozaffar Hâdjdjy,
fils de Mohammad , fils de Qalâoûn. Il devint si puissant qu il in-
tercéda pour les émirs et les fit sortir de la prison d'Alexandrie. 11
mourut la nuit du (jeudi au) vendredi 36 doul qa'deb de l'an-
née 768 et fut enterré dans la khânkâh la Chayjûiqûnijrek , oà se
trouve son tombeau.
*^ Sayf ed-dîn Sarghatmicli en-Nâséry fut acheté en l'année 787
par le sultan en-Nâser Mohammad ebn Qalâoûn au prix de deux
cent mille derhams, représentant alors environ quatre mille met-
qâls d'or. Il s'éleva à une haute position et devint tout -puissant.
Mais en 769 il fut saisi et conduit à Alexandrie, où il mourut en
prison en dou'l hedjdjeh de la même année. Cf. Kkéiat , II, 4o4.
V
DESCRIPTION DÉ DAMAS. 48*
^' îoghây Tîmor était dawâdàr d'd malek es-Sâleh Ismâ*îl; fils
de Mohainmadf fils de Qsdâoûn. A la mort d'es-Sâleh, il conserva
sa position sous les règnes des deux firères de ce prince , el malek
d Kâmel Cha'bân et el malek el MozaiFar Hâdjdjy. Il fut le premier
qui reçut un émirat de cent et un commandement de mille, et cela au
commencement du règne d'el Mozaffar Hâdjdjy. 11 fut tué par l'émir
Mandjak en l'année 748. Voir Khélat, II, 426.
**' L'émir Sayf ed-dîn Tâz, émir madjlès, commença à être cé-
lèbre sous le règne d'el malek es-Sâleh Ismâll. Il conserva la dignité
d'émir jusqu'à la déposition d'el malek el Kâmel Chal>ân et à l'avè-
nement d'el Mozaffar Hâdjdjy. Ce dernier prince ayant été déposé,
la puissance de Tâx augmenta sous le règne d'û malek en-Nâ«er
Hasan. C'est lui qui plaça sur le trône cl malek es-Sâleh Sâleh. Le
2 chawwâl de Tannée 705, en-Nâser Hasan étant remonté sur le
trône fit partir Tâz comme néub de Halab, où il demeura. Cf. Khé-
/a^Il,74.
*** B écrit f^\SS^\ (j«l^. Ra*s el 'ajrn doit désigner ici quelque
localité des environs de Damas.
^ Charaf ed-dîn Abou *abd Allah el Hosayn ebn aly ebn Mo-
hammad ebn Mohammad ebn Mohammad ebn Hâmed ebn Moham*
mad ebn *abd Allah ebn 'aly ebn Mahmoud ebn Hébat Allah ebn
Aloh — Aloh signifie en arabe «aigle» — d Isfahâny d'origine, ed
Démachqy, connu sous le nom d'ebn ech-Gharaf Hosayn , naquit en
el moharram de l'année 657. Il mourut en radjah de l'année 739
et fut enterré au Qâsyoûn (N, f* 97 r").
*• C'est-à-dire «la bonne».
®* Voir chapitre II, n. 121.
^ Pour la biographie d'el malek ez-Zâher Ghyât ed-dîn Abou 1
fath Ghâzy Abou Mansoùr, fils de Saladin et souverain de Halab,
voir Biographical dictionary, II, 443-446. H mourut la nuit du (ai
au] 33 djoumâda a** 6i3 (7 octobre iai6).
^ n n'existe aucune mention de ce fait dans la biographie d'ebn
Bary. Cf. Biographical dictionary, II, 70-73. Ebn Bary était né à
Meftr le 5 radjah 499 (i3 mars 1 106). Il mourut dans la même ville
la nuit du (vendredi au) samedi 27 chawwâl 58a (10 janvier 1 187).
*"* Quarante-cinq, d'après el Asady (N, f* 99 r*).
*» Abou'l Mozaffar Mohammad Ghyât ed-din. Il était né à Hakb
le jeudi 5 dou'l hedjdjeh 610 (16 avril iai4) et mourut dans cette
ville le mercredi 4 rabî* 1" 634 (5 novembre 12 36). Cf. Biographical
dictionary. II,. 445.
m. 32
mrkKiitmiB batio»u«
4a3 MAl.JUIN 1894.
«• N (r 98 V"} donne, d'après ebn WAsd, la liste des cadeaux
qui furent ofiferts au nouveau-né. Elle est très longoe.
"^ Chams ed-din Abou 'abd Allah ebn Bia*n ebn Sultan, ecb-
Chayhâny, ed-Démachqy, mourut en 6o4 (N, P* 99 v*).
^^ Nadjm ed-dîn donna la leçon le jour de samedi 8 du mois de
rabi' a*^ de l'année 874. U était né en 83 1. Il composa des ouvrages
(\,f 100 v").
^ £s-Saqqâ> dit (f* 6 r* et U v") que la turi>eh la Zâhérijek
C4t située vis-à-vis de la madraseh la *âdélijrek, Bfaqiuy (Qaatre-
nière, MaiiUoûks, I, a' part., 16a) s'exprime de même au sujet de
la maison d'ei aqîqy. Il ajoute que cette maison fut achetée (en 67C)
par *cxz ed-din Aydémir, ndïb de la Syrie, pour une somme de
soixante mille dcrhams (es-Salâh d Kotoby dit quarante-huit mille).
^ Le texte de N , reproduit par B , porte par erreur « vers 690 ».
**' Quatremère, Mcunloûks, I, donne le règne de ce sultan, dont
es-Saqqây présente aussi une lûographie (f* sS v**). D'après ce der-
nier, «el malek ez-Zâher Rokn ed-din Baybars, connu sous le nom
d'ei Bondoqdâry, es Sâiéhy, en-Nadjmy, était mamloÀk de Chams
cd-din el Khâsy (le châtreur], kàteb edrdardj (écrivain des r^es) à
Damas, qui l'avait acheté jeune et l'exposa en vente apr^ lui avoir
adressé des paroles grossières. H passa à l'émir *alà ed-din Aydékîn le
Boiidoqdâr esrSâléhy, auquel il doit son nom patronymique; puis an
sultan el malek es-Sâleh (Nadjm ed-dîn Ayyoûb)». — On trouve
aussi la biographie de Baybars dans le Fatoàt el wafayéX, I, 109.
L'auteur mentionne (p. ii3 et suiv.) les constructions âevées par
ce prince. Je citerai seulement celles qui concernent Damas : • Les
Tatârs avaient détruit les créneaux des sommets de la citaddie do
Damas et les faîtes de ses tours. U les reconstruisit II bâtit le pa-
villon [tài'émak) qui est sur le marché aux chevaux. Il bâtit on
bain en dehors de hâh en-nasr et renouvela trois écuries au Char^
supérieur. U bâtit le qa%r el ablaq à l'hippodrome et il n y eut pat
son pareil. Il reconstruisit le machhad de Zayn d 'âbédm dans la
grande-mosquée de Damas, les chapiteaux des cidonnes et des
piliers et les dora. H refît la porte bâb el barid et en fit dfdler le
sol.»
Sur le Kâteb ed-dardj, voir Quatremère, MturdoûJu, II, i* part,
231.
Les inscriptions suivantes sont les témoins des réparations £ûtes
par ce prince à la citaddle et aux tours.
(N° 54o de ma collection.) Sur la courtine de la citadelle « entre
DESCRIPTION DE DAMAS. 483
la tour à droite de l'entrée et celle qui forme l'angle nord-est, en
deui grandes lignes; à chaque bout un lion fruste :
«Au nom de Dieu, etc. Bonheur à notre maître le sultan el ma-
«lek ez->Zâher Rokn ed-dounya ou ed-din, savant, juste, champion
« de la foi , assidu des rébâts , assisté de Dieu , el Mansoûr Baybars
«es-Sâléhy. Il a ordonné la reconstruction (s^U) de la citaddlevic-
« torieuse et sa remise au gouverneur [el 'aziz) obéi ez-Zâhéry Sala-
it mich, en l'année 658. Et en a fait le tour le chef (rays) de Tannée
« victorieuse, le jour de dimauche 26 ramadan de ladite année. Sous
«la direction (dy^) du serviteur qui a besoin de Dieu^ qu'il soit
«exalté ! *ez2 ed-dîn Aybek el maléky ez-Zâhéry e^-Sâléhy, connu sous
«le nom du Dizdâr (commandant de forteresse), que Dieu lui
«soit. . . !»
(N"" 789.) Sur la courtine, à droite de la tour de droite, en deux
lignes ; à chaque bout un lion mutilé :
«Au nom de Dieu, etc. Gloire a notre maître, etc. (comme dans
«l'inscription précédente jusqu'à «assisté de Dieu » ) el Mozaffar el
«Mansoûr Baybars elTNadjmy es-Sâléhy. 11 a ordonné la reconstmc-
« tion de la citadelle victorieuse , après sa livraison par l'ennemi .. . .
« En l'année 658. Et l'armée s'en est emparée eu entier le jour de
«dimanche 27 (sic) ramadan de la date susmentionnée. Sous la di.
« rection du serviteur qui a besoin de la miséricorde de Dieu , qu'il
«soit exalté! l'émir 'ezz ed-dîn Aybek el msdéky ez-Zâhéry es-Sâ-
« léhy, ...»
(N** 54i.) Sur la façade est de la citadelle :
«Au nom de Dieu, etc. A ordonné la reconstruction de cette
«iour bénie le sultan el malek ez-Zâher, savant, juste, champion
«de la foi, asfidu des rébâts, défenseur des frontières, el Mansoûr
« Rokn ed-dounya ou ed-dîn , le sultan de l'islamisme et des musul-
«maai , cdui qui détourne le chemin des Francs et des Chayâhjeh?
« Berbers , le maître des cous des nations , le serviteur des deux ha-
• rams (de la Mekke et de Médine), l'associé du Commandeur des
« Croyants , que Dieu éternise son empire et exalte son œuvre I Sdus
« la direction du pauvre serviteur Chodjâ' Isma'îl ebn *omar ^-Zoûry
«(et-Toàry?) el maléky ez-Zâhéry, à la date de dou'l hedjdjeh de
«Tannée 663.»
(N° 54a.) Façade est de la citadelle :
«Au nom de Dieu, etc. fl a été ordonné de reconstruire cette
• tour bénie sous le règne de notre maître le sultan d. msdek ez-Zâ-
« her, savant , juste , champion de la foi , assidu des rébâts , défenseur
32.
484 MAI-JUIN 1804.
«des frontières, le conquérant, Rokn ed-dounya ou ed-dîn, ie suiUn
« du l'islamisme et des musulmans , celui qui tue les infidèles et les
«polythéistes, qui vivifie la justice dans l'univers, le oiaître des
i cous des nations , le sultan des Arabes et des Persans , l'associé du
«Commandeur des Croyants, que Dieu éternise son règne, exalte ses
« victoires ut double sa puissance ! Sous la direction du pauvre ser-
« viteur Chodjâ* Isma'îl ebn 'omar ^-Zoùry d maléky ea-ZAfaéry, à
«la date des mois de l'année 663.»
(N" 791.) Tour à droite de la porte de la citaddle, grande in-
scription en une ligne , sous les mAchicoulis :
«Au nom de Dieu, etc. (A ordonné) de renouveler (cette) tour
«bénie lu sultan el malek, etc. (comme au n** 54 1 jusqu'à «et des
«musulmans»), celui qui tue les polythéistes et les. . . (Sous la di-
«ruction) du pauvre serviteur l'émir ChodjA* Isma*îl ebn 'omar et-
«Toûzy (sic) el maléky uz-Zâhéry. . . l'année 673.»
*^ On trouvera son règne dans Quatremère, M€aidoàks, I. Cf.
aussi us-Saqqâ'y, f* aA v°.
^ Le chaykh Rachîd eddîn el Fâréqy, le très docte Aboa Hafs
'omar ebn Ismâ'îi ebn Mas'oûd ebn Sa'd, er-Rab^, éL FAréqy (de
Mayyâfâréqm ) , puis ed-Démacbqy, le jurisconscdte, naquit l'an-
née 598. Il professa quelque temps a la Nàtériyeh intra maros, puis
à cette Zâliérijeh intra muros, 0 était dominé par la science astro-
logique et l'examen des jugements tirés des planètes et des étoiles;
malgré cela , il calculait très mal « les moments favorables à choi-
sir» (el ehhtjarât, lus élections). On le trouva étran^ dans sa de-
meure à la Zâkériyeh , et son argent volé , en éL moharram de l'an-
née 689. Il fut enterré au cimetière (maqâber) des Soùfys (N,
P ICI v**). — Ou el Fâréqâny, cf. Quatremère, Mandoûh, II,
1 16.
^ Le qâdy Mohiy ed-dîn ei Mesry donna la leçon à la Ckâmvyek
extra nwros le jour de mercredi 2i ramadan de l'année 833 (N,
f" 102 v").
^ £d-Pahaby dit dans ses Annales (intitulées) el'ébar, sons Tan-
née G87 : «Abou Ishâq el-Lawzy Ibrahim ebn 'abd El *azîi ebn Ha-
djîn, er-Ro*ayny, el Andalosy, mâlékîte, le traditionniste, naquit l'an*
née 6i.i. 11 liabita Damas ut mourut le 34 ^afar à en-Nayba*. » £bn
Nâ^cr ed-dîn dit dans son Tawdik : « Son nom est 'abd El 'azîi ebn
Yahya ebn *aly, er-Ro'ayny, el Andalosy, d-Lawzy. R vint habiter Da-
mas. Il naquit à Lawzeh, qui est une des dépendances de Séville»
(N, f" 102 v'-ioS r').
DESCRIPTION DE DAMAS. 485
^^ Le jour de mercredi 1 7 djoumâda 2' de Tannée 729. H Irésigna
la charge de khatih qu'il exerçait à Kafarbatnâ (N, f* io4 r*).
« Kafarbatjia est un des villages de la Ghoûtah de Damas. » Ma*
râsed. Comp. chap. II, n. 48. Dans la biographie d'ed-Çahaby, le
Fawât el wafajât, II, 228, l'appelle ebn Qâymâz (au lieu d'ebn
Qâyâzîb) et dit qu'il naquit en rabî* i*',
^^ Ebn Batoutah, I, 218, dit que le plus grand collège des Char
fé'îtes à Damas est celui appelé el *âdélijreh et qu'il est en face de la
jnadraseh la Zâkérijreh,
^^ Abou Bakr Mohammad , fîls d'Abou' ch-chokr Ayyoûb , (Ils de
Châdy, fils de Marwân , et surnommé el malek d *âdel Sayf ed-dîn ,
était frère de Saladin. Sa biographie se trouve dans Biographical
dictionary, III, 235-239. Ebn KhaUikân donne pour la naissance
d'el 'âdel, à Damas, les deux dates moharram bào (juin-juillet 1 145)
et 538.
Nous devons à ce prince nne très bdle inscription encadrée qu'on
lit sur la tour de droite de la porte de la citaddle.
(N° 788 de ma collection) : «Au nom de Dieu, etc. A ordonné
«la reconstruction de cette tour bénie, notre maître le sultan el
«malek el Mozafifar (à qui Dieu donne la victoire) el Mo'ayyad (as*
«sisté de Dieu) el Mansoûr (victorieux) Sayf ed-dqunya ou ed-dîn»
«suitân de l'islamisme et des musulmans, exterminateur des inCi*
« dèles et des polythéistes , protecteur des deux nobles haramt, Aba
«i(sic) Bakr, fils d'Ayyoûb, l'ami du Commandeur des Croyants,
« que Dieu exalte sa victoire ! Et cela en l'année 610. Sous la di«
« rection de l'émir Heusâm (?) ed-dîn Ibrâhîm ebn Moûsa, que Dieu
« fasse durer ses jours ! »
^* (j>\Jo^\ J^ . Cette expression rappelle cdle de Ul^t^Wt d^
« rois de bandes ou rois de fractions de bandes » et par laqudle les
historiens désignent des gouverneurs de provinces et de villes, qui
se déclarèrent indépendants. Cf. Prolégomhies d'ebn Khaldoùn .
traduction, II, p. 11 note.
^ D'après ebn KhaUikân (lU, 238), ia madraseh ia 'âdéliyek se
trouve sur le bord de la route.
^^ La turbeh ne fut terminée qu'en l'année 6ao (N, f lofi r**).
»» En l'année 619 (N, f io5 r*).
^3 Le jour de mercredi 5 rabî* 2* de l'année 838 (N, P 107 r^).
*^ Ce dernier paragraphe n'existe pas dans le manuscrit de
M. Schcfer.
^^ N écrit «ebn Morsek» et, plus bas, «Marqoûm» au lien de
486 MAI-JUIN 1894.
Barqoûm et «Bayt ed-dftjr» au lieu de Bayt ed-dâr. Les deax ma-
niiscrits du Briiisk Muséum donnent pour les troia noms des leçons
conformes à celles de B.
Le KétAb er-rawànlayn , 2" part, p. i49-i5o, fait mention d*nn
émir 'ezz ed-din Moûsek ebn Djekr, fils de Tonde matemd de St-
ladin. Tri's gravement malade, il demanda la permission d'entrer
à Damas , où il mourut en Tannée 585 et fut enterré au mont Qi-
syoûn.
^ Sur la ville de ce nom, voir Géographie d'Aboal fôda, tra-
duction, n, 2" part., p. 27. D'après ed-Démachqy, édition Mehren,
p. fii, elle est une des dépendances [a^méd) de Balbakk. La rîUe
de KAmed était la capitale du BéqA*.
*^ fiO chaykh Cliaraf ed-dîn Ahmad ébn Ahmad ebn Na*meh, d
Moqaddasy, chAfé'îte, prédicateur, mourut à Damas en ramadan de
Tann(^e 69A (Es-Saqqâ*y, f 5 v**). — Ebn Katîr dit dans ses AmuJet,
sous Tannée 682 : t A la fin de cbaliAn, Gharaf ed-dîn ebn NaVneh,
ci Mo<|addasy, Tun des imAms le plus éminents et des diefs des
docteurs auteurs d'ouvrages, exerça la fonction de snbstitat de la
justice au nom d'ebn cz-Zaky. Quand , en cbawwAl , moarut son frère
Chams ed-dîn Mohammad , il fut investi à sa place de la diaîre de
la Ckâmiyeh extra muros et on lui eideva odle de la Petite 'édéUytk
et de la Rawâhiyek (N, f 107 v»).
Cf. Quatrcmère, Mamloàks, II, 2" part., p« S7>
*^ Taqy ed-dîn el Asady dit dans la Suite : tEn rabi* i** de l'an-
née 825 et ic jour de dimanche 7 du mois, la leçon fîit donnée i
la Petite 'Adéliyeh par ChéhAb ed-dîn Ahmad, fils do qAdy Tldj
ed-dîn ebn ez-Zohry. A la mort de leur père, oe Ghéhâb ed-<Un et
son frère furent mis en possession de ses nombreuses diarges. Seide,
la chaire de la Châmiyeh extra mwros sortit de lenrs mains. D moa-
rut de la peste le jour de mardi 12 rabf i** de Tannée 853» (N,
f 108 r"-v").
^^ JjoJi y\ù. Il en existait aussi une an Caire, au pied du diA-
teau de la Montagne. Cf. Quatremère, Mtanlùàk» , I, 393, et Khitain
II, 2o5. — Ebn Batoûtah, I, 219, fait mention de odle de Damas.
^ El)n Khaliikân donne la biographie de ce prince (I, 6i5-
C 1 6 ) , et dit que 'adrâ était sa fille. B fait mention de la 'odréinjndk
fondée ])ar elle et fixe la date de sa mort an lo m<^arram 5g3
(4 décembre 1 196). — Voir aussi pour 'adrA, fiilè de Ghâhandiâh,
ci-devant , sous la Sârémiyeh , l'inscription de SArem ed-dîn Djawhar.
^^ On trouve dans le Fawàt el wafayàt (II, 3i5) la biographie
DESCRIPTION DE DAMAS. ASi
du fiis de Taqy ed-dfn 'omar : « Mohammad ebn 'omar ebn Châhan-
châh ebn Ayyoûb , le sultan el malek d Mansoûr, fils d'el msdek el
Mozaftar Taqy ed-dîn , fils de l'émir Noûr ed-dîn , seigneur de Ha-
mâh et fils du seigneur de cette ville. Il composa en plusieurs vo-
lumes des Annales suivant Tordre chronologique et un livre qu'il
appela les Classes [tabaqât) des poètes, en dix volumes. Il régna
dix ans et mourut l'année 610.»
H. Khal., en citant ce dernier ouvrage (IV, 1 45) , dit qu'el malek
el Mansoûr Mohammad ebn 'omar ebn Chahanchâh mourut en 6 1 7
(Comm. 8 mars 1220).
^^ Biographical dictionary, I, 61 5. — Dans les Kawàkeb ed-dar-
riyeh fCs-sirat en-noûriyeh , Badr ed-dîn , fils du qâdy de Chohbeh ,
rapporte sous l'année 543 le passage suivant qu'il emprunte à ebn
Abî Tayy : «Dans la défaite, c'est-à-dire la défaite infligée par Noûr
ed-dîn au seigneur d'Antioche, &t tué Chahanchâh, fils d' Ayyoûb et
frère d'el malek en-Nâser Salâh 'ed-dîn. H était aussi le père de *ezz
ed-dîn Farrokh Chah , de Taqy ed-dîn *omar et de la dame, 'adrâ
de qui tire son nom la madraseh la *adràtpiyeh. Le tombeau de ce
prince se trouve dans la turbeh la Nadjniyeh, à côté de la madra-
seh la Heusâmiyeh , au cimetière d'el ^owc^niyek , en dehors de Da-
mas. » C'est la turbeh qui est à l'intérieur de la Chàmiyeh extra rnn-
ros (F, f 109 v°-iio r").
Le texte imprimé du Kétâb er-rawdatayn (p. 55) porte «le cime-
tière d'el 'awniyeh ».
*" Le qâdy suprême Borhân ed-dîn Ibrâhîm , fils du qâdy Chams
ed-dîn Mohammad ebn Borhân ed-dîn Ibrâhîm ebn el Mo'tamed,
v donna la leçon le jour de dimanche i4 dou'l qa'deh de l'année 880
(N,Pii2r*»).
*** Ce collège est mentionné dans Hist. or, des Croisades, III,
428. — Plusieurs auteurs disent qu'il se trouve «à côté de la Kal-
lâseh » et non « dans ».
^' El malek el Afdal Noûr ed-dîn *aly, fils de Saladin; né en
565; appelé à Damas , 582; roi de Syrie, 589; déposé, 592; atâbek
d'el Mansoûr Mohammad en Egypte, 595; roi de Samosate. Cf.
Tableau généalogique des Ayyoubttes, dressé par M. Waddington, de
l'Institut. — La biographie d'el AfdjJ se trouve dans Biographical
dictionary. H, 353-355.
^ El malek el *azÎ2 *émâd ed-dîn 'otmân, né en 567; nâïb d'É-
i^yptc, 582; roi d'Egypte, 589; mort le 21 moharram 595. Cf.
Tableau généalogique, et ci-devant, chapitre II, note 67. — Il mou-
488 MÀI-JUIN 1804.
nit la septième heure de la nuit précédant le mercredi 3 1 Doohar»
ram SgS (12 novembre 1198); le Kétdb er-rawdatayn, s* part.,
33.4 , porte «la nuit du (samedi au) dimanche 30 »•
^ Dans le Kétâb er- raivdatayn , a* part, sSi, on lit Madjadjah.
^ On sait que ^Li , plur. ^j-s-t , signifie « ouverture » et aussi
fi conquête». — Cf. sur cette épitaphe, HUt. or, des Croigades, UI,
428.
** Neuvit^me ou dixième jour du mois de moharram. — Voir ci-
devant, note 31 4 « et Hist, or. des Croisades, III, 438.
^^ Le jour de mercredi i3 safar de Tannée 8a 3 (N, f" 116 i').
^^ Après ebn el Motahhar, on lit dans N (f* 117 v") ebn 'aly.
Kbn Khailikâu, qui donne (II, 3 a -3 5) la biographie du fondateur
de la *osroûniyeh , l'appelle Abou Sa*d 'abd Mlah ebn Abî'a-Sary liO'
hammad ebn Hébat Allah ebn Motahhar dbn 'aly ebn Abi 'onroAn
ebn Abî 's-Sary, etTamîmy,elHadîty, puis el Mawaély.le fiujîh châ-
fé'itc, à qui fut donné le titre honorifique de Charaf ed-dîn , et dit
qu'il naquit à Mosoul le lundi 22 rabf 1" 492 (i5 février 1099) et
mourut à Damas la nuit du (lundi au) mardi 11 ramadan 585
(22 octobre 1189). H se transporta à Damas en 549 (i>54) et y
revint en 570(1174-1175).
H. Khal. cite plusieurs de ses ouvrages sous le nom d'Abou Sa'd
(al. A])Ou Sa'îd) *ubd Allah ebn Mohammad ebn Hébat Allah, d
MawHély, cl Yamany (al. et-Tamîmy), vulgoebn Abî 'o^roàn et dit
(|u'il mourut en 585.
Il professa à Mosoid l'année 523; puis fut nommé qâdy de Sen-
djâr, de Nasîbîn, de Harrân et d'autres viUes. Il entra l'année 545
à Halab où le sultan Noùr ed-dîn, seigneur de cette ville, lui té-
moigna de la bienveillance. Quand, en 5499 ce prince s'empara de
Damas, il arriva avec lui, professa à la Ghaxtéliy^, et fiit investi
(le l'inspection des waqfs. Puis il partit pour Halab et iht promu
qâdy de Sendjâr, de Harrân et du Dyâr BaJu*. Revenu à Damas l'an-
née 570, il fut nommé qâdy l'année 573. Dix ans avant sa mort,
il devint aveugle et le sultan remit la charge de q4dy à son fils
Abou Hâmed. Il fut enterré dans sa madraseh, en &ce de sa mai-
son. Noùr ed-diu lui avait bâti des collèges à Halab, à HamAh» à
Hems et à Balbakk. Il s'en bâtit un à lui-même à Halab et un autre
à Damas (N, f° 117 v"-ii8 r").
Cf. aussi Kétàh er-rawdatayn , 263, et 2' part., i5o.
« Haditeh de Mosoui , petite ville qui était sur la rive orientale du
Ti^rc, près du Zâh supérieur. Elle forme la limite du'iràq, du oôlé
DESCRIPTION DE DAMAS. 489i
de Mosoul. Il s'y trouve un tombeau qu'on dit être celui de 'abd
Aiiah, fils de 'omar, fils d'el Khattâb; mais ce n'est pas exact, at-
tendu qu'il mourut à Médine. • Marâsed.
^'2 Ahmad ebn Mohammad ebn Nasr Allah , Tâdj ed-dîn el Ha-
mawy, châfé'îte, mourut l'année 687. Il fut investi de la charge de
chnylà des chay'jhs (N, P 1 18 v*»).
Le titre de « chaykh des chaykhs » (cliayUi ech-choyoùM) ou « doyen
des vieillards » servait à indiquer le chef du corps des professeurs
ou des 'olamâ. Il servait aussi à désigner les chefs de chaque ordre
de derviches. Cf. Hist. or. des Croisades, I, 763.
^''^ Le chaykh Chams ed-din ebn Ghânem y donna la leçon le
1" moharram 692 et, en l'année 699, mourut, à l'âge de plus de
quatre-vingts ans, Solaymân ebn Mohammad ebn Hâil ebu *aly, el
Moqaddasy, connu sous le nom d'ebn Ghânem. Il fut le père de 'alâ
ed-dîn ebn Ghânem (N, P 118 v**).
^^^ Le fils de Djamâl ed-din d Qalânésy, le qâdy Amîn ed-dîn
Abou 'abd Allah Mohammad , naquit l'année 701.1! fut nommé à
plusieurs reprises qâdy des armées à Damas et procureur du trésor
public. Il fut ensuite investi de la charge de kâteb es-serr, de celle
de chay'sli ^^ chaykhs et des fonctions de professeur à la Nàsériyth
intva muras et à la Châmiyeh intra maros (N, P 118 v^-iig r"). Il
mourut à Damas en rabî* 1" de l'année 768 (N, f® 88 r®).
^^^ Le manuscrit de Paris porte ^»«|JU ^1 bl U3; ebn Khidiikân >
p. r*)1, écrit ^^^^\ L»l J^j.
"« B donne *abd El Kâfy. Je suis la leçon de N. — El Khedr ebn
Chebl ebn 'abd , le jurisconsulte Abou'l barakât d Hâréty, ed-Dé^
machqy, châfé'îte , hhaUb de Damas et professeur à la Ghazzâliyeh
et à la Modjâhédiyeh, naquit en cha'bân de Tannée 486. Noûr ed-
dîn bâtit sa madraseh auprès de bâb el faràdj et l'en nomma pro-
fesseur. Il y enseigna pendant dix-huit ans. H mourut en dou'l qa"-
deh de l'année 662 , et fut enterré à bâb elfarààis (N, fol. 120 r°).
^^^ El Asady dit sous l'année Ô97 : cEl 'émâd el kàleb , Moham-
mad ebn Mohammad ebn Hâmed ebn Mohammad ebn 'ahd Ailah
(^hn 'uly ebn 'abd Allah ebn Mahmoud ebn Ilébat Ailah ebn Alok —
mot qui en arabe signifie t'aigie» (<^ULa), — i'imâm, Tâoquent ré-
dacteur de la correspondance , le vizir *émâd ed-din Abou *abd Allah
el Isl)ahâny, le kâteb, connu sous le nom de fils du frère du vizir,
nacpiit à Isbahân l'année 5 19, et arriva à Baghdâd à l'âge de vingt
ans environ. Il étudia la jurisprudencii à la Nézàimyeh, Il se trans-
porta à Damas en Tannée 56 a. L'émir Nadjm ed-dîn Ayyoùb lui
490 MAIJUIN 1894.
traya la voi«' aiiprèn du «ultan NoAr ed-dîn , qui lui confia ia chaire
dv la ma(lra<i(>li connue sous le nom de la 'imàd^k. Lorsque NoAr-
l'dHJîn mourut, it reprit le chemin du 'iréq. *éniftd ed-<lîn, ditebn
MialliLàii, conserva sa haute position jusqu'à la mort de SalAh cd-
(lîn. Cet L^i^ncment porta la perturbation dans sa situation. Il garda
la inai^ion, et se consacra au professorat et à la composition de ses
ouvra<;('s. 11 mourut à Damas en ramadan, et fat enterré au cime-
tièn> [mivfàher] des Soûfys. El *émftd rapporte lui-même qu'eo
radjul) de Tannée 560, Noi\r cd-dîn lui confia la chaire de la ma-
(Irasi'h ^sitiin>] aiipn'H du bain d'el Qasyr (ou A'dQosayr, le petit
château) et où il était descendu à son arrivée à Damas (N, fol. i30
r'*-v*'). — Cf. aussi sa biographie dans ebn Khallikân . III, 3oo-
."^o.î, et \oir Kêtàh er-rawHatayn , i*part. , 2^5.
"^ Badr ed-dîn Abou'l yosr Mohammad, fils du qâdy en chef
'ezz ed-dîn Moliainmad ebn 'abd Kl Khftleq ebn Khalîl ebn Moqallad
(>bn Dja'bar, el Ansâry, ed-Démachqy, connu sous le nom d'ebn
e;-Sc^\et;h, na(|iiit en el moharram de l'année 676. H professa aussi
à la DnminnffhiYfh. Il mounit à Damas en djonmftda i** de l'année
729, et fut enterré dans la turl>oli de sa famille, au penchant du
Qîisyoùn f\, fol. 6 H v'-Gg r"). — On trouve sa biographie dans
le h\i\càl el uafayàt, II, 3idv q<)i place sa mort en 739.
^"^ Le texte ne paraît pas partout très clair; j'ai dû en traduire
certains passages par conjecture.
"® Le clia>k]i Nasr ebn Ibrahim ebn Nasr, el Moqaddasy, com-
posa plusieurs ouvrages (voir H. Khal.). Il étudia la jurisprudence
à Soi\r, sous Salîm or-Râzy, pendant quatre ans, et se rendit, en
l'année ^80, à Damas, 06 il passa sa vie dans la pratique de
«grandes aust<^rités et mortifications. Il mourut en moharram 4go
(jan>ier 1097) et fut enterré à Damas, oii sa tombe continua k
être baulenient vénérée. (TabaqAt ech-châf/ytn, Tab. el-foqaUâ, dans
ii'iographical dictionary^ I, ^2, n. 2. Voir aussi Modjîr ed-dîn, tra-
duction Sauvaire, p. 64, 128 et i^o.)
*^' On trouve la biographie d'Abou Hâmed Mohammad ebn Mo-
liammad ebn Ahmad cl Ghazzâly, surnommé Headjdjet el islam
/ayn ed-dîn, dans Biographical dictionary, II, 62 1-62 4. Il naquit à
Tous en l'annt^ .\bo (io58-io59) et mourut à Tabarân, le lundi
l^ djoumâda 1^ de l'année 5o5 (décembre 1111]. Dans la biogra-
phie d'Ahmad el Ghazzâly (I, 79-80), frère d'Abou Hâmed, ebn
Khallikân dit que Ghazzâly est dérivé de ghazzAl (fileur), formé
d'après le systèmes généralement adopté par la population du Kho-
S
DESCRIPTION DE DAMAS. 491
wârezm et du Djordân. Qudques-uns prononcent Ghazâiy, nom
d'un village dans les dépendances de Tous. C'est cette dernière pro-
nonciation qu'a adoptée es-Sam*âny, dans ses Ansâh; mais la pre-
mière est plus généralement usitée. — Modjîr ed-dîn nous parle
aussi d'el Ghazzâly et de la Ghuzzâlijeh de Jérusalem , traduction
Sauvaire, p. 64, 66, 128 et i4o.
'^- Cf. Kétâb er-rawdatayn , p. 263.
'»3 'ezz ed-dîn 'abd El 'azîz ebn *abd Es-Sallâm ebn AbH Qâsem
c^hn el Hasan j es-Solaymy, ed-Démacbqy, puis el Mesry, naquit en
577 ou 578. n mourut à Mesr, en djoumâda 1" de l'année 660
(N,fol. 123 \').
Sa mort est mentionnée par Quatremère, Mamloûks, I, 182 , où
il est appelé es-Salamy.
*" N (fol. 125 v') appelle ce qâdy en cbef, el Wanây, et dit
qu'en safar de l'année 846, il donna ses leçons a la maison (d'en-
seignement) de la tradition YAckrafijrek, puis à la 'âdétiyek, puis à
la Gliazzâliyek et à la BâdércâyeK,
^^^ &..**<A. . Comp. ci-devant, chapitre II, n. 33.
"« Il était le dawâdâr de Tanam (N, fol. 126 r»).
**' N dit quinze. ^
"® Le quintal syrien était égal à i85\388.
"» Le hâfez Chébâb ed-dîn ebn Hedjdjy, es-Sa*dy, dit lui-même,
sous l'année 811 de ses Annales, que, dans la première décade de
chawwâl, il donna la leçon à la madraseb la Fârésiyeh (située) au ,
sud de la mosquée-cathédrale (N, fol. 126 r").
^^ N écrit ed-dyâr el mesriyek et B , plus haut , Mârédîn au lieu
(le Bârîn.
*^ Fath ed-dîn donna l'inspection des fonctions de professeur au
qâdy 'émâd ed-dîn el Harastâny, et ensuite à son fils Mohiy ed-dîn ,
à qui elle fut enlevée en l'année 669 (N, fol. 126 v").
^ Bemarque. Il existe en outre deux madraseb appelées FoAA-
riyeh: l'une est à Jérusalem. Ebn Katîr dit dans ses Ann€des, sous
l'année 732 : «Le qâdy Fakhr ed-dîn, écrivain des mamloûks,
Mohammad ebn Fadl Allah, inspecteur des armées à Mesr, copte
(l'origine, embrassa l'islamisme et devint un bon musulman. Il fit
de nombreuses fondations pieuses. Le sultan lui accorda des marques
multiples de sa faveur. Il mourut âgé de plus de soixante-dix ans.
(Vest de lui que tire son nom la FaMiriyeh qui est à Jérusalem. Il
mourut au milieu de radjab et le séquestre fut mis après sa mort
sur ses richesses et ses propriétés. »
49S MAI.JUIN 18Q4.
La seconde Fakhnjek se trouve à Me^r. Suivanl ^^«l«dy, *ofc-
mân elm Qizii, rëmir Fakhr ed-dîn Aboa'l fath el KAmâv, na-
quit à Halab. C'était un des meilleurs émirs d*el Kâmel. fl consti-
tua en waqf la madraseh très connue au Caire, ainsi que la motquie
sine en face , une école publique et le rébât qui est sur le penchant
du Mo(|attam. Il mourut à Harrân et fut enterré en dehors de cette
ville, Tannée 639 (\, fol. 137 r^).
Sur la FaUvriyeh de Jérusalem et son fondateur, voir Modjîr ed-
dîn, traduction Sauvaire, p. i^i, et sur cdle du Caire, Khélat . U,
307. Maqrizy appelle Fakhr ed-dîn el Bâroùmy, et dit qu'il fut ma-
jordome [ottàdàr) d'el malek cl Kftmei Mohammad, fils d'el 'âdd,
et l'administrateur du royaume. D était né à Hidab en l'année 55 1
rt mourut à iïarrân le 18 4ou'l hedjdjeh de l'année 639. L'auteur
de la Description de l'Egypte place le rébât à el Qarftfah; il lui en
attribue un autre à la Mekke.
Au lieu de «Xfi^A, on lit dans N|54^, qui signifie < passage ■ et
n'a pas de sens ici.
^ Chams ed-dîn Abou 'abd Allah Mohammad ebn *abd Ed-Dftim
ebn Moûsa, el ^asqidâny, en-Na'ymy, el Barmâvry, el Menry, naquit
on don'l qa'dch de Tannée 76.^. Le 7 cha'bân 836, cinquante jours
après la mort de son fils Abou'l Fadl , il partit pour BCésr. £n 4ou'l
Ijiuljdjch 838, il résigna les fonctions qu'il exerçait à Damas (N,
fol. 57 v» 58-r'').
H. KhaJ. mentionne ses ouvrages et place sa mort en 83i (Comm.
22 octobre 1427).
^ Le commentaire du Djàm^ ^!-|<4î^« composé par el Bar-
mâwy, porte le titre de el-Làmc' es-tahth. Cf. H. Khd., Il, 5a5.
^^ cmxIxmI^ . Le copiste me paraît avoir estropié ce mot , que je
traduis par conjecture.
^ Comp. ci-devant, n. iSo. Voir aussi Kitàb er-rawdatajn,
2* part., 339.
^ N ne fait pas mention du fils du qâdy de Chohbeh, et dit que
Sadr ed-dîn était le fils de Chams ed-dîn ebn Sany ed-dauleh (f<^
127 v°).
^^ C'est-à-dire le qâdy suprême Borhân ed-dîn Ibrâym ebn
Chams ed-dîn Mohammad ebn Borhân ed-dîn Ibrahim ebn d Mo'-
tamed. Voir ci-devant, n. 363.
^ Ebn Chaddâd l'appelle la QiUdjiyeh-Modjâhédiyeli,
^ Ebn Chaddâd dit en parlant de la grande-mosquée de I>jar-
rah : c Après qu'elle eut été restaurée par el Achraf MoAiav die
\
DESCRIPTION DE DAMAS. 493
devint la proie des flammes sous le règne d'd maiek es-Sâleh 'ëmftd
cd-(lîn Isma'il, vers la fin de l'année 643 , lorsque Mo*m ed-dîn ebn
ccli-chaykh vint assiéger Damas.» (Je lis J^b au lieu de dkb que
porte le manuscrit. Cf. Abou'l féda dans HisU or, des Crois,, 1, 1 33.)
Plus tard, en l'année 653, la construction en fut renouvelée par
l'émir Modjâhed ed-dîn, fils de Mohammad, fils de l'émir Chams
ed-(lîn M ohammad , fils de l'émir Ghars ed-dîn Qilîdj en-Noûry. Cet
émir Modjâhed ed-dîn est autre que le premier. Je ne l'ai mentionné
(|uc pour faire remarquer qu'il y en avait deux (du même nom)
(N, fol. 138 V»).
^' N l'appelle el-Labany (fol. 128 v").
^ Le qâdy en chef Tâdj ed-dîn Abou Nasr *abd El Wahhâb, fils
du cliaykh des Châfé*îtes Chéhâb ed-dîn, ez-Zohry, el Béqâ*y, d
ary d'origine, ed-Démachqy, naquit Tannée 767 et mourut le jour
de vendredi 2 3 safar de Tannée 824» dans sa demeure, à la Salé-
hiyeh , au pont blanc, La prière sur son corps fut faite à la porte
de la Mârédcuiiyeh ; puis , une seconde fois , dans la mosquée-cathé-
drale d'Ylboghâ et , en troisième lieu , dans la mosquée-cathédride
de Tenkez. Il fut enterré au-dessus de son père, dans le cimetière
desSoùfys (N, fol. 81 r°-v°).
303 juiULJLJi c»(44I jxx^ i ? yjsJJ 1^1^ (w^. Sur les c^lf^
iuLLxUJi, cf. Quatremère, Mamloâks,ly p. 17. — Peut-être faut-
il lire lyâJJ cà Tachât» (dans qudques domaines royaux).
^"^ El Berzâly le fait mourir le jour de dimanche au coucher du
soleil , 2 4 dou'l hedjdjeh , à la 'oqaybeh , et ajoute qu'il fut enterré
sur le penchant du Qâsyoûn. U constitua en waqf sa maison comme
madraseh, à l'extérieur de Damas, en dehors de bàb el faràdts (N,
fol. 129 r°).
3^ L'émir 'ezz ed-dîn Ibrahim institua comme professeur de ce
collège 'émâd ed-dîn le Kurde, chftfé'îte (N, fol. 139 r^).
^ Chéhâh ed-dîn Aboul mahâmed, Abou't-Tâher et Abou'l 'ezx,
Ismâ'îl ebn Hâmed ebn 'abd £r-Rahman ebn el Mardjàn, le voya-
geur (el morahhel)^ el Ansâry, d Khazradjy, procureur du trésor
public en Syne, naquit à Qoûs en .el moharram de Tannée 574.
vint au Caire, en Tannée 690 ^ puis à Damas, où il se fixa en Tan-
née 591 . Chéhâb ed-dîn d Qoûsy mourut en rabî* i** de Tannée 653
et fut enterré dans sa maison qu'il avait constituée en waqf comme
maison (d'enseignement) delà tradition, située, comme on Ta vu
précédemment, à proximité de la place [er-rtihbeh) ^ en dedans de
494 MAI. JUIN 1804.
bâb charqy, une des portes de Damas , et où se trouve son tombeau
(N,fol. lag \").
Es-Stu/qây (fol. 3 3 v") dit à propos d'un ChéhAb ed-dîn el Qoùsy
(contemporain de Chams ed-dîn Ahmad ebn d Moùkdd^ ebn 'ysa
cbn Ibrahim ebn Matroûb , le kàteb, mort à Damas en 699) qu'il
avait des propriétés dans la Gboûtah et une belle maison voisine
des sayycds les Banou Sasra. A sa mort , Cbéhâb ed-d!n immobilisa
sa maison comme madraseh et lui constitua un waqL
^ Le Djam* el djawâm^ est sans doute l'ouvrage de ee nom trai-
tant des principes de la jurisprudence et ayant pour auteur Tiidj
ed-dîn 'abd ei Wabhâb ebn *aly ebn es-Sobky, châfé'îte, mort en
771 (Comm. 5 août iSôg). H. Khal.. II, 610.
•'^ Le Moghnyfin-nahon a été composé par Fakhr ed-dîn Ahmad
cl m el Hosayn cl Tcharpcrdy, mort en 746 [Comm, 4 mai i345).
H. KhaL, V, 654.
^ TjCs harimyin sont les marchands de harim (vêtement grossier
(]ue re\6t celui qui doit faire le pèlerinage de la Mekke).
•'"® On lit dans es-Saqqâ'y (fol. 6, r*) : «Lorsque el malek elMo-
zaffar Qotoz conquit la Syrie , il donna en fief à l'émir Fârès ed-dîn
Aqtây el Mosta'rch , connu sous le nom de VAtàhek, l'apanage [khphz]
(le l'émir Nâser ed-dîn el Hosayn ebn *azîz, el Qaymary, leqnd con-
sistait dans le nombre de deux cent cinquante cavaliers et consti-
tuait le plus imjK)rtant des apanages [a'jhbàz) de la Syrie. 1
Cf. sur lo mot y^i Quatremère, Mandoéki, I, a* part., iSg.
Es-Saqqâ'y donne comme suit la biograj^ie de cet émir (ioL 3o
v") : « L'émir Nâser ed-dîn el Hosayn ebn 'azîx, el Qaymary, câèfare
par ses bienfaits , était un des plus grands émirs de la Syrie pen-
dant le règne d'en-Nâser, un des plus justes, et dont la conduite
était la plus b(dle. Il avait un nombre de deux cent cinquante ca-
valiers , et son apanage était le plus important de tous. D édifia la
madraseh et les boutiques de la JoauYijr^aA (le petit marché) qui
l'avoisinent et qui portent son nom. Il les constitua en waqf pour
la madraseh. A la mort d'en Nâser, il devint un des émirs de MoVm
£1 malek cz-Zâber lui donna le commandement d'un groupe d'émirs
et le plaça sur le Littoral, vis-à-vis des Francs qui étaient à *akkâ.
Il mourut en rabî' i*' de l'année 665. i — En 661, eat-ZAher l'insti-
tua en qualité de délégué royal (nâXb es'êalyxnek) pour ies provinces
conquises du littoral (Hist, or, des Crois,, U, i'*part., a 18.
On trouve dans Quatremère, Mandoûks, I, a* part., 45, la bio-
graphie de l'émir Nâser Hosayn [sic) ebn Wx d Qaymary, que lui
DESCRIPTION DE DAMAS. 495
ont fournie Nowayry (fol. 36 r"), le prétendu Hasan dbn Ibrahim
(fol. 194 v°) et Abou'l mahâsen (fol. 217 r^ et v°) : tCet officier
était un des principaux émirs , un de ceux qui occupaient auprès du
prince le rang le plus éminent. C'était lui qui , au moment de la
mort tragique de Toûrân Chah , fils d'el malek es-Sâleh Nadjm ed-
dîn Ayyoàb , avait livré la Syrie à el malek en-Nâser Yoûsef , souve-
rain de Halab. Distingué par ses rares qualités , son courage intré-
pide, sa générosité, il commanda les armées de la Syrie, sous les
règnes d'd malek es-Sâleh et d'el malek en-Nâser. Sous ce dernier
règne, il était plus obéi que le sultan lui-même : tous les Kurdes
lui étaient dévoués et exécutaient fidèlement ses ordres : û malek
cz-Zâher lui conféra un bénéfice militaire ^^^t dans le Sâbel, et
i'éleva au-dessus de tous les émirs de cette province. C'était lui qui
avait fait construire, à Damas, le collège Qaymariyeh, destiné aux
Châfé'îtes, et situé près du minaret de Firoûz. Il dépensa, disait-
on, pour cet objet, une somme de quarante mille derhams. Il mou-
rut le dimanche, treizième jour du mois de rabî' 1*', dans la pro-
vince où il commandait. Plein de fierté , il se plaisait à rivaliser
avec les sultans pour la magnificence de son cortège, le nombre de
ses chevaux , de ses mamloùks et des gens de sa suite. »
Quatrcmère me paraît avoir attribué à la construction du collège
la dépense (4o,ooo derhams) faite pour Thorloge.
^" N écrit : « qui mit en-Nâser en possession de Damas ».
^" N l'appdle « es-Sohrawardy ». — L'imâm Chams ed-dîn Abou'l
Hasan 'aly ebn Mahmoud ebn 'aly, es-Sohrawardy, le Kurde , mou-
rut en chawwâl de l'année 676. Il fut enterré à la Soûfiyeh (le ci-
metière des Soûfys ) , face à face avec le chaykh Taqy ed-dîn ebn
ei-Salâh (N,fol. i3i r^).
êChahrazoâr, vaste arrondissement dans le Djébâl, entre Erbel
et Uamadân. Tous ses habitants sont Kurdes. La cité se trouve
dans la plaine et est protégée par un mur de huit coudées d'épais-
seur. A proximité s'^èvent une montagne connue sous le nom de
Ché'rân et une autre appdée ez-Zalam. Le Tamarra se détourne de
cette viUe dans la direction de Khânéqîn. » Marâsed, i
'^ Charaf ed-dîn Yoûnès , fils du qâdy 'alâ ed-dîn ebn Abî'l baqâ,
mouratle jour de mercredi 26 safar de l'année 8i4(N, fol. 182 r").
^* Cf. Quatremère, Mamloùks, I, 60, où il est cependant appelé
Charaf ed-dîn (Yoûsef ebn Abîl fawârès).
*** *" Au lieu de l^ Jy que porte B, N écrit 1^*a J'y , leçon qui
m'a paru préférable. — Dans B on lit (^^IJ\ pour ^^UJt .
496 MAI-JUIN 1894.
^^^ B porte 792.
^'^ Ks-Safadv rap|)cllc le mohtaseb ebn Abî Karoûa , Mohammad
ebn 'aqîl cbn 'abcl El Wâbecl ebn Abmad ebn Hamxab ebn Karoâs,
le mohtiueb Dj.imâl od-dîn Abou*! makArem, es^aiamy, ed-Oé-
machqy (N, fol. iSa v').
A17 Mohammad cbn 'omar, le chaykh Nadjm ed-dîn , fils du chaykh
Nadjm ed-dîn ebn Abî't-Tayyeb , procureur du trésor public à Danôas,
arriva aux plus grands postes, tels que Tinspection du trésor à la
citadelle de Damas et la fonction de procnreur du trésor public*
La mère de ce Nadjm ed-dîn était fille de Ghams ed-din, fils du
(|Âdy Nadjm ed-dîn A])ou Bakr Mohammad, fils du qAdy en chef
de Damas. Nadjm ed-din était châfé'îte. D mourut en detii jours
d'une pustule qui se déclara sur son visage. Sa mort ent lieu le
h cha'bân de l'année 742 (N, fol. iSa r^-v*).
^** Est citée par ebn Batoûtah, I, 211.
^^^ Os! J^ • Cette expression , qui signifie littéralement « par la
main de», se ronconti'e fréquemment dans les inscriptions arabes.
^^ L'édifice nommé Kallâseh fut englouti dans le tremblement
de terre de l'année 5 98; il est tombé seixe créneaux de la grande-
mosquée et un des minarets; un autre a été fendu, ainsi que le
dôme en plomb (qobbet «n-n^sr). *A1m1 d-La^f, traduction de Sacy,
417. — Voir aussi sur la Kallâseh ebn KhaUikAn, Biographie de
Saladin.
^* La (chaire de la) Kallâseh était alors en la possession de son
père , Chéhâb ed-dîn. Taqy ed-dîn el Asady dit encore : c Le jonr de
mercredi 19 rabî' 1*' de l'année 8^7, Rady ed-dîn se présenta à la
KalltUeh, Le qâdy secrétaire de la Chancellerie secrète de M^r,
Kamâl od-dîn (d Bârézy, l'avait investi d'un tasdtr qu'il avait renou-
velé pour lui à la Kallâseh, en lui assignant un traitement mensnd
de cent cinquante derhams» (N, fol. i33 v*). — lienum/ne. La
haUjah la Kawianyeh , qui est vis-à-vis de la fenêtre de la KallâMek,
sous le minaret de la fiancée, à la mosquée-cathédnde, a été con-
stituée en waqf par le martyr Noûr edndîn, en faveur déjeunes gar*
cens et d'orphelins , devant lire chaque soir après l^oir, trois fois :
Dis : il est Dieu unique (Qor'ân, CXII, v. 1), paroles dont la ré-
compense est dévolue par eux au fondateur. A cet effet, ils touchent
ime rétribution du grand sob', c'est-à-dire du sob* qui est dans la
mosquée-cathédrale. Leur nombre était alors de trois cent cinquante-
quatre (N, fol. i33 v»-i34 r").
^ Cette madraseh faisait face à la porte de la maison de Sayf
DESCRIPTION DE DAMAS. 497
el Ghazzy (sise) sur la même ligne que le collège de Noûr ed-dîn
(Kétâb er-rawdatayn , laS, dernière ligne).
*" Au lieu d'ebn Yàsen, N le nomme Bozâz (plus bas Borân)
ebn Yamîn. Le K, er-rawdatajm porte partout ebn Mâmîn. Cf. aussi
Ousâma, traduction de M. Derenbourg, qui l'appelle Bouzân,
p. 176, n. — On lit dans le K. er-rawdatayn, ip, 1 33-134 * que sa
maison était située à bâh el faràdis. Il est fait mention , dans ce
même passage, des deux collèges fondés par Modjâhed ed-dîn et
portant son nom.
^ Ebn Cbaddâd ne fait mention ici, dans son livre el ctlâti {el
Ijhaiirah) , ni de cet émir, ni de sa biographie. Il le cite en parlant
des mosquées de Damas et dit : c II y a une mosquée dans la ma-
draseh de Borân ebn Yamîn , le Kurde , connu sous le nom de Mo-
djâhed ed-dîn, qui était la maison du Charîf le qâdy Abou'l Hasan. »
Cet auteur parie encore de lui à propos de l'arrondissement du
Hawrân. Dans ce passage, il s'exprime en ces termes : c Lorsque
Mo'în ed-dîn fit la conquête de Sarkhad et de Bosrà, il remit la
première à l'émir Modjâhed ed-dîn ebn Borân ebn Yâmîn , le Kurde,
et la seconde à son hâdjeb Fârès ed-dauleh Sarkhak. Modjâhed ed-
dîn y resta jusqu'à sa mort. Sarkhad passa alors à son fils Sayf ed-
dîn Mohammad , à qui die fut enlevée par d malek el *âdd Noûr
ed-dîn Mahmoud, quand ce prince s'empara de Damas i (N, f* i34
'')■
™ Abou Châmah dit :« Touchant la porte renouvdée (<>0s^] à'el
farâdts» »
^ Le qâdy en chef Montakheb ed-dîn Abou'l ma'âly Mohammad,
fils du qâdy en chef Abou'l Fadl Yahya ebn 'aly ebn 'abd El 'azîz,
d Qorachy, naquit au commencement de l'année 467. Le fondateur
l'investit de l'inspection et de la chaire de cette madraseh. Il mou-
rut dans le mois de rabî* 1*' de l'année 537 et fut enterré auprès
de son père, à la mosquée du pied (N, f* i34 v^).
^ C'est-à-dire originaire de Kafarsoûsiyeh, c un des villages de
la Syrie , dépendant de Damas ». Marâsed,
*•• Voir smr ce khân , Khétat , II , 93 . — L'eunuque Masroûr passa
au service particulier de Saladin , qui lui donna le commandement
de sa garde (halqak). Il se retira du service sous le règne d'd Kâ-
md et, se consacrant à Dieu, il garda la maison. Masroûr éleva
un grand nombre de monuments pieux en Syrie et en Egypte. Il
possédait en Syrie un hameau qui fut vendu pour une forte somme
m. 33
iurkumaia batiosalb.
408 MAI-JDIN 1694.
à rémir Sayf ed-dîn Aboul Hasan el QayniAry. — * Sur la maHraaeh
ia Masroûriyek du Caire, voir de mène Khétat^ II, 378.
"* En vertu d'une stipulation du fondateur. — Djamftl ed-dîn
Yoùsof, fiis de NâseU ed-din, succéda à son père comme inspecteur
vi mourut le 5 safar de Tannée 65g. D fut enterré au-dessus de son
pre, à la monUgne (de Qftsyoûn) (N, f i35 v*).
^^ fi écrit ei Maghréby, an lieu d'el Gfaaziy. — Après la mort
du chaykh Zayn ed-dîn 'omar ebn Moslem ebn Sa*îd, d Qoracfay,
en (lou'i hedjdjeh de l'année 791, la chaire fut occupée par edi-
Chnraf 'ysa ebn 'otmàn el Ghauy (N, f* i36 v*).
^^ Voici, au sujet de la Mankalâïyeh (sic), tout le paragraphe
(|ue lui consacre en-No'aymy (P i36 v*) : E»^afiidy, en donnant,
sous ia lettre sin, la biographie de Sandjar, le grand-émir 'alam ed-
dîn ech-GhodJâ*y, el Mansoûry, s'exprime en ceii termes : cU fut
élevé en premier lieu à Damas chez une femme connue sous le nom
de Setl Qadjâ , à côté de la madraseh la Mankalâïyeh. a
Ks-Saqqâ'y, dans la biographie de l'émir 'idam ed-dîn Sandjar
ech-CihodJâ'y ( f° 43 r°] , appelle cette femme Sett Qasâ et dit qu'elle
habitait à côté de la madraseh la Mcmkalànijrek et de la maison du
seigneur de Hamâh , à Damas. — f Cet émir, s'étant transporté au
Cuire, apprit l'écriture et un peu de littérature et s'attacha au sol-
lan el Mansoûr Sayf ed-dîn Qalàoùn , auprès de qui il obtint de
l'avancement et dont il fut plusieurs fois le vizir. — En l'année 690 ,
el malek el Achraf (Khdîl) , fils d'el Mansoùr (QalAoûn) , le nomma
nâXb de Syrie et le destitua l'année suivante. Lorsqn'U quitta l*Égypte
pour se rendre en Syrie, l'année 693 , il lui confia les fonctions de
nâXb de Mesr. En el moharram de Tannée 693 , d mdek d Achraf
fut tué à Taroùdjah pendant que l'émir *alam ed-dîn ecfa-GhodjA^
se trouvait à la citadelle de Mesr. » Ech-Chodjâ*y périt tragiquement
dans le mois de safar. Cf. Quatrcmère, Mixndoékt, II, 3* part,
11-1 3, et la notice d'après Abou'l mahâsen (ms. 663, f* 33 i^),
p. 13.
• TaroAdjak, village d'Egypte dans l'airondissement d'd Bohay-
rch, une des dépendances d'Alexandrie, i Marâied, — Voir aussi
Etat des provinces et villages de V Egypte, de Sacy, loeo cit.» province
de Bohayreh, p. 663.
3» Il s'agit sans doute d'en-Nâser Sdâh ed-cUn Yoiksef, fiis
d'd *azîz Mohammad, (ils d'^-Zaher Ghâzy, fils de Saladin, fils
d'Ayyoùb, qui régna à Halab de 63d à 658 et à Damas de 6d8
à 658.
DESCRIPTION DE DAMAS. 400
^ Le qâdy en dief Mohiy ed-dîn Yahya était fila da qAdy en chef
Mohiy ed-Klin Mohammad ebn ei-Zaky. A|»ès avoir occupé pédant
qudques mois la chaire da cette Nâsérijeh, il fiartit pOttr Mesr.
où il mourut en radjah de l'année 668-(N, f* 137 r^). -^ A l'Age
de soixante et douze ans. Cf. Quatremère, Maadoûh, I, a* part,,
81.
'^ N l'appdle le qâdy Mohiy edr^iîn Yahya ébn Ahmad ebn GhA-
ZT, époux de la sœur de l'inspecteur de la madraseh, le qâdy des
Hanafîtes^ dis du qâdy de 'adjloAn.
^ Le qâdy en chef des ChAfêltes Chéfaâb ednlk Ahmad dm
Charaf ed-dîn Mahmoud ebn DfamAl ed^din *abd AHah An For-
four (N, f» i38v»).
^ £l 'oqaybah ou el %qîbah; «la petite montée i, village situé
apparemment dans la banlieue de Damas, et au sud de cette ville
(Hist, or, dts Croiâodet, I, Index et p. 1 13).
^ B écrit f ebn Charaf*.
^ D'après une inscription de Damas de l'année 643 (n** 476 de
ma collection), le même surnom a été porté par Charwah ebn
Hosayn el Mefarâny.
^ La biographie de l'émir Djamâl ed-^n Aqoâch en Nadjîby
evSâléhy en Nadjmy est donnée par es-Saqqâ'y (f 6 r**) : c C'était
un des grands-émirs connus par leurs bienftiits. Il ftit investi de la
charge d'ostâd ed-dâr au commencement du règne d'fflZâher (Bay-
bars ) et appdé aux fonctions de tUU^ de Syrie , après l'émir 'alâ ed-dîn
Taybars d Wazîry, au' commencement de l'année 661. •— Il ftit
destitué des fonctions de nMb en Tannée 670 et remplacé par l'émir
'eu ed-dîn Aydémir es-Zâfaéry. Il m«arut au Caire l'année 677. « —
Celte dernière date est aussi cdie qu'on trouve pour la mort deect
émir, dans Quatremèro, IfonJoàib, I, 2^ part, 167.
^ C'est 677 qu'a faut lire. Voir la note précédente. — Ed^
haby dit dans set àmmUi, sous l'année 667 (stc peur 677) t «En
Nadjtby DjamJd ed-din Aqoàch e»-Sdéhy fm-Nadjmy, ùstàdér d'd ma-
lek es^eh , foi ^gdement investi de la charge é^ nMjordome pso^ «1
msdek èz-Zâher, puis de la iieutenance de Damas pendant neaf ans.
B lut remplacé par 'exi ed«dîn Aydénir. Puis il resta «a Gain sans
emploi et fut atteint de paralysie quatre ans avant ta mort. B mottrut
eo rabi* s', à l'âge de soixante et qudques années. Damas lui doit une
khânqAh , un khân'et une madraseh. fl ne laissa pas d'en&nt. » Ed-P*-
haby venait de ^lire : « En l'année 670 , le sultan partit pour Damas
et destitua en-Nadjîby, qu'il remplaça par son mamloûk 'ezz ed-djln
33.
J
500 MAIJUIN 1804.
Aydémir. Au milieu de chaliân , Damas fut ai proie à iine très YÎve
frayeur à cause des Tatârs. Le nàlb de cette ville, *alam ed-din Tay-
bars d Wazîry, ordomia à tous ceux qui en avaient iés moyens de
partir de Damas et de se rendre en Egypte. Le sultan éi malek o-
Zâher Baybars envoya dors, en 4^u\ qa'deh, qudqa'im pour se
saisir duditndtfr et le destitua, remettant la lieutenance à l'émir Dja-
mâl ed-dîn Aqoûch en-Nadjîby, un des jplns grands émirs, i Sons l'an-
née 663 , son disciple ebn Katîr dit : • Au rapport d'Abou Châmah ,
le 28 {sic) mourut Mohiy ed-dîn 'abd Allah ebn Safy ed-dîn ebn Mar-
zoùq , dans sa maison à Damas , voisine de la madraseh la Noâriyiek. ■
Je dis : c Cette maison estcdle qui fut convertie ea madraseh châféite.
Elle fut constituée en waqf par l'émir DjamM ed-dîn Aqoùch en-Na-
djîby. » n dit encore sous l'année 677 : « Parmi les grands personnages
qui moururent cette année , fut Aqoûch ebn 'abd Allah , le grand-émir
Djamâl ed-dîn en-Nadjîby Abou Sa'd, es-SMéhy, qu'd malek ef
Sâleh Nadjm ed-dîn Ayyoûb, fils d'd Kftmd, affiranchit, et dont il fit
un des plus grands émirs : il le nomma son oitâdâr, puis son nâSb
à Damas [ech-Chàm) pendant neuf ans. Aqoùch y fonda la madraseh
la Nadjtbijreh et lui constitua des waqfs nombreux et productif. D
fut enterré dans sa turbeh qu'il avait construite à la petite Qarâ-
fah. n s'était aussi bâti une turbeh appelée la Nadjfbi/di et loi avait
ouvert des fenêtres sur le chemin , mais il ne put y être enterré (N,
fol. 139 v'-Uo r^).
^ C'est le nom donné au rideau de soie envoyé avec pompe à la
Mekke par le souverain d'Egypte.
3tt ^^yai\ f^y^ya^ chien constitué quant à la voixi.
^ n fut ouvert dans la première décade de 4oal qa'deh de l'an-
née 677 (N, fol. i4o v°).
^ C'est là qu'il mourut le samedi 26 radjah 681. Cf. Qoatre-
mère,lfamloàA<>I, 2* part., 187.
^ On lit dans N (fol. idi r"*) : Le jonr de jeudi 11 djoomâdm
1" de l'année 736, dit ebn Karîr, son secrétaire (de DjamM ed-dîn
fils du qftdy d'ex-Zabadâny) , Isma'îl ebn Ka^ donna la leçon à la
NadjCbieK
Djamâl ed-dîn Abou 'abd Allah Mohammad, fils du qâdy Mohiy
ed-dîn d Hasan d>n Mohammad ebn Matoùkh ebn Djarîr d Hâréty,
connu sous le nom de fils du qâdy d'ez-Zabadâny, naquit en djou-
mâda 2^ de l'année 688 et mourut de la peste au commencement
d'd moharram de l'année 776. 11 fut enterré à la SMéhiyeh (N, foL
89 r^'-v»).
DESCRIPTION DE DAMAS. 501
^ D'après Taqy ed-dîn el Asady, il fiit investi de cette chaire en
remplacement d'ebn Katîr, qui fiit professear de la maison (d'ensei-
gnement) de la tradition VAchrafyeh (voir chapitre n, n. 17).
L'Isma'il ebn Katîr de la note précédente est-il le même que ce
dernier ?
[La suite à an prochain cahier.)
502 MAMDIN 1894.
i^i^fcaM»— tJ^^M^-^^ML^Mb— fc»^M >. ^^,,^.^j,|^„^,^.^MWfcJÉ
LETTRE DE TANSAR À JASNASP,
ROI DE TABARISTAN,
. MB
M. DARMESTETER.
(suite.)
TRADUCTION \
{6 b) Voici ce que dit Ibn d Moqaffii\ d*après Bah-
râm , fils de Khorzâd , qui ie tenait de son père Ma-
nûcihr, Mobed du Khorâsân , et des savants de Perse* :
Lorsque Alexandre envahit les provinces du Cou-
chant et le pays de Roum', invasion célèbre qu'il
est oiseux de rappeler ici, après s'être emparé du
pays copte, du pays berbère* et du pays hébreu, il
conduisit son armée en Perse et livra bataille à Darius.
Une partie des familiers de Darius le trahit * et tran-
* Voir le texte plas haut, p. 200-2 5o.
* Voir plus haut , p. 190-192.
^ Ou mieux : < Lorsque Alexandre, dans les provinces du Couchant
et le pays de Roum , fit cette invasion célèbre . . . » D part du cou-
chant et de Roum (la Grèce).
^ Le Berbéristan , qui est , non pas la Beribérie des modernes , mais
la côte d'Afrique au bas de la mer Royge (la Barharica regio de
Pline, Berbera d'aujourd'hui : \oir Études iraniennes, TI, 2 2i-2s5).
* Voir le texte, p. 200, note 6.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 603
chant la tête de leur souverain, ils rapportèrent à
Alexandre. Alexandre ordonna de les pendre haut et
court ^ ce qui est le supplice en usage chez les Roumis ,
d en faire une cible pour les flèches et de proclamer :
« Voici le châtiment réservé à qui ose attenter à la
vie dun roi. » Lorsqu'il se fut emparé du royaume
d'Iran-Shahr, tous les princes et ce qui siurivait des
grands, des seigneurs, des magistrats et des nobles
du pays se réunirent en sa présence. Le bruit de leur
puissance et de leur nombre lui donna à penser et
il écrivit à son ministre et maître Aristote : t Par la
grâce de Dieu tout-puissant nos aflaires sont en bonne
voie et je veux partir pour Tlnde, la Chine et TEx-
trême-Orient. Mais je réfléchis que, si je laisse en
vie les grands de la Perse , en mon absence ils feront
naître des troubles qu'il sera difiicile de réprimer;
ils envahiront Roum et attaqueront nos provinces.
Ce que je vois de mieux à faire, c'est de les faire
périr tous et je pourrai alors, libre de toute inquié-
tude, réaliser mes projets* n Aristote répondit comme
il suit à cette communication : « C*est un fait avéré
que dans le monde , les races de chaque zone se dis-
tinguent par une excellence, un talent, une supério-
rité spéciale , étrangère aux races des autres climats.
Ce qui distingue les gens de Perse, c'est le courage,
la bravoure et la prudence au jour du combat, ces
•
qualités qui forment le plus sohde et le plus puissant
des instruments de souveraineté et de succès. Si tu
* Voir le texte, p. 30o, note 7.
504 MAIJLIN 1894.
les extermines, (7 a) tu auras supprimé de ce inonde
le suprême pilier du tident, et une fois les grands
disparus, tu seras absolument forcé de Cadre passer
aux vilains les fonctions et le rang des grands. Or,
sois bien convaincu que dans ce monde il n*est mal,
fléau, révolte et peste dont faction soit si pernicieuse
que le passage des vilains au rang des nobles. Prends
donc bien garde, tourne bride de ce projet et, dans
ta sagesse accomplie, coupe-toi la langue de la sévé-
rité qui porte et qui blesse plus que la lance homi-
cide, et ne va pas, pour le repos de cette vie éphé-
mère , effacer et perdre ton bon renom, en suivant de
vagues calculs au lieu de la vérité et de la certitude
de la religion et de la foi.
Quand tu vivrais six cents ans ici-bas,
ne compte cette vie sans fin que comme une chanson :
du moins si tu deviens une chanson , ô sage I
mieux vaut bonne chanson que mauvaise.
« Il faut donc prodiguer protection , fidéhté, bien-
veillance et iibérsdité aux che£s des grandes maisons ,
aux dignitaires, aux princes et aux grands, et écarter
de leur cœur, par des bontés et des amabilités, les
causes de chagrin et d'inquiétude : car les anciens
ont dit qu une affaire qui n aboutit pas par la bien-
veillance et la douceur ne réussit pas davantage par
la force et la violence. Ce quil y a à faire, c*est de
confier le royaume de Perse à ses rois^ et, partout où
' A ses rois provinciaux.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 505
tu en découvriras un., de lui conférer la couronne et
le trône , mais sans donner à aucun d'eux ia préséance
ou lautorité sur les autres , en sorte que chacun règne
pour lui en prince indépendant. Porter la couronne
est un grand orgueil, et un chef qui a obtenu la cou-
ronne n accepte pas de payer tribut à personne, ni
de courber la tête devant un autre. H naîtra donc
entre ces roitelets tant de discordes, de mésintelli-
gences, de compétitions et de luttes à propos du pou-
voir, tant de rivalités pour l'éclat et l'étendue de
leurs richesses, tant de querelles pour le degré de
considération, tant pour l'orgueil de leur train,
qu'ils n'auront pas loisir de se venger de toi^ et, ab-^
sorbes dans leurs affaires entre eux, ne se souvien-
dront plus du passé. (7 6) Et quand tu serais aux
confins les plus éloignés du monde, chacun d'eux
effrayera son voisin de ta puissance, de ta force et de
la menace de ton assistance, et il y aura sécurité
pour toi et après toi , si peu de sécurité et de con-
fiance qu'il y ait dans là fortune. »
Quand Alexandre eut pris connaissance de cette
réponse , il adopta le parti que lui indiquait Aristbte.
Il partagea l'Iran entre ses princes auxquels il donna
le nom de « Mulûk uttavâïf » (Rois des provinces)^, et
1 Comparer le début de Y Arda Virâf.
* Comparer le Grand Bundahish : tPlus tard, sous le règne de
Dârâ, fils de Dârâ, le Kaisar Alaksandar fondit d'Arûm, envahit
l'Irânshahr, tua le roi Dârâ, détruisit toute la race royale, les Mages
et les grands d'Irânshahr. Il éteignit nombre de feux sacrés , enleva
le Zend de la religion mazdéenne et l'emporta en Arûm, brûla
506 MAI-JUIN 1804.
conduisit son aimée de Perse dans rËxtrême-Orient,
à la poursuite de ia puissance que le Roi des Rois
lui avait octroyée. Il soumit les hommes et s*enipara
de Tunivers. Quatorze ans après, sur son retour, il
arriva à Babyione, abandonna tout ce qu*ii avait pris
et trépassa.
Nous le voyons, le monde ne vaut;
tous les royaumes de ce monde ne valent pas une obole.
Son armée , qui était emmêlée comme les IHéïades ,
se dispersa comme la constellation de TOorse, et il
n*était pas encore en terre que les soldats se préci-
pitèrent comme le vent dans leur patrie ; la fortune
sépara toute cette assemblée et dispersa tout cet amas
de biens. La succession des jours et des nuits et le
jeu des événements passèrent là^dessus.
Longtemps après, Ardashir, fils de Bâbak, fils de
Sâsân , se leva ^ En ce temps-là Ardavân était roi des
deux Irâq2, du Mâh* (le Mâh Nihâvand et le Mâh
Basthâm), de Mâsabadân^, de Qazvin et de Samnân;
c'était le plus puissant et le plus obéi des « Rois des
l'Avcsta même, et divisa llrânshahr entre quab'ê'vingt-dix petits
princes. »
Sur les Mulûk nitavâif et leur identité avec les dahjnpaiti de
l'Avesta, voir Zend-Avesta (du musée Guimet), m, p. xl-kli.
' Ardashir s'insurge vers 212, prend quatorze ans à abattre mi
à un les Mulûk uttavâif , à établir l'unité de l'empire et à se faire
Roi des Rois; il règne sur l'empire unifié environ de 326 à a4i.
* L'Iraq dit arabe, et l'Iraq persan.
^ Sur Mâh (Mâda), désignation de régions qui faisaient partie
de la Médie ancienne , voir Olshausen, Mâh-Màda*
^ Mâsabadân , la M ésobadène de Pline.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 507
provinces ». Ardashlr le fit prisôntiier avec quatre-
vingt-dix autres princes qui étaient les descendants
des rois installés par Alexandre. Il fit périr les ans
par le glaive^ les autres par la prison. Il épargna Âr-
davân ^
A cette époque vivait en grande puissance et haut
rang Jasnasfshâh^ roi du Farshvâdgar^ et du Taba-
riâtân. Gomme ses aûcâtres -avaient reconquis par la
force le Farsbvâdgar sur les lieutenants d'Âlesiandre
et suivaient ia religion et le parti des Rûis de Pet^se,
Ardashtr le traita avec courtoisie; il n'envoya pas
d armée dans sa province; il fit preuve à scm égard
d'indulgence et de bons procédés, pour éviter une
lutte ouverte et un conflit. Lorsque Jasnasfshâh, roi
du Tabaiistân , vit clairement qull fallait absolument
obéir et se soumettre à Aràs^bir, (6 o^) il adressa
1 Tr&daction doateu^ : AïtlttshîfA^AvAit poiiit DiiOiitiitlé de fkire
grâce , il eût fait grâce à Ardttvân meinf qu'à ibùt autres Aidavlb
périt dans la dernière bataille (Tabari, tr. Noeldeke, i4). H y a
sans doute une lacune dans le texte : «et [le monde] passa des
mains d'Ardavââ.t
* Jasnaf-fthâk. c^ajna^ULL»a., ou mwaxJiuimf, dst une coivup^
tion de Gushnnifi (^ arabe c* ti persan; j« pour J^ ; ^ omiê) , nom
propre fréquent sous la période Missaiûde) prtmilivetneiit nom da
feu sacré de la caste guerrière (van^hatt-àBpd, pehlYi ¥àsknasp,
gushnasp, gnskûsp: Zend Âveitat !« i55)> -^ Là préseaeo de ee nom
prouve le zoroastrisme de Ift dynastie de Tâbarittâiit et l*anti({uit6
relative du culte des îenx de caête.
B Farshvàd'gar ySù\y^^, FatÂvàd ù\y6^ est une eomiption
orthographique de Fadmkvàr, pSyûù^ (lire •> pouT^, ^ pour •>),
représentant le pehlvi Patash>^Kkiwâr, nom de la chaîne au sud du
Tabaristân (Bundahish, XU, 17). iH^ur là réduction de kkw y^ k
V 3 , cf. khvér ^\yL. , réduit à Vdr ^tj dans dkihvâr ^\yM .
508 MAI-JUIN 1894.
une lettre au chef des Herbeds ^ d'Ardashir, fils de Bâ-
bak , Tansar. Bahrâm Khonâd rapporte qu'on rap-
pelait Tannasar parce que le poU avait pousse si dm
sur tous ses membres que tout son corps ressemblait
à la tête d*un cheval^. Tansar, ayant lu la lettre du
roi de Tabaristân , lui répondit conune il suit.
I. Le Herbad des Herbads, Tansar, a reçu la lettre
de Jasnafshâh, prince du Tabaristân, du Farsh-
vâdgar, du Jilân , du Dîlmân , de Rûyân ^ et de Da-
mâvand. Il la lue, lui a envoyé ses salutations et se
prosterne devant lui. B a pris connaissance de ce
que cette lettre contient de sain et de mnlftaîn et en
a éprouvé de la joie. Bien que la vérité et Terreur
s y mêlent par moitié , il espère que ce qu'elle con-
tient de mauvais se changera pour le bien.
Tu bénis mon nom et tu me magnifies. Heureux
celui qui mérite les éloges d*un homme tel que toi,
dont la bénédiction est digne d'être exaucée I Sans
^ Herbed des Herbeds fj^tyft «>>^; titre donné ansti à Tamar
par le Dînkart (Hérpatân Hérpat : Zend-Awtta, III, p. xzxi, note i).
L'emploi actud de Herbed, comme prêtre du degré inférieur, est
relativement moderne (Ibid,, I, p. uy-ly),
' L'explication de Babrâm fait difficulté avec la lecture Tansar,
qui, se décomposant en tan corps et sar tête, laisse précisément en
dehors Tidée importante, celle des cheveux. Si l'on suppose que le
pehlvi tnsr A laissé tomber, comme il arrive souvent, une lettnT
répétée, on aura tnnsr, c'est-à-dire tan-van (tanu-vares6) «qui a
du poil sur tout le corps • , ce qui cadre avec le tmkdid de ^usieurs
passages [Tannasar) et avec l'étymologie de Bahrâm.
' Ràyàn, le Baoidkita du Zamyâd Yasht, s (leilo^&n-iMuid de
Rundahish, XII, 3, 7 (ZendrAvetta , II, 4i6, note s5).
^
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 509
doute que le Créateur te bénira plus encore que moi,
ô roi, fils de roi, et tu profiteras autant que moi-
même.
Tu dis que moi, Tansar, j occupais auprès dé ton
père une position considérable et qu'il suivait mes
conseUs dans les actes de son gouvernement. Il a
quitté ce monde et n a laissé près de ses deux fils
nul plus proche que moi. Il est bien vrai que ton
père (que son âme soit éternelle et sa mémoire à ja-
mais durable ! ) m'honorait et me respectait au delà de
mes mérites; il se soumettait tout entier à mes avis
et à mes conseils et laissait de côté ses autres fidèles;
et, s'il vivait encore, il se lèverait devant celui de-
vant qui tu restes assis et s'empresserait à ma ren-
contre. Mais puisque tu en es arrivé à me demander
conseil et m'as fait l'honneur de demander mon avis,
sache ceci : Tous les fils d'Adam savent ce qui est
de moi; sages ou ignorants, bourgeois ou gens de
rien , nul n'ignore que depuis cinquante ans je com-
mande à mes passions , que je m'abstiens rigoureu-
sement des joies du mariage et de l'amour, de l'ac-
quisition des richesses^ et du commerce des hommes,
* L'ascétisme est aussi contraire que possible à l'esprit du xo-
roastrisme; TAvesta dit en particidier: i L'homme qui a femme est
au-dessus de cdui qui vit dans la continence; Thomme qui a une
maison au-dessus de celui qui n'a pas de maison; l'homme qui a
un fils au-dessus de celui qui n'a pas de fils ; Thomme qui a de la
fortune au-dessus de cdui qui n'en a pas» (Vendidad, IV, ^7).
Aussi Tansar sent-il le besoin d'expliquer qu'il ne se livre pas à
l'ascétisme par amour de l'ascétisme même, mais pour des fins
pratiques. Selon Maçoodi (II, 160], Ardashir également finit par
renoncer au monde : til envisagea les misères de la vie, ses iUu-
510 MAIJDIN 18Q4.
et jamais je n*ai pris à cœur ce qu'il peut m*arriver
(le désirer. Je vis dans ce monde comme un prison-
nier, et cela afin que les peuples connaissent mon
esprit de vertu et de justice (8 b) et que, lorsqu'ils
me consultent sur les moyens de sauver leur âme et
de s abstenir du péché et que je leur donne la bonne
direction , ils ne s imaginent pas que je cherche à les
abuser dans la recherche d*un intérêt mondain et
qu'ils ne soupçonnent pas d'artifice. Car si j'ai re-
noncé, il y a si longtemps, à tout ce qu'aime le
monde et ai fait mon repos de ce qu'il déteste, c'est
pour que le jour où j appelle un homme à la voie
droite, aux bonnes œuvres, au salut, il m'écoute et
ne réponde pas à mes conseils par la révolte. C'est
ainsi que feu ton père , après ses quatre-vingt-dix ans
de vie et de règne sur le Tabaristftn, {Nrétait une
oreille soumise à mes paroles, et en cet ami par&it
il n y avait pas place au moindre soupçon. Sache
bien que cette façon de vivre et ces mœurs de moi
que je viens de t'exposer ne reposent pas sur des
principes de mon invention. Gomment aurais-je l'au-
dace de m'attaquer à la religion et d'interdire ce
quelle permet au sujet de la femme, du vin et des
jouissances chamelles? Car interdire ce qui est licite,
c est autant que permettre ce qui est défendu. Cette
conduite et cette règle viennent d'hommes qui furent
des chefs religieux , gens de bon sens , de science et
sions et son néant, etc . . . il préféra donc abdiquer Im royauté pour
vivre dans les temples du feu, et se consacrer, dans la retraite, à
l'adoration du Dieu unique. . . »
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 511
de vraie foi, comme un tel et im tel, élèves des
Maîtres et des Sages anciens, du temps et des jours
de Dârâ. Devant les maux qu'ils avaient vus causés
par ies sots et la canaille , devant tout ce qu'ils voyaient
et entendaient du peu d'égards et de considération
que les ignorants témoignent aux sages , ils préférèrent
s'isoler et renoncer à cette vie vide et à ces mœurs de
brute ^ Rougissant de voir marcher en dehors des
voies de la raison ceux qui étaient leiurs confidents et
associés — les hommes — ils brisèrent leur cœur,
et, se refusant à jouer plus longtemps avec les re-
nards , allèrent chercher la paix au milieu des pan^
thères. Ils dirent donc adieu au monde, renoncèrent
aux mille passions qui le suivent et, préférant la lutte
pour l'âme et pour l'éternité aux séances où l'on vide
la coupe des désirs vains, ils sacrifièrent leurs pas^
sions au salut de leur âme; car il est écrit dans la
Bible ^ : Fair les ignorants, cest se rapprocher de Dieu.
Homme par, sois généreux à V égard de deux hommes, car
[il nest au monde plus misérable queux :
Le plumier, cest le sage que le monde laisse misérable aux
[mains des ignorants;
L'autre, cest le roi que la mauvaise fortune précipite du trône
[dans la mendicité,
(9 a) Le Roi, prince du monde, sait que les sages
ont dit : On appelle grand roi celui qui s'intéresse plus
' Le développement qui commence à cette phrase, jusqu'à la fin
des vers, est évidemment une paraphrase due à la rhétorique du
traducteur arabe.
* Dans ia Thora (ose;>3)*
512 MAI-JUIN 1894.
uu bien de Tavenir quau temps présent, afin de mé^
riter un beau nom dans ce monde et une bonne
place dans 1 autre ^ Je t*écris tout cela sur mes affidres
pour que tu saches que quand un homme me de-
mande conseil, c'est autant que s il me conférait un
bienfait; et si mes avis portent fruit, j'en suis tout
joyeux, car cest là toute ma joie dans le monde, et
les rois de la terre, les puissants et les grands nont
pas d autre moyen de m'obliger ou de me rendre
heureux.
Ne sois pas surpris de ma passion pour le bien
du monde : elle n a clairement pour objet que de
consolider les lois et les principes de la vraie religion.
En troisième lieu , je sais bien que d'ici peu mon
âme nouera une amitié inaltérable avec celle des
ancêtres, et quand nous nous rencontrerons, quelle
joie de nous conter ce que nous avons fait! Le prince
et roi doit donc savoir que nos efforts pour aider les
peuples n'ont d'autre mobile que la générosité.
IL Quant à toi , ton devoir propre est de monter à
cheval et, prenant ta couronne et ton trône, de te
rendre à la cour du Shâhanshâh. Tu ne dois tenir
pour vraie couronne que celle qu'il te mettra sur la
tête, ni pour vraie royauté que celle qualité confiera.
Tu as déjà entendu raconter ce qu'il en a été de
ceux qui ont reçu de lui la couronne et le sceptre.
^ 0^)3 Lj«> i^b Jlj : répond à la formule du Yasna 62, 6
(cd. Geldner] : zazé buyé vaiihaûca mizhdé vanhâuca sravahi ura-
naéca dareghé havanhé.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 513
L un d eux était Qâbûs , roi de Kirmân ; obéissant et
soumis, il vint rendre hommage au seuil sublime
du Roi et obtint Thonneur de baiser le tapis inacces-
sible. Le Shâhanshâh dit alors aux Mobeds : « Nous
avions décidé de ne conférer le titre de Roi à aucune
créature dans le royaume de nos ancêtres. Mais voici
que Qâbûs est venu chercher asile auprès de nous ;
nous le confirmons dans le trône et la couronne. Et
de même nous n'enlèverons le titre de Roi à aucun
de ceux qui viendront nous offrir leur soumission et
resteront dans la grande voie de Tobéissance^ Nul
(autre), s'il n'appartient à notre maison, ne doit
prendre le titre de Roi, excepté les commandants de
marches^, du pays des Alains et des districts de
rOuest et du Khvârizm. Nous ne rendrons pas héré-
ditaire la dignité royale^, comme nous le faisons pour
les autres fonctions. Les princes royaux doivent ser-
vir à tour de rôle à notre cour sans avoir de fonction
déterminée ; car, s'ils prétendaient aux fonctions , ils
tomberaient dans les querelles, les luttes, les con-
flits, les intrigues, toute leur dignité se perdrait (96)
et ils seraient dégradés aux yeux de l'opinion. Qu'en
pensez- vous? Si vous approuvez ma façon de voir,
^ Le Roi des Rois (Shâhanshâh) laisse ie titre de Roi (Shah) aux
chefs des dynasties locales existantes qui le reconnaissent. On trou-
vera dans Ibn Khordadbeh la liste complète des princes auxquels
Ardashîr laissa le titre de Shah. Dans le nombre se trouve le titre
de Kirmân-Shâh.
* syÀ3 f-fl^p\. Les marzbân?
^ ^U;i>L^. Il s'agit sans doute des princes de la famille du Roi.
des Rois, non des dynasties locales.
m. 34
l)il-KI'4r.'tR IE*T|-> .AIR.
Ik
314 MAI-JUIN 18«4.
cxprinicz-lc; sinon, dites ce qu'il y a à faire. >
Comme l'initiation et l'accompliasement de cette ré-
forme étaient utiles et ssiutaires, eiie passa. Il ren-
voya chcj. lui Qâbûs. Je me suis étendu ainsi sur ce
point parce que le prince m'avait demandé de lui dire
un toute hâte ce qu'il y a à faire. Eli bien, il faut
piu-tir en toute hâte et vite te présenter à la cour,
afin d'éviter que l'on ne t'y mande, que tu ne sois
blâmé et frappé de la colère du Shâhanshâh , et que
tu n'aies â passer de l'obébsance volontaire à l'obéis-
sance forcée.
III. Tu m'as posé plusieurs questions sur les actes
politiques du Shâhanshâh, et tu m'as dît que les uns
sont lachcux et les autres contraires à la voie bonne.
J'y répondrai. Tu écris que le Shâhanshâh aspire &
rétablir la vraie foi des Anciens, mais qu'il faut en-
tendre par là l'abandon de la Loi \ et s'il est juste au
point de vue mondain, il ne l'est pas au point de
\Tie de la vraie Rdigion ^.
Or, il faut que tu saches qu'il y a deux sortes de
luis, la loi des Anciens et la loi des Modernes'. La
' 0 prétend rétablir la vraie foi dei anciens, ijU^Jjl ^~- • c'cat
une façon du 9C débairaaser de la loi rédlle, de la légion irmAi.
tionnelle , is/J-j* .
' Ce qu'il fait peut £tre bien an point de vne des întéréb oa de
la justice do monde , lawl; lf}lJ<;, il ne r«9l pa» au point dfl nwda
la religiou, ^^i .
'' La loi dans aa pureté primitive et la loi dei tempe pf^Mota , ce
que l'Aresla appdlc pooir/i tkaiihà et apai-t tiaiikâ [Z»nd'A**tta,
111, p. x.ux ul p. 197. note, ad 717). L'aparâ {kaiéabA Mt la U ^
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 515
loi des Anciens est la justice même; mais de nos
jours, on a tellement oblitéré la notion de justice,
qu appeler quelquun juste, c'est le traiter de sot,
d'original et d'obstiné ^ La loi des Modernes n'est
que violence : mais le peuple s'est fait une telle ha-
bitude de l'iniquité qu'il ne sait plus préférer la jus-
lice utile à ce qui lui nuit et se détourner de ce
dernier 2. Si bien que lorsque des modernes veulent
restaurer la justice , on leur crie : « Les temps sont
trop mauvais pour cela » , et c'est ainsi qu'il ne reste
souvenir ni trace de la justice. Et quand le Shâhan-
shâh veut supprimer quelque iniquité des Anciens •'*,
qui ne s'ajuste pas aux exigences du temps présent,
on lui dit : « C'est la coutume antique , c'est la règle
des Anciens ». Tu dois être convaincu que c'est un
devoir de travailler à abolir les traces de l'iniquité,
soit ancienne, soit moderne. Il est certain que l'ini-
quité, passée ou présente, est chose réprouvable,
qu'elle vienne des Anciens ou qu'elle vienne des
Modernes. Mais le Shâhanshâh actuel a pouvoir sur
la Religion et Dieu est son allié; et dans cette œuvre
de destruction et de changement de l'ordre de vio-
lence, je le vois mieux armé et orné de plus de ver-
tus que les Anciens. Tu reconnaîtras que sa loi
vaut mieux que les lois passées, (lo a) si tu t'inté-
fait du jour, telle que l'ont faite l'oubli et la corruption de l'ancienne
loi et les nécessités historiques.
^ C'est le traiter de t fossile •.
^ Texte et traduction douteux.
' L'œuvre d'Ardashir n'est donc pas , de l'aveu même de son théo-
ricien, une restauration pure et simple de l'ordre antique.
H.
510 MAI-JUIN 1894.
resses aux choses de la Religion et te refuses à toute
partialité en matière religieuse.
Tu sais qu'Alexandre brûla à Istakhar nos livres
sacrés, écrits sur douze mille peaux de boeufs II
en resta quelque chose dans la mémoire , mais encore
n était-ce tout que des légendes et des traditions 2; on
ne savait plus rien des lois religieuses et des ordon-
nances ; et enfin , par la corruption des hommes de
ce temps , par la disparition de la loi , pari e goût du
nouveau et de l apocryphe et la soif de la réputation,
ces légendes mêmes et ces traditions sortirent de la
mémoire populaire, au point qu'il n'en resta pas mi
élif d'authentique. Il fallait donc absolunàent un es-
prit droit et honnête pour faire revivre la Religion '.
Or, as-tu jamais entendu citer ou vu de tes yeux aucun
roi autre que le Shàhanshâh qui ait montré l'énergie
nécessaire pour cette œuvre? Vous savez qu'en même
temps que la Religion se perdait et disparaissait, se
perdait aussi la connaissance des généalogies, des
traditions et des biographies, qui étaient complète-
ment sorties de la mémoire des honmies (ces docu-
ments étaient écrits en partie dans les registres, en
partie sur les pierres et les murs) , jusqu'au point que
même les faits passés au temps de vos pères vous sont
sortis de mémoire. Gomment donc pourriez-vous
» Voir Arda Virâf, I; Shah Nâma Pehlvi.
^ civ.'^^'^ jo^Aî. Des légendes et des traditions comme celles
qui forment le fond des Yashts épiques et du Livre des Rois.
^ Apn^i toutes ces ruines, il s'agit moins de faire revivre la reli-
gion ([ue (h; la refaire.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 517
posséder Thistoire générale, la biographie particu-
lière des rois, et la science dune Religion qui doit
[pourtant] durer sans terme jusqu'à la fin du monde ?
Il est hors de doute que , même dans les temps an-
ciens , alors que les hommes possédaient une con-
naissance parfaite de la Religion et lui étaient ferme-
ment attachés, ils sentaient le besoin d'un roi puissant
et sage dans les conjonctures et les troubles qui
pouvaient survenir au milieu d eux; car si la Religion
n'est pas éclairée par la raison , elle est sans force.
IV. Sur ce que tu écris que le Shâhanshâh exige
des gens la profession d'un métier quelconque et la
courtoisie , sache que , d'après la Religion , les hommes
sont divisés en quatre classes ^ La chose est consignée
et expliquée en maints passages dans les livres sacrés,
d'une façon qui rend inutiles toute discussion et tout
commentaire, toute opposition, toute contestation.
Ces classes sont connues sous le nom des quatre
membres. La tète de ces membres est le Pâdishâh^.
Le premier membre est le Clergé et lui-même se di-
vise à son tour en plusieurs catégories : juges , prêtres ,
' L'Avesta connaît, en effet, quatre classes : prêtres (atharvan)y
guerriers (rathaésthar) , laboureurs (vâstryô fshuyâs) et artisans
(hutukhsh); Yasna, 19, 17; cf. Maçoudi , £itâ& al-tanblh, La classi-
fication de Tansar concorde avec celle de TAvesta pour les deux pre-
mières classes; mais sa troisième classe semble un démembrement
de la première; sa quatrième classe comprend les deux dernières de
l'Avesta , cultivateurs et gens de métier. Il y a peut-être là quelque
confusion du fait du traducteur.
* Cf. Shikan-Gamânlk , I.
518 MAI-JUIN 1804.
surveillants et instructeurs ^ Le deuxième comprend
les gens de guerre qui sont eui-mémes divisés en deux
classes, les cavaliers et les fantassins; chacune de
ces deux classes a son rang et ses fonctions propres.
Le troisième membre comprend les scribes, (106)
divisés eux-mêmes en plusieurs espèces : écrivains,
comptables, rédacteurs de jugements, de diplômes,
de contrats , biographes ; les médecins , les poètes et
les astrologues entrent aussi dans cette série. Le qua-
trième membre se compose des gens de service. Sous
ce nom on comprend les marchands, les crdtivateurs ,
les négociants et tous les autres corps de métier.
Cette répartition des hommes en quatre classes est
pour le monde une garantie diu*able de bon ordre.
' I*IX^, ùl^^, Ajjk^w, (fjULxj*. Ces quatre termes arabes cachent
les quatre termes de la hiérarchie sacerdotide, tdlo que la donne
le Yasna pehlvi (voir Zeml-Avesia, I, 3o ss.). Ces quatre termes
sont en pehlvi :
Dâtôbar, ^^\ù, juge;
Magûpat, Oo^, prêtre:
Bat [pyXjué^), chef de communauté, prêtre en chef d'un temple
du feu;
Magû-andarzpal, instructeur des prêtres.
Trois des termes arabes , les deux premiers et le dernier, répondent
sans difficulté aux termes pehlvis :
a5Lw, juge, dont ^IXi^L est le pluriel, répond à dàtôhar ^\ù^
zend tkaêsha;
iXiàtj religieux, dont «>Ldj est le pluriel, répond à magàpat
«X3^, zend môghn (ou atharvan)\
Axa, instructeur, répond à magâ- andarzpat , l'instructeur des
mages (z. aôthryapaitl?).
n suit de là que iGo^w doit répondre à rat (z. rata). G*est le plu-
riel [sSo^) de ij^Ltt, surveillant d'un temple.
k
^
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 519
Le passage d une caste à Tautre est interdit , sauf le cas
où lun de nous montre un talent particulier. Alors
on porte le cas devant le roi. Après une épreuve et
une enquête prolongée faite par les Mobeds et les
Herbeds, s'ils reconnaissent le mérite du candidat,
ils le transfèrent dans une autre caste i. Mais lorsque le
cours des temps amena la corruption de lautorité
royale , qui devint impuissante pour le bien public ,
les hommes aspirèrent à des choses auxquelles ils
n avaient pas droit. Ils perdirent les mœurs, aban-
donnèrent la loi, rejetèrent la prudence, et s'enga-
gèrent aveuglément dans des voies sans issue. La vio-
lence se donna carrière : chacun fondit ; sur . son
voisin sans considération pour son rang, jusqu'à ce
que tout bien-être et toute religion fussent entière-
ment anéantis. Sous une forme himiaine les hommes
se conduisirent en démons, comme il est dit dans le
noble Coran : Les démons, hommes et Djins, murmu-
rent Vun à Vautre^,
On secoua le voile de l'honneur et de la politesse
Il parut des gens sans noblesse et sans fonction , sans
propriété héréditaire, sans souci de l'origine, sans
métier ni art , affranchis de toute préoccupation , sans
profession aucune , propres seulement à la délation ,
à la méchanceté , à la fabrication des mensonges et des
calomnies, et de tout cela se faisant un moyen d'exis-
^ Le parsisme moderne est moins libérd : on ne peut plus entrer
par le mérite dans la caste sacerdotale; pour être Mobed, il faut
naître Mobed ; on ne le devient plus.
' Sourate 6, verset 112.
EtSO MAI-JUIN 1894.
tcnce , un marchepied pour s'élever et conquérir la
richesse. Le Shâhanshâh, par sa pure intdligence et
la vertu de son génie, a reconstitué ces membres
disjoints. Il a remis chacun à aa place distincte, l'a
fait redescendre h son rang et a arrangé qae personne
n'exercerait un autre métier que cdui pour lequel
Dieu l'avait créé. Par ses mains la Providence divine
a ouvert aux habitants de ce monde une porte incon-
nue même aux âges antiques. Il fixa chacun dans
l'une ou l'autre de ces quatre classes { i i a) et établit
que s'il se rencontrait parmi les gens de service un
homme qui se fit connaître par une dévotion éprou-
vée , ou par la force et le courage , ou par le mérite ,
l'honneur et l'intelligence , ils l'en instruisissent afin
qu'il prit une décision sur ce cas.
V. Quant à ce qui paraît excessif à tes yeux dans les
peines qu'inflige le ShAhansh&h et dans la prodigalité
avec laquelle il verse le sang de ceux qui agissent
contrairement ii ses vues ou à ses ordres, sache bien
que les anciens avaient la main plus courte que lui ',
parce que la désobéissance et l'abandon des bonnes
mœurs n'étaient point dans le caractère du peuple.
Chacun ne s'occupait que de son bien et de ses afi^res
personnelles et ne se fatiguait pas à des desseins per-
vers et à se révolter contre les rois.Quand la corruption
s'accrut, que les hommes s'alTranchirent de toute
obéissance à la religion et aux ordres rationnas des
' Allongeaient moins la mtdn pour attûodre le vui, éUicnt phu
imiulgcnls.
â
{ LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 521
rois et que tout respect disparut, Thonneur d'un tel
pays ne pouvait plus être restauré sans verser le sang.
[^ Peut-être as-tu entendu ce mol dun homme de
bien dans des temps pareils : Nous ne savions pas
jadis, mais nous savons à présent que la chasteté, la
pudeur, le contentement, la fidélité dans Tamitié,
les bons conseils et la piété reposent sur labsence
de toute convoitise; et comme en ce temps la con-
voitise s'étalait au plein jour, toute bienséance dis-
parut parmi nous. Nos proches devinrent nos ennemis ;
celui qui obéissait exigea lobéissance; le serviteur
voulut être maître. Les gens du peuple, semblables
<\ des démons dont on relâcherait les liens, aban-
donnèrent leurs travaux et se dispersèrent dans les
villes pour pratiquer le vol, Témeute, 1 escroquerie
et autres métiers infâmes. Les choses en vinrent enfin
à ce point que les serviteurs se révoltèrent contre
leurs maîtres et les femmes contre leurs maris. Cet
homme énuméra d autres faits de ce genre et ajouta :
Plus de parenté , plus de bons conseils , plus de loi et
de bienséance.]
Tu comprends maintenant comment les ordres
donnés par le roi que chacun s'occupe de son métier
et ne se mêle point des affaires des autres ont pour
effet d'établir la stabilité dans le monde et d'assurer
la bonne marche des aflFaires publiques. C'est la
pluie qui ranime la terre, le soleil qui la conforte,
le vent qui accroît son souffle, (i i t) S'il verse le sang
* Ici commence une interpolation du traducteur arabe.
9iS MAI-JniN 1S94.
(le pareilles gens avec une prodigalité dont on ne
voit pas le terme , nous savons , nous , que c'est la vie
et le bonheur de l'avenir ; de toute façon , TÉlat et la
Religion en seront plus solidement affermis et gardés
de l'anarchie et de la décadence. Hus il prendra des
mesures rigoureuses pour que tous les membres de
ce corps se meuvent chacun dans son cercle original ,
plus îi sera digne d'éloges. ^Ajoutez qu'il a institué
un chef pour chacune des classes ^ ; après ce chef vient
un contrôleur chargé du recensement de cette classe;
puis un inspecteur digne de confiance qui doit re-
chercher les revenus de chaque individu, enfin un
instructeur pour instruire chacun dèsl'en&nce dans
un métier ou une science et le mettre en état de
gagner tranquillement sa vie. Ces instnicteors , ces
juges, ces surveillants', chargés de l'enseignement,
reçoivent des appointements fixes. Il a institué aussi
un instructeur de cavalerie *, chargé d'dler dans les
villes et les campagnes pour y initier les gens de
guerre au métier des armes et aux différentes disci-
' I) semble que cette fm de pnragrapbe soit tranipcnje du clit'
pitre rV où clic serait mieux à sa place et qu'dle eontiinis natuid-
Icmcnt
' Un chef, j-«Jj; un conbôleiu', ^j^^\ on inipedttir, J^^i*-
un instructeur, i>ju. Nous ne connaissons l'éqairahnt îndîgine qno
pour le dernier terme (onifarzpal]. Le premier terme est letiu doote
' Nous revenons à l'organisation décrite au chapitn IV,
* Fonctionnaire cit& dans le Kirnimûk d'Ardaihir loiu le non
Anilar:pali aspvârakân [Ir. Nœldcko, p. 63 , n° 3), eo que les chro-
niques arabes rendent maaddib al-aiâtira {ibid., et. Ztiki-Avsita, 1,
3i).
n
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 523
plines de leur profession. Ainsi, tous les habitants du
royaume s'occuperont de leurs affaires, [car les sages
ont dit : « Un cœur vide cherche le mal et la main
oisive est impatiente du péché »', c est-à-dire qu'un
cœur inoccupé et oisif est toujours à la recherche
des intrigues et des vaines rumeurs , et de là naissent
les troubles, et une main qui nest pas au travail
est inquiète 2.]
Tu dis que Ton parie beaucoup de ces effusions
de sang et que Ions en effraye^. Je te répondrai qu'il
y a beaucoup de rois qui sont prodigues de sang tout
en n'en versant que quelques gouttes ; ils ne mettent
à mort que dix personnes et c'est trop encore. Et il
y en a d'autres qui tuent des milliers d'hommes, et
qui devraient en tuer davantage , parce que la chose
est nécessitée par le temps et les hommes; il y en a
beaucoup qui mériteraient la mort et à qui pourtant
le Shâhanshâh fait grâce. La clémence et la douceur
de ce roi dépassent de beaucoup celles de Bahman
et d'Isfandyâr *, sur la bonté desquels toutes les nations
anciennes sont d'accord. Je te dirai que la rareté des
supplices et des exécutions dans les anciens temps et
leur grand nombre dans le temps présent tiennent au
peuple et non pas au roi.
Sache qu'il y a châtiment pour trois sortes de
' Addition du traducteur arabe.
* Paraphrase du proverbe arabe par le traducteur persan.
' Ici reprend le sujet véritable de ce chapitre , dont ie développe-'
ment a été interrompu par les interpolations des traducteurs et par
une transposition du chapitre précédent.
* Peut-être faut-il lire «Bahman, fils dTsfandyâr».
524 MAI-JUIN 1804.
fautes. La première faute est cdle de la créature
contre le Seigneur (exalté soit son noml), lors-
qu elle se détourne de la religion et innove dans la
religion. La seconde est celle du sujet contre le
roi, quand le sujet sHnsurge, se révolte ou trahit. La
troisième est celle du prochain contre le prochain,
cpiand lun opprime lautre. Or, le Shâhanshâh a insti-
tué pour ces trois cas des règles bien meilleures que
celles des Anciens. Car au temps des Anciens on
mettait à mort sans délai quiconque s'écartait de la
religion, tandis que le Shâhanshâh a ordonné que
Ion tienne le coupable en prison et que pendant toute
une année des clercs le catéchisent sans interruption,
lui prodiguent les conseils , lui exposent des arguments
et dissipent ses doutes. S'il se repent et confesse son
erreur, on le met en liberté ; si Tobstination et l'or-
gueil le retiennent dans Tinfidélité, on le met à mort^
Pour ce qui est du second cas, autrefob on n'épar-
gnait jamais ceux qui s'étaient révoltés contre le roi
ou avaient pris la fuite dans la bataille. Le Shâhan-
shâh a ordonné qu'on n'exécute qu'une partie pour
intimider les autres et leur servir d'exemple : on
laissera vivre ceux-là pour leur faire espérer le par-
don et les tenir suspendus entre la terreur et l'espoir,
mesure excellente pour le bon gouvernement. Quant
au troisième cas , les lois qui régissaient antérieure-
ment la matière étaient les suivantes : on frappait
celui qui avait frappé, on blessait celui qui avait
^ Première apparition de l'inquisition. — Cf. Yama, 3i, i,
note 2.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 525
blessé ; on appliquait cette loi de talion au brigand
et au voleur; et de même pour ladultère, il ordonna
à la fois la mutilation et l'amende , de sorte que le
coupable souffrît et que la victime en retirât profit.
Au contraire , quand on coupe la main à un voleur,
cette peine ne rapporte rien à qui que ce soit et porte
un préjudice criant à l'intérêt général; le brigand
payera quatre fois autant que le voleur ^. On coupera
le nez à Tadultère , on ne lui infligera aucune muti-
lation qui affaiblisse une force , de sorte que le coupable
sera flétri sans que le travail en souffre.
H ordonna dlnsérer ces prescriptions dans le livre
des lois et ajouta : « Nous avons trouvé le monde divisé
en trois classes et pour chacune d'elles nous avons
agréé un genre de politique. La première, peu nom-
breuse, comprend Télite et les gens de bien : nous les
traitons par Tamitié pure. La deuxième classe, qui est
nombreuse , est celle des pervers et des séditieux : nous
les traitons par la crainte pure. (12 b) La troisième
classe, qui est innombrable, est un peuple compo-
site : la politique à suivre à son égard tiendra le mi-
lieu entre la bienveiflance et la terreur : ni trop de
confiance, qui lenhardirait; ni trop de sévérité, qui
l'effaroucherait. Parfois , il faudra mettre à mort pour
une faute qui appelle et mérite le pardon : d'autres
fois on pardonnera des méfaits qui méritent la mort.
Ayant reconnu que la législation des Anciens n'avait
point de réparation pour ceux qui avaient subi
' Brigand et voleur; l'un prend ouvertement par force, l'autre
en secret : c'est la diflereucede hatanha et tâyuJi (cf. Yastia, 1 2 » 2).
b±^ MAI-JUIX 1894.
i inliL^ùcr: cl portait iin ^rave préjudice à la société
i{ii ^ lI^' irappait dani le nombre et dans la force ^^ nous
jv . [15 rtjhli cette loi à appliquer après nous et avons
•ionnr: cet ordre am ju^es que. si les criminds con-
• ijoin»^:; d la réparation pécuniaire, après s'être
ciC({uittr:?. retombaient dans leur crime, on leur cou-
perait le^ oreilles et le nez, sans qu'ils puissent pré-
tr.iidrc a un nouveau pardon. ■
Mu. Tu ecrb au sujet des innovations que le
Slic'ihan'^hàh a introduites dans la législation concer-
luiiit ia tamille. les rangs et la hiérarchie, que la
^tinili'.- rjt la hir-rarcliie sociale sont conune les piliers,
les appuis et les colonnes, et que si les fondements
\iennent à manquer, ia maison s'ébranle et s'écroule.
^ache qu^' la ruine de la famUle et de la hiérarchie
?e fait de deux laçons. Tantôt ce sont les hommes
qui iiiint-nt une maison et transfèrent ailleurs le
rang: tantôt c'est ia seule action du temps qui, sans
tjtfort des étrangers, lui enlève sa considération, sa
valeur, sa gloire et sa puissance. Des générations in-
dignes apparaissent . s'imprègnent de mœurs ignobles,
oublient la dignité de leur rang et perdent tout prix
aux yeux du peuple. Tout comme les gens de métier,
elles s'occupent à accpiérir du bien et ne songent pas
à amasser un trésor de bon renom. Elles s'unissent
avec la basse classe et non plus avec leurs égaux, et
de ces unions sortent des vilains qui ensevelissent la
1 En sapprimant les coupables ou les rendant incapaUea de
travail.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 527
dignité de la famille. Le Shâhanshâh, pour relever
et remettre en honneur Taristocratie , a promulgué un
règlement dont je n'ai pas entendu dire qu'homme ait
Jamais édicté le semblable; il consiste à établir une
distinction visible et générde entre la basse classe et
les nobles. Il établit des différences dans la monture,
le vêtement, Thabitation, les jardins, les femmes et
le domestique, et, parmi les nobles eux-mêmes, il
établit des différences. «Jai interdit, dît-il, quun
homme de race épouse une femme de basse classe ,
afin de préserver la pureté du sang : celui qui le fera
sera déchu du droit d'héritage. » (i3 a) Il défendit
aussi aux gens du peuple indépendants d'acheter les
biens de la noblesse. Et, en cela, il rendit service au
bien général en faisant que la place et le rang de
chacun restât fixé , et il les enregistra dans les livres
et les archives.
[Je te citerai à ce propos V histoire du coffre. Il y avait
autrefois an grand roi qui, dans un accès de colère contre
ses femmes, leur dit: « Je vous montrerai que je puis me
passer de vous. » // commanda un coffre et y laissa tom-
ber une goutte de sperme. Uune de ces femmes recueillit
en elle cette goutte et il en naquit un enfant. On pré-
tendit que la mère était la reine et que le père était le
coffre^.
^ On ne voit pas clairement le rapport de cette histoire bizarre
avec le développement à l'appui duqud die est donnéeCOn voit,
par le passage qui suit, qu'il s'agit de la nécessité de maintenir la
pureté de la race en empêchant le mdange des classes. — L'his-
toire en dle-méme rentre dans un ensemble de contes représentés
surtout dans l'Inde (Vasishtha, conçu de Mitra -Varuna dans le
J2S MAI-JCIN 1894.
On rofpctric aussi dans la Bible des Juifs et dans
l'Etûnqile des Chirtiens qa'après Noé [sur lai soit le
<alut ' le< hommes se maltipUèrent et qail ne resta pas
an emftan de terre inhabitée. Les Béni Elohim se mêlè-
rent aiur enfants des hommes. De là sortirent les Géants^:
>r bien que Dieu [exalté soit son nom!) jeta les yeax
sur eux . et lÀci que les rangs étaient tombés dans an
dt-yordre que l'un ne peut imaginer. Dieu ordonna de punir
par la mort, la spoliation ou l'exil quiconque s'écarteraà
de la loi propre à sa place et son rang^ et il dit : • Jai
trrit cette histoire à ïusage des rws à venir» Peat-étre ne
^aurunt-ils pas tenir ferme la Religion : ils n'auront qu'à
lire mon Livre et agir en conséquence. >
VII. Sois absolument con>'amcu que le Roi est
M la Règle « au milieu de ses sujets et de son année;
quil est le suprême ornement au jour de fête, et au
jour de crainte la forteresse, Tasile, la protection
contre lennemi. Tu dis que le Shâhanshâh a perdu
tout respect de la religion et de la loi : sache que le
Shàlianshàh a trouvé les lois religieuses corrompues
ou abolies et Tesprit d'innovation et d*hérésie en hon-
neur et en vigueur chez les peuples. Il a institué des
suneillants à cet effet que lorsqu'un homme meurt
en laissant des biens après lui, on avise les Mobeds,
littmbha, d'après ie Rig Veda: Agastya dit kumbha-sambhâva. Va-
riante atténuée : Fradhâkhshti Khumbya, élevé dans la cruche,
Bundaliish., 29, 5; origine des Afghans Kaiiânai, KilidiÀfghani,
i85).
* Genhe, VI.
LETTRE DE TANSAR|AU ROI DEJTABARISTAN. 529
qui partagent ces biens entre les héritiers d après la
loi des testaments ^ Si le défunt ne laisse pas de for^
tune, ils ont à s'occuper de ses funérailles et du
sort de ses enfants. Seulement, le prince a prescrit
que les substituts des princes royaux soient aussi
des princes royaux et que les substituts de nobles
soient des nobles. Il n y a rien là de réprouvable ni
d'étonnant, ni selon la loi religieuse ni selon la
raison.
[ Voici le sens da mot « Abdâl » dans leur secte. ( i 3 /» )
Lorsqu'un homme mourait sans enfants , s'il laissait
une femme, on la donnait en mariage à l'un des parents
du défunt, celui qui était le plus proche ou quil aimait le
plus '^. De même s'il ne laissait qu'une fille. S'il ne laissait
* Cette loi se retrouvera sans doute dans le vieux Code pchlvi
découvert par Tahmuras D. Anklesaria et dont il a lithographie
un spécimen en 1887.
^ Les Rivâyats concordent avec ce passage. Si un homme marié
meurt sans enfants, la moitié des enfants que âa veuve remariée
peut avoir lui appartiennent, et, dans l'autre monde, elle lui ap-
partient : elle est dite cahar zan, femme servante. S'il meurt sans
avoir été marié, ses parents dotent et marient une jeune lille en
son nom : la moitié des enfants qu'elle a appartiennent au mort;
et elle-même lui appartient dans l'autre monde : elle est dite alors
satar zan, femme d'adoption (cf. West, Pahlavi Texls, I, i^3,
note; PaXet Irâni, S i5, dans le Zend-Avesta, Uli 174). Moiï ami,
M. Sylvain Lévi, me signale une page de l'Inde d'Albîrûnî, où ce
passage , qu'Albîrûnî a lu sans doute dans le texte d'ibn al-Moqaffa',
se trouve analysé. Voici le passage d'Albîrûnî, dans la traduction
de Sachau, I, 109-110 : [à propos du Nikâh-elmakt (= matrimo-
nium exosum) des Arabes]. There was à similar institution among
the Magians. In the book of Tausar (sic : TAUSAR) the great
herbadh , addressed to Padashvâr-girshâh , as an answer to his at
tacks on Ardashîr the son of Bâbak, we find a description of the
institution of a man's being married as the substitute for another
III. 35
lVrKI)l«BIE KATIOJXLB,
530 MAI-JUIN 1894.
ni femme, nijUle, on choisissait ane femme parmi les
cscLivcs da défont et on la coi^ù à l'un de ses plus
pi-ochcs parents : les enfants qai naissaient de là deve-
naient légataires aa nom da défanL Quiconque contre-
venait à ces dispositions était mis à mort^f et l'on disait :
Il faut que cet homme se reproduise jusqu'à la fin des
temps '^. La Bible des Juifs veut également que le frère
épouse la femme de son frère défunt et perpétue ainsi sa
race^. Les Chrétiens n'en usent pas de même].
VIU. Tu rappelles que le Shâhanshâh a fait en
lever et éteindre le feu des pyrées et les a abolis et que
jamais nul n a eu pareille audace en matière reli-
gieuse. La chose n est point si grave que tu penses et
man, which existed among the Penians. If ■ man die» withoat
lca> ing malc oiFspring , people are to examine the caie. If he leavos
a M'ife, they marry her to his neareat relative. If he doea not leavc
a wife, they marry his daaghter or the nearest idated woman to
the nearest related maie of the family. If there is no woman of his
family left, they woo by mcans of the money of the deceesed a
woman for his [no] family and marry her to tome mide nintive.
Tlie child of sach a marriage is considered as the oflEqning of the
duceased. Whoever neg^ects this duty and does not fîdfili it kiUs
innumerable soûls, since he cats off the progenyud the ntme of
the deceased to aU etemity.
^ n s'agit sans doute du plus proche parent refusant d'aœomplir
le satar : cf. Patei Irâni, S i5.
* L'homme qui ne laisse pas d'en&nts mides apfèi lui ne pas-
sera pas le Pont du Paradis, qudques bonnes cBavres qu'U ait lais-
sées derrière lui, et les Amshaspands lui diront : cAiHu produit
dans le monde là-bas un remplaçant pour toi?t (Yasna* 63, 5,
note 19). — Aujourd'hui encore, c un fils adoptif» se dit en Perse
àkkirai'oglu, biaâkhirat, ifils de l'autre monde •.
' Le lé\irat.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 531
tu es mal informé. Après Darius, les « Rois de pro*
vinces » instituèrent chaoun un pyrée à leur usage
personnel : or c'était là une innovation contraire aux
ordres des anciens rois^
I
VI b. Tu me rappelles aussi que le Shâhan^hâh
a interdit aux honunes ime vie trop large et des
dépenses exagérées. Il a là-dessus établi trois états et
son but a été de mettre ainsi une distinction entre
ses sujets pour qu on reconnût chaque classe à son
équipage. Tout d abord il distingue les nobles des
gens de métier et de service par la splendeur de leurs
montures , de leurs vêtements et de leur armement*
A leurs femmes, les robes de soie, les castels élevés,
les bottines , les caleçons , le chapeau , la chasse et les
autres exercices des grands. Quant aux gens de guerre ,
le Shâhan&hâh leur confère un rang honoré et toutes
sortes de faveurs ; et comme ils sacrifient sans cesse
leur vie, leurs biens et leur famille à la caste popu-
laire et à son bien-être, qu'ils sont à combattre les
ennemis du pays pendant que les gens du peuple , dans
le repos, Taisance et la sécurité, restent tranquille-
ment à leur foyer avec leur femme et leurs enfants, il
est juste, en retour, que les gens de service et les
* L'unité de l'empire suppose l'unité du feu royal. Le feu royal
était leNûr dirakhshân de Shîs où les rois, à leur avènement, se
rendaient à pied en pèlerinage (Ibn Khordâdbeh), — La question
s'est posée sous une forme plus humble à Bombay, entre les deux
dastûrs de la sedterasmie, l'un contestant à l'autre le droit d'inau-
gurer un second temple du feu Bahrâm , car le feu Bahrâm étant
le feu du pays , il ne peut y en avoir qu'un seul.
35.
532 MAI JUIN 1804.
artisans les saluent, s^indinent devant eux, leur
rqndcnt hommage et, en général, (i& a) témoignent
une grande déférence à Tégard des gens de guerre et
des nobles.
iX. Pour ce que tu m'écris que le Shâhansbâh
a institué un corps d espions pour surveiller ses sujets
et que cette mesure a provoqué Tépouvante et la stu*
péfaction parmi tout le peuple, sache que les gens
pieux et honnêtes n ont rien à redouter; car le Roi
ne peut commettre comme « yeux • et policiers que
des hommes honnêtes, soumis, pieux, fidèles, in-
struits, pratiquants, dévots et vertueux, de sorte
qu ils ne rapportent rien au roi qm ne soit bien
prouvé et certain. Si tu es comme il faut et obéissant,
et que ces agents fassent de toi un rapport exact au
souverain, tu dois ten réjouir, car ils en rendront
un témoignage sincère et la bonté du prince à ton
égard s en accroîtra. Dans le Testament qu*U a écrit
à ce sujet, le Shâhansbâh dit expressément ceci :
« L'ignorance où est un roi de ce qui se passe parmi
son peuple est une porte ouverte au mal. Seulement,
il faut que le roi prenne bien garde d*écouter les
gens peu honorables et peu sûrs. Il ne doit pas en- -
trer dans cette voie et dire qu'il ne fait quimiter
^ cr^ti^y^ c'est-à-dire andarz, n'est pas nécessairement nn testa-
ment de mourant : c'est une recommandation, un conseU. Cepen-
dant il faut rappder que Maçoudi (II, 163) cite un testament écrit
par Ardashîr pour son fils Sapor, au moment où il abdiquait pour
lui. Si le Vaçiat de notre lettre est le même, tout ce passage sera
étranger a la lettre de Tansar.
*
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 533
Ardashîr. Car moi, j*ai trouvé le siècle désorganisé,
la religion troublée, lautorité royale ébranlée, les
hommes libres et les gens de bien sans pouvoir.
Mes confidents à moi sont des gens de bien. A Dieu
ne plaise que les rois donnent aux méchants assez
de pouvoir pour faire parvenir par l'entremise de ces
agents leurs délations à loreille du prince ! Autrement
(Dieu nous en préserve!) s'ils leur donnent accès, il
n'y a plus repos ni tranquillité pour les sujets, dont
l'obéissance et les services resteraient désormais sans
profit , sans rien à espérer ni à attendre. Lorsque les
affaires d'un Etat marchent ainsi, la révolution éclate
bien vite et l'on taxe le souverain de faiblesse d'esprit
et d'impuissance. »
X a. Que le Roi, fils de Roi, ne s'imagine pas
que le Shàhanshâh a établi cette chose ^ au hasard et
sur de vaines raisons ; qu'en voyant son héritier pré-
somptif il se dit : « Cet homme attend ma mort », et
que cette pensée refroidit son amitié et son affection.
Comme la désignation d'un successeur est un mau-
vais garant des intérêts et du roi et des sujets « mieux
vaut que Ton ignore qui il sera. Il se peut aussi que,
s'il est connu, les ennemis ourdissent des complots
et que les rebelles, démons et hommes, fassent
venir le mal sur lui. Sois bien convaincu que l'homme
* A établi qu'il n'y aurait pas d'héritier désigné. Le dévdoppe-
ment qui commence ici ex abrupto et viendrait mieux après le cha-
pitre II est interrompu au bout de quelques lignes par une longue
dissertation sur le nom des Iraniens et reprend page 553 (chap. \ b).
534 MAI-JUIN 1894.
(jiiî est en vue est exposé à périr, [ih h) étant plein
de lui-même et sans amabUité. C'est pour cela qu'on
nous a appelés les Modestes^. Dans les livres, chez
les modernes comme chez les anciens , entre toutes les
dénominations qu'on nous donne , c'était là la plus
belle et c'est la plus chère , tant que nous nous sommes
comportés de façon h. la justifier. Ce nom nous rap-
pelle , nous conseille et nous prêche notre devoir ; c'est
ce nom qui , chez nous , assure l'honneur, la considé-
ration , la gloire et la dignité ; tandis que l'humUia-
tion et la terreur sont attachés à l'orgueil et à la su-
perbe^. Du temps des anciens comme des modernes,
nous sommes toujours restés fidèles à cette pensée, &
cette direction morale. Nous n'éprouvions des rois
que bonté et bienveillance et ceux-ci à leur tour
trouvaient chez nous obéissance et affection. Aussi ,
en paix et en repos, nous étions l'envie du monde
entier; nous étions les souverains des sept climats, au
point que si l'un de nous circulait dans les sept
Kcshvars, il n'y avait créature qui osât, par crainte
de nos rois, jeter sur lui un regard irrespectueux*.
[Nous vécûmes ainsi jusqu'à l'époque de Dârfl, fils
^ ^^ffsuslà^; traduction de Âijya (parsi ^r], qui est le nom etli-
nique des Iraniens ( Yasht, VIQ, 6). La vertu de Yairya, de l'homme
pieux, modeste, soumis, est divinisée dans 4riviaî£ij et le dé&ut
contraire est personnifié dans le démon de l'insolence, Tarômaiti
(voir Zend-Avesia, I, 2\), Se rappeler que orya est le positif de
àpi(/76s. Cf. p. 546.
* Voir la note précédente.
' n est clair que le développement suivant n'appartient pas à la
lettre de Tansar.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 535
de Cihrâzâd^ Il n'y eut jamais au monde souverain
plus savant, plus sage et de plus beau caractère.
Tous les rois, depuis la Chine jusqu'à l'occident de
r Empire grec, étaient ses humbles esclaves et lui
envoyaient le tribut et des présents et des troupes»
On lui donnait le surnom de Toghûlshâh^. Toutes
les infortunes et les calamités qui lont assailli, lui,
son fils Dârâ et leur peuple jusqu'à ce jour, tiennent
à ceci :
Quand Dârâ, au sortir da berceaa et des langes y ap-
procha l'heure de joie royale , devant lai s ouvrirent
toutes les portes de la faveur, toutes les ressources de
raffection paternelle; on confia à des serviteurs le soin
(le son éducation y on lai donna des lieutenants, de sorte
qu'en ouvrant les yeux il se vit porte-couronne et souve-
rain. Il s'imagina que la royauté ne vient pas de Dieu,
mais de la seule personnalité da roi. Il ne tint pas compte
de ses devoirs nouveaux et se dit à lui-'niéme :
« De père en fils la royauté est à moi; le soleil et l'épi,
l'oiseau et le poisson, tout est à moi. »
Il y avait parmi ses pages un jeune garçon nommé
Pari dont il fit son ami intimé. Il étaif'de tous ses re-
pas, et tous deux burent jusqu'à l'ivresse à la coupe de
l'orgueil. Le roi avait an secrétaire blanchi sous le
' Le Bis de Bahman dirâz-dast et de Humai cihrâzâd (Bnnda-
hish, 34 , 8).
^ $l&Jyk3. Je ne sais que faire de ce nom de Tùghûl, Est-ce un
nom d'homme ou un nom de pays } On ne peut songer à Togknd
(|iii est JyiJa et qui est turc, à moins que la ligne ne soit une ad*
(lition malheureuse du traducteur persan. Y a-t-ii eu un prince turc
an xii*' siècle ou avant, portant les deux noms de JJ^ et de t^li>?
536 MÂl-JUIN 1894.
harnais, éprouvé à son service et bien en cour^ (i5 «)
homme sage, éloquent, d'un jugement solide, pieux,
sûr, de bonne mine et de belles mœurs, de noble ca-
ractère et d'an heureux naturel. Il s'appelait Rastin.
Ce Pari convoitait sa place et désirait s'en emparer.
Pour arriver au but désiré, il lança le coursier de l'em-
pressement, mit sur son épaule le mantecm de la satire
et de la critique et tira du fourreau le glaive de la
rancune pour conquérir ce poste. Il était lieutenant de
Toghulshâh. Quand les chjoses en arrivèrent aux extré-
mités, et comme Pari ne cessait pas ses emportements et
perdait toute patience à attendre , Ra>stin s'enaUa un jour
chez le Shâhanshâh et lui demanda une audience secrète.
A cette époque, on n'osait dire aux rois la vérité pure
et simple et on exposait sa pensée par voie d'apologue
et d'histoires. Rastîn s'exprima ainsi :
Que le bonheur accompagne le roi des rois jusqu'à
la fin des siècles! [Fable) ^.
fai entendu conter qu'une fois, dans certaines Ues,
il y avait une cité prospère, pacifique etfiorissante. Cette
cité avait un roi qui avait reçu le pouvoir de ses ancêtres.
Dans les environs de cette cité une troupe de singes avait
élu domicile, et ces singes passaient également leur vie
dans la quiétude, V aisance et la tranquillité. Ils possé-
daient un roi respecté, dont ils écoutaient les conseils et
^ La fable qui suit est évidemment une addition d'Ibn ei Mo-
qaiFa", le traducteur arabe de Kalîla et Dimna. Elle se retrouve
dans l'original sanscrit (Pancatantra) et, bien qu'elle manque dans
le Kalila syria({ue, a dû appartenir au Kalîla peblvi dont le Kalîla
d'Ibn cl Moqaffa' est traduit. Le texte arabe publié par Sacv ne
le contient pas; mais on sait que ce texte est incomplet.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 537
suivaient la direction, et ils n osaient souffler sans un
signe de lai. Un certain jour, il les convoqua en assem^
blée, et lorsqu'ils furent réunis, il leur dit : a 11 nous
faut quitter ce pays et émigrer en autre lieu. » Les singes
lai dirent : « Il faut nous dire les raisons de cette dou-
loureuse nécessité et nous justifier l'opportunité de cette
résolution, afin qu'il y ait consentement unanime. Si
cette mesure semble nécessaire et utile, on ne ^s'y sous-
traira pas. » // répondit: « Je n'entends pas vous expliquer
r opportunité de cette mesure , carcecampementvous agrée,
ce pays est vaste et charmant et abonde en agréments ,
et je sais bien que si je vous fais part de ce que je sais,
cela ne sera d'aucun poids à vos yeux et n'agira pas
sur votre esprit Mais puisque vous reconnaissez mon
mérite, ma sagesse, ma supériorité intellectuelle, (i5 6)
écoutez mes conseils, croyez qu'il est urgent de les
suivre et émigrons, car les sages ont dit :
Je ne sangle ma monture que lorsquelle est amaigrie. Si ma
patrie cesse dêtre plaisante , je la quitte.
En tout cas, fuir la tyrannie et les calamités, voilà la
règle suivie par tous les prophètes. Il est absurde pour le
sage, lorsqu'il voit l'annonce du malheur et les affres
de la calamité suspendues sur lui, sur les siens et sur sa
fortune, de faire montre de sottise et de négligence en
dédaignant ces symptômes et en sojcrifiant à ses biens la
joie et le bonheur de toute la vie, de faire signe à la
mort et l'attirer sur lui». Les singes répliquèrent :
« 0 Roi, c'est assurément dans l'excès de votre affection
envers nous, vos sujets, que vous plaidez avec une telle
538 MAI-JUIN 1894.
insistance pour nous faire agréer vos conseils. Cependant,
tant qu'il ne se sera pas produit quehfue grave affaire et
guelgue coup de la fortune, ne vous livrez pas à ces excès
d'éloquence. Mais tant que vous ne nous aurez pas fait
connaître les raisons de cet exode, notre cœur ne cessera
pas de battre Jtémoi, Lorsque nous serons instruits de ce
mystère , sans doute aucun , nous nous tiendronsforcés d! ac-
complir votre ordre et de nous conformer à vos défenses,
et nous seconderons de toute la force de notre ccear et
d'un mouvement allègre les effets de votre grande bien-
veillance à notre égard. » Le Roi des singes répondit :
« Sachez donc qu'hier fêtais monté sur un arbre qui re-
garde sur la ville. Je regardais dans le palais du roi : je
vis nn mouton appartenant au prince qui se querekât
avec une des servantes. Or, les sages ont dit : Évitez
le voisinage des querelles; et je ne veux pas désobéir anx
conseils des sages et mépriser leur parole. » Les singes se
regardèrent avec un sourire d'étonnement, puis, d'an ton
dédaigneux et tranchant, lui dirent : t Voilà bien des an-
nées que tu as été notre guide et notre souverain. Tu es le
plus sage de la tribu, tu as l'âge et teocpérience; nuds tu
ne nous dis pas ce qui peut résulter pour nous des batteries
d'un mouton avec une servante du palais. » Le Roi des
singes repartit : « U abord votre perte , et c'est là la moindre
chose, car la chose commencera par vous; ensuite la perte
des habitants de cette cité, sa destruction et le meurtre
(le son roi. » Les singes de s'extasier et de s'exclamer plas
encore : « Nous ne te connaissions pas auparavant sous
cet aspect {\ 6 a) Ta es victime du mauvais ail et un
voile a recouvert ton intelligence. Surveme-toi bien, nous
LETTRE DE TANSAR AU ROI OË TABARISTAN. 539
albns appeler le médecin pour qu'il te guérisse de ton mal ,
qae ta rentres en toi-même et ne soies point déchu de
trône. » Le Roi des singes reprit : « Les sages ont dit vrai :
Celui (jui est faible d^intelligence , le Roi du jour ne sau-
rait en faire un homme de valeur et intelligent; celui
qui n'a pa^ le contentement y la fortune ne le rendra pas
riche; celui qui n'a pas la vraie foi y la large connaissance
des traditions ne fera pas de lui un théologien. Puisque
telle est votre opinion de moi y le mieux est que faille
mohmême quérir le médecin et vous épargne le souci de
ma maladie. » Et sur l'instant, il sella le coursier de la
séparation et abandonna son royaume.
Il ne se passa guère de temps que la servante courut
un jour hors du palais avec une bouteille d^huile à la
main et un morceau de bois enflammé. Le mouton , sui-
vant son habitude, se dirigea vers la file et se jeta sur
elle. Elle jeta bouteille et tison sur la bête. L'huile, le
feu et la laine se mêlèrent, l'animal effrayé par la cha^
leur courut de porte en porte, se jeta de palais en palais,
jusqu'à, ce qu'il arriva à l'hôtel d^un des notables de la
cité. H se trouva que le propriétaire de l'hôtel était
malade. Le mouton courut sur lui et le brûla; et il brûla
et blessa plusieurs autres notables. La nouvelle vint au
roi. n demanda aux médecins des remèdes et des em-
plâtres contre les brûlures. Ils furent tous d'accord qu'il
n'y avait pas d'emplâtre plus efficace que le fiel de singe.
Le roi dit : « Rien de plus facile. » Il ordonna à un des
siens de monter à cheval, d'aller à la chasse et de lui
apporter du fiel de singe. Suivant tordre du roi, le chas-
seur réussit à attraper un singe par ruse et perfidie et
540 MAI-JUIN 1804.
obtint ce qu'on voaUdL Les singes se réanirent et tuèrent
V envoyé da roi, qu'ils mirent en morceaux* A cette nou-
velle, le ivi monta à cheval en personne, Uvra bataille
aux singes et en tua tant qu'il finit parfaire grâce au
reste. L'un d'eux s'en fut auprès d'un homme de la cour
du roi, fit son SaUm et lui dit : « Voilà tant Jt années
que nous habitons près de vous sans que nous c^ons rien
eu à souffrir ni nous de vous, ni vous de nous, absorbés
chax^un dans le soin d'assurer notre existence journalière ,
(i 6 b) et dans nos habitudes invétérées. Quelle considé-
ration vous a poussés à nous détruire et à nous exter-
miner? Pourquoi l'épine des mauvaises pensées est-elle
entrée dans l'œil de votre générosité, et comment, aa mé-
pris des droits de bon voisinage, dédaignant le maintien
de la sécurité, avez-vous perdu tout souci da blâme pubUc
dans ce monde et des châtiments de la vie future? »
L'homme raconta au singe tout aa long ^histoire de
la servante, du mouton et du feu, les gens hrâlés, les
remèdes du médecin, le meurtre du chasseur et la ven-
geance du Roi, Le singe fondit en larmes et s'écria :
a Combien est vrai ce qua dit le Commandeur des croyants ^
^ Alt, fils d'Abû Tâlib [sur lui soient la merci et la grâce
de Dieul) : Celui qui dans les temps difficiles n'écoute
pas le conseiller compatissant, savant et expérimenté,
se prépare à la fin regret et remords. Jeune homme ^ le
torrent du destin nous a engloutis les premiers dans la
mer du néant pour que la fortune vous balaie ensuite comme
la paijle. » L'homme lui demanda : « Ce que tu m'an-
nonces là est bien grave; as-tu quelque preuve à l'appui de
ton dire? » Le singe répondit : « Oui. Nous avions un roi
LETTRE DE TANSAR AU ROI DÉ TABARISTAN. 541
plein d'intelligence, de sagacité, de mérite et de savoir,
instruit dans les secrets du monde et les merveilles da
ciel. Par son esprit solide et son intelligence pénétrante ,
il avait échappé à mille embûches et jamais il n avait
mis le pied dans les filets de la Fortune. Il avait l'esprit
clair et VintelUgence qui prévoit. Un jour il monta par
curiosité sur un arbre situé au bord de la ville, i» {Et le
singe conta) l'histoire de la fille et du mouton, et ce qui
se passa entre eux et le roi, les explications du roi, et
comment, devant leur refus d'écouter ses conseils et leur
ingratitude pour ses avis, il renonça au trône et s'éloigna
d'eux.
L'homme écouta cette histoire d'aune oreille étonnée.
De retour en ville, il la raconta à son tour, et la rumeur
la porta aux oreilles et aux lèvres de grands et petits. On
la conta enfin au roi qui ordonna de rechercher le pre-
• mier narrateur. C'était un des notables de la cité et il
avait nombre de frères et de parents. Il se rendit à la
cour, et quand on le présenta au Roi, il advint par ha-
sard que celui-ci fit monter la fumée de sa colère de la
voûte de son cerveau jusqu'à l'étoile de la Chèvre, (17
a) et à l'instant il ordonna de lui infliger un supplice
atroce^. A cette nouvelle, les parents de ce malheureux,
accompagnés du peuple entier, se rassemblèrent devant
le palais : une émeute éclata qu'il fut impossible de ré-
primer, et le tout finit par le meurtre du roi, la dispersion
des habitants et la destruction de la ville.
Lorsque Rastin, le secrétaire, dans son discours à
^ Cette un si faiblement motivée est saus doute abrégée*
ë.-«4bt . *&féniU/' fat b ]
rMtmrma0k
■
I
fci II
f R' ( taasah ii- ic «tm^ jifit an
1 tjjm: «'^ avnt ralmvàl ft ii^
„ A, inonmi • 4 «ifailr. 21l
t^Jién.ftmm
■ r»^Ti^B«aiait~aak»>aka^^ii
».i» m kfaT-
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 543
sèrent la loyauté de ses sujets et installèrent la haine
clans les esprits. Toute confiance en ses paroles et en ses
actes disparut. Il abandonna les lois des ancêtres et sou-
tint les innovaiiQns de ce secrétaire téméraire. Quand
Alexandre parut sur les frontières occidentales de lewr
pire, on assit le roi sur le coursier de l'irréfiexion , on lui
mit en main les rênes de la présomption* Quand les deux
armées se rencontrèrent ^ une partie de ses soldats fit dé-
fection , le reste s'entendit avec l ennemi et le mit à mort.
Ils s en repentirent par la suite, (i 7 t) niais les regrets
ne servirent de rien pour réparer le mal.
« L objet dont on s est privé change tout à coup de va-
leur. »
X 6. Il n'est pas vrai que le âhâhanshâh, dans un
ticccs de colère, ait établi cette loi d après laquelle
il n'y aura pas après lui d'héritier présomptifs II n a
fait que proclamer l'opportunité delà chose et même
il a ajouté : « Nous ne prétendons pas que notre opi-
nion soit tenue pour définitive. Nous ne possédons
pas la science universelle. Le monde supraterrestre
est au Seigneur (exaltée soit sa gloire I). Nous vivons
dans le monde de la génération et de la corruption'^
et les êtres de ce monde ne sont pas en état de con-
naître les causes et les aspects contraires de» choses.
Il se peut que dans un autre temps une façon de voir
différente de la nôtre paraîtra la bonne. »
^ Voir plus haut, chap. X a (page 533).
^ •>Lj>3 (j^yjlx, yiptotç et ^Bépatê : eo pehlvi yahûaishn, vi-
nàsishn (Zend'Avesta, Uî, p« xxuu).
544 MAI-JUIN 1804.
Tu reproches au Shâhanshfth d'avoir subordonné
le choix d un héritier présomptif à la consultation
préalable des confidents, des conseUlers et des
hommes purs. Sache que sur ce point nous avons
voulu que le Shâhanshâh se tienne à fécart et n*ait
avec qui que ce soit de conférence sur ce sujet. Il
écrira seulement de sa propre main trois messages,
qu'il confiera chacun à une personne sûre et jouis-
sant de toute sa confiance^; le premier au Mobed des
Mobeds , le second au Grand Chancelier^, le troisième
au Généralissime. Quand le monde perdra le Shâh-
anshâh, le Mobed des Mobeds sera convoqué ainsi
que les deux autres personnages. Ils se réuniront
pour délibérer et décachèteront les messages et se
consulteront sur le choix à faire parmi les enfants du
roi. Si lavis du Mobed est conforme à celui des
deux autres, on en informera le peuple. S'il y a
désaccord , on n en dira rien au dehors : mais le Mo-
bed tiendra un conseil secret avec les Herbeds, les
docteurs et les dévots. Ils entreront en prière et mar-
motteront le « Vâdj ». Les gens de bien se tiendront
derrière, disant amerif se prosternant et levant les
mains avec humilité. Cela prendra fin à la prière du
* Ce message ne contient sans doute que des considérations gé-
nérales, observations sur le caractère et les aptitudes respectives
des divers candidats, sur les besoins de l'État, et non pas une re-
commandation précise, car en ce cas il n'y aurait {dus lien à nne
délibération et à un clioix des trois grands officiers.
* {^^rù^ v^f ^c chef des secrétaires; dans le KàmAmak, dapi-
rân-'Uiahisht ; le titre officid était sans doute Erân-daptrpat , car l'é-
quivdcnt arménien est Dprapets Ariats (Nœldeke, Tabari, 444)*
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 545
soir et i on acceptera avec foi ce que Dieu (sa Royauté
soit exaltée ! ) aura inspiré au cœur du Grand Mobed ^
Cette nuit-là, on apportera dans ia grande salle du
palais la couronne et le trône. Les grands officiers
prendront leur place. Alors le Grand Mobed, accom-
pagné des Herbeds , des Grands et des Ministres , se
rendra à rassemblée des princes royaux ; ils se ran-
geront tous devant les princes et diront : « Nous avons
consulté devant le Très-Haut; il a daigné nous con-
duire et nous inspirer et nous a instruits de ce qui est
bien. p{iS a) Alors le Mobed s*écriera à haute voix :
« Les Anges^ ont agréé pour roi un tel fils dun tel.
Adoptez-le aussi , créatures , et bonne nouvelle pour
vous ! » On soulève alors le prince royal et on lasseoit
sur le trône , on lui met la couronne sur la tête ; puis ,
lui ayant saisi la main , on lui dit : « Acceptes-tu de
Dieu (glorifié soit son nom ! ) la religion de Zoroastre ,
qu'a affermie Gushtâsp , fils de Lohrâsp ' ? » Le prince
répond affirmativement et dit : « S'il plaît à Dieu, je
ferai le bien de mes sujets. » Les gens du palais et la
garde restent avec lui et la foule retourne à ses occu-
pations et à ses affaires *.
' L'élection est donc, en somme, aux mains du clergé.
' Les Izeds ou les Amshaspands.
' Cf. Patetirâni, fin {Zend-Avesta,Ul^ *7*7)'
* Ce caractère semi-électif de la royauté , dont ne parient pas les
historiens persans , laisse pourtant sa trace dans ces scènes d'accla-
mation des grands qui prennent place à chaque avènement dans
Firdausi et Tahari. Jusqu'à quel point ce droit d'élection resta
théorique ou fut une résdité, il est difficile dé le dire dans le
silence des textes historiques. Le fait que le roi a souvent pour
III. 3G
546 MÂI-JOIN 1894.
XII. Tu m mterroges sur les guerres et les fêtes
du Shâhanshâh, sur sa vie civile et militaire. Je te
rappellerai que la terre se divise en quatre parties.
La première est la région des Turcs ^, du couchant
de ilnde au levant de Roum. La deujdème s'étend
entre Rôum et le pays copte, le pays berber^ et le
pays hébreu. La troisième est le pay9 des Noirs, de
Berber à Tlnde. La quatrième est la région qui a
pour nom la Perse et pour surnom le «pays des
Modestes » [des dévots^]. Cette région s'étend de la
rivière de Balkh à la frontière de TAzarbaîdjân, de
TArménie et du Fars, de TEuphrate et de ia terre
d'Arabie jusqu'à TOmân et le Makrftn, et de là jus-
qu'à Kâbul et jusqu'au Tokhàristân. Cette quatrième
région est la partie privilégiée de la terre , et com-
parée aux autres pays, elle est la tête, le nombril, la
bosse de chameau et le ventre. Je vais t'expliquer
ces termes. On l'appeUe tète, parce que depuis les
temps d'Iraj , fds de Farîdùn , la prééminence (iSMwt^j
de jmI) tête) et la souveraineté ont appartenu à nos
rois. Ils ont gouverné sur tous les peuples : les con-
testations qui s'élevaient entre les nations étaient
successeur son frère ou son onde, au lieu de son filf , prouve que
la succession directe dans l'ordre de progéniture n'était pas un
principe reconnu.
^ Si cette partie de la lettre appartient à i'origiiial, il faut lire
fl la région des Touraniens • (Tûrân) au lieu de a la région des Tores •.
Au cas contraire, elle est postérieure à Khosroès Anûshirvân, du*
qud date l'entrée de l'empire turc dans l'horizon iranien.
* Voir plus haut, p. 5o2 , note 4*
' Les Aryens. Voir plus haut, p. 53.4 « note i.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 547
réglées d après les vues et Tordre de nos rois. Elles
leur envoyaient leurs filles , des tributs ou des ca-
deaux. — EUe est le nomhril, parce quelle est au
centre de toutes les terres du globe et ses habitants
sont les plu$ illustres , les plus honorés , les plus pieux ,
les plus braves. La science équestre du Turc , Tingé-
niosité de Tlndien , la dextérité et lart du Grec, Dieu
(béni soit'ily glorifié et exsdtél) nous a donné tous
ces talents et en plus grande mesure qu*à chacun de
ces peuples pris à part. Quant. aux bonnes mœurs
religieuses et au service du- Roi, ce sont des faveurs
quil nous a octroyées et qu'il leur a refusées ^ Le
teint de nos visages, la couleur de nos cheveux
tiennent le juste milieu : ni le noir, ni le blond ou le
roux ny prédomine. (18 b) Le poil de notre barbe
ou de nos cheveux nest ni démesurément crépu
comme chez les Zangs, ni flottant comme chez les
Turcs. — Elle est la bosse de chameau^, parce que
notre pays , comparé aux autres , possède plus d avan-
tages et de bonnes productions. — Enfin elle est le
ventre, parce que tout ce que les trois autres parties
de la terre produisent en fait d aliments , de drogues ,
de liqueurs et de parfums, vient dans notre pays où
nous en jouissons, comme la nourriture et le vin
vont au ventre.
Toutes les sciences de la terre sont notre lot. Nos
^ Nous avons tous leurs talents et en plus la connaissance de la
vraie rdigion et du gouvernement le meilleur.
* La viande de la bosse des animaux à bosse est la plus savou-
rçuse.
36.
548 MâI-JUIN 1894.
rois ne se sont jamais fait connaître par le massacre ,
le pillage , la mauvaise foi , la bassesse ou Tirréligion.
Si un différend s*élevait entre deux rois, ou si Tun
devait à l'autre (P) et que les gens de désordre fissent
de la querelle matière à pillage , ils rebâtissaient les
cités et ne molestaient point les sujets dans un but
de pillage ou de conquête, pour satis&ire leur cupi-
dité ou leur caprice. Si une contestation s'élevait
entre eux, ils la tranchaient d après la loi religieuse
et la procédure de la preuve. On n a jamais vu mille
hommes d'entre nous partir en guerre contre vingt
mille ennemis sans revenir victorieux, et cela parce
qu ils n'étaient jamais les agresseurs. Tu as sans doute
entendu parler du meurtre de Syâvash et de la per-
fidie d'Afrâsiâb le Turc à son égards Les nôtres le
rencontrèrent à deux cents reprises et dans toutes ces
rencontres Hs remportèrent la victoire. Ds finirent
par le tuer avec tous ceux qui avaient pris part au
meurtre de Syâvash et par conquérir entièrement le
pays des Turcs.
Aujourd'hui^ le Shâhanshâh étend Tombre de sa
majesté sur tous ceux qui agissent bien, lui obéis-
sent et envoient le tribut, et il protège leurs États.
Sa majesté versera sur eux ses faveurs. Hus tard il
se réserve d'entreprendre la guerre sainte contre
Roum. Il ne prendra pas de repos qu'il n'ait vengé
Dârâ sur les Alexandrides^, enrichi son trésor et
^ Yasht, IX, 18; XJX, 77 ; Etudes iraniennes. H, 337,
^ Au moment où Tansar écrit.
^ (:;^)OoX«v!. Les Romains, maîtres de la Grèce, et par suite
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 549
celui de l'État et restauré les villes qu'Alexandre a
méchamment détruites dans le Fars. Il faut qu'il les
soumette au tribut qu'ils ont toujours payé à nos
rois pour le pays copte et la Syrie, que nos rois
avaient autrefois conquis en la terre des Hébreux
lors de l'invasion de Bokht Nasr dans ces contrées ^
Gomme le climat trop mauvais (19 a)^ne nous allait
pas, que les maladies y étaient chroniques et que nos
gens n'en pouvaient supporter le séjour, ils avaient
confié ce pays au roi de Roum, en se contentant du
tribut. Cet état de choses dura jusqu'aux temps de
Kesra Ânûshirvân ^.
XIV. Tu expliques que tu as un lien de parenté
avec le Shâhanshâh du côté d'Ardashîr, fils d'Isfan-
héritiers d'Alexandre. Il n'y a sahs doute qu'une rencontre curieuse ,
mais fortuite, dans le fait que l'empereur romain auqud Ardashîr
déclara la guerre portait le nom d'Alexandre et avait pris Alexandre
le Grand pour mod^e, modèle qu'il comptait d'ailleurs surpasser
[Elahorabat deniquent dignns illo nomine videretnr, imo ut Macedo-
nem Ulvan vinceret; Lampride, Alexandre Sévère, XLIX).
' Les prétentions d'Ardashîr sont exprimées dans Hérodien dan^
des termes concordant avec ceux de Tansar : « Il prétendait avoir
des droits incontestables sur toutes les provinces d'Asie qui sont
séparées de TEuphrate par la mer Egée et par la Propontide; que
tout ce pays jusqu'à l'Ionie et la Carie avait toujours été gouverné
par des satrapes de la nation, depuis Cyrus, qui transporta l'em-
pire des Mèdes aux Perses, jusqu'à Darius qui fut vaincu par
Alexandre, et qu'ainsi il ne ferait point d'injustice aux Romains
en entrant dans l'ancien héritage de ses ancêtres. » (Tr. Mongault.)
* Cette dernière phrase est d'Ibn el MoqafFa* ou peut-être mieux
de Bahrâm. Il faut probablement lire Kesra Parvîz (690-627), au
lieu d:i Kesra Anûshirvân (53i-578), car c'est Parvîz qui enleva
momentanément rEg)'pte et la Syrie aux Romains.
550 HAI-JDIN 1894.
dyAr, dit Bahman ^ Je te répondrai qtt*& mes yeux,
le second Ârdastiîr est bien supérieur au premier.
Si vous cherchez parmi vos parents, soit dans la
ligne maternelle , soit dans la ligne paternelle , quel-
qu'un qui vous soit supérieur en une ou deux qua-
lités, vous pouvez sans doute le trouver et vous le
trouverez; mais parce qu'un homme l'emporte sur
vous d une ou deux qualités , U ne s'ensuit pas qu*il
soit votre égal. Autrement, il faudrait mettre Tâne
au-dessus du cheval , car le sabot de Tftne est plus
solide que celui du cheval , et l'ftne résiste davantage
c^ la fatigue. La vérité est que pour ce qui est des ac-
tions, des qualités et des mérites, c'est sur l'opinion
de la masse ^ qu'il faut s'appuyer et non sur le rare et
l'exceptionnel qui prête au ridicule.
Quant à toi, il faut faire ton devoir dlionnéte
homme, écouter mes conseils, et sans tarder adler
rendre hommage au Shâhanshâh. Je ne voulais point
répondre à ta lettre, de peur que ma réponse ne te
déplût; mais, en y repensant, je me suis dit qu'il
vsdait mieux que * . . .
XV. Tu contes que les actes et les décisions du
Shâhanshâh t'étonnent. Us n'ont rien qui doivent
t'étonner. Ce qui est étonnant, c'est la façon dont
il a, à lui seul, conquis le monde. Ajoutez que la
^ Ardashîr dirâz-dast cité plus haut. Jasnasf prétend être l'égal
d'Ârdashîr, comme descendant de la même souche.
* Peut-être mieux : • c'est sur l'ensemble qu'il faut juger. . . »
^ Je ne comprends pas.
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 9Sl
terre entière était une vague de lions déchaînés; il
y avait quatre* siècles quelle était pleine de bâtes
féroces, d animaux sauvages, de démons à face hu-
maine, sans religion, sans mœurs, sans instruction,
sans sagesse et sans pudeur; c^était un peuple de
qui ne venait dans le monde que ruine et corrup»
tion ; les villes étaient devenues des déserts , les édi-
fices étaient en ruines et désolés. En Tespace de qua-
torze ans^, à force d'habileté, de force et de génie,
il a fait couler Teau dans le désert, fondé des villes*,
créé des villages , comme on n'avait pas fait en l'espace
de quatre mille ans avant lui. Il a amené des archi-
tectes et des habitants; (19 6) il a construit des
routes, il a édicté des lois sur le manger et le boire,
le vêtement, le voyage et le séjour. Et il n'est chose
où il ait mis la main sans inspirer aux hommes la
confiance en sa capacité et sans la mener à bonne
fin. Et il a si bien travaillé pour l'avenir de mille
années après lui, que son œuvre ne sera jamais
interrompue. Il trouve plus de joie à l'avenir, il prend
plus de peine pour le bien des générations qui vien-
dront après lui , qu'il n'en trouve dans le temps pré-
sent et à redresser les affaires de ses contemporains.
A cela il s'intéresse plus qu'à sa propre santé« £t qui
^ Plutôt cinq siècles. De ravènement des Arsaeides à cdui d'Ar-
dashîr (260 AG-226 PC) , il y a ^76 ans. De l'invasion d'Alexandre
à l'avènement d'Ardashîr f336 AC-3a6 PC), il y a 563 ans.
^ Les quatorze années remplies par ses luttes contre les Mulûk
ut-tavâif et contre Ardavân , d'environ 211 à 2 s 5.
-^ Voir la liste des villes fondées par Ardashîr dans Taharf (trad.
Nœldeke, iQ-20).
652 MAI-JUIN 1804.
considérera tout ce que , durant ces quatorze années ,
il a déployé de mérite, de savoir, de raison et d'élo-
quence, de colère et de satisfaction, de générosité et
de modestie, saura reconnaître que, depuis que le
puissant artiste du monde a arrondi la sphère azurée,
la terre n a jamais vu un roi juste à Tégal de celui-
ci. La porte de bien et de bon ordre quil a ouverte
au peuple restera ouverte pendant mille ans ^. Et
n'était que nous savons qu'au bout de mille ans l'aban-
don de son testament amènera le trouble et la con-
fusion dans le monde ^ déliant ce qp'il a noué^ je
dirais qu'il a travaillé pour le monde pour l'éternité.
Bien que nous soyons des créatures vouées à la des-
truction et au néant, pourtant la philosophie veut
que nous travaillions en vue de ce qui dure et que
nous nous ingéniions pour Téternité. Tu dois être
parmi ceux-là^, et tu recevras bientôt le bien et la
félicité réservés à ton service; à Dieu ne plaise que
^ Dans la doctrine parsie, le monde dure ia,ooo ans ou i3 Aa-
zârs ; Zoroastre a paru à la fin du 9* hazâr. La fin de chacun des
3 hazârs qui restent doit être marquée par une ruine de la rdigion
et un débordement du mal, auxquds met un terme l'apparition de
trois prophètes successifs, fils de Zoroastre. D'après notre texte,
Ardashîr aurait inauguré un hazâr, ce qui est en contradiction avec
la chronologie parsie , car Ardashîr paraît l'an 553 du 10* miUé-
nium. Il est probable que dans cette phrase, et plus haut, le millé-
nium est pris dans un sens indéfini. Le dévdoppement qui suit,
qui d'aiUeurs fait allusion au testament d' Ardashîr, sera étranger
à la lettre primitive de Tansar. — Le texte arabe de ce passage
se retrouve, probablement d'après Iba el-Moqaffa', dans le Kitâh
al Tanbik, p. 98-99 de l'édition de Goeje.
^ Cf. la note précédente.
^ Ou, avec 1p manuscrit T, «parmi les gens de la religion».
LETTÇE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 552f
le mal ne tombe sur toi et ton peuple , car les sages
ont dit :
Sois convaincu que celui qui renonce à TefFort
personnel et sappuie sur la prédestination se dé-
grade et s avilit; et celui qui s'agite dans la libre re-
cherche et nie la prédestination n'est qu'un igno-
rant infatué, f^e sage doit prendre la voie moyenne
entre la libre recherche et le destin, sans se conten-
ter de Tune ou de l'autre. Car le destin et le libre
arbitre sont comme les deux valises du voyageur sur
le dos d'un quadrupède. Si l'une est plus lourde que
l'autre, les bagages tombent à terre, le dos (20 a) de
la bête est rompu , le voyageur se trouve dans l'em-
barras et manque le but de son voyage. Si , au con-
traire , les deux valises sont d'un poids égal , le voya-
geur ne se désole pas, la monture est tranquille et
arrive à bon port.
On raconte là-dessas qu autrefois il y avait un roi
nomnié Jihang. Il appartenait à la secte des fatalistes,
se montrait partisan fanatique de la prédestination et
disait :
L'homme n efface pas ce que l'ordre du Destin a écrit avec
le calam qui trace sur la tablette blanche et noire.
Ses contemporains réprouvaient ses doctrines, si bien
que l'un de ses frères, se levant contre lui, lui disputa
la couronne et V expulsa du pays avec ses enfants. Rs se
réfugièrent auprès du Qîrdn-sJiâh [?)et,se mettant à son
service, remirent en ses mains leur fortune humiliée. Le
roi, confiant dans le destin, ne fit aucun effort pour re-
554 MAI-JUIN 1894.
conquérir son royaume et les choses en vinrent au point
qu'ils se trouvèrent sans force pour gagner leur vie. Ses
enfants vinrent le trouver et lui tinrent ce langage : t C'est
ta croyance au fatalisme qui nous a ainsi rainés; la
lâcheté de ta nature et ton manque de cœur rappellent
le chameau qu'un enfant de dix ans charge de foin et,
tant il a peu de cœur, la longe aa nez, le conduit aa
marché. Si ce chameau avait seulement autant de cœur
qu'un moineau, le premier enfant venu ne pourrait lui
infliger une telle humiliation. » Jihang répondit à ses en-
fants : « Vous avez raison; c'est là ce qui m'a ruiné et
a renversé ma fortune. » Ils se mirent d'accord, se rési-
gnèrent à reconquérir le royaume perdu et, par l'effort,
arrivèrent à leur objet.
Le Roi, fils de Roi, du Tabaristân doit excuser
mon audace. La reconnaissance que je porte à ton
père et la grandeur de ta famille ne m*ont pas per-
mis d'omettre un seul conseil et de te parler avec
une hypocrite flatterie.
Ici s'arrête la traduction du morceau d*Ibn al-
Moqaffa\ Mais j aï lu dans les livres d'histoire que
quand Jasnafshâh de Tabaristân lut la lettre de Tan-
sar, il s en alla rendre hommage à Ârdashir, fils de
Bâbak , et déposa en ses mains le trône et la couronne.
Ardashir le reçut avec les plus grands honneurs et
le plus grand respect, et quand il se décida à Tex-
p édition contre Rûm, il le renvoya et lui octroya le
LETTRE DE TANSAR AU ROI DE TABARISTAN. 555
Tabaristân et les autres régions du Farshvâdgar; et le
royaume de Tabaristân resta dans sa famille jusqu'au
temps du roi Fîrôz. Quand Qobâd monta sur le trône \
les Turcs firent des incursions sur le Khorâsân et du
côté du Tabaristân. Qobâd tint conseil avec les Mo-
beds. Après délibération , ils tombèrent d'accord que
le Roi devait envoyer ià-bas son fils aîné, nommé
Kâûs2.
^ An 488 de notre ère.
^ Source de la dynastie des Sipâhbad de Tabaristân. Sur l'histoire
de cette dynastie , voir Oishausen et Dorn.
556 MAI-JUIN 1804.
NOUVELLES ET MÉLANGES
SEANCE DU VENDREDI 11 MAI 1894.
La séance est ouverte à A heures et demie, sons la prési-
dence de M. Barbier de Meynard.
Lecture est donnée du procès-verbal de la dernière séance ;
la rédaction en est adoptée.
M. le Président entretient la Société de la publication d*nn
ouvrage qui doit remplacer celle du Kitâh el-hukamâ.
11 s'agirait de faire la traduction française du Kitâb eUtan-
bîh, dont le texte arabe vient d'être publié par M. de Goeje. Le
savant hollandais ayant donné son adhésion à ce projet,
M. Barbier de Meynard propose de confier cette traduction
à notre confrère M. Carra de Vaux. L'ouvrage serait publié
dans le format des neuf volumes des Prairies JCor de Maçoudi
qui ont paru de i86i à 1877, aux frais de la Société asia-
tique , et formerait le complément à cet ouvrage. Cette propo-
sition est mise aux voix et votée à Tunanimité des membres.
M. Carra de Vaux, présent à la séance, dédare se charger
de la traduction du Kitâh el-tanbîh.
M. le Président fait part ensuite au Conseil d'une demande
adressée par M. Chavannes en vue d'obtenir une subvention
pour la publication de la traduction française de rhistorien
chinois Sse-ma-tsien. La Société asiatique iJlouerait, à titre
d'encouragement, une somme de i,aoo francs par chaque
volume qui paraîtrait, à la seule condition que l'ouvrage
serait imprimé en France et que mention serait faite de
cet encouragement sur la couverture des volumes. M. Cha-
vannes mettrait à la disposition de la Société deux exemplaires
gratuits et la faculté d'acquérir l'ouvrage au prix de librairie
NOUVELLES ET MÉLANGES. 557
serait accordée aux membres de la Société asiatique. La tra-
duction de Sse-ma-tsien comprendra environ dix volumes.
Cette proposition, mise aux voix, est adoptée dans les
termes et sous les conditions ci-dessus. M. Chavannes, pré-
sent à la séance , exprime ses remerciements à la Société.
M. Clermont- G anneau fait une communication sur un
point particulier de philologie nabatéenne. Il s*agit d'un pas-
sage de Strabon, touchant la forme de sépulture chez les
Nabatéens, et d'après lequel les rois eux-mêmes étaient en-
terrés dans des trous à fumier : "aapà roùs xoTrp&vaç (XVI,
4, 36). M. Ganneau pense que cette assertion de Strabon,
empruntée d' Athénodore , repose sur une méprise. Le mot
N1DD , kafm ou kapra, qui ne nous est connu que par le na-
batéen et qui désigne un monument funéraire, aurait été
mal compris d' Athénodore , qui aurait confondu, par un
jeu de mots, le hapra avec les xoirpiat. Si cette explication
était vraie , on en conclurait , en outre , que la première syl-
labe en nabatéen était vocalisée en 0 : kopra. En arabe , le
mot kcifr, yjS, est resté avec le sens de « tombeau » chez les
anciens lexicographes. Les méprises dans le genre de celle
d' Athénodore sont fréquentes chez les anciens auteurs. M. R.
Duval fait observer, à propos de noms des tombeaux chez les
Nabatéens , que le mot nefesh , nc^ska a les deux sens de « vie »
et de « tombeau ». Dans les inscriptions nabatéennes , palmy-
réniennes et même himyarites, le mot nafsha a le sens spé-
cial de stèle, stèle pyramidale. Dans la version syriaque du
livre des Macchabées (1, xiii, aS), il est question de nafshot
érigées par Simon à sa famille. Il y avait autant de stèles que
de corps enterrés. Le nafsha, comme le iad (i>) en hébreu,
c'est-à-dire « la main » , était la marque du souvenir de l'exis-
tence du mort , destinée à perpétuer sa mémoire. Plus tard ,
en syriaque , le mot nefesh a pris le sens de « tombeau ». Dans
la chronique d'Edesse , on voit que , en l'an 4oo des Grecs ,
le roi Abgare éleva une nafsha en l'honneur de sa famille.
Dans la littérature syriaque postérieure, outre le mot nafsha,
on rencontre le mot nausa « sanctuaire » , le vaôs grec , que
D58 MAI-JUIN 1894.
Ton trouve du reste aussi mais plus rarement en arabe, où il
a le sens spécial de mausolée.
M. Duval insiste sur ce fait intéressant que le n^esh in-
dique l'individualité du mort et qu'il y avait autant de n^esk
ou stèles qu il y avait de morts.
Au sujet du nefesh,M. Cl.-Ganneau rappelle qa*il a déjà
eu occasion de faire les mêmes remarques, qu'il avait consi-
gnées dans une note remise à la Commission du Corpus, lors
de la publication du a* fascicule de la partie aramëenne.
M. Halévy fait remarquer qu'il y a dans le Talmud des
passages qui indiquent que Ton ne confondait jamais le ne-
fesh avec le tombeau ; dans le paganisme sémitique , le nrfesh
semble avoir représenté au sens des croyances populaires le
corps, le buste du défunt et on lui faisait des oifirandes,
coutume dont il reste encore des traces chez les Israélites
d'Orient. M. Halévy ajoute qu'en assyrien napishtou désigne,
dans les textes religieux et magiques , le buste du corps hu-
main ; on le plaçait sur le tombeau afin que l'âme du défunt
y trouvât un lieu de repos lorsqu'elle venait visiter les sépul-
tures. Cette pratique a été interdite dans la Bible conmie étant
entachée d'idolâtrie.
En ce cpii concerne le K(^ra nabatéen, M. Halévy pense
({uc les mots de Strabon « à côté du fumier » («apà toO; xo-
irpùàvas) au lieu de udans le fumier» ne semblent pas &vo-
rables à l'hypothèse de M. Clermont-Ganneau.
La séance est levée à 6 heures.
OUVRAGES OFFERTS À LA SOGHfT^.
(Séance du ii mai 1894.)
Par l'India Office : Annual Administration Beport cf the
Forest Department, 1893-1893. Madras ;in-8^
— Annual Progress Report of the Archaeological Sarvey
Circle. Nortli- western Provinces and Oudh. Jmie iSqS.
L\oorkee ; long in-8'.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 559
Par le Ministère de rinstruction publique : Enquêtes et
documents relatifs à l'enseignement supérieur, XLIX. Médecine
et pharmacie, par M. A. de Beauchamps. i842-i8d8; in-4°<
Par le Gouvernement néerlandais : Bijdragen, b* Volgr.
X , 2 . Sgravenhage , 1 894 ; in-8*.
Par la Société : Société de Géographie, Comptes rendus,
n° 6. Paris, 189^; in-8°.
— The Journal of the Asiatic Society. April 1 89^. London ;
in-8°.
— Zeilschrift der deutschen margenlàndischen Gesellschuft,
t. XLVlll, 1, Heft. Leipzig, i894;in-8*.
Par les éditeurs : Revue critique, n"* 16-19. Paris, 1894 ;
in-8°.
— Le Muséon, avril 1894. Louvain; in-8°.
— Tke American Journal of Archaeology. January-March
1894; in-8°.
— Journal and Text of the Buddhist Text Society oflndia,
1,1V. Calcutta, 1894; in 8°.
— Revue de l'histoire des religions. Janvier-février 1894;
— The American Journal of Philology. Vol. XV, i, n* 57.
Baltimore, 1894; in-8'.
— Polybihlion, parties technique et littéraire. Avril 1894;
in-8^
— Mittheilungen, in Tokio, 53 Heft, 1894; in-S".
— Journal des savants, janvier et février 1894. Paris,
l894;in-4^
— Jornal das sciencias, da Academia dos sciencias de Lis-
boa. Feverero, 1894; in-4*.
— Bolletino, n" 199 et 200. Firenze, 1894; in-8'.
Par les auteurs : Dr P. Horn, Das Heer ond Kriegswesm
der Grossmoghuls. Leide, i8g4; in-8°.
560 MAI-JUIN 1804.
Par les auteurs : Goidziher, Renan mint orientalista , Em-
lékbeszéd, Budapest , 1 894 ; in-8*.
— CM. Pieyte , Nederlandsch Koloniaal Centndblad, n* 1 .
Leide, 189^; in- 8°.
— J. Casanova, Sceaux arabes en plomb ( extrait ). Paris,
189^; in-8*.
— Ethnographia, szerkesztî Dr. Monkécsi Bernât. Buda-
pest, 189^; in-8*.
PHILIPPE-EDOUARD FOUCAUX.
La Société asiatique a perdu le 19 mai 1894* en M. Foa-
caux , professeur de sanscrit au Collège de France , on de ses
membres les plus anciens , et Torientidisme français un vail-
lant travailleur qui s'est efforcé de lui ouvrir une voie nouvelle.
Philippe-Edouard Foucaux était né à Angers le i5 sep-
tembre 1 8 1 1 . En 1 838 , il vint à Paris pour étudier les langues
et les littératures de TOrient , et suivit le cours que taisait avec
tant d*éclat , au Collège de France , Eugène Bumouf. Il fut
bientôt un des disciples assidus et un des amis de Tillustre
professeur. En 1 84o , il fut reçu membre de la Société asia-
tique, dans la séance annuelle du 18 juin.
Ce fut en grande partie sur les conseils de son maître
Eug. Bumouf qu'il entreprit Tétude du tibétain, dont la
connaissance, indépendamment de Tintérét qu'dQe pouvait
présenter au point de vue purement linguistique et phil(do-
gique , était d'une si grande utilité pour celle du Bouddhisme
septentrional. 11 s'y livra avec ardeur et persévérance , n*ayant
d'autres secours que les travaux grammaticaux et leûoogra-
phiques, les analyses et les traductions d'Alex. Csoma et
I. J. Schmidt. Dès 18^1, il s'annonçait comme tibétanisterpar
la publication d'un spécimen du Rgya-tch'er-roUpa.^n i843 ,
il ouvrait le cours de tibétain créé pour lui « près la Bîblio-
llièque royale » (cours qui, par le fait, rentrait dans le cadre
de ceux de l'Ecole des langues orientales et se faisait dans
la même salle, mais n'y fut jamais compris offiddlement.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 561
même à litre de cours amiexe , et fut toujours annoncé par
une affiche spéciale). En même temps qu'il ouvrait son cours,
M. Foucaux publiait, sous le titre de Sage et Fou,, un texte
tibétain à Tusage de ses auditeurs. Mais, quelques années
plus tard , en i^^y, il affirmait plus hautement sa connaissance
du tibétain par la publication intégrale du texte dont il avait
donné, en i84i , un spécimen, le Ryya-tch'er-rol'pa ou «Dé-
veloppement des jeux ^ ». Ce n'était qu'une « première partie ».,
suivie de près (dès i848) par la « seconde partie », savoir: la
traduction française de ce même ouvrage , sous le titre de
9i Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, traduite du tibétain».
On peut bien dire , sans exagération , que l'apparition de cette
vie du Bouddha en français fut un événement. Des publications
postérieures ont complété de bien des manières la Vie du
Bouddha; elles n'ont pas affaibli l'intérêt et la valeur du travail
de M. Foucaux.
Ce savant continua son cours , l'alimentant par diverses pu-,
blications, principalement par sa. Grammaire tibétaine *, qui
parut en 1 858. Cette même année , il fut appelé à faire , comme
remplaçant, le cours de sanscrit au Collège de France. La
chaire, devenue vacante en i852 parla mort d'Eugène Bur-
nouf , avait été occupée par un de ses élèves M. Théod. Pavie ,
compatriote, condisciple et ami de M. Foucaux à qui il laissa
sa place en se retirant volontairement. M. Foucaux fit le
cours dans ces conditions jusqu'en 1862. fl y avait alors
dix ans que Bumouf était mort; on jugea que la vacance avait
été d'une longueur suffisante et on se décida à nommer un
titulaire. M. Foucaux , qui était professeur de fait , devint alors
professeur en titre , et eut ainsi l'honneur et la satisfaction de
succéder à son illustre maître. U conserva encore deux ans^
* S'5^*Ï^QJ'îJ' Rgya Ich'er-rol-paonu Développementdes jeux», conte-
nant Thistoire du Bouddha Sakya-Mouni traduite sur la version tibétaine,
par Ph.-Ed. Foucaux. Première partie, texte tibétain. Paris, Imprimerie
royale, 1847; II, 385 pages.
* Grammaire de la langue tibétaine , par Ph.-£d. Foucaux , Imprimerie
impériale, i858.
ni. 37
■ «raiMeaiB iii;io>ALa.
502 MAI. JUIN 1894.
son cours de tibétain et n*y renonça que lorsqu'il se fut as-
suré de la continuation de renseignement; il le transmit, en
effet, en i86d» au signataire de ces lignes.
Il put alors se consacrer uniquement à son cours de sans-
crit et le fit pendant trente-deux ans avec le soin, Texactitude
et la conscience qu'il apportait à tous ses travaux ; c'est en ac-
complissant sa tâche journalière de professeur qu'il contracta ,
dans la salle même des cours du Collège de France, le mal
qui remporta en quelques jours.
Nous ne pouvons énumérer ici tous les travaux de M. Fou-
eaux, traductions d'épisodes du MahabhAtata, de drames de
Kalidàsa , publications et traductions de textes tibétains. Nous
désirons seulement bien marquer la place qu'il occupe dans
lorientalisme français.
L'honneur de M. Foucaux est d'avoir représenté, dirai-je?
ou créé et acclimaté en France une branche d'études qui
n'était cultivée qu'en Russie, ou I. J. Schmidt et A. Schiefner
s'y adonnaient avec éclat. On ne peut pas dire que Calcutta
fût alors un centre d'études tibétaines , car, bien que Gsoma
y eût trouvé déférence , asile , protection , ajde efficace pour
la publication de ses importants travaux, il n'y fit pas de dis-
ciples et y termina sa carrière dans un véritatde isolement.
Mais s'il n'eut pas de disciples près de lui , il en eut au loin. En
donnant, dans son Analyse du Kandjour, un développonent
exceptionnel à la notice du premier ouvrage du volume II de la
section Mdo \ il semblait âke à ses lecteurs, à ceux du moins
qui seraient tentés de marcher sur ses traces : VoUà l'ouvrage
qu'il importe surtout d'étudier et de faire connidtre. -^ Un
homme de bonne volonté et de courage s'est trouvé pour ré-
pondre à cette sorte d'appel du fondateur des éludes tibé-
taines : il était à Paris ; c'est Edouard Foucaux. Il nous a
donné le Laliiavistara en tibétain, ce qui intéresse la science;
il nous l'a donné en français , ce qui intéresse le public lettré,
' Cet ouvrage est précisément le Lalitavistam, Gioiiia hd coosacie plot
de six pages in-&*, Tanalysant diapitre par chapitre. U nV dût oala pour
aucan autre traité du Kandjoar.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 563
tous ceux qu'attire le Bonddhisme et, en général, Thistoire
philosophique et religieuse de TOrient.
La place faite au tibétain dans renseignement et dans les
recherches d'érudition et la publication de la Vie du Baddha
Sakya'Moani sont les vrais titres qui assurent à la mémoire
de £d. Foucaux Testime et les regrets du monde savant.
L. Feek.
BIBLIOGRAPHIE.
Leiicon STRiACVM, auctore Carolo Brockelmann; praefatus est
Th. Nœldeke. Fasciculus I, Berlin, 189 4, Reuther et Reichard,
ia-8% 80 p.
Le besoin d*un dictionnaire syriaque d*un maniement aisé
et mis à la portée de tous se faisait vivement sentir depuis
que les publications syriaques ont pris une extension si con-
sidérable dans la seconde moitié de ce siècle. Les étudiants ,
qui ne peuvent toujours recourir au grand Thésaurus syriacus
de M. Payne Smith encore inachevé , n'avaient d'autres res-
sources que le lexique syriaque extrait par Michaelis, en
1 788 , du Lexicon heptaglotton de Castel , ouvrage aussi cher
que rare malgré son insuffisance notoire. Il n'est donc pas
surprenant que , de différents côtés , il se soit rencontré des
syrologues prêts à entreprendre la tâche ardue et pénible
qu'impose la confection d'un dictionnaire mis au courant
des progrès de la science, tâche facilitée dans une certaine
mesure par le Thésaurus de M. Payne Smith et la publication
des ouvrages orientaux de lexicographie. En Angleterre,
M**** Payne Smith a commencé à imprimer à la Clarendon
press un dictionnaire syriaque-anglais destiné aux commen-
çants et basé sur le Thésaurus de son père. Voici plus d*un
an quelle m'a adressé la première feuille, en me faisant
rhonneur de me demander mon avis sur ce spécimen. A
Beirouth , les Pères jéstiites impriment également un nouveau
37.
504 MAI-JUIN 1894.
diclioiinaire syriaque-latin , dont les épreuves , qui m'ont été
communiquées, vont actuellement jusqu a la quatrième lettre
de Talphabet (dolath). Enfin M. Brockdmann , en Allemagne ,
vient de faire paraître le premier fascicule du Lexicon syria-
cuni dont le compte rendu fait Tobjet du présent article.
Ce fascicule renferme les quatre premières lettres et s'ar-
rête au commencement du hé. L'introduction que M. Nœl-
deke a accepté d'écrire ne sera sans doute publiée qu'après
l'achèvement de l'impression du dictionnaire. Ea tête on lit
un prospectus des éditeurs, MM. Reuther et Reichard, de
Berlin , qui donne un aperçu du plan de l'ouvrage. L*auteur
s'est proposé, disent-ils, d'écrire un manuel (Handwœrter-
buch) qui facilitât la lecture des textes syriaques et les re-
cherches du linguiste. Pour atteindre ce but , le manuel doit
ôtre complet et concis. L'ouvrage, ajoutent-ils, comprend
tous les mots qui se rencontrent dans la littérature publiée
jusqu'à ce jour et dont les citations proviennent de lectures
personnelles. Ont été exclus : i° les noms de personnes et
(le lieux; a° le domaine limitrophe de la lexicographie et de
la grammaire , l'auteur, pour les questions de forme , renvoyant
à la granmiaire de M. Nœldeke ; 3** les nombreux mots grecs
fournis par les lexiques syriaques de Bar Ali et de Bar Bab-
loul , en retenant les mots syriaques et persans transmis par
les lexicographes; 4** tous les éléments étrangers indiqués
comme tels dans la littérature. Les mots sont rangés suivant
l'ordre des racines ; pour les mots étrangers eux-mêmes , il n a
pas été tenu compte , pour le classement , des lettres faisant of-
fice de voyelles. Les rapprochements avec d'autres langues ne
sont faits que pour les termes d'une dérivation douteuse , mais
les mots persans ont été rétablis d'après les travaux de Paul
de Lagarde. M. Jenscn , de son côté , a indiqué les mots assy-
riens reçus par les Syriens. Les explications sont en latin ; on
y a joint les expressions anglaises quand le latin n'était pas
sufFisanmient clair.
Tels sont les principaux points que fait ressortir le pros-
pectus pour guider le lecteur dans ses recherches.. Sur la plu-
NOUVELLES ET MÉLANGES. 565
part d'entre eux , on sera d'accord pour louer ia méthode de
i' auteur ; sur quelques-uns , nous sommes d'un avis différent.
C'est un grand mérite d'avoir pris les mots syriaques aux
sources mêmes, au lieu d'avoir dépouillé les livres de lexico-
graphie composés en Orient ou en Europe. Sur la couverture
du fascicule, un index des abréviations donne une liste
presque complète de la littérature syriaque actuellement pu-
bliée, qui comprend plus de deux cents volumes*. On ne
peut exiger que M. Brockelmann ait lu et dépouillé cet énorme
matériel, mais ses citations dénotent une grande lecture et
il a profité avec intelligence des index joints à plusieurs pu-
blications.
En s'arrètant sur la lisière du domaine grammatical , pour
nous servir de l'expression des éditeurs, M. Brockelmann
suppose le lecteur déjà préparé par une première étude du
syriaque. Dans quelques cas, la concision frise l'énigme.
Sous W pater, on lit : pL ]oA>] etiam parentes. L'auteur pense
probablement que le lecteur suppléera dans son esprit : plu-
fiel à forme féminine lltol « les ancêtres et les pères spirituels » .
pluriel à forme masculine lâ»3) « les aïeux et même les père et
mère*. Sous lUj on lit : IJS& cum suff, ««oiofJBo, faut-il sous-en-
tendre que olfJ^w.la est la forme ordinaire [Jud,, ix, ^; Jos,
StyL y 63 , 8 ; Jtt/. d£r Abtr. , 96 , 4 et g , autres exemples dans
Payne Smith, Thés., 626) et c[ue mmoik^ se rencontre aussi
quelcpiefois ?
M. Brockelmann a eu raison de laisser de côté les mots
grecs fournis par les lexicographes. 11 aurait même pu sans
inconvénient écarter les termes technicpes grecs transcrits
dans les traductions ; pour ces derniers , c'est au dictionnaire
grec qu'on doit recourir en cas de besoin. Les traités d'al-
' Dans cet ind« , les Anecdota syriaca publiés par M. Land sont indi-
qués par le sigle ASI , tandis que dans le texte ils sont désignés par les
lettres AS qui servent également pour les Analecta syriaca de Paul de La-
garde. On ne trouve pas dans Tindex le siglc Rie qui , dans le texte , désigne
les Reliquiœjuris de P. de Lagarde.
500 MAI-JUIN 1804.
chimie syriaque publiés par M. Berthelot renferment un très
grand nombre de ces termes ; je n ai donné que les plus inté-
ressants dans mes Notes de lexicographie publiées dans ce
Journal, que M. Brockelmann a utilisées. Cependant on
pourrait faire une exception pour les mots estropiés dont ia
restitution n*est pas évidente , ou pour ceux qui ont pris un
sens inconnu aux dictionnaires grecs, comme ^h4*='alOéXfp
« alambic ».
Le même ostracisme pourrait aussi frapper les mots per^
sans, dont il appartient au dictionnaire persan de nous
donner la clef. Nous entendons par là les mots persans des
iexiques de Bar ^i et de Bar Bahloul , car dans la littérature
même ces mots sont assez rares. M. Brockelmann, en ce qui
concerne Bar Bahloul , a pris ses explications dans les Gesam-
melte AbhanéUungen de Paul de Lagarde , sauf quelques termes
empruntés au Thesanras de Payne Smith. Mais Paul de La-
garde, bien loin d*avoir épuisé le sujet, n avait donne qu'on
choix. Si M. Brockelmann avait dépouillé le lexique de Bar
Bahloul , pour les quatre premières lettres il aurait trouvé des
matériaux dix fois plus considérables cpie ceux qu*il a don-
nés. Citons quelques exemples choisis parmi les termes les
plus faciles à identifier : MOA^tl ■ séneçon », 5g5 , 30 ; 788, 6;
944, 18, etc.; ou ot^odoM, 43, i; «.«Alot, 548, a; «^^1,
Lag. Ges, Ahh,, 10, 10; Imm. Lôw, Aram. Pflanz., n* 10,
p. 49* — ^A^jo»! «ce qui rafraîchit», a65, 6; (^^wJl, Lag.,
Symm. ^91. — ^^ii^'^ , ^^n^j^^ (et ^ftan^fc») « artemiâia
abrotonum», 399, 1; «çM(i»I^.X# et v«*^x?. — ^*I*-H ■'*'*"
glosse», 475, 23; yUj^LS ou (^t3jjL5^, Imm. Lôw, n* 18a,
p. 244. — vo>o|Oi^«fiel de bœuf», 458, 17, t:^^. —
^^ou^ h. A .M « âne de selle » , 4oo , 7 et 1 a , ^yS; i^^-'^^
«litière», 980, 9 (le Lexicon donne seulement, d'après La-
garde , <^*») ^^tt^, à^^&mvos ohoç). — ^^uoi^i tamarin » ,
271, 6, et <^to|^, 480, aa, â)^)^, Imm. Lôw, n* 38,
p. 66. -^ i»ai^a^« lichen » , 473, ao, |»oa^)P , Lmm. Lôw,
p. i55. — ^^^<vft JLflBu»^, 487, 18, expliqué par ice qui
NOUVELLES ET MÉLANGES. 567
ressemble à des boucles de cheveux » , u^^St^ J^» — * m^n^
« sèche » [mtnioL) et alcyonom [àhi^àmov de Dioscor.), 4g3,
16; 770, 2; P. S., Thés, sous jba*» et liflb», cf. Imin. Lôw,
Z. D. M. G. , XL VII , 533 , sans doute du persan rto t noir » ;
l'expression syriaque est iicut liiie^ ou Imu^ Itkoi, ar. «>Sf)
^^^, 179, 20; 47a, i5. — f^^« lèpre», 5i3, i3; 776,
7, d)^. — Y>a^« petit porci, k^b, 7, et M>«^» 716. 7»
;|3^. i-*-ft^« coriandre » , BB., sous ^lâajj^A; t^^iifc^^ Gesam,
Ahh., p. 67, 1. 19; Imm. LÔw, p. 210. — «û»o>î «marum»,
595, 8; 11 54., 2,^;1*>, appelé aussi [sic) ^^mh), 11 54,
1, ^J\y^<y^\ ^ Imm. Lôw, n* igS, p. 252. — ^o)t «racine
d'aconit», 592, 16, *iM>;«>. On voit que le Leaneon est loin
d'être complet sur ce chapitre , qu*il aurait mieux vcJu laisser
de côté, en exceptant cpielques mots d'origine douteuse
comme ••â^«^.
Le plus grand nombre des mots grecs et persans exdu , le
Lexicon gagnait une place qui aurait été avantageusement
remplie par des locutions propres au syriaque, dont il est
trop sobre. Pour éviter des longueurs , je ne donnerai qu'un
exemple : 1^1 impératif afel de Jl] signifie « apporte » , mais
il est pris quelquefois adverbialement dans le sens de « ainsi • .
Lagarde, Anal, syr,, 92, 20; i3o, 23; PrœL, 244» 7 d'en
bas. Au commencement du Talmud de Jérusalem , on lit :
^DD xn^X « ainsi considère ». Avec ce mot s*est formée la lo-
cution v^Jiad^ JÀ>I «•! « pour ainsi dire » , « par exemple » , usitée
par les grammairiens (Jacq. d*£desse. Lettre sur Vorthogr.;
Elias de Tirhan, Qram,; Bar Hebreus, Œav. gramm,) pour
introduire une citation ; comp. Lagarde , Afmh gyr, , 109 , 1 7 ;
B. O. , II , 2 33 , 8 , etc. Tout mot d'un usage fréquent, comme
f^l, |JS»|, M, J^U, etc., entrait dans diverses combinaisons
pour former des locutions.
Le procédé de classer les mots étrangers sous les racines
syriaques est nouveau et semble étrange. On est surpris de
trouver, par exemple : l>wi^=c yfûvia sous a^ à côté de
hooA^:=syv<i)yLiî, Le système suivi par M. Brockelmann dans
568 MAI-JUIN 1894.
ce cas n'apparait pas toujours dairement : v»J>^«l = Ôpyavov
figure sous i\ , mais >pjuio| = àpiiùiv sous io\ ; >o^^fti> = die-
tator sous iA? , mais l^>mj^} = hxau/lai sous ^9 ^
A ces considérations générales sur la méthode de M. Broc-
kelmann , nous croyons utile d'ajouter quelques observations
et additions que nous a suggérées la comparaison de nos
notes personnelles avec le premier fascicule. Nous les donnons
dans l'ordre du Lexicon.
J*do| n'est pas le grec odoii, mais é) ^ia^ conune Ta montré
Lagerstrôm, Parad. Patrum, 38, note i3, et comme je l'ai
indiqué dans l'index grec de Bar Bahloul, ig, a4; 5o, 1;
60, 6; a86, 1; comp. Opusc. nesi., 6, 17 iA^aA Aijf tCÂo|
^ dol"» lL^t= ^^., 5o, 1 ^Aa J^•|f (49, a4, 1*^1)1*^
,^ eiol S»?.
^vtoo^ol , aÙTOfiàpetov, lire aùrofiaràpsiov.
Ajouter : i-olM et lo)jb| « sarcocolle » , ar. ^;y^ , La Chimie
an moyen âge, TI , 7, 10; 97, 6 ; autre forme i*o)f ; comp. BB,^
122 ult.; 700, i4, etc.
Sous^^l : l&»aâ)lk>, pL ^Uo. Le pluriel de l&^oAko est
iJl^Jiio, 1 Tim., IV, 3; JuL, 110, 5, 8, i5, etc., voir mon
Traité de gram., p. 280 h; ^l»» est le pluriel de l'infinitif
|LaJi£> pris substantivement.
|U1 signifie « teredo » et non « rubigo » d'après les lexico-
graphes syriaques; M. Payne Smitli a également admis ce
sens ; comp. Jacq. de Saroug , Z. D. M. G. , XXXI , 383 , i : I^^ê»
oilo^id ;»wa|Ld)e .0^ «*.^ato «la mite le ravage et le termite
ronge sa beauté » ; le rapprochement de l^ùm et de |La| rap-
pelle Math., VI, 19, 20 (comp. Mal., III, 11). Bar Hebraeus,
Œuv, gram,, II , 80 , ^ d'en bas , explique |Ld| par UL^ k propos
du vers 918 , lia) ;»vd II ILdjo « le termite ne perce pas le mar-
' Souvent le Lexicon ne donne que le mot grec sans en expliquer le sens,
ce qui n^est pas toujours suffisant. Quand ou lit, par exemple, [tBoM] dhro-
Çdveu^ on n*cst guère renseigné; il fallait ajouter que li^oÈ^ se oonstnrit,
dans les traités de lexique , avec le verbe t-ax dans le seiu de* «nier».
NOUVELLES ET MÉLANGES. 569
teau ». Comparer encore le talmudique niViSKD • termites »
et X3^D tfh^K « ver de terre » , Bab. hatr, , 73,6.
9 y
Ajouter ILaI « marteau » donné non seulement par les lexi-
cographes, mais aussi par BH dans le vers cité ci-dessus et
expliqué par lui par \hAS\\ .
^■i«inno| à%é&w» y lire d^efhiov.
Iuoa) i^ios, lire i^ia «dignité», ajouter Het Leven van
Joh., 64, 11; comp. BB,, i63, 7.
Sous Aa] ajouter «a^bol « préoccupé » , « inquiet » , JaL > 1 2 1 ,
i5.
|L^ ... 4 impostor, deceptor . . . haeresis. L'explication
cimpostor», «deceptor» est empruntée, avec les deux cita-
tions de saint Ephrem qui suivent, à Tindex que M. Bickell
a joint à son édition des Carmina Nisihena. M. Brockelmann
ajoute un troisième passage de saint Ephrem pris dans l'édi-
tion de M. Lamy. Les lexiques syriaques expliquent le mot
par « explorateur » , « espion » , or^^^^ 1 JL.oa^. C'est , à mon
avis, le vrai sens; comp. le Targ. Onk. , p^l^f ^b^vN «vous
êtes des espions » , Gen. , XLII , 9. La récente publication de
M. Budge , The Discourses of Phil, , fournit deux nouveaux
exemples : 1 3o , 1 , llo-f La? otI^«lS^ « les inquisiteurs de la jus-
tice » ; 5 1 6 , 1 3 , )JS^? ciN'rV « les provocateurs des passions ».
M. Lamy, dans le troisième passage de saint Ephrem , a tra-
duit par « duces ». Dans JuL, 80, i4 , 1^»-^ a le même sens
et ne veut pas dire «hérésie », comme le pense M. Brockel-
mann. Voici le passage : JJMu» ^oSm? I^uS^ ouolyA^e « vous
en feriez la provocatrice de toutes les turpitudes ». Il est vrai
que BB,, 171, 33-23, explique aussi 1^-^ par |JS^o*«a.fei
« hérétique » , parce que , dans la théologie syriaque , le mot
chercheur est synonyme d'hérétique, comp. Thés, syr,, sous
JLo.d, col, 568; et l^oi?, col. 955.
Ajouter: l^t )l»oJ «conduite d'eau», Sir., XXIV, 3o;
l^»o} W = "|bDn riD^a, Neh,, II, là, U^] (comme vocalise
l'édition d'Ourmiah dans ce dernier passage) a le sens de bras ,
r)70 MAI-JUIN I8Q4.
comme nous disons « nn bras de rivière » ; talmnd ni9K , voir
T -
les passages cites par Buxtorf.
)So| « efiugit » , « evasit ». L*a^Z a le même sens et on s'at-
tendait à le trouver ici. Si M. Brockelmann pense le donner
sous la racine ^, il était utile de renvoyer à cette racine.
Pour ma part , je crois que le radical est «ftol , comp. ar. «x^t
« terme » , « but ». Le sens primitif est « parvenir » , c arriver au
but», puis «pouvoir», «suffire à», analogue au verbe ^jte
qui a suivi la même filière. Avec qa le verbe ^ a le sens de
« arriver hors de » , échapper » , « fuir ».
Sous )No| , donner >p)l « elle gémira » , Zach. , Hex, , IX ,
5 , formé vraisemblablement de )Ne| « gémissement ».
JLdo^l intubus, genus olei; lire oleris [chicorée).
JLq^J àmiKUfiKàv (? PS.) Geop, 5o, 16; lire «attique».
Le passage cité est mb:^ |N^Va.^ joo^ij t^ (/. i^up) |um «une
mine attique pour dix mesures ». Il s'agit d'une addition de
marube au vin ^ comp. BB, , 1 1 06 , 4 d'en bas.
Ajouter : |L| h^ea] «gomme adragante» {rfvyéawvBdf
k^^] est une corruption populaire de ÏkwOol). La Chimie aa
moyen âge, 11,34)7; 45, 19 (cité dans mes Notes de lexicogr. ,
sous le mot*»okaA); covaç. BB,, ai3, i4; 818, 5; 819, aa;
1008, 16; Gfidien, Z. D. M. G., XXXIX, p. 3oo, n* 8;
ïmm. Lôw, p. 49 , n" 24-
Ajouter : |J^l&AA| ou |^«Aâ«»|, ph IKaam»! ou lUSAa«»|
[(jKœKàvrj) « hoyau » , Geop. , 2,12; 3, 7; la, i5et 17; 34,
29; 67, 18; 81, 7. La deuxième forme Mla«»| ou H^ana»)
est expliquée dans le Lexicon par <niapia=<TKai^lbL.
Ji£Lo| et luA»] est le grec (t^v, comp. BB., 235, 18; a39,
1 4 ; P. S. , Thés. , 3 1 3. Le passage d'Eusèbe ok^Uy Jbi^ | <»)
i^ka^ao jbû» ^ ui^ omÔa^JL» wAa. signifie « nn navire ne peut
être bien assemblé avec ses coins que par un homme du mé-
tier» (jeu de mots avec ii«a«») «coin» et lÂA «matdot»).
iJ^uaftjDl, comparer Nœldeke, Tahari, a 44, note.
Ajouter: *m^é^\\ «A^f^l, iMilHoe, éfxdfxof, Het Lwe» van
NOUVELLES ET MÉLANGES. 571
Joh., 7S, 1 1; jà, 5; voiriioum^. — \,0k^m^\, êHoxaala'
tria, H et Leven vcm Joh., 58 , 8.
iùh^]'" a manica, Duv. B., a, agd. note 1. Ce n** a est
à effacer; « manche » , dans mes Notes épigr, , signifie k manche
d*un outil et non la manche d*un vêtement.
m^Mirel^l.
Imb#| tegamentum capitis sacerdotum, BA, iag8 (?). Bar
Ali et Bar Bahioul, a 65, à, écrivent yÊost], Le premier a la
glose yy^tyJi^^ ; le second JH^^ , ce qui signifie une « espèce de
ragoût», Dozy, Suppl. aux dict, ar,, II, 3a8 et Sag; comp.
aussi Sieg. Fraenkel, Wiener Zeit,, 1889, p. a 57.
Ajouter IK^dodil «aines», BH., Chron. syr,, éd, Bed-
jan, 80, a3; BB., a8o , 10; ou renvoyer à la racine oi; ar.
Sous )L»M, ajouter «caravane», Mar Balai, éd. Overb. ,
a 85, 4; Hist. Joseph, éd. Bedjan, a 6, 4; de l'hébreu ^n'^^f .
Dans le sens de « fois » , ajouter ^Lilo \*»ic] I^m « une ou
deux fois » , Goep. , y 1 , 1 4- 1 5.
Ajouter : U^^f) , drtocyijv, Dos Bach der Natarg, , 27, 9.
I^M « veuf» , ]t^i) « veuve » mancpent ; si ces mots doivent
figurer sous la racine "^te) , à laquelle il est douteux qu'ils
appartiennent, il était utile de Tindicper par un renvoi.
Ajouter : IjOAiaoïl. àpfievtoLHà ((i^Aa) «abricot», Geop,, i3,
a3; Inun. Lôw, p. i5o.
JUa«teî| « mercurialis » , lire Uj/Oéùoil .
Le Lexicon donnant ua»M , Api7$ (plane ta ) , il était conséquent
d^ajouterlea autres noms de planètes : JL^?«^I, &a ou «&o,
« Vénus » , "Xwâ « Bel , Jupiter » ; jmtà\\ , ÈpyLYJs, avec leur équi-
valence comme noms de métaux , d'après La Chimie aa moyen
âge,
KjM, ajouter : ou J^»l, comp. P. S., Thés,, 393 et 39^;
Acta martyr., éd. Bedjan, IV, 538, 1; 588, a; Nœldeke,
Die Erzàhlung vom Màusekônig , a , note.
Sous %.H on lit : WIom lorica (Balai, Overb., 387, 3). Ce
sens est très douteux, v. PS., col a a 39. Dansl^ffi**. de Jo-
572 MAI-JUIN 1894.
seph, Bedjan, 2' éd., 36, 8, au lieu de W^o^, on lit koSko)
« trembieinent » qui vaut mieux.
Sous JlJ on est sui'prîs de lire ^|l I ne pigeât te , qui ap-
partient au verbe yi . Le Lexicon a raison de conserver la tra-
duction de Bickell, mais il a tort de confondre les deux
verbes.
^MU (quid gr. ?) Jepra morbus. C*est un verbe formé de
)u\] « lépreux » et qui signifie t il fut frappé de la lèpre »
(communication de M. Imm. Lôw).
. . larcinia , lire lacinia, *
est à joindre en un seul article avec iLodo»; sinon on
ne comprend pas le sens du premier mot.
i^Ad « malus » , ajouter : pris substantivement • le diable »
fréquent dans la Peschiio du Nouveau Testament.
p
JL^ d'après BA. ; ajouter Guidi, Un nuovo testa, a3, i6.
Sous fd, ajouter \^ a pressoir», Geop., 85, aa; Talm. et
Targ. 12 , H12 .
ifc^f» lire ^^t^, BB,, 36o, g.
Jbid aries parvus , BB, , est à supprimer. Lagarde , à qui
le Lexicon doit ce sens, avait lu JLik.a^ au lieu de JL^d,
BB,, 378, 11. Le mot signifie «morceau de pierre», «cail-
lou » , comme Texplique BB,
Sous Jbid, ajouter iia^Ad «petits caiUoux», Geop., 75,
1 1.
Sous VMd, ajouter ^^ « enflammer ».. /e^. « fleo?. « I, a5,
w*d| = tarvp«tX7&) ; Het Leven van Joh, , 65, g, ■■moi a \m-h%it fA
« en faisant étinceler ses yeux ».
p p y
ljk'\^ « lapis magnus ». La forme ]U.aad (comp. La^^) se
trouve mr.intenant dans Budge, The Disc, qfPhil., 10, ig.
.•o^ a aussi le sens de «accélérer, hâter», Jah, 163, 3;
166, 26. Comp. o«f| «efirayeret hâter».
i yv *» vifi»,»!^! (^ v^^ (d après ^as de Nisibe). Si
M. Brockelmann s'était reporté à BB,^ 38o vi\X, et 3g7, a,
NOUVELLES ET MÉLANGES. 573
il aurait vu qu'il s*agit de i Reg. , VI , 18, où on lisait :
%^ et ijl^kd. Le mot suivant du Lexicon, l^^»^ lychnuchi
genus, est la même chose.
ao»tti*aojad pestilentia, BH. , Ckron., 80, q3; ajouter cor-
rompu de ^OM^&veç^BB., 36 a, 16 et Gai. dans PS. sous
jido^jBOd, lire Ji^oJ^m». NiZ.a Chimie au moyen âge, ni mes
Notes de lexicographie n'ont la forme ji»o^jBad .
yaA«Ad tintorialis , lire tinctorius.
Ajouter : jnKoo-» « bâton » , Nestlé , Gramm, syr. , 2* éd. ,
96, iQ, sous tt^od. — J^:b^^K^ et J&kd^.d «charbon ar^
dent», Geop,, 5o, 3; 5a, 11 et id,= âv&paaiss Siàirvpox.
M. Payne Smith a lu à tort I^J:^d^ et l&^d^ qu'il a mis sous
'^j col 3397 et 3398.
Les articles ^^d et ^ pourraient être augmentés de nom-
breuses locutions composées avec ces mots \ Sous ^Mdle Lexi-
con renvoie au second mot du groupe pour les expressions
qu'on ne trouve pas sous le o ; il est admissible qu'il en est
de même pour i^ . Ces complexes formant une unité , il était
plus logique de les donner sous la première lettre.
Iio^ivd , lire Àio^ lid et placer sous iL> .
Sous l«i>: «•vilao «remotus», ajouter JîSio «removens»,
Apoc, acts, a 55, 8.
^Q«AÎJNd parpàx^tov « malachites ». Puisque M. Brockelmann
citait BB, , il devait donner la forme plus correcte de cet au-
teur, ya«AvjkA .En outre l'explication complète est : « malachite
dorée ou chrysocoUe», comp. ^ar pà'/^iàv èalt ^pv<T6KoXXa.
xalyjpMdàTçpcKjov, Palladius, Defebribus, éd. Bernard , Leyde ,
1845.
* Pour Vd, notamment: JL^^teiid «assistants, conseiliers», Jul., i4à«
i4; i46, a4; PS, co/. 584* — koiSo «la» «moines», )viA> J^i3 «nonnes»,
par opposition à Jbâï^ ««iid «laïcs», PS., coL Sqô. — Jvinft Vd ou
lifiMOft VA «semblable», Jul, 127, 17. — JâAi Wd et iiu^t Vd «parti-
san», /ai., 66, A. — lloaoi^kA. vd «qui est d*accord». Anal, syr., (jS,
3o , etc.
574 MAI-JUIN 1804.
Sous Aa^, ajouter «^a»^ « se oonsacra », Anal, tyr,, 19,9.
"V,^.. 3 iiUr. cascendit» (nin Uil^hg.). Le sens de
« monter » est assuré par Kayser^ Dos BuehvanderErkennt» , 79 ,
4; Jul,, 47, A; Apacr. acts, 259, 16.
Jlut^genus piscium, BA; lire |Abf^« anguille». Imm.
Lôw, Aram. PJl., p- 97; dans BB., Ilout^, 453, 16; li^^»'!^
etl^?%^, 5ao, 9-10; comp. dans le Zi«riooii IJ^*«i^.
i««^l se invicem tangentes sonmn dedenint (lapides) , sens
Tort douteux, v. inf.'V^^.
Sons |fo^, ajouter Uoftm |fo^« noix du cocotier » , La Chi-
mie au moyen âge, 38, li.
Jiia^... a cibos BH; 3 genima, Opuse. nest,; inexact :
lU^kdf Ifo^i^L dans BH signifie « trois espèces de ragoût » ,
Y. PS., coL 6S2 fin, où il est dit que bo^, outre le sens de
couleur, signifie aussi espèce, comme \ay^ en arabe. Dans
Opusc, nest. « 47, 3 1 , lio^ iio^eî «**iklL reot dire t Tarii& , c*est-
à-dire couleur blanche», par opposition aw autres pierres
d'une couleur difiérente.
l^^Q^ planta quaedam, ar. ft^, uia^i^; lire u*<tt^> t arti-
chaut»; BB., Â71, 11; Imm. Lôw, p. 393.
iiLo^Geo/}. ^64,4; vox incerta. Les mots JkLâ^f k»)f in-
duisent le grec Keyxpctfit^s, 721, lA, «la graine dans la
pulpe de la figue». ÀiLa^est donc le plilriel du mot |la^
a pulpe d'un fruit » , ou d'un mot l>lo^ ayant le même sens.
Iwti^glutcn , ajouter : comp. ar. *l^ .
Sous'^â^^, ajouter «creuser en rond», de i^^t rotundi-
tas», Geop,, 83, 29 = xin^to ^iaAo0v.
«»o««x^.^yAuxipt{a , lire yXvxi^ptia.
^^tt^genus cibi c lacté concrète , ajouter : grec yaXiptop,
BB. , 443 , 1 3 ; 4qo ,11.
IhdS^EN, 28, 27, Ib&^BA, 2928, quisquiliœ [tweepings).
Comment M. Brockelmann a-t-il eu Tidëe d'on tel sens ? Elias
de Nisibc a la glose J^^ll , ce qui signifie la corde, comme
l'indique exactement PS. ; comp. Dozy, SuppL, sous vrf* • Cette
^
f
i
NOUVELLES ET MELANGES. 575
glose vise Math., XIX, ad« voir Opiue. nesL, i46, 3;
BB.y 5oo, 19. Bar Ali a la glose 0**^^ ce qui signîGe la
poutre du sommet du toit , à laquelle sont attaches les chevrons
et qui présente la forme d'une carcasse de chameau, voir
BA, n" 3356 et 45^7; BB,, 177, 31; 5oo, 17; 658 nlt,;
854 ult. Ce dernier sens était fondé sur Tusàge , comp. ILS^mo^
« poutres » , Dcu Bach der Naiargeg. , 53 , 1 a \
Sous iN^r», ajouter ^1^ t se contracter, se rider » , Ephr.,
éd. Lamy, I, a8i pén. =» o^» Nœldeke, Gôlt, gelehrte Anz.,
188a, p. 1509.
Jlnmio^, lire «a^mo^, BB,, 469, 11.
uaa^ « recubuit » est comparé avec jJla^l d'après G. Hoff-
mann. J'avais également rapproché le verbe arabe dans mon
Traité de grammaire, p. io3; mais je crois maintenant que
le verbe syriaque est formé de l^a^t flanc » , t côté • , comme
le donne à penser la forme i^l et signifie : « 8*étendre sur le
côté » , « s'accouder » , comp. JUa^o « accabitus ». Le Leadcan ne
donne pas ce dernier mot quoiqu'il se trouve non seulement
chez les lexicographes, mais aussi chei les autres auteurs.
Voiries exemples cités par P. S., Thés., 757; ajouter PérrÉwi.
Patram (Markstrôm-Tullberg), 11,8; Opusc. nestor,, 4i, i3.
U»\^yet<TOs, lire yeiffov,
«ASb»a.^ovis BB., lire «bâton recourbé avec lequel le
berger arrête les moutons (crosse d'évéque) », voir BB. dans
PS, col, 3684 1 sous J^^A^.
^fikj^ne signifie pas « circumfossit » (sic pour «circumfo-
dit»'), mais «provigner»; dans Geop,, i4» Hi fc»*-* •^^-^g^
répond au gi^ec ^XoujIoXoyeTv et non à "aepUTxàvIetv; à la
ligne suivante , on lit JU»a^ .«oie^»] (leg. ^}) >|f .^a«<»fo^m^f> ,
Hcnaa^ôpeats signifie «provignage» (k^«^; ibid., 3a, 19 et
suiv.; 7a, 16; 81, 38, JU»a^= 7^pûHJ«ff.
' Ou mieux iJB^âo^, comme a BB. dans ie passage ^oorrespoodant sous
l^f£ , voir P. S. , col. 36o 1 , soas ma^ Q .
' Smu «ji^ , le Lexicom, iiaprimtt aussi «perfiwait» pour «perfodila.
576 MAI-JUIN 1804.
Sous J^^, ujouler )w^«qai excite», Het Leven van Jch.,
75, la ; IuL, i34* a-
lLlo^« lionceau » , a aussi le pluriel 1*»^, 1er. , li , 38.
rtw^K castor » , lire lt%^, cf. BH. , Œuv. gram. , II , go ult,;
BB. , 5 1 5 , a 1 ; Dos Bach derNatargeg. , 6 , 1 a , a lyi^qui donne
la prononciation nestorienne.
"V^,^) inter se tangentes sonom ediderunt (lapides)
BA. , n° 7035. Ce verbe signifie t dégringoler » , comme Im-
di(juc la glose arabe ^7^^^ • Voici ce que Bar Ali veut dire :
H pierres qui dégringolent les unes sur les autres en produi-
sant du bruit et en se précipitant » , lire yh^^e au lieu de
>5?*^*®®. comp. BB., 473, i3.
i^Mft^ est à supprimer. BB. ^ 5 1 6 , 4 ; 676 , a3 , a JLoAi)»^
comme BA.
U»^^ XP^^^^^M ^ Gai., Z. D. M. G., XXXIX, 3oa, 11,
est à supprimer. Galien a JL»^^sous ;^6v8poff et non sous
X,pv(TOKÔ(irf ; c'est donc le même mot que celui qui est ex-
pliqué ensuite par « hordeuui molitum ».
ba^lo^, lire ju^io^, BB., i'jb, la.
Ajouter HoA^n bomme mielleux » , Métrique, éd. abbé Mar-
tin, p. 54, ar. J>^.
hf^^i; lire i^a.?, BB., 558, 6.
-e? pa. purgavit , Geop. , 111, 8 , à supprimer. Dans le
[)assage cité MO*ao est une faute pour «*d^.
"^T . • • pa. M cxcitavit » , ajouter « ministravit » , exemples
dans P. S. , Thés. , 837 ; dans ce dernier sens , le syriaque peut
avoir été influencé par le grec iovXeiw.
«oioiAf Ifoy , Joh, XLi, 5, n*a pas le même sens que lUof ,
ibid,, xLi, 11. L'Hexapla a pour le premier o^»? JLi^T )^?**;
Epbrem l'explique par -okua J,— , Thés., 85 1; Opusc. nesi.,
1 18, 1, et BB., 5/1.7, 11, le rendent par « gencive ».
J»?A«oî et )ttf?, lire i?A.o? et hU^.
lL*o9 palmuia pa^matura BB., cit. PS.. Dans BB,, 53ii
1 7 ; 673 , ai, ce mot signilic , conmie Tarabe SX&^ , coonflTe
NOUVELLES ET MELANGES. 577
de dattes » , un panier dans lequel les dattes sont pressées e»
forme de gâteau.
lia-*? expulsivus. Bernstehi a corrigé en JLom»? ; le mot de-
vait donc être placé sous JL»*? et non sous ^-*t .
1^7 gramiœ, lemae, BA, n* 4333. La glose arabe o^^ in-
dique qu'il faut lire l-ao? au lieu de It*o|. DB, donne la forme
exacte sous i^âô et ï^j , quoiqu'il ait aussi ï.»?, 682 ,26;
802 ,8. '
?f^«a>o^ lire tjJfru»oj.
Sous I^ûo>J , ajouter : « servante » , KaL et Dim, , éd. Wright ,
228, 9, = *:î;^, Nœldeke, Gôtt. gel Anz., i884, p. 683;
Prœt., ']'], li2. — «marcotte», Geop., 3 1, 19 et 20; 66, /i
et 9; 67, 9, 10, i3, etc.; 73, 16; 80,26; ^Wtt que tu mar-
cottes » . ibid., 67, 12.
Sous i^^, ajouter t^^, Anal, syr,, 43, ao.
Les additions que nous avons proposées pour ce premier
fascicule sont toutes appuyées sur des exemples tirés de la
littérature , le but principal d*un dictionnaire étant d*aider à
la lecture des textes. Dans leur prospectas , les éditeurs don-
nent à entendre que tous les mots syriaques transmis par les
lexicographes ont été recueillis. On trouve quelques citations
du Livre de l'interprète d'Elias de Nisîbe , des Opuscuïa nesto-
riana , des Lexiques de Bar Ali et de Bar Bahlool , des Œuvres
grammaticales de Bar Hebraeus ^ Mais ces ouvrages sont loin
d'avoir été dépouillés d'une manière systématique et on for-
merait une longue liste des mots qu*ils nous ont conservés
et qui ont été omis par le Lexicon *. Nous nattachons que peu
d'importance à ces omissions. Tant que les mots en question^
' On lii même Ivi^^^n^ «fractns» d*après KamneilinoyD (nue antorité
très sujette à caution) , cité dans le Thésaurus de Vxpït Smilb , mais nn des
mots précédents , ÀiUa^A^ «forceps* , de la même sdmrce, est omis.
' Cette observation s'applique sortoot aux Opuseuh mestoriana, h la petite
grammaire de Bar Hebraens « OEnv gramm, « Il , et aa lexique de Bar Bahlool.
M. Brockelmann a complètement laissé de côté notre édition de ce lexique;
en la consultant, il se serait épargné une grande partie des erreorf et des
omissions que nous avons signalées.
m. 38
ic» «:«*«•» ir*Tt*ftir.
^78 MAI-JUIN 1894.
ne se seront pas rencontrés dans on texte littéraire, on sert
autorisé à les tenir pour des locutions vulgaires et dialectales,
qui n ont pas trouvé droit de dtë dans la hûagOB ëcrîte. Tou-
tefois, les noms de plantes composés avec lifl K=«i>rlp, ta*)»
dpxjiç, JLl-^} = 'Bftbyœv, etc. , sont imités du grec et n'appar-
tiennent pas à la langue vulgaire. )i ^ ^ "%> « vigne blanche »
est à décomposer en ]%^ Jift^, selon Lagarde, Gesam» Abh.»
38, n** 96; comp. Imm. Lôw, p. go, et vient du persan. Ces
mots auraient dû figurer au Lexicon, ainsi que d^autres du
même genre, et les divers composés avec lfa^« noix ».
C'est la destinée d*un dictionnaire, si près de la perfection
qu'il soit, de renfermer des lacunes et de prêter le flanc à la
critique. Les observations et additions que noua avons pré-
sentées n'ont pas pour but d^amoindrir la valenr de cet oa-
vrage , qui rendra de réels services aux études syriaqnea. En
les formulant, nous n'avons eu d'autre pensée qne de facUiter
à l'auteur la rédaction de sa liste des Addenda et conigenda,
s'il juge a propos d'en écrire une.
M. Brockeïmann a fait preuve d'érudition et a fourni
une grande somme de travail. Peut-être a-t-il procédé avec
une certaine précipitation, mais il faut considérer qne, au
commencement, un ouvrage est toujours un pen flottant.
On doit attendre l'achèvement du livre avant de porter un
jugement définitif ; cependant on petit augurer de ce&scicnle
que nous posséderons bientôt un dictionnaire syriaque qui
comblera une regrettable lacune.
Le Lexicon s'imprime à Leipzig chez M. Dmgnlin; c*est
dire que l'exécution typographique ne laisse rien à désirer.
Les éditeurs pensaient d*abord que l'ouvrage atteindrait cin-
(]uante feuilles et que le prix serait de quarante mark. Bs
espèrent maintenant qu'il ne dépassera pas trente fenSles et
que le prix pourra être fixé entre vingt-cinq et trente mark.
Après avoir corrigé cet artide , nous avons re^ le second
fascicule du Lexicon qui va jusqu'à la lettre knf,
RUBEKS DOVAL. .
NOUVELLES ET MÉLANGES. 579
Musée impérial ottoman. — Section des monnaies musulmanes. —
Catalogue des monnaies turcomanes. Béni Ortok, Béni Zengui,
Ferou Atabekyéh et Meiiks Eyoubites de Meiyafarkin , par L Ghâ-
lib Edhem. i vol. in-8*, C. P., imprimerie Mîrhan, 1894, xx-
162 p., 1 et vni pi. photogr.
Nous avons renda compte dans le Journal asiatique des
deux ouvrages de numismatique ottomane et seljoucide qu*a
publiés Ghàlib Edhem Bey, en 1890 et 189a. Ces ouvrages
étaient rédigés en turc, et contenaient la description raison-
née d*une partie de la collection de médailles de l*auteur. Il
s agit aujourd'hui du catalogue du Musée impérial de Con-
stantinople , dont la publication est faite sous les auspices du
sultan Âbd ul Hamid, et par les soins de 0. Hamdy Bey, di-
recteur général des Musées ottomans , membre correspondant
de l'Académie des inscriptions et helles-lettres. Cette publi-
cation, qui compte déjà plusieurs parties concernant Tanti-
quité grecque , va s'étendre successivement à toutes les caté-
gories de monuments anciens et du moyen âge que possède
le Musée impérial. Tous ces catalogues seront rédigés en
turc et en français , aûn de les rendre plus accessibles aux
Ottomans, comme aux savants d'Europe. Ghâlib Bey a été
tout naturellement chargé de la partie numismatique , et le
volume dont nous nous occupons est le premier de la série.
11 contient la description des monnaies des différentes dy-
nasties musulmanes connues sous le nom de : Ortokides , Atà-
beks Zenguides ou Zenkides ( j3^ ^ ) , Atàheks indépendants
(aJoIj) ^^^ ferou Atàbekieh « suite des Ab) et Aïoubites de
Meiafarkin. Tous ces princes^ d'origine turque, ont régné en
Mésopotamie pendant les xii*et xiii* siècles, et sont contem-
porains des deuxième (1 i^y-i 1^9) et troisième (1 189-1 192)
croisades. Leurs monnaies ne sont pas rares et offrent cette
particularité intéressante qu'elles ont des représentations fi-
gurées : bustes , cavaliers , saints , personnages et aulres des-
sins empruntés aux monnaies grecques , romaines et byzan-
tines. Quelques-unes de ces monnaies donnent même le
38.
: V' MAI-JUIN 1894.
l».Mti..i{ ihi sitiivoraiu régnant, ce qui est contraire aui
|M^'5rii:^!ion< rvliprasos, et ne se rencontre, sauf de très
i.iri'^s o\«:oj>:lons, nulle part aiDears dans la numismatique
niusii!in.ini\ Il ost certain que le contact des princes chrétiens
ilOritMit : In/Autins. arméniens, croises, a exercé une grande
i:i'.\itMioo sur lo monnayage turc de cette époque, et que
i c^sprit i l'imitation dos Arabes, contenu pendant plusieurs
si(vl<^ , trou\ .lit dans les monnaies chrétiennes qui circulaient
011 i:ranil nomhro un aliment artistique qui ne pouyait
inant)iior i\e les scnluire. Peut-être ces représentations étaient-
ollos doj^linéos à pn^parcr par degrés les esprits à v<Mr sans
iiuirnmrt'r l'oflii^io du prince régnant ou Timage de ses ac-
ti«>iis n'pn*sonti^s tulèlenient sur ses monnaies. Cesl ainsi
(|uo YoulouL Arslan, Orlok Arslan, Izeddin Mess*oad,
(îuoui^hiuiri . Salailin . se sont en réalité fait représenter eux-
I nom os sur lours monnaies respectives. L'abhé Barthélémy,
(|ni a lo promier, en lySS, étudié les monnaies arabes avec
ligun^s \ l'ait remarquer a ce sujet que les Khalifes et autres
soiivorains qui se prétendaient les descendants directs da
Pn^phèlo rost^ront toujours fidèles aux prescriptions du Co-
ran , et que ceux qui violèrent cette loi religieuse furent des
Turcs, c'est-ii-ilire dos étrangers, qui étaient d^une religion
ot iVmio race diiïérentos , et qui n avaient embrassé le maho-
métisme quo par politique , s*alliant d\ii1leurs indifiEéremment
îivoc des cliré tiens et des musulmans *.
Du reste , l'imitation des types monétaires chrétiens était
un moyen d'assurer la valeur iiduciaire du monnayage mu-
sulman dans les pays circonvoisins. En outre, la représenta-
tion de figures d*animaux ou autres objets, sur les monnaies
turques, peut s^cxpliquer par Tusage, commun à tous ïes
' ^'olr son mémoire intitulé : Dîgscrlalion sur If 9 médailles ara&e* ^dftiii le
Recueil (le l'ancienne Académie des inscriptions et belle94ettref , t. XXVI
(i75i)),p.557.
' Méui. cit., p* 570. Cf. IL Lavoix, £<>5 peintres arabes, Parii, 1876, p. a a.
Au sujet de» Khalifes , il faut se rappeler toutefois quo les premien socoo-
NCiirs de Mahomet : Moawiah , Abd êl Melek , Omar (et El Nomân dans le
Maqfhrel)) ont dos monnaîp^ à figures, ropi/'cs sur le lypc bysantîn.
NOUVELLES ET MELANGES. 581
peuples lar tares, de marquer leurs mois, leurs cycles , leurs
Iribus, par des animaux ou des symboles appelés Tamga.
Parmi ces derniers , il est intéressant de signaler le signe x
qui se trouve sur certaines monnaies des Atàbeks, et qui
lemonie au vu* ou viii* siècle. (Voir iieua^ naniûm., 1891.)
Les monnaies décrites dans le catalogue sont celles du
Musée ottoman , augmentées d'une centaine de pièces pro-
venant de dons particuliers. L'ensemble constitue ime collec-
tion à peu près complète de tout ce que Ton possède ea. fait
de monnaies des Ortokides et des Atâbeks. Cette série moné-
taire a été r objet de travaux importants , depuis Tabbé Bar-
thélémy qui, le premier, déchiffira la monnaie d'argent de
Housàm-eddin ïimour-tacb. Il faut citer ensuite : Casti-
glioni , 1819; Marsden , 1 8a 3 ; Fraehn , 1 8a 6 ; Pietraszevski ,
i843; S. L. Poole, 1876; et enfin le catalogue du Britisk
Muséum, 1877. Grâce à ces travaux antérieurs, la nmnis-
matique oriokide était déjà bien connue ; le catalogue dressé
par Ghâlib vient y ajouter, par quelques pièces inédites , de
nouveaux documents, il manque encore au Musée, comme
dans toutes les collections , certaines pièces qui peut-être n'ont
jamais été frappées, comme, par exemple, pour les derniers
émirs de Mardin. 11 est possible cependant , maintenant que
l'attention des savants est attirée vers la numismaticpie mu-
sulmane , que Ton découvre peu à peu ces monnaies.
C'est ainsi que jusqu'ici on ne connaissait que deux souve-
rains ortokides de Khartabirt (moderne Kharpout) : Imad ed-
din Abou-Bekr ben Kara Arslan ( 58 1-600 H.) et son fils Nizam
ed-din (600-620); Ghâlib Bey en a découvert trois autres :
Ibrahim, Alimed (ou Kbizr) et un certain Ortok Shah que
les historiens mentionnent comme le dernier émir de cette
petite dynastie (685 H.). Mais, de tous ces princes , Imad ed-
din est le seul dont on possède des monnaies de bronze. Par-
mi les ortokides de Mardin , l'auteur pubfie deux pièces , Tune
en bronze de l'an 698 H. , qu'il attribue à Nedjm ed-din
Ghazi II , et l'autre en argent, de l'an 7^0 , qui serait deShems
ed-din Sàfih , son successeur. Ces deux pièces sont inédites.
UH2 MAIJUIN 1S94.
Je (lois ajouter toatebis que si la lecture ^t^iJT ^^ parmH
rcrtainfî fiour la première de ces pièces, la date 698 est iifi-
^ihlfî sur la photop^vnre. II en est de même pour la petite
niorinaifî d'argnut de Salili , où le nom ^'.«Arf se Kt difiâle-
iiif'iit airifti que la date.
L'ouvrage est pnicédé d*une introdactiao donnant on ré-
%imw dft r histoire dos familles turques qni se sont établies
cil \l(**ofM)tamio au v* siècle de rhégire, et qui ont donné
iiai^saiirc aux diflercntcs dynasties ortokides de Kdfa — de
Kiiartahirl — dn Mardin et Miafarkin ; des Zengaides; Atàbeks
do Mossoui — dVMcb — de Sendjar — de Djétirefa et d*Ar-
1m*1. (Vautres notices historiques se trouvent, en ontre , à la fin
<hi catalogue do chaque dynastie. Des index de tonte natnre
cl huit planches irii% nettes de photogravures font de Ton-
vni^o do rjhâlib Rey un excellent manud, le premier qui
Hiiit rcrit en français. 11 ne manque cpe la partie bibliogra-
phique cpii a été complètement suppiîmée, sans doute pour
phi» (le .simplicité; mais nous considérons cette omission
ninirne une laciuie qui devra disparaître des prochains cata-
logii(*s. N(His ne demandons pas les références pour chaque
pi^^l^ re (pil serait un travail trop considérable, quoique
utile , mil in nu moins la liste des ouvrages antérieurs que l'an-
t4Mir a ronsultés. Ce desideratum ne diminue pas la valeur
(hi livri' pour le<piel nous exprimons nos remerciements et
frhritations aux deux savants de Constantinople.
ELDrouik.
llKciiuncnKs svn la domination ababe, le cbutismm et tma
<:nnrANr.K.n MKSSiAIflQVES SOVSLB KHAUFAT des 0MÂYÂDE8,faT
i\. vnii Viotcn. (Kx trait des Mémoires de l'Académie des Mciœei
d' Amsterdam,] iHt^h, in-8', 81 pages.
No reprochons pas à ce titre un peu de prolixité, car il ré-
itume exactement les données du travail dont M. von Vloten
vient d'enrichir Thistoirc de la civilisation arabe. Rechercher
NOUVELLES ET MELANGES. 583
1 enchaînement des causes qui , dans l'ordre politique et reli-
gieux , ont entraîné la chute des Khalifes omayades et facilité
Tavènement des Abbassides, surtout dans les provinces
orientales de Tempire , tel est le problème à la solution duquel
le jeune orientaliste de Leyde vient de consacrer une étude
pleine d'érudition et de judicieuse critique. Tout en prenant
pour base de ses informations les plas anciennes et les meil-
leures chroniques, celles de Tabari, de Maç'oudi, de Bela-
dori et d'autres auteurs non moins accrédités, il a fort bien
compris que leurs témoignages ne pouvaient être acceptés sans
contrôle puisqu'ils ont subi , comme ceux des annalistes de la
période abbasside , l'influence plus ou moins directe et , jusqu'à
un certain point, la censure de la cour de Bagdad. Aussi
n'est-ce pas exclusivement sur les faits politiques et militaires
que l'auteur a porté son attention ; il a tenu aussi à bien con-
naître l'état socisd et religieux des provinces arabes au second
siècle de l'hégire , la condition des races vaincues , leur rap-
port avec le Khalife et ses représentants , et enûn le développe-
ment des sectes en lutte contre l'orthodoxie.
Trois faits principaux expliquent la grande secousse qui , en
déplaçant l'axe du khalifat , fait passer sur la tète des héri-
tiers collatéraux du Prophète la couronne usurpée par Moa-
wyah et ses successeurs. On peut les résumer ainsi : i " haine
invétérée des peuples vaincus contre les conquérants de racé
étrangère; 2" développement des idées chiites, c'est-à-dire
du cidte voué aux descendants d'Ali divinisés par la réac-
tion qui se manifeste avec une intensité profonde en Irac ,
en Perse et dans le Khorassàn; 3** attente d'un Messie ou
libérateur qui , en raison du progrès de la croyance chiite ,
ne peut être qu'un héritier direct d'Ali , un Mehdi, Voilà le
cadre que M. von Vloten s'est tracé et dans lequel il a su faire
entrer une foule de renseignements nouveaux et instructifs
sur la condition politique et économique du gouvernement
de Bagdad , la répartition et le prélèvement presque toujours
arbitraires de l'impôt ^ l'administration des provinces, la vé-
nalité des fonctionnaires , l'impopularité du pouvoir central ,
584 MAI-JUIN 1894.
toutes choses qui donnent au passé de ildam Une aingulière
et triste ressemblance avec sa condition actudle.
On ne peut que i'éliciter M. von Vloten du talent avec le-
quel il a {)oursuivi Tétudc d*nne thèse assez importante poar
avoir mciitc de figurer, il y a quelques années, parmi les
questions mises au concours par rAcadémie des inscriptknu
et belles-lettres. A défaut du prix auquel il aurait ea droit de
prétendre si la question avait été maintenue , le docte orien-
taliste de Leyde peut compter sur les suffrages et les eneoo-
ragements du monde savant. Nous devons le remercier aussi
du dioix qu'il a fait de notre langue pour la rédaction de son
mémoire et nous nous empressons de calmer ses appréhen-
sions à cet égard : à part quelques erreurs de pea d*iaiportanoe
et qui , pour la plupart , ne sont que des fautes d'impression ,
il s est fort bien tiré de cette diflBculté ajontée à tant d'autres.
En un mot, M. von Vloten s'annonce comme une des vaeSL-
leures recrues des études d'érudition orientale ; élève de M. de
Goeje , il n'oubliera pas que noblesse oblige et réalisera sans
nui doute par des publications de plus longue haleine la pro-
messe de cet excellent début.
B. M.
Praktiscues iBVNGSDvcn zvn crûnducherbu Erlbmhukg dbm
OsMANiscH -TURMiscuEN SpRACHE , von L. Pckotsch, i" partie.
Vienne, 1894, in-8'.
Dans ses limites modestes et sans nulle visée sdentifiqoe,
ce Manuel est un des mieux faits que je connaisse et des
plus propres à faciliter l'étude du turc usueL Ce n*est pas
que le plan suivi par l'auteur soit chose nonvdle : il y a long-
temps qu'on a reconnu l'utilité de ces exercices simnltanés
de tlièmes et de versions qui reproduisent, à l'aide de mots
déjà connus et groupés dans une série de phrases courtes et
adroitement combinées , le mécanisme des formes gramina-
ticales, les tournures populaires, idiotismes, etc. Mais, en
suivant la vieille et bonne méthode , l'auteur a fait prouve icî
NOUVELLES ET MÉLANGES. 585
d'ane connaissante approfondie de son sujet ei: des besoins
de l'enseignement d'une langue vivante. Son livre est divisé
en sept chapitres. A|M*ès avoir donné quelques règles précises
d'accentuation , ce qui pour Tosmanli n exige pas de longeas
explications, le Manuel passe successivement en revue Tar-
ticle indéfini, l'impersonnel (2ir^«>, dont le rôle est si impor-
tant, les pronoms possessifs affixes. le génitif déterminé et
indéterminé , les différentes manières d'exprimer ies verbes
avoir et être , le verbe défectueux imek *àx} au présent ei au
parfait , et , dans un dernier chapitre , les postposhions ou par-
ticules suffixes qui forment les noms de métier et d'origine,
les noms d'action et les autres catégoiîes de même ordre.
Des notes au bas des pages facilitent la traduction ; en outre ,
une clef (Schlusscl) de tous les exercices en turc et en alle-
mand, et qui en est le corrigé, occupe la seconde moitié du
livre et forme le com^dément indispensable au moins pour
ceux qui se passeront des leçons d'un maître. Le maître ne
sera pas non plus sans la considter queiqpefois et avec profit.
Ce n'est que le commencement d'un ouvrage de longue ha-
leine , le quart tout au plus d'un travail ou toutes les autres
parties de la grammaire ottomane seront étudiées d'après les
mêmes principes et avec la même abondance d'exemples. A
en juger par le fascicule que nous avons sous les yeux, nous
n'hésitons pas à recommander le Manuel de M. Pekotsch
comme le meilleur guide qu'on puisse choisir, et nous sou-
haitons que l'auteur puisse aussi heureusement et sans tarder
terminer une tâche si bien commencée.
B. M.
\1. BRLVN ÏIOUGHTON HODGSON (1800-1894).
Le 2 3 mai est mort à Londres un homme dont le nom est
inticnemcnt Hé à l'histoire de notre Société.
M. Brian Houghtori Hodgson était né en iSoo. Sa longue
carrière, commencée dans le Service de l'Inde, illustrée par
la Iroiivaille de la littérature bouddhique du Népal, volon-
:>8G MAI. JUIN 1894.
taironicnt renfermée ensuite dans Inactivité d'un gentilhomme
campagnard , a eu au fond plus d'unité qu*il ne semble d'abord.
(]oninie tant d'Anglais de caractère entreprenant, il a eu
surtout la curiosité des choses de la nature et la passion de
l'activité extérieure et de la découverte. -Jeté par sa carrière
en plein Himalaya , il y trouvait un champ fait à sotf lait pour
ses goûts. C'était une terre vierge. 11 s'employa sans trêve à
en révéler les secrets. Ëtlmographie, faune, flore, il en étudia
savamment tous les aspects naturels; sans être pliilologue, iJ
en fit connaître les dialectes avec une patience et une précision
exemplaires; sans être indianiste, il est devenu le créateur
d'une branche de l'indianisme. Ce n'est pas un honneur mé-
diocre que d'avoir eu Eugène Burnouf pour tributaire.
Non content de signaler un vaste filon , M. llodgson s'at-
taclia a répandre ces richesses. Sa générosité s'étendit à Paris
presque aussi largement qu'à Londres. C'est sa libéralité en
m^me temps que ses ser>4ces que notre Société essaya d*lio-
norer en faisant frapper et en lui décernant jadis une médaille
d'or. Noti*e gratitude est toujours vivante; elle se perpétuera
avec les publications dont ses précieux envois continueront de
fournir lu matière.
Qu'il me soit |)ennis d'être ici l'interprète de Thommagc
commun , bien du à la mémoire d'un honmie qui , 8*il est
entré de bonne heure dans la retraite , en avait glorieusement
conquis le droit par un véritable dévouement scientifique, de
courageux travaux, et par des découvertes qui feront vivre
son nom.
E. S.
TABLE DES MATIERES
CONTENUES DANS LE TOME lU, IX*' SÉRIE.
MEMOIRES ET TRADUCTIONS.
Pagei.
Koue-Yû ou Discours des royaumes. (M. G. db Harlez.) (Suite
et fin.) 5
Notice sur les manuscrits syriaques conservés dans la bil)iio-
thèque du patriarcat ortîiodoxe de Jérusalem. (J.-B. Cha-
bot.) 92
Lettre de Tansar au roi de Tabaristan. (M. Darhesteter.). . i85
Description de Damas. (M. H. Sauvairb.) 2bd \
Histoire d'Eskender, d'*Amda-Seyon II et de Nâ*od, rois
d'Ethiopie* texte éthiopien inédit comprenant en outre un
fragment de la chronique de Ba'eda-Mâryâm , leur prédé-
cesseur, et traduction. (M. Jules Perrughon.) Sig
Description de Damas. (M. H. Sâutairb.) (Suite.) 385
Lettre de Tansar au roi de Tabaristan. (M. Darmbstbter.)
(Suite et fin. ) 5o2
NOUVELLES ET MÉLANGES.
Procès-verbal de la séance du 12 janvier 1894 i35
Procès-verbal de la séance du 9 février 1894 i38
Bibliographie : Remarques sur Tédition du lexique de Bar Bahloul.
(R. Ddval. } — Hermann Jacobi : Ueber das Alter des ^g-Veda.
(A. Rarth.) — Verzeichniss der Sanskrit und Prâkrit Handschriften
(der Kôniglichen Bibliothek zu Beriin) von A. Weber. {[.. Febb.)
— Der Einfali der Mongolen in Mittel-Europa in den Jahren la^i
und i2h2 y von Gastav Strakosch-Grassmann. (L. Fbbr.) — Mav-
:>^s MAI-JUIN L894.
P«get.
ricc blooiufieid. CoDtributioos to the interprcialion of the Veda.
(L. Fi>OT.) — Élodes berbèrei. (J. Pbbbdghob.)
Procès-verbal de la séance du 9 mars 1894 867
Procès-verbal de la séance du i3 avril 1894 370
Bibliographie : The bock of governon : The historia monastica of
Thomas bishop of Margâ a. D. Sào» (R. Dutal.) — Zur Geschichte
der Çâhis von Kâbul von D' M. A. Slein. Stuttgart, in-4% 1898,
1 o pages. (E. Drouin.) — Note sur des signes de numération incon-
nus. (Baron Carra de Vaux.) — Charaka Samhitâ, translated into
cnglish by Avinash Chandra Kaviratna. Calcutta, 200, Comwallis
slreel. (E. S.)
Procès-verbal de la séance du 1 1 mai iSgd 556-
Philippe-Edouard Foucaux. (L. Feer.) — Bibliographie: Lexicon
syriacnm , aactore Carolo Brockelmann , praefatus est Th. Nœldeke.
Fasdculns I, Berlin, 189^, Reuther et Rcicbard, in -8", 80 p.
(R. DuvAL.) — Catalogue des monnaies turcomanes. (E. Drouih.)
— Recherches sur la domination arabe , le chiitisme et les croyances^
messianiques sous le khalifat des Omayades, par G. von Vloten. (Ex-
trait des Mémoires de l'Académie des sciences d*Amsterdam. ) 189't ,
in-8'', 81 pages. (B. M.) — Praklisches Ûbungsbuch zur grûndli-
cheren Erlernung der Osmanisch-tûrkischen Sprache, von L. Pe-
kotsch. (B. M.) — M. Brian Honghton Hodgaon, notice nécro-
logique. (E. S.)
Le Gérant :
RUBENS DuVAL.